L’actualité High-tech du jour : Twitter

Bienvenue sur cette rubrique au jour le jour sur ce qu’il faut retenir de la Silicon Valley !

Twitter

Malgré ce rendez-vous manqué dans les locaux de San Francisco de Twitter en Novembre 2007, j’ai une sorte d’affection pour ce réseau social depuis mon inscription en mars 2007 pour ce réseau social qui a absolument changé la façon dont on communique aujourd’hui. Linkedin a changé la façon dont on fonctionne dans notre environnement professionnel, Twitter a révolutionné la façon dont on communique dans notre vie personnelle.

Attention, je ne cautionne pas la façon dont on se sert de Twitter, qui ressemble à mon goût un peu trop à la dictature de la bêtise (du fait de cette impérieuse nécessité de dire ce que l’on pense). Mais franchement, quel bonheur de pouvoir joindre à peu près qui est inscrit sur Twitter, de casser les barrières sociales, les zones géographiques, quel moyen incroyable de rester connecté au monde 24 heures sur 24 !

La startup a été créée en mars 2006, a levé $1.2 milliards, a été cotée en bourse en novembre 2013, vaut dans les $50 l’action, a fait 42 acquisitions, réalisé un chiffre d’affaires de $500 millions pour une perte de $125 millions en 2004. C’est peu dire que la société se cherche malgré tout.. Les rumeurs de rachat de Twitter par Google me font bien marrer. Twitter est devenu un bien public, dans sa forme, bien que détenue par des capitaux privés : c’est comme ça que je vois les choses. Les tweets, ce sont des mots que tout le monde peut s’approprier, consulter, répéter, déformer, exagérer, colporter.

J’en arrive à la nouvelle et mon interrogation : il y a peu, la startup Meerkat a lancé une nouvelle application mobile permettant de publier une vidéo enregistrée avec leur application, utilisant Twitter comme plateforme de distribution. Jusque là tout va bien, la startup en est à plusieurs tentatives de produits (comme souvent), ce sont des experts de la vidéo issu de la Startup Nation et celle-ci semble avoir trouvé le bon filon : ça buzz dans la presse spécialisée, les chiffres et les témoignages se succèdent. Mais il y a un os, ou plutôt un Periscope qui va venir mettre le bazar, puisque c’est une société rachetée par Twitter le 10 mars 2015.Meerkat vient juste de lever $14 millions le 27 mars 2015. Il y a même un idiot de journaliste tech qui a été pour lancer le buzz sur Meerkat le 1er mars 2015 : « Meerkat, la société que devrait racheter Twitter ». Mais bon, c’est Periscope, entreprise plus récente, un serpent à 3 têtes dont l’acquisition ressemble plus à un recrutement mais enfin on est dans la Silicon Valley quand même !

Twitter a décidé de bloquer la route à Meerkat, notamment, dans un premier temps, en demandant aux grosses écuries sur Twitter comme les célébrités ou les agences de média de ne plus l’utiliser pour diffuser leur vidéo live. Sous peine de punition dans l’arrière-cour des chambres publicitaires, en coupant l’accès à des sources de revenus. Twitter a déjà tué des startups en leur interdisant l’accès sous prétexte d’utiliser leur plateforme via des tweets, par exemple la startup Ribbon voulant utiliser des tweets pour effectuer des paiements… ce qui sera fait avec des établissements financiers ultérieurement. Sabotage ! Les petits jeunes n’ont eu qu’une seule chose à faire : aller chercher un travail. Que Meerkat ait soit disant chercher à recruter des utilisateurs de cette autre application de Twitter, Vine, me paraît plus naturel, il faut bien trouver des tunnels de croissance, à une période où le growth hacking reste une des meilleures règles marketing.

Je pressens que Twitter ne vas pas s’amuser définitivement à saboter les produits utilisant sa voie publique, et que des avocats malins vont trouver les faiblesses qui doivent exister pour équilibrer des rapports de force qui me paraissent dangereusement trop en faveur de Twitter, qui bien que mettant à disposition un outil gratuit, se sert bien du contenu qui y circule. Il appartient à qui, mon tweet. A moi ou à Twitter ? Je sens qu’il y a là du potentiel pour des discussions de copyright sans fin, et je trouve naïvement cette attitude de Twitter dérangeante, même si certainement juridiquement justifiée.

L’investisseur Chris Sacca, qui est venu prêter main forte à l’équipe de Twitter, allez savoir pourquoi, n’a pas intérêt à me passer un coup de fil demandant de ne plus utiliser Meerkat… dont je ne me sers pas par ailleurs. J’ai arrêté le streaming live depuis que je me suis fait voler mon Nokia en 2008 alors que j’utilisait Qik (racheté par Skype depuis), donc Microsoft. C’est « old school » tout ça.

Meerkat

Lundi 13 avril 2015

A demain pour la suite…

L’actualité High-tech du jour : Kifi… garde le et trouve le !

Un journal, par définition, c’est quotidien. Bienvenue sur cette rubrique au jour le jour sur ce qu’il faut retenir de la Silicon Valley !

Kifi

Je le préviens à l’avance, ce post va être ce que j’appelle un gros post de midinette pour un produit que je viens de découvrir et que je trouve absolument bien foutu ! Pour une fois, ça va être du positif à tout bout de chapitre, ça va nous changer. Non, je ne vous ai pas découvert le prochain réseau social : que ce soit clair, personne ne sait où il se trouve. Si tu as été embauché comme Directeur de l’Innovation et du Digital et que c’est la première question que tu te poses, va plutôt chercher un travail de fonctionnaire dans la French Tech, je suis sûr qu’ils vont y arriver là-bas, tellement qu’ils sont persuadés de créer le prochain Google… Français.

J’ai tout simplement découvert un produit bien sous toute couture : multiplateforme, déjà. D’accord, FortyTwo a été créée en janvier 2012, ils ont eu tout le temps pour fignoler, il en a coulé de l’eau sous les ponts de Los Altos. Enfin, plus beaucoup, parce que si vous ne le saviez pas déjà, la Californie affronte une sécheresse de 4 ans qui commence a taper sévère dans les réserves d’eau, un peu maigres à la base. Comme l’âge de cette startup qui vient juste de sortir sa beta de Kifi. C’est donc parti pour un travail bien propre, avec le site web, l’application iOS et Android. Le tiercé gagnant.

Le pitch ensuite : « Connecting people with knowledge », qui doit être compris comme connecter les gens avec le savoir, c’est à dire rapprocher l’utilisateur de la connaissance. Il en a bien besoin, tellement c’est le bordel sur Internet pour y retrouver ses petits. d’abord, il y a Google, et puis pour le reste, débrouillez vous ? Avant il y avait Google Reader, maintenant il y a Feedly. Avant (bleu-blanc-rouge oblige), il y avait Netvibes, maintenant il y a Reddit. Delicious, StumbleUpon. Pour les excités des startups, il y a ProductHunt, le truc qui sert à rien mais qui fait buzzer la ménagère de 25 ans. Comment je m’y retrouve avec tous ces bookmarks, ces requêtes quotidiennes, mon smartphone qui est cxx comme un manche, et les jours qui filent avec ce fil Twitter qui ne s’arrête jamais ? Et Facebook. Déprime assurée.

Non, maintenant il y a Kifi : « Keep it, Find it ». D’abord, et ensuite, il y a le parcours utilisateur. Sur le site web pour commencer : j’ai rarement été aussi bien accueilli sur un site Internet ! C’est tellement basique. Il faut malheureusement utiliser Chrome (ça tombe bien, c’est mon cas, pour Firefox, il faudra repasser), et ça s’installe fissa. Pour ceux qui me demandent comment faire pour Internet Explorer, enfin le truc qui portait ce nom, retournez à la FNAC et posez leur la question. Une fois que vous avez créé vos familles de recherches, vous pouvez stocker vos requêtes (lien url), et par exemple les retrouver dans vos requêtes ultérieures sur Google, comme on peut le voir sur l’écran ci-dessous…

Kifi

Donc, on « stocke » ses informations, et en quelque sorte on cherche de façon plus rationnellement. Je ne me m’attends pas à un moteur d’intelligence artificielle, mais on va voir comment ça progresse avec le temps.

Il y a ensuite la possibilité de partager ses recherches, que l’on stocke par famille de requêtes dans ses librairies, grâce à un petit rond en bas à droite de l’écran qu’il suffit de cliquer…

Kifi

 

Le tour est dans le sac ! La connexion avec Twitter est désormais opérationnelle, avec celle de Facebook et Linkedin. On peut aller chercher ses camarades de jeu et de réseaux, mais je suggère de laisser son application iPhone faire le boulot, car les gars de Kifi semblent être bien au point en ce qui concerne le « growth hacking », cette forme de fouillage dans tes données personnelles pour te donner d’emblée tous tes gentils amis de Twitter, de Linkedin ou de Facebook (selon ce que vous avez autorisé préalablement), et poussez la mise en relation dans ses aspects ultimes. Tout ce petit monde va apparaître comme par magie, sans avoir rien fait. Allez donc cherchez les autres, l’effort sera mince.

Kifi

Kifi génère des tags automatiquement, si jamais le coeur vous en dit de vous plonger dans la sémantique du web. En tout cas, sur le mobile, le tout déroule de façon fluide et c’est tout ce que l’on demande sur ce petit écran que l’on consulte certes souvent, mais mais par impulsion, donc point besoin d’en faire trop.

Personnellement, ce qui me manque le plus sur Internet, c’est un site racheté par le Washington Post qui me permettait de faire de belles découvertes dans le cadre de mes recherches : icurrent. Ne cherchez pas, c’est disparu dans les oubliettes du web. Je ne sais pas si Kifi va me faire kiffer longtemps, en tout cas en terme d’UX, d’expérience utilisateur, moi j’aime. Alors on va continuer à chromer, et voir où tout cela nous mène. La belle affaire. Quand un startup mêle l’utile à l’agréable, ça mérite d’être mentionné.

NDLR : comme on dit dna Techcrunch, je ne suis ni investisseur, ni évangélisateur, ni pompier de service de Kifi. Juste un admirateur de beta.

Suivre Kifi sur Twitter : @Kifi

A demain pour la suite…

 

L’actualité High-tech du jour : Uber… qui va recruter chez Facebook

Un journal, par définition, c’est quotidien. Bienvenue sur cette rubrique au jour le jour sur ce qu’il faut retenir de la Silicon Valley !

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Facebook’s MPK20 building (Mark Zuckerberg/Facebook)

Les choses se font et se défont ¡a vitesse grand V dans la Silicon Valley ! La magie technologique, qui excite tant les fantasmes à travers le monde, a vu le point central de la Silicon Valley remonter de San Jose ou Santa Clara, bastion des premières pépites, vers Mountain View, puis Palo Alto, et c’est désormais San Francisco qui tient le haut du pavé. À Titre d’exemple, en 2014, selon CB Insights, les startups de la ville phare du moment ont levé $10,9 milliards en 584 deals, alors que la Silicon Valley à elle toute seule seulement $10,4 milliards seulement. Palo Alto $2,9 milliards, Mountain View, 1,7 milliards, Redwood City $1,3 milliards, San Jose $1,1 milliard, et ainsi de suite. Une lente révolution de l’écosystème des startups, et Uber est naturellement un des premiers responsables de cette suprématie de San Francisco.

Justement, alors que Facebook et son village interne en forme de Parc Disneyland avait depuis longtemps les faveurs de la communauté des développeurs, plus enclins à succomber aux sirènes de Menlo Park plutôt que celles de Mountain View, changement de braquet : les millions, c’est aussi sur San Francisco qu’il faut aller les chercher. Pas nécessairement dans la pépite de Jack Dorsey, Square, la startup de paiement, où les ingénieurs semblent partir en nombre ces derniers temps (alors qu’il fut un temps c’est jusque dans l’état major de Google à Mountain  View qu’il allait recruter), mais bien chez Uber, où les packages sont absolument inimaginables pour le commun des mortels. À en faire fondre les parachutes dorés de la noblesse des grands dirigeants Français, qui font encore parler d’eux dans la presse.

Zuckerberg n’en fait décidément pas assez. Pourtant, il s’applique, avec la construction d’un nouveau siège social, absolument futuriste (enfin pour ceux qui partagent la vision de la marque au f minuscule) avec un nouveau bâtiment en face des anciens locaux de Sun MicroSystems, le siège actuel, avec notamment un parc de 9 acres sur le toit. « “Nous voulons que notre espace de travail soit ressenti comme un mouvement perpétuel. Quand on entre dans le bâtiment, nous voulons ressentir le chemin qui reste à parcourir dans Notre Mission de connecter le monde ». Je ne sais pas si c’est cette vision quelque peu « scientologue » de la mission de Facebook qui a effrayé Joe Sullivan, ou bien les millions d’Uber, toujours est il que l’ex Grand Flic en chef de Facebook vient de rejoindre Uber. Le Chief of Security Officer, qui surveillait les hackers, les scammers, les hamsters (cherchez l’erreur), les pédophiles, et les poils de vénus en tout genre, est parti faire le ménage dans la grande maison tenue par Sir Travis Kalanick, sur Market Street, San Francisco.

Il faut dire que la maison commence à être bien grande, et la presse tech bon marché est à l’affut des moindres problèmes qui peuvent surgir avec toute cette masse de courses de transport désormais gérées par Uber un peu partout dans le monde. 12,000 conducteurs enregistrés sur la ville de San Francisco, m’a confié un chauffeur Uber il y a quelques jours, ça en fait du monde. Alors, avec tous les problèmes que doit affronter Uber, ici et là, du fait de lobby et de certains Gouvernements plutôt enclins à défendre le statu quo comme en Espagne, comme en France, comme en Allemagne, ce n’est pas le moment d’avoir des problèmes avec des chauffeurs Uber qui se prennent pour des taxis. « C’est une chance que d’aider à construire la culture d’une jeune organisation en pleine croissance, et de continuer à construire la sécurité et les initiatives de protection qui sont les bases du business d’Uber », avoue Joe, 46 ans. c’est sur qu’il va faire chuter la moyenne d’âge, Joe. 300 villes, 55 pays, il va en voir du pays, et du pain sur la planche, aussi (Félicie).

Jim Wilson/The New York Times
Jim Wilson/The New York Times

A demain pour la suite…

L’actualité High-tech du jour : un adolescent de 15 ans qui s’appelle Gandi

Un journal, par définition, c’est quotidien. Alors je me suis dit que c’était le moment d’essayer la recette de la nouvelle High-Tech du jour. C’est parti pour la nouvelle formule du Journal de la Silicon Valley !

Commencer une nouvelle rubrique (en quelque sorte) par un anniversaire, c’est comme profiter d’une nouvelle lune, ça donne un coup de boost au karma.

no bullshit

Il est fort connu qu’internet regorge de chats en tout genre, sous toutes ses formes, en lol et tout le reste. C’est un peu la second nature d’Internet. Il y en a une autre que l’on oublie : les crottes de taureau, le bullshit en anglais. Il faut reconnaître qu’Internet c’est un peu devenu aussi compliqué qu’un bon couscous maison. Alors Gandi, dit Gandi.net pour les intimes, qui n’a rien contre les chats, c’est une grande vraie famille, a néanmoins décidé depuis fort longtemps à s’attaquer à son marché de la commercialisation des noms de domaines sur Internet en combattant la seconde catégorie : le bullshit. Aga.

Une société, c’est un peu comme un enfant, on ne la voit pas grandir et pourtant, c’est bien en 1999 que l’aventure a commencé pour GandiPierre BeyssacLaurent ChemlaValentin LacambreDavid Nahmias, 4 Mousquetaires de l’Internet Libre Spirit, décidaient de réunir 5 mots en une espèce de profession de foi : Gestion et Attribution des Noms de Domaine sur Internet.

A l’époque, c’était seulement 3 extensions qui étaient disponibles (.com, .net et .org), et ce business qui semblait à l’époque tout petit, est désormais un véritable enjeu qui rassemble quelques concurrents qui se partage la commercialisation de quelques 600 extensions. Et cette bataille commerciale ne fait pas de l’ombre à l’ambition de l’équipe dirigée depuis 2005 par Stephan Ramoin, depuis San Francisco, où le coeur de l’entreprise a été déplacé en 2014. D’où notamment cette campagne « no_bullshit » voulue tant pour son caractère un peu fun que pour continuer à tailler dans les marges des gros concurrents US comme Godaddy, avec une stratégie marketing assez transparente : pas d’argent dépensé en publicité.

Regardez le résultat, en 15 ans :

Infographie des 15ans

La priorité de Gandi, tout en supportant l’innovation, le nerf de la guerre, reste la communauté des personnes travaillant dans le domaine des technologies pour qui Internet est un relais pour leur business, tout en favorisant le partage libre et sans restriction de l’information, dans un esprit de  promotion du respect des droits individuels et des citoyens.

D’ailleurs, regardez d’ailleurs ce tweet très humain de la Fédération des Droits de l’Homme :

//platform.twitter.com/widgets.jsOn se plaint souvent en France de ne pas avoir créé le prochain Google, grand fantasme de ceux qui dirigent le pays (et qui ne comprenne pas trop la technologie, ou alors suivent mal l’actualité) ou ceux rêvent de passer au 20 heures de David Pujadas. Il y avait pourtant Daily Motion, que Montebourg a quelque peu tué dans sa grande vision du monde. On oublie souvent de citer Ilog, autre belle pépite d’origine Française qui a marqué le monde informatique de son temps (parlez en à IBM). Et il y a aujourd’hui Gandi. Pas besoin de vouloir changer le monde, et de perdre son sens de l’humour, pour ne pas conquérir le monde du numérique. Et même recruter en France, le grand créneau du moment (jetez un coup d’oeil aux offres d’emploi du moment) Alors je dis : Happy Birthday Gandi, vous pouvez ouvrir une bière pour l’occasion !!!

NDLR : mes remerciements à Karim El Mansouri, Senior Hosting Manager chez Gandi,  pour son inspiration, et j’espère avoir répondu au challenge.

Si vous voulez gagnez des cadeaux, c’est le moment d’aller faire un tour sur le site des 15 ans de Gandi :

15 ans de Gandi.net

 

A demain pour la suite…

Comment trouver un stage dans la Silicon Valley

Il ne se passe pas une semaine sans que je reçoive ce type de message…

« Bonjour,

Je suis actuellement en troisième année d’école d’ingénieurs à blablabla et je cherche un stage marketing. J’ai déjà de l’expérience dans ce domaine (grâce à mes précédents stages et mes autres expériences professionnelles) et j’aimerais savoir si vous seriez intéressé pour votre entreprise Tartempion. Le stage commencerait le 27 machin 2014 et se terminerait le 9 bidule 2014.
Je me tiens à votre disposition pour toute information complémentaire.
En l’attente d’une réponse de votre part, je vous prie de croire, Monsieur, en mes respectueuses salutations. »

Ben voyons. En plus, un ingénieur qui cherche un stage en marketing. Encore un qui ne lit pas Techcrunch.

Enfin, j’ai reçu une perle hier, et je tenais à partager cette candidature motivée, pour mettre en avant un brillant esprit qui a, à mes yeux, tout compris sur la façon d’aborder la Silicon Valley, alors j’ai tenu à lui rendre cet hommage. Analyse du phénomène…

Le story-telling

« Vous devez sûrement vous demandez qui je suis, où est-ce que j’ai trouvé votre e-mail, ce que je veux, pourquoi, etc… Ne vous inquiétez pas je vais tout vous expliquer ! »

La Silicon Valley, c’est avant tout une histoire de communication. On y communique en permanence, c’est d’ailleurs une vraie région bénie pour les PR-blogueuses à $15.000 par mois qui prennent dans leur filet les entrepreneurs-neuneus venant d’ailleurs (de France par exemple) qui n’ont pas encore compris comment ça marche ici. Notre candidat, en l’occurrence, a su retenir mon attention dès la première phrase. Bon début, il a la « racontaille » facile.

La compétence
« Je m’appelle Alain et je suis étudiant en dernière année d’école d’ingénieur à Phelma Grenoble INP où j’y étudie le développement logiciel, le traitement du signal (audio et vidéo) ainsi que le multimédia. »

Encore une fois, tout bon. Ingénieurs, vous êtes les bienvenus dans la Silicon Valley. HEC, ESSEC et autres je ne sais quoi, restez chez vous, ici c’est du codeur que les startups cherchent, du scientifique, du « scientist » formé aux frais de la République, ou presque. En plus, il a sa petite spécialité, notre Alain (j’ai changé son prénom, ne cherchez pas qui c’est !). Le traitement de signal, c’est tout bon pour du Dolby, et bien d’autres. Les spécialistes, c’est encore meilleurs. Les pointures, c’est rare…donc ça vaut cher !

La flatterie

« Afin de réaliser ce projet (très) difficile, comme vous pouvez vous en doutez, j’ai fait de nombreuses recherches sur internet et je suis tombé sur le profil d’une personne « effectuant le pont entre la Silicon Valley et l’Europe ». Vous l’aurez compris, cette personne était bien vous ! Avant tout je tenais à vous dire que je suis très impressionné et respectueux de votre parcours à succès. En effet, de très nombreuses personne n’arriveraient pas à réaliser le tiers de ce dernier durant toute leur carrière ! Vous dites que vous « aimez faire de l’impossible une réalité  car il y a toujours une manière d’y arriver » et bien c’est ce que je pense aussi dans la réalisation de mon projet et c’est l’une des raisons qui m’a poussé à vous contacter. »

Pour réussir, il faut savoir mettre en avant un sujet, et le pousser à son extrême. Surtout, savoir s’en servir à son crédit. Vous avez moins de trente ans, vous travaillez dans la Silicon Valley, mec, t’es en train de changer le monde ! Les bonnes histoires de comptoir regorgent de ces jeunes conquérants de l’inutile à qui ont donne un peu plus de $100.000 qui ont l’impression de révolutionner le monde digital. Il sait flatter le Alain, il sait faire mousser, c’est parfait, il est mûr… Plus c’est long, plus c’est bon.

The American Dream is for all of us

« Vous devez pensez que je suis un peu trop ambitieux en voulant effectuer un stage dans cette région mais entre nous, si on ne le serait pas un peu on n’avancerait pas dans la vie n’est-ce pas ? Et votre parcours tend à me faire croire que vous eu, vous aussi, une très grande ambition pour réaliser vos projets. »

Là, tu fais fondre n’importe quel Américain que tu prends en exemple, et qui va vouloir t’ouvrir les portes du Paradis. Tu as tout compris, petit, tu as droit d’y entrer, toi aussi, t’auras ton pass. L’argument qui tue :  « je l’ai fait, tu y as droit. Allez viens… ».

La spécificité géographique

« On ne sait jamais si lors d’une pause café, déjeuner, goûter (quoi ? On ne fait pas de goûter à 16h dans la Silicon Valley?… Il va falloir remettre les chose dans l’ordre là !) ou d’un meeting vous auriez entendu parler d’un stage libre qui attendrait par exemple un étudiant ingénieur français et par un autre hasard venant d’une école grenobloise et aussi par un autre grand hasard de mon école… »

Pour un Américain, si tu es français, la première question qu’il pose c’est : « Where are you from? », et la réponse qu’il attend c’est « Paris ». Paris, c’est un pays, où on parle anglais avec un accent, c’est bien connu. Là, si tu lui dit que tu est de Grenoble, c’est bon, il y en a pour une demi-heure à discuter, sur les détails de la faune, l’épaisseur de la neige en hiver, et tout le reste. Le profil idéal du mec que l’on veut inviter à son BBQ (ça tombe bien, il n’y a pas grande chose à faire d’autre le weekend dans la Silicon Valley). Encore un bon, point, Grenoble. En plus, il a des sujets de discussion (explique le gouter, ça va bien prendre quinze minutes)… Et il croit en sa bonne étoile (American Dream, encore…).

La diversité

« Mes années d’études (C, Java, Matlab, multimédia) couplées avec mon expérience professionnelle au département acoustique de l’IRSST (Montréal, Canade), à Arturia (Meylan, France) et à l’INT (Institut de Neuroscience de la Timone, Marseille, France) ainsi que mon expérience en développement logiciel me font dire que j’ai les compétences et le background que les entreprises recherchent. »

Bon, la spécialité c’est bien, mais la diversité dans la spécialité, c’est encore mieux. Et quand, en plus, on a voyagé, déjà, les barrières tombent. Il a peut être des choses à nous apprendre le petit ! L’Américain par nature et curieux et ouvert, il sait écouter. Ca change du chef de stage à la française.

La dévotion

« Je suis réellement motivé et je désire vraiment gagner de l’expérience professionnelle. Si on me dit d’apprendre un langage informatique spécifique, je le ferais ! Si on me dit de rester toute la nuit à l’entreprise, je le ferais ! Mais si on me dit de faire du café… Malheureusement je n’aime pas le café… »

Si on veut réussir dans la Silicon Valley, quand on débute, il faut savoir se faire pressuriser le citron, ne pas compter ses heures. Une startup, c’est une course contre la montre, une course contre l’impossible. On mange en équipe, on dort en équipe, on réussit en équipe. On garde sa spécificité, on apporte sa richesse, c’est comme cela que l’on contribue. Tu n’aimes pas le café, c’est ok, apporte moi un thé alors.

L’accent

« Enfin le dernier point, mais non le moindre, est que tous les employés de cet auront le plaisir d’entendre mon accent ensoleillé du sud de la France (je suis originaire de Marseille). »

La Silicon Valley est une véritable Tour de Babel. Une startup qui n’a pas son français ingénieur, c’est comme un burger sans ketchup, San Francisco sans le Golden Gate Bridge… Si en plus il a un accent, bien français, c’est le jackpot, on ne risque pas de louper le fait qu’il y a de la diversité dans la team. Rien de pire qu’un français qui veut absolument parler américain, c’est désespérant. Perdre sa nature profonde, son accent, c’est y perdre ses racines, c’est retirer ce qui fait le piment de sa contribution au couscous géant de la Valley.

Voilà, ceci est en quelque sorte un manuel du bon étudiant qui veut s’exporter dans la Silicon Valley, vu de ma fenêtre. Il m’en a mis une deuxième couche d’ailleurs, avec un passage que je ne peux m’empêcher de citer…

« Aussi, je pense avoir un « avantage » sur les étudiants américains au niveau des salaires. En effet, je peux venir travailler pour des salaires allant de  700 à 0$. Oui jusqu’à 0$ ! (bien que je pense que tout travail mérite salaire). Car pour des salaires égaux ou inférieurs à 700$, je peux disposer d’une bourse de départ à l’étranger qui permettra de réguler les comptes (oui, car ça serait bête de partir si loin si c’est pour finir dans la rue…). Donc l’entreprise peut diminuer le salaire qu’elle alloue pour le stagiaire, je dispose de la bourse , ainsi tout le monde est gagnant dans l’histoire. »

C’est sur, il va en trouver des entrepreneurs français implantés ici, habitués qu’ils sont au jonglage d’un recrutement à la française, à faire tous les calculs possibles avec son expert-comptable pour embaucher le moins cher possible, avec le maximum d’aides du gouvernement… Ils sont nombreux les jeunes français qui viennent s’échouer ici, pour un petit millier de dollars, avec juste de quoi se payer son loyer, tout heureux d’être au milieu d’un club de privilégiés, au soleil, la tête pleine de rêves et de codes.

Là, pour le coup, ça me fait moins rire… mais c’est une triste réalité.

Bon, si tu es entrepreneur (français ou pas, mais si tu as lu jusque là, c’est que tu sais lire le français, et c’est bien) dans la Silicon Valley, et que tu cherches un spécialiste des signaux pour cinq à six mois, j’ai sûrement ton homme. Je l’ai bien aimé, « Alain », alors merci à lui pour m’avoir permis de partager ces quelques lignes. Pour l’histoire. Bonne chance à lui.

 

La Silicon Valley et ses joyeuses boules de Noël

J’aime profiter de cette accalmie forcée entre deux dates monopolisant significativement certains parties du monde occidental pour faire un peu d’extrapolation… Le monde est fait d’équilibres et de déséquilibres, et la Silicon Valley (et San Francisco) ne font pas exception à la règle…

La pauvreté ne cesse de progresser dans cette bonne ville de San Francisco. Son maire, Edwin Lee, n’a de cesse de clamer sa ville comme la première place de l’innovation dans le monde, et pousse la pauvreté hors de ses quartiers habituels comme Tenderloin, en favorisant fiscalement l’implantation d’entreprises comme Twitter, Square, ceci ne la fait bien entendu pas disparaître. Au contraire, elle apparaît au grand jour dans différents quartiers de la ville et apporte la preuve que, comme partout, à Paris ou ailleurs, les choses ne s’arrangent pas pour beaucoup de gens. Dans la Silicon Valley, il suffit par exemple de traverser l’autoroute 101 en passant de West Palo Alto vers les quartiers Est pour comprendre que même si il y a un boom économique actuellement dans la région, ce n’est pourtaut pas au profit de tous.

Justement, les Googlers (aka les salariés de Google) commencent à faire grincer des dents, sur Okland ou ailleurs, comme si les salariés du géant de la publicité sur Internet  n’ayant pas d’autres moyens de se rendre au travail par bus spécialement affrétés devaient avoir à se sentir responsable de la misère qui se développe. On pourrait tout autant accuser les nouveaux petits millionnaires de Facebook ou Twitter en combinaison tong/T-shirt d’acheter des maisons ou appartements comme des petits pains dans la Baie de San Francisco. Ce signe de mécontentement, particulièrement agressif et assez inhabituel, dans une région réputée pour être assez hippie et tranquille, n’est surement que l’expression d’une minorité, et pas uniquement parce que les bus de Google ne reverse pas de subsides aux villes faisant l’objet d’arrêts quotidiens. Trop de selfies sans doute montrant l’exubérance de bonheur des uns, ou trop de bouffies sur Instagram, Facebook et autres comptes sur Twitter. Catherine Bracy, qui travaille pour l’organisation Code For America, a sa propre idée sur le sujet, et c’est plutôt bien dit :

Tim Drapper, issu d’une famille d’investisseurs de père en fils, pense avoir trouvé une solution radicale pour la Californie… la diviser en 6 sous-états…

Dont un état qui s’appellerait… Silicon Valley. Of course.

Sans être un spécialiste en droit constitutionnel américain, après une courte consultation de quelques commentaires, on ne peut éviter de penser qu’il sagit là d’une idée bien saugrenue. Les objectifs annoncés semblent bien maigres, comme par exemple : une meilleure représentation d’élus au Senat, en ratio (presque 40 millions d’habitants, il faut bien dire), un encouragement à une meilleure compétition (des taux de valuation des startups, et ainsi faire baisser la bulle Internet ?!), et un nouveau départ pour chacun de ces états. Ce Monsieur n’a pas fait de commentaires particuliers à l’égard de la répartition de la dette de l’état de Californie qui est d’environ $130 milliards, selon des estimations en septembre dernier. Peut être propose-t-il de contribuer personnellement à son remboursement, il n’a pas souhaité répondre à ma question. Pour les aficionados, vous pourrez lire sa proposition en détail ci -dessous.

Bon, en même temps, ce Monsieur aime pousser la chansonnette avec sa chanson The Riskmaster… sans complexe, sans commentaire :

Ceci étant, quelque semaines avant lui, un certain Srinivasan, co-fondateur d’une startup dans le domaine de la génétique, s’exprimait lui aussi pour une indépendance de la Silicon Valley, afin de créer une société toute dédiée aux technologies dans une région a priori le centre du monde du sujet, et qui continue de souffrir d’une sorte de siège de la part de Washington, New York ou Los Angeles. Ca ne va pas aider en tout cas à stopper cet espèce de Silicon Valley « bashing » bien inhabituel : j’en veux pour preuve la levée de boucliers lancée par un jeune startupers de New York, après son exil forcé dans la Silicon Valley après sa première levée de fonds…

Ca n’avait pas plu du tout, mais depuis quelque temps, l’arrogance supposée de la Silicon Valley semble faire recette par les gossips tels que Business Insider, qui n’hésite pas à faire du rentre-dedans… Faites sonner Montebourg, après nous piquer nos cerveaux (j’entends les ingénieurs français qui ont fait la France, reine de l’Industrie du 19e siècle), ils veulent nous piquer notre désormais très célèbre arrogance… Ces Californiens n’ont peur de rien.

Un peu plus à l’Est… Ils sont fous ces Finlandais : un groupe de chercheurs, d’un nouveau genre, membres de la Nordic Society for Invention for Discovery veulent réussir à faire parler vos toutous et minous (dans la langue de Shakespeare pour commencer) grâce à des capteurs qui vont mesurer l’activité électrique du cerveau de Mirza et Totor par l’intermédiaire d’électrodes placées sur leur crane…

Pas des Californiens, à l’évidence, mais assurément excités de partager leurs découvertes au monde entier, et la Silicon Valley puisqu’ils ont choisi la plateforme de crowd-founding (finance participative) de San Francisco Indigogo pour faire financer leur nouveau produit. Ils l’ont appelé : « No more woof ». Mais pourquoi ???!!! Quand je vois les dégâts causé par le social media et tout ce magma verbal désormais disponible sur Facebook ou Twitter, j’imagine ce que ça pourrait donner avec nos animaux de compagnie, témoins de nos vies futiles… Je vous laisse admirer la page d’accueil de cette fameuse Nordic Society for Invention for Discovery, ça devrait vous aider à comprendre… c’est fumant.

Finissons sur un note joyeuse avec la société de capital risque First Round Capital (basée à New York, pour changer, mais qui investit aussi massivement sur la côte Ouest) qui célèbre une année pleine d’investissements tels que :

– Warby Parker, soit $60 millions dans le e-commerce des lunettes…

– Planet Labs, soit $52 millions avec d’anciens scientifiques de la NASA qui veulent changer la façon dont on accède à l’information… tout un programme (non spatial)

Knewton, soit $52 millions pour apporter une plateforme de formation en ligne qui soit adaptable à chacun,

HotelTonight, $45 millions pour réserver sa chambre d’hotel au dernier moment et à prix discounté,

Ondeck, soit $42 millions pour aider les PME à avoir un meilleur accès au capital,

Homejoy, soit $38 millions qui veut vous nettoyer votre maison quand vous le souhaitez pour $20 par jour, etc.

De la serie A, B, C, D, du seed comme s’il en pleuvait ! Pour un total de $608 millions au total pour 2013.

Vous connaissez la première raison pourquoi un investisseur va mettre de l’argent dans votre « startup » ? C’est parce que vous, personnellement, avez fait la différence, vous avez su faire passer un message subliminal qui sent bon le retour sur investissement… Après avoir visionné cette vidéo, je vous laisser le soin de méditer si vous voulez qu’un des partenaires de cette société siège au Board de votre entreprise. Bonne méditation.

Mais bon, le bonheur n’a pas d’odeur, c’est surement eux qui doivent avoir raison ! Vive la Silicon Valley ! Comme le dit Catherine Bracy à la conclusion de son intervention, la Silicon Valley est certainement un des endroits où il y a plus de chance de voir l’innovation surgir. Certainement plus qu’en Europe, et surtout en France où l’on peut entendre le Gouvernement trop souvent citer le « patriotisme industriel » (on voit où ça nous mène, pensez quand même à vous inscrire sur les listes électorales avant le 31 décembre), et clamer que l’innovation n’aille pas trop vite, « il faut faire balancer le progrès et l’innovation avec les capacités des industriels traditionnels »… qui pour certains n’hésitent pas à licencier massivement, faute de solutions. Bullshit, comme ils disent ici.

Au fait, saviez que certains ici, ainsi Peter Thiel, co-fondateur du leader mondial de paiement Paypal qui avait donné un premier financement de $500.000, enviage de repousser les frontières… où l’homme pourrait vivre sur de nouveaux espaces sur mer ?

Des cités flottantes. Appelez moi Jules Verne, s’il vous plaît. Et vivement 2014.

L’écho de la Valley : allo Apple, ici la Terre

Le San Jose Mercury News, l’un des quotidiens les plus respectés de la Silicon Valley, vient de nous gratifier d’une photo exclusive du futur quartier général d’Apple :

Il faut reconnaître que traverser Cupertino, en venant de Sunnyvale par le nord, ressemble un peu à Apple Village, et tous ces salariés risquent chaque jour leur vie en traversant une avenue assez encombrée pour se rendre d’une réunion d’un bâtiment à un autre : il est temps de rationaliser tout ça !

C’est un lieu qui se veut avant tout collaboratif, selon le Directeur Financier d’Apple soi-même. Et aussi le signe d’une nouvelle ère, puisque le nouveau siège vient occuper ce qui appartenait jadis à HP, l’une des entreprises emblématiques qui ont fait la Silicon Valley à ses débuts. Il a été conçu sous l’impulsion de feu Steve Jobs par ceux qui nous ont sorti l’iPhone et l’iPad, se voulant fluide, ouvert. Innovant sera le terme avec tout une succession de détails qui vont rendre le bâtiment fonctionnel, mais écolo, avec les formes qui vont bien, sans éviter, comme le fait remarquer le journal, les bouchons qui vont venir avec parce que cela va rassembler d’un seul coup tous les Apple boys and girls de la Valley, et tout le reste. Et puis les arbres : il voulait beaucoup d’arbres, Steve.

Donc, ce sera une des constructions les plus innovantes du monde (nous sommes quand même au royaume du marketing), tout de verte vêtue.

Et à Cupertino, nulle part ailleurs : « Ce sera toujours la maison d’Apple. En complément du fait de construire le meilleur siège possible, nous voulions que ce magnifique lieu retourne à son état d’origine. Cela fait partie de la culture d’Apple. »

Mes réflexions autour de la visite de Fleur Pellerin à San Francisco

Elle est venue, ils sont tous là, pour le point presse ce mardi 4 juin 2013. On l’attendait depuis quelques mois, elle est enfin venue. La visite d’un Ministre en charge de l’Économie Numérique à San Francisco, c’est un peu comme un pélerinage d’un musulman à la Mecque : indispensable pour un ministère réussi. Plus que pour ses prédécesseurs, il y avait une curiosité positive à ce voyage, et en ce qui me concerne, et aux yeux de beaucoup, nous n’avons pas été déçus.

Les raisons du succès

On peut en citer plusieurs, mais la principale est liée à la personnalité du Ministre : Énarque, et donc femme de dossier, il n’en reste pas moins qu’à l’occasion dc cette rencontre avec les journalistes, bon nombre de ses remarques ont fait mouche et ont tranché avec le soporifique discours que l’on a pu entendre par le passé. « Il n’est pas question de créer une Silicon Valley à la Française. Cet écosytème a mis des années à se mettre en place, et c’est non répliquable » : tel fut le résumé de sa réponse à la question bateau des journalistes locaux présents. Les dossiers qu’elle a pu défendre à Paris (mis à part la nomination surprise de Tariq Krim pour une mission sur la cartographie des talents émergents de la filière numérique et une prise de position un peu naïve sur le dossier AppGratis face au rejet d’Apple de son application de l’AppleStore, de mon point de vue) ont montré un sans faute qu’elle a confirmé ici. Le tête à tête avec des entrepreneurs Français installés récemment à San Francisco, sans présence de média, avec notamment Carlos Diaz qui a été impliqué dans cette bruyante histoire des « pigeons », a visiblement séduit, à en croire les tweets que l’on a pu lire de certains a posteriori. Ensuite, on ne peut nier qu’une alternance politique est également une bonne chose, puisque la Ministre à eu un parcours quelque peu différent des précédents Ministres de droite, ce qui a permis de donner la parole à des personnes qui ne s’expriment pas toujours en direct aux représentants du Gouvernement. Enfin, le programme concocté par le Consul Général de France Romain Serman a été lui aussi bien complet, la Ministre n’hésitant pas à « affronter » une horde de VCs américains, ou à rencontrer la charismatique Sheryl Sandberg de Facebook. Toutefois, point de CEO de Twitter, une faute de goût  de leur part, je trouve, ou de Google, mais ça, c’était prévisible. Sinon pour être presque complet, il y eut aussi Salesforce, Airbnb, Intel, et une rencontre avec Bertand Diard, le CEO de Talend. Tout ça en 2,5 jours.

Point de Marissa Mayer…

L’affaire DailyMotion, on s’en fout

Deuxième réflexe des journalistes locaux, « Est ce que l’on vous a parlé de DailyMotion ». On a compris que vous essayez de lui faire passer un message, Messieurs les journalistes, sachez qu’elle a bien intégré ce qui se passe ici, et justement, elle est là pour évoquer le futur avec les principaux acteurs de la région, pas pour ressasser les vieilles histoires. « Ce n’est pas au Gouvernement de s’immiscer dans les affaires d’entreprises que l’État ne contrôle pas directement » (ce sont ses mots), ça a été fait par son Ministre de tutelle, ce fut une connerie (ça, ce sont les miens), c’est du passé, au suivant. Même quand Amazon est arrivé dans la conversation, on a pu entendre un autre son de cloche que celui de sa collègue Aurélie Filippetti. Un discours lucide sur le business que peut apporter le géant de Seattle en France. Un discours réaliste sur le business. Point.

Invest in French

Il est certain que contrairement aux idées reçues et notamment reportées par des journalistes parisiens, les investisseurs de la Valley adorent les projets venus d’Europe, et de France aussi bien entendu. Le « French bashing » que l’on peut nous servir en général sur les difficultés de la France pour ceci ou cela n’atteint pas les blanches colombes que sont les investisseurs de Sand Hill Road. Ce sont en général des produits ciblant de très bonne niches, développés par ce que l’on peut considérer comme la crème des développeurs (je parle des ingéneurs françcais, une des plus belle réussite de la technologie à la fançaise), et qui vont pouvoir être maximisés notamment au niveau des valorisations. Cela permettra d’assurer de belles plus-value lors des levées de fonds suivantes, sans parler des fameuses « exits » (vente de la société ou introduction en bourse). Criteo, Talend, Virtuoz pour parler des opérations les plus récentes, ont certainement représenté de très bonnes affaires ! Sans faire injure aux talents de leur fondateurs, les entrepreneurs locaux de la Valley sont certainement plus coriaces à négocier, car ils jouent à domicile et sont habitués au Monopoly de la « tech ». Sans être dans le secret des conversations qui ont eu lieu à Menlo Park, je suis certain que certains messages ont été bien reçus par la Ministre, avec des informations bien précieuses à l’avenir pour l’écosystème français.

Invest in France

Il y avait une certaine attente des réactions de la Ministre après l’épisode sur les réseaux sociaux de la communauté des startups au sujet de l’impact des nouvelles dispositions fiscales, et l’avenir dira si ses apparentes bonnes dispositions seront confirmées. Il est clair, toujours de mon point de vue, que les mesures actuelles ne vont pas assez loin pour favoriser l’investissement dans les entreprises, numériques en particulier. Loin des excès de la Silicon Valley et de sa bulle toujours présente (mais il n’y a pas de raison fondée pour imaginer que cela va s’arrêter), il est évident qu’hormis des investissements de business angels ici et là et hormis le travail fait par Xavier Niel et son fonds Kima Ventures, il n’y a pas assez de source d’investissement de type « early stage » en France, et c’est un problème. Les autres fonds existants réalisent essentiellement ce que j’appelle du « ceinture-bretelles », de l’investissement sans véritable risque, et il manque une « agressivité fiscale » en France enourageant l’argent à se déverser dans la création de nouvelles entreprises plutôt vers le Livret A ou d’autres bas de laine. Et les mesures citées par la Ministre à la question posée manquent de punch pour créer un effet de surprise et réveiller une prise de conscience que des choses peuvent se passer en France dans le numérique, et que nous ne sommes pas les derniers de la classe en ce qui concerne  le contenu, vous savez, la French Touch. Vous en connaissez, vous, beaucoup, des pays, à part la Chine, qui ont su sortir le numéro 3 des plateformes de contenus vidéos dans le monde ?! La France n’est pas aussi mauvaise qu’elle veut bien se l’entendre dire, et avec un peu plus de prise de risque structurée, il y aura plus de chance de sortir d’autres acteurs numériques qui sauront percer comme DailyMotion et se faire une petite place au solein du web… si on ne vient pas trop les déranger avec un discours de « la France au Français », comme c’est trop souvent le cas avec le Ministre de la Productivité.

Un « digital house » pour les entreprises françaises à San Francisco

Nouvelle vite évoquée par la Ministre, un véritable picotement dans mes yeux à entendre cette nouvelle, tant j’en ai rêvé de la faire et voir naître , mais qui s’est révélé impossible à mettre en place avec les acteurs français présents à San Francisco. Assurément une bonne nouvelle pour bon nombre d’entreprises qui tapent à la porte de la Silicon Valley sans trouver la formule de support dont elles sont besoin : hébergement, coaching personalisé, introductions ciblées. Chaque startup me rendant visite chaque semaine me donne cette impression d’avoir besoin d’un service personalisé qui doit pouvoir être structuré, et surtout multi-disciplines. J’imagine que c’est le même constat pour tous ces entrepreneurs français du coin qui modulent bien volontiers leurs agendas chargés pour offrir un peu de feedback. Le Consulat, qui a un rôle essentiel dans le relais de la France auprès des acteurs de la technologie ici depuis San Francisco, doit pouvoir remplir ce rôle. Mais il n’y a pas d’autres informations disponibles autre qu’il devrait ouvrir dans 2 mois, donc a priori à la rentrée.

What’s next?

Il manque un coup de fouet dans de nombreux aspects couvrant le digital en France et cela ne va pas se faire vite, ni tout seul. Je ne crois pas au cliché de la France qui n’aime pas ses entrepreneurs. Il y a trop de PME en France, et il faut être aveugle pour ne pas voir que le reflexe de la création de sa « boite » n’est pas une exception. Maintenant, une chose est sure, il y en a que l’on entend un peu plus que les autres ! Reconnaissons qu’il manque clairement des zones d’intervention au niveau du capital risque, et un peu trop de mentalités de banquiers dans cette industrie. Pour cela il va falloir encourager plus encore l’incitation fiscale dans notre pays, faire sortir d’autres Kima Ventures, structurer à sa base le capital risque avec des acteurs prêts à jouer le jeu. Ca marche bien ailleurs.

Le temps joue pour le digital français. Le nombre de Français présents dans la Baie de San Francisco et travaillant à des postes clés dans bon nombre de sociétés technologiques sont « les meilleurs porte-drapeaux de la Nation », car, même présents depuis 10 ou 20 ans, voire plus, ils ont tous les yeux tournés vers la mère patrie, et répondront présents si on les sollicite. Un regret de ce voyage pourraitêtre de ne pas avoir rencontré suffisamment de personnes ayant accompli un long parcours ici dans la Silicon Valley, qui auraient un autre regard que ceux arrivés il y a 5 ans ou moins. Et ils seront autrement plus… directs ! Solliciter un réseau d’entrepreneurs à travers le monde selon leurs compétences : il y a un système de mentoring à mettre en place, parce que l’un des plus belles vues sur une situation… est justement de ne pas s’y trouver en plein milieu !

Les interventions au quotidien de certaines représentations gouvernementales, ou même régionales (et oui) présentes dans la Baie de San Francisco  qui s’essayent à vouloir recruter des sociétés américaines candidates potentiellement au grand saut dans le business en France passent inaperçues. Une vraie solution serait de créer en France un « centre de compétences de contenus » pour rendre la capitale notamment en mettant en valeur cette French Touch qui n’est pas que l’effet d’un duo de groupe électro, mais un véritable phénomène qui a rendu la France célèbre dans le jeu vidéo : Ubisoft, un des leaders de l’industrie du jeu vidéo, ça vous parle ? Et le design ? La France est historiquement un pays d’artistes, non ?! Il y a tant d’américains qui rêvent (tous) de venir à Paris, donnons leur donc une bonne raison d’y venir.

De grâce, arrêtez avec cet entêtement de certains à vouloir apprendre à nos jeunes la programmation à l’école, et cherchez plutôt des moyens de valoriser les filières technologiques : on fait la part belle beaucoup trop en France aux écoles de commerce, qui ne sont pas le bassin des âmes les plus créatrices, je suis désolé de le dire. Une fonction clé aujourd’hui dans une entreprise n’est plus le service marketing, et ce depuis belle lurette, mais bel et bien la R&D ou le Product Management. Il va falloir inverser la tendance.

Je pense aussi  qu’il serait aussi prioritaire de se pencher sur le berceau des relations entre ces nouveaux petits acteurs des startups et les grandes industries qui souffrent tant à vouloir innover et qui font qu’aujourd’hui la France passe pour un pays du siècle passé. Et des sociétés comme Parrot ne sont pas assez nombreuses, ou visibles. Petit à petit, toutes les industries mondiales s’installent des « Labs », des antennes dans la Silicon Valley, parce qu’il y a des structures qui favorisent l’interaction entre ces deux mondes. Et certaines créent leurs propres fonds, pour aller « acheter » des petites graines innovantes qui grandiront rapidement dans leurs grosses structures. C’est réplicable en France, et ça se fait parfois, mais il manque des incubateurs dignes de ce nom à ce jour, malgré les nombreuses initiatives à Paris ou en Province. Mas ça arrive ! Rapprocher la communauté des startups au monde de l’industrie Française, un bien beau programme.

Quant aux dispositions sur le numérique, une des raisons de la visite de la Ministre à San Francisco, qui avait un objectif pédagogique vis à vis des acteurs de la Silicon Valley, il faudrait certainement s’en occuper un peu plus dans l’éxecution, et un peu moins imaginer de nouvelles taxes Google, de nouvelles taxes « smartphones ». Inciter la créativité et non la répression, sachant que le problème de la fiscalité des grands géants d’Internet ne trouvera jamais sa solution dans un traitement local. Pour le coup, une bonne raison pour la Communauté Européenne de se rendre utile et d’être, elle aussi, créative. Dans son genre.

 

C’est quoi la Silicon Valley…

Brève d’un soir depuis San Francisco…

La Silicon Valley, quand on s’y frotte, c’est une grosse bulle au service du capital risque et sa longue traîne : le Business Angel, le Early Stage, puis le VC. La Silicon Valley, quand on s’y pique, c’est une cour géante à ciel ouvert, pleine de jeunes avec des dollars pleins les poches.  La Silicon Valley, c’est la sur-enchère à l’audience avant celle du chiffre d’affaires. La Silicon Valley, c’est la course à la valo, le trot au seed puis le galop à la seria A, la serie B, la serie C. La Silicon Valley, c’est l’antichambre de l’IPO, le couloir de l’espoir qui mène au NASDAQ.

Quand on s’y penche un peu plus, derrière la bulle, il y a la disruption, la vraie innovation avec Sonitus et sa prothèse dentaire qui rend les sourds de nouveau sensibles aux sons, Pursanova avec sa solution qui rend l’eau plus liquide et permet aux fermiers d »améliorer leur productivité laitière d’un coté, à des industries qui utilise l’eau dans leur processus industriel d’être significativement moins polluante de l’autre, c’est le computational imaging ou comment amener de l’image d’une façon dans les télévisions telle qu’elle n’a pas encore été imaginée.

La Silicon Valley, c’est aussi le give back. C’est la reconnaissance de ceux qui ont réussi, l’argent coule à flot ou presque, on n’hésite pas à donner un coup de main en retour, parce que la réussite, ça se communique.

La Silicon Valley, c’est le chemin qui peut mener aux nouveaux matériaux de demain, dans 10 ans. La Silicon Valley, c’est la patience qui mène au produit qui change tout en 5 ans.

La Silicon Valley, c’est l’argent disponible au capital risque comme nulle part ailleurs, et c’est une mentalité. C’est la Tour de Babel des entrepreneurs.

Voilà pourquoi c’est unique, et c’est nulle part ailleurs…

Extrait d’un ouvrage à paraître bientôt…

L’actualité High-Tech de la semaine : Producteev, Twitter, Udemy, Amazon et Spotify

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi: la startup Franco-New Yorkaise Producteev est rachetée par Jive Software

Ça fait toujours plaisir de voir de jeunes entrepreneurs Français comme Ilan Abehassera faire parler d’eux, et montrer clairement une des voies possibles de réussite (et dans doute la seule) pour des startups : trouver un créneau dans un segment encore en friche, et le faire bien (voire très bien, ça peut aider à aller plus vite…). Mais, surtout, ne faire que ça pour finalement trouver l’acteur idéal pour un mariage (la fameuse exit que certains investisseurs souhaitent très rapide).

Parce qu’aujourd’hui, même des ex-startups de la Silicon Valley comme Jive n’ont plus les moyens (humains, techniques…) de développer des coeurs de produit comme le Task Management Tool développé par Producteev et permettre à la plateforme de Jive Software, une solution logicielle collaborative pour entreprise, de poursuivre son développement commercial en apportant de nouvelles fonctionnalités spécifiques. Avec une action au NASDAQ à $12 et un chiffres d’affaires qui progresse de $2,5 à $3 Millions par trimestre, Jive Software doit aller encore plus vite dans un secteur fortement concurrentiel.

D’autres aspects de la recette « j’ai vendu ma startup » à considérer, au cas où : savoir faire jouer l’effet réseau, tant pour trouver les investisseurs qui vont réellement vous aider dans votre parcours, que pour ouvrir des voies de communication (la communication, c’est véritablement le point faible des sociétés Françaises qui s’exportent…).

Mardi: 4 more years…

Ça c’est du tweet : 800.000 re-tweets, 300.000 favoris, Barack Obama a battu tous les records sur Twitter le jour de son élection et Justin Biber peut retourner à ses couches. Et le compteur continue de tourner, telle une pierre lancée dans un étang calme…

Pas de doute, cet homme a un talent fou dans la communication, et il a une nouvelle fois bien orchestré la musique et l’argent, vu le montant investi dans sa campagne (plus de $6 Milliards dépensés par les deux candidats ?). Que de changements depuis la campagne 2008, où un seul tweet avait été envoyé pendant la journée d’élections (« On pensait que c’était une stupide technologie qui n’irait nulle part », selon Jim Messina, Directeur de campagne d’Obama), et à l’époque Facebook faisait seulement un dizième de sa taille actuelle… Ce fut une campagne des données, traquant les moindres simulations pour savoir où dépenser l’argent utilement, notamment en publicité à la télévision… On va s’ennuyer pendant ces 4 prochaines années, vivement 2016 !

 Mercredi: la startup de San Francisco de formation sur Internet Udemy lance son application iPad
Alors que les discussions vont toujours bon train sur la santé du mammouth (je veux parler de l’Éducation Nationale), la formation sur Internet progresse. Rien ne dit qu’un jour les parents en auront assez de voir leur enfants subir des rythmes scolaires harassant, sans véritable impact sur la transformation qu’elle apporte sur l’individu, pour rendre les nouvelles générations prêtes à affronter les enjeux… d’aujourd’hui, car aujourd’hui, c’est déjà demain, vu comment les choses en France avance dans le domaine de l’éducation.
En attendant, la Khan Academy est utilisé par 45 Millions d’étudiants, avec des vidéos vues 200 millions de fois (en étant partant de quasiment rien, sinon une passion et un talent évident qui a fait ses preuves)… Plus près de nous en France l’application iPad Edupad commence à faire du chemin (et du download) en proposant de sérieux raccourcis éducatifs, et à San Francisco la société Udemy sort son application iPad alors que cette startup dirigée par le talentueux entrepreneur Turque Eren Bali continue d’innover afin d’aider les étudiants à « make moves » grâce à bientôt 5.000 cours vidéos publiés sur le site web. Il y est possible d’interagir avec les instructeurs… ça ne vous rappelle pas la première version de Seesmic ?!  Bientôt sur tous les écrans… dans toutes les langues !
 Jeudi: Amazon se lance dans la livraison du vin !
 
Amazon Wine… Amazone Vin… Kezako ?! Amazon, c’est bien la société qui vend des tablettes ? Qui vend du cloud computing à gogo, qui nous empêche de faire de l’Instagram par temps d’orage ? Et ils veulent vendre du vin ? Sont fous ces Américains.
Et pourtant, c’est officiel, voilà que le vin pourra bientôt partir en direct depuis des vignerons dans 12 états aux États-Unis, jusqu’à 6 bouteilles pour un peu moins de $10. Voici donc en tout cas une nouvelle place de marché pour y retrouver un milliers de crus (petits ou grands, à vous de juger, si vous habitez dans la grande Amérique). Et c’est parti avec bien sûr avec la Californie, le Connecticut, la Floride, l’Idaho, l’Illinois, l’Iowa, le Nebraska, le Nevada, la Caroline du Nord, l’Oregon, l’état du Washington, le Wyoming… Un nouveau secteur offensif pour Amazon, qui va profiter naturellement de l’immensité de ce pays et des habitudes grandissantes d’achats sur Internet pour gagner quelques ventes supplémentaires… C’est sur que les caves de la Napa Valley sont un peu loins de la Floride, ce n’est pas comme faire un tour dans le Chablis depuis Paris un weekend 🙂
 Vendredi : le match à 100 Millions Spotify : 1, Deezer : 1, la bulle au centre
Spotify serait sur le point d’obtenir un nouveau financement de $100 Millions, pour une valorisation de plus de $3 Milliards. Cela viendra se rajouter aux $188 Millions pour la société Luxembourgeoise (ou Suédoise, ou Anglaise, on ne sait plus trop bien), pour le plus grand bonheur de Sean Parker et autres investisseurs. La nouvelle fait gravement penser aux autres 100 Millions… d’Euros (vive l’Europe, ça fait $130 Millions) récemment obtenus par Deezer auprès du propriétaire de Warner Music Group. Je rappelle les bases installées (en cas d’erreurs me faire signe) : Spotify 15 Millions d’utilisateurs actifs (4 Millions payants seulement), Deezer 7 Millions, et Soundcloud les bat tous à 20 Millions mais bon… Quand vous ramenez les millions levés aux millions payants, vous vous dites qu’il va en falloir du marketing pour faire grandir tout ça.
Vous n’auriez pas remarqué quelque chose, là : ce sont toutes trois des sociétés créées en Europe (Stockholm, Paris, Berlin). Le comble serait que ce soit l’Europe qui poussasse la nouvelle bulle Internet de l’industrie de la musique au pays du $. Mais bon, ce n’est surement que de la science fiction. Puisqu’il paraît que ce sont eux qui vont sauver l’industrie de la musique, justement… Sauvons les à aider à sauver, c’est logique. Ça récompensera bien quelques actionnaires historiques de ces sociétés…
Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !