Le buzz du jour aux États-Unis : « Emma »

Il y a toujours une limite à attendre de la technologie, et à ceux qui sont « tout iPad », tout digital, tout numérique, regardez cette vidéo bien Française qui visiblement fait l’objet d’un buzz dans les médias US… Je vous laisse savourer, surtout pour ceux qui n’ont pas eu la chance (pour une fois) d’étre (encore) atteint par ce message publicitaire…

 

Du Bleu Blanc Rouge dans la Silicon Valley : TapCanvas avec Adrien Cahen

Le flux d’entrepreneurs, de développeurs, ou de chercheurs de fortunes qui viennent tenter l’expérience dans la Silicon Valley ne s’arrête jamais. Parmi eux, beaucoup de Français, et je propose de les rencontrer, et d’écouter ce qu’ils ont à partager !

Adrien Cahen est une personne à rencontrer… si on arrive à trouver un créneau disponible, car comme beaucoup de personnes ici, il a beaucoup à faire, surtout quand on se lance dans le grand bain de la startup. Après un beau parcours de « web developer ++ » en France, Adrien a fait partie des équipes de Yahoo! pendant presque 4 ans en Californie, pour arriver ensuite chez Twitter… mais non, pas plus de 2 ans, car il avait mieux à faire surement : tenter le grand saut de l’entrepreneuriat, l’objectif de tant de développeurs doués vivant au royaume des geeks !

Adrien a démarré sa nouvelle « venture » en février de l’année dernière avec un partenaire qui n’est pas inconnu en la personne de Josh Merrill, l’homme qui a fait Mogotix, une startup qui a fait parler d’elle avec son application mobile permettant de gérer des évènements. Ils se sont trouvés notamment grâce à un site web de recherche de talents techniques qui marche plutôt bien à San Francisco, en l’occurrence WhiteTruffle, avec, là aussi un Français à interviewer bientôt, Alex Deve.

J’ai retrouvé Adrien il y a quelques mois leur du lancement de Tapcanvas chez AOL à Palo Alto. TapCanvas, c’est une plateforme pour aider les personnes sans connaissances techniques spécifiques à construire leur application mobile. Il y a beaucoup d’acteurs dans ce segment, la spécificité de TapCanvas réside dans le fait qu’ils utilisent des technologies web comme HTML5 pour aider à construire des applications utilisables sur mobiles en général et non pas à destination exclusivement de l’AppStore ou autre Google Play. Un partenariat vient de se signer avec la société Eventbrite de San Francisco (un concurrent de Mogotix en quelques sorte, c’est comme cela dans la Silicon Valley…) pour la création d’applications dédiées aux évènements. La boucle est bouclée, TapCanvas est en quelque sorte la possibilité de « scaler » le concept de Mogotix (un modèle qui puisse trouver un marché de croissance). Un premier financement d’amorce à $200K a financé les développements, et c’est désormais un autre tour de financement à suivre prochainement pour aller encore plus loin.

Vous pouvez vous enregistrer sur la plateforme et l’essayer, c’est (encore) gratuit.

NB : je m’excuse de l’enthousiasme qui m’a fait utiliser un mot peu journalistique vers la fin de l’interview, la passion m’a emporté une fois de plus…


L’actualité High-Tech de la semaine : la Maison Blanche, Roku, l’état du Colorado, Matterport et Facebook

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : l’affaire du déblocage des téléphones aux États-Unis

 

Une loi votée aux États-Unis en 1998 appelée le Digital Millennium Copyright Act (DMCA) a pour objectif de légiférer autour de la propriété industrielle et de ses conséquences dans le domaine digital, et à ce titre lutte contre les violations du droit d’auteur. A ce titre, le déblocage des nouveaux téléphones (afin de mettre une carte SIM d’un opérateur téléphonique différent de celle vendue avec le téléphone), dont les iPhones sont l’objet d’un véritable culte de la part des hackers, est donc devenu illégal pour tout téléphone acheté après le 26 janvier 2013 (sinon 5 ans de prison et $500.000 d’amende). On ne peut pas dire que la mesure ait véritablement plu au royaume des geeks, et une pétition a été lancée par Sina Khanifar (qui est notamment co-fondateur OpenSignal, une société qui relève une cartographie mondiale des réseaux téléphoniques grâce au concours de ses utilisateurs) pour exiger l’annulation de cette décision. Le fait de pouvoir débloquer son téléphone se justifie lorsque l’on voyage (les tarifs de communication à l’étranger sont clairement abusifs), et une véritable industrie s’est installée autour de cette afin de laisser la liberté de changer d’opérateurs au besoin… ce qui est possible aujourd’hui en France. Sina vient de recevoir un renfort de poids, après avoir rassemblé 114.000 votes,  en la personne de… la Maison Blanche : « It’s time to legalize cell phone unlocking« , il est temps de légaliser le déblocage de téléphone, qui nuance toutefois quelque peu la liberté totale de changement qui devrait être pratiquée, mais c’est un support de poids en faveur des consommateurs. Cela devrait contribuer à faire revenir le législateur en arrière (la Federal Communications Commission et le Department of Commerce’s National Telecommunications and Information Administration).

