L’actualité High-Tech de la semaine : la Maison Blanche, Roku, l’état du Colorado, Matterport et Facebook

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : l’affaire du déblocage des téléphones aux États-Unis

 

Une loi votée aux États-Unis en 1998 appelée le Digital Millennium Copyright Act (DMCA) a pour objectif de légiférer autour de la propriété industrielle et de ses conséquences dans le domaine digital, et à ce titre lutte contre les violations du droit d’auteur. A ce titre, le déblocage des nouveaux téléphones (afin de mettre une carte SIM d’un opérateur téléphonique différent de celle vendue avec le téléphone), dont les iPhones sont l’objet d’un véritable culte de la part des hackers, est donc devenu illégal pour tout téléphone acheté après le 26 janvier 2013 (sinon 5 ans de prison et $500.000 d’amende). On ne peut pas dire que la mesure ait véritablement plu au royaume des geeks, et une pétition a été lancée par Sina Khanifar (qui est notamment co-fondateur OpenSignal, une société qui relève une cartographie mondiale des réseaux téléphoniques grâce au concours de ses utilisateurs) pour exiger l’annulation de cette décision. Le fait de pouvoir débloquer son téléphone se justifie lorsque l’on voyage (les tarifs de communication à l’étranger sont clairement abusifs), et une véritable industrie s’est installée autour de cette afin de laisser la liberté de changer d’opérateurs au besoin… ce qui est possible aujourd’hui en France. Sina vient de recevoir un renfort de poids, après avoir rassemblé 114.000 votes,  en la personne de… la Maison Blanche : « It’s time to legalize cell phone unlocking« , il est temps de légaliser le déblocage de téléphone, qui nuance toutefois quelque peu la liberté totale de changement qui devrait être pratiquée, mais c’est un support de poids en faveur des consommateurs. Cela devrait contribuer à faire revenir le législateur en arrière (la Federal Communications Commission et le Department of Commerce’s National Telecommunications and Information Administration).

Sina Khanifar sur Twitter : @Sinak

Mardi : Roku lance un nouveau boîtier à $99

 

A force de vivre aux États-Unis, on prend un certain nombre d’habitudes en terme de divertissements et de facilité d’accès à un certain nombre de plateforme qui proposent des alternatives à une télévision qu’il est impossible de regarder tant la dose de publicité est intense. Insupportable. Le retour en France est toujours un peu décevant, avec sa fragmentation due aux acteurs donnant accès à Internet au fameux Triple Play (chacun défend son pré carré, et cela limite le choix), et à une législation qui empêche de bénéficier de films récents sur des plateformes de vidéo à la demande… il faut bien nourrir la chaîne de valeur (ventes de DVD, etc.), même au détriment du plaisir du consommateur. On accuserait peut être les diffuseurs « online » de tuer l’industrie du cinéma, comme on accuse « Amazon d’être le fossoyeur du livre en France »… Plaintes d’aveugles, de mon point de vue, sur l’évolution d’une consommation qui évolue, et c’est à l’industrie de s’adapter. Aux États-Unis, il y a notamment Roku qui vient de lancer la troisième version de son boîtier donnant accès à un certain nombre de solutions de vidéo à la demande et de chaînes, dont Netflix, Amazon Instant Vidéo, Hulu (qui rassemble un certain nombre de séries TV et de films), Vudu (autre offre de  programmes à la demande), etc., qu’il est possible de visionner en connectant un casque audio sur la télécommande… et surtout indépendante de tout fournisseur d’accès à internet. Du tout en un, du programme à l’infini. Une fois le boîtier de $99 en votre possession, vous pouvez souscrire aux différents services accessibles. Un vrai bouquet numérique !

Mercredi : Le Sénateur du Colorado nous refait-il le coup d’Iznogoud ?

