Mes réflexions autour de la visite de Fleur Pellerin à San Francisco

Elle est venue, ils sont tous là, pour le point presse ce mardi 4 juin 2013. On l’attendait depuis quelques mois, elle est enfin venue. La visite d’un Ministre en charge de l’Économie Numérique à San Francisco, c’est un peu comme un pélerinage d’un musulman à la Mecque : indispensable pour un ministère réussi. Plus que pour ses prédécesseurs, il y avait une curiosité positive à ce voyage, et en ce qui me concerne, et aux yeux de beaucoup, nous n’avons pas été déçus.

Les raisons du succès

On peut en citer plusieurs, mais la principale est liée à la personnalité du Ministre : Énarque, et donc femme de dossier, il n’en reste pas moins qu’à l’occasion dc cette rencontre avec les journalistes, bon nombre de ses remarques ont fait mouche et ont tranché avec le soporifique discours que l’on a pu entendre par le passé. « Il n’est pas question de créer une Silicon Valley à la Française. Cet écosytème a mis des années à se mettre en place, et c’est non répliquable » : tel fut le résumé de sa réponse à la question bateau des journalistes locaux présents. Les dossiers qu’elle a pu défendre à Paris (mis à part la nomination surprise de Tariq Krim pour une mission sur la cartographie des talents émergents de la filière numérique et une prise de position un peu naïve sur le dossier AppGratis face au rejet d’Apple de son application de l’AppleStore, de mon point de vue) ont montré un sans faute qu’elle a confirmé ici. Le tête à tête avec des entrepreneurs Français installés récemment à San Francisco, sans présence de média, avec notamment Carlos Diaz qui a été impliqué dans cette bruyante histoire des « pigeons », a visiblement séduit, à en croire les tweets que l’on a pu lire de certains a posteriori. Ensuite, on ne peut nier qu’une alternance politique est également une bonne chose, puisque la Ministre à eu un parcours quelque peu différent des précédents Ministres de droite, ce qui a permis de donner la parole à des personnes qui ne s’expriment pas toujours en direct aux représentants du Gouvernement. Enfin, le programme concocté par le Consul Général de France Romain Serman a été lui aussi bien complet, la Ministre n’hésitant pas à « affronter » une horde de VCs américains, ou à rencontrer la charismatique Sheryl Sandberg de Facebook. Toutefois, point de CEO de Twitter, une faute de goût  de leur part, je trouve, ou de Google, mais ça, c’était prévisible. Sinon pour être presque complet, il y eut aussi Salesforce, Airbnb, Intel, et une rencontre avec Bertand Diard, le CEO de Talend. Tout ça en 2,5 jours.

Point de Marissa Mayer…

L’affaire DailyMotion, on s’en fout

Deuxième réflexe des journalistes locaux, « Est ce que l’on vous a parlé de DailyMotion ». On a compris que vous essayez de lui faire passer un message, Messieurs les journalistes, sachez qu’elle a bien intégré ce qui se passe ici, et justement, elle est là pour évoquer le futur avec les principaux acteurs de la région, pas pour ressasser les vieilles histoires. « Ce n’est pas au Gouvernement de s’immiscer dans les affaires d’entreprises que l’État ne contrôle pas directement » (ce sont ses mots), ça a été fait par son Ministre de tutelle, ce fut une connerie (ça, ce sont les miens), c’est du passé, au suivant. Même quand Amazon est arrivé dans la conversation, on a pu entendre un autre son de cloche que celui de sa collègue Aurélie Filippetti. Un discours lucide sur le business que peut apporter le géant de Seattle en France. Un discours réaliste sur le business. Point.

Invest in French

Il est certain que contrairement aux idées reçues et notamment reportées par des journalistes parisiens, les investisseurs de la Valley adorent les projets venus d’Europe, et de France aussi bien entendu. Le « French bashing » que l’on peut nous servir en général sur les difficultés de la France pour ceci ou cela n’atteint pas les blanches colombes que sont les investisseurs de Sand Hill Road. Ce sont en général des produits ciblant de très bonne niches, développés par ce que l’on peut considérer comme la crème des développeurs (je parle des ingéneurs françcais, une des plus belle réussite de la technologie à la fançaise), et qui vont pouvoir être maximisés notamment au niveau des valorisations. Cela permettra d’assurer de belles plus-value lors des levées de fonds suivantes, sans parler des fameuses « exits » (vente de la société ou introduction en bourse). Criteo, Talend, Virtuoz pour parler des opérations les plus récentes, ont certainement représenté de très bonnes affaires ! Sans faire injure aux talents de leur fondateurs, les entrepreneurs locaux de la Valley sont certainement plus coriaces à négocier, car ils jouent à domicile et sont habitués au Monopoly de la « tech ». Sans être dans le secret des conversations qui ont eu lieu à Menlo Park, je suis certain que certains messages ont été bien reçus par la Ministre, avec des informations bien précieuses à l’avenir pour l’écosystème français.