Sina Khanifar sur Twitter : @Sinak

Mardi : Roku lance un nouveau boîtier à $99

 

A force de vivre aux États-Unis, on prend un certain nombre d’habitudes en terme de divertissements et de facilité d’accès à un certain nombre de plateforme qui proposent des alternatives à une télévision qu’il est impossible de regarder tant la dose de publicité est intense. Insupportable. Le retour en France est toujours un peu décevant, avec sa fragmentation due aux acteurs donnant accès à Internet au fameux Triple Play (chacun défend son pré carré, et cela limite le choix), et à une législation qui empêche de bénéficier de films récents sur des plateformes de vidéo à la demande… il faut bien nourrir la chaîne de valeur (ventes de DVD, etc.), même au détriment du plaisir du consommateur. On accuserait peut être les diffuseurs « online » de tuer l’industrie du cinéma, comme on accuse « Amazon d’être le fossoyeur du livre en France »… Plaintes d’aveugles, de mon point de vue, sur l’évolution d’une consommation qui évolue, et c’est à l’industrie de s’adapter. Aux États-Unis, il y a notamment Roku qui vient de lancer la troisième version de son boîtier donnant accès à un certain nombre de solutions de vidéo à la demande et de chaînes, dont Netflix, Amazon Instant Vidéo, Hulu (qui rassemble un certain nombre de séries TV et de films), Vudu (autre offre de  programmes à la demande), etc., qu’il est possible de visionner en connectant un casque audio sur la télécommande… et surtout indépendante de tout fournisseur d’accès à internet. Du tout en un, du programme à l’infini. Une fois le boîtier de $99 en votre possession, vous pouvez souscrire aux différents services accessibles. Un vrai bouquet numérique !

Mercredi : Le Sénateur du Colorado nous refait-il le coup d’Iznogoud ?

Il n’y a pas que la presse Française, entre autres, pour interpeller les pouvoirs publics et prendre en exemple jalousement la Californie et sa Silicon Valley. VentureBeat titre : « Pourquoi le Colorado est la nouvelle Silicon Valley » à l’occasion d’une interview de John Hickenlooper, Sénateur du Colorado. Il n’est naturellement nullement question dans ses propos de proclamer une telle bêtise, il vient simplement d’initier un fonds d’un montant de $150 millions pour investir dans des startups du Colorado, où il a été élu en janvier 2011. Une partie de ces fonds vient d’argent privé, une autre part provient du programme de retraite de l’état du Colorado. La pression fiscale en Californie devient quelque peu difficile pour les startups, car il faut rappeler que la Californie à un déficit d’environ $28 milliard à supporter. Le Colorado peut être une solution pour héberger des startups, mais il y a encore à faire a priori pour faire évoluer l’écosystème, hormis un système éducatif décrit comme progressiste. Les états de Georgie, du Maryland et du Vermont ont déjà initiés ce genre de fonds.

Jeudi : Matterport et son système de scanner en 3D lève $5,6 millions


J’ai eu le plaisir de découvrir Matterport l’été dernier, soit quelques mois après sa sortie de l’incubateur de Paul Graham, YCombinator. Il s’agit d’une technologie permettant de  « scanner » un lieu, des objets et de les restituer en 3D. L’application a été pendant quelques mois en phase de beta test avec un certain nombre d’industriels (il s’en est fallut de peu pour que l’un d’entre eux soit Français…). Il est possible de pré-commander une caméra sur leur site web, qui devrait être livrée à l’été prochain. En attendant, la série A devrait permettre à l’équipe d’aller plus loin dans l’exploration des différents marchés que peut ouvrir une solution permettant d’utiliser une technologie capable de créer des modèles 3D depuis des espaces existants.

Matterport sur Twitter : @Matterport

Vendredi : la marche forcée de Facebook

 

Après le lancement depuis Menlo Park d’une nouvelle version d’affichage du contenu publié sur le mur de Facebook (photos plus grandes, choix du contenu visualisé, meilleur cohérence entre le site web et les différentes version mobiles), et le jour de l’annonce du rachat de l’équipe qui a développé Storylane (le produit ne sera pas intégré à Facebook, et l’accès y est désormais fermé aux nouveaux utilisateurs), un produit censé aider « les individus à partager (sur les réseaux sociaux) les choses qui comptent », Facebook a lancé un nouvel appel de pied aux développeurs via Open Graph. En effet, les développeurs auront accès à plus de fonctions, plus exactement de verbes disponibles à travers le système de Facebook à savoir « run », « walk », « bike » (pour le fitness), « read », « rate », « quote », « want to read » (pour les livres) et « rate », « want to watch » (pour les films et la télé). Attendez vous à plus d’applications Facebook pour venir apparaître sur vos mur… et passer encore plus de temps sur votre réseau social préféré. L’audience, c’est de l’argent, et Facebook se doit d’explorer toutes les expériences utilisateurs possibles pour maintenir la fameuse courbe de croissance dans dans la perspective d’une bonne forme financière.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Le joujou « made in Silicon Valley » du weekend : Scoot & Doodle

Le weekend arrive, et il n’est pas toujours ensoleillé dans ce beau pays qu’est le France. Quoi faire, quand on a envie de rester sous la couette, avec son portable accroché ? Si vous êtes familiers des outils Google, notamment des nouvelles fonctionnalités offertes par la gamme de produits Google+, je vous propose d’essayer un produit très rigolo imaginé par de créatifs designers basés à San Francisco, Scoot & Doodle.

Le concept est simple : utiliser Google Hangout pour se lancer dans une session de dessin collectif sur Internet !

Regardez plutôt…

Le plus drôle dans l’histoire, c’est d’apprendre que cette petite équipe vient de lever $2,25 millions, financés par Pearson, et un généreux donateur de la Silicon Valley qui a souhaité rester anonyme.

Cela ne va pas aider mon travail qunad j’explique aux startupers Français qui ne cessent de taper régulièrement à ma porte pour me demander s’il est facile de lever des fonds dans la Silicon Valley, « parce qu’en France, il n’y a pas d’argent » (ce qui est faux naturellement). C’est toujours la même chose : bien sûr qu’il y a beaucoup de riches individuels qui peuvent devenir vos business angels de demain, mais c’est avant tout une question de connection. Et une connection, ça ne se crée par comme cela, cela demande du temps… donc de l’argent. Alors pensez à bien regarder autour de vous avant de vouloir aller voir ailleurs !

