Comment trouver un stage dans la Silicon Valley

Il ne se passe pas une semaine sans que je reçoive ce type de message…

« Bonjour,

Je suis actuellement en troisième année d’école d’ingénieurs à blablabla et je cherche un stage marketing. J’ai déjà de l’expérience dans ce domaine (grâce à mes précédents stages et mes autres expériences professionnelles) et j’aimerais savoir si vous seriez intéressé pour votre entreprise Tartempion. Le stage commencerait le 27 machin 2014 et se terminerait le 9 bidule 2014.
Je me tiens à votre disposition pour toute information complémentaire.
En l’attente d’une réponse de votre part, je vous prie de croire, Monsieur, en mes respectueuses salutations. »

Ben voyons. En plus, un ingénieur qui cherche un stage en marketing. Encore un qui ne lit pas Techcrunch.

Enfin, j’ai reçu une perle hier, et je tenais à partager cette candidature motivée, pour mettre en avant un brillant esprit qui a, à mes yeux, tout compris sur la façon d’aborder la Silicon Valley, alors j’ai tenu à lui rendre cet hommage. Analyse du phénomène…

Le story-telling

« Vous devez sûrement vous demandez qui je suis, où est-ce que j’ai trouvé votre e-mail, ce que je veux, pourquoi, etc… Ne vous inquiétez pas je vais tout vous expliquer ! »

La Silicon Valley, c’est avant tout une histoire de communication. On y communique en permanence, c’est d’ailleurs une vraie région bénie pour les PR-blogueuses à $15.000 par mois qui prennent dans leur filet les entrepreneurs-neuneus venant d’ailleurs (de France par exemple) qui n’ont pas encore compris comment ça marche ici. Notre candidat, en l’occurrence, a su retenir mon attention dès la première phrase. Bon début, il a la « racontaille » facile.

La compétence
« Je m’appelle Alain et je suis étudiant en dernière année d’école d’ingénieur à Phelma Grenoble INP où j’y étudie le développement logiciel, le traitement du signal (audio et vidéo) ainsi que le multimédia. »

Encore une fois, tout bon. Ingénieurs, vous êtes les bienvenus dans la Silicon Valley. HEC, ESSEC et autres je ne sais quoi, restez chez vous, ici c’est du codeur que les startups cherchent, du scientifique, du « scientist » formé aux frais de la République, ou presque. En plus, il a sa petite spécialité, notre Alain (j’ai changé son prénom, ne cherchez pas qui c’est !). Le traitement de signal, c’est tout bon pour du Dolby, et bien d’autres. Les spécialistes, c’est encore meilleurs. Les pointures, c’est rare…donc ça vaut cher !

La flatterie

« Afin de réaliser ce projet (très) difficile, comme vous pouvez vous en doutez, j’ai fait de nombreuses recherches sur internet et je suis tombé sur le profil d’une personne « effectuant le pont entre la Silicon Valley et l’Europe ». Vous l’aurez compris, cette personne était bien vous ! Avant tout je tenais à vous dire que je suis très impressionné et respectueux de votre parcours à succès. En effet, de très nombreuses personne n’arriveraient pas à réaliser le tiers de ce dernier durant toute leur carrière ! Vous dites que vous « aimez faire de l’impossible une réalité  car il y a toujours une manière d’y arriver » et bien c’est ce que je pense aussi dans la réalisation de mon projet et c’est l’une des raisons qui m’a poussé à vous contacter. »

Pour réussir, il faut savoir mettre en avant un sujet, et le pousser à son extrême. Surtout, savoir s’en servir à son crédit. Vous avez moins de trente ans, vous travaillez dans la Silicon Valley, mec, t’es en train de changer le monde ! Les bonnes histoires de comptoir regorgent de ces jeunes conquérants de l’inutile à qui ont donne un peu plus de $100.000 qui ont l’impression de révolutionner le monde digital. Il sait flatter le Alain, il sait faire mousser, c’est parfait, il est mûr… Plus c’est long, plus c’est bon.

The American Dream is for all of us

« Vous devez pensez que je suis un peu trop ambitieux en voulant effectuer un stage dans cette région mais entre nous, si on ne le serait pas un peu on n’avancerait pas dans la vie n’est-ce pas ? Et votre parcours tend à me faire croire que vous eu, vous aussi, une très grande ambition pour réaliser vos projets. »

Là, tu fais fondre n’importe quel Américain que tu prends en exemple, et qui va vouloir t’ouvrir les portes du Paradis. Tu as tout compris, petit, tu as droit d’y entrer, toi aussi, t’auras ton pass. L’argument qui tue :  « je l’ai fait, tu y as droit. Allez viens… ».

La spécificité géographique

« On ne sait jamais si lors d’une pause café, déjeuner, goûter (quoi ? On ne fait pas de goûter à 16h dans la Silicon Valley?… Il va falloir remettre les chose dans l’ordre là !) ou d’un meeting vous auriez entendu parler d’un stage libre qui attendrait par exemple un étudiant ingénieur français et par un autre hasard venant d’une école grenobloise et aussi par un autre grand hasard de mon école… »

Pour un Américain, si tu es français, la première question qu’il pose c’est : « Where are you from? », et la réponse qu’il attend c’est « Paris ». Paris, c’est un pays, où on parle anglais avec un accent, c’est bien connu. Là, si tu lui dit que tu est de Grenoble, c’est bon, il y en a pour une demi-heure à discuter, sur les détails de la faune, l’épaisseur de la neige en hiver, et tout le reste. Le profil idéal du mec que l’on veut inviter à son BBQ (ça tombe bien, il n’y a pas grande chose à faire d’autre le weekend dans la Silicon Valley). Encore un bon, point, Grenoble. En plus, il a des sujets de discussion (explique le gouter, ça va bien prendre quinze minutes)… Et il croit en sa bonne étoile (American Dream, encore…).

