Petit regard en arrière sur le paiement et le mobile

Quel est le pourcentage de transactions par carte de crédit et de débit sont payées avec un téléphone mobile ? Environ 2% des volume des cartes de débit et de crédit aux États-Unis en 2013, et 4 % dans le monde, selon les estimations BI Intelligence. Les chiffres semblent faibles, mais pour les cinq dernières années, les transactions mobiles ont connu une croissance annuelle moyenne de 118% aux États-Unis.

Qu’est-ce qu’un paiement mobile ? Un paiement mobile se produit quand un appareil mobile, connecté à Internet est utilisé pour faciliter une transaction qui, autrement, aurait eu lieu en utilisant une carte de crédit physique, un chèque ou des espèces , dans un magasin ou point de vente. Les transactions mobiles constituent une catégorie plus vaste qui inclut ces paiements, mais inclut également le commerce mobile, ou e-commerce canalisé par une application ou un site mobile (par exemple, l’application iPhone d’Amazon).

Les consommateurs utilisent ils vraiment ces solutions ? Les utilisateurs de smartphones commencent désormais à prendre conscience de ces portefeuilles mobiles (les wallets), des applications de paiement, et des QR codes pour faciliter les achats en ligne et hors ligne. La plus célèbre en ce menent est celle qui permet de payer ses consomations dans les magasins Starbucks. Cependant, l’utilisation globale est encore faible.

Et les commerçants ? Des données d’enquêtes récentes montrent que les deux cinquièmes des petites et moyennes entreprises américaines ont adopté des lecteurs de cartes.

Qui sera le vainqueur dans cet espace ? Les startups spécialisées dans les paiements bénéficient d’une croissance massive et aident à pousser l’innovation de l’avant. Une vague de fusions et acquisitions est à attendre dans ce domaine aux États-Unis.

Quelle est la “vitesse” de cette innovation ? Ça bouge tout le temps. Par exemple , la nouvelle offre « Payer avec Amazon » d’Amazon permet à ses 215 millions titulaires de comptes d’Amazon actifs permet d’utiliser leurs informations de paiement, comme ils font leurs achats sur leur PC et les appareils mobiles sur différents sites de commerce électronique et autres applications mobiles.

La disruption est elle toujours possible ? Oui. Prenez l’exemple du NFC qui n’a pas réussi à décoller, mais il y a désormais la technologie Bluetooth iBeacons d’Apple qui va pouvoir réussir à percer…

Les spécialistes s’accordent pour dire que le paiement sur téléphones portables n’est pas encore “mainstream”, adopté du grand public. Le site web Business Insider s’est amusé à répertorier les critères qui comptent en ce qui concerne le paiement sur mobile :

– Facturation des opérateurs : le consommateur paie par SMS et la dépense est ajoutée à sa facture de téléphone. Ce type d’usage est commode pour une variété de cas d’utilisation spécifiques (pour atteindre les personnes non bancarisées, surtout les adolescents, le e-commerce et les jeux), mais il est freiné par les frais additionnels.

– Communication en mode NFC : le consommateur peut payer au moment de la vente en agitant son téléphone devant une borne. Mais le NFC a été “survendu” : ce n’est pas plus pratique qu’avec sa carte, et les nombreuses entreprises qui veulent un morceau du gâteau du NFC annulent les efforts des uns et des autres sur la facilité d’usage.

– Applications : le consommateur utilise une application sur son smartphone pour payer, généralement en scannant un code-barre à la caisse. Ceci est particulièrement utile pour les entreprises et les détaillants, car elle leur permet d’offrir des primes de fidélité et des réductions en plus du paiement.

– Les lecteurs de cartes : mis au point par Square, et avec les entrées récentes d’eBay (PayPal), Intuit, et Verifone, ces solutions permettent aux commerçants de recevoir des paiements en branchant un lecteur de carte dans un smartphone ou une tablette. Ils sont très pratiques (glisser une carte de crédit fait déjà partie du comportement du consommateur de base) et fonctionne sur le réseau de cartes de crédit existant. Les sociétés de lecteurs de cartes peuvent offrir des services à valeur ajoutée en plus des paiements pour stimuler l’adoption par les commerçants et les consommateurs.

Douglas Quinby, VP for research chez Phocus Wright, a posé la question suivante lors d’une conférence rassemblant des responsables de compagnies aériennes et de compagnies hotelières : “Est-ce que l’une de vos organisations, dans le monde, utilise l’une des solutions de paiement sur mobiles, tels que le NFC, un service de lecteur de carte, ou un service de transfert de compte à compte ?». Personne n’a répondu, ni levé la main.

Dans le cadre d’une enquête lancée au 4ème trimestre 2012 au 1er trimestre 2013, sa société a posé une série de questions concernant les méthodes de paiement mobile spécifique à l’industrie, et à ses intentions futures pour l’utilisation de systèmes de paiements mobiles, ou facturés à un service tiers, lecteur de carte mobile (par exemple GoPayment et Square), et les solutions de paiement sans contact (tel que NFC). Jusqu’à présent, l’intérêt de l’industrie mondiale du voyage pour le mobile comme méthode de paiement n’est pas statistiquement significatif. Une petite minorité de répondants (un peu plus de 10%) ont indiqué certaines intentions futures à mettre en œuvre des services de paiements mobiles. Certains indiquent même ne pas avoir connaissance des différentes solutions disponibles.

83% des utilisateurs de Yelp aux États-Unis, selon une étude récente de Nielsen, font parfois l’achat auprès d’une entreprise locale après l’utilisation de Yelp. Sur mobile, les services localisés de Yelp sont encore plus pertinents, faisant de l’entreprise de San Francisco un indicateur de l’énorme opportunité financière dans le marketing local mobile. La base d’utilisateurs mobiles de Yelp a grimpé à 10,4 millions en juin 2013. Yelp est désormais en concurrence sérieuse avec les services locaux de Google, et est en tête-à-tête avec Foursquare, qui a construit sa propre plate-forme publicitaire.

Les publicités locales sur les appareils mobiles représentent 40% de l’inventaire publicitaire locale globale de Yelp dans le dernier trimestre publié. Cela représente une hausse de 25% en seulement deux trimestres.