Il n’y a pas que la presse Française, entre autres, pour interpeller les pouvoirs publics et prendre en exemple jalousement la Californie et sa Silicon Valley. VentureBeat titre : « Pourquoi le Colorado est la nouvelle Silicon Valley » à l’occasion d’une interview de John Hickenlooper, Sénateur du Colorado. Il n’est naturellement nullement question dans ses propos de proclamer une telle bêtise, il vient simplement d’initier un fonds d’un montant de $150 millions pour investir dans des startups du Colorado, où il a été élu en janvier 2011. Une partie de ces fonds vient d’argent privé, une autre part provient du programme de retraite de l’état du Colorado. La pression fiscale en Californie devient quelque peu difficile pour les startups, car il faut rappeler que la Californie à un déficit d’environ $28 milliard à supporter. Le Colorado peut être une solution pour héberger des startups, mais il y a encore à faire a priori pour faire évoluer l’écosystème, hormis un système éducatif décrit comme progressiste. Les états de Georgie, du Maryland et du Vermont ont déjà initiés ce genre de fonds.

Jeudi : Matterport et son système de scanner en 3D lève $5,6 millions


J’ai eu le plaisir de découvrir Matterport l’été dernier, soit quelques mois après sa sortie de l’incubateur de Paul Graham, YCombinator. Il s’agit d’une technologie permettant de  « scanner » un lieu, des objets et de les restituer en 3D. L’application a été pendant quelques mois en phase de beta test avec un certain nombre d’industriels (il s’en est fallut de peu pour que l’un d’entre eux soit Français…). Il est possible de pré-commander une caméra sur leur site web, qui devrait être livrée à l’été prochain. En attendant, la série A devrait permettre à l’équipe d’aller plus loin dans l’exploration des différents marchés que peut ouvrir une solution permettant d’utiliser une technologie capable de créer des modèles 3D depuis des espaces existants.

Matterport sur Twitter : @Matterport

Vendredi : la marche forcée de Facebook

 

Après le lancement depuis Menlo Park d’une nouvelle version d’affichage du contenu publié sur le mur de Facebook (photos plus grandes, choix du contenu visualisé, meilleur cohérence entre le site web et les différentes version mobiles), et le jour de l’annonce du rachat de l’équipe qui a développé Storylane (le produit ne sera pas intégré à Facebook, et l’accès y est désormais fermé aux nouveaux utilisateurs), un produit censé aider « les individus à partager (sur les réseaux sociaux) les choses qui comptent », Facebook a lancé un nouvel appel de pied aux développeurs via Open Graph. En effet, les développeurs auront accès à plus de fonctions, plus exactement de verbes disponibles à travers le système de Facebook à savoir « run », « walk », « bike » (pour le fitness), « read », « rate », « quote », « want to read » (pour les livres) et « rate », « want to watch » (pour les films et la télé). Attendez vous à plus d’applications Facebook pour venir apparaître sur vos mur… et passer encore plus de temps sur votre réseau social préféré. L’audience, c’est de l’argent, et Facebook se doit d’explorer toutes les expériences utilisateurs possibles pour maintenir la fameuse courbe de croissance dans dans la perspective d’une bonne forme financière.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Le joujou « made in Silicon Valley » du weekend : Scoot & Doodle

Le weekend arrive, et il n’est pas toujours ensoleillé dans ce beau pays qu’est le France. Quoi faire, quand on a envie de rester sous la couette, avec son portable accroché ? Si vous êtes familiers des outils Google, notamment des nouvelles fonctionnalités offertes par la gamme de produits Google+, je vous propose d’essayer un produit très rigolo imaginé par de créatifs designers basés à San Francisco, Scoot & Doodle.

Le concept est simple : utiliser Google Hangout pour se lancer dans une session de dessin collectif sur Internet !

Regardez plutôt…

Le plus drôle dans l’histoire, c’est d’apprendre que cette petite équipe vient de lever $2,25 millions, financés par Pearson, et un généreux donateur de la Silicon Valley qui a souhaité rester anonyme.

Cela ne va pas aider mon travail qunad j’explique aux startupers Français qui ne cessent de taper régulièrement à ma porte pour me demander s’il est facile de lever des fonds dans la Silicon Valley, « parce qu’en France, il n’y a pas d’argent » (ce qui est faux naturellement). C’est toujours la même chose : bien sûr qu’il y a beaucoup de riches individuels qui peuvent devenir vos business angels de demain, mais c’est avant tout une question de connection. Et une connection, ça ne se crée par comme cela, cela demande du temps… donc de l’argent. Alors pensez à bien regarder autour de vous avant de vouloir aller voir ailleurs !