La diversité

« Mes années d’études (C, Java, Matlab, multimédia) couplées avec mon expérience professionnelle au département acoustique de l’IRSST (Montréal, Canade), à Arturia (Meylan, France) et à l’INT (Institut de Neuroscience de la Timone, Marseille, France) ainsi que mon expérience en développement logiciel me font dire que j’ai les compétences et le background que les entreprises recherchent. »

Bon, la spécialité c’est bien, mais la diversité dans la spécialité, c’est encore mieux. Et quand, en plus, on a voyagé, déjà, les barrières tombent. Il a peut être des choses à nous apprendre le petit ! L’Américain par nature et curieux et ouvert, il sait écouter. Ca change du chef de stage à la française.

La dévotion

« Je suis réellement motivé et je désire vraiment gagner de l’expérience professionnelle. Si on me dit d’apprendre un langage informatique spécifique, je le ferais ! Si on me dit de rester toute la nuit à l’entreprise, je le ferais ! Mais si on me dit de faire du café… Malheureusement je n’aime pas le café… »

Si on veut réussir dans la Silicon Valley, quand on débute, il faut savoir se faire pressuriser le citron, ne pas compter ses heures. Une startup, c’est une course contre la montre, une course contre l’impossible. On mange en équipe, on dort en équipe, on réussit en équipe. On garde sa spécificité, on apporte sa richesse, c’est comme cela que l’on contribue. Tu n’aimes pas le café, c’est ok, apporte moi un thé alors.

L’accent

« Enfin le dernier point, mais non le moindre, est que tous les employés de cet auront le plaisir d’entendre mon accent ensoleillé du sud de la France (je suis originaire de Marseille). »

La Silicon Valley est une véritable Tour de Babel. Une startup qui n’a pas son français ingénieur, c’est comme un burger sans ketchup, San Francisco sans le Golden Gate Bridge… Si en plus il a un accent, bien français, c’est le jackpot, on ne risque pas de louper le fait qu’il y a de la diversité dans la team. Rien de pire qu’un français qui veut absolument parler américain, c’est désespérant. Perdre sa nature profonde, son accent, c’est y perdre ses racines, c’est retirer ce qui fait le piment de sa contribution au couscous géant de la Valley.

Voilà, ceci est en quelque sorte un manuel du bon étudiant qui veut s’exporter dans la Silicon Valley, vu de ma fenêtre. Il m’en a mis une deuxième couche d’ailleurs, avec un passage que je ne peux m’empêcher de citer…

« Aussi, je pense avoir un « avantage » sur les étudiants américains au niveau des salaires. En effet, je peux venir travailler pour des salaires allant de  700 à 0$. Oui jusqu’à 0$ ! (bien que je pense que tout travail mérite salaire). Car pour des salaires égaux ou inférieurs à 700$, je peux disposer d’une bourse de départ à l’étranger qui permettra de réguler les comptes (oui, car ça serait bête de partir si loin si c’est pour finir dans la rue…). Donc l’entreprise peut diminuer le salaire qu’elle alloue pour le stagiaire, je dispose de la bourse , ainsi tout le monde est gagnant dans l’histoire. »

C’est sur, il va en trouver des entrepreneurs français implantés ici, habitués qu’ils sont au jonglage d’un recrutement à la française, à faire tous les calculs possibles avec son expert-comptable pour embaucher le moins cher possible, avec le maximum d’aides du gouvernement… Ils sont nombreux les jeunes français qui viennent s’échouer ici, pour un petit millier de dollars, avec juste de quoi se payer son loyer, tout heureux d’être au milieu d’un club de privilégiés, au soleil, la tête pleine de rêves et de codes.

Là, pour le coup, ça me fait moins rire… mais c’est une triste réalité.

Bon, si tu es entrepreneur (français ou pas, mais si tu as lu jusque là, c’est que tu sais lire le français, et c’est bien) dans la Silicon Valley, et que tu cherches un spécialiste des signaux pour cinq à six mois, j’ai sûrement ton homme. Je l’ai bien aimé, « Alain », alors merci à lui pour m’avoir permis de partager ces quelques lignes. Pour l’histoire. Bonne chance à lui.

 

La guerre des calendriers sur mobiles : une guerre un peu… Française !

La récente levée de fond de la société Sunrise n’est pas passée inaperçue dans la communauté française au début de ce mois de juin puisqu’elle implique deux anciens designers de Foursquare, dont un français Pierre Valade (et un belge de Bruxelles Jérémy Le Van) et aussi parce qu’elle implique une belle brochette de business angels, dont un Français bien connu dans le monde d’Internet, Loic Le Meur. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il y a aussi un Français dans l’équipe fondatrice d’une autre startup en Californie qui adresse ce même problème des calendriers sur smartphone, Tempo.ai,  qui vient de lever, elle, un nouveau round de $10 millions, portant à $12,5 millions les fonds levés.

Comparer ces deux startups, c’est également évoquer les différents moyens choisis par chacune pour occuper l’espace des agendas sur mobiles qui sont censés vous aider dans votre vie quotidienne. Le choix du design est clairement celui de Sunrise, alors qu’en ce qui concerne Tempo.ai, c’est plus un choix technologique, et Thierry Donneau- Golencer le sait parfaitement, puisque cette application a été bâtie par sur des projets qu’il a successivement fait évolué alors qu’il travaillait pour le SRI.

Le SRI est un institut de recherche américain, dont les locaux sont à Menlo Park en Californie, et qui mène des recherches dans différents domaines scientifiques et technologiques au profit du gouvernement des États-Unis ou d’entreprises privées. C’est au SRI que Douglas Engelbart, qui vient de décéder récemment, inventa l’environnement graphique qui est le bureau des ordinateurs tel qu’il est proposé aujourd’hui encore, et la souris, en 1968.