Invest in France

Il y avait une certaine attente des réactions de la Ministre après l’épisode sur les réseaux sociaux de la communauté des startups au sujet de l’impact des nouvelles dispositions fiscales, et l’avenir dira si ses apparentes bonnes dispositions seront confirmées. Il est clair, toujours de mon point de vue, que les mesures actuelles ne vont pas assez loin pour favoriser l’investissement dans les entreprises, numériques en particulier. Loin des excès de la Silicon Valley et de sa bulle toujours présente (mais il n’y a pas de raison fondée pour imaginer que cela va s’arrêter), il est évident qu’hormis des investissements de business angels ici et là et hormis le travail fait par Xavier Niel et son fonds Kima Ventures, il n’y a pas assez de source d’investissement de type « early stage » en France, et c’est un problème. Les autres fonds existants réalisent essentiellement ce que j’appelle du « ceinture-bretelles », de l’investissement sans véritable risque, et il manque une « agressivité fiscale » en France enourageant l’argent à se déverser dans la création de nouvelles entreprises plutôt vers le Livret A ou d’autres bas de laine. Et les mesures citées par la Ministre à la question posée manquent de punch pour créer un effet de surprise et réveiller une prise de conscience que des choses peuvent se passer en France dans le numérique, et que nous ne sommes pas les derniers de la classe en ce qui concerne  le contenu, vous savez, la French Touch. Vous en connaissez, vous, beaucoup, des pays, à part la Chine, qui ont su sortir le numéro 3 des plateformes de contenus vidéos dans le monde ?! La France n’est pas aussi mauvaise qu’elle veut bien se l’entendre dire, et avec un peu plus de prise de risque structurée, il y aura plus de chance de sortir d’autres acteurs numériques qui sauront percer comme DailyMotion et se faire une petite place au solein du web… si on ne vient pas trop les déranger avec un discours de « la France au Français », comme c’est trop souvent le cas avec le Ministre de la Productivité.

Un « digital house » pour les entreprises françaises à San Francisco

Nouvelle vite évoquée par la Ministre, un véritable picotement dans mes yeux à entendre cette nouvelle, tant j’en ai rêvé de la faire et voir naître , mais qui s’est révélé impossible à mettre en place avec les acteurs français présents à San Francisco. Assurément une bonne nouvelle pour bon nombre d’entreprises qui tapent à la porte de la Silicon Valley sans trouver la formule de support dont elles sont besoin : hébergement, coaching personalisé, introductions ciblées. Chaque startup me rendant visite chaque semaine me donne cette impression d’avoir besoin d’un service personalisé qui doit pouvoir être structuré, et surtout multi-disciplines. J’imagine que c’est le même constat pour tous ces entrepreneurs français du coin qui modulent bien volontiers leurs agendas chargés pour offrir un peu de feedback. Le Consulat, qui a un rôle essentiel dans le relais de la France auprès des acteurs de la technologie ici depuis San Francisco, doit pouvoir remplir ce rôle. Mais il n’y a pas d’autres informations disponibles autre qu’il devrait ouvrir dans 2 mois, donc a priori à la rentrée.

What’s next?

Il manque un coup de fouet dans de nombreux aspects couvrant le digital en France et cela ne va pas se faire vite, ni tout seul. Je ne crois pas au cliché de la France qui n’aime pas ses entrepreneurs. Il y a trop de PME en France, et il faut être aveugle pour ne pas voir que le reflexe de la création de sa « boite » n’est pas une exception. Maintenant, une chose est sure, il y en a que l’on entend un peu plus que les autres ! Reconnaissons qu’il manque clairement des zones d’intervention au niveau du capital risque, et un peu trop de mentalités de banquiers dans cette industrie. Pour cela il va falloir encourager plus encore l’incitation fiscale dans notre pays, faire sortir d’autres Kima Ventures, structurer à sa base le capital risque avec des acteurs prêts à jouer le jeu. Ca marche bien ailleurs.

Le temps joue pour le digital français. Le nombre de Français présents dans la Baie de San Francisco et travaillant à des postes clés dans bon nombre de sociétés technologiques sont « les meilleurs porte-drapeaux de la Nation », car, même présents depuis 10 ou 20 ans, voire plus, ils ont tous les yeux tournés vers la mère patrie, et répondront présents si on les sollicite. Un regret de ce voyage pourraitêtre de ne pas avoir rencontré suffisamment de personnes ayant accompli un long parcours ici dans la Silicon Valley, qui auraient un autre regard que ceux arrivés il y a 5 ans ou moins. Et ils seront autrement plus… directs ! Solliciter un réseau d’entrepreneurs à travers le monde selon leurs compétences : il y a un système de mentoring à mettre en place, parce que l’un des plus belles vues sur une situation… est justement de ne pas s’y trouver en plein milieu !

Les interventions au quotidien de certaines représentations gouvernementales, ou même régionales (et oui) présentes dans la Baie de San Francisco  qui s’essayent à vouloir recruter des sociétés américaines candidates potentiellement au grand saut dans le business en France passent inaperçues. Une vraie solution serait de créer en France un « centre de compétences de contenus » pour rendre la capitale notamment en mettant en valeur cette French Touch qui n’est pas que l’effet d’un duo de groupe électro, mais un véritable phénomène qui a rendu la France célèbre dans le jeu vidéo : Ubisoft, un des leaders de l’industrie du jeu vidéo, ça vous parle ? Et le design ? La France est historiquement un pays d’artistes, non ?! Il y a tant d’américains qui rêvent (tous) de venir à Paris, donnons leur donc une bonne raison d’y venir.

De grâce, arrêtez avec cet entêtement de certains à vouloir apprendre à nos jeunes la programmation à l’école, et cherchez plutôt des moyens de valoriser les filières technologiques : on fait la part belle beaucoup trop en France aux écoles de commerce, qui ne sont pas le bassin des âmes les plus créatrices, je suis désolé de le dire. Une fonction clé aujourd’hui dans une entreprise n’est plus le service marketing, et ce depuis belle lurette, mais bel et bien la R&D ou le Product Management. Il va falloir inverser la tendance.