La bonne nouvelle, c’est de voir une société comme Pearson, leader mondial dans le domaine de l’éducation, prendre position sur des projets marginaux comme celui-ci. Les gros industriels ne sont pas toujours actifs dans l’écosystème des startups pour s’approprier des concepts, mais bien y investir.

Les fonds seront utilisés pour faire grossir l’audience (SEO, SEO, achats de traffic…) et pour développer le produit sur mobile. 25 minutes de session en moyenne lors de la première utilisation, 32 minutes en moyenne lors des suivantes, un petit million d’utilisateurs… difficile de connaître les intentions de monétisation d’un produit qui fait penser à des « startups best users » comme Draw Something dont le seul espoir est de trouver des investisseurs réinjecter des fonds grâce aux métriques, ou des  acquéreurs comme Zynga pour espérer devenir quelque chose de durable. Bon, maintenant, il y a Pearson au capital, l’histoire est un peu différente, dans la perspective où il se positionnerait comme partenaire « industriel »… et non financier.

Comme je dis toujours, à suivre !

S’il y a des volontaires pour essayer ce joujou digital, contactez moi !

La France, ce pays où il fait bon entreprendre… avec Itekube

L’avantage de vivre en dehors d’un pays, c’est de voir un peu mieux ce qui peut s’y passer, d’une certaine façon : ça vous rend plus positif. Plus objectif ?! La Silicon Valley, c’est aussi un lieu de passage pour ces entreprises bleu-blanc-rouge qui viennent se positionner, participer à une conférence, satisfaite de leur positionnement dans un pays où il fait bon développer une entreprise (oui, je parle bien de la France)… en attendant d’aller voir ailleurs, selon les opportunités qui se présenteront, ou pas.

J’ai rencontré Julien Ulrich dans les années 2005-2006 alors qu’il était General Manager de Virginmega.fr. Une belle rencontre, voilà un homme qui connaît son affaire : le contenu digital. Quelques années plus tard, alors que l’on s’est toujours plus ou moins suivi, en tout cas jamais perdu de vue, je le retrouve en mode de lancement de sa véritable première startup, en totale liberté dans la maîtrise de son idée, avec un produit imaginé avec son frère, made in Caen, Normandie. De passage en France, j’en profite pour voir le produit de mes yeux. Écoutez plutôt…

Naturellement, le produit n’en est pas au cycle de développement commercial d’une société comme Withings, mais la table digital imaginée par les deux frères a déjà trouvé preneur chez Microsoft (vous pouvez la voir au siège à Issy les Moulineaux), Dassault Systèmes (qui s’y connaît un peu en 3D), Vinci, le Grand Lyon et d’autres régions françaises. Le canal de distribution est quasiment en place, et la production est en train de passer à sa deuxième grande série.

Itekube conçoit et réalise des interfaces interactives intuitives pour les environnements grand public, avec des matériels adaptés à plusieurs types d’interactions, en particulier la navigation dans des univers 3D temps réel.

Julien n’imaginait pas monter ce combiné de hardware et de software ailleurs qu’en France, et il a d’ores et déjà les yeux rivés vers les opportunités qui vont arriver ailleurs, aux Étas-Unis par exemple. La Côte Est, elle arrive, déjà. EVA, ils l’ont appelé : je me sens tout E.T., pas vous ?!

Cette nouvelle rubrique se veut fraîche, et je souhaitons lui longue vie ! Vous êtes une société Française de passage dans la Silicon Valley ? Contactez moi !

La dictature des chiffres au pays des startups et du digital

Je suis un ancien Directeur Financier, qui a passé des heures à travailler sur les chiffres, à relever des chiffres d’affaires, calculer des marges brutes, déterminer des résultats nets, publier des prévisions de trésorerie. La seule manipulation que l’on s’autorise : essayer de mieux les comprendre pour pouvoir anticiper. Maintenant, je travaille dans Internet, je baigne dans le web, parfois plutôt fâché avec la monétisation, mais amoureux d’une autre famille de chiffres : l’audience, l’utilisateur, la page vue, le download.

Le dernier buzz du moment, c’est Mailbox. Créée par l’équipe d’Orchestra, en janvier 2011 à Palo Alto, déjà $5 millions en banque, il s’agit d’une application qui actuellement agite la communauté tech, l’application qui va révolutionner votre messagerie. Il y a eu Sparrow, une autre application iOS de messagerie, qui a excité la blogosphère avec son rachat par Google, alors on rejoue le film. Mais tout comme les deuxièmes épisodes de blockbuster, il faut aller plus loin dans le marketing, le viral, le buzz. Comment attirer l’attention sur un sujet dèjà traité… Et bien ils ont eu la bonne idée…

Ils ont décidé de gérer la rareté, le privilège d’être dans les premiers, le « je me sens VIP », via le « reservation system » : c’est important, disent-ils, pour batir une expérience email de classe mondiale, c’est le compte goutte utilisateur en quelque sorte. C’est comme faire une pré-commande du dernier Coldplay, sauf que Coldplay on sait qui c’est. Version 0 le 6 décembre, la V1 est arrivée le 7 février, avec une version corrigeant des erreurs le 8 février (oui, déjà). Près de 4.000 revues dans l’Apple Store (du bon et du très mauvais). Coup de fusée sur Techcrunch en décembre 2012, quelques copies d’écrans ici et là, et du tweet sur « Ca y est, je l’ai ! », « A mon tour », « ouah, les boules, 600.000 devant moi ! ». Etc. Presque 1 million déjà au compteur, sans que on y soit déjà arrivé en terme d’utilisateurs. Le record du download de l’application que l’on n’a pas encore utilisé. Bon coup marketing, maintenant, croyez-y ou pas. Chacun son camp, mais les chiffres, ça fluctue vous savez.

Puisque l’on parle de marketing et de chiffres, arrêtons nous sur Linkedin et son opération des 200 millions d’utilisateur…

Fichtre, mon profil fait partie des 1% de profils les plus vus sur Linkedin! Aucun rapport avec le nombre de vos connexions (même si un peu, mais quand même, il faudrait auditer l’algorithme), ça fait combien ? 2 millions. Ok. So what?! Et bien je tweet, je Facebook. On joue sur votre rareté, un infini petit qui fait de vous un grand dans un monde de connexions. Le plus petit votre chiffre est, le plus grand vous êtes : supposé être un vecteur de croissance qui vous motive à décupler vos efforts de demandes de connexions. Cette campagne marketing a plutôt eu du succès sur les réseaux sociaux. Maintenant il y en a qui pensent que la qualité, c’est mieux que la quantité, et plus encore : trop d’agitation, trop « d’impersonnalisation », selon Om Malik ou Cap Watkins.

Klout, Kred, et Koi d’autres ? Le social media, c’est un peu aussi la dictature des chiffres. Je me suis retrouvé notifié bien malgré moi dans une autre campagne de chiffres… le Klout de tes amis :

Klout, une autre startup, réussit la performance de sortir un chiffres de tout ce que je peux dire et raconter ici et là, pour finalement me classer en fonction du nuage qui s’opère autour de mes dires. Plus je parle, plus on me suit, plus on réagit, plus je grossis… en poids digital. On imagine le résultat, en tweets, en update, qui fait bien les affaires des Twitter, Facebook et autres.

Kred, développé par Peoplebrowsr, c’est le même combat, qui chose étonnante, me fait revenir à ce même 1% parmi les influenceurs… 130 millions au total qu’y disent. Je rentre dans la classe des 1.300.000. Je progresse ?! Je suis confus. Le plus impressionnant de tous, c’est la startup Canadienne Empire Avenue qui fait de vous des actions qui peuvent se vendre et s’acheter, avec une système de quotation digne d’une bourse financière traditionnelle. Tout un symbole.