Thierry a ainsi travaillé, au sein du SRI, sur les différentes versions qui seront, en quelque sorte, à l’origine de Tempo.ai, à partir 2009. Ce fut par exemple le cas avec CALO, et d’autres versions suivront, mais Thierry restera en quelque sorte le fil rouge en participant au développement de cet assistant intelligent qui perdra sa fonction de recherche vocale, pour devenir une startup hébergée par le SRI Ventures (comme Siri, l’outil de recherche vocal sur iPhone), co-fondé avec un vétéran de la Silicon Valley Raj Singh, et Cory Hulen. Il est clairement ici question de résoudre le problème de l’agenda mobile avec le support d’éléments d’intelligence articielle, et notamment la capacité de la mise en place et de l’organisation des données personelles et le fameux « cold start » qui doit permettre au système « d’apprendre » et d’apporter des informations plus pertinentes à l’utilisateur.

Il n’est naturellement pas question de « guerre » dans tout cela, mais il y a tout de même une place de leadership à prendre pour ce type d’assistant numérique dans le domaine de l’organisation de son temps, sur iOS pour les deux startups. Je vous laisse faire vos paris, et vous propose d’écouter Thierry (tout en m’excusant de la qualité de l’enrgistrement…)

Thierry connait bien le monde des startups et derrière cette apparente modestie entrepreneuriale se cache une certaine ambition… tout à fait Silicon Valley !

 


Filippetti et Amazon, la suite…

Décidemment, la Ministre de la Culture et de la Communication semble lorgner vers le Ministère de l’Industrie et des Finances (surement dans le cadre d’un « remaniement ministériel »), car il semble qu’elle soit entrée en croisade contre Amazon et clame haut et fort que la société américaine doit payer ses impôts en France. Ayant écrit sur le sujet, je prouve que moi aussi j’ai de la persistance et que je fais un suivi de mes dossiers.

by republicain-lorrain

On peut remarquer le très joli mécanisme bien huilé entre le journaliste du Républicain Lorrain qui pose bien la question qu’on lui a demandé de poser (« mettre Amazon à la page », très drôle…) et le service de presse de la Ministre. Seule réponse, un militantisme primaire et populiste de la Ministre, qui nous indique même à titre d’argument indiscutable qu’elle a obtenu le soutien de « on ne sait pas qui aux États-Unis » suite à ses interventions. C’est de la pure démagogie. Qui ? Soyons sérieux et professionnel.

Prendre le virus de la politique, c’est une chose, résoudre le problème de la fiscalité des multinationales, c’est un autre sujet. Et concernant un commentaire laissé sur mon précédent post par un des premiers salariés d’Amazon en France :

a. Qui gagne ici ? le consommateur de livres. C’est a dire chacun d entre nous. Alors que la France est deja le pays qui protege au maximum les vendeurs de livres (Prix Fixe a 5% off list price) Amazon vend ses livres au meme prix que le libraire au coin de la rue,

b. la FNAC offre le port gratuit sur les livres sur fnac.com et personne ne dit rien ?

c. Amazon est un belle réussite industrielle en France. Avec beaucoup d’emplois qualifies crees dans des regions difficiles. Preuve en est que le DG France vient de prendre la responsabilité de tout le business de retail en Europe…

« Il faut que » : à suivre, après la démagogie flagrante tout au long de cet entretien, peut être de vraies solutions culturelles. Quant à l’économie et la fiscalité, c’est une autre histoire.

Mes réflexions autour de la visite de Fleur Pellerin à San Francisco

Elle est venue, ils sont tous là, pour le point presse ce mardi 4 juin 2013. On l’attendait depuis quelques mois, elle est enfin venue. La visite d’un Ministre en charge de l’Économie Numérique à San Francisco, c’est un peu comme un pélerinage d’un musulman à la Mecque : indispensable pour un ministère réussi. Plus que pour ses prédécesseurs, il y avait une curiosité positive à ce voyage, et en ce qui me concerne, et aux yeux de beaucoup, nous n’avons pas été déçus.

Les raisons du succès

On peut en citer plusieurs, mais la principale est liée à la personnalité du Ministre : Énarque, et donc femme de dossier, il n’en reste pas moins qu’à l’occasion dc cette rencontre avec les journalistes, bon nombre de ses remarques ont fait mouche et ont tranché avec le soporifique discours que l’on a pu entendre par le passé. « Il n’est pas question de créer une Silicon Valley à la Française. Cet écosytème a mis des années à se mettre en place, et c’est non répliquable » : tel fut le résumé de sa réponse à la question bateau des journalistes locaux présents. Les dossiers qu’elle a pu défendre à Paris (mis à part la nomination surprise de Tariq Krim pour une mission sur la cartographie des talents émergents de la filière numérique et une prise de position un peu naïve sur le dossier AppGratis face au rejet d’Apple de son application de l’AppleStore, de mon point de vue) ont montré un sans faute qu’elle a confirmé ici. Le tête à tête avec des entrepreneurs Français installés récemment à San Francisco, sans présence de média, avec notamment Carlos Diaz qui a été impliqué dans cette bruyante histoire des « pigeons », a visiblement séduit, à en croire les tweets que l’on a pu lire de certains a posteriori. Ensuite, on ne peut nier qu’une alternance politique est également une bonne chose, puisque la Ministre à eu un parcours quelque peu différent des précédents Ministres de droite, ce qui a permis de donner la parole à des personnes qui ne s’expriment pas toujours en direct aux représentants du Gouvernement. Enfin, le programme concocté par le Consul Général de France Romain Serman a été lui aussi bien complet, la Ministre n’hésitant pas à « affronter » une horde de VCs américains, ou à rencontrer la charismatique Sheryl Sandberg de Facebook. Toutefois, point de CEO de Twitter, une faute de goût  de leur part, je trouve, ou de Google, mais ça, c’était prévisible. Sinon pour être presque complet, il y eut aussi Salesforce, Airbnb, Intel, et une rencontre avec Bertand Diard, le CEO de Talend. Tout ça en 2,5 jours.