La bonne nouvelle, c’est de voir une société comme Pearson, leader mondial dans le domaine de l’éducation, prendre position sur des projets marginaux comme celui-ci. Les gros industriels ne sont pas toujours actifs dans l’écosystème des startups pour s’approprier des concepts, mais bien y investir.

Les fonds seront utilisés pour faire grossir l’audience (SEO, SEO, achats de traffic…) et pour développer le produit sur mobile. 25 minutes de session en moyenne lors de la première utilisation, 32 minutes en moyenne lors des suivantes, un petit million d’utilisateurs… difficile de connaître les intentions de monétisation d’un produit qui fait penser à des « startups best users » comme Draw Something dont le seul espoir est de trouver des investisseurs réinjecter des fonds grâce aux métriques, ou des  acquéreurs comme Zynga pour espérer devenir quelque chose de durable. Bon, maintenant, il y a Pearson au capital, l’histoire est un peu différente, dans la perspective où il se positionnerait comme partenaire « industriel »… et non financier.

Comme je dis toujours, à suivre !

S’il y a des volontaires pour essayer ce joujou digital, contactez moi !

L’actualité High-Tech de la semaine : Linkedin, Affirm et Max Levchin, Paypal, Rabb.it, Twillio & Stripe

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Linkedin sur les traces des outils collaboratifs ?

 

Après avoir franchi la barre des 200 millions d’utilisateurs, après avoir ouvert en grand la porte aux recruteurs qui savent se montrer reconnaissants, ce qui n’est pas sans poser de problèmes à un grand nombre d’utilisateurs (tout comme leurs trop nombreuses campagnes emailing), le géant des réseaux sociaux professionnels de Moutain View a tout de même une action à valoriser ($175 en ce moment), des actionnaires à satisfaire, et de nouveaux horizons monétaires à explorer… voire de nouvelles fonctionnalités à proposer. La voie qui semble avoir été choisie, selon Jeff Weiner, son CEO, lors d’une conférence à San Francisco, est d’aller chercher dans des marchés déjà explorés par d’autres les outils collaboratifs, permettant de favoriser la communication entre membres d’une même société, lors de sa connection sur Linkedin. De là à imaginer Linkedin lorgne vers des produits comme Yammer ou Chatter, autant dire, aller chatouiller Microsoft et Salesforce, et proposer des outils de communications privés…à voir, car c’est un autre métier Monsieur. Des tests sont déjà menés permettant des communications privées et sécurisées. A suivre !

Linkedin sur Twitter : @LinkedIn

Mardi : Affirm, Max Levchin de retour dans le business des paiements

 

Je dois l’avouer : j’ai un faible pour Max Levchin, l’un des co-fondateurs de Paypal qui poursuit une véritable carrière de serial entrepreneur (pas comme beaucoup le prétendent il faut bien le dire) : après la vente de la plateforme de paiement à eBay, il crée Slide qui permettait de créer toutes sortes de widgets et slideshows sur Facebook, MySpace, qu’il revend à Google pour $182 millions, y reste quelque temps… investit dans des startups tels que Yammer, Pinterest entre autres, et le voilà de retour dans le paiement avec AffirmAffirm se veut de transformer la tendance d’achat sur mobile en une habitude d’achat… tout court ! L’application utilise un processus de connexion sur Facebook pour sécuriser les transactions, ce qui est plutôt original. Max Levchin décrit Affirm comme une carte digitale rechargeable plus qu’une carte bancaire. Après avoir essayé, j’en déduis que l’on va attendre un peu avant de se faire un avis définitif. Mais on peut dire qu’il y a une expertise dans l’équipe dans le domaine du paiement : reste à savoir s’ils sauront le transformer dans le monde du mobile. Ce post est un pari pour l’avenir !

Son intervention à la conférence DLD2013 vaut le déplacement : à lire

Mercredi : Paypal et son Coinstar

 

J’ai beaucoup de mal en ce moment à ne pas citer régulièrement Paypal qui sort des produits au pas de course, et une fois de plus c’est dans le monde offline que cela se passe. Les kiosques Coinstar vont désormais pouvoir connecter les pièces de monnaie récupérées avec le compte Paypal de ses utilisateurs. Les premières installations ont été faites pour le moment dans trois états (Ohio, Nord Californie et Texas), et laisse augurer du potentiel de développement de la solution sécurisée de Paypal que l’on va certainement retrouver sur d’autres dispositifs comme payer son parking, son essence, ses courses à Home Depot, allez savoir si l’époque n’est pas si proche où il sera possible de faire ses courses munis de son seul mot de passe ? Science fiction, ou réalité ?!

Paypal sur Twitter : @Paypal

Jeudi : Rabb.it, du vidéo chat avec $3,3 millions pour décoller

 

Je dois avouer avoir rejoint le clan des utilisateurs de plus en plus mécontents de la qualité de service de Skype, alors que le besoin d’utilisation de ce type d’outils est en train d’augmenter. Alors forcément on cherche des solutions alternatives. Je n’ai pas été convaincu par la plateforme de vidéo conversation Airtime lancée par Sean Parker, ce qui n’est absolument pas le cas de Rabb.it. Développé par une startup de San Francisco, que j’ai découvert  lors d’une de mes visites à The Hatchery, un co-working space de San Francisco. Rabb.it vient d’annoncer avoir levé $3,3 millions, est en quelque sorte un produit made in France (in the US), car le CTO de la startup s’appelle Philippe Clavel, c’est un Supelec qui a fait l’essentiel de sa carrière aux États-Unis, qui sait clairement de quoi il parle. Cela va mériter une interview bientôt, je pense, d’ailleurs. Le reste de l’équipe est tout autant expérimentée, et le produit, une plateforme de vidéo-chat très performante, à essayer au plus vite. Parce que sans contacts dans un système, difficile de communiquer, alors rejoignez nous !