La conclusion de tout cela, c’est de voir à quel point les startups d’aujourd’hui dirigent leur compagnie sur une stratégie d’acquisition au lieu d’être avant tout le laboratoire de leur propre produit. Internet, sa blogosphère, les levées de fonds de la Silicon Valley, laissent penser qu’il n’y a qu’une chose qui compte, c’est ce « growth rate » mis en avant par Robert Scoble (le Pape des bloggers Geeks), et qui permet d’injecter des fonds « avant de trouver le business model ». Je suis aussi surpris de constater l’absence de tableaux de bord dans bon nombres de startups que je fréquente, au-delà des solutions analytiques qui rendent compte de statistiques, il y a une globalité d’indicateurs qui rendent visible la direction que doit prendre une entreprise qui a peu d’essence dans le réservoir (description d’une startup en terme de mécanique). Mais cela fait souvent oublier que d’abord au premier plan, il y a le produit : celui qui fait l’acquisition et qui doit servir de tremplin vers la seule unité d’oeuvre qui compte dans une entreprise : le chiffre d’affaires. Les miracles sont possibles, mais une levée de fonds n’est pas nécessairement le signe d’une pérennité,c’est juste un plein d’essence.

La France, ce pays où il fait bon entreprendre… avec Withings

L’avantage de vivre en dehors d’un pays, c’est de voir un peu mieux ce qui peut s’y passer, d’une certaine façon : ça vous rend plus positif. Plus objectif ?! La Silicon Valley, c’est aussi un lieu de passage pour ces entreprises bleu-blanc-rouge qui viennent se positionner, participer à une conférence, satisfaite de leur positionnement dans un pays où il fait bon développer une entreprise (oui, je parle bien de la France)… en attendant d’aller voir ailleurs, selon les opportunités qui se présenteront, ou pas.

J’ai eu le plaisir de rencontrer Cedric Hutichings, CEO de la société Withings, lors du dernier CES à la Vegas ce mois de janvier 2013. Basée à Paris, la société a levé 3 millions d’euros en France en 2010, et développe des objets connectés, la grande vedette du salon cette année auprès des médias… que l’on imagine se transformer auprès du grand public ! Withings développe un gamme de produits assez large : des balances ($99,95 ou $159), un tensiomètre ($129), un babyphone ($249.95), un activity tracker à venir… derrière cette digitalisation, une technologie au service de la personne dans sa vie quotidienne, avec une application pour suivre toutes ses activités sur votre smartphone (iPhone et Android).

Développement international à la racine (et pas seulement à l’échelle locale, ou « européenne »), savoir profiter de l’éco-systeme R&D français (ingénieurs, subventions…), ne pas hésiter à attaquer des marchés de niche et à utiliser des conférences de taille mondiale pour lancer de nouveaux produits, profiter de ces salons pour trouver des distributeurs : c’est pourtant simple, non ?!

Cette nouvelle rubrique se veut fraîche, et je lui souhaite longue vie ! Vous êtes une société Française de passage dans la Silicon Valley ? Contactez moi !

Le Flash Startup du jour : Electric Imp, quand le monde réel rencontre Internet

Tous les jours, une nouvelle startup naît dans la Silicon Valley. Une nouvelle idée, une nouvelle approche de service, un nouvel usage sur Internet… la Mecque de la technologie n’a pas fini de nous étonner, alors arrêtons nous un court instant sur ces petites pépites qui arrivent de nulle part…

Nom : Electric Imp

Site web : http://electricimp.com/

Date de création : 2012, à Los Altos (Californie)

Financement : $7,9 millions

Electric Imp est une startup qui développe « Imp », une puce destinée à fournir une « connectivité » Internet aux appareils électriques. L’IMP utilise le WiFi et un service de cloud computing pour permettre à des constructeurs de rendre leur produit compatible avec Internet, permettant l’accès au Web à des produits qui jusqu’à présent en était dépourvu.

La mini-carte « Imp », qui contient un accès wifi et un processeur, est en vente auprès des fabricants et des développeurs qui sont censés également jouer le rôle de courroie de distribution pour un produit évidemment utile pour rendre sa maison plus « intelligente », par exemple. Les appareils rendus compatibles peuvent être accessibles depuis Internet ou un smartphone en utilisant l’application développée par la startup ou des applications tierces.