Point de Marissa Mayer…

L’affaire DailyMotion, on s’en fout

Deuxième réflexe des journalistes locaux, « Est ce que l’on vous a parlé de DailyMotion ». On a compris que vous essayez de lui faire passer un message, Messieurs les journalistes, sachez qu’elle a bien intégré ce qui se passe ici, et justement, elle est là pour évoquer le futur avec les principaux acteurs de la région, pas pour ressasser les vieilles histoires. « Ce n’est pas au Gouvernement de s’immiscer dans les affaires d’entreprises que l’État ne contrôle pas directement » (ce sont ses mots), ça a été fait par son Ministre de tutelle, ce fut une connerie (ça, ce sont les miens), c’est du passé, au suivant. Même quand Amazon est arrivé dans la conversation, on a pu entendre un autre son de cloche que celui de sa collègue Aurélie Filippetti. Un discours lucide sur le business que peut apporter le géant de Seattle en France. Un discours réaliste sur le business. Point.

Invest in French

Il est certain que contrairement aux idées reçues et notamment reportées par des journalistes parisiens, les investisseurs de la Valley adorent les projets venus d’Europe, et de France aussi bien entendu. Le « French bashing » que l’on peut nous servir en général sur les difficultés de la France pour ceci ou cela n’atteint pas les blanches colombes que sont les investisseurs de Sand Hill Road. Ce sont en général des produits ciblant de très bonne niches, développés par ce que l’on peut considérer comme la crème des développeurs (je parle des ingéneurs françcais, une des plus belle réussite de la technologie à la fançaise), et qui vont pouvoir être maximisés notamment au niveau des valorisations. Cela permettra d’assurer de belles plus-value lors des levées de fonds suivantes, sans parler des fameuses « exits » (vente de la société ou introduction en bourse). Criteo, Talend, Virtuoz pour parler des opérations les plus récentes, ont certainement représenté de très bonnes affaires ! Sans faire injure aux talents de leur fondateurs, les entrepreneurs locaux de la Valley sont certainement plus coriaces à négocier, car ils jouent à domicile et sont habitués au Monopoly de la « tech ». Sans être dans le secret des conversations qui ont eu lieu à Menlo Park, je suis certain que certains messages ont été bien reçus par la Ministre, avec des informations bien précieuses à l’avenir pour l’écosystème français.

Invest in France

Il y avait une certaine attente des réactions de la Ministre après l’épisode sur les réseaux sociaux de la communauté des startups au sujet de l’impact des nouvelles dispositions fiscales, et l’avenir dira si ses apparentes bonnes dispositions seront confirmées. Il est clair, toujours de mon point de vue, que les mesures actuelles ne vont pas assez loin pour favoriser l’investissement dans les entreprises, numériques en particulier. Loin des excès de la Silicon Valley et de sa bulle toujours présente (mais il n’y a pas de raison fondée pour imaginer que cela va s’arrêter), il est évident qu’hormis des investissements de business angels ici et là et hormis le travail fait par Xavier Niel et son fonds Kima Ventures, il n’y a pas assez de source d’investissement de type « early stage » en France, et c’est un problème. Les autres fonds existants réalisent essentiellement ce que j’appelle du « ceinture-bretelles », de l’investissement sans véritable risque, et il manque une « agressivité fiscale » en France enourageant l’argent à se déverser dans la création de nouvelles entreprises plutôt vers le Livret A ou d’autres bas de laine. Et les mesures citées par la Ministre à la question posée manquent de punch pour créer un effet de surprise et réveiller une prise de conscience que des choses peuvent se passer en France dans le numérique, et que nous ne sommes pas les derniers de la classe en ce qui concerne  le contenu, vous savez, la French Touch. Vous en connaissez, vous, beaucoup, des pays, à part la Chine, qui ont su sortir le numéro 3 des plateformes de contenus vidéos dans le monde ?! La France n’est pas aussi mauvaise qu’elle veut bien se l’entendre dire, et avec un peu plus de prise de risque structurée, il y aura plus de chance de sortir d’autres acteurs numériques qui sauront percer comme DailyMotion et se faire une petite place au solein du web… si on ne vient pas trop les déranger avec un discours de « la France au Français », comme c’est trop souvent le cas avec le Ministre de la Productivité.

Un « digital house » pour les entreprises françaises à San Francisco

Nouvelle vite évoquée par la Ministre, un véritable picotement dans mes yeux à entendre cette nouvelle, tant j’en ai rêvé de la faire et voir naître , mais qui s’est révélé impossible à mettre en place avec les acteurs français présents à San Francisco. Assurément une bonne nouvelle pour bon nombre d’entreprises qui tapent à la porte de la Silicon Valley sans trouver la formule de support dont elles sont besoin : hébergement, coaching personalisé, introductions ciblées. Chaque startup me rendant visite chaque semaine me donne cette impression d’avoir besoin d’un service personalisé qui doit pouvoir être structuré, et surtout multi-disciplines. J’imagine que c’est le même constat pour tous ces entrepreneurs français du coin qui modulent bien volontiers leurs agendas chargés pour offrir un peu de feedback. Le Consulat, qui a un rôle essentiel dans le relais de la France auprès des acteurs de la technologie ici depuis San Francisco, doit pouvoir remplir ce rôle. Mais il n’y a pas d’autres informations disponibles autre qu’il devrait ouvrir dans 2 mois, donc a priori à la rentrée.

What’s next?

Il manque un coup de fouet dans de nombreux aspects couvrant le digital en France et cela ne va pas se faire vite, ni tout seul. Je ne crois pas au cliché de la France qui n’aime pas ses entrepreneurs. Il y a trop de PME en France, et il faut être aveugle pour ne pas voir que le reflexe de la création de sa « boite » n’est pas une exception. Maintenant, une chose est sure, il y en a que l’on entend un peu plus que les autres ! Reconnaissons qu’il manque clairement des zones d’intervention au niveau du capital risque, et un peu trop de mentalités de banquiers dans cette industrie. Pour cela il va falloir encourager plus encore l’incitation fiscale dans notre pays, faire sortir d’autres Kima Ventures, structurer à sa base le capital risque avec des acteurs prêts à jouer le jeu. Ca marche bien ailleurs.

