L’article de l’invité du jour : connaissez vous Friendica ?

Joris Toro, Consultant en qualification (de logiciel dans le secteur financier), passionné de logiciel Open Source, m’avait contacté à l’occasion d’un article sur App.net. Dans le Journal de la Silicon Valley, en bon Californien, nous sommes ouverts à laisser la parole à des passionnés 🙂

Voici donc un article qu’il a préparé sur Friendica…

“Ce matin après plusieurs mois d’effondrement en bourse, le Nasdaq anticipe la fin de Facebook n’évaluant son action qu’à quelques centimes de dollars. Le site est déjà saturé par des millions d’utilisateurs, craignant de perdre leurs données comme ce fut le cas avec la fermeture de megaupload, qui essayent désespérément de récupérer leurs informations personnelles, avant la fermeture de plus en plus certaine de ce qui a été une révolution dans nos manières de communiquer.”
Bien sûr ce scénario catastrophe, pourtant déjà suggéré par des économistes, n’est pas prévu pour demain.
Néanmoins il est sage de se poser la question, pour cette raison, ou pour bien d’autres : comment pouvons nous remplacer Facebook ?

Le choix se pose donc entre des gratuits comme Google +, qui promet de retrouver tous les services google au sein de son réseau social, des payants comme app.net, qui garantit un monde sans publicité, ou enfin les Open Souce comme Diaspora ou plus récemment Friendica.

Je vais donc m’arrêter sur ce dernier qui propose une révolution des réseaux sociaux.
En effet sa nature Open Source rend Friendica modifiable par tous, ce qui facilite la création de thèmes, et de fonctionnalités.
Il va s’en dire qu’il est gratuit et sans publicité.
  

Exemples de thème (cliquez pour agrandir)

Mais ce n’est que le début !
Cette petite merveille est décentralisée. De la même manière que vous pouvez écrire des e-mails à vos contacts ayant des adresses mails délivrées par d’autres hébergeurs, vous pouvez être connecté avec vos amis peu importe l’hébergeur (et même vous héberger vous-même).
D’ailleurs ce réseau social est compatible avec d’autres réseaux sociaux libres tel que Diaspora puisqu’ils visent à utiliser le même protocole.
Parallèlement à ça, vous pourrez apparaître sur le répertoire mondiale afin que vos amis puissent vous retrouver, si vous le souhaitez.
En conséquence de cette décentralisation, et à plus forte raison si vous vous hébergez vous même, vous aurez une meilleure maîtrise de vos données, elles ne pourront plus vous échapper ou être exploitées par des tiers.

D’accord, mais moi j’ai déjà mes contacts sur d’autres réseaux sociaux
Raison de plus ! Friendica vous permet de regrouper tous ces réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Status.Net etc… )  au même endroit.
De plus, vous pouvez y intégrer vos flux RSS afin de suivre l’actualité de vos sites préférés, et même vos mails !
En effet, vos contacts qui ne sont adhérant d’aucun réseau social ne sont pas exclus de vos cercles, ils sont accessibles à travers Friendica en entrant simplement leur adresse e-mail. De cette manière, en plus de retrouver vos mails à leur endroit habituel, vous pouvez associer ces contacts à vos statuts. Ils les recevront simplement par mail et vous verrez apparaître leur réponse dans votre fil d’actualité.
A noter que vous pouvez également intégrer Friendica à votre blog (WordPress) ainsi qu’à OpenStreetMap pour la géolocalisation.
Il est également possible d’ajouter la fonctionnalité de messagerie instantanée permettant de discuter à tous vos contacts utilisant le protocole Jabber (XMPP) comme le font entre autres Facebook, Google…
Bref, de nombreuses fonctionnalités sont accessibles par le biais d’addons !


Il existe bien sûr une application Friendica pour android, qui vous facilitera l’accès depuis votre smartphone ou tablette.

Votre sécurité n’est pas en reste puisque le logiciel permet que vos données transitent entre les différents serveurs à travers un “cryptage militaire”.

Terminons par un dernier point qui vous permettra d’appréhender la volonté d’innovation qui anime ce logiciel : Friendica souhaite redéfinir la manière dont vous appréhendez les personnes que vous connaissez (ou pas).
Il s’agit d’aborder la chose en dépassant la dualité trop simpliste “ami”/”pas ami”, en déterminant des degrés dans la relation ce qui impactera les autorisations que vous aurez prédéfinis.

Evidemment comme tout logiciel il reste perfectible, mais la communauté s’y emploie avec enthousiasme, et bénévolement s’il vous plait !
Nul doute que ce logiciel donne déjà satisfaction également en tant que réseau social d’entreprise. Et peut-être que demain, l’école de vos enfants leur proposera de rester en contact avec leur classe de cette manière !

En attendant vous pouvez choisir le l’hébergeur de votre choix, il y a même un serveur de démonstration dont les comptes ont une durée d’expiration limitée pour essayer, ou l’installer sur votre propre serveur, à vous de jouer 😉

La startup du jour : Producteev, rachetée par Jive Software

Novembre 2008 : première prise de contact avec Ilan Abehassera, jeune entrepreneur de 28 ans, qui un peu à contre-courant (alors que la Silicon Valley en fait réver plus d’un) a lancé sa startup à New York. Il recherche un CTO, on en discute. Ça n’ira pas plus loin, mais c’est une bonne prise de contact, et je trouve Ilan plutôt clair et précis dans ce qu’il cherche, où il veut aller.

Sa société : Producteev, créée en Juillet 2008, développe une application de Gestion de Tâches collaboratif.

Novembre 2012 : Jive Software. Basée à Palo Alto, $11,20 au NASDAQ (cotée depuis Février 2012), $51 Millions de CA à fin Juin, pas encore à l’équilibre, 500 salariés, et une des sociétés en pointe dans le domaine de l’Enterprise Social Software, qui permet aux entreprises de communiquer avec les nouveaux outils que sont les réseaux sociaux. Pour aider à construire l‘entreprise du 3e type dont rêvait Hervé Serieyx, pour ceux qui ont lu l’ouvrage.

Aujourd’hui, Jive vient de racheter Producteev, en même temps qu’une une autre startup de San Francisco. Peu importe le montant du rachat, je laisse cette information aux gossips de la Valley. Jive a levé $57 Millions, Producteev $1,3 Millions. Producteev va venir enrichir l’offre de Jive Software, et je l’espère continuer à améliorer ses services, au moins pendant la classique période du earn-out qui contraint le fondateur de la société rachetée à continuer à developper son activité.

Ce que je retiens de ce rachat, et ce qui compte selon moi :

– une société de 50 personnes, même basée à Palo Alto, la Mecque du software, va chercher dans une autre (plus petite) startup les éléments manquants qui lui prendront trop de temps à développer elle même, ainsi va la technologie : il faut aller vite (gros clin d’oeil au Made in France qui a beaucoup à apprendre de ce type d’exemple),

– si on veut se lancer dans une startup, il faut avoir une idée bien précise de la niche que l’on adresse, avoir su observer pour ne pas se lancer dans un domaine encombré, ou bouché, ne pas en dévier, et viser l’excellence,

– on ne brûle pas les étapes, et on doit avoir les moyens de ses ambitions, par exemple ne pas arriver en bout de course de développement sans avoir les fonds pour poursuivre. Pour cela, il faut savoir utiliser les bonnes technologies qui permettront d’aller vite,

– savoir communiquer autour de son entreprise.

C’est aussi, pour beaucoup de gens familiers de cette vague des Français startupers parti réussir aux États-Unis, la « réussite d’un petit frère », la réussite d’un entrepreneur jeune et talentueux, attachant et passionnant (aussi parce que je commence à me sentir paternaliste dans ce milieu de jeunes entrepreneurs, lol), la réussite d’une équipe soudée et enthousiaste. Voilà le souvenir que j’ai de cette V1 de Producteev que j’ai eu le plaisir de croiser plusieurs fois.

Aussi, petite revanche personnelle d’un combat d’arrière-garde avec Ilan pour expliquer que le seul endroit qui compte dans les nouvelles technologies c’est bien la Silicon Valley, et non New York comme il veut bien le dire souvent, toute l’équipe va visiblement s’installer à Palo Alto (6 personnes en tout). Je te l’avais dit Ilan 🙂

Mais bon, c’est toi qui a gagné, Ilan. Bravo.

Avec lui, c’est aussi un bel exemple de la France qui gagne. Ailleurs qu’en France, et alors ?! C’est le résultat qui compte, la forme aussi, mais ne restons pas figés dans les clichés, point de nationalisme à outrance, juste une belle histoire. Ce sont des investisseurs Français qui gagnent, aussi. Alors que ce succès en appelle d’autres, à Paris, New York ou Palo Alto. La France la vaut bien.

L’actu High Tech de la semaine : The Fancy, Lucas Film, Kickstarter, Twitter, Yahoo!

Une nouvelle rubrique pour donner la température de la Silicon Valley, et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi: Fancy, concurrent de Pinterest, lève $26,4 Millions

Alors que beaucoup de monde se demande comment Pinterest a réussi à générer autant de buzz (visiblement le site a perdu un peu de traction, mais reste tout de même dans le top 40 mondial…), et surtout ce que les marques peuvent en faire (une aubaine pour les Think Tank du digital), et après avoir fait tourner la tête à certains investisseurs ($138 Millions levés à ce jour) et à Rakuten, un des leader Internet au Japon, c’est au tour de Fancy, le site propulsé par la société Thing Daemon, de continuer sa récolte de $ Millions, après avoir reçu quelques $10 Millions de la part de François-Henri Pinault. Qui a dit qu’il n’y avait pas d’argent auprès d’investisseurs en France ? Ils n’ont pas tous passé la frontière, ou la Manche, allons…

C’est quoi, Fancy ? De la curation de style. Oui, le style, ça se cure aussi, Monsieur.

Mardi: Lucas Film, c’est désormais la Walt Disney Company aussi…

Pour $4,05 Billions, la Guerre des Étoiles rejoint Mickey. Et pour l’anecdote, non seulement heureux de passer la main à de nouvelles générations de réalisateurs, George Lucas a émis le voeu de verser le montant de la vente dans une fondation pour des oeuvres de charité dans le domaine de l’éducation… et va se consacrer à la réalisation de films plus personnels. Quel seigneur ! Vive l’Amérique !

 Mercredi: Kickstarter à l’assaut de l’Europe… via Londres, of course !
Une fois n’est pas coutume, la ville de Londres va accueillir la startup Kickstarter, dont le but est d’aider les projets créatifs à trouver son financement à travers le grand public. La startup New-Yorkaise va rejoindre bon nombre de sociétés Américaines à braver le mépris (courtois mais réel…) de nos amis Britanniques pour commencer leur expansion internationale dans le pays Européen où l’anglais est le plus répandu. Que c’est logique. En tout cas, je suis curieux (et impatient) de voir le site passer à des langues plus latines (genre le Français) et attaquer des communautés réputées par définition plus créatives… et des donateurs éventuellement plus pingres, à moins d’un régime fiscal qui serait spécialement adapté pour favoriser le crowd-funding (le Financement Participatif en bon Français)… On crée un groupe sur Facebook ?
 Jeudi: Twitter, outil de statistiques pour la politique ?
Pas de panique, il s’agit simplement d’un outil de mesure de l’engagement de ses utilisateurs dans le cadre des élections Nord-Américaines qui battent leur plein… nous sommes sauvés. Vous imaginez, un vote qui serait exprimé par un tweet ?! Je n’ose imaginer le re-tweet de vote, le message direct d’influence de vote, … pour une Démocratie Digitale ?! Point sur…
 Vendredi : Yahoo!, c’est comme à la Samaritaine, il s’y passe quelque chose tous les jours !
Pas une journée ne se passe sans qu’il y ait quelque choses à raconter chez Yahoo!, où Marissa Mayer, nouvelle CEO transfuge de Google, vient de nommer un nouveau patron de sa Division Mobile en la personne d’Adam Cahan, l’homme qui avait précédemment fondé la société Intonow, une application permettant de reconnaître les programmes depuis sa télévision avec un smartphone, rachetée par Yahoo! en Avril 2011. Pourvu que ça se passe mieux que pour la Samaritaine, soit dit en passant. Le mobile, le future de Yahoo!, selon Marissa. A suivre, on a déjà entendu ça quelque part.
Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Revolution of Education! Grantoo, la startup de la semaine

Chaque semaine, une thématique qui fait l’actualité en France (ou ailleurs), et la réponse apportée par une startup de la Silicon Valley… Après l’emploi avec Ekwity, l’éducation cette semaine avec Dimitri Sillam, co-fondateur de la société Grantoo, établie à Sa Francisco.

Après la crise financière de la subprime aux États-Unis, il y a une autre crise qui couve : l’endettement des étudiants Américains. Ce n’est pas uniquement le coût de la formation qui est en cause, que l’on peut considérer avoir doublé depuis les 30 dernières années selon certaines études, mais la grande facilité accordées par les banques Américaines qui se jettent sur les futurs endettés sans nécessairement se préoccuper de leur situation financière (historique bancaire, revenus professionnels, etc.) comme à la belle époque où des milliers d’Américains ont pu accéder à la propriété sans forcément avoir les épaules assez solides… ce qui s’apprécie naturellement à l’ouverture d’un dossier d’emprunt. Avec la crise, qui sévit aux États-Unis comme ailleurs, c’est encore (pour le moment) la course aux diplômes, et il y a fort à parier que pour certains étudiants l’entrée dans la vie professionnelle risque d’être problématique.

La jeunesse, c’est l’avenir d’un pays, et comme qui dirait, il y a comme un problème à ne pas jouer les gardes-fous…

Sans forcément résoudre ce problème, la startup Grantoo s’attaque à un problème qui est liée : trouver des sources de revenus additionnels pour les étudiants. Noble tâche ! Je tiens à préciser que Dimitri a trouvé les ressources de financement de sa startup Américaine en France. Just saying!

 Dimitri Sillam, à gauche ici avec Mikhael Naayem

L’Express: Qu’est-ce qui t’as pousse à développer une startup dans le domaine de l’education ?

Grantoo : J’étais étudiant aux États-Unis et je me suis rendu compte qu’il y avait un réel problème de financement pour une grosse majorité des étudiants américains. Nous pensons qu’un monde éduqué est un monde meilleur, alors nous avons imaginé une solution qui pourrait permettre aux élèves ne pouvant plus se permettre de payer leurs études, de rester a l’Université. 

L’E. : Quels sont les leviers que tu vois coté annonceurs, et les bénéfices coté étudiants, en quelques chiffres ?

Gr. : Les étudiants sont une niche appréciée et valorisée auprès des annonceurs, car c’est une époque charnière dans la vie d’un consommateur.  C’est au moment des études que les étudiants feront leur choix de consommation (banque, vêtements, boissons etc..) et pour la plupart resteront fidèles à ces marques. Il est donc primordial pour une marque de se faire reconnaitre et de se faire apprécier de la niche étudiante. 
Coté étudiant, on leur demande de faire ce qu’ils aiment : jouer a des jeux en ligne ou sur téléphones mobiles pour répondre a un besoin : financer leurs études. 

L’E. : Le gaming, tu penses que cela peut changer la donne en terme d’engagements ?

Gr. Les joueurs sont généralement très engagés lors d’un jeu, c’est divertissant et compétitif à la fois. Pour une marque, faire du marketing sur un jeu rend l’engagement plus important car la marque associée dispose de quelque chose que le joueur aime faire. 
Encore faut-il avoir une solution marketing pertinente et efficace pour maximiser le ROI, et pour cela… il y a Grantoo !
 
Je m’excuse par avance pour les barres noires de chaque coté, je commençais à peine à utiliser SocialCam 🙂
Lien vers un article publié récemment dans LeMonde.fr, et une récente émission sur la radio LeMouv.