Je pense aussi  qu’il serait aussi prioritaire de se pencher sur le berceau des relations entre ces nouveaux petits acteurs des startups et les grandes industries qui souffrent tant à vouloir innover et qui font qu’aujourd’hui la France passe pour un pays du siècle passé. Et des sociétés comme Parrot ne sont pas assez nombreuses, ou visibles. Petit à petit, toutes les industries mondiales s’installent des « Labs », des antennes dans la Silicon Valley, parce qu’il y a des structures qui favorisent l’interaction entre ces deux mondes. Et certaines créent leurs propres fonds, pour aller « acheter » des petites graines innovantes qui grandiront rapidement dans leurs grosses structures. C’est réplicable en France, et ça se fait parfois, mais il manque des incubateurs dignes de ce nom à ce jour, malgré les nombreuses initiatives à Paris ou en Province. Mas ça arrive ! Rapprocher la communauté des startups au monde de l’industrie Française, un bien beau programme.

Quant aux dispositions sur le numérique, une des raisons de la visite de la Ministre à San Francisco, qui avait un objectif pédagogique vis à vis des acteurs de la Silicon Valley, il faudrait certainement s’en occuper un peu plus dans l’éxecution, et un peu moins imaginer de nouvelles taxes Google, de nouvelles taxes « smartphones ». Inciter la créativité et non la répression, sachant que le problème de la fiscalité des grands géants d’Internet ne trouvera jamais sa solution dans un traitement local. Pour le coup, une bonne raison pour la Communauté Européenne de se rendre utile et d’être, elle aussi, créative. Dans son genre.

 

L’actualité High-Tech de la semaine : Fullscreen, Homejoy, Zynga & Twitter, Leap Motion, et Google

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoignfullScreener sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : FullScreen, la startup qui fait du neuf avec du vieux

 

Fullscreen est ce que l’on appelle en anglais technique un « online multichannel network », ce que l’on peut traduire  en l’espèce par une plateforme qui vient vous en rajouter une couche par dessus Youtube. Comme tout produit développé par les équipes de Google, qui brillent par leur intelligence « all together » mais dont la simplicité des outils n’est pas la première des qualités, des sociétés comme Fullscreen sont parfois utiles pour vous simplifier la vie pour gérer votre canal Youtube, dans son exposition et sa monétisation. Tout le monde n’a pas les moyens de recevoir les équipes commerciales locales de Youtube et se faire aider dans l’optimisation de ses chaines, ni les capacités techniques pour le faire. Fullscreen, c’est un peu comme ces poissons qui viennent se nourrir auprès des gros prédateurs, en toute intelligence. Pour les bons services des utilisateurs finaux, avec le bon vouloir des acteurs en place, et non pas pour tirer un certain profit de la situation, comme certaines sociétés dont une française qui est venu se mettre un peu trop près de la gueule nourricière. Comme le dit la pub, 2,5 milliards de vues sur les vidéos supportées par sa plateforme, plus de 10.000 canaux, et une nouvelle levée de fond qui vient s’ajouter à $30 millions déjà encaissés. Peu de risque que Google leur couper le robinet. Enfin souhaitons leur, tout est possible dans la Silicon Valley.

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Mardi : Homejoy, la niche de niche

 

Cette chronique va ressembler à une pub pour du liquide vaisselle, mais à quoi bon. « Et le ménage moumoune ? ». Pas de problème, Homejoy est là pour vous servir. Après des services comme Redbeacon, Angie’s List, TaskRabbit, Zaarly aux États-Unis, et j’en passe (Aladom.fr en France, s’il vous plait), il y a Homejoy pour s’occuper d’une chose, mais alors bien : le ménage. Avec un nouveau petit $1,7 millions en poche, et notamment le co-fondateur de Paypal Max Levchin a son Board, Homejoy, une (encore !) pépite sortie de l’incubateur de Paul Graham YCombinator, change de nom (Pathjoy, c’était un peu vague) et vont aiderd’un coté les personnes en recherche de travail ou sous-employés pour fournir de l’autre coté une prestation que tout le monde recherche (enfn, ceux qui peuvent se le permettre) : le ménage à domicile. Et comme ces belle têtes de la Silicon Valley savent exploiter un filon, il s’agit maintenant de proposer un programme permettant aux entreprises de payer le ménage à domicile à leurs employés. On ne sait plus quoi faire pour choucohuter ses salariés dans la Silicon Valley, mais il y a toujours une startup pour pointer du nez et proposer une nouveauté ! Homejoy est disponible à San Francisco (of course), New York, Los Angeles, Boston, Washington DC, Seattle… 19 villes au total !

Suivre Homejoy sur Twitter : @Homejoy

Mercredi : Twitter et Zynga, deux histoires opposées


Le même jour, deux annonces qui n’ont rien à voir et qui montre deux stratégies bien différentes… D’un coté, la startup de jeux sociaux Zynga qui annonce le rachat d’une société de gaming basée à Chicago, SpookyCoolLabs, 40 personnes dédiées au jeux de casino, qui va aider la société de Mark Pincus à décoller sur ce secteur, après le lancement de leur premier jeu en avril dernier au Royaume-Uni. Objectif : pousser l’usage, faire pousser les courbes d’audience et de revenus en intégrant un studio. Sega par exemple n’a pas eu à s’en plaindre en acquérant les studios anglais développant Football Manager et Total War. Souhaitons à Zynga la même réussite (quoique, quand on regarde l’histoire de Sega en ce moment…), De l’autre, Twitter qui rachète Spindle, une application de géo-localisation en temps réel… qui va être envoyée à la poubelle, ou presque. Quelques lignes de codes et de nouveaux ingénieurs au service et à la cause de Twitter qui visiblement travaille sur le sujet. Acqui-hire. Même cause, différent effet. C’est comme ça que ça se passe tous les jours, dans la Silicon Valley.