La société avait fait parler d’elle en mai 2012, et elle doit sa création à une trouvaille de bricolage d’un de ses co-fondateurs, qui voulait rendre l’éclairage de sa nouvelle salle de bain plus connectée à Internet… une sorte d’Eureka des temps moderne, qui ne serait pas pour déplaire à Henri Seydoux, industriel de génie et audacieux, patron de la société Parrot ! Ce type de concept rend le terme de « the Internet of things » simple à comprendre, dans la mesure où ce type de produit doit servir à rendre les produits électroniques mais non connectés à Internet accessibles depuis le web. Reste à convaincre un industriel pour transformer un concept de geeks en une entreprise qui décolle. A suivre !

Le blog d’Electric Imp : http://blog.electricimp.com/

Les suivre sur Twitter : @ElectricImp

 

La vie à Soma Central, un co-working space de San Francisco – avec Grammarly

Je continue mon tour  de Soma Central, un co-working space qui se trouve au 1 Market Plaza, San Francisco, et de parcourir le panorama des startups qui s’y trouvent, pour un temps. La particularité du bâtiment est de pouvoir y croiser parfois Marc Beniof, l’emblématique CEO de la société Salesforce, dont les quartiers généraux se trouvent dans une partie de cette ensemble immobilier, à deux pas du Ferry Building. A la découverte de l’écosystème des startups de San Francisco…

L’Ukraine est un grand pays dans le domaine des technologies. À ce propos, Max Levchin, enfant de Kiev, ancien co-fondateur et CTO de Paypal, fondateur de Slide, racheté par Google, investisseur et Board Advisor dans bon nombre de compagnies de la Silicon Valley (dont Yahoo! dernièrement), en est un parfait exemple.

Grammarly est un exemple de la capacité des entrepreneurs de ce pays d’investiguer un domaine précis grâce à leur esprit créatif et leur bonne maîtrise des sciences, en l’occurrence deux fondateurs, Alex Shevchenko et Max Lytvyn, qui à l’occasion de leur apprentissage de l’anglais, ont trouvé intéressant de créer un  outil permettant d’obtenir une assistance automatique de correction grammaticale et instantanée pour simplifier ce difficile apprentissage.

Créée en février 2010, Grammarly est désormais basée à San Francisco, dirigée par Brad Hoover, CEO de l’entreprise, et est utilisé par plus de 3 millions d’utilisateurs às travers le monde, avec une solution qui est payante (de $29,95 par mois jusqu’à $11,66 par mois si on s’engage 1 an). Grammarly a développé de puissants algorithmes pour vérifier plus de 150 typesde fautes  d’orthographe, de grammaire et d’erreurs de ponctuation. L’application propose également d’améliorer l’utilisation du vocabulaire et de proposer des citations. Quelle difficulté de se retrouver face à la page blanche devant les hésitations de son anglais, ou bien de cliquer sur le bouton « Envoyer » sans avoir préalablement validé la syntaxe et le fond du message en même temps…

Un essai d’un mois semble absolument indispensable (une période de test est offerte) car la perfection d’un message parfaitement écrit en anglais est fortement souhaitée dans le cadre d’une prise de contact pour un partenariat, un recrutement. La facilité et la convivialité de l’outil rend l’apprentissage agréable, ensuite il faut prendre le temps de l’essayer suffisamment pour l’adopter…. définitivement !

L’entreprise a développé un pluggin pour Microsoft Office afin de rendre l’expérience plus intégrée dans le processus d’écriture. D’autres développements sont naturellement à attendre d’une société toujours poussée par une équipe d’ingénieurs, mais aussi par l’amour de l’écrit… mais sans fautes !

Suivre Grammarly sur Twitter : @grammarly

Sous le radar du Mobile Wallet

Petit résumé des startups présentant leur produit à l’occasion de la conférence organisée par DealMakerMedia, qui donne une certaine idée des nouvelles tendances qui peuvent émerger avec des sociétés présentes aujourd’hui à San Francisco…

Dans cet article, il est question des startups qui s’adressent au paiement mobile, dans le segment des Paypal, Google Wallet ou encore Square…