Rabb.it sur Twitter : @LetsRabbit

Vendredi : Twillio & Stripe, en route pour l’Europe !

 

L’Europe. Autant la Silicon Valley fascine le monde des startups en France, autant l’Europe devient une nécessaire équation pour les startups Américaines à un moment clé de leur croissance, quand les levées de fonds deviennent suffisantes, et que les parts de marché prises sur le continent vont servir de révélateur. Klout l’a bien compris, alors que la startup envisageait d’ouvrir un bureau à Londres… ce n’est jamais arrivé. C’est un bel exemple pour réaliser que les Américains sont tout autant démunis que les Européens qui débarquent à San Francisco. Et la formule est bien plus compliquée, du fait de la fragmentation des différents marchés, de la localisation des marchés en B2C aux pratiques business divergentes en B2B. Et pour celles qui atterrissent à Londres, ils vont mettre un certain temps à comprendre ce que le mot Europe veut dire. Mais nos amis américains apprennent vite ! A ce titre, c’est amusant de voir deux startups de la Silicon Valley, la plateforme de mobile cloud computing Twillio et la plateforme de paiement Stripe (encore, je sais), venir s’attaquer à l’Europe avec toutes deux la même stratégie vis à vis des développeurs :

– pour Twillio, la mise en place d’un fond de encourager la communauté des développeurs locaux, pour batir des applicationsusant sa technologie de voix sur IP, et les candidatures pour bénéficier de ce fond avec le support de l’incubateur de Mountain View 500Startups sont possibles jusqu’au 1er mai sur ce site,

– pour Stripe, la société permet aux sites web et développeurs d’accepter les paiements en ligne avec l’addition de quelques lignes de codes, et à ce sujet un evangéliste est recherché pour représenter la société sur Paris (postuler ici).

Twillio sur Twitter : @twilio

Stripe sur Twitter : @stripe

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

La France, ce pays où il fait bon entreprendre… avec Itekube

L’avantage de vivre en dehors d’un pays, c’est de voir un peu mieux ce qui peut s’y passer, d’une certaine façon : ça vous rend plus positif. Plus objectif ?! La Silicon Valley, c’est aussi un lieu de passage pour ces entreprises bleu-blanc-rouge qui viennent se positionner, participer à une conférence, satisfaite de leur positionnement dans un pays où il fait bon développer une entreprise (oui, je parle bien de la France)… en attendant d’aller voir ailleurs, selon les opportunités qui se présenteront, ou pas.

J’ai rencontré Julien Ulrich dans les années 2005-2006 alors qu’il était General Manager de Virginmega.fr. Une belle rencontre, voilà un homme qui connaît son affaire : le contenu digital. Quelques années plus tard, alors que l’on s’est toujours plus ou moins suivi, en tout cas jamais perdu de vue, je le retrouve en mode de lancement de sa véritable première startup, en totale liberté dans la maîtrise de son idée, avec un produit imaginé avec son frère, made in Caen, Normandie. De passage en France, j’en profite pour voir le produit de mes yeux. Écoutez plutôt…

Naturellement, le produit n’en est pas au cycle de développement commercial d’une société comme Withings, mais la table digital imaginée par les deux frères a déjà trouvé preneur chez Microsoft (vous pouvez la voir au siège à Issy les Moulineaux), Dassault Systèmes (qui s’y connaît un peu en 3D), Vinci, le Grand Lyon et d’autres régions françaises. Le canal de distribution est quasiment en place, et la production est en train de passer à sa deuxième grande série.

Itekube conçoit et réalise des interfaces interactives intuitives pour les environnements grand public, avec des matériels adaptés à plusieurs types d’interactions, en particulier la navigation dans des univers 3D temps réel.

Julien n’imaginait pas monter ce combiné de hardware et de software ailleurs qu’en France, et il a d’ores et déjà les yeux rivés vers les opportunités qui vont arriver ailleurs, aux Étas-Unis par exemple. La Côte Est, elle arrive, déjà. EVA, ils l’ont appelé : je me sens tout E.T., pas vous ?!

Cette nouvelle rubrique se veut fraîche, et je souhaitons lui longue vie ! Vous êtes une société Française de passage dans la Silicon Valley ? Contactez moi !

Ce n’est qu’un au revoir, Monsieur Andrew Mason…

Le buzz des 48 précédentes heures…

(Ceci est pour les employés de la société Groupon, mais je le diffuse publiquement, car, de toute façon, il y aura des fuites)

Chers gens de Groupon,

Après plus de quatre années intenses et merveilleuses en tant que PDG de la société Groupon, j’ai décidé de passer plus de temps avec ma famille… Non, je rigole, j’ai été viré aujourd’hui. Si vous vous demandez pourquoi… vous n’avez pas fait attention. Des chiffres controversées à l’occasion de notre premier semestre, les deux derniers trimestres qui s’avèrent très faibles et qui nous font manquer nos objectifs, une valeur de l’action stationnaire qui évolue à près d’un quart de sa valeur d’introduction, les événements parlent d’eux-mêmes. En tant que PDG, je suis responsable.

Vous faites des choses incroyables chez Groupon, et vous méritez que le monde extérieur vous donne une seconde chance. Je suis en phase avec cela. Un PDG tout frais pourra vous apporter cette chance. Le conseil d’administration est enaccord avec la stratégie que nous avons dével0ppé au cours de ces derniers mois, et je ne vous ai jamais vu autant travailler ensemble aussi efficacement. Il est temps de permettre à Groupon de souffler un peu face aux rumeurs publiques.

