La vie à Soma Central, un co-working space de San Francisco – avec Etsy

Je continue mon tour  de Soma Central, un co-working space qui se trouve au 1 Market Plazza, et de parcourir le panorama des startups qui s’y trouvent, pour un temps. La particularité du bâtiment est de pouvoir y croiser Marc Beniof, l’emblématique CEO de la société Salesforce, dont les quartiers généraux se trouvent dans une partie de cette ensemble immobilier, à deux pas du Ferry Building. A la découverte de l’ecosystème des startups de San Francisco…

Il se passe toujours quelque chose à Soma Central, ça bouge beaucoup… et c’est aussi l’endroit choisi par des ex-startups non locales d’avoir des bureaux, notamment parce qu’il est toujours utile d’avoir quelques ingénieurs expérimentés sur place, et pas nécessairement dans le fin fonds de la Silicon Valley où 2 employés se sentiraient bien seuls !

Ça a été le choix d’Etsy, plus vraiment une startup m’a-t-on dit, basée à New York depuis sa création, et l’occasion de faire un crochet vers la France avec Stéphanie Tramicheck, Country Manager pour Etsy, donc, avec qui je me retrouve à parler depuis mon co-working space… à San Francisco !

Que le monde est petit dans les technologies !

L’Express : Etsy, ce n’est donc plus une startup ?

Stéphanie Tramicheck : Etsy a été créé en 2005 aux Etats-Unis et a toujours connu une croissance exponentielle. Maintenant ce sont 350 personnes qui travaillent chez Etsy, un chiffre d’affaire de $525M en 2011, 19 millions de membres, …  donc oui ce n’est plus la taille d’une start-up mais cela reste une start-up dans l’âme. Etsy est par exemple à la pointe en dévelopemment Agile et partage largement avec la communauté tech ses bonnes pratiques sur le sujet.

L’Express : Il n’y a pas que la Silicon Valley pour réussir  dans le B2C sur Internet, puisque le siège est a NY, mais Etsy a tout de meme des personnes à San Francisco : c’est indispensable ?

Stéphanie Tramicheck ; Etsy est fier d’être basé à Brooklyn. La ville de New York City comporte beaucoup d’avantages pour les startups technologiques parce que NYC est un hub pour beaucoup d’industries telles que la finance, le fashion… NYC est une vité internationale et comporte des communautés diverses et culturellement très créatives. La raison pour laquelle Etsy a des employés dans la Baie de San Francisco est que nous recherchons à avoir les meilleurs talents possibles un peu partout. La majorité des équipes sont à Brooklyn, mais nous avons des salariés partout à travers le monde (et donc en France aussi !).
L’Express : Qu’est ce qui fait d’Etsy une societe pas comme les autres ?
Stéphanie Tramicheck : Sa culture. Etsy se construit grâce au succès d’individus, nous portons en nous cette différence et le succès de nos vendeurs est la première de nos valeurs. Notre vision est qu’il faut redonner à chacun la capacité à changer l’économie mondiale, les créateurs indépendants amateurs ou professionnels du monde entier peuvent agir pour changer le fonctionnement de l’économie mondiale en rapprochant consommateur et producteur,  en redonnant du sens à l’acte d’achat de chacun. Etsy est unique en cela.
L’Express : Comment on voit le Business en Europe chez Etsy, et comment ca va la France ?
Stéphanie Tramicheck : L’international est très important pour Etsy. D’ailleurs Chad Dickerson, notre CEO, l’a rappelé en mai dernier lors de notre dernière levée de fond. L’International représente déjà 30% des transactions hors US. Les particularités de la France et son histoire liée à la création font que la France est un pays important dans le fait-main. La plateformeEtsy s’est lancée en Français en début 2012 et nous observons une très forte croissante.
Merci Stéphanie ! Voilà, à suivre pour découvrir d’autres startups qui ont choisi Soma Central comme fusée de lancement. Et ce n’est pas fini, ça bouge tous les jours ici !

La startup du jour : Producteev, rachetée par Jive Software

Novembre 2008 : première prise de contact avec Ilan Abehassera, jeune entrepreneur de 28 ans, qui un peu à contre-courant (alors que la Silicon Valley en fait réver plus d’un) a lancé sa startup à New York. Il recherche un CTO, on en discute. Ça n’ira pas plus loin, mais c’est une bonne prise de contact, et je trouve Ilan plutôt clair et précis dans ce qu’il cherche, où il veut aller.

