La startup du jour : Producteev, rachetée par Jive Software

Novembre 2008 : première prise de contact avec Ilan Abehassera, jeune entrepreneur de 28 ans, qui un peu à contre-courant (alors que la Silicon Valley en fait réver plus d’un) a lancé sa startup à New York. Il recherche un CTO, on en discute. Ça n’ira pas plus loin, mais c’est une bonne prise de contact, et je trouve Ilan plutôt clair et précis dans ce qu’il cherche, où il veut aller.

Sa société : Producteev, créée en Juillet 2008, développe une application de Gestion de Tâches collaboratif.

Novembre 2012 : Jive Software. Basée à Palo Alto, $11,20 au NASDAQ (cotée depuis Février 2012), $51 Millions de CA à fin Juin, pas encore à l’équilibre, 500 salariés, et une des sociétés en pointe dans le domaine de l’Enterprise Social Software, qui permet aux entreprises de communiquer avec les nouveaux outils que sont les réseaux sociaux. Pour aider à construire l‘entreprise du 3e type dont rêvait Hervé Serieyx, pour ceux qui ont lu l’ouvrage.

Aujourd’hui, Jive vient de racheter Producteev, en même temps qu’une une autre startup de San Francisco. Peu importe le montant du rachat, je laisse cette information aux gossips de la Valley. Jive a levé $57 Millions, Producteev $1,3 Millions. Producteev va venir enrichir l’offre de Jive Software, et je l’espère continuer à améliorer ses services, au moins pendant la classique période du earn-out qui contraint le fondateur de la société rachetée à continuer à developper son activité.

Ce que je retiens de ce rachat, et ce qui compte selon moi :

– une société de 50 personnes, même basée à Palo Alto, la Mecque du software, va chercher dans une autre (plus petite) startup les éléments manquants qui lui prendront trop de temps à développer elle même, ainsi va la technologie : il faut aller vite (gros clin d’oeil au Made in France qui a beaucoup à apprendre de ce type d’exemple),

– si on veut se lancer dans une startup, il faut avoir une idée bien précise de la niche que l’on adresse, avoir su observer pour ne pas se lancer dans un domaine encombré, ou bouché, ne pas en dévier, et viser l’excellence,

– on ne brûle pas les étapes, et on doit avoir les moyens de ses ambitions, par exemple ne pas arriver en bout de course de développement sans avoir les fonds pour poursuivre. Pour cela, il faut savoir utiliser les bonnes technologies qui permettront d’aller vite,

– savoir communiquer autour de son entreprise.

C’est aussi, pour beaucoup de gens familiers de cette vague des Français startupers parti réussir aux États-Unis, la « réussite d’un petit frère », la réussite d’un entrepreneur jeune et talentueux, attachant et passionnant (aussi parce que je commence à me sentir paternaliste dans ce milieu de jeunes entrepreneurs, lol), la réussite d’une équipe soudée et enthousiaste. Voilà le souvenir que j’ai de cette V1 de Producteev que j’ai eu le plaisir de croiser plusieurs fois.

Aussi, petite revanche personnelle d’un combat d’arrière-garde avec Ilan pour expliquer que le seul endroit qui compte dans les nouvelles technologies c’est bien la Silicon Valley, et non New York comme il veut bien le dire souvent, toute l’équipe va visiblement s’installer à Palo Alto (6 personnes en tout). Je te l’avais dit Ilan 🙂

Mais bon, c’est toi qui a gagné, Ilan. Bravo.

Avec lui, c’est aussi un bel exemple de la France qui gagne. Ailleurs qu’en France, et alors ?! C’est le résultat qui compte, la forme aussi, mais ne restons pas figés dans les clichés, point de nationalisme à outrance, juste une belle histoire. Ce sont des investisseurs Français qui gagnent, aussi. Alors que ce succès en appelle d’autres, à Paris, New York ou Palo Alto. La France la vaut bien.

L’actu High Tech de la semaine : The Fancy, Lucas Film, Kickstarter, Twitter, Yahoo!