Flint est une société de paiement mobile qui cherche à créer le moyen le plus facile pour les entreprises d’accepter les cartes de crédit et de trouver de nouveaux clients à travers un outil de marketing social intégré. Le premier produit lancé par la société est une application iPhone qui permet aux marchands d’accepter des paiements par cartes de crédit selon un processus simple et sécurisé. Il suffit de scanner la carte avec l’appareil photo (pas de matériel supplémentaire nécessaire). Fondée en 2011 et basée à Redwood City, en Californie, Flint a levé $3 Millions auprès de VC basés dans la Silicon Valley

 

Linkable Networks offre une solution associant des offres de réduction à vos cartes de paiement, et le système fonctionne à ce jour sur la majeure partie des cartes de paiement aux Étas-Unis. Cette technologie permet aux consommateurs de relier  les offres de réductions proposées sur différents formats ((papier, online, TV, radio) proposées par les commerçants et marques directement à leur carte de paiement de leur choix, sans avoir besoin de couper les coupons, de disposer de la carte de fidélité du magasin… La société est basée à Boston, MA, et a levé à ce jour $13 Millions.

 

Marqeta est une carte de paiement pré-payée qui permet aux marchands d’offrir aux consommateurs d’acheter plus en échange d’un paiement par avance.

Cela peut par principe aux consommateurs de disposer de plus de pouvoir d’achat pour les choses qu’ils achètent tous les jours, et permet aux marchands de mieux servir leurs clients en anticipant les flux de paiement des transactions concernées.

Marqeta a construit sa propre plate-forme des paiements grâce à laquelle elle émet la carte, exécute les transactions et le programme de commercialisation.

Situé à Emeryville, Californie, Marqeta a levé $5,57 Millions.

 

 

Relié directement à votre carte bancaire, Thanx permet de gagner des récompenses automatiquement avec ses marchands préférés. L’idée est de permettre aux marchands d’être en mesure d’identifier leurs meilleurs clients et les plus fidèles qui devraient être récompensés.

Comment ça marche : lier sa carte sur le site de Thanx, puis acheter, comme d’habitude.  Vous êtes automatiquement pris en compte visi à vis des nouveaux marchands rajoutés au programme de fidélité. Gardez votre téléphone dans votre poche, vous êtes automatiquement informé lorsque vous gagnez un discount, et une fois informé, allez  récupérer vos discounts directement auprès des commerçants…

La société est basée à San Francisco, Californie.

 

Happy 5, Airbnb, et vive le voisinage (Neighborhood) !

J’ai eu le plaisir de voir hier soir en chair et en os les fondateurs d’Airbnb, que je remercie d’avoir créé cette super startup et sans qui ma vie ne serait plus forcément la même aujourd’hui. Quand vous êtes en mode « nomade » du fait de vos déplacements et en phase de transition quand vous cherchez un appartement, et bien hier il y avait les tarifs trop chers des hotels ou alors les emmerdes, aujourd’hui il y a Airbnb. Et pas seulement…

C’est qui est extraordinaire avec Airbnb, c’est de faire le parallèle entre le phénomène créateur d’une startup, et de la regarder 5 ans après. Sur l’exécution, rien d’extraordinaire, même si ce qui a été réussi est remarquable.

Mais ce qui me choque particulièrement, c’est comment Nathan Blecharczyk, Brian Chesky  et Joe Gebbia (de gauche à droite) ont su s’entourer, monter une équipe, bénéficier du parfait time to market, des bons investisseurs et des bons conseils, essuyer les platres des ennuis non prévus (petits soucis d’assurance), et profiter du facteur « chance » qui est toujours au rendez-vous d’un startup qui va révolutionner un marché.

Parce que l’histoire d’une bande de potes qui n’ont pas forcément les moyens de payer leur loyer et qui profite d’une pénurie de chambre d’hotels lors d’une conférence à San Francisco pour proposer de sous-louer chez eux et même de préparer les breakfasts en montant un site web à la volée… Ça ne s’invente pas, et c’est souvent comme ça que ça commence.