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Suivre Spindle sur Twitter : ça sert à rien, ça va fermer

Jeudi : Leap Motion, elle a tout d’une grande

 

La bonne santé d’une startup s’évalue de différentes manières. Il y en a une qui est typiquement « Silicon Valley » : un fond qui est levé pour financer des startups qui vont dévdelopper des applications sur la technologie d’une autre startup. Un bel exemple en l’occurence avec Unity 3D, une plateforme technologique de 3D pour les développeurs dans le jeu vidéo. Et puis maintenant il y a Leap Motion, qui touche un autre domaine dans la 3D : lamreconnaissance des mouvements. Créée en octobre 2010, basée à San Francisco, il n’est plus possible d’ignorer cette société qui rend le film Minority Report aussi dépassé que La Grande Vadrouille au hit des choses à connaître de nos jours au sommet de la branchitude. Grande précision dans la restitution d’un mouveau réalisé à l’aide d’un capteur sur un écran, on fait difficilement mieux, et la startup continue de développer… et de se developper. Et c’est au tour désormais des développeurs tiers de venir utiliser les lignes de code que Leap Motion rend disponibles (les fameux APIs), avec la possibilité de se voir financer une partie des développements grace à un fond de $25 millions spécialement créé par Highland Capital, un des investisseurs de Leap Motion. 65.000 developpeurs se sont déclarés interessés, dans des domaines aussi variés que l’éducation, la santé, la sécurité… et le « big data ». Attendez vous à voir des éléphants voler par troupeau d’ici peu. Un belle reconnaissance pour Leap Motion.

Suivre Leap Motion sur Twitter : @Leap Motion

Vendredi : Google Mine, bientôt « yours »


Scoop : à peine remis de Google I/O et de toutes ses annonces, que je n’ai pas encore eu le temps de toutes ramasser, Google nous « tease » avec un nouveau produit : Google Mine. Un nouveau produit intégré avec Google+…   …   …   …   …   …   …   … eh, revenez, je n’ai pas fini !!! Google Mine, c’est un moyen de rester au contact avec les objets que vous possédez, ou que vous aimeriez avoir en votre possession, à partager avec vos cercles. Autant dire, avec beaucoup de monde, car franchement les cercles de Google+, on ne peut pas dire qu’ils soient très… privés. Soyons créatifs, à quoi cela pourrait-il servir ? A partager votre collection de timbres ? Votre dernière collec’ Panini ? Suivre des conversations sur des objets précis, obtenir des recommandations, saisir des occasions à saisir, bref, un moyen de passer un peu plus de temps sur Google+. Et ça sert à quoi, Facebook ? Et bien, tout est manuel, là-bas. L’idée de Google, c’est de tout automatiser. Et vous connaître encore plus, pardi. La belle affaire ! Stay tuned ! C’est en phase de test en interne pour le moment au sein des équipes à Mountain View.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : WordPress, BitAngels, Blekko, Google et le Journal des Transferts du Web

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Happy Birthday Worpdress… putain 10 ans déjà !

 

« Les blogs, c’est fini ». On a souvent dit ça pour les SMS, on continue avec les emails, et donc aussi les blogs. 10 ans, happy birthday Worpdress. Personnellement, j’ai commencé à m’en servir tardivement en 2007. Je n’ai pas arrêté depuis, même si je suis passé sur d’autres plateformes… sans jamais vraiment la quitter puisque c’est depuis Worpdress que je vous parle à travers ces lignes. « You’re so beautiful »... c’est en ses termes que Matt Mullenweg, le CEO d’Automattic, la soiété qui édite WordPress,  s’adresse indirectement à ses constributeurs. Car c’est ça, le web qui nous a changé le vie, nous les internautes, une première fois, dans cette fantastique opportunité d’ouvrir un monde de communication et de connexions, sans frontières, sans censure… à quelques firewall étatiques près, il faut l’avouer. C’est bien dommage de ne pas avoir ouvert le robinet à monétisation en même temps, puisqu’il aura fallu attendre l’avènement de la phase suivante, d’abord le e-commerce, et maintenant la nouvelle économie du web qui progrossivement remplace les intermédiaires dans la location, les services, pour rendre Internet plus utile. Car en attendant, ça a créé un sacré boucan ces blogs, et surtout sa maladie la plus terrible… le social media. Mais nul n’est parfait, et certainement pas le WorldWideWeb. En tout cas chapeau aux équipes de Worpress d’avoir conduit l’entreprise jusque là, malgré toutes les nouvelles plateforme qui ont pu émergé depuis comme Facebook et Twitter, et leurs versions. « Make the web a better place ». Please do.

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Mardi : à fond les coins !

 

La nouvelle comète du web, c’est clairement Bitcoins. Ca a tous les charmes d’un truc pour exploser (en plein vol ?!) : on ne sait même pas précisemment qui l’a créé, ça vient bousculer les lobbies les plus coincés de l’ancienne économie (les banques), ça a une courbe de progression à faire rougir d’envie, ça buzz avec des histoires assez incroyables, comme ce Canadien prêt à accepter cette devise toute virtuelle pour l’achat de sa maison… et donc ça donne les perspectives pour pleins de gens « de se faire un paquet de pognon »… parce que ça émerge tout juste. J’ai eu la chance de participer à des interventions de deux sociétés qui opèrent dans cette nébuleuse, Trade Hill et Alphapoint, à un groupe de Français en déplacememnt dans la Silicon Valley, et il fallait entendre les discussions qui ont pu suivre entre les membres de ce groupe.  Alors voilà, une soixantaine d’investisseurs dont certains spécialistes du sujet naturellement viennent de fonder BitAngels, un réseau et incubateur dédié à l’éco-système Bitcoins, qui a levé environ $6,7 millions en Bitcoins, pour investir par tranche de $20K. Austin, San Francisco, New York. Désolé, pas Paris, va falloir émigrer pour ceux qui depuis la France rêvent de lever de l’argent sur cette économie. Je vous conseille même de vous presser… Enfin, en tant qu’ancien financier, c’est un nouveau spécimen intéressant à voir évoluer.