Une nouvelle rubrique pour donner la température de la Silicon Valley, et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi: Fancy, concurrent de Pinterest, lève $26,4 Millions

Alors que beaucoup de monde se demande comment Pinterest a réussi à générer autant de buzz (visiblement le site a perdu un peu de traction, mais reste tout de même dans le top 40 mondial…), et surtout ce que les marques peuvent en faire (une aubaine pour les Think Tank du digital), et après avoir fait tourner la tête à certains investisseurs ($138 Millions levés à ce jour) et à Rakuten, un des leader Internet au Japon, c’est au tour de Fancy, le site propulsé par la société Thing Daemon, de continuer sa récolte de $ Millions, après avoir reçu quelques $10 Millions de la part de François-Henri Pinault. Qui a dit qu’il n’y avait pas d’argent auprès d’investisseurs en France ? Ils n’ont pas tous passé la frontière, ou la Manche, allons…

C’est quoi, Fancy ? De la curation de style. Oui, le style, ça se cure aussi, Monsieur.

Mardi: Lucas Film, c’est désormais la Walt Disney Company aussi…

Pour $4,05 Billions, la Guerre des Étoiles rejoint Mickey. Et pour l’anecdote, non seulement heureux de passer la main à de nouvelles générations de réalisateurs, George Lucas a émis le voeu de verser le montant de la vente dans une fondation pour des oeuvres de charité dans le domaine de l’éducation… et va se consacrer à la réalisation de films plus personnels. Quel seigneur ! Vive l’Amérique !

 Mercredi: Kickstarter à l’assaut de l’Europe… via Londres, of course !
Une fois n’est pas coutume, la ville de Londres va accueillir la startup Kickstarter, dont le but est d’aider les projets créatifs à trouver son financement à travers le grand public. La startup New-Yorkaise va rejoindre bon nombre de sociétés Américaines à braver le mépris (courtois mais réel…) de nos amis Britanniques pour commencer leur expansion internationale dans le pays Européen où l’anglais est le plus répandu. Que c’est logique. En tout cas, je suis curieux (et impatient) de voir le site passer à des langues plus latines (genre le Français) et attaquer des communautés réputées par définition plus créatives… et des donateurs éventuellement plus pingres, à moins d’un régime fiscal qui serait spécialement adapté pour favoriser le crowd-funding (le Financement Participatif en bon Français)… On crée un groupe sur Facebook ?
 Jeudi: Twitter, outil de statistiques pour la politique ?
Pas de panique, il s’agit simplement d’un outil de mesure de l’engagement de ses utilisateurs dans le cadre des élections Nord-Américaines qui battent leur plein… nous sommes sauvés. Vous imaginez, un vote qui serait exprimé par un tweet ?! Je n’ose imaginer le re-tweet de vote, le message direct d’influence de vote, … pour une Démocratie Digitale ?! Point sur…
 Vendredi : Yahoo!, c’est comme à la Samaritaine, il s’y passe quelque chose tous les jours !
Pas une journée ne se passe sans qu’il y ait quelque choses à raconter chez Yahoo!, où Marissa Mayer, nouvelle CEO transfuge de Google, vient de nommer un nouveau patron de sa Division Mobile en la personne d’Adam Cahan, l’homme qui avait précédemment fondé la société Intonow, une application permettant de reconnaître les programmes depuis sa télévision avec un smartphone, rachetée par Yahoo! en Avril 2011. Pourvu que ça se passe mieux que pour la Samaritaine, soit dit en passant. Le mobile, le future de Yahoo!, selon Marissa. A suivre, on a déjà entendu ça quelque part.
Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Revolution of Education! Grantoo, la startup de la semaine

Chaque semaine, une thématique qui fait l’actualité en France (ou ailleurs), et la réponse apportée par une startup de la Silicon Valley… Après l’emploi avec Ekwity, l’éducation cette semaine avec Dimitri Sillam, co-fondateur de la société Grantoo, établie à Sa Francisco.