L’actualité High-Tech de la semaine : Twitch.tv, Mark Pincus, Box, Adobe, MongoDB

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Twitch.tv, une deuxième spin-off de Justin.tv

 

Voila-t-y pas que Justin.TV vient de nous faire le nouveau coup de la spin-off qui cartonne. Le fameux Justin Kan, qui avait fait tant parlé de lui  en 2007 en faisant du live vidéo 24-7 de sa propre vie, avec une webcam attachée à sa tête, s’en sorte plutôt bien avec sa société. Il est même devenu un expert dans la spin-off qui tourne au succès, avec Socialcam, avec 3 salariés sortis de sa startup rachetée $60 millions en juillet 2012, et maintenant Twitch.TV, dont on a déjà parlé ici. Cette fois ci, c’est $20 millions qui sont sortis de la boite magique de quelques investisseurs pour faire de ce qui était une niche d’utilisateurs sur Justin.tv un nouveau grand média dans le domaine du jeu vidéo et espérer une sortie à la Bleacher Report (racheté par Time Warner pour $175 millions. Twitch.tv, c’est désormais 45 millions de visiteurs mensuels sur leur site, qui diffuse des programmes vidéo dédiés au jeu vidéo. La dernière fois que l’on parlait de Twitch.tv (donc en mars 2o13), on citait le chiffre de 20 millions… Il est possible d’y suivre des joueurs en train de participer à un jeu en réseau, suivre des shows, des conférences,… Tout, tout, tout, je vous dirais tout sur le gaming ! Une incroyable réussite d’audience, un taux de croissance à la sauce Silicon Valley, et les $20 millions sont un signe d’un décollage attendu dans les 12 mois qui vont suivre. Certains joueurs sont payés pour jouer tout en étant diffusé sur Twitch.tv, et pas pour des clopinettes : un signe de monétisation qui sent bon ! Coté diffusion, c’est 35% d’audience en Europe de l’Ouest, 10% d’audience en Europe de l’Est, 13% en Asie et le solde en Amérique du Sud notamment. Mais il ne faudra pas mollir : “Video is not a cheap business” indique le COO. Les 20 millions seront vite dépensés !

Suivre Twitch.tv sur Twitter : @Twitch.tv

Mardi : si c’est Mark Pincus qui le dit…

 

Mark Pincus est le fondateur de Zynga, sa 4ème startup. Zynga, c’est le jeu sur Facebook, des centaines de millions de joueurs, dont certains n’avaient encore jamais joué sur des consoles de jeu. Zynga, c’est une introduction en bourse en 2011, un chiffre d’affaires qui dépasse le milliard de dollar et un bénéfice de plus de $400 millions cette année là. Et puis c’est une action qui se fracasse à un peu plus de $3, un leadership perdu dans le monde du « casual gaming » au profit de King.com ou encore Supercell, un poste de CEO transmis à un ancien VP de Microsoft. Et au passage d’une conférence en Israël, cette phrase : « I’m bored with games ». « Les jeux m’ennuient ». Je sais bien que les journalistes font parfois un mauvais travail, et qu’il est dangereux de sortir une phrase de son contexte. Mais ce constat est tout un symbole. Alors qu’on lui proposait de préciser son propos, quitte à se rétracter, il a maintenu son ennui vis à vis des jeux alors que Farmville ou encore Cityville semblait satisfaire sa curiosité, il reste à la recherche de « sa prochaine obsession ». Il a été maintes fois prouvé que les jeux développés notamment par Zynga faisaient appel aux mêmes mécanismes psychologiques que ceux similaires à l’addiction (drogue, sexe, et autres…). Mark Pincus n’a visiblement trouvé sa satisfaction dans la roadmap actuelle fixée désormais par son successeur, Don Mattrick. Ennui passager, ou symbole d’une industrie qui décline alors que certains semblent croire à leur belle étoile, comme King.com qui songe à une introduction en bourse, ou encore Softbank qui vient de prendre 51% de Supercell pour $1,53 milliard. Le jeu, ce n’est peut être pas une industrie bon marché comme dit plus haut, mais ça en fait tourner la tête à plus d’un. Mais plus celle de Mark Pincus pour le moment…

Suivre Mark Pincus sur Twitter : @MarkPinc

Mercredi : Box veut soigner grâce à son cloud

 

C’est une course contre la montre que se livrent Dropbox, Box, et autres « box » quelque chose… Enfin je ne veux pas dire les box de nos opérateurs chéris en France (les Orange, SFR et autres) qui sont loins d’avoir vraiment compris comment faire adhérer ses utilisateurs à des services de stockage sur Internet… dans le cloud. C’est assez simple de différencier Dropbox et Box : la première a pris le chemin de l’acquisition du consommateur final. La voie dorée mais périlleuses et très chère du BtoC. Box, c’est le monde de l’entreprise, le panneau publicitaire sur la 101 qui vous amène de San Francisco vers la Silicon Valley, et l’exploration des niches « enterprise ». Box vient de confirmer les premiers accords signés dans le domaine médical en avril 2013 avec des applications relatives au domaine médical par l’addition de 13 nouveaux. Ces applications utilisent les espaces de stockage de Box suite à sa mise en place de mesures lui permettant d’être compatible dans le domaine médical. Pour enfoncer le clou un peu plus, Box vient de lancer un challenge pour les développeurs avec un gain de $100.000 à la clé avec la collaboration de Dignity Health, une société de logistique dans le domaine médical et de l’association Social+Capital Partnership. La startup vient même d’embaucher une ancienne responsable de Google Health pour gérer sa stratégie dans ce vertical… plutôt sérieux, comme approche, non ?!

Suivre Box sur Twitter : @BoxHQ

Jeudi : Adobe se fait hacker

A une époque où tout le monde hurle après la NSA pour son excès de zèle dans sa mission de protection de la sécurité des citoyens américains, ou par contre à l’opposé personne de s’offusque du culot du fondateur de Facebook qui veut faire rentrer 5 milliards d’individus encore manquants dans sa collection Panini de la conquête du monde, les hackers continuent leur travail. Et les grands d’Internet de ce monde, un à un, se font prendre la main dans le sac de l’incompétence de protection de vos données personnelles. Le grand vainqueur du moment : Adobe ! Pas moins de 3 millions d’utilisateurs ont vu leur données sensibles comme leurs coordonnées bancaires rendues disponibles dans les réseaux non pas sociaux mais parallèles… « Sky is the limit » pour les uns, mais la sécurité semble être une vaine occupation face à une armée de « décodeurs » plus malins les uns que les autres. « Adobe n’est pas certain » que les coordonnées de carte bancaire puissent avoir été récupérées… ça leur fait une belle jambe, aux clients d’Adobe, pour qui les démarches vis à vis de leurs banques ne sont jamais choses faciles. Ca ne va pas donner confiance aux internautes tout ça, et ça prouve bien que les utilisateurs vont devoir s’armer de leurs propres solutions de protection de données.