Sa société : Producteev, créée en Juillet 2008, développe une application de Gestion de Tâches collaboratif.

Novembre 2012 : Jive Software. Basée à Palo Alto, $11,20 au NASDAQ (cotée depuis Février 2012), $51 Millions de CA à fin Juin, pas encore à l’équilibre, 500 salariés, et une des sociétés en pointe dans le domaine de l’Enterprise Social Software, qui permet aux entreprises de communiquer avec les nouveaux outils que sont les réseaux sociaux. Pour aider à construire l‘entreprise du 3e type dont rêvait Hervé Serieyx, pour ceux qui ont lu l’ouvrage.

Aujourd’hui, Jive vient de racheter Producteev, en même temps qu’une une autre startup de San Francisco. Peu importe le montant du rachat, je laisse cette information aux gossips de la Valley. Jive a levé $57 Millions, Producteev $1,3 Millions. Producteev va venir enrichir l’offre de Jive Software, et je l’espère continuer à améliorer ses services, au moins pendant la classique période du earn-out qui contraint le fondateur de la société rachetée à continuer à developper son activité.

Ce que je retiens de ce rachat, et ce qui compte selon moi :

– une société de 50 personnes, même basée à Palo Alto, la Mecque du software, va chercher dans une autre (plus petite) startup les éléments manquants qui lui prendront trop de temps à développer elle même, ainsi va la technologie : il faut aller vite (gros clin d’oeil au Made in France qui a beaucoup à apprendre de ce type d’exemple),

– si on veut se lancer dans une startup, il faut avoir une idée bien précise de la niche que l’on adresse, avoir su observer pour ne pas se lancer dans un domaine encombré, ou bouché, ne pas en dévier, et viser l’excellence,

– on ne brûle pas les étapes, et on doit avoir les moyens de ses ambitions, par exemple ne pas arriver en bout de course de développement sans avoir les fonds pour poursuivre. Pour cela, il faut savoir utiliser les bonnes technologies qui permettront d’aller vite,

– savoir communiquer autour de son entreprise.

C’est aussi, pour beaucoup de gens familiers de cette vague des Français startupers parti réussir aux États-Unis, la « réussite d’un petit frère », la réussite d’un entrepreneur jeune et talentueux, attachant et passionnant (aussi parce que je commence à me sentir paternaliste dans ce milieu de jeunes entrepreneurs, lol), la réussite d’une équipe soudée et enthousiaste. Voilà le souvenir que j’ai de cette V1 de Producteev que j’ai eu le plaisir de croiser plusieurs fois.

Aussi, petite revanche personnelle d’un combat d’arrière-garde avec Ilan pour expliquer que le seul endroit qui compte dans les nouvelles technologies c’est bien la Silicon Valley, et non New York comme il veut bien le dire souvent, toute l’équipe va visiblement s’installer à Palo Alto (6 personnes en tout). Je te l’avais dit Ilan 🙂

Mais bon, c’est toi qui a gagné, Ilan. Bravo.

Avec lui, c’est aussi un bel exemple de la France qui gagne. Ailleurs qu’en France, et alors ?! C’est le résultat qui compte, la forme aussi, mais ne restons pas figés dans les clichés, point de nationalisme à outrance, juste une belle histoire. Ce sont des investisseurs Français qui gagnent, aussi. Alors que ce succès en appelle d’autres, à Paris, New York ou Palo Alto. La France la vaut bien.

Revolution of Education! Grantoo, la startup de la semaine

Chaque semaine, une thématique qui fait l’actualité en France (ou ailleurs), et la réponse apportée par une startup de la Silicon Valley… Après l’emploi avec Ekwity, l’éducation cette semaine avec Dimitri Sillam, co-fondateur de la société Grantoo, établie à Sa Francisco.

Après la crise financière de la subprime aux États-Unis, il y a une autre crise qui couve : l’endettement des étudiants Américains. Ce n’est pas uniquement le coût de la formation qui est en cause, que l’on peut considérer avoir doublé depuis les 30 dernières années selon certaines études, mais la grande facilité accordées par les banques Américaines qui se jettent sur les futurs endettés sans nécessairement se préoccuper de leur situation financière (historique bancaire, revenus professionnels, etc.) comme à la belle époque où des milliers d’Américains ont pu accéder à la propriété sans forcément avoir les épaules assez solides… ce qui s’apprécie naturellement à l’ouverture d’un dossier d’emprunt. Avec la crise, qui sévit aux États-Unis comme ailleurs, c’est encore (pour le moment) la course aux diplômes, et il y a fort à parier que pour certains étudiants l’entrée dans la vie professionnelle risque d’être problématique.