Après la crise financière de la subprime aux États-Unis, il y a une autre crise qui couve : l’endettement des étudiants Américains. Ce n’est pas uniquement le coût de la formation qui est en cause, que l’on peut considérer avoir doublé depuis les 30 dernières années selon certaines études, mais la grande facilité accordées par les banques Américaines qui se jettent sur les futurs endettés sans nécessairement se préoccuper de leur situation financière (historique bancaire, revenus professionnels, etc.) comme à la belle époque où des milliers d’Américains ont pu accéder à la propriété sans forcément avoir les épaules assez solides… ce qui s’apprécie naturellement à l’ouverture d’un dossier d’emprunt. Avec la crise, qui sévit aux États-Unis comme ailleurs, c’est encore (pour le moment) la course aux diplômes, et il y a fort à parier que pour certains étudiants l’entrée dans la vie professionnelle risque d’être problématique.

La jeunesse, c’est l’avenir d’un pays, et comme qui dirait, il y a comme un problème à ne pas jouer les gardes-fous…

Sans forcément résoudre ce problème, la startup Grantoo s’attaque à un problème qui est liée : trouver des sources de revenus additionnels pour les étudiants. Noble tâche ! Je tiens à préciser que Dimitri a trouvé les ressources de financement de sa startup Américaine en France. Just saying!

 Dimitri Sillam, à gauche ici avec Mikhael Naayem

L’Express: Qu’est-ce qui t’as pousse à développer une startup dans le domaine de l’education ?

Grantoo : J’étais étudiant aux États-Unis et je me suis rendu compte qu’il y avait un réel problème de financement pour une grosse majorité des étudiants américains. Nous pensons qu’un monde éduqué est un monde meilleur, alors nous avons imaginé une solution qui pourrait permettre aux élèves ne pouvant plus se permettre de payer leurs études, de rester a l’Université. 

L’E. : Quels sont les leviers que tu vois coté annonceurs, et les bénéfices coté étudiants, en quelques chiffres ?

Gr. : Les étudiants sont une niche appréciée et valorisée auprès des annonceurs, car c’est une époque charnière dans la vie d’un consommateur.  C’est au moment des études que les étudiants feront leur choix de consommation (banque, vêtements, boissons etc..) et pour la plupart resteront fidèles à ces marques. Il est donc primordial pour une marque de se faire reconnaitre et de se faire apprécier de la niche étudiante. 
Coté étudiant, on leur demande de faire ce qu’ils aiment : jouer a des jeux en ligne ou sur téléphones mobiles pour répondre a un besoin : financer leurs études. 

L’E. : Le gaming, tu penses que cela peut changer la donne en terme d’engagements ?

Gr. Les joueurs sont généralement très engagés lors d’un jeu, c’est divertissant et compétitif à la fois. Pour une marque, faire du marketing sur un jeu rend l’engagement plus important car la marque associée dispose de quelque chose que le joueur aime faire. 
Encore faut-il avoir une solution marketing pertinente et efficace pour maximiser le ROI, et pour cela… il y a Grantoo !
 
Je m’excuse par avance pour les barres noires de chaque coté, je commençais à peine à utiliser SocialCam 🙂
Lien vers un article publié récemment dans LeMonde.fr, et une récente émission sur la radio LeMouv.

Quand Philips joue avec Apple, c’est hue là !

Il est fréquent de ne pas utiliser le potentiel des lumières à l’intérieur de votre appartement, et tout le monde n’as pas le talent d’un ingénieur du Chateau de Versailles. Et ça peut parfois changer bien des choses ! Par ailleurs, la domotique n’a pas fini d’intégrer nos maisons et appartements… A vrai dire, il est clair qu’une société comme Apple n’a pas fini de surprendre, et disposent de quelques brevets en attente qui risque de rendre nos produits blancs… complètement connectés !

Là, c’est Philips qui nous surprend avec le lancement de « hue« . Comment ça se prononce ? Regardez cette vidéo…

http://vimeo.com/51691017

Vous allez donc pouvoir trouver prochainement des ampoules dans les magasins Apple afin de rendre l’éclairage de votre domicile plus personnalisé, qui sera à « piloter » avec l’application qu’il faudra télécharger sur son iPad… et se confectionner une ambiance plus colorée, plus chaleureuse ou plus adaptée à votre humeur, avec des fonctionnalités de réveil par exemple. L’application Android devrait arriver pour Décembre, histoire de programmer un éclairage spécial pour accueillir le Père Noêl.