Mercredi : Blekko, l’autre moteur de recherche

A la question que l’on m’a posé récemment : « quels sont les outils d’engins de recherche existants », j’ai pensé à Blekko. Ce n’est pas une startup comme les autres, Blekko. Troisième venture d’une équipe de serial entrepreneurs (des vrais, la quarantaine, qui perdent leurs cheveux), ils ont eu une série de levées de fonds assez exceptionnels, dont Ashton Kutcher, et tout récemment la société Russe Yandex. Sept tours, au total. Et sur la technologie, Bello n’est pas comme les autres. C’est une technologie qui s’appuient entre autres sur la curation de ses utilisateurs, que font de cette engin de recherche un moteur sans spamm (sans liens promotionnels), et le levier de cette procédure est le slashtag. Le mot-clé. Cela donne un résultat plutôt inhabituel, et qui mérite l’expérience, pour ceux que Google fatigue. « Slashtag is the new hashtag ». Au-delà de l’exploitation de ces mot-clés, B;lekko ne cesse d’améliorer l’exprérience utilisateur et propose désormais des résultats de requêtes parmi des catégories, et c’est à l’utilisateur d’indiquer selon lui quelles sont les catégories les plus pertinentes. Cela peut paraître un peu « geeky », mais pour avoir du web à l’échelle humaine, il faut passer par des étapes d’expériences !

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Jeudi : Google investit dans le solaire en Afrique du Sud

 

Désireux d’investir en dehors des États-Unis et de l’Europe dans le domaine des énergies renouvelables, c’est l’Afrique du Sud qui a été choisie pour un investissement de $12 millions dans une centrale solaire de 96 megawatt. Le projet porte le nom de Jasper Power Project, et est situé dans la province de Cap-du-Nord. Ce sera l’une des installations solaires les plus importante du continent africain, et devrait générer de lélectricité pour environ 30.000 foyers sud-africains. Il y a quatres co-investisseurs dans ce projet, à savoir Rand Merchant Bank, la Public Investment Corporation, la Development Bank of South Africa et le PEACE Humansrus Trust. Google investit dans ce domaines sous deux conditions, pour ceux que cela intéresse : que l’investissement fasse du sens financièrement et que le porjet ait un caractère « transformative » c’est à dire qui ait un impact sur une approche de l’energie qui soit plus « verte ». Les conditions économiques en Afrique du Sud ont répondu à ces critères, et le projet va également contribuer à une évolution sociale locale par la construction de logements, la création d’emplois et l’amélioration des conditions de l’éducation.Google, souvent décrit comme le diable en matière de business dans la Silicon Valley, sait faire autre chose… ailleurs.

Vendredi : le journal des transferts du Web


L’été approche, alors comme pour le football, c’est le moment des transferts dans le web, et une belle petit liste ce vendredi, jour du poisson. Le fondateur de Tweetdeck, Iain Dodsworth, quitte Twitter deux années après le rachat de sa société par Twitter. Justement, concernant Twitter, Ryan Sarver, Director of Platform de Twitter, s’en va après 4 années de bons et loyaux services. Pas de panique, Twitter annonce avoir 1.000 ingénieurs dans ses effectifs, vos tweets vont continuer à être correctement délivrés… Et Yahoo! dans tout ça (je pense chaque semaine au moyen de parler de Yahoo! en hommage à notre Ministre du Redressement Productif, le chantre du Made in France, quels que soient les dommages collatéraux) ? Et bien Jacob Bijani n’aura pas beaucoup le loisir de profiter de ses nouveaux T-shirts violets puisque le Creative Director de Tumblr quitte la société après 5 années. Enfin, le co-foundateur et CTO de Heroku, racheté par Salesforce en 2010 pour $212 millions, Adam Wiggins, s’en va, lui aussi. Pour finir, un autre club très actif, FWD.us, le groupe de lobbying créé par Mark Zuckerberg, censé oeuvré pour une réforme des lois d’immigration, du système éducatif et de l’accès à la science en général, voit un certain nombre d’allers-retours de la part des célébrités du Web aux États-Unis qui rejoignent… ou quittent le mouvement. Difficile de vouloir changer le monde et conduire les rennes d’une société cotée en bourse en même temps sans faire grincer des dents.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

The French Word of the Day : Milieu

Twitter n’est pas un outil comme un autre, n’est pas une société comme une autre. Twitter fait partie de ses légendes dont la réussite est un accident, mais juste un peu. C’était l’idée d’un jeune étudiant lors d’une session de brainstorming qui consistait à permettre à n’importe quel utilisateur d’utiliser un service de SMS pour communiquer avec un petit groupe. Aujourd’hui, $290 millions levés, des centaines de millions d’utilisateurs actifs à travers le monde, des milliards de tweets chaque jour.

Même si le bruit qu’il produit est parfois absolument inodore, ou a contrario nauséabond, il est à l’image de l’humanité : tantôt sur-exploité par les gourous du marketing qui polluent la toile, tantôt utilisé par des extrémistes de tous bords qui profitent de l’incapacité de la startup de San Francisco de modérer tout ce qui peut s’y dire. Je me demande bien d’ailleurs dans quel pays il n’a pas encore percé , mis à part les régimes totalitaires qui naturellement essayent de ne pas autoriser l’accès à ce canal de communication qui peut atteindre tout le monde et personne en même temps. Tout va trop vite sur Twitter.

Warrent Buffet, le fameux homme d’affaires Américain, investisseur avisé, n’achète pas d’actions de sociétés telles que Google ou Facebook, car « il est difficile d’en estimer la valeur future ». Il faut investir, selon lui, dans des sociétés ayant de bons résultats sur au moins dix ans, et il faut éviter les introductions en bourse, qui sont la plupart du temps de mauvais investissements. Il est certain que de ce point de vue, la bulle n’est jamais très loin d’Internet, tout va beaucoup trop vite. Rassurez, tout n’est pas perdu, certains savent très bien s’en servir, particulièrement dans la Silicon Valley, à la source.

Et il a tweetté, le pépère de 82 ans, sur le partage d’un essai de sa propre création expliquant l’impact des femmes dans la prospérité des États-Unis. Warren, il est là, à une courte distance de clavier. On peut atteindre n’importe qui, n’importe quand, sur Twitter, avec son consentement bien sûr. Pas de hiérarchie, tout le monde au même niveau. On s’exprime en direct, si on le souhaite. Et le tweet de Buffet, c’est tout un symbole.

A l’autre bout de la chaîne, il y a Charlie. Charlie Munger, VP de Berkshire Hathaway, la société de Warren. Lui ne rejoindra jamais Twitter. « That’s not my milieu. I don’t like too many things going on at once ». « Ce n’est pas mon monde », aurais-je envie de traduire. « Je n’aime pas beaucoup trop de choses qui avancent en même temps ».

Twitter, c’est un peu cela, c’est le milieu. Ce mot Français est utilisé dans le sens « environnement » par les Américains. Dans le Français, cela veut dire avant tout le centre. Et je trouve que c’est devenu cela réellement cela, Twitter, le centre. Le centre de beaucoup de messages, d’un peu partout, d’un peu sur tout. Notamment là où l’information est inexistante, ne circule pas, est bridée.

On lit ici et là le temps mis par Twitter à nommer son responsable en France. Et c’est une bonne chose. Au moins peut être ne retrouvera-t-on pas un je ne sais quel responsable de régie de grands médias à sa tête. Il leur faut le Chef du Milieu. Je décris souvent Twitter comme un service d’utilité publique, et cela doit le rester.

Disclosure : je suis un utilisateur de Twitter depuis mars 2007. Même si je me plains souvent des réseaux sociaux, et de leur utilisation, Twitter est plus que cela, selon moi. Ceci est donc plus une chronique qu’autre chose.

L’actualité High-Tech de la semaine : Kabam, Barnes & Noble, Ribbon,Tynker, Motif Investing

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Kabam créé le fonds du fonds

Kabam est une société de développement de jeux spécialisée dans les « massively multiplayer social games » (MMSGs), créée en novembre 2006, basée à San Carlos, Californie, avec des bureaux à San Francisco et à Pékin en Chine. Environ 500 employés au compteur, la société a levé $125 millions dont $85 millions en mai 2011. Elle vient d’annoncer ouvrir un fonds de $50 millions afin de faciliter l’expansion des développeurs de jeux Japonais qui veulent pouvoir s’imposer en Europe et aux États-Unis. Kabam fournira les ressources en terme de marketing, d’outils analytiques et de localisation. Avec $180 millions de revenus en 2012 aux US, Kabam a de quoi venir, mais quand même, deux choses à dire : d’une part, la confirmation que les développeurs ne courent pas les rues dans la Baie de San Francisco (puisqu’il faut aller les chercher assez loin), et d’autre part la présence éventuelle à attendre d’une vague de développeurs Japonais qui veulent sans doute se développer à l’extérieur d’un marché probablement saturé ! En tout cas, le CEO Kevin Chou ici en photo donne l’impression d’un grand mécène dans l’histoire !

Suivre Kabam sur Twitter : @Kabam

Mardi : Barnes and Noble donne la leçon à la FNAC

 

Alors que la FNAC ne donne pas vraiment l’impression d’aller bien, ce qui ne l’empêche pas d’envisager une introduction en bourse (en fait PPR fait le ménage dans ses participations), et son Président Alexandre Bompard de venir récemment s’inspirer dans la Silicon Valley, selon mes sources. Mais il est bien tard, quand on voit la marche en avant entamée par son équivalent nord-américain, Barnes & Noble, qui parallèlement à un ajustement industriel classique (fermeture de magasins entre autres…), investit dans le digital de la plus intelligente des façons, notamment en tirant profit de la dynamique Silicon Valley par l’ouverture d’une filiale Nook Media à Palo Alto, dans laquelle Microsoft et Pearson ont investi $380 millions. Nook Media a ainsi lancé sa tablette électronique Nook, sollicite la communauté des développeurs pour apporter du contenu original, vous met du Pinterest dedans, et annonce le lancement de Nook Press, une plateforme innovante de publication dédiée aux auteurs. L’objectif est de permettre aux auteurs de créer des eBooks, de collaborer pour leur création et enfin de les publier à destination des possesseurs de Nook, des applications iOS, Android et sur le site web. Une société qui se développe, tente des paris, et vis avec son temps. Loin des FNAC et autres Virgin que l’on ferme avenue Champs Elysées. Non, ce n’est pas la faute à Amazon si Barnes & Noble innove (et en plus ça rime).

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Mercredi : hey, Ribbon, touche pas à mes tweets !

 

Ribbon, c’est un truc incroyable : en un lien court sur un tweet, vous vous retrouvez en train d’acheter le dernier 45 tours de Claude François ! Il y a plein de petits malins comme cette startup Ribbon, créée en en juillet 2012, avec $1,75 millions à dépenser, qui vous créé du T-commerce (du commerce sur Twitter voyons ?!) sur la base d’un lien généré prêt à vous encaisser. Sur Facebook aussi, sur Youtube… Malheureusement, le jour de la sortie de leur nouvelle fonctionnalité, Twitter (qui ne gagne naturellement rien sur la transaction), a décidé de faire un shut-down de Ribbon purement et simplement. Fini l’automatisation des lien sur Twitter, ça ne marche plus. Tu veux faire de l’argent avec ma plateforme, vient donc passer au tiroir caisse, semble dire Twitter. Tout comme Apple qui a décidé de soustraire de l’Apple Store un application, Appgratis, qui fait la promotion d’applications gratuites et qui vient de lever 10 millions d’euros. Lumière éteinte, d’un seul coup. Sans préavis.  Bon Ribbon, on essaye Facebook ?!

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Jeudi : Tynker propose des têtes bien faites, pas bien pleines

 

Tariq Krim l’a rêvé, Tynker l’a fait. Lui préconise l’apprentissage des langages de programmation dès la 6e, ce qui, d’un point de vue d’un père de famille, même geek, paraît quelque peu idiot, mais au moins ça fait les choux gras dans la presse.  Tynker, un chouia plus spécialisé dans le domaine de l’éducation tout de même, vient de lancer un plateforme permettant de faire du code « visuel », en créant des histoires sur des sujets aussi divers que la géographie, la nature, les jeux utilisant la physique et les mathématiques par le dessin. On leur apprend à penser comme un programmeur, en fait. Le concept a été testé dans des écoles de la région.  Ce concept me va un peu mieux, comme je l’ai écrit ici déjà, le code est un moyen et non une finalité. Et il y a assez de choses à apprendre en 6e ! Sinon, à ce rythme, encore un petit effort, et peut être que nos jeunes générations viendront au monde avec des berceuses racontées en C++. La startup est basée à Mountain View et a levé $3,25 millions.

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Vendredi : avec Motif Investing, et si on investissait financièrement dans vos idées ?!

 

On n’arrête pas le progrès : on pouvait déjà investir dans des actions d’entreprises, sur des biens, de la nourriture, des prévisions de pertes, des dettes… maintenant des idées. Étonnant que ce ne soit pas le pays qui n’a pas de pétrole qui ait trouvé le moyen de vous aider à investir dans un idée : c’est une startup de San Mateo, Californie, Motif Investing, qui s’y colle. Créée en juin 2010, Motif Investing trouve en fait les sociétés correspondant à une idée que vous trouvez digne de votre investissement : un produit, un concept, et on vous propose plusieurs « motifs », un portefeuille de stocks correspondant à ce que vous recherchez. La plateforme semble également disposer d’un flux social, ce qui permet aux investisseurs de communiquer entre eux. La société vient de lever $25 millions auprès du diable de la finance mondiale, Goldman Sachs, ce qui fait un investissement total de $51 millions.

Suivre Motif Investing sur Twitter : @MotifInvesting

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Bluefin Labs, NewRelic, Ribbon, StartX et Basecamp

La rubrique organique (et sans viande de cheval) pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Twitter rachète la société d’analyse de TV sociale Bluefin Labs

Cocorico, et haro sur la concurrence dans la vidéo pour Twitter ! Peu de temps après l’improbable lancement de Vine que l’on essaye de nous faire prendre pour le prochain Pinterest (pour ceux qui ont déjà compris Pinterest), cette fois-ci Twitter vient d’acquérir Bluefin Labs, une société créée en 2008, basée à Cambridge dans le Massachusetts, qui se propose d’apporter des solutions aux annonceurs, aux agences de publicité et aux réseaux de télévision sur un créneau bien spécifique : la « TV sociale ». Pourquoi cocorico ? Le Monsieur qui vous sourit sur la photo est français : il s’appelle Jean-Philippe Maheu et après un parcours l’ayant mené d’AT Kearney, Razorfish, Ogilvy et Publicis, il a juste eu le temps de travailler 7 mois comme CEO chez Bluefin Labs avant le rachat. Pour ceux qui se demandent encore quel est le modèle économique de Twitter, ce rachat va fournir quelques informations. A force de voir Twitter sur les écrans de télévision, il fallait bien s’attendre à ce qu’ils commencent à s’attaquer sérieusement au sujet… Les données tirées de la plateforme de  Bluefin Labs permettent de tracer les commentaires et autres liens sociaux exprimés lors des spectacles et des publicités qui sont regardés à la télévision. Bluefin Labs est issu du MIT Lab dont on a déjà parlé ici.

Bluefin Labs sur Twitter : @Twitter

Mardi : joli plan de relance de $80 millions pour NewRelic

  Vous devez bien vous demander ce qu’est NewRelic, que j’ai eu l’occasion de voir un peu partout ces derniers temps dans les différentes conférences High-Tech dans la Baie de San Francisco, très certainement annonciateur que l’équipe voulait que l’on (enfin les investisseurs) pense à elle. Les investisseurs aiment bien cela, les sociétés qui dépensent en marketing. NewRelic, c’est l’entreprise parfaite dans un monde Internet où les applications commencent à faire la loi un peu partout : créée en février 2008, basée à San Francisco, avec désormais $115 millions au compteur, NewRelic offre une solution de SaaS (Software As A Service) de gestion de performances pour des services de Cloud computing et des applications Web déployées en Ruby, Java, .NET ou PHP. Lew Cirne, le fondateur, n’en est pas à sa première tentative puisqu’il a déjà vendu une société à Computer Associates en 2006. Avec 35.000 clients actifs et $80 millions en banque, et tout l’écosystème de sociétés de logiciel disponible à 60 miles à la ronde, Lew semble bien parti pour une deuxième success story. Mais comme dit le proverbe, l’argent ne fait pas le bonheur… d’une startup toujours, il y a encore quelques étapes à franchir.

NewRelic sur Twitter : @NewRelic

Mercredi : Ribbon lève $1,6 millions pour acheter sur Internet en 1 click… ou presque

On pensait avoir tout vu en terme de paiement sur Internet, mais il y a toujours de nouveaux acteurs prêts à s’attaquer à une niche ou s’accrocher à une quelconque (supposée vache à lait), Facebook ou Twitter entre autres dans le cas présent. Ribbon a même convaincu AngelPad, un incubateur de San Francisco, créé notamment par un ex Google Thomas Korte, de croire en leur destin en les intégrant à leur programme. Et la roue continue de tourner pour Ribbon avec un nouvel apport de $1,6 millions qui vont permettre de continuer à développer cette solution permettant de vendre des biens sur Facebook, Twitter, par email par exemple, et tout cela grâce à un simple lien… « If you can copy/paste, you can sell on any platform with Ribbon » : si vous pouvez copier/coller un lien, vous pouvez vendre sur n’importe quelle plateforme avec Ribbon… Concept assez simple, encore quelques réglages nécessaires dans l’exécution… mais quelle simplicité ! Pour la petite histoire, l’investisseur en question, Tim Draper, l’homme qui n’hésite pas à chanter sa chanson « The Riskmaster » en conférence, et c’est l’un des Business Angel les plus réputés de la Silicon Valley (les paroles sont disponibles sur ce post). Vous en voyez des business angels chanter sur scène en France ?!

Ribbon sur Twitter : @Ribbon

Jeudi : L’incubateur de Stanford StartX récolte $400.000

Alors qu’en France, j’imagine que l’on continue de se poser la question comment rapprocher l’universitaire et le monde de l’entreprise, que l’on distribue des petits paquets de quelques milliers d’Euros à titre de micro investissements en étant persuadé d’avoir fait une bonne action, nos amis de Stanford et leur incubateur-accélérateur StartX viennent d’obtenir $400.000 de quelques sponsors comme Cisco, AT&T et Groupon pour un montant total récolté de $1,5 millions depuis sa création. Pas de blabla, du cash, de l’action. Et derrière c’est un montant de $100 millions de fonds qui a été levés par les startups incubées par ce programme depuis sa création… Et ceci dans une région où, il faut bien l’avouer, sous le prétexte de l’entrepreneurship du web, s’est développé une véritable nouvelle chaîne de valeur du capital risque qui, je puis vous l’assurer, ne fera pas la même erreur que lors de la fameuse première bulle. Il va sans dire que parmi les investisseurs de ces startups figurent un grand nombre d’anciens de Stanford… un cercle vertueux au possible ! Parmi les levées de fonds les plus remarquables, on peut citer Gameclosure, une plateforme pour développer le HTML5 au maximum de ses possibilités dans le domaine du jeu, qui avait récolté $12 millions.

StartX sur Twitter :  @StartX

Vendredi : Basecamp est enfin disponible sur iOS

Basecamp est un des premiers outils de gestion de projet collaboratif qui a été utilisé par des générations d’utilisateurs puisque le produit développé par 37Signals est sorti en 2004. Il ne reste plus qu’un des 3 co-fondateurs au sein de l’entreprise de Chicago, ce qui explique surement pourquoi la plateforme ne disposait pas encore de son application iOS… ce qui est chose faite désormais. Malheureusement disponible sur iPhone seulement, ce qui est bien dommage car franchement il me semble que ce produit mérite certainement tout autant une version iPad, nettement plus commode à utiliser en règle générale sur des outils dits de productivité, selon la classification Apple, ou business dans le cas de Basecamp. Comme quoi le mobile a encore de bons jours devant lui, et il reste tout de même quelques pans du web qui mettent un peu de temps à passer à l’ère du mobile. C’est encore possible en 2013.

37Signals sur Twitter : @37signals

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : un dîner pas con du tout, Techcrunch et Livefyre, Netflix+Youtube=DIAL, Vine et Twitter, YCombinator et Watsi

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi :  Tout sauf un dîner de cons

Dans un monde où la concurrence fait rage, dans un monde du web où la monétisation se fait rare et où l’audience dirige tout, rien de mieux qu’un petit gueuleton entre bons amis pour se réconcilier, se donner des petits coups de main sur des idées ou du business, ou des bons tuyaux pour des petits placements en bon père de famille (il suffit de consulter les levées de fonds initiales des startups qui font de la Silicon Valley un paradis pour jeunes nouveaux riches pour comprendre comment ça marche). Il est très rare que je reprenne des articles vus ça et là sur Business Insider (ça ressemble un peu trop pour moi à du Paris Match du web), mais cette photo était trop belle pour que je l’ignore. Marissa Mayer (Patronne de Yahoo!), Dave Morin (CEO de Path et investisseur dans des startups), Drew Houston (CEO de Dropbox), Dick