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Vendredi : MongoDB et ses $150 nouveaux millions

 

La valse des investissements ne faiblit pas, à l’heure où il est essentiel pour les VC de la Silicon Valley et d’ailleurs de de positionner sur les offres de Software as a Service, de cloud computing… et le terrain de jeu est assez vaste ! Dans le cas de MongoDB, un système de gestion de base de données utilisé par les plus gros tels que  CraigslisteBayThe New York Times, Cisco, Forbes, ça fait quelques mega datas à mettre en ordre et à partager, dans une niche où il est plus qu’urgent de frapper fort à renfort de marketing et de recherche pour apporter dans les plus brefs délais les meilleurs fonctionnalités par rapport à la concurrence, Arrivé à un certain niveaux de nombres d’utilisateurs, les besoins en investissements deviennent vite exponentiels, et seul le capital risque peut apporter une solution financière rapide et conséquente : ni les banquiers ni les introductions en bourse ne sont des solutions pour des « encore-un-peu-startups » comme MongoDB. Quoi que, c’est désormais plus de 300 personnes qui y travaillent. La spécificité de cette levée de fonds assez significative (quoi que, encore une fois) est de voir apparaître Salesforce, EMC et Redhat aux cotés des habituels Sequoia ou encore Intel Capital. Ca promet de sacrées discussions entre actionnaires et une belle bagarre pour figurer au Board et faire que tout ce petit monde pousse dans le bon sens. L’argent ne fait pas toujours le bonheur, dans le monde des startups. Ca commence à se savoir de plus en plus. Cette levée de fonds faire de MongoDB l’une des startups la plus en vue de la Côte Ouest… avec des dollars plutôt  colorés Côte Est : la Silicon Valley reste la plus grosse pompe à fric des États-Unis, qui qu’on en dise !  L’offre de MongoDB est assez claire, et le marché de la data reste encore à prendre tant il est vaste. A suivre !

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Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Petits échanges entre Om Malik et Kevin Systrom, CEO (toujours) d’Instagram

Om Malik, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, est un jeune homme de 47 né à New Delhi, désormais citoyen américain, et l’un des sages de la Silicon Valley depuis quelques années déjà. Fondateur du blog consacré aux nouvelles technologies GigaOm, un puissant média de la région, il ést également partenaire du fonds d’investissement True Ventures, qui investit essentiellement dans des startups en phase de démarrage.

C’est désormais le troisième épisode de la conférence Roadmap, organisée par Om Malik et son équipe. Om a la capacité de mettre les grands de cette Silicon Valley en confiance, et de nous gratifier d’échanges de très haut niveau, par sa capacité à examiner chaque sujet très simplement : le cloud, le mobile, le jeu, leurs business modèles, leur écosystème, et ceci loin de tout le brouhaha qui rend parfois un peu surréaliste la banlieue Sud de San Francisco. Mais il sait également amener ces confidences qui font la différence. Et avec Kevin Systrom, ce n’est jamais une déception. Enfin d’habitude.

Kevin Systrom est un de co-fondateurs d’Instagram. Kevin évoque dans l’interview « l’histoire de l’Internet »… Instagram a surtout été l’un des meilleurs coups réussi dans cette courte période qu’est « l’histoire d’Internet » par le rachat d’une startup de 15 personnes développant une application ayant 35 millions d’utilisateurs. Même si au rapport du prix de la transaction ($1  milliard) avec le nombre d’utilisateurs, d’autres entreprises par le passé ont fait bien mieux comme le prouve ce diagramme :

Par contre, quand on regarde le prix par salarié :

Ce diagramme n’a d’autre conclusion de montrer à quel point le 15 salariés de l’époque se sont partagés un vraiment gros gâteau. Ils sont 60 maintenant, et à la grande surprise d’Om, le patron de Kevin Systrom, c’est Mark Zuckerberg. Et ça nous l’a changé, le Kevin, qui se met à nous parler comme le Zuck : « Instagram est une société de communication. Ce ne sont pas des photographies que les utilisateurs publient, ce sont des messages transmis à travers le monde ».

« Nous voulons résoudre les problèmes des gens ». Vous avez déjà entendu parlé comme ça, n’est-ce pas ? Et qu’est ce qui arrive, quand un leader d’Internet se met à parler comme ça ? Et bien ça veut dire qu’il va vous servir de la publicité, ce qui est le cas d’Instagram qui est en train de la mettre en place aux États-Unis. “Most of the ads on the Internet we mostly ignore.” : nous ignorons la publicité en général, nous dit-il. Alors pourquoi en mettre ? Facebook ne fait-il pas le travail suffisamment ? Je pense qu’Om en souhaitant à deux occasions « bonne chance » à Kevin sur ce dossier affichait clairement sinon sa déception du moins un questionnement sur ce sujet. Path, l’autre acteur de la Silicon Valley du partage de photos sur mobile (étrangement Dave Morin était absent de cet épisode de Roadmap alors que sa startup est une cliente idéal pour cet évènement), ne sait pas non plus se « dépatouiller » sur les moyens de faire de l’argent avec ses utilisateurs. Hormis vous faire acheter des émoticons en 3D ou vous évitez d’en avoir, de la pub. Et lui n’a pas Facebook derrière lui.

C’est fou comme ces brillants entrepreneurs de la Silicon Valley manquent d’inspirations quand il s’agit de faire rentrer de l’argent dans la maison. C’est pour cette raison qu’ils sont tous dans le numéro du serpent et la course au chiffre pour se faire racheter par plus gros et plus riche que soit. C’est bien dommage pour Internet que peu de gens arrivent à tirer en dehors de cette sphère « bullesque » qui n’a pas beaucoup changé depuis les années 2000.