Ou alors pour se le faire offrir, le kit de démarrage est tout de même à $199 (avec 3 ampoules), avec $59 pour chaque ampoule additionnelle. Ils sont fous, ces Hollandais !

Path, le prochain Facebook

Oui, je sais, je sais aussi faire des titres accrocheurs…

Mais franchement : vous ne trouvez pas que Facebook ressemble de plus en plus a MySpace ?!
Que l’on ne s’y trompe pas : Facebook est une fantastique entreprise, dans ce qu’elle à réussi à exécuter, et ce qu’elle continue de développer et je suis ravi d’avoir vu grossir cette startup depuis la période de ses locaux sur University Avenue à Palo Alto. Et je n’hésiterai pas un instant à solliciter les équipes de Menlo Park si j’avais des requêtes de certaines grandes entreprises comme c’est le cas de temps en temps.
Maintenant, l’expérience utilisateur a plutôt évolué :
– il y a belle lurette que je n’y ai pas que des amis, la tentation étant trop grande de faire de ma page Facebook une vitrine de mes activités professionnelles,
– je ne peux même plus me désinscrire des updates de personnes qui publient des choses qui ne m’intéressent pas de façon générale (je n’ai ni l’intention de les retirer de mon réseau, il faut savoir accepter les gens comme ils sont, et je n’ai pas non plus le temps de me plonger dans les nouvelles conditions d’utilisations),
– je ne supporte pas la publicité, et je ne cesse de voir « repousser » toutes les propositions de publicités que je supprime régulièrement comme « Uninsteresting »,
– comment puis-je me débarrasser de ces demandes de « Like » qui ne cessent d’affluer, telles des intrusions dans mon confort numérique,
– comment « Unliker », dans la vie, on aime mais aussi on n’aime pas, m’enfin, c’est comme ça la vie,
– comment supprimer vraiment les messages que l’on s’adresse dans Facebook ? Et s’il y a des conversations que je veux supprimer à jamais ?
– comment refuser des demandes de connection à jamais ?! Pourquoi « Not now »? I want: « Never anymore »!
L’exemple du jour : demande de connexion, 143 amis communs, jamais vu de ma vie… Pas de message mais bon ça ressemble à quelqu’un qui a un bon business… »Connect ». Et paf : et voilà que j’arrive en chat et te lance un « Un petit like sur ma page Facebook… ». Viré.

Bon, et Path dans tout ça me direz-vous ?


J’ai eu l’occasion d’écouter religieusement Dave Morin, co-fondateur de Path, donc, un réseau permettant de partager simplement les moments de sa vie, lors de la conférence MobileBeat organisée par Matt Marshall et son équipe de VentureBeat. La conférence était orientée sur la question du « Design, the new battleground » et mon Dieu c’est tellement vrai que l’expérience utilisateur est ESSENTIELLE !

Les 3 co-fondateurs de Path ont su dès le départ que le design serait l’avantage compétitif décisif. Mais non seulement. Dave Morin se présente comme celui qui a imaginé Facebook Connect, c’est un peu comme s’il avait inventé le graphe social, celui qui se développe à la puissance au Million, ce qu’OpenID n’a pas réussi à faire malgré la pléthore de talent à la tête de cette fondation qui voulait créer un standard de l’authentification… »La vie est une plateforme… »

Il a donc décidé de passer par le mobile pour arriver à ses fins, et pour le coup a mis la viralité sur le coté… « Nous voulons que les utilisateurs se sentent en sécurité… », « nous voulons créer la connexion à travers la famille… ».