Pour ceux qui se sentent préoccupés pour ma situation, s’il vous plaît, ne le soyez pas. J’aime Groupon, et je suis vraiment fier de ce que nous avons créé. Je suis d’accord avec le fait d’avoir échoué dans cette partie du voyage. Si Groupon était Battletoads (une franchise de jeu vidéo NDLR), ce serait comme si j’avais fait tout ce chemin vers les Terra Tubes, sans mourir, sur ma première partie. Je suis vraiment chanceux d’avoir eu l’opportunité d’amener la société à ce niveau avec vous tous. Je vais maintenant prendre un peu de temps pour décompresser (…), et peut-être vais-je trouver un moyen de canaliser cette expérience en quelque chose de productif.

S’il y a un morceau de sagesse que le modeste pèlerin que je suis aimerais partager : ayez le courage de démarrer un produit avec des clients. Mes plus grands regrets sont les moments où j’ai laissé un grand nombre de données statistiques maîtriser mon intuition concernant ce qui est le meilleur pour nos clients. Ce changement de leadership vous donne une certaine marge de manoeuvre permettant de briser les mauvaises habitudes et d’offrir un bonheur durable à vos clients. Ne manquez pas cette occasion!

Vous me manquerez terriblement.

Love,

Andrew

Andrew Mason est l’ancien CEO de Groupon, une histoire de startup à dormir debout : créée en novembre 2008 à Chicago, introduite en bourse en novembre 2011, avec un modèle qui en a laissé plus d’un relativement pensif : les sociétés ayant fait des offres promotionnelles sur Groupon, les clients qui semblent se lasser de ce type d’offre, et les personnes ayant investi dans ses actions. Aujourd’hui cotée $5 (à la peine) l’action, bien loin de la valeur d’introduction, sa capitalisation est tombée à $3,3 milliards, son résultat opérationnel est tombé dans le rouge.

Groupon, c’est juste un site qui met en relation les marchands ayant des offres promotionnelles avec des clients potentiels. Un site web, des emails, et des transactions. A grande échelle, comme jamais fait auparavant.

Avoir de l’humour, trait de caractère reconnu chez Andrew, c’est une chose, mais la lettre aux salariés de Groupon, qui n’a pas du surprendre les salariés qui le connaissent bien, a certainement du faire l’objet d’une validation en terme de communication (de son coté, surement pas du coté de la compagnie), et je suis prêt à en faire le pari. Le CEO d’une startup, c’est aussi le panache.

Beaucoup de commentaires sont apparus ici et là vantant le courage qu’il a eu d’exposer ainsi son départ, mais je trouve sa petite note  peu surprenante, en fait, de la part d’un jeune homme de 31 ans qui a malgré tout un peu brulé les étapes.

Le mois dernier, LivingSocial, une petit concurrent de Groupon, a annoncé perdre $650 million en 2012.

Etc-ce le bon moment pour partir d’une industrie qui peine à confirmer son potentiel ? Merci en tout cas Andrew pour ce joli billet, et ce n’est qu’un aurevoir.

 

L’actualité High-Tech de la semaine : Yahoo! et Gree, Qwiki, Bitcoin, Google et la prison d’état de Saint Quentin en Californie

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Gree+Yahoo!=GxYz

Tout le monde le sait, le Japon se trouve juste en face des États-Unis et parler d’un accord entre deux sociétés japonaises ne laissent jamais la Californie bien loin dans les discussions, du moins en toile de fond, surtout dans le dans le monde d’Internet. Yahoo! Japan, détenu à 33% par le géant (et toujours géant) Californien, vient de créer une « joint venture » avec Gree (autre société japonaise) dont l’objectif sera de se consacrer au développement de jeux sociaux pour smartphones. N’en déplaisent à nos Américains qui s’imaginent avoir inventé le mode des applications avec l’AppStore en 2008, ce sont nos autres amis Japonais qui avant avait déjà développé un marché florissant dans ce domaine. Vers 2007, une société comme Sega au Japon faisait environ $150 millions de revenus avec les jeux mobiles. Il y a une vraie culture du mobile et du jeu au Japon, et un vrai intérêt de la part des société niponnes envers la Silicon Valley afin de venir prendre part à l’essor de ces places de marché digitales qui se développent (AppStore, Google Play…). C’était cette stratégie qui avait motivé le rachat d’Openfeint, une plateforme communautaires de joueurs (qui a réunit jusqu’à 900 applications et 10 millions de joueurs), par Gree en avril 2011 pour $104 millions. La joint-venture japonaise ne dispose pour le moment que de $2 millions, mais je trouve qu’on voit beaucoup de Gree en ce moment à San Francisco, et pas seulement dans son ciel traditionnellement brumeux. A suivre, plus de jeux voire des acquisitions…

Gree Games sur Twitter : @GREEgames

Mardi : Qwiki.com et son application iPhone

Je me souviens encore l’émoi suscité par la démonstration de Qwiki lors de Techcrunch Disrupt en 2010. Le produit semblait vraiment avoir de la gueule, comme on dit dans le métier, et ça chatouillait l’intelligence artificielle ce machin (voix mécanique de robot et tout). Les Français dans la salle n’en pouvait plus de gigoter sur leur chaise, étant donné que sur la scène se trouvait un certain Louis Monnier, le fondateur du moteur de recherche Altavista. Louis n’y est plus, mais la startup existe toujours, et vient de sortir une application iPhone qui permet de créer des histoires à partir de vos photos, notamment en les regroupant de façon à pouvoir être edité pour partager une histoire avec vos amis. En quelque sorte la même chose que Vine, ou encore Echograph à quelques détails près, avec de la musique en plus. A force de chercher à faire des pivots de leur produits pour trouver la bonne formule, les startups de la Silicon Valley tournent sur elles-mêmes, telles des toupies, et perdent doucement leur intérêt, malgré tout le respect que je dois à l’équipe. 125.000 downloads en 6 jours, 27.000 histoires (qwikis) créées. Soit, mais attendons la suite.