Le temps joue pour le digital français. Le nombre de Français présents dans la Baie de San Francisco et travaillant à des postes clés dans bon nombre de sociétés technologiques sont « les meilleurs porte-drapeaux de la Nation », car, même présents depuis 10 ou 20 ans, voire plus, ils ont tous les yeux tournés vers la mère patrie, et répondront présents si on les sollicite. Un regret de ce voyage pourraitêtre de ne pas avoir rencontré suffisamment de personnes ayant accompli un long parcours ici dans la Silicon Valley, qui auraient un autre regard que ceux arrivés il y a 5 ans ou moins. Et ils seront autrement plus… directs ! Solliciter un réseau d’entrepreneurs à travers le monde selon leurs compétences : il y a un système de mentoring à mettre en place, parce que l’un des plus belles vues sur une situation… est justement de ne pas s’y trouver en plein milieu !

Les interventions au quotidien de certaines représentations gouvernementales, ou même régionales (et oui) présentes dans la Baie de San Francisco  qui s’essayent à vouloir recruter des sociétés américaines candidates potentiellement au grand saut dans le business en France passent inaperçues. Une vraie solution serait de créer en France un « centre de compétences de contenus » pour rendre la capitale notamment en mettant en valeur cette French Touch qui n’est pas que l’effet d’un duo de groupe électro, mais un véritable phénomène qui a rendu la France célèbre dans le jeu vidéo : Ubisoft, un des leaders de l’industrie du jeu vidéo, ça vous parle ? Et le design ? La France est historiquement un pays d’artistes, non ?! Il y a tant d’américains qui rêvent (tous) de venir à Paris, donnons leur donc une bonne raison d’y venir.

De grâce, arrêtez avec cet entêtement de certains à vouloir apprendre à nos jeunes la programmation à l’école, et cherchez plutôt des moyens de valoriser les filières technologiques : on fait la part belle beaucoup trop en France aux écoles de commerce, qui ne sont pas le bassin des âmes les plus créatrices, je suis désolé de le dire. Une fonction clé aujourd’hui dans une entreprise n’est plus le service marketing, et ce depuis belle lurette, mais bel et bien la R&D ou le Product Management. Il va falloir inverser la tendance.

Je pense aussi  qu’il serait aussi prioritaire de se pencher sur le berceau des relations entre ces nouveaux petits acteurs des startups et les grandes industries qui souffrent tant à vouloir innover et qui font qu’aujourd’hui la France passe pour un pays du siècle passé. Et des sociétés comme Parrot ne sont pas assez nombreuses, ou visibles. Petit à petit, toutes les industries mondiales s’installent des « Labs », des antennes dans la Silicon Valley, parce qu’il y a des structures qui favorisent l’interaction entre ces deux mondes. Et certaines créent leurs propres fonds, pour aller « acheter » des petites graines innovantes qui grandiront rapidement dans leurs grosses structures. C’est réplicable en France, et ça se fait parfois, mais il manque des incubateurs dignes de ce nom à ce jour, malgré les nombreuses initiatives à Paris ou en Province. Mas ça arrive ! Rapprocher la communauté des startups au monde de l’industrie Française, un bien beau programme.

Quant aux dispositions sur le numérique, une des raisons de la visite de la Ministre à San Francisco, qui avait un objectif pédagogique vis à vis des acteurs de la Silicon Valley, il faudrait certainement s’en occuper un peu plus dans l’éxecution, et un peu moins imaginer de nouvelles taxes Google, de nouvelles taxes « smartphones ». Inciter la créativité et non la répression, sachant que le problème de la fiscalité des grands géants d’Internet ne trouvera jamais sa solution dans un traitement local. Pour le coup, une bonne raison pour la Communauté Européenne de se rendre utile et d’être, elle aussi, créative. Dans son genre.

 

Aurelie Filippetti : avec Amazon, faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais

L’information que j’ai choisi dans ce post m’a été signalé par un média que je n’aime pas beaucoup, tant il privilégie le sensationnel au reste de ce qui se passe dans le domaine du web et des technologie notamment, et je suis conscient d’ailleurs que présentement je vais faire de même. Peut être même que celui qui a écrit l’article en question a voulu faire plaisir à un de ses actionnaires, un certain Jeff Bezos, patron d’Amazon.

Mais l’activisme de la Ministre de la Culture et de la Communication contre Amazon commence par s’entendre de l’autre coté de l’Atlantique, non pas du coté du géant de Seattle, qui a bien pris note de ses coups de battes réguliers, mais également du coté des médias qui trouvent là les moyens de diffuser l’incohérence de la France et de son Gouvernement, une nouvelle fois. Et ça finit par agacer à force.

Il est bien dommage qu’après la visite de sa collègue Fleur Pellerin à San Francisco, qui a été plutôt réussie, en terme d’image, on continue de donner des messages négatifs par souci de démagogie, ce qui est mauvais pour les affaires tout autant que pour la réputation de la France aux États-Unis, d’autant que cela ne va en rien résoudre les problèmes du lobby dont la Ministre souhaite prendre la défense.

Faire de la politique ne se résume pas à faire des lois en réaction à des phénomènes

Bientôt, plutôt que comme le propose certains influenceurs du Web, c’est le Droit qu’il faudra apprendre dès le collège, tant ça devient impossible de faire du business en France avec toutes ces lois qui sont promulguées, notamment pour le digital. Si l’on pouvait résoudre tous les problèmes par des lois… Le protectionisme ne sera jamais une solution, le digital aujourd’hui va trop vite dans son évolution, et le législateur, dans sa grande bonté, ne peut plus suivre, c’est le client final qui décide. Les discussions sur de nouvelles taxes suite au rapport Lescure vont certainement acccoucher d’une nouvelle couche légale. Mais cela ne va pas changer l’évolution du comportement des consommateurs, qui ne cessent de se fournir sur Internet pour ses besoins culturels.