Tous les 3 sont en mesure de créer une société (ils ont l’entrepreneurship dans le sang), enthousiasmés par le succès commercial de leur idée, et séduits par l’idée de faire quelque chose de grand avec ce concept (God Bless America), c’est aujourd’hui $120 Millions levés, beaucoup de copycats un peu partout et pas qu’en Allemagne, et des chambres disponibles un peu partout dans le monde. C’est une expérience de découverte locale unique, qui vous fait complètement oublier que les hotels existent (ça reste tellement cher). C’est une source de revenus additionnels pour ceux qui veulent amortir leur loyers, c’est une source de rencontre pour les gens qui aiment leurs quartiers, leur chez soi et qui veulent partager…

Hier, des habitants du quartier de Dogpatch (où se passait la soirée) ont été invités à la soirée de célébration, n’ayant aucune idée de ce que propose Airbnb, si c’est sérieux. Quand vous leur expliquez le concept, ils vous regardent avec de gros yeux ronds : « So coool! ».

Il y a toujours de la place pour la compétition, bien sur, et je souhaite bonne chance à 9Flats, MorningCroissant et autres. Mais vu la qualité des listings proposés sur le site, de la simplicité du processus de réservation, de la flexibilité du système et du big brother qui veille au grain en cas de problème, il n’y a que dans la capacité à Airbnb de savoir gérer sa croissance (et les problèmes liés à la scalabilité), et la cherté des frais de transactions pour espérer tenter les hébergeurs potentiels de mettre leur appartement ou maison sur d’autres sites qu’Airbnb… quitte à fermer les yeux sur quelques concepts quelque peu tirés par les cheveux (pour ne pas dire illégal dans certains pays comme la France).

Une autre solution est de se démarquer sur d’autres segments, ou insister un peu plus sur l’aspect local…

Las, Airbnb vient de lancer Neighborhood, pour aider la recherche avec une granularité encore plus locale, car c’est un peu compliqué de se décider à choisir un quartier à partir d’une carte d’une ville que l’on ne connaît pas. Une killing feature sans doute. C’est bientôt les vacances, essayez donc !

http://vimeo.com/53386231#

La startup du jour avec Totally.me, le deadpool du jour avec DailyBooth

Ainsi va la vie des startups dans la Silicon Valley : une qui sort des cartons, Totally.me, et une autre qui va cesser ses activités : Dailybooth

Totally.me fournit un flux permettant de visualiser toutes ses mises à jour « sociales », des nouvelles de ses amis et de ses connexions, ses bookmarks et ses widgets, sur une page personalisée sur le site de Totally.me et à terme sur mobile (?)… Cette startup se positionne comme concurrent de Flipboard ou iGoogle… personnellement, je penche pour le second et ça tombe bien, le service sera arrêté le 1er Novembre 2013.

Il est possible de connecter ses comptes sur Twitter, Facebook, Foursquare, Instagram, Pinterest… bientôt Linkedin, FlickR, Google+, Tumblr, Youtube, Vimeo… Le produit est lancé par Arjan de Raaf, entrepreneur Hollandais venu poursuivre sa carrière entrepreneuriale à Palo Alto depuis 2008.

« Avec toutes ces nouvelles à gérer sur les réseaux sociaux et ailleurs, notre objectif est de tout rassembler sur un plateforme, d’économiser du temps, et être à jour sur ce qui se passe partout dans le monde et spécialement avec vos amis » a-t-il déclaré. On a jamais autant aimé vos amis sur Internet… La révolution des dashboards sociaux personnels n’est visiblement pas terminée, même si il est difficile d’imaginer d’attendre des miracles d’un nième site web gratuit, alors que Facebook monopolise tant le temps de surf sur Internet. A vous de tester. Chapeau pour le nom en tout cas !

« Your life in pictures ». L’un des ancêtres des sites de partage de photos sur Internet, Dailybooth, créé enMars 2009, va cesser ses activités, après une belle vie de startups, $7 Millions levés, et un rachat par Airbnb en Janvier de cette année… Rachat de la technologie, de l’équipe, de la base utilisateurs, des brevets ? Surement un peu de tout ça, soit disant booster l’acquisition d’Airbnb sur mobile  selon Techcrunch… En tout cas, une belle affaire (en cash) surement pour les investisseurs, et une sauvegarde à faire au plus vite si vous avez les photos de la bar mitzva du petit en mode partage sur Dailybooth, les serveurs vont bientôt tomber…