Qwiki sur Twitter :  @Qwiki

Mercredi : Bitcoin, une autre forme de paiement, vous connaissez ?

J’ai bien été tenté de parler de la confirmation de la nouvelle levée de fonds de 200 millions de Pinterest, mais j’ai décidé d’attendre de comprendre les vraies raisons « industrielles » de leur succès pour en faire une news. Bitcoin, par contre, vaut le coup d’oeil : même si on imagine que tout ou presque a été fait en matière de solutions de paiement, il y a encore des choses à y inventer notamment dans le segment du Peer-to-peer. Bitcoin est à la fois une devise de paiement et une solution de paiement. C’est une devise de paiement qui fluctue selon l’usage économique qui en est fait et selon le marché des changes qui en découle, et un système indépendant des systèmes financiers habituels (banques), tout cela relayé par  protocole informatique exécuté par un logiciel libre, le tout étant sécurisé par son propre système de réseau. Cela semble un peu compliqué (à expliquer pour commencer), mais cela représente aujourd’hui un système économique d’environ $275 millions. Des startups commencent à investiguer le potentiel que représente ce nouveau domaine des monnaies digitales qui arrive un peu partout sur le web…

Bitcoin sur Twitter : @Bitcoin

Jeudi : ChromeBook Pixel, le MacBook Air signé Google , ou presque

Il souffle comme un vent de conquête du coté de Mountain View, où rien ne semble arrêter Google dans sa chasse aux différents marchés. Google vend des téléphones, Google vend des ordinateurs : pas de doute, ce n’est pas un produit destiné aux geeks mais un vrai ordinateur portable grand public, avec un écran tactile de 12,85 pouces qui devrait faire des étincelles (239 pixels par pouce, mais je n’ai pas pu vérifier). Il va falloir se faire à l’habitude de toucher son écran avec ses doigts, ce qui n’est pas très propre habituellement, mais ce qui sera surement tellement pratique ! Ne cherchez pas où se trouve le disque dur (of course), vous aurez 1TB d’espace Google Drive disponible, puce Intel inside… dès qu’il sera possible de l’acheter ailleurs qu’aux États-Unis et au Royaume-Uni. Apple et son MacBook Air sont directement concernés, mais le produit est plus cher pour le moment : $1,299 en mode Wifi, $1,499 pour la version intégrant un accès au réseau LTE… autre détail qui peut vous changer la vie… si vous pouvez passer par le réseau Verizon pour le moment. Du tout Google à un clic, éventuellement toujours branché au réseau opérateur.

Google sur Twitter : @google

Vendredi : ça se passe comme ça à Saint Quentin, prison d’état de Californie

Pendant qu’en France des vidéos de détenus narguant les autorités pénitentiaires sont disponibles sur Youtube avec de belles démonstrations de manipulation de couteaux en tout genre, que la sur-population continue à poser de sérieux problèmes, et que le sujet de leur insertion est loin d’être une priorité dans les actes, ça ne se passe pas forcément mieux aux États-Unis, mais la Californie n’hésite pas à tenter des expériences, telle celle de mettre l’accent sur l’entrepreneuriat. Vous savez, la vie possible après la prison. Il y a de belles initiatives en Californie avec la prison de Saint Quentin : il s’agit de la plus vieille prison des États-Unis, on y exécute toujours des détenus, et on y a cette semaine organisé une présentation de détenus-entrepreneurs qui exposent leur projet, avec des autorités comme Guy Kawasaki pour jouer les mentors. Je trouve le nom de cette initiative absolument génial : « The last Mile« . Le dernier mile. Pas celui qui mène à la chambre de mort, celui qui mène à la vie active. Une bel exemple qui pousse les détenus à regarder la moitié du verre du bon coté. Phil veut créer un nouveau label de musique, Felix est entré en prison à l’âge de 16 ans, il en a 34, et il est bien conscient que non seulement la vie a changé mais aussi la technologie plus que tout, Chris veut créer un centre visant à aider les toxicomanes à remplacer les substances interdites par une addiction saine aux méthodes de remise en forme, le tout avec l’utilisation de la technologie comme outil, bien qu’Internet ne soit pas utilisé directement par les détenus. L’initiative est en partie financée par Kicklabs, un incubateur de San Francisco.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Willow Garage, Nextdoor, On Deck Capital, Echograph et Vimeo, Bluefields

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Willow Garage, de la R&D au Business

Scott Hassan n’est pas un inconnu dans la Silicon Valley puisqu’il a participé activement au code de Google à ses débuts, et il a également créé ce qui allait devenir Yahoo! Groups. C’est le fondateur de Willow Garage, basé à Menlo Park, un laboratoire de recherche qui développe un robot dont le software est développé en mode Open Source (logiciel libre… et participatif), et dont le principal produit est ce magnifique Personal Robot 2 (PR2). Willow Garage est désormais le principal support d’Open CV, librairie de données bien connue dans le domaine de la reconnaissance d’images, et s’est également impliqué auprès de Stanford ou encore du SRI . La vision du fondateur, c’est entre autre de fournir le robot qui devient l’utilitaire principal des seniors une fois qu’ils n’ont plus besoin de leur voiture, mais d’une aide dans les tâches élémentaires à domicile. Après des rumeurs d’arrêt de l’entreprise, Willow Garage vient d’annoncer en réponse la phase de lancement commercial et donc un changement de stratégie majeur. Une cinquantaine de PR2 sont déjà en circulation.

Willow Garage sur Twitter :  @WillowGarage

Mardi : Nextdoor.com, un réseau social en plus, un !

 

Les levées de fonds sont souvent l’occasion de remarquer des sites web qui jusqu’alors ne faisait pas parler d’eux toutes les semaines dans la blogosphère des startups Californiennes, comme par exemple Nextdoor qui vient de lever $21,6 millions auprès de Greylock Partners, et qui vient juste de lancer sa nouvelle version. Il s’agit d’une site web de réseau de proximité, permettant à une communauté de voisins de communiquer et de partager des informations locales. Le voisinage a été réduit à un nombre de blocs de bâtiments assez limité, et le processus d’enregistrement est assez rigoureux, donc il faut vraiment habiter là où on le prétend, et la qualité d’informations est assez bonne. Il est évident que l’information locale est une des principales informations recherchées et valorisantes, et il y a là sans doute un moyen de redonner vie à des quartier souvent assimilés à des dortoirs. D’autres startups s’y sont essayé comme Dehood, entre autres, souhaitons que l’apport d’une personne au Board venant de Greylock Partners habituée aux problématiques d’engagements et de croissance d’audience (Facebook, Linkedin mais aussi Path, dont c’est l’un des problèmes majeurs) évitera les mêmes déboires. La société mise sur une sécurité et une confidentialité d’informations de haute tenue, mais il y a surement des niches de revenus à envisager pour un site local, avec une bonne application mobile et tablette, qui saura engager… son voisinage. Pour pouvoir s’y inscrire ailleurs qu’aux États-Unis, il faudra attendre encore un peu.

Nextdoor sur Twitter : @Nextdoor

Mercredi : OnDeck poursuit sa croissance

A défaut de donner l’impression de ne m’intéresser qu’aux levées de fonds, l’occasion de parler d’un VC de la Silicon Valley Institutional Venture Partners qui a initié un investissement de $42 millions avec les actionnaires historiques d’une startup de la Côte Est des États-Unis, c’est aussi signaler qu’elles aussi viennent chercher des fonds sur la Côte Ouest, et évoquer un business que je trouve tout à fait intéressant : un site web qui délivre des prêts sur Internet pour les TPE et PME. OnDeck Capital, créé en 2007, avec déjà $54 millions au compteur en levée de fonds, avec un bureau à New York (100 employés sur 160 au total), délivre des prêts de $5.000 à $150.000, pour des durées de 3 à 18 mois. 700 industries délivrées à ce jour pour un total de $400 millions de prêts servis, un chiffre d’affaires de $37 millions, le double de 2011, et une prévision 2013 à $100 millions. La société a préféré l’appel au capital risque plutôt que le rachat par une société Britannique, Wonga, pour des raisons de valorisation. Le futur indiquera si les nouveaux moyens obtenus pour développer le marketing et servir plus de prêts saura récompenser l’ambitieuse valorisation souhaitée par l’équipe dirigeante.

OnDeckCapital sur Twitter : @OnDeckCapital

Jeudi : Vimeo acquiert l’application Echograph

Ici il s’agit d’une histoire qui a lieu entre New York et Los Angeles… Il y a différentes façons de développer un produit : le faire en interne avec ses équipes, recruter des personnes pour le faire… ou bien racheter une société, son equipe et (ou) sa technologie. Le monde applicatif apporte une autre solution avec une cohorte d’applications lancées dans l’AppStore, par exemple, qui ont trouvé un public mais pas obligatoirement de monétisation (l’achat reste un frein encore aujourd’hui pour télécharger une application), ou insuffisamment de revenus. Vimeo, société basée à New York, est un peu ce que Youtube pourrait être : un site de vidéos élégant, où on trouve du contenu de qualité, et qui est vraiment plaisant à utiliser. On n’est jamais déçu de faire un tour chez Vimeo avec notamment les « staff pick », sorte de best-off des vidéos, toujours de bonne tenue. Echograph est une application payante (développé depuis Los Angeles) qui permet de générer des fichiers animés depuis sont iPhone. Cela ne sert pas à grand chose, sinon de se faire remarquer pour sa technologie et de poursuivre une existence plus paisible au sein d’une plus grosse entité qui va intégrer la produit, et du coup rendre l’application gratuite, comme l’a fait Evernote avec Penultimate par exemple. Autre classique, le « CEO » de l’application devient VP Mobile, pour donner un idée de la hiérarchie des choses dans le monde des startups. En tout cas, la stratégie du « Be mobile » est toujours un sujet d’actualité, surtout pour de gros acteurs du web qui doivent poursuivre leur expansion. Je crois plus en cette simple tactique qu’un volonté, comme imaginée par certains, d’être une réplique à l’application Vine de Twitter. Ou alors c’est un bêtise, je pense.

Echograph sur Twitter :  @EchographApp

Vendredi : Bluefields voit la vie en rose avec $1 million

Je me rappelle avoir rencontré Andrew Crump lors d’une présentation au Seedcamp (un incubateur Europén basé à Londres) à Paris en 2011 : un anglais, du sport, et Internet, un cocktail classique, mais en même temps, une tête au-dessus de la mélée pour la qualité du pitch et un je ne sais quoi tenant au design, au concept également : une plateforme sociale pour aider les équipes de sport à s’organiser. Il en a fait du chemin, Andrew, pas seulement parce qu’il vient de lever $1 million mais surtout par la qualité des investisseurs qu’il a pu réunir autour de lui (la liste est citée dans cet article). Le sport est un véritable vecteur de croissance, avec des succès comme Bleacher Report, racheté par Turner, ou la nouvelle startup  à San Francisco de Carlos Diaz dans le second écran Kwarter, il y a secteur vertical encore à explorer, comme bien d’autres domaines. Je n’oublierai jamais que le premier jeu vidéo vendu par Sega en Europe a souvent été… Football Manager, jeu PC, et de loin !