Soutenir le culturel en accusant Amazon, c’est se tromper de problème

Réagir à des provocations d’un journaliste populiste, critiquer les taxes payées par Amazon et les aides à l’emploi dont la société bénéficie en France, c’est une chose, cela ne va pas détourner les consommateurs d’acheter là ou son intérêt le porte, et ce n’est pas forcément le battage marketing qui fait notamment l’achat. L’exemple de la concurrence que porte PriceMinister à eBay en France prouve qu’il y a des particularités locales qu’il faut suivre avec attention.Le véritable concurrence des libraires aujourd’hui, c’est la facilité de trouver ce que l’on cherche sur Internet et la difficulté pour les commerces physiques de satisfaire des besoins culturels avec des logiques de logistique relativement compliquées. La fermeture du magasin de Virgin sur les Champs Élysées est assez éloquent, et un magasin n’est jamais assez grand et assez bien placé pour satisfaire la demande. Sur Internet, la satisfaction de la demande est élastique ! La multiplication des sites Internet en tout genre ne cesse de progresser : pour comparer les prix, livrer, connaître les goûts de ses amis, suivre les tendances, tout cela se passe de plus en plus sur Internet. Il est logique que l’achat se passe sur Internet.

Les libraires ont un avantage majeur : le local

Les libraires ont un avantage indéniable, c’est le lieu de vie qu’ils représentent. C’est, avec la boulangerie et le café du coin, les piliers de la vie de quartier, et c’est un avantage qu’il faut savoir utiliser. D’autres industries ont très bien compris qu’un des façons de résister à la concurrence,  c’est de se diversifier, ou se spécialiser à l’inverse. Vendre d’autres produits, réutiliser ses surfaces pour d’autres activités, renforcer sa présence par du marketing local… Même des géants comme MacDonald’s aujourd’hui en sont à se poser la question de comment faire venir les consommateurs dans leur restaurant, comme les y retenir et les y divertir. Un site Internet comme Bleacher Report, un site web dédié au sport à très bien compris cette règle du local, qu’ils ont su adapté à un site d’information online : ils diffusent des news sportives régions par régions, et leur succès d’audience les a fait se faire racheter par Time Warner, incapable de faire ce que cette startup créée en 2007 à su réussir. Trouver la formule locale qui va pousser un passant à s’arrêter régulièrement chez le libraire du coin, c’est un meilleur combat que faire le pied de grue au 3 rue de Valois, à travers ses syndicats.

Et maintenant…

Ce qu’il faut donc attendre ; une loi en réaction à l’effet kiss cool d’Amazon proposant à la fois la livraison gratuite et un rabais sur le prix. Combien d’heures de rédaction, à combien de mains, je vous le demande. C’est ça, la politique d’aujourd’hui. A la prochaine « fenêtre législative », ça veut dire à la Saint Glinglin en Français de tous les jours ?!

Au passage, personne n’oblige le Gouvernement ou ses représentants à faire des facilités pour permettre à créer des emplois dans nos régions, n’est-ce pas ?

Bon, même si je reconnais que la chute est un peu facile, je trouve que c’est un comble d’accuser autant Amazon et en même temps d’utiliser ses services pour vendre quelques uns de ses ouvrages. Sans devenir paranoiaque, la valeur de l’exemple pour un homme politique, et donc une femme politique, me paraît assez essentielle.

Pour ceux qui veulent surfer Français, acheter Français : http://www.leslibraires.fr/ ou http://www.lalibrairie.com/

La French Touch avec l’émission On Refait le Mac

Olivier Frigara et ses chroniqueurs de la fameuse émission On Refait le Mac (Cédric Ingrand de LCI, Fanny Bouton de Fanny’s Party et le mystérieux Monsieur X, ancien salarié d’Apple) ont mis à l’honneur la French Touch dans le domaine du jeu vidéo, et c’est un plaisir d’entendre un peu plus encore Emeric Thoa, également invité, co-fondateur des Game Bakers que l’on a déjà mis à l’honneur ici, qui en est un parfait exemple ce cette French Touch.

Ce podcast fut l’occasion d’adresser un petit message au passage de Monsieur X à l’attention de notre Ministre déléguée aux PME, à l’Innovation et à l’Économie Numérique, Fleur Pellerin (bientôt en visite à San Francisco), en lui rappelant un sujet qu’elle a déjà évoqué : la possibilité d’intégrer le temps passé à la partie créative nécessaire à la conception d’un jeu vidéo dans le fameux crédit d’impôt. Ce ne serait pas un gros effort de la part du Gouvernement, et cela pourrait tellement aider des studios de la taille des Game Bakers !

Il n’est pas nécessaire d’avoir fait de hautes études en politique pour comprendre que ce qui peut changer la donne dans le domaine de l’entrepreneuriat en France et sur lequel le Gouvernement a toute latitude : l’agressivité fiscale, Plutôt que taxer, sur-txer et re-taxer le capital, ce qui est un frein naturel et une incitation directe au Livret A pour les gens qui ont de l’argent (sans parler d’exil fiscal), il est urgent de créer des « îlots fiscaux ». Par îlot fiscal, j’entends des mesures d’incitation à investir pour ceux qui ont de l’argent, et , pour ceux qui veulent entreprendre avec, à défaut d’une aide financière directe, éviter les tracas d’organisations qui ont besoin de se financer, et qui viennent prendre l’argent là où il n’existe pas (je pense aux URSSAF par exemple). Pourquoi ne pas ouvrir des passerelles entre l’impôt sur le revenu et les différentes taxes fiscales, sociales sur les sociétés… Vous êtes payés aussi pour être créatifs, Mesdames Messieurs les politiques..

Il manque cruellement ce que l’on appelle le capital risque « early stage » pour aider l’entrepreneuriat à sa source, et je ne vois que Xavier Niel et son fond Kima Ventures qui soit une offre structurée dans ce domaine, et bien qu’il y ait des business angels de ci de là, c’est assez cahin caha et ce n’est pas assez. Il faut donc créer plus d’opportunités, et arrêter de se flageller en répétant sans cesse que la France est un pays où on n’aime pas le risque. Le risque, ça s’encourage, les lois ça peut aussi servir à cela. Les mentailités, ça se change, sur le terrain, pas dans les journaux.

 

Les Game Bakers, le jeu vidéo à la Française… en France

Alors que l’on ne cesse de nous répéter que la France perd tous ses cerveaux, on finit par en devenir aveugle. Il est donc temps de tuer une rumeur : non, tous les développeurs de jeu vidéo n’ont pas tous émigré à Québec. Succomber aux sirènes fiscales canadiennes n’est pas une tentation pour l’intégralité des talents qui veulent vivre du jeu vidéo. Et c’est le cas d’Audrey Leprince, d’Emeric Thoa et de toute l’équipe des Game Bakers (un designer, un game designer, deux développeurs, un artiste et une productrice), qui se sentent bien là où ils sont, entre Lyon et Montpellier, pour se jeter dans la fosse à lions que constitue l’Apple Store… et pire encore, Google Play.

Ce n’est pas toujours simple, et les mesures annoncées il y a bien longtemps en faveur de l’industrie du jeu vidéo en France n’ont pas empêché une lente érosion de cette industrie en terme d’emplois en France, bien cachée il faut dire par l’incroyable aventure industrielle d’Ubisoft qui navigue avec aisance dans le Top 3 des éditeurs de jeu… mais qui eux ont investi là où il fallait, quand il fallait. Malheureusement pas en France, qui n’avait pas encore son Super Dupont de Montebourg pour nous sauver du marasme, soit disant. Il aurait été capable de les arrêter ! Mais peu importe justement, c’est la globalité de ce made in France qui permet de faire avancer le bateau France, dans sa globalité, de diffuser la French Touch, et pas cette ridicule approche de la protection de nos frontières et de l’achetez Français, aux relents d’un nationalisme à mon sens très mal placé en ces heures de marché global.

Justement, Ubisoft, notre talentueuse équipe des Game Bakers connaissent bien, ils sont passés par cette grande maison, à l’international, et donc un peu partout dans le monde, pour finir où, hein, Nono, je te le donne en mille : dans ce doux pays, la France. Et en plus, ils innovent nos sympathiques développeurs, par exemple en adaptant le gameplay à un iPad qui ne ressemble en rien à une console de jeu, c’est le moins que l’on puisse dire…

Alors, pas de temps à perdre, vous avez un produit Apple, un téléphone Android, des enfants, envie de vous défouler, suivez les instructions suivantes :

– pour télécharger sur l’AppStore, cliquez ici

– pour télécharger sur Google Play, cliquez ici

Parce que le jeu a été développé sur les deux plateformes, oui Monsieur…

En bonus, une interview de l’équipe pour parler de leur entreprise et du nouveau jeu qui vient de sortir, Combo Crew, au dernier Bar avant la fin du monde, à Paris, tout un programme…

La France, ce pays où il fait bon entreprendre… avec Parrot

L’avantage de vivre en dehors d’un pays, c’est de voir un peu mieux ce qui peut s’y passer, d’une certaine façon : ça vous rend plus positif. Plus objectif ?! La Silicon Valley, c’est aussi un lieu de passage pour ces entreprises bleu-blanc-rouge qui viennent se positionner, participer à une conférence, satisfaite de leur positionnement dans un pays où il fait bon développer une entreprise (oui, je parle bien de la France)… en attendant d’aller voir ailleurs, selon les opportunités qui se présenteront, ou pas.

Parrot est une société qui n’était pas si connue jusqu’à son introduction en bourse. Créée en 1994 par notamment Henri Seydoux, issue d’une famille d’industriels connus en France, la société va se positionner sur le marché des appareils sans fils, notamment à destination des véhicules. Et ensuite il y a cette introduction en bourse en 2006. C’est souvent le début des ennuis pour une entreprise, soumise à une logique financière et de reporting, peu propice à s’inspirer de nouvelle tendances industrielles, et qui recherche plutôt les moyens de creuser encore plus profond les sillons d’une rentabilité que la compétition mondiale a tendance à malmener.

Pas chez Parrot, au contraire. Quand on y regarde de plus près, la société n’a cessé d’innover dans des produits utilisant la technologie sans fil pour différents usages, avec un mot d’ordre : faire de beaux produits. Des enceintes Zikmu par Philippe Starck, des cadres digitaux avec Martin Szekely… et enfin, l’AR Drone en 2010. Un drone hélicoptère commandé par iPhone avec quelques éléments de réalité augmentée intégrés, vendus en centaines de milliers d’exemplaires. Le même concept du sans-fil, avec cette fois la volonté d’apporter une nouvelle expérience de jeu, non plus derrière un écran mais en action réelle. La stratégie est d’investir dans un nouveau segment mais en y apportant un caractère disruptif. 2012, l’année du lancement du casque audio Zik, avec Philippe Starck.

Et enfin, 2013, encore le CES, le show techno de Las Vegas qui réussit si bien à l’entreprise qui sait aussi communiquer se développer (prudemment) à l’international, sur un nouveau segment : le jardinage et Flower Power, qui n’est pas un slogan hippy des 60’s mais bel et bien un nouveau produit. Pourquoi ? Pour vous aider à mieux jardiner, grâce à la technologie.

Écoutez un peu Guillaume Pinto, le CTO soi-même…

Parrot, c’est un peu la fameuse entreprise du 3e type d’Hervé Seryieyx et Georges Archier. Il n’y a pas que Zappos aux États-Unis pour démontrer ce qu’est une culture d’entreprise innovante. On sent bien chez l’équipe, quand on parle aux personnes du marketing par exemple, qu’il s’y passe quelque chose. Les ingénieurs sont valorisés dans leur travail, ils viennent aux trade-show, ils font la démonstration des produits sur lesquels ils ont travaillé. Ils peuvent voir de leurs yeux le resultats d’une R&D qui vous coince en général dans les labos, loin des yeux du public. Pas chez Parrot. Chiffres d’affaires en progression, résultat net positif à 24 millions d’euros en 2012, action autour de 27 euros. R&D en France, toujours.

Ils excellent même dans le marketing viral. Alors une autre vidéo, pour le plaisir.

Cette nouvelle rubrique se veut fraîche, et je souhaitons lui longue vie ! Vous êtes une société Française de passage dans la Silicon Valley ? Contactez moi !

Du Bleu Blanc Rouge dans la Silicon Valley : TapCanvas avec Adrien Cahen

Le flux d’entrepreneurs, de développeurs, ou de chercheurs de fortunes qui viennent tenter l’expérience dans la Silicon Valley ne s’arrête jamais. Parmi eux, beaucoup de Français, et je propose de les rencontrer, et d’écouter ce qu’ils ont à partager !

Adrien Cahen est une personne à rencontrer… si on arrive à trouver un créneau disponible, car comme beaucoup de personnes ici, il a beaucoup à faire, surtout quand on se lance dans le grand bain de la startup. Après un beau parcours de « web developer ++ » en France, Adrien a fait partie des équipes de Yahoo! pendant presque 4 ans en Californie, pour arriver ensuite chez Twitter… mais non, pas plus de 2 ans, car il avait mieux à faire surement : tenter le grand saut de l’entrepreneuriat, l’objectif de tant de développeurs doués vivant au royaume des geeks !

Adrien a démarré sa nouvelle « venture » en février de l’année dernière avec un partenaire qui n’est pas inconnu en la personne de Josh Merrill, l’homme qui a fait Mogotix, une startup qui a fait parler d’elle avec son application mobile permettant de gérer des évènements. Ils se sont trouvés notamment grâce à un site web de recherche de talents techniques qui marche plutôt bien à San Francisco, en l’occurrence WhiteTruffle, avec, là aussi un Français à interviewer bientôt, Alex Deve.

J’ai retrouvé Adrien il y a quelques mois leur du lancement de Tapcanvas chez AOL à Palo Alto. TapCanvas, c’est une plateforme pour aider les personnes sans connaissances techniques spécifiques à construire leur application mobile. Il y a beaucoup d’acteurs dans ce segment, la spécificité de TapCanvas réside dans le fait qu’ils utilisent des technologies web comme HTML5 pour aider à construire des applications utilisables sur mobiles en général et non pas à destination exclusivement de l’AppStore ou autre Google Play. Un partenariat vient de se signer avec la société Eventbrite de San Francisco (un concurrent de Mogotix en quelques sorte, c’est comme cela dans la Silicon Valley…) pour la création d’applications dédiées aux évènements. La boucle est bouclée, TapCanvas est en quelque sorte la possibilité de « scaler » le concept de Mogotix (un modèle qui puisse trouver un marché de croissance). Un premier financement d’amorce à $200K a financé les développements, et c’est désormais un autre tour de financement à suivre prochainement pour aller encore plus loin.

Vous pouvez vous enregistrer sur la plateforme et l’essayer, c’est (encore) gratuit.

NB : je m’excuse de l’enthousiasme qui m’a fait utiliser un mot peu journalistique vers la fin de l’interview, la passion m’a emporté une fois de plus…


La France, ce pays où il fait bon entreprendre… avec Itekube

L’avantage de vivre en dehors d’un pays, c’est de voir un peu mieux ce qui peut s’y passer, d’une certaine façon : ça vous rend plus positif. Plus objectif ?! La Silicon Valley, c’est aussi un lieu de passage pour ces entreprises bleu-blanc-rouge qui viennent se positionner, participer à une conférence, satisfaite de leur positionnement dans un pays où il fait bon développer une entreprise (oui, je parle bien de la France)… en attendant d’aller voir ailleurs, selon les opportunités qui se présenteront, ou pas.

J’ai rencontré Julien Ulrich dans les années 2005-2006 alors qu’il était General Manager de Virginmega.fr. Une belle rencontre, voilà un homme qui connaît son affaire : le contenu digital. Quelques années plus tard, alors que l’on s’est toujours plus ou moins suivi, en tout cas jamais perdu de vue, je le retrouve en mode de lancement de sa véritable première startup, en totale liberté dans la maîtrise de son idée, avec un produit imaginé avec son frère, made in Caen, Normandie. De passage en France, j’en profite pour voir le produit de mes yeux. Écoutez plutôt…

Naturellement, le produit n’en est pas au cycle de développement commercial d’une société comme Withings, mais la table digital imaginée par les deux frères a déjà trouvé preneur chez Microsoft (vous pouvez la voir au siège à Issy les Moulineaux), Dassault Systèmes (qui s’y connaît un peu en 3D), Vinci, le Grand Lyon et d’autres régions françaises. Le canal de distribution est quasiment en place, et la production est en train de passer à sa deuxième grande série.

Itekube conçoit et réalise des interfaces interactives intuitives pour les environnements grand public, avec des matériels adaptés à plusieurs types d’interactions, en particulier la navigation dans des univers 3D temps réel.

Julien n’imaginait pas monter ce combiné de hardware et de software ailleurs qu’en France, et il a d’ores et déjà les yeux rivés vers les opportunités qui vont arriver ailleurs, aux Étas-Unis par exemple. La Côte Est, elle arrive, déjà. EVA, ils l’ont appelé : je me sens tout E.T., pas vous ?!

Cette nouvelle rubrique se veut fraîche, et je souhaitons lui longue vie ! Vous êtes une société Française de passage dans la Silicon Valley ? Contactez moi !