La jeunesse, c’est l’avenir d’un pays, et comme qui dirait, il y a comme un problème à ne pas jouer les gardes-fous…

Sans forcément résoudre ce problème, la startup Grantoo s’attaque à un problème qui est liée : trouver des sources de revenus additionnels pour les étudiants. Noble tâche ! Je tiens à préciser que Dimitri a trouvé les ressources de financement de sa startup Américaine en France. Just saying!

 Dimitri Sillam, à gauche ici avec Mikhael Naayem

L’Express: Qu’est-ce qui t’as pousse à développer une startup dans le domaine de l’education ?

Grantoo : J’étais étudiant aux États-Unis et je me suis rendu compte qu’il y avait un réel problème de financement pour une grosse majorité des étudiants américains. Nous pensons qu’un monde éduqué est un monde meilleur, alors nous avons imaginé une solution qui pourrait permettre aux élèves ne pouvant plus se permettre de payer leurs études, de rester a l’Université. 

L’E. : Quels sont les leviers que tu vois coté annonceurs, et les bénéfices coté étudiants, en quelques chiffres ?

Gr. : Les étudiants sont une niche appréciée et valorisée auprès des annonceurs, car c’est une époque charnière dans la vie d’un consommateur.  C’est au moment des études que les étudiants feront leur choix de consommation (banque, vêtements, boissons etc..) et pour la plupart resteront fidèles à ces marques. Il est donc primordial pour une marque de se faire reconnaitre et de se faire apprécier de la niche étudiante. 
Coté étudiant, on leur demande de faire ce qu’ils aiment : jouer a des jeux en ligne ou sur téléphones mobiles pour répondre a un besoin : financer leurs études. 

L’E. : Le gaming, tu penses que cela peut changer la donne en terme d’engagements ?

Gr. Les joueurs sont généralement très engagés lors d’un jeu, c’est divertissant et compétitif à la fois. Pour une marque, faire du marketing sur un jeu rend l’engagement plus important car la marque associée dispose de quelque chose que le joueur aime faire. 
Encore faut-il avoir une solution marketing pertinente et efficace pour maximiser le ROI, et pour cela… il y a Grantoo !
 
Je m’excuse par avance pour les barres noires de chaque coté, je commençais à peine à utiliser SocialCam 🙂
Lien vers un article publié récemment dans LeMonde.fr, et une récente émission sur la radio LeMouv.

Path, le prochain Facebook

Oui, je sais, je sais aussi faire des titres accrocheurs…

Mais franchement : vous ne trouvez pas que Facebook ressemble de plus en plus a MySpace ?!
Que l’on ne s’y trompe pas : Facebook est une fantastique entreprise, dans ce qu’elle à réussi à exécuter, et ce qu’elle continue de développer et je suis ravi d’avoir vu grossir cette startup depuis la période de ses locaux sur University Avenue à Palo Alto. Et je n’hésiterai pas un instant à solliciter les équipes de Menlo Park si j’avais des requêtes de certaines grandes entreprises comme c’est le cas de temps en temps.
Maintenant, l’expérience utilisateur a plutôt évolué :
– il y a belle lurette que je n’y ai pas que des amis, la tentation étant trop grande de faire de ma page Facebook une vitrine de mes activités professionnelles,
– je ne peux même plus me désinscrire des updates de personnes qui publient des choses qui ne m’intéressent pas de façon générale (je n’ai ni l’intention de les retirer de mon réseau, il faut savoir accepter les gens comme ils sont, et je n’ai pas non plus le temps de me plonger dans les nouvelles conditions d’utilisations),
– je ne supporte pas la publicité, et je ne cesse de voir « repousser » toutes les propositions de publicités que je supprime régulièrement comme « Uninsteresting »,
– comment puis-je me débarrasser de ces demandes de « Like » qui ne cessent d’affluer, telles des intrusions dans mon confort numérique,
– comment « Unliker », dans la vie, on aime mais aussi on n’aime pas, m’enfin, c’est comme ça la vie,
– comment supprimer vraiment les messages que l’on s’adresse dans Facebook ? Et s’il y a des conversations que je veux supprimer à jamais ?
– comment refuser des demandes de connection à jamais ?! Pourquoi « Not now »? I want: « Never anymore »!
L’exemple du jour : demande de connexion, 143 amis communs, jamais vu de ma vie… Pas de message mais bon ça ressemble à quelqu’un qui a un bon business… »Connect ». Et paf : et voilà que j’arrive en chat et te lance un « Un petit like sur ma page Facebook… ». Viré.

Bon, et Path dans tout ça me direz-vous ?


J’ai eu l’occasion d’écouter religieusement Dave Morin, co-fondateur de Path, donc, un réseau permettant de partager simplement les moments de sa vie, lors de la conférence MobileBeat organisée par Matt Marshall et son équipe de VentureBeat. La conférence était orientée sur la question du « Design, the new battleground » et mon Dieu c’est tellement vrai que l’expérience utilisateur est ESSENTIELLE !

Les 3 co-fondateurs de Path ont su dès le départ que le design serait l’avantage compétitif décisif. Mais non seulement. Dave Morin se présente comme celui qui a imaginé Facebook Connect, c’est un peu comme s’il avait inventé le graphe social, celui qui se développe à la puissance au Million, ce qu’OpenID n’a pas réussi à faire malgré la pléthore de talent à la tête de cette fondation qui voulait créer un standard de l’authentification… »La vie est une plateforme… »

Il a donc décidé de passer par le mobile pour arriver à ses fins, et pour le coup a mis la viralité sur le coté… « Nous voulons que les utilisateurs se sentent en sécurité… », « nous voulons créer la connexion à travers la famille… ».

150 connexions, pas une de plus ! On est loin des 5.000 du petit Marco, qui a toujours dit qu’il voulait changer le monde. Mais c’est vrai qu’on s’y sent chez soit, dans Path. $41 Millions (avec tout ce que la Silicon Valley a de Business Angel et d’investisseurs, ou presque…) tout dévoué à nous faire sentir le cocon familial, dans un joli rouge Anglais (il me semble), sans publicité, et pour le coup point de HTML5, du natif, pour apporter la plus belle expérience possible en rapidité et en usage. « Du contexte avec un outil assez simple… » : la récent mise à jour majeure permet de dérouler les principaux aspects d’une vie comme se lever, se coucher, s’envoler, écouter de la musique… et prendre des photos !

On y avait cru, c’était signé, un ancien de Facebook racheté par Facebook… Et non. La courbe d’utilisateurs, ce n’est pas ça, n’est pas Instagram qui veut, Marco veut du chiffre… moins de 5 Millions à fin Juin 2012 ?! « Emotional… ». La qualité, pas la quantité. De plus, l’amitié n’est pas un sentiment « scalable ». Et si le Facebook de demain, c’est le réseau social qui saurait se développer  horizontalement et pas verticalement, sans y passer pour autant 8heures par mois. L’essentiel pour un réseau, et une application mobile encore plus, c’est d’y revenir, à défaut d’y rester très longtemps.

« Nous commençons des opérations de sponsoring avec Nike », qui court partout d’ailleurs… Il faut bien vivre.

Dave, si tu lis ce post, car je sais que tu aimes la France, et que tu investis même dans des startups Françaises : tu en penses quoi de mettre de l’audio sur les photos, histoire de renforcer encore plus le coté « emotional » ?

Et le Web, c’est pour quand ?  » True simplicity takes a lot of time above all on mobile ». En bon Français, Dave nous a dit que Rome ne s’est pas fait en un jour. Et si on croquait la pomme, Dave (les paris sont tenus, qui mise) ?!

Path ? I LIKE!

Techcrunch Disrupt, la ruée vers l’or de la Silicon Valley ?

La ruée vers le $ ou la célébrité devrais-je dire, tant les nouveaux médias des nouvelles technologies comme Techcrunch ont sensiblement amené sur le devant de la scène ces startups dont ont parle tant de nos jours.

Il est loin le temps où Michael Arrington tenait les rênes de Techcrunch, fondé en 2005, avec sa légendaire désinvolture et un certain talent (multiple, à la fois visionnaire, provocateur et très orienté business, voir opportuniste à l’extrème). Désormais sous pavillon AOL, les conférences qui ont été créées en 2007 pour la première fois avec Techcrunch40 (puis Techcrunch50 et enfin Techcrunch Disrupt, et je vous épargnerai là les différents épisodes) semblent faire toujours recette, et ça commence ce prochain weekend avec le Hackaton.

A coté des désormais habituels concours de startups où sont sélectionnées les meilleurs sociétés qui ont postulé pour faire une démonstration sur la scène (à l’image de la légendaire conférence Demo qui existe elle depuis plus de 20 ans, mais en moins cher), il y a toujours de la place pour exposer au prix de quelques petits milliers de dollars et se faire remarquer par les gros influençeurs de la Silicon Valley  et espérer que le miracle arrive.

L’histoire peut se répéter pour de potentiels vainqueurs, dont certains par le passé ont été l’objet de réussites :

– Mint, vainqueur du trophée Techcrunch40 en 2007, s’est fait racheté par le géant Intuit (solutions de gestion pour les PME et TPE) pour $170 Millions en 2009,

– Yammer, vainqueur du Techcrunch50 en 2008, s’est fait racheté par Microsoft cette année pour $1,2 Milliards,

– Readbeacon, vainqueur Techcrunch50 en 2009, s’est fait racheté par la société Home Depot (le Castorama made in US).

A cette époque, Jason Calacanis, entrepreneur et homme de média connu, qui a lancé en Juin dernier LaunchTicker, un nouveau fil d’informations sur la High-Tech dans la Silicon Valley en 140 caractères (fallait y penser… et le faire), était associé à l’évènement, et malgré  son éviction naturelle et forcée, suite au rachat d’AOL, et le nouveau nom de baptème « Techcrunch Disrupt », les réussites sont relativement en bonne voie, mais demandent un peu de confirmations… naturellement :

– Soluto, Disrupt New York 2010, a levé $18 Millions au total, et poursuit son chemin,

– Qwiki, Disrupt San Francisco 2010, a levé $10,5 Millions au total, sans faire beaucoup d’étincelles pour le moment,

– GetAround, Disrupt New York 2011, surfe sur la vague du Peer-to-Peer très en vogue en ce moment (le service de personnes à personnes sur Internet, sans intermédiaires… ou presque), vient juste de lever $13,9 Millions au total,

– Shaker, Disrupt San Francisco 2011, a levé $15 Millions le mois qui a suivi son avènement à Disrupt,

– Enfin, UberConference, Disrupt New York 2012, fait parler d’elle de temps en temps avec ses mises à jours de produits…

On assiste à une nouvelle vague, les vagues nationales qui déferlent sur les évènements comme celle du Mexique ou encore le Brésil… Pour certains pays, le support donné aux startups est une volonté de montrer le dynamisme de leur économie via l’écosystème de startups locales, le tout visiblement encadré par des gens du terrain.

N’attendez pas que je vous parle de la France, qui brille par le talent de ses ingénieurs un petit peu partout parmi les startups de la Silicon Valley, sans parler de certaines pépites en phase d’allumage (Criteo, Talend, pour citer les plus avancées du moment…), mais dont les initiatives « nationales » restent moins évidentes à mettre en avant en terme de visibilité, d’opportunisme et de réussite, et la présence des startups Françaises à Disrupt sera une nouvelle fois l’objet d’initiatives privées.

On en recause, donc, affaire à suivre !

C’est quoi « Deadpool » en langage de startup ?

« Deadpool », c’est le cimetière des éléphants des startups. Il ne faut pas croire que c’est une vie facile, d’être entrepreneur de startup…

Risque maximal : c’est simple, il y a tout à prouver ! Et le TechCrunch Syndrom est passé par là : à force de lire des levées de fonds en permanence sur telle société à Palo Alto, San Francisco ou encore Mountain View (et des fois en France, ça arrive plus souvent qu’on ne le pense, il y a plein d’argent disponible, il suffit de savoir le trouver… et avoir un projet qui tient la route, cela va sans dire…), ça rend dingue de désir de se jeter dans le grand bain !

Bon, les ASSEDIC y sont pour quelque chose en France, et le bon air de la Californie (et du $ qui coule à flot par moment) pour ce coté de la Nouvelle Amérique conquérante des Nouvelles Technologies, les startups, c’est le nouveau truc pour se créer un boulot, et devenir riche. Très riche. Enfin des fois, parce que clairement, le taux de déchet est assez… élevé !

Alors voilà, pour beaucoup, c’est la Deadpool qui attend, comme cela vient d’arriver pour Cinch.

Disons que ça commence par ceci, un email dans sa boîte…

Cinch.FM is Shutting Down!

L’équipe de Blog Talk Radio avait plutôt une bonne idée : offrir la possibilité d’enregistrer des podcasts, publiés automatiquement sur le Cloud et les réseaux sociaux par la même occasion, depuis son iPhone. Plutôt pratique, et des utilisateurs aussi connus que Robert Scoble, qui parlait en Novembre 2010 d’un « nouveau journalisme: audio sur iPhone » vont voir leur contenu ne plus être accessible. Pas nécessairement perdu, puisqu’en général on vous propose de récupérer votre contenu avant la fermeture du service, mais bon ça fait désordre.

Les raisons d’une telle déconvenue sont, en général nombreuses :

– la concurrence : on se fait souvent doubler dans la course à l’audience par des plus meilleurs que soi. Dans le cas présent, le vilain canard, c’est SoundCloud, entre autres…

Berlin : 1, New York : 0

Robert a même publié ses commentaires sur le concurrent (un produit assez génial il faut dire), écoutez plutôt…

– les erreurs de casting… pardon de contenu : dans le cas de Cinch, il est important de créer une bonne, voire une excellente expérience utilisateur. Et c’était le cas, l’application était vraiment simple à utiliser. Mais ce qui compte également, c’est de donner envie aux utilisateurs de revenir. Et franchement, tout le monde n’a pas une audience de dizaine de milliers de Geeks à alimenter, et on attend forcément quelque chose de l’expérience avec les autres utilisateurs. Et là franchement, c’était plutôt le mélange des genres, et pas très incitatif. Un peu plongé dans un melting pot d’utilisateurs en tout genre. Peu enrichissant. Résultat, on ne revient pas, et perte d’audience progressive.

– le financement : forcément, les applications gratuites, ça ne rapporte pas d’argent. Donc on pompe sur le capital, et si on a le malheur de se présenter face à son Board d’actionnaires avec des chiffres d’audience en perte de vitesse, ça n’encourage pas à remettre au pot.

– la rapidité d’exécution : bon, ceci ne concerne pas Cinch, mais une bonne partie de startups Françaises que je crois ici et là. Trop de temps à développer un produit. Les technologies modernes en terme de software permettent aujourd’hui de développer du code vitesse Grand V, alors de grâce ne mettez pas 6 mois ou un an à sortir un produit, le temps est compté.

Voilà, chacun y trouvera son compte d’enseignements, mais l’exemple de Cinch m’inspire ceci : dans le domaine des applications mobiles, et du Consumer Internet en général, penser au produit, c’est bien. Mais le contenu, et la façon dont on orchestre la qualité du contenu que l’on met à disposition du grand public, doit pouvoir passer la barre des early-adopters, et cela suppose une très bonne connaissance de son « marché », au delà de la vision que l’on peut avoir pour mener la startup vers le succès.

Bye bye Cinch! La bonne nouvelle c’est que la société Blog Talk Radio qui a développé l’application poursuit l’aventure entrepreneuriale.

 

Mais que fait donc Instagram sur iPad ?

… ou l’histoire du Gold Rush à la mode startup dans la Silicon Valley !

Instagram, l’application permettant de prendre des photos avec son smartphone est maintenant à plus de 80 millions d’utilisateurs… Paradoxalement, la société à 1 Milliard rachetée par Facebook n’a toujours pas d’application iPad ! J’entends d’ici déjà certains me dire que l’on achète pas un iPad pour prendre des photos avec… Soit ! Mais alors pourquoi Apple nous les live-t-il avec des caméras, si c’est pour prendre des photos sans saveurs et sans la possibilité de les partager quelque part sur le Cloud ou les réseaux sociaux ?!

Un certain développeur de la Bay Area de San Francisco au parcours assez éclectique a choisi de prendre l’initiative en lançant  InstaSaveHD, qui se propose de donner encore plus d’options que la propre application Instagram ! Après tout, Kevin Systrom avait, quoi, 3 co-workers sur la Instagram à South Park, San Francisco au moment du rachat. On peut être peu nombreux, et très talentueux

Bon, ceci étant, après s’être acquitté des $2,99, on se retrouve très simplement dans une application qui ne sert qu’à farfouiller dans les APIs d’Instagram (les parties disponibles des programmes de l’application que les développeurs peuvent utiliser pour leurs propres développements…)  et qui au final nécessite l’installation de l’application iPhone d’Instagram !

La bonne blague. Pas sur que Facebook laisse faire longtemps. $2,99 pour un article sur les aventures d’une tentative de coup d’éclat dans le monde des applications iOS, ça ira pour cette fois. En attendant, je vous laisse trouver l’application sur iTunes vous mêmes, et si d’avance certains développeurs voudraient tenter l’expérience, je vous conseille vivement de développer un technologie, une vraie, si vous voulez vous faire remarquer/embaucher/racheter. My 2 cents 🙂

 

Ras-le-bol de la pub sur vos réseaux sociaux ? Investissez dans App.net…

… venez ainsi donner sa chance à un nouveau réseau sans publicité. Garanti, on vous dit !

Il y a encore de la place pour les utopistes, et c’est tant mieux ! Après Diaspora, j’imagine toujours ébranlé par le décès d’un des co-fondateurs, Ilya Zhitomirskiy (moi aussi d’ailleurs, je l’avais rencontré à une conférence le 26 Octobre 2011, quelques jours avant la tragédie), dont le projet est de créer un réseau social sur le mode Open Source afin de donner naissance à une alternative à Facebook, voici désormais App.net. Ecoutons Dalton Caldwell, fondateur de la startup…

http://vimeo.com/46394859#

L’histoire est issue d’une sorte de revanche que Dalton souhaite prendre après avoir été empêché selon lui par Facebook d’aller au bout de son projet initial, une application iPhone de découverte des applications utilisées par ses amis, utilisant notamment le Social Graph de Facebook. Facebook semble ne pas l’avoir vu d’un bon oeil, puisque après une offre de rachat, il a été empêché de poursuivre l’application plus en avant. Twitter est arrivé dans l’affaire suite à un post rageur de Dalton à leur égard

Bon, l’objet n’est pas de rentrer ici dans la polémique, ni de demander de confirmation de Facebook sur les faits. Mais force est de constater l’effort (et le courage) mis par un entrepreneur-développeur face aux méga-réseaux sociaux qui ne laissent pas faire les codeurs se servir comme ils le souhaitent dans leurs APIs, des passerelles d’accès ouverts par les réseaux sociaux pour avoir acès à une partie de leurs programmes.

Même si Techcrunch nous a fait le coup des yeux doux avec Facebook et le talentueux Doug Purdy, lors de leur mini-conférence cette semaine à Redwood City,  d il suffit de voir le temps accordé aux 3 sociétés conviées à cette illusion de table-ronde pour se rendre compte que… ils font un peu ce qu’ils veulent chez eux, ce qui peut sembler naturel.

Ceci démontre le combat d’arrière garde que se livrent :

– les développeurs d’un coté, toujours prêts à se servir dans les API et autres SDK de sociétés ayant déjà réussi leur décollage d’audience pour faire réussir leur propre service web ou leurs applications mobiles,

– et de l’autre les mammouths du Web2.0 qui sont coincés entre le besoin qu’ils ont de se nourrir de cet eco-systême, mais au profit de leur propre croissance, face aux enjeux financiers dont ils sont l’objet (le cours en bourse pour Facebook, les levées de fonds systématiques pour Twitter).

Dalton veut donc construire un refuge pour les développeurs qui veulent coder et croître libre, partager la croissance et offrir un Paradis Social aux Internautes un monde libre de toute publicité, où il sera possible de publier ses statuts sans craindre de se faire poursuivre par les marques. Avec un pari sur l’innovation, puisque les développeurs seront les bienvenus…

Même son éminence Robert Scobble, un des plus grand influenceur de la Silicon Valley à mes yeux, s’est même déclaré en faveur du projet.

Alors, chiche ?! Encore 8 jours de souscription sur le modèle Kickstarter, avec $175.000 obtenus pour le moment sur total attendu $500.000.

Je pourrait en dire plus après que Dalton ait bien voulu m’accueillir suite à mon don prévisionnel de $50. AppNet utilise effectivement un système de collection de fonds similaire au site Kickstarter pour faire appel aux dons, un site qui sert à faire appel au capital auprès des particuliers. On va y revenir bientôt…

Le combat continue 🙂

La question de Michael Lazerow (BuddyMedia) : la peur vous retient-elle ?

Cet article ne s’adresse pas aux férus des blogs technologiques qui lisent à longueur de journées Mashable et autres sucreries du genre. Vous êtes déjà au courant. Ceci n’est pas une exclusivité 🙂

Il y a 2 mois, le géant du « Software As A Service » (SaaS) Salesforce a fait une nouvelle acquisition : BuddyMedia, une société créée par Michael and Kass Lazerow (marié dans la vie) et Jeff Ragovin pour $689 Millions, qui fait de Facebook et autres plateformes de type réseau social les meilleurs amis de votre marque.  BuddyMedia c’est une ligne de produits tous dédiés à créer du contenu, le partager,  le modérer, le monétiser… La société basée à New York avait suffisamment développé sa présence en tant que plateforme de marketing social pour qu’elle vienne rejoindre Radian6 parmi les pépites qui vont pouvoir faire de Salesforce (et je rajoute Chatter dans le lot) une société avec laquelle il faut compter dans le brouhaha social, qui fait l’objet de beaucoup de discussions quant à sa pertinence pour les marques (« mes dépenses marketing sur Facebook me rapportent-elles un retour sur investissement ? », et bien il faut essayer !)…

Au dela de la preuve apportée qu’il est possible de travailler avec sa femme (et ainsi réduire à néant le cliché habituel), l’annonce qu’a choisi de faire Michael était particulièrement surprenante, un mélange entre la leçon de vie et le message d’espoir adressé à toutes personnes qui se trouvent bloquées par un des freins majeurs qui poussent à oser, entreprendre, à essayer : la peur.

C’est plutôt bien envoyé, et même s’il est clair que la prise de risque est une science qui mérite que l’on s’y prépare, il est important de savoir s’écouter par moment et se faire confiance, parce que le train ne passe pas toujours 2 fois. Si vous ne trouvez pas de bonnes raisons logiques à ne pas entreprendre, pas besoin d’être New-Yorkais, qu’attendez vous ?!

Je trouve que se dire « Qu’est-ce que je suis heureux de pouvoir faire ce que je fais ! », c’est toujours mieux que « Qu’est-ce que je vais faire de mon argent ? », par exemple, c’est rafraichissant, merci Michael.

Pour ceux qui se posent encore la question de ce qu’il est possible de faire sur Facebook, écoutez plutôt Michael lors de son passage à Paris pour la conférence LeWeb en Décembre dernier…

Sa présentation disponible sur Slideshare…

Une nouvelle discipline : les HotelTonight Booking Olympics

Les Jeux Olympiques, forcément le sujet qui buzz en ce moment. Aussi un bel exemple d’endroit où l’on décide d’aller au dernier moment, oui mais, comment se faire héberger ?!

Les sites de réservations ont sérieusement pris du plomb dans l’aile. A force de trop se regarder dans le rétroviseur, les Expedia, Hotels.com et autres LastMinute ont fini par oublier une chose très simple : ils ne sont plus forcément très efficaces en terme d’offres, et surtout hors sujet selon les nouvelles tendances, comme le PeerToPeer, ou, autre exemple,  ce dont est capable une application mobile.

C’est ce qu’a réussi Airbnb, le nouveau site communautaire qui met en relation des personnes qui ont un lieu d’accueil disponible avec d’autres qui recherchent un endroit où séjourner. Une nouvelle pratique est en train de se mettre en place, la mise en relation sans intermédiaire pour trouver son prochain lieu de résidence pour les vacances, et la Silicon Valley est en passe de réussir un nouveau succès dans le monde du Consumer sur Internet… ou San Francisco devrais-je dire, puisqu’il y a de plus en plus de startup basée à San Francisco et qui se font remarquer comme hier Zynga, Twitter, aujourd’hui Airbnb… et pourquoi pas HotelTonight ?!

Justement, récemment à Londres pour LeWeb version UK, Sam Shank, CEO de la société HotelTonight (créée en Décembre 2010, ayant déjà levé $35,7 Millions), déclarait « Les smartphones donnent la direction au marché”. HotelTonight offre la possibilité de trouver un hotel pour le soir même à un prix totalement compétitif… J’avais essayé il y a quelques temps, et il faut reconnaître que les listings se sont améliorés depuis, et ce qu’il y a de redoutable avec le smartphone : la localisation ! Pour trouver quelque chose à portée de mains, par exemple une chambre d’hotels, quoi de mieux que son téléphone portable ! Aucune des sociétés mentionnées tout au début de cet article n’y avait pensé.

Il y a surement du vrai dans sa vision, et justement sa société, en bonne société Californienne, toujours très adroite pour communiquer et raconter de belles histoires, a récemment créé les HotelTonight Booking Olympics 🙂

Il s’agit d’un graphique comparatif d’utilisation de leur application sur les plateformes iOS et Android…