150 connexions, pas une de plus ! On est loin des 5.000 du petit Marco, qui a toujours dit qu’il voulait changer le monde. Mais c’est vrai qu’on s’y sent chez soit, dans Path. $41 Millions (avec tout ce que la Silicon Valley a de Business Angel et d’investisseurs, ou presque…) tout dévoué à nous faire sentir le cocon familial, dans un joli rouge Anglais (il me semble), sans publicité, et pour le coup point de HTML5, du natif, pour apporter la plus belle expérience possible en rapidité et en usage. « Du contexte avec un outil assez simple… » : la récent mise à jour majeure permet de dérouler les principaux aspects d’une vie comme se lever, se coucher, s’envoler, écouter de la musique… et prendre des photos !

On y avait cru, c’était signé, un ancien de Facebook racheté par Facebook… Et non. La courbe d’utilisateurs, ce n’est pas ça, n’est pas Instagram qui veut, Marco veut du chiffre… moins de 5 Millions à fin Juin 2012 ?! « Emotional… ». La qualité, pas la quantité. De plus, l’amitié n’est pas un sentiment « scalable ». Et si le Facebook de demain, c’est le réseau social qui saurait se développer  horizontalement et pas verticalement, sans y passer pour autant 8heures par mois. L’essentiel pour un réseau, et une application mobile encore plus, c’est d’y revenir, à défaut d’y rester très longtemps.

« Nous commençons des opérations de sponsoring avec Nike », qui court partout d’ailleurs… Il faut bien vivre.

Dave, si tu lis ce post, car je sais que tu aimes la France, et que tu investis même dans des startups Françaises : tu en penses quoi de mettre de l’audio sur les photos, histoire de renforcer encore plus le coté « emotional » ?

Et le Web, c’est pour quand ?  » True simplicity takes a lot of time above all on mobile ». En bon Français, Dave nous a dit que Rome ne s’est pas fait en un jour. Et si on croquait la pomme, Dave (les paris sont tenus, qui mise) ?!

Path ? I LIKE!

Revenir sur l’iPhone 5, juste pour rire…

Il n’est pas possible de prétendre couvrir la Silicon Valley et ne pas écrire sur l’iPhone 5, le nouveau smartphone d’Apple. Mais bon, l’essentiel a tout de même été dit un peu partout sur Internet et à la télé, alors pour paraphraser les Guignols : « Ceci est une révolution. Faut tout racheter… Eux c’est la pomme, et vous c’est les poires »

Rappelez vous, il n’y a pas si longtemps que cela…

 

Alors forcément, c’est la sortie enfin du vrai iPhone 5, et cela mérite bien une petite danse…

A-t-il vraiment changé ? Regardez la réaction de personnes dans la rue… à qui l’on montre en fait des iPhone 4S… méchant !

L’iPhone 5, cela aurait pu être ça :

Pour ceux qui veulent participer à l’histoire dans sa version complète, c’est par là…

Techcrunch Disrupt, la ruée vers l’or de la Silicon Valley ?

La ruée vers le $ ou la célébrité devrais-je dire, tant les nouveaux médias des nouvelles technologies comme Techcrunch ont sensiblement amené sur le devant de la scène ces startups dont ont parle tant de nos jours.

Il est loin le temps où Michael Arrington tenait les rênes de Techcrunch, fondé en 2005, avec sa légendaire désinvolture et un certain talent (multiple, à la fois visionnaire, provocateur et très orienté business, voir opportuniste à l’extrème). Désormais sous pavillon AOL, les conférences qui ont été créées en 2007 pour la première fois avec Techcrunch40 (puis Techcrunch50 et enfin Techcrunch Disrupt, et je vous épargnerai là les différents épisodes) semblent faire toujours recette, et ça commence ce prochain weekend avec le Hackaton.

A coté des désormais habituels concours de startups où sont sélectionnées les meilleurs sociétés qui ont postulé pour faire une démonstration sur la scène (à l’image de la légendaire conférence Demo qui existe elle depuis plus de 20 ans, mais en moins cher), il y a toujours de la place pour exposer au prix de quelques petits milliers de dollars et se faire remarquer par les gros influençeurs de la Silicon Valley  et espérer que le miracle arrive.

L’histoire peut se répéter pour de potentiels vainqueurs, dont certains par le passé ont été l’objet de réussites :

– Mint, vainqueur du trophée Techcrunch40 en 2007, s’est fait racheté par le géant Intuit (solutions de gestion pour les PME et TPE) pour $170 Millions en 2009,

– Yammer, vainqueur du Techcrunch50 en 2008, s’est fait racheté par Microsoft cette année pour $1,2 Milliards,

– Readbeacon, vainqueur Techcrunch50 en 2009, s’est fait racheté par la société Home Depot (le Castorama made in US).

A cette époque, Jason Calacanis, entrepreneur et homme de média connu, qui a lancé en Juin dernier LaunchTicker, un nouveau fil d’informations sur la High-Tech dans la Silicon Valley en 140 caractères (fallait y penser… et le faire), était associé à l’évènement, et malgré  son éviction naturelle et forcée, suite au rachat d’AOL, et le nouveau nom de baptème « Techcrunch Disrupt », les réussites sont relativement en bonne voie, mais demandent un peu de confirmations… naturellement :

– Soluto, Disrupt New York 2010, a levé $18 Millions au total, et poursuit son chemin,

– Qwiki, Disrupt San Francisco 2010, a levé $10,5 Millions au total, sans faire beaucoup d’étincelles pour le moment,

– GetAround, Disrupt New York 2011, surfe sur la vague du Peer-to-Peer très en vogue en ce moment (le service de personnes à personnes sur Internet, sans intermédiaires… ou presque), vient juste de lever $13,9 Millions au total,

– Shaker, Disrupt San Francisco 2011, a levé $15 Millions le mois qui a suivi son avènement à Disrupt,

– Enfin, UberConference, Disrupt New York 2012, fait parler d’elle de temps en temps avec ses mises à jours de produits…

On assiste à une nouvelle vague, les vagues nationales qui déferlent sur les évènements comme celle du Mexique ou encore le Brésil… Pour certains pays, le support donné aux startups est une volonté de montrer le dynamisme de leur économie via l’écosystème de startups locales, le tout visiblement encadré par des gens du terrain.

N’attendez pas que je vous parle de la France, qui brille par le talent de ses ingénieurs un petit peu partout parmi les startups de la Silicon Valley, sans parler de certaines pépites en phase d’allumage (Criteo, Talend, pour citer les plus avancées du moment…), mais dont les initiatives « nationales » restent moins évidentes à mettre en avant en terme de visibilité, d’opportunisme et de réussite, et la présence des startups Françaises à Disrupt sera une nouvelle fois l’objet d’initiatives privées.

On en recause, donc, affaire à suivre !

C’est quoi « Deadpool » en langage de startup ?

« Deadpool », c’est le cimetière des éléphants des startups. Il ne faut pas croire que c’est une vie facile, d’être entrepreneur de startup…

Risque maximal : c’est simple, il y a tout à prouver ! Et le TechCrunch Syndrom est passé par là : à force de lire des levées de fonds en permanence sur telle société à Palo Alto, San Francisco ou encore Mountain View (et des fois en France, ça arrive plus souvent qu’on ne le pense, il y a plein d’argent disponible, il suffit de savoir le trouver… et avoir un projet qui tient la route, cela va sans dire…), ça rend dingue de désir de se jeter dans le grand bain !

Bon, les ASSEDIC y sont pour quelque chose en France, et le bon air de la Californie (et du $ qui coule à flot par moment) pour ce coté de la Nouvelle Amérique conquérante des Nouvelles Technologies, les startups, c’est le nouveau truc pour se créer un boulot, et devenir riche. Très riche. Enfin des fois, parce que clairement, le taux de déchet est assez… élevé !

Alors voilà, pour beaucoup, c’est la Deadpool qui attend, comme cela vient d’arriver pour Cinch.

Disons que ça commence par ceci, un email dans sa boîte…

Cinch.FM is Shutting Down!

L’équipe de Blog Talk Radio avait plutôt une bonne idée : offrir la possibilité d’enregistrer des podcasts, publiés automatiquement sur le Cloud et les réseaux sociaux par la même occasion, depuis son iPhone. Plutôt pratique, et des utilisateurs aussi connus que Robert Scoble, qui parlait en Novembre 2010 d’un « nouveau journalisme: audio sur iPhone » vont voir leur contenu ne plus être accessible. Pas nécessairement perdu, puisqu’en général on vous propose de récupérer votre contenu avant la fermeture du service, mais bon ça fait désordre.