Bien que Kevin nous parle toujours d’Instagram comme une entité indépendante au sein de Facebook, avec 60 personnes, l’essentiel du management de l’équipe vient de Facebook, donc il faudra bien s’attendre un de ces jours à un fusion définitive d’Instagram au sein de Facebook… Certainement une histoire d’écritures comptables, car il faut bien prouver dans les chiffres la permanence de la valeur du prix d’acquisition dans les comptes de Facebook, qui ne peut pas se permettre une quelconque variation de sa valeur en bourse, alors que la situation a plutôt bien été redressée à ce sujet.

Je pense ne pas avoir été le seul déçu par les réponses de Kevin Systrom sur ce qui va suivre pour Instagram, et ce n’était pas nécessairement lié à une baisse de forme de Kevin. Mais simplement, à l’exemple de la mise en place de la possibilité de poster des vidéos sur Instagram, le réseau social ne fait simplement plus tant le buzz, hormis le fait d’avoir une belle base installée qui continue sa route, pleines de « selfies » et autres « bouffies ». Et encore, vous n’avez pas vu Frontback, c’est pire que Barnum la-dedans.

Là ou je trouve que Kevin a raison, et pas uniquement pour Instagram : « Proximity and Location are the next opportunities ». La clé du succès notamment pour les applications mobiles, mais également les sites web associés, se trouve dans les moyens mis en oeuvre pour solliciter la proximités et tout ce qui est local. La monétisation, elle est quelque part par là ! J’ai cru rêver sino m’étrangler en entendant : “Don’t just think about data and how it benefits the company. Think about how it benefits the consumer.”. Je suis curieux de voir ce qu’Instagram pourra proposer à ses utilisateurs pour apporter le bénéfice de la données à l’utilisateur (un peu à l’exemple de Ness et son « machine learning ». Un éclair de lumière dans une interview trop teintée de « BS training », je suis désolé de le dire.

 

Petits échanges entre Om Malik et Jack Dorsey, CEO de la société Square

Om Malik, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, est un jeune homme de 47 né à New Delhi, désormais citoyen américain, et l’un des sages de la Silicon Valley depuis quelques années déjà. Fondateur du blog consacré aux nouvelles technologies GigaOm, un puissant média de la région, il ést également partenaire du fonds d’investissement True Ventures, qui investit essentiellement dans des startups en phase de démarrage.

C’est désormais le troisième épisode de la conférence Roadmap, organisée par Om Malik et son équipe. Om a la capacité de mettre les grands de cette Silicon Valley en confiance, et de nous gratifier d’échanges de très haut niveau, par sa capacité à examiner chaque sujet très simplement : le cloud, le mobile, le jeu, leurs business modèles, leur écosystème, et ceci loin de tout le brouhaha qui rend parfois un peu surréaliste la banlieue Sud de San Francisco. Mais il sait également amener ces confidences qui font la différence. Et avec Jack Dorsey, c’est du petit lait.

Jack Dorsey est un de co-fondateurs de Twitter, qui veut devenir le maire de New York, et qui a lancé en 2009 Square. Square est la société dont on parle le plus en ce moment. Non seulement parce que Jack Dorsey est un homme qui sait communiquer, et il y a beaucoup d’histoires dans les médias en ce moment. Mais aussi parce que Square est en train de bousculer violemment le monde du paiement sur téléphones mobiles.

La grande force de Square est d’essayer de « coller à la vie des gens » et de trouver les moyens de simplifier des processus très simples (le « end to end experience ») : « we want to meet our customers where they are », « nous voulons être à là où nos clients ont besoin de nous ». Tout le monde continue d’utiliser l’agent liquide, les chèques, ont besoin d’argent à tout moment. Les commerçants ont besoin de disposer d’autres d’informations que le montant de la transactions, mais également les quantités. L’équipe de Square passe énormément de temps à observer l’usage fait par les différents produits commercialisés par Square, car comme l’avoue Dorsey un peu naïvement, « nous ne sommes pas des commerçants, nous ne sommes pas des vendeurs »… d’où ce constant effort de simplification dans les produits proposés.

A l’image de cette nouvelle offre, Square continue sa marche en avant dans la simplicité et les usages en lançant Cash, qui donne la possibilité d’envoyer du cash vers d’autres possesseurs de “debit card” par un simple email. Il suffit de composer un email en indiquant l’adresse du bénéficiaire, mettre le montant dans l’objet et indiquer en copie cash@square.com et l’envoyer. Lors du premier envoi, l’utilisateur sera dirigé vers le site web de Square pour entrer son propre numéro de carte. Les applications iPhone et Android ne font que préparer l’email. Le produit est soit disant 100% sécurisé. Square n’est pas la première startup à proposer ce “produit”, mais le buzz autour de la personnalité de Jack Dorsey, par ailleurs co-fondateur de Twitter, en pleine préparation de son entrée en bourse, fait l’objet d’une revue de presse disproportionnée. Ce qui sert bien les intérêts de Square depuis le début, même si l’entreprise s’est staffée de hauts potentiels ces derniers temps.

Pour en savoir plus : https://square.com/cash

Le secret de Square ? La capacité de Jack Dorsey de capitaliser l’attention, les fonds ($341 millions à ce jour), les gros « poissons », je veux dire les gros profils (ex-Googler, Paypal, etc.), et une culture d’entreprise orientée vers l’exécution et le partage d’information (toutes les notes de réunions y compris les présentations des Board meetings sont partagées par les 600 employés). Si comme moi vous en doutez, écoutez Dorsey pendant son interview, et passez le au détecteur de mensonges. Bonne visualisation…

Une semaine dans la Silicon Valley : Fruition Sciences

Après le Gold Rush du 19e siècle, plus que jamais la Silicon Valley est un nouvel exemple du rêve américain version haute-technologies imaginé par la Californie, le paradis de la Côte Ouest des États-Unis. Mais il n’y a pas que Facebook et les startups dans la vie… ou presque. Une équipe de Canal+ composée de 5 femmes travaillant dans différentes fonctions transversales du groupe (communication, documentaire et marketing), a été choisie pour rencontrer des acteurs qui excellent dans leur domaine pour bouger les lignes, comme on dit chez nous. Voici ce que vous pourriez voir en une semaine passée dans la Baie de San Francisco, suivez le guide :)

Italie : 1, France : 0.

Non, ce n’est pas un remake de la finale de Coupe du Monde, c’est juste mon appréciation sur le combat des deux communautés qui se partagent un certain nombre de spécialités en commun : le fashion, la bouffe, et la façon dont elle s’en sorte dans la représentation à San Francisco. Ici, et aux alentours, à de rares exceptions, c’est l’Italie qui a su le mieux fédérer la culture italienne (malgré un nombre certain de fonctionnaires et autres représentants français en tout genre) dans cette bonne vieille ville de San Francisco qui sent si bon l’Europe par certains aspects. Les Italiens ont fait North Beach, un fabuleux quartier qui sent bon le café, les bons restaurants et le tiramisu, où il fait bon flâner le soir. La France, aveuglée par son exception culturelle, a bien du mal à percer hors de son territoire, sans doute trop obsédée par le « made in France », ça lui coupe les jambes ailleurs. Juste quelques restaurant avec des serveurs qui ne parlent pas la langue de Molière bien souvent, une église et des boutiques de luxe : ça ne suffit pas pour créer un quartier où il fait bon fleurer la baguette toute chaude.

Je parlais des exceptions : dans le domaine du vin, de la Napa ou Sonoma Valley, les marques françaises et les maîtres de chai sont nombreux. Et les malins entrepreneurs, aussi avec la belle équipe de Fruition Sciences qui est en train d’éduquer les viticulteurs de Californie à irriguer leurs vignes avec plus de sagesse. J’aime beaucoup écouter Thibaut Scholasch, Phd en viticulture, raconter son parcours, car des vignes, il en a vu à travers le monde (Chili, Australie, Californie et France bien sur) et il sait leur parler aux grains, c’est un « chercheur » qui sait parler aux plantes… Thibaut est à Oakland, Sébastien Payen, son associé, est à Montpellier. Sacré parcours aussi pour Sébastien, de Polytechnique à Berkeley… Ils couvrent à eux deux les plus belles régions que l’on puissent imaginer dans ce métier, et je vous laisse imaginer l’obstination qu’il a fallu à l’équipe pour convaincre des propriétaires Californiens de réfléchir à l’irrigation de leur vigne, dans un état où la facture d’eau n’est pas un problème, et les aspects environnementaux… pas un priorité ! Et ça marche, tant le nombre de propriétés ont été converties à leur technologie, et les plus prestigieuses. Mais chut, j’ai promis de ne pas partager de noms, restant confidentiels. En France, ça se développe aussi très bien. Le tout sans investisseurs… à quoi bon, l’entreprise a un très bon business model, fait du chiffre d’affaires, se rentabilise comme un grande. Et croît naturellement, comme une bonne vigne. Admirable, des exemples comme ça, on en veut plus !

Thibaut a un talent incroyable pour vous expliquer simplement ce que fait Fruition Sciences (et avec un sacré coeur…), et je vais essayer d’y être fidèle : des capteurs installés dans differents endroits sur la propriété « écoutent » comment les vignes « respirent » le soleil, c’est comme écouter le sang circuler dans les veines d’un être humain. Les données sont récupérées, analysées, transmises au propriétaire qui prend les décisions pour temporiser éventuellement l’irrigation de la vigne qui aboutira sur un « gros » ou un « petit » raisin qui va définir si le cru sera bon ou pas… car c’est au tout début du processus que se décide la qualité d’un cru. J’ai fait court, mais écouter Thibaut vaut le déplacement…

On flirte ici avec le biomimétisme dont j’ai déjà parlé avec Startup Nectar, et la « sustainability » si essentielle dans le monde d’aujourd’hui, car Fruition Sciences ne fait pas que permettre aux viticulteurs de mieux exploiter leur produit, mais également d’apprendre à se contenter des nappes naturelles pour s’alimenter en eaux et d’éviter ainsi de gaspiller une autre « piscine olympique », tant les quantités mises en jeu par hectare de vignes sont phénoménales.

 

 

Une semaine dans la Silicon Valley : Samasource

Après le Gold Rush du 19e siècle, plus que jamais la Silicon Valley est un nouvel exemple du rêve américain version haute-technologies imaginé par la Californie, le paradis de la Côte Ouest des États-Unis. Mais il n’y a pas que Facebook et les startups dans la vie… ou presque. Une équipe de Canal+ composée de 5 femmes travaillant dans différentes fonctions transversales du groupe (communication, documentaire et marketing), a été choisie pour rencontrer des acteurs qui excellent dans leur domaine pour bouger les lignes, comme on dit chez nous. Voici ce que vous pourriez voir en une semaine passée dans la Baie de San Francisco, suivez le guide :)

Je pourrai dire un jour : j’ai rencontré la future Présidente des États-Unis. Comment ? L’avenir le dira. L’Amérique est un drôle de pays, quand on songe aux relents racistes qui ont débordé sur Twitter lors de l’élection d’une Miss de beauté d’origine indienne  (une habitude pour le réseau social, dévidoir de ce qui parfois peut se faire de plus abject, via l’intervention humaine). Cela n’empêche pas des personnalités comme Leila Janah de faire avancer les nouvelles technologies en ayant toujours un oeil, et aussi un coeur dans un monde qui n’a pas autant de chances que les nombreux possesseurs de Tesla que l’on peut croiser sur la 101, qui défile le long de la Silicon Valley. C’est elle dont je parle.

Née à New York, grandit en Californie, décroche une bourse pour l’Université à l’âge de 16 ans, décide d’être professeur au Ghana, puis décroche son diplôme « d’African Development Studies » à Harvard. Travaille notamment à laWorld Bank au début de sa carrière, 2 années pour Incentive for Global Health, puis Care… pour enfin créer Samasource en 2008. Samasource s’appelait « Market for change ». L’idée est inspirée de son expérience avec la World Bank and le travaille fait sur le terrain au Mozambique, au Senegal, et au Rwanda alors qu’elle étudiait à Harvard.

En clair, Samasource donne du travail facile à exécuter sur Internet par des personnes ayant des capacités d’écriture en anglais sur des tâches assez basiques, qui trouvent preneur auprès de sociétés technologiques de la Silicon Valley, là où la technologie ne peut faire, un être humain prend le relais : Linkedin, Google, eBay, Intuit, notre startup IQ Engines. Pour du crowdsourcing par exemple. A l’autre bout de la chaîne, il y a une personne dans un de ces pays, au Nigeria, ou ailleurs en Afrique, en Inde, qui a réussit à mettre en place une installation fournissant un ordinateur en bon état de marche avec un accès à Internet. C’est amener un travail là où il est plutôt rare, ou une deuxième chance pour reprendre des études… Le genre d’histoire qui change la vie et que l’on a envie d’entendre plus souvent.

Leila voit loin, plus loin. Speaker dans de nombreuses conférences, désignée parmi les femmes qui comptent dans la Silicon Valley autour des nouvelles technologies, elle voit en « sama », qui signifie « égalité » en sanscrit, un terrain de progression social et de collaboration avec des pays qui ont besoin du soutien. »Dignify the work on Internet ». Ecoutez ces témoignages, il est permis de pleurer si vous sentez la douce joie qui s’y transmet.

SamaHope est le récent projet de Leila, qui vise à permettre de financer des docteurs intervenant dans les « pays du Sud » afin de soigner des patients qui ne bénéficient pas de moyens suffisant pour se soigner correctement. Un contre-pied à Watsi dont j’ai déjà parlé, car il n’est point question avec SamaHope de « publiciser » les personnes en recherche de fonds pour se soigner, mais bien de donner les ressources là où elles sont indispensables, à travers des professionnels qui ont besoin de matériels et de produits pour soigner et opérer.

En bonne américaine, Leila n’oublie pas les problèmes rencontrés dans cette bonne ville de San Francisco, où malheureusement les nouvelles technologies ne donnent pas un travail et à bouffer à tout le monde, contrairement à ce que l’on pense depuis certains « écosphères », et il y a une division de Samasource qui est en place dans quelques quartiers très défavorisés de la ville comme Bayview.

L’autre chose qui m’étonne, c’est que la communauté de langue française soit absente de ce type d’actions, et je suis certain que Leila veerait la chose se faire d’un bon oeil. Qu’est ce qu’on attend ?!

 

Une semaine dans la Silicon Valley : Techshop

Après le Gold Rush du 19e siècle, plus que jamais la Silicon Valley est un nouvel exemple du rêve américain version haute-technologies imaginé par la Californie, le paradis de la Côte Ouest des États-Unis. Mais il n’y a pas que Facebook et les startups dans la vie… ou presque. Une équipe de Canal+ composée de 5 femmes travaillant dans différentes fonctions transversales du groupe (communication, documentaire et marketing), a été choisie pour rencontrer des acteurs qui excellent dans leur domaine pour bouger les lignes, comme on dit chez nous. Voici ce que vous pourriez voir en une semaine passée dans la Baie de San Francisco, suivez le guide :)

DIY. Do It Yourself. Mon premier contact avec ce terme remonte à l’époque où je faisais des rapports de veille pour un grand distributeur dans le bricolage à qui on est en train de casser le business à défaut des pieds parce qu’il ouvre ses magasins le dimanche. Mais je m’égare… DIY, dans le monde du bricolage, c’est donner le pouvoir au consommateur de faire tout soi même dans la maison. Dans le monde tout court, c’est donner un chance au individus de se prendre par la main et de créer de ses propres mains un produit, pourquoi pas créer une nouvelle activité. Dans cette catégorie il y a ce que certains appellent ça des « FabLab ». Techshop, c’est plus que ça. Ce n’est pas un effet de mode. Ca a pignon sur rue, à San Francisco. Il n’y a pas de sponsors derrière, juste des gens passionnés par leurs matières (le bois, l’acier, le tissu, le plastic…) qui vont vous aider ou vous apprendre à utiliser le matériel disponible que vous n’avez pas les moyens ou les ressources pour les accueillir.

C’est donc un lieu d’apprentissage : il y a toute sorte de cours disponibles pour travailler les matières, se servir de logiciels complexes, pour faire des prototypes, pour faire de l’électronique, pour se servir d’une imprimante 3D… Il suffit de devenir membre pour un peu moins de $200 par mois pour être en mesure de prendre des cours afin de se lancer ensuite dans sa propre production. Pour pouvoir aller plus vite sur certains types de matériels qui ont leur liste d’attente (une spécialité bien américaine), il faut débourser parfois quelques $ supplémentaires. Il y a 7 locations à ce jour aux États-Unis, et l’atelier de San Francisco notamment présente du sérieux matériel prêt à être utilisé.

Techshop a son lot de « success stories » : la DodoCase, une couverture pour iPad lancé en 2010 conjointement au produit d’Apple qui, selon la légende, a rapporté $1 million de revenus en 90 jours. James McKelvey y aurait conçu les fameux lecteurs de cartes bancaires de Square, l’autre société de Jack Dorsey, un des fondateurs de Twitter. Il y le kayak en mode origami Oru qui a levé $440.000 sur Kickstarter. Il y a aussi certaines grosses entreprises implantées localement comme Levis ou Nike qui viennent s’inspirer des bonnes poussières régénérescentes à San Francisco pour bricoler quelques spécimens qui deviendront les produits de demain.

On peut se mettre à rêver : imaginer des bassins d’emploi en danger avec des tas de main d’oeuvre qualifiés se prendre au jeu de poursuivre dans leur expertise en entrant dans le Techshop spécialement mis en place dans la région, améliorant ses connaissances et se mettant à apprendre un nouveau métier, se mettant à vendre ses produits. Un peu à l’image du Techshop ouvert en 2010 à proximité de l’usine Frod de Detroit, vous savez, la zone sinistrée dont on a beaucoup entendu parler ces dernier temps dans les médias. On commence par Aulnay ? Plutôt que payer des gens à rien faire, redonnons leur confiance dans leurs dix doigts. Pas besoin de lire Makers, le livre de Chris Anderson pour se mettre à bouger les lignes, comme nos hommes politiques le disent si bien (sachant que la seule qui les intéresse, c’est souvent leur ligne de crédit bancaire).

Ca tombe bien, Techshop débarque en Europe, et en France, pour le coup ! Si cela peut contribuer à créer de nouvelles vocations et continuer de pousser le tissu des TPE à travers le pays, ce ne serait qu’une bonne chose pour les courbes du chômage chères à notre bien aimé Président. Il n’est pas encore très clair sur la façon dont Techshop va arriver sur notre territoire, mais mon petit doigt me dit que Grenoble n’y sera pas étranger, et que le nom de Saclay semble être sur le dossier.

A suivre…

 

Une semaine dans la Silicon Valley : Ocean’s Halo

Après le Gold Rush du 19e siècle, plus que jamais la Silicon Valley est un nouvel exemple du rêve américain version haute-technologies imaginé par la Californie, le paradis de la Côte Ouest des États-Unis. Mais il n’y a pas que Facebook et les startups dans la vie… ou presque. Une équipe de Canal+ composée de 5 femmes travaillant dans différentes fonctions transversales du groupe (communication, documentaire et marketing), a été choisie pour rencontrer des acteurs qui excellent dans leur domaine pour bouger les lignes, comme on dit chez nous. Voici ce que vous pourriez voir en une semaine passée dans la Baie de San Francisco, suivez le guide :)

Des histoires de copains, il y en a pléthore dans la littérature, au cinéma… Et dans la tech, dans la Silicon Valley ? Laissez moi vous raconter celle-ci… Il était une fois un banquier du Texas, qui avait émigré en Californie pour son next job. Il avait été impressionné par ses sandwich enroulé dans du seaweed (des algues de mer en français, dont certaines sont comestibles) que ses enfants lui faisait gouter parfois… Robert est une homme d’une grande curiosité et joie de vivre, ça se sent dès qu’on le rencontre. Nous garderons le début de l’histoire secrète, mais toujours est-il que ces longues sessions de barbecue entre amis, une affaire courante en Californie, vont devenir le prétexte à des expérimentations gustatives pour tenter de répondre à un problème culinaire majeur ici : les snacks. Vous savez, ces pommes de terre ultra-salées que l’on vous vend par paquet, bien grasses, et franchement, on les avale et les kilos déferlent.

Nous sommes en 2011. Notre « seaweed » va devenir l’obession de 4 pères de famille de la Silicon Valley, qui se sont rencontrés  au moment de récupérer leurs enfants  à l’école, avec des profils tout à fait différents. Comme le dit l’histoire, certains de culture « pomme de terre », d’autres de culture « seaweed »(vous savez, en Asie). L’un banquier donc, un VP de Facebook, un autre un ancien VP de Yahoo!, et le dernier vie en Asie… Ils vont construire de A à Z un produit sain, écolo, au bon goût, trouvant dans un premier temps au large de la Corée les meilleurs matières premières, la société de « co-packing » qui conviennent à Chicago (indépendante, prête à se lancer dans une aventure un peu dingo, et « verte »). Les goûts seront variés : « Texas BBQ » of course, « Sweet Onion », « Hot & Spicy », 6 au total… Le packaging sera respectueux de l’environnement (et donc compostable). Et ça marche !

Sponsoring d’un évènement de concours de sculpture de sable sur une plage de San Francisco, la société New Frontier Foods, la société derrière Ocean’s Halo, reversant 2% de ses profits à des organisations comme le Monterey Bay Aquarium… tout y est ou presque, il ne restait plus que de s’assurer de l’intérêt des consommateurs pour ce type de snack, qui ne veut pas remplacer vos bonnes chips mais apporter un brin de fraîcheur et d’embruns… de nouveauté, quoi !

Ca semble bien parti : en vente depuis début octobre chez Mollie Stone’s notamment, bien implantés dans la Baie de San Francisco, nos amis ont déjà recruté un spécialiste de 20 ans du placement de snacks dans la distribution, et viennent de prendre un bureau supplémentaire dans leur quartier général de Burlingame… Pourquoi tant de boucan pour des nouveaux paquets de chips ? Après des histoire comme La Boulange, une société de boulangerie « made by french » rachetée $100 million par Starbucks, Ocean’s Halo à qui ont souhaite plein de bonheur tant leur foi est communicative et leur produits sont bons, il y a de la place dans la Silicon Valley pour autre chose qu’un nouveau Facebook, et ça fait du bien d’y croire. On prend également conscience qu’avec une Silicon Valley variée, riche (soit) et très « open minded » (à l’état d’esprit ouvert…), il y a de la place pour inventer de nouveaux produits avec autre chose que des lignes de codes.

On en redemande…

Une semaine dans la Silicon Valley : Soil IQ

Après le Gold Rush du 19e siècle, plus que jamais la Silicon Valley est un nouvel exemple du rêve américain version haute-technologies imaginé par la Californie, le paradis de la Côte Ouest des États-Unis. Mais il n’y a pas que Facebook et les startups dans la vie… ou presque. Une équipe de Canal+ composée de 5 femmes travaillant dans différentes fonctions transversales du groupe (communication, documentaire et marketing), a été choisie pour rencontrer des acteurs qui excellent dans leur domaine pour bouger les lignes, comme on dit chez nous. Voici ce que vous pourriez voir en une semaine passée dans la Baie de San Francisco, suivez le guide :) C’est amusant comme parfois le monde de la grande entreprise et le monde des startups à tendance à se croiser. À ma droite, Parrot et son patron de génie qui décide de se lancer dans de nouveaux produits digitaux conçus par ce qui se fait de meilleur comme designer, comme Philippe Starck : le Zik, le Zikmu… Même le nom laisse penser à un industriel en pleine crise d’adolescence. Alors forcément on passe ensuite au gaming avec le Drone, c’est logique. Il ne manquait plus que mixer du bluetooth avec un iPhone et des plantes vertes : le Flower Plant est né, à l’occasion du CES de janvier dernier à Las Vegas, après le rachat d’une certaine société Plantsense, basée à San Francisco, sans tambours ni trompettes. Pendant ce temps, à San Francisco… un certain Jason Arumburu, travaille depuis 2006 sur la problématique du carbone dégagé par les plantes pour produire de l’électricité carbone négatif, ce qui l’amène à farfouiller dans le sol et ses variations climatiques, après deux années de recherche à l’Université de Princeton passées sur un sujet similaires. Il n’en a pas fallu plus d’une rencontre avec Yves Behar, un entrepreneur et designer vedette dans le monde des technologies, pour imaginer un produit qui sorte les plantes de leur ordinaire en imaginant un appareil permettant de produire des produit organique dans de meilleurs conditions. Ca ressemble à la même chose que la Flower Plant, mais le message est plus large, et le marché recherché est plus important : normal, Soil IQ est une startup, et pour se faire entendre, elle doit crier plus fort. Et Soil IQ insiste notamment beaucoup plus sur les données, le nerf de la guerre du web de demain… et de déjà aujourd’hui ! En même temps, en cotoyant Jason, on se met à l’aimer tel ce David du capteur hydrométrique face au Goliath de la plante à la maison, c’est normal, on prend souvent partie des plus faibles. Mon petit doigt me dit que Goliath boude un petit peu David, et qu’il n’a pas envie de voir le bout de son petit nez, même en venant faire un tour à San Francisco lors d’une visite de courtoisie pour une réaliser une courte démonstration lors d’une conférence locale… Très français dirait-on, comme attitude. Mais le plus marrant dans l’histoire, c’est que Soil IQ s’est vu incubé un trimestre cette année par un opérateur français qui a pignon sur rue à San Francisco, et que Jason va avoir l’occasion de faire un petit tour à Paris avec ses collègues incubés lors d’une journée de démonstration le mois prochain… Je ne serais pas surpris de voir un des représentants de la Flower Plant verte tourner autour du capteur orange conçu par Yves Behar.

Une semaine dans la Silicon Valley : Startup Nectar

Après le Gold Rush du 19e siècle, plus que jamais la Silicon Valley est un nouvel exemple du rêve américain version haute-technologies imaginé par la Californie, le paradis de la Côte Ouest des États-Unis. Mais il n’y a pas que Facebook et les startups dans la vie… ou presque. Une équipe de Canal+ composée de 5 femmes travaillant dans différentes fonctions transversales du groupe (communication, documentaire et marketing), a été choisie pour rencontrer des acteurs qui excellent dans leur domaine pour bouger les lignes, comme on dit chez nous. Voici ce que vous pourriez voir en une semaine passée dans la Baie de San Francisco, suivez le guide :)

Qu’est ce qui va changer le monde dans 10 ans, spécialement venant des nouvelles technologies ? Ce n’est pas seulement le thème de la prochaine conférence LeWeb de décembre prochain, mais une véritable interrogation pour un certain nombre de personnes se penchant sur la question. Mark Zuckerberg ? Certainement pas, déjà trop riche et corrompu dans ses propres principes, comme le démontre clairement l’initiative Internet.org de mon point de vue. Les théoriciens de la nouvelle économie, qui nous refont la startup en mode « lean », en mode « incubation », et tout ces nouveaux gourous de la Silicon Valley ? Peut être.

J’ai envie de parler de biomimétisme, et de Lina Constantinovici. Quel est la preuve la plus évidente preuve d’innovations qui nous ait été donnée à ce jour sur cette planète ? Non, ce n’est pas Google, désolé. La nature. La nature regorge de milliards d’innovations. L’espèce humaine n’en a pas fini de chercher de la déchiffrer, mais en plus de la détruire, décennies après décennies, elle n’est même pas capable de s’en inspirer, ou si peu. Ce n’est pas le cas de Lina. C’est son outil de travail. À travers Startup Nectar, elle donne sa chance à des entrepreneurs à travers le monde qui utilise les mécanismes naturels pour innover dans des produits qui seront être utilisés dans la vie courante. C’est le concept de biomimétisme : le transfert et l’application de matériaux, de formes, de processus et de propriétés remarquables observées à différentes échelles du vivant, vers des activités humaines.

Il y a tant à apprendre de la nature, à chercher à exploiter les synergies produites par la nature pour de nouveaux designs de produits, de nouveaux processus de production.A tire d’exemple, qui pourrait imaginer Mercedes s’inspirer d’un poisson-coffre pour produire en 2008  un véhicule bénéficiant d’une aérodynamique conduisant à des économies en terme de consommation de carburant ?! Ou encore que la West Japan Railway Company s’inspirerait d’un martin-pêcheur pour mettre fin à ce bruit incontournable du Shinkansen Bullet Train dû à la pression d’air lors de l’entrée dans les tunnels ?

La mission de Startup Nectar est d’apporter un nouveau prototype de support aux entrepreneurs pour créer un meilleur futur, créer un nouvel écosystème. Les rôles traditionnels des incubateurs sont d’ouvrir des débouchés de pipeline de business ou de tours d’investissement, pour la faire courte. Startup Nectar cherche à aider les entrepreneurs à développer leur « full curriculum » et amener la valeur de retour appropriée en terme de produit final, et développer une totale expérience d’apprentissage. Évidemment, il est question ici de développement durable. Ainsi, Nikhil Arora et Alejandro Velez, appelés « mushroom guys« , récupèrent le marc de café chez Peet’s Coffee & Tea pour en extraire un produit qui sera utilisé à faire pousser des pleurotes chez soi. Parmi les projets financés par Startup Nectar qui sont pour le moment essentiellement dans le domaine d’innovation autour de l’eau, je citerai une équipe Égyptienne appelée Dromedarily Sustainable a développé un système d’irrigation dans la région de Faiyum s’inspirant de la façon dont la girafe transporte l’eau à travers son cou… simplement fascinant.

A écouter Lina, même Detroit pourrait se transformer en lieu d’innovation. Tony Hsieh et son projet Downtown Vegas n’aurait qu’à bien se tenir. Il y a des exemples dont on parle moins et qui sont tout autant impactant… sinon plus. Avec un peu de chance, vous pourrez entendre Lina plus longuement à Paris. N’en déplaise à Xavier Niel et son projet des « mille et une startups », ce ne sera pas la quantité qui fera la différence, mais la méthode. Il est temps de voir aussi à travers la nature une nouvelle forme d’écologie dans cet écosystème des startups. Coder, c’est bien, observer et répliquer, pour le meilleur de l’Homme, c’est mieux.

La société est basée au 1201 Ralston, 2nd floor, à San Francisco, dans le Parc Presidio, dans un bâtiment qui vient d’être remis aux normes écologiques.