La guerre des calendriers sur mobiles : une guerre un peu… Française !

La récente levée de fond de la société Sunrise n’est pas passée inaperçue dans la communauté française au début de ce mois de juin puisqu’elle implique deux anciens designers de Foursquare, dont un français Pierre Valade (et un belge de Bruxelles Jérémy Le Van) et aussi parce qu’elle implique une belle brochette de business angels, dont un Français bien connu dans le monde d’Internet, Loic Le Meur. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il y a aussi un Français dans l’équipe fondatrice d’une autre startup en Californie qui adresse ce même problème des calendriers sur smartphone, Tempo.ai,  qui vient de lever, elle, un nouveau round de $10 millions, portant à $12,5 millions les fonds levés.

Comparer ces deux startups, c’est également évoquer les différents moyens choisis par chacune pour occuper l’espace des agendas sur mobiles qui sont censés vous aider dans votre vie quotidienne. Le choix du design est clairement celui de Sunrise, alors qu’en ce qui concerne Tempo.ai, c’est plus un choix technologique, et Thierry Donneau- Golencer le sait parfaitement, puisque cette application a été bâtie par sur des projets qu’il a successivement fait évolué alors qu’il travaillait pour le SRI.

Le SRI est un institut de recherche américain, dont les locaux sont à Menlo Park en Californie, et qui mène des recherches dans différents domaines scientifiques et technologiques au profit du gouvernement des États-Unis ou d’entreprises privées. C’est au SRI que Douglas Engelbart, qui vient de décéder récemment, inventa l’environnement graphique qui est le bureau des ordinateurs tel qu’il est proposé aujourd’hui encore, et la souris, en 1968.

Thierry a ainsi travaillé, au sein du SRI, sur les différentes versions qui seront, en quelque sorte, à l’origine de Tempo.ai, à partir 2009. Ce fut par exemple le cas avec CALO, et d’autres versions suivront, mais Thierry restera en quelque sorte le fil rouge en participant au développement de cet assistant intelligent qui perdra sa fonction de recherche vocale, pour devenir une startup hébergée par le SRI Ventures (comme Siri, l’outil de recherche vocal sur iPhone), co-fondé avec un vétéran de la Silicon Valley Raj Singh, et Cory Hulen. Il est clairement ici question de résoudre le problème de l’agenda mobile avec le support d’éléments d’intelligence articielle, et notamment la capacité de la mise en place et de l’organisation des données personelles et le fameux « cold start » qui doit permettre au système « d’apprendre » et d’apporter des informations plus pertinentes à l’utilisateur.

Il n’est naturellement pas question de « guerre » dans tout cela, mais il y a tout de même une place de leadership à prendre pour ce type d’assistant numérique dans le domaine de l’organisation de son temps, sur iOS pour les deux startups. Je vous laisse faire vos paris, et vous propose d’écouter Thierry (tout en m’excusant de la qualité de l’enrgistrement…)

Thierry connait bien le monde des startups et derrière cette apparente modestie entrepreneuriale se cache une certaine ambition… tout à fait Silicon Valley !

 


L’actualité High-Tech de la semaine : Snapchat, Saleforce et Oracle, Socrata, Clinkle, Adobe et Neolane

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : la Silicon Valley a accouché d’un nouveau monstre, Snapchat

Evan Spiegel et Bobby Murphy sont deux étudiants de Stanford. Ils se sont rencontrés en 2009. Evan est titulaire d’un B.S. en Product Design (2012) et Bobby en Mathematical & Computational Science (2010). Snapchat, leur produit, permet de prendre des photos avec son smartphone (iPhone et Android). La photo reste accessible sur l’application tant que l’utilisateur garde son doigt pressé sur la photo sur l’écran de son smartphone. Après la photo disparait. C’est une idée créée par des étudiants dans le cadre de leur cours à Stanford, lancé en septembre 2011. A ce jour, c’est 200 millions de photos prises par jour. Cible des utilisateurs : entre 13 à 24 ans.  Evan et Bobby sont à peine plus vieux (22 et 24 ans). C’est à l’évidence une application qui flirte avec le non autorisé, je laisse imaginer à quoi des adolescents (ou adolescents attardés) peuvent jouer en se prenant en photo instantanée. La startup vient de lever $60 millions. Ca fait $73 millions au total. L’application est gratuite, mais elle plaît parce qu’elle a de belles courbes. Bien sexy. Et j’en connais qui vont se faire un paquet de pognon de profit. Instagram, épisode sex and teens, faites vos jeux, rien ne va plus.

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Mardi : Salesforce et Oracle, leçon de business à l’américaine

 

Salesforce.com et Oracle, ce sont deux ennemis jurés. Marc Benioff, enfant de San Francisco, qui pèse pas loin de 3$3 milliards, en train de dépasser son maître, Larry Elison,  patron d’Oracle, où il a lui-même passé 13 ans.Benioff, patron de Salesforce.com, créée en 1999, c’est du « tout-cloud ». Toutes les solutions possibles que l’on peut imaginer pour une entreprise sont vendus par Salesforce.com, qui n’a pas hésité à dépenser pour accueilir des solutions tierces. Larry, lui, pèse un peu plus de $40 milliards, et il est bien embêté, Larry : ses actionnaires ne sont pas très satisfaits des courbes de croissance. Alors Larry, dans sa bonne sagesse, va chercher des partenaires dans le cloud pour renforcer ses offres, et notamment intégrera Salesforce.com avec ses solutions Fusion HCM et Financial Cloud, tandis que Salesforces.com de son coté va utiliser le système Oracle Linux, la Datavase Oracle et la plateforme Java Middleware. Seuls les spécialistes comprendront le détail. Ce qu’il faut retenir, c’est que parfois les pires ennemis que l’on puissent imaginer sont capables de s’envoyer des emails et trouver des terrains de collaborations. Coopérer, sinon c’est mourir ?