Les raisons d’une telle déconvenue sont, en général nombreuses :

– la concurrence : on se fait souvent doubler dans la course à l’audience par des plus meilleurs que soi. Dans le cas présent, le vilain canard, c’est SoundCloud, entre autres…

Berlin : 1, New York : 0

Robert a même publié ses commentaires sur le concurrent (un produit assez génial il faut dire), écoutez plutôt…

– les erreurs de casting… pardon de contenu : dans le cas de Cinch, il est important de créer une bonne, voire une excellente expérience utilisateur. Et c’était le cas, l’application était vraiment simple à utiliser. Mais ce qui compte également, c’est de donner envie aux utilisateurs de revenir. Et franchement, tout le monde n’a pas une audience de dizaine de milliers de Geeks à alimenter, et on attend forcément quelque chose de l’expérience avec les autres utilisateurs. Et là franchement, c’était plutôt le mélange des genres, et pas très incitatif. Un peu plongé dans un melting pot d’utilisateurs en tout genre. Peu enrichissant. Résultat, on ne revient pas, et perte d’audience progressive.

– le financement : forcément, les applications gratuites, ça ne rapporte pas d’argent. Donc on pompe sur le capital, et si on a le malheur de se présenter face à son Board d’actionnaires avec des chiffres d’audience en perte de vitesse, ça n’encourage pas à remettre au pot.

– la rapidité d’exécution : bon, ceci ne concerne pas Cinch, mais une bonne partie de startups Françaises que je crois ici et là. Trop de temps à développer un produit. Les technologies modernes en terme de software permettent aujourd’hui de développer du code vitesse Grand V, alors de grâce ne mettez pas 6 mois ou un an à sortir un produit, le temps est compté.

Voilà, chacun y trouvera son compte d’enseignements, mais l’exemple de Cinch m’inspire ceci : dans le domaine des applications mobiles, et du Consumer Internet en général, penser au produit, c’est bien. Mais le contenu, et la façon dont on orchestre la qualité du contenu que l’on met à disposition du grand public, doit pouvoir passer la barre des early-adopters, et cela suppose une très bonne connaissance de son « marché », au delà de la vision que l’on peut avoir pour mener la startup vers le succès.

Bye bye Cinch! La bonne nouvelle c’est que la société Blog Talk Radio qui a développé l’application poursuit l’aventure entrepreneuriale.

 

Mais que fait donc Instagram sur iPad ?

… ou l’histoire du Gold Rush à la mode startup dans la Silicon Valley !

Instagram, l’application permettant de prendre des photos avec son smartphone est maintenant à plus de 80 millions d’utilisateurs… Paradoxalement, la société à 1 Milliard rachetée par Facebook n’a toujours pas d’application iPad ! J’entends d’ici déjà certains me dire que l’on achète pas un iPad pour prendre des photos avec… Soit ! Mais alors pourquoi Apple nous les live-t-il avec des caméras, si c’est pour prendre des photos sans saveurs et sans la possibilité de les partager quelque part sur le Cloud ou les réseaux sociaux ?!

Un certain développeur de la Bay Area de San Francisco au parcours assez éclectique a choisi de prendre l’initiative en lançant  InstaSaveHD, qui se propose de donner encore plus d’options que la propre application Instagram ! Après tout, Kevin Systrom avait, quoi, 3 co-workers sur la Instagram à South Park, San Francisco au moment du rachat. On peut être peu nombreux, et très talentueux

Bon, ceci étant, après s’être acquitté des $2,99, on se retrouve très simplement dans une application qui ne sert qu’à farfouiller dans les APIs d’Instagram (les parties disponibles des programmes de l’application que les développeurs peuvent utiliser pour leurs propres développements…)  et qui au final nécessite l’installation de l’application iPhone d’Instagram !