Bluefields sur Twitter : @Bluefields

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

La dictature des chiffres au pays des startups et du digital

Je suis un ancien Directeur Financier, qui a passé des heures à travailler sur les chiffres, à relever des chiffres d’affaires, calculer des marges brutes, déterminer des résultats nets, publier des prévisions de trésorerie. La seule manipulation que l’on s’autorise : essayer de mieux les comprendre pour pouvoir anticiper. Maintenant, je travaille dans Internet, je baigne dans le web, parfois plutôt fâché avec la monétisation, mais amoureux d’une autre famille de chiffres : l’audience, l’utilisateur, la page vue, le download.

Le dernier buzz du moment, c’est Mailbox. Créée par l’équipe d’Orchestra, en janvier 2011 à Palo Alto, déjà $5 millions en banque, il s’agit d’une application qui actuellement agite la communauté tech, l’application qui va révolutionner votre messagerie. Il y a eu Sparrow, une autre application iOS de messagerie, qui a excité la blogosphère avec son rachat par Google, alors on rejoue le film. Mais tout comme les deuxièmes épisodes de blockbuster, il faut aller plus loin dans le marketing, le viral, le buzz. Comment attirer l’attention sur un sujet dèjà traité… Et bien ils ont eu la bonne idée…

Ils ont décidé de gérer la rareté, le privilège d’être dans les premiers, le « je me sens VIP », via le « reservation system » : c’est important, disent-ils, pour batir une expérience email de classe mondiale, c’est le compte goutte utilisateur en quelque sorte. C’est comme faire une pré-commande du dernier Coldplay, sauf que Coldplay on sait qui c’est. Version 0 le 6 décembre, la V1 est arrivée le 7 février, avec une version corrigeant des erreurs le 8 février (oui, déjà). Près de 4.000 revues dans l’Apple Store (du bon et du très mauvais). Coup de fusée sur Techcrunch en décembre 2012, quelques copies d’écrans ici et là, et du tweet sur « Ca y est, je l’ai ! », « A mon tour », « ouah, les boules, 600.000 devant moi ! ». Etc. Presque 1 million déjà au compteur, sans que on y soit déjà arrivé en terme d’utilisateurs. Le record du download de l’application que l’on n’a pas encore utilisé. Bon coup marketing, maintenant, croyez-y ou pas. Chacun son camp, mais les chiffres, ça fluctue vous savez.

Puisque l’on parle de marketing et de chiffres, arrêtons nous sur Linkedin et son opération des 200 millions d’utilisateur…

Fichtre, mon profil fait partie des 1% de profils les plus vus sur Linkedin! Aucun rapport avec le nombre de vos connexions (même si un peu, mais quand même, il faudrait auditer l’algorithme), ça fait combien ? 2 millions. Ok. So what?! Et bien je tweet, je Facebook. On joue sur votre rareté, un infini petit qui fait de vous un grand dans un monde de connexions. Le plus petit votre chiffre est, le plus grand vous êtes : supposé être un vecteur de croissance qui vous motive à décupler vos efforts de demandes de connexions. Cette campagne marketing a plutôt eu du succès sur les réseaux sociaux. Maintenant il y en a qui pensent que la qualité, c’est mieux que la quantité, et plus encore : trop d’agitation, trop « d’impersonnalisation », selon Om Malik ou Cap Watkins.

Klout, Kred, et Koi d’autres ? Le social media, c’est un peu aussi la dictature des chiffres. Je me suis retrouvé notifié bien malgré moi dans une autre campagne de chiffres… le Klout de tes amis :

Klout, une autre startup, réussit la performance de sortir un chiffres de tout ce que je peux dire et raconter ici et là, pour finalement me classer en fonction du nuage qui s’opère autour de mes dires. Plus je parle, plus on me suit, plus on réagit, plus je grossis… en poids digital. On imagine le résultat, en tweets, en update, qui fait bien les affaires des Twitter, Facebook et autres.

Kred, développé par Peoplebrowsr, c’est le même combat, qui chose étonnante, me fait revenir à ce même 1% parmi les influenceurs… 130 millions au total qu’y disent. Je rentre dans la classe des 1.300.000. Je progresse ?! Je suis confus. Le plus impressionnant de tous, c’est la startup Canadienne Empire Avenue qui fait de vous des actions qui peuvent se vendre et s’acheter, avec une système de quotation digne d’une bourse financière traditionnelle. Tout un symbole.

La conclusion de tout cela, c’est de voir à quel point les startups d’aujourd’hui dirigent leur compagnie sur une stratégie d’acquisition au lieu d’être avant tout le laboratoire de leur propre produit. Internet, sa blogosphère, les levées de fonds de la Silicon Valley, laissent penser qu’il n’y a qu’une chose qui compte, c’est ce « growth rate » mis en avant par Robert Scoble (le Pape des bloggers Geeks), et qui permet d’injecter des fonds « avant de trouver le business model ». Je suis aussi surpris de constater l’absence de tableaux de bord dans bon nombres de startups que je fréquente, au-delà des solutions analytiques qui rendent compte de statistiques, il y a une globalité d’indicateurs qui rendent visible la direction que doit prendre une entreprise qui a peu d’essence dans le réservoir (description d’une startup en terme de mécanique). Mais cela fait souvent oublier que d’abord au premier plan, il y a le produit : celui qui fait l’acquisition et qui doit servir de tremplin vers la seule unité d’oeuvre qui compte dans une entreprise : le chiffre d’affaires. Les miracles sont possibles, mais une levée de fonds n’est pas nécessairement le signe d’une pérennité,c’est juste un plein d’essence.