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Mercredi : Socrata, l’open data gouvernemental qui s’achète


C’est bien connu, en France, on fait avancer la technologie d’un point de vue politique en faisant des lois, parfois en lançant des appels d’offres histoire de faire tourner un peu le business vers des entreprises françaises, et ça permet de doper la croissance dans les nouvelles technologies. Il y eu le moteur de recherche Européen, il y a maintenant le projet Data.Gouv.fr, le projet « open data » du Gouvernement français, qui dépend directement du Premier Ministre. Contrairement aux idées reçues des journalistes français, l’idée n’est pas de mettre l’État Français à nu, simplement de donner accès à des donnés publiques utiles. Difficile de savoir combien ça a pu couter exactement, toujours est-il que de l’autre coté de l’Atlantique il y a Socrata, une startup qui vient de lever $18 millions, qui propose de mettre sa technologie au service de toute administration qui veut mettre à disposition des « silos » d’informations. La ville de San Francisco utilise les services de la startup de Seattle, créée en 2007, et qui va pouvoir continuer sa croissance, après une première levée de fonds en 2008 de $6,5 millions.

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Jeudi : Clinkle, la règle des 25 en format US

 

Il était une fois un « twitos » du nom de Marc Simoncini, business angel dans ses loisirs, qui proposa, comme ça, dans le vent twiteresque, de faire une donation de 25.000 euros à des projets soumis par de jeunes gens âgés de moins de 25 ans. Histoire de « remplacer les parents de cette génération » qui veut elle aussi non pas s’engager dans l’administration, mais voler avec les pigeons dans les méandres tortueux mais passionnants de la startup. Il fut sauvé par ses camarades de jeux habituels, notamment Xavier Niel, le Saint des startupers français. Changement de cadre : Palo Alto, son western où les millions coulent à flots, et un jeune homme de moins de 25 ans, qui répond au nom de Lucas Duplan, qui a lancé Clinkle et qui se propose de mettre tout votre porte-monnaie dans votre téléphone. Oui, vous avez bien entendu, tout votre portfeuille. Duplan, Stanford vous avez dit ? Ils ont du entendre l’appel de Simoncini, parce que c’est 25 patates qu’ils lui ont donné. Et pas n’importe qui, s’il vous plaît, du lourd, du très lourd. Non mais, qui c’est qui tweet le plus fort par ici (non, pas allo, s’il vous plaît) ?

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Suivre Marc Simoncini sur Twitter (sait-on jamais, il fera peut être un truc pour les plus de 50 ans, les délaissés du net) : @MarcSimoncini

Vendredi : Adobe  rachète Neolane… mais que fait Montebourg ?


Ca devait arriver, et Adobe a profité d’un moment de relâchement d’Arnaud de Montebourg, probablement en vacances à Caracas. C’est ainsi une entreprise fondée en 2001, et 250 employés qui passent à l’ennemi, avec une fuite de cerveaux en perspective, et bien peu cher payé avec seulement $600 millions… en cash en plus, tellement Adobe avait peu confiance en ces Français dont on ne sais jamais quoi attendre. Plus sérieusement, Adobe va ainsi continuer à renforcer son offre dans le domaine du marketing online et Neolane vivre de beaux jours de croissance au sein d’un gros player de la Silicon Valleyet de son offre Marketing Cloud. On aurait tellement souhaité qu’un tel bonheur arrive à d’autres, et cela confirme ainsi l’excellence d’une French Touch dans la tech, qui avait déjà un pied à l’international, et plus de 400 clients à travers le monde.

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Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Un peu trop tech, la Gay Pride…

Après une bien triste démonstration via les médias en France d’une image violente et intolérante à l’égard d’une évolution devenue indispensable à une société moderne et actuelle, et l’adoption tout à fait justifiée du mariage pour tous en France par le Président de la République et son Gouvernement,  les États-Unis viennent de se réveiller sur ce sujet et le 26 juin dernier, la Cour suprême américaine étend la définition du mariage aux personnes de même sexe en abrogeant le Defense of Marriage Act (DOMA) et en autorisant à nouveau les mariages en Californie.

Cette Gay Pride fut un grand moment d’amour, de joie et de fraternité, et bons sang j’étais vraiment heureux de ressentir cette vague d’humanité et de diversité, de croiser ces sourires rieurs, cette bonne humeur… jusqu’à la page « pub ».

Je croise des Googlers arborant un fier T-shirt « Pride », les Gayglers qu’ils s’appellent. Puis un car d’Electronic Arts, distribuant de jolis T-shirt à leurs employés présents pour la grande parade. La Wells Fargo et son char a moitié bricolé, avec le son à fond. Et puis je tombe sur cet article de Mashable qui nous informe de la présence de Mark Zuckerberg et 700 employés qui vont défiler à leur tour. Oracle, Dropbox, eBay, Twitter, Intel, Yammer… Et beurk. Indigestion de publicité. Ce qui est un grand et beau mouvement populaire devient un grand carnaval publicitaire des boites « tech », présence renforcée, publicité assurée.

C’est beau de soutenir. C’est bien d’être présent. Juste ça. Pas besoin de nous en mettre encore plus, de la pub, on en bouffe à longueur de journée. C’est comme pour Burningman, un festival annuel organisé dans le désert de Black Rock City au Nevada, le dernier endroit chic pour aller networker et s’afficher. Les entreprises tech, dans la Silicon Valley, c’est comme un virus. Ca se propage, partout, tout le temps…

Une petite vidéo pour finir sur les derniers préparatifs du défilé dans les rues perpendiculaires à Market Street où a défilé la fameuse Gay Pride de San Francisco

Filippetti et Amazon, la suite…

Décidemment, la Ministre de la Culture et de la Communication semble lorgner vers le Ministère de l’Industrie et des Finances (surement dans le cadre d’un « remaniement ministériel »), car il semble qu’elle soit entrée en croisade contre Amazon et clame haut et fort que la société américaine doit payer ses impôts en France. Ayant écrit sur le sujet, je prouve que moi aussi j’ai de la persistance et que je fais un suivi de mes dossiers.

by republicain-lorrain

On peut remarquer le très joli mécanisme bien huilé entre le journaliste du Républicain Lorrain qui pose bien la question qu’on lui a demandé de poser (« mettre Amazon à la page », très drôle…) et le service de presse de la Ministre. Seule réponse, un militantisme primaire et populiste de la Ministre, qui nous indique même à titre d’argument indiscutable qu’elle a obtenu le soutien de « on ne sait pas qui aux États-Unis » suite à ses interventions. C’est de la pure démagogie. Qui ? Soyons sérieux et professionnel.

Prendre le virus de la politique, c’est une chose, résoudre le problème de la fiscalité des multinationales, c’est un autre sujet. Et concernant un commentaire laissé sur mon précédent post par un des premiers salariés d’Amazon en France :

a. Qui gagne ici ? le consommateur de livres. C’est a dire chacun d entre nous. Alors que la France est deja le pays qui protege au maximum les vendeurs de livres (Prix Fixe a 5% off list price) Amazon vend ses livres au meme prix que le libraire au coin de la rue,

b. la FNAC offre le port gratuit sur les livres sur fnac.com et personne ne dit rien ?

c. Amazon est un belle réussite industrielle en France. Avec beaucoup d’emplois qualifies crees dans des regions difficiles. Preuve en est que le DG France vient de prendre la responsabilité de tout le business de retail en Europe…

« Il faut que » : à suivre, après la démagogie flagrante tout au long de cet entretien, peut être de vraies solutions culturelles. Quant à l’économie et la fiscalité, c’est une autre histoire.

Apple, touche pas à ma fontaine, dit la ville de San Francisco

C’est toujours un plaisir de perpétuer la tradition des titres LAMENTABLES de ce blog…

Il s’agit en fait du projet de nouvel Apple Store qui vient de faire l’objet d’un certain nombre de remarques de la part du Planning Department de la ville de San Francisco qui va obliger Apple à revoir sa copie…

Il y a déjà 3 Apple Store dans San Francisco (il faut y ajouter ceux de Berkeley et Emeryville de l’autre coté du Bay Bridge), et il y en a donc un quatrième qui devrait voir jour en lieu et place de la boutique Levi’s sur Union Square, à deux blocs de la boutique de Stockon Street. Il semble que la présence physique d’Apple ne cesse d’être une priorité (pour mémoire, une récente chronique sur l’autre projet dans le Stanford Shopping Center), malgré la part de plus en plus importante du e-commerce et des achats sur Internet.

Tout comme la présence conjointe d’un acteur de e-commerce online sur web et mobile est indispensable, une marque doit pouvoir trouver le juste équilibre avec l’existence d’une présence physique, selon des critères bien précis, pour renforcer la marque. C’est une des raisons pour laquelle je trouve, par exemple, le jugement du patron de Vente-Privée un peu expéditif par rapport à (son concurrent) Gilt, qui va ouvrir un point de vente à Louisville dans le Kentucky : je trouve que la marque Gilt a de la gueule, et c’est un beau pari. Et quand on a de la gueule, il faut le montrer !

Pour en revenir à Apple et San Francisco, ce nouvel Apple Store, imaginé par une des plus prestigieuse société d’architectes, n’avait pas pensé au problème qu’il y aurait en omettant d’intégrer la fameuse fontaine de l’architecte américano-japonaise Ruth Osawa, une petite merveille architecturale intégrée au Grand Hyatt qui se trouve juste à coté…

Cette fontaine ne figurant pas sur la maquette n’est pas le seul problème : le projet d’Apple respecte ses habituels codes de transparence, avec beaucoup de vitres pour donner une impression d’ouverture, tandis que le Planning Department veut plus de « texture » afin de pouvoir cadrer avec le cadre historique de la place de Union Square. Il se pourrait même qu’une classification éventuelle de la place comme « refuge d’oiseaux urbains » n’autoriserait pas que plus de 10% de la surface de la façade sud soit faite de verre.

Une fontaine, des oiseaux, une grosse pomme. C’est dur la vie d’une société tech à San Francisco…

Le chiffre du jour : Pandora, 2,5 millions

Pandora, dans la mythologie grecque, c’est la première femme créée par les dieux. Pour les utilisateurs d’internet, c’est une des premières radio en ligne. Aujourd’hui uniquement accessible aux États-Unis (ainsi qu’en Austalie et en Nouvelle-Zélande), il suffit de taper le nom d’un artiste, d’un compositeur, d’une chanson, d’un genre musical, et le « génome », le moteur intelligent de la plateforme, va vous emmener dans un streaming musical illimité… entrecoupé de publicité si vous utilisez la version gratuite. Pandora est accessible depuis son ordinateur, des smartphones, des tablettes, des télévisions connectées.

Créée en 2000 à Oakland, Californie, la société a failli disparaître sous le nom de Savage Beast Technologies, puis s’est relancée en Pandora Radio en juillet 2005. La société a été introduite en bourse au NASDAQ en juin 2011. L’action vaut aux alentours de $17. L’entreprise a annoncé 200 millions d’utilisateurs en 2013, dont 70 millions d’utilisateurs actifs. La progression de chiffre d’affaires, quand on s’y penche, est assez bonne passant de $138 millions en 2011 à $274 millions, non profitable, même avec un revenu projeté à $427 millions pour 2013, ce qui est plutôt inquiétant. Dur métier.

On pourrait parler des chiffres de Pandora pendant des heures. Je voulais juste citer un souvenir, ma première rencontre avec un des fondateurs Tim Westergaden lors d’un évènement à San Francisco : ce qui en était sorti, c’était que la vision de Tim pour Pandora, c’était la voiture. J’en ai souri à l’époque. Pas tant pour les chiffres, mais pour l’ambition de la vision. Derrière Pandora, pleins d’acteurs sont venus jouer dans cette cour : Spotify, Deezer.

Le chiffre du jour, c’est que Pandora est écouté par 2,5 millions d’auditeurs dans leurs voitures. 23 marques de voitures ont signé des accords avec Pandora, comme Ford, Chevrolet, Toyota, Honda, Nissan, BMW. Ceux qui ont suivi comprendront pourquoi aucune marque française n’est citée. Il avait sans doute raison, le Tim.

C’est à la fois beaucoup, à la fois peu eu égard au parc automobile visé. Ce que je retiens, c’est $-38 millions, la perte prévisionnelle 2013. Et $258 millions de coûts d’acquisition des contenus. Je recommende de rester à l’écart de cette valeur. Ou de s’en recommander aux dieux grecs, quoi que le pays soit lui aussi plutôt malmené de nos jours. Tout un symbole.

Mes réflexions autour de la visite de Fleur Pellerin à San Francisco

Elle est venue, ils sont tous là, pour le point presse ce mardi 4 juin 2013. On l’attendait depuis quelques mois, elle est enfin venue. La visite d’un Ministre en charge de l’Économie Numérique à San Francisco, c’est un peu comme un pélerinage d’un musulman à la Mecque : indispensable pour un ministère réussi. Plus que pour ses prédécesseurs, il y avait une curiosité positive à ce voyage, et en ce qui me concerne, et aux yeux de beaucoup, nous n’avons pas été déçus.

Les raisons du succès

On peut en citer plusieurs, mais la principale est liée à la personnalité du Ministre : Énarque, et donc femme de dossier, il n’en reste pas moins qu’à l’occasion dc cette rencontre avec les journalistes, bon nombre de ses remarques ont fait mouche et ont tranché avec le soporifique discours que l’on a pu entendre par le passé. « Il n’est pas question de créer une Silicon Valley à la Française. Cet écosytème a mis des années à se mettre en place, et c’est non répliquable » : tel fut le résumé de sa réponse à la question bateau des journalistes locaux présents. Les dossiers qu’elle a pu défendre à Paris (mis à part la nomination surprise de Tariq Krim pour une mission sur la cartographie des talents émergents de la filière numérique et une prise de position un peu naïve sur le dossier AppGratis face au rejet d’Apple de son application de l’AppleStore, de mon point de vue) ont montré un sans faute qu’elle a confirmé ici. Le tête à tête avec des entrepreneurs Français installés récemment à San Francisco, sans présence de média, avec notamment Carlos Diaz qui a été impliqué dans cette bruyante histoire des « pigeons », a visiblement séduit, à en croire les tweets que l’on a pu lire de certains a posteriori. Ensuite, on ne peut nier qu’une alternance politique est également une bonne chose, puisque la Ministre à eu un parcours quelque peu différent des précédents Ministres de droite, ce qui a permis de donner la parole à des personnes qui ne s’expriment pas toujours en direct aux représentants du Gouvernement. Enfin, le programme concocté par le Consul Général de France Romain Serman a été lui aussi bien complet, la Ministre n’hésitant pas à « affronter » une horde de VCs américains, ou à rencontrer la charismatique Sheryl Sandberg de Facebook. Toutefois, point de CEO de Twitter, une faute de goût  de leur part, je trouve, ou de Google, mais ça, c’était prévisible. Sinon pour être presque complet, il y eut aussi Salesforce, Airbnb, Intel, et une rencontre avec Bertand Diard, le CEO de Talend. Tout ça en 2,5 jours.

Point de Marissa Mayer…

L’affaire DailyMotion, on s’en fout

Deuxième réflexe des journalistes locaux, « Est ce que l’on vous a parlé de DailyMotion ». On a compris que vous essayez de lui faire passer un message, Messieurs les journalistes, sachez qu’elle a bien intégré ce qui se passe ici, et justement, elle est là pour évoquer le futur avec les principaux acteurs de la région, pas pour ressasser les vieilles histoires. « Ce n’est pas au Gouvernement de s’immiscer dans les affaires d’entreprises que l’État ne contrôle pas directement » (ce sont ses mots), ça a été fait par son Ministre de tutelle, ce fut une connerie (ça, ce sont les miens), c’est du passé, au suivant. Même quand Amazon est arrivé dans la conversation, on a pu entendre un autre son de cloche que celui de sa collègue Aurélie Filippetti. Un discours lucide sur le business que peut apporter le géant de Seattle en France. Un discours réaliste sur le business. Point.

Invest in French

Il est certain que contrairement aux idées reçues et notamment reportées par des journalistes parisiens, les investisseurs de la Valley adorent les projets venus d’Europe, et de France aussi bien entendu. Le « French bashing » que l’on peut nous servir en général sur les difficultés de la France pour ceci ou cela n’atteint pas les blanches colombes que sont les investisseurs de Sand Hill Road. Ce sont en général des produits ciblant de très bonne niches, développés par ce que l’on peut considérer comme la crème des développeurs (je parle des ingéneurs françcais, une des plus belle réussite de la technologie à la fançaise), et qui vont pouvoir être maximisés notamment au niveau des valorisations. Cela permettra d’assurer de belles plus-value lors des levées de fonds suivantes, sans parler des fameuses « exits » (vente de la société ou introduction en bourse). Criteo, Talend, Virtuoz pour parler des opérations les plus récentes, ont certainement représenté de très bonnes affaires ! Sans faire injure aux talents de leur fondateurs, les entrepreneurs locaux de la Valley sont certainement plus coriaces à négocier, car ils jouent à domicile et sont habitués au Monopoly de la « tech ». Sans être dans le secret des conversations qui ont eu lieu à Menlo Park, je suis certain que certains messages ont été bien reçus par la Ministre, avec des informations bien précieuses à l’avenir pour l’écosystème français.

Invest in France

Il y avait une certaine attente des réactions de la Ministre après l’épisode sur les réseaux sociaux de la communauté des startups au sujet de l’impact des nouvelles dispositions fiscales, et l’avenir dira si ses apparentes bonnes dispositions seront confirmées. Il est clair, toujours de mon point de vue, que les mesures actuelles ne vont pas assez loin pour favoriser l’investissement dans les entreprises, numériques en particulier. Loin des excès de la Silicon Valley et de sa bulle toujours présente (mais il n’y a pas de raison fondée pour imaginer que cela va s’arrêter), il est évident qu’hormis des investissements de business angels ici et là et hormis le travail fait par Xavier Niel et son fonds Kima Ventures, il n’y a pas assez de source d’investissement de type « early stage » en France, et c’est un problème. Les autres fonds existants réalisent essentiellement ce que j’appelle du « ceinture-bretelles », de l’investissement sans véritable risque, et il manque une « agressivité fiscale » en France enourageant l’argent à se déverser dans la création de nouvelles entreprises plutôt vers le Livret A ou d’autres bas de laine. Et les mesures citées par la Ministre à la question posée manquent de punch pour créer un effet de surprise et réveiller une prise de conscience que des choses peuvent se passer en France dans le numérique, et que nous ne sommes pas les derniers de la classe en ce qui concerne  le contenu, vous savez, la French Touch. Vous en connaissez, vous, beaucoup, des pays, à part la Chine, qui ont su sortir le numéro 3 des plateformes de contenus vidéos dans le monde ?! La France n’est pas aussi mauvaise qu’elle veut bien se l’entendre dire, et avec un peu plus de prise de risque structurée, il y aura plus de chance de sortir d’autres acteurs numériques qui sauront percer comme DailyMotion et se faire une petite place au solein du web… si on ne vient pas trop les déranger avec un discours de « la France au Français », comme c’est trop souvent le cas avec le Ministre de la Productivité.

Un « digital house » pour les entreprises françaises à San Francisco

Nouvelle vite évoquée par la Ministre, un véritable picotement dans mes yeux à entendre cette nouvelle, tant j’en ai rêvé de la faire et voir naître , mais qui s’est révélé impossible à mettre en place avec les acteurs français présents à San Francisco. Assurément une bonne nouvelle pour bon nombre d’entreprises qui tapent à la porte de la Silicon Valley sans trouver la formule de support dont elles sont besoin : hébergement, coaching personalisé, introductions ciblées. Chaque startup me rendant visite chaque semaine me donne cette impression d’avoir besoin d’un service personalisé qui doit pouvoir être structuré, et surtout multi-disciplines. J’imagine que c’est le même constat pour tous ces entrepreneurs français du coin qui modulent bien volontiers leurs agendas chargés pour offrir un peu de feedback. Le Consulat, qui a un rôle essentiel dans le relais de la France auprès des acteurs de la technologie ici depuis San Francisco, doit pouvoir remplir ce rôle. Mais il n’y a pas d’autres informations disponibles autre qu’il devrait ouvrir dans 2 mois, donc a priori à la rentrée.

What’s next?

Il manque un coup de fouet dans de nombreux aspects couvrant le digital en France et cela ne va pas se faire vite, ni tout seul. Je ne crois pas au cliché de la France qui n’aime pas ses entrepreneurs. Il y a trop de PME en France, et il faut être aveugle pour ne pas voir que le reflexe de la création de sa « boite » n’est pas une exception. Maintenant, une chose est sure, il y en a que l’on entend un peu plus que les autres ! Reconnaissons qu’il manque clairement des zones d’intervention au niveau du capital risque, et un peu trop de mentalités de banquiers dans cette industrie. Pour cela il va falloir encourager plus encore l’incitation fiscale dans notre pays, faire sortir d’autres Kima Ventures, structurer à sa base le capital risque avec des acteurs prêts à jouer le jeu. Ca marche bien ailleurs.

Le temps joue pour le digital français. Le nombre de Français présents dans la Baie de San Francisco et travaillant à des postes clés dans bon nombre de sociétés technologiques sont « les meilleurs porte-drapeaux de la Nation », car, même présents depuis 10 ou 20 ans, voire plus, ils ont tous les yeux tournés vers la mère patrie, et répondront présents si on les sollicite. Un regret de ce voyage pourraitêtre de ne pas avoir rencontré suffisamment de personnes ayant accompli un long parcours ici dans la Silicon Valley, qui auraient un autre regard que ceux arrivés il y a 5 ans ou moins. Et ils seront autrement plus… directs ! Solliciter un réseau d’entrepreneurs à travers le monde selon leurs compétences : il y a un système de mentoring à mettre en place, parce que l’un des plus belles vues sur une situation… est justement de ne pas s’y trouver en plein milieu !

Les interventions au quotidien de certaines représentations gouvernementales, ou même régionales (et oui) présentes dans la Baie de San Francisco  qui s’essayent à vouloir recruter des sociétés américaines candidates potentiellement au grand saut dans le business en France passent inaperçues. Une vraie solution serait de créer en France un « centre de compétences de contenus » pour rendre la capitale notamment en mettant en valeur cette French Touch qui n’est pas que l’effet d’un duo de groupe électro, mais un véritable phénomène qui a rendu la France célèbre dans le jeu vidéo : Ubisoft, un des leaders de l’industrie du jeu vidéo, ça vous parle ? Et le design ? La France est historiquement un pays d’artistes, non ?! Il y a tant d’américains qui rêvent (tous) de venir à Paris, donnons leur donc une bonne raison d’y venir.

De grâce, arrêtez avec cet entêtement de certains à vouloir apprendre à nos jeunes la programmation à l’école, et cherchez plutôt des moyens de valoriser les filières technologiques : on fait la part belle beaucoup trop en France aux écoles de commerce, qui ne sont pas le bassin des âmes les plus créatrices, je suis désolé de le dire. Une fonction clé aujourd’hui dans une entreprise n’est plus le service marketing, et ce depuis belle lurette, mais bel et bien la R&D ou le Product Management. Il va falloir inverser la tendance.

Je pense aussi  qu’il serait aussi prioritaire de se pencher sur le berceau des relations entre ces nouveaux petits acteurs des startups et les grandes industries qui souffrent tant à vouloir innover et qui font qu’aujourd’hui la France passe pour un pays du siècle passé. Et des sociétés comme Parrot ne sont pas assez nombreuses, ou visibles. Petit à petit, toutes les industries mondiales s’installent des « Labs », des antennes dans la Silicon Valley, parce qu’il y a des structures qui favorisent l’interaction entre ces deux mondes. Et certaines créent leurs propres fonds, pour aller « acheter » des petites graines innovantes qui grandiront rapidement dans leurs grosses structures. C’est réplicable en France, et ça se fait parfois, mais il manque des incubateurs dignes de ce nom à ce jour, malgré les nombreuses initiatives à Paris ou en Province. Mas ça arrive ! Rapprocher la communauté des startups au monde de l’industrie Française, un bien beau programme.

Quant aux dispositions sur le numérique, une des raisons de la visite de la Ministre à San Francisco, qui avait un objectif pédagogique vis à vis des acteurs de la Silicon Valley, il faudrait certainement s’en occuper un peu plus dans l’éxecution, et un peu moins imaginer de nouvelles taxes Google, de nouvelles taxes « smartphones ». Inciter la créativité et non la répression, sachant que le problème de la fiscalité des grands géants d’Internet ne trouvera jamais sa solution dans un traitement local. Pour le coup, une bonne raison pour la Communauté Européenne de se rendre utile et d’être, elle aussi, créative. Dans son genre.

 

L’actualité High-Tech de la semaine : Fullscreen, Homejoy, Zynga & Twitter, Leap Motion, et Google

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoignfullScreener sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : FullScreen, la startup qui fait du neuf avec du vieux

 

Fullscreen est ce que l’on appelle en anglais technique un « online multichannel network », ce que l’on peut traduire  en l’espèce par une plateforme qui vient vous en rajouter une couche par dessus Youtube. Comme tout produit développé par les équipes de Google, qui brillent par leur intelligence « all together » mais dont la simplicité des outils n’est pas la première des qualités, des sociétés comme Fullscreen sont parfois utiles pour vous simplifier la vie pour gérer votre canal Youtube, dans son exposition et sa monétisation. Tout le monde n’a pas les moyens de recevoir les équipes commerciales locales de Youtube et se faire aider dans l’optimisation de ses chaines, ni les capacités techniques pour le faire. Fullscreen, c’est un peu comme ces poissons qui viennent se nourrir auprès des gros prédateurs, en toute intelligence. Pour les bons services des utilisateurs finaux, avec le bon vouloir des acteurs en place, et non pas pour tirer un certain profit de la situation, comme certaines sociétés dont une française qui est venu se mettre un peu trop près de la gueule nourricière. Comme le dit la pub, 2,5 milliards de vues sur les vidéos supportées par sa plateforme, plus de 10.000 canaux, et une nouvelle levée de fond qui vient s’ajouter à $30 millions déjà encaissés. Peu de risque que Google leur couper le robinet. Enfin souhaitons leur, tout est possible dans la Silicon Valley.

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Mardi : Homejoy, la niche de niche

 

Cette chronique va ressembler à une pub pour du liquide vaisselle, mais à quoi bon. « Et le ménage moumoune ? ». Pas de problème, Homejoy est là pour vous servir. Après des services comme Redbeacon, Angie’s List, TaskRabbit, Zaarly aux États-Unis, et j’en passe (Aladom.fr en France, s’il vous plait), il y a Homejoy pour s’occuper d’une chose, mais alors bien : le ménage. Avec un nouveau petit $1,7 millions en poche, et notamment le co-fondateur de Paypal Max Levchin a son Board, Homejoy, une (encore !) pépite sortie de l’incubateur de Paul Graham YCombinator, change de nom (Pathjoy, c’était un peu vague) et vont aiderd’un coté les personnes en recherche de travail ou sous-employés pour fournir de l’autre coté une prestation que tout le monde recherche (enfn, ceux qui peuvent se le permettre) : le ménage à domicile. Et comme ces belle têtes de la Silicon Valley savent exploiter un filon, il s’agit maintenant de proposer un programme permettant aux entreprises de payer le ménage à domicile à leurs employés. On ne sait plus quoi faire pour choucohuter ses salariés dans la Silicon Valley, mais il y a toujours une startup pour pointer du nez et proposer une nouveauté ! Homejoy est disponible à San Francisco (of course), New York, Los Angeles, Boston, Washington DC, Seattle… 19 villes au total !

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Mercredi : Twitter et Zynga, deux histoires opposées


Le même jour, deux annonces qui n’ont rien à voir et qui montre deux stratégies bien différentes… D’un coté, la startup de jeux sociaux Zynga qui annonce le rachat d’une société de gaming basée à Chicago, SpookyCoolLabs, 40 personnes dédiées au jeux de casino, qui va aider la société de Mark Pincus à décoller sur ce secteur, après le lancement de leur premier jeu en avril dernier au Royaume-Uni. Objectif : pousser l’usage, faire pousser les courbes d’audience et de revenus en intégrant un studio. Sega par exemple n’a pas eu à s’en plaindre en acquérant les studios anglais développant Football Manager et Total War. Souhaitons à Zynga la même réussite (quoique, quand on regarde l’histoire de Sega en ce moment…), De l’autre, Twitter qui rachète Spindle, une application de géo-localisation en temps réel… qui va être envoyée à la poubelle, ou presque. Quelques lignes de codes et de nouveaux ingénieurs au service et à la cause de Twitter qui visiblement travaille sur le sujet. Acqui-hire. Même cause, différent effet. C’est comme ça que ça se passe tous les jours, dans la Silicon Valley.

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Suivre Spindle sur Twitter : ça sert à rien, ça va fermer

Jeudi : Leap Motion, elle a tout d’une grande

 

La bonne santé d’une startup s’évalue de différentes manières. Il y en a une qui est typiquement « Silicon Valley » : un fond qui est levé pour financer des startups qui vont dévdelopper des applications sur la technologie d’une autre startup. Un bel exemple en l’occurence avec Unity 3D, une plateforme technologique de 3D pour les développeurs dans le jeu vidéo. Et puis maintenant il y a Leap Motion, qui touche un autre domaine dans la 3D : lamreconnaissance des mouvements. Créée en octobre 2010, basée à San Francisco, il n’est plus possible d’ignorer cette société qui rend le film Minority Report aussi dépassé que La Grande Vadrouille au hit des choses à connaître de nos jours au sommet de la branchitude. Grande précision dans la restitution d’un mouveau réalisé à l’aide d’un capteur sur un écran, on fait difficilement mieux, et la startup continue de développer… et de se developper. Et c’est au tour désormais des développeurs tiers de venir utiliser les lignes de code que Leap Motion rend disponibles (les fameux APIs), avec la possibilité de se voir financer une partie des développements grace à un fond de $25 millions spécialement créé par Highland Capital, un des investisseurs de Leap Motion. 65.000 developpeurs se sont déclarés interessés, dans des domaines aussi variés que l’éducation, la santé, la sécurité… et le « big data ». Attendez vous à voir des éléphants voler par troupeau d’ici peu. Un belle reconnaissance pour Leap Motion.

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Vendredi : Google Mine, bientôt « yours »


Scoop : à peine remis de Google I/O et de toutes ses annonces, que je n’ai pas encore eu le temps de toutes ramasser, Google nous « tease » avec un nouveau produit : Google Mine. Un nouveau produit intégré avec Google+…   …   …   …   …   …   …   … eh, revenez, je n’ai pas fini !!! Google Mine, c’est un moyen de rester au contact avec les objets que vous possédez, ou que vous aimeriez avoir en votre possession, à partager avec vos cercles. Autant dire, avec beaucoup de monde, car franchement les cercles de Google+, on ne peut pas dire qu’ils soient très… privés. Soyons créatifs, à quoi cela pourrait-il servir ? A partager votre collection de timbres ? Votre dernière collec’ Panini ? Suivre des conversations sur des objets précis, obtenir des recommandations, saisir des occasions à saisir, bref, un moyen de passer un peu plus de temps sur Google+. Et ça sert à quoi, Facebook ? Et bien, tout est manuel, là-bas. L’idée de Google, c’est de tout automatiser. Et vous connaître encore plus, pardi. La belle affaire ! Stay tuned ! C’est en phase de test en interne pour le moment au sein des équipes à Mountain View.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Apple à Microsoft : pousse toi d’là que j’my mette – A Palo Alto story

C’est bien connu, la nature a horreur du vide. Et Apple qu’on marche sur son territoire. Malgré la légende, le premier Apple Store n’a pas été ouvert à Palo Alto, sur University Avenue, mais à Tysons Corner, en Virginie, sur la Cote Est des États-Unis (20.000 habitants de nos jours). Cette ouverture correspondait à la volonté de Steve Jobs d’offrir un prolongement « physique » de la marque, et un meilleur contrôle également. Et il y avait un sacré monde à l’ouverture. Déjà.

Maintenant, j’en viens à Palo Alto, la ville mythique de Californie, qui a vu bien des géants de la technologie faire leur premiers pas, comme Google et Paypal. Apple vient justement de déplacer son magasin de University Avenue, un peu plus loin dans la (même) rue. Sans doute pour une meilleure prise au soleil, la nouvelle boutique est de l’autre coté de la rue (oui, University Avenue est en fait une rue…). Apple a de toute façon révolutionné le monde du retail avec ses boutiques et les à transformé en cash machines, et il y en a plus de 400 au total, dans 14 pays. On vous y bichonne, je ne vous dit que ça !

Microsoft avait fait quelque peu sensation en ouvrant son Microsoft Store le 19 avril 2012 dans le même centre commercial de Stanford Shopping Center, à Palo Alto, que le petit Apple Store qui s’y trouve, rendant l’avantage sans discussion à Microsoft au niveau des mètres carrés :

En fait, cette histoire est plutôt de montrer celui qui a la plus grosse… boutique, mais j’ai jugé que c’était un peu trop agressif comme accroche. Il y a des limites tout de même. Voici donc la nouvelle boutique qu’Apple nous prépare dans le  centre commercial de Palo Alto :

Il est clair que les deux société ne manquent pas de cash, mais cette guerre des « malls » fait tout de même sourire, bien que ce lieu soit un véritable concentré de marques de luxe en tout genre, et l’on peut s’imaginer que les clients y dépensent sans compter.

Aurelie Filippetti : avec Amazon, faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais

L’information que j’ai choisi dans ce post m’a été signalé par un média que je n’aime pas beaucoup, tant il privilégie le sensationnel au reste de ce qui se passe dans le domaine du web et des technologie notamment, et je suis conscient d’ailleurs que présentement je vais faire de même. Peut être même que celui qui a écrit l’article en question a voulu faire plaisir à un de ses actionnaires, un certain Jeff Bezos, patron d’Amazon.

Mais l’activisme de la Ministre de la Culture et de la Communication contre Amazon commence par s’entendre de l’autre coté de l’Atlantique, non pas du coté du géant de Seattle, qui a bien pris note de ses coups de battes réguliers, mais également du coté des médias qui trouvent là les moyens de diffuser l’incohérence de la France et de son Gouvernement, une nouvelle fois. Et ça finit par agacer à force.

Il est bien dommage qu’après la visite de sa collègue Fleur Pellerin à San Francisco, qui a été plutôt réussie, en terme d’image, on continue de donner des messages négatifs par souci de démagogie, ce qui est mauvais pour les affaires tout autant que pour la réputation de la France aux États-Unis, d’autant que cela ne va en rien résoudre les problèmes du lobby dont la Ministre souhaite prendre la défense.

Faire de la politique ne se résume pas à faire des lois en réaction à des phénomènes

Bientôt, plutôt que comme le propose certains influenceurs du Web, c’est le Droit qu’il faudra apprendre dès le collège, tant ça devient impossible de faire du business en France avec toutes ces lois qui sont promulguées, notamment pour le digital. Si l’on pouvait résoudre tous les problèmes par des lois… Le protectionisme ne sera jamais une solution, le digital aujourd’hui va trop vite dans son évolution, et le législateur, dans sa grande bonté, ne peut plus suivre, c’est le client final qui décide. Les discussions sur de nouvelles taxes suite au rapport Lescure vont certainement acccoucher d’une nouvelle couche légale. Mais cela ne va pas changer l’évolution du comportement des consommateurs, qui ne cessent de se fournir sur Internet pour ses besoins culturels.

Soutenir le culturel en accusant Amazon, c’est se tromper de problème

Réagir à des provocations d’un journaliste populiste, critiquer les taxes payées par Amazon et les aides à l’emploi dont la société bénéficie en France, c’est une chose, cela ne va pas détourner les consommateurs d’acheter là ou son intérêt le porte, et ce n’est pas forcément le battage marketing qui fait notamment l’achat. L’exemple de la concurrence que porte PriceMinister à eBay en France prouve qu’il y a des particularités locales qu’il faut suivre avec attention.Le véritable concurrence des libraires aujourd’hui, c’est la facilité de trouver ce que l’on cherche sur Internet et la difficulté pour les commerces physiques de satisfaire des besoins culturels avec des logiques de logistique relativement compliquées. La fermeture du magasin de Virgin sur les Champs Élysées est assez éloquent, et un magasin n’est jamais assez grand et assez bien placé pour satisfaire la demande. Sur Internet, la satisfaction de la demande est élastique ! La multiplication des sites Internet en tout genre ne cesse de progresser : pour comparer les prix, livrer, connaître les goûts de ses amis, suivre les tendances, tout cela se passe de plus en plus sur Internet. Il est logique que l’achat se passe sur Internet.

Les libraires ont un avantage majeur : le local

Les libraires ont un avantage indéniable, c’est le lieu de vie qu’ils représentent. C’est, avec la boulangerie et le café du coin, les piliers de la vie de quartier, et c’est un avantage qu’il faut savoir utiliser. D’autres industries ont très bien compris qu’un des façons de résister à la concurrence,  c’est de se diversifier, ou se spécialiser à l’inverse. Vendre d’autres produits, réutiliser ses surfaces pour d’autres activités, renforcer sa présence par du marketing local… Même des géants comme MacDonald’s aujourd’hui en sont à se poser la question de comment faire venir les consommateurs dans leur restaurant, comme les y retenir et les y divertir. Un site Internet comme Bleacher Report, un site web dédié au sport à très bien compris cette règle du local, qu’ils ont su adapté à un site d’information online : ils diffusent des news sportives régions par régions, et leur succès d’audience les a fait se faire racheter par Time Warner, incapable de faire ce que cette startup créée en 2007 à su réussir. Trouver la formule locale qui va pousser un passant à s’arrêter régulièrement chez le libraire du coin, c’est un meilleur combat que faire le pied de grue au 3 rue de Valois, à travers ses syndicats.

Et maintenant…

Ce qu’il faut donc attendre ; une loi en réaction à l’effet kiss cool d’Amazon proposant à la fois la livraison gratuite et un rabais sur le prix. Combien d’heures de rédaction, à combien de mains, je vous le demande. C’est ça, la politique d’aujourd’hui. A la prochaine « fenêtre législative », ça veut dire à la Saint Glinglin en Français de tous les jours ?!

Au passage, personne n’oblige le Gouvernement ou ses représentants à faire des facilités pour permettre à créer des emplois dans nos régions, n’est-ce pas ?

Bon, même si je reconnais que la chute est un peu facile, je trouve que c’est un comble d’accuser autant Amazon et en même temps d’utiliser ses services pour vendre quelques uns de ses ouvrages. Sans devenir paranoiaque, la valeur de l’exemple pour un homme politique, et donc une femme politique, me paraît assez essentielle.

Pour ceux qui veulent surfer Français, acheter Français : http://www.leslibraires.fr/ ou http://www.lalibrairie.com/