La bonne blague. Pas sur que Facebook laisse faire longtemps. $2,99 pour un article sur les aventures d’une tentative de coup d’éclat dans le monde des applications iOS, ça ira pour cette fois. En attendant, je vous laisse trouver l’application sur iTunes vous mêmes, et si d’avance certains développeurs voudraient tenter l’expérience, je vous conseille vivement de développer un technologie, une vraie, si vous voulez vous faire remarquer/embaucher/racheter. My 2 cents 🙂

 

Ras-le-bol de la pub sur vos réseaux sociaux ? Investissez dans App.net…

… venez ainsi donner sa chance à un nouveau réseau sans publicité. Garanti, on vous dit !

Il y a encore de la place pour les utopistes, et c’est tant mieux ! Après Diaspora, j’imagine toujours ébranlé par le décès d’un des co-fondateurs, Ilya Zhitomirskiy (moi aussi d’ailleurs, je l’avais rencontré à une conférence le 26 Octobre 2011, quelques jours avant la tragédie), dont le projet est de créer un réseau social sur le mode Open Source afin de donner naissance à une alternative à Facebook, voici désormais App.net. Ecoutons Dalton Caldwell, fondateur de la startup…

http://vimeo.com/46394859#

L’histoire est issue d’une sorte de revanche que Dalton souhaite prendre après avoir été empêché selon lui par Facebook d’aller au bout de son projet initial, une application iPhone de découverte des applications utilisées par ses amis, utilisant notamment le Social Graph de Facebook. Facebook semble ne pas l’avoir vu d’un bon oeil, puisque après une offre de rachat, il a été empêché de poursuivre l’application plus en avant. Twitter est arrivé dans l’affaire suite à un post rageur de Dalton à leur égard

Bon, l’objet n’est pas de rentrer ici dans la polémique, ni de demander de confirmation de Facebook sur les faits. Mais force est de constater l’effort (et le courage) mis par un entrepreneur-développeur face aux méga-réseaux sociaux qui ne laissent pas faire les codeurs se servir comme ils le souhaitent dans leurs APIs, des passerelles d’accès ouverts par les réseaux sociaux pour avoir acès à une partie de leurs programmes.

Même si Techcrunch nous a fait le coup des yeux doux avec Facebook et le talentueux Doug Purdy, lors de leur mini-conférence cette semaine à Redwood City,  d il suffit de voir le temps accordé aux 3 sociétés conviées à cette illusion de table-ronde pour se rendre compte que… ils font un peu ce qu’ils veulent chez eux, ce qui peut sembler naturel.

Ceci démontre le combat d’arrière garde que se livrent :

– les développeurs d’un coté, toujours prêts à se servir dans les API et autres SDK de sociétés ayant déjà réussi leur décollage d’audience pour faire réussir leur propre service web ou leurs applications mobiles,

– et de l’autre les mammouths du Web2.0 qui sont coincés entre le besoin qu’ils ont de se nourrir de cet eco-systême, mais au profit de leur propre croissance, face aux enjeux financiers dont ils sont l’objet (le cours en bourse pour Facebook, les levées de fonds systématiques pour Twitter).

Dalton veut donc construire un refuge pour les développeurs qui veulent coder et croître libre, partager la croissance et offrir un Paradis Social aux Internautes un monde libre de toute publicité, où il sera possible de publier ses statuts sans craindre de se faire poursuivre par les marques. Avec un pari sur l’innovation, puisque les développeurs seront les bienvenus…

Même son éminence Robert Scobble, un des plus grand influenceur de la Silicon Valley à mes yeux, s’est même déclaré en faveur du projet.

Alors, chiche ?! Encore 8 jours de souscription sur le modèle Kickstarter, avec $175.000 obtenus pour le moment sur total attendu $500.000.

Je pourrait en dire plus après que Dalton ait bien voulu m’accueillir suite à mon don prévisionnel de $50. AppNet utilise effectivement un système de collection de fonds similaire au site Kickstarter pour faire appel aux dons, un site qui sert à faire appel au capital auprès des particuliers. On va y revenir bientôt…

Le combat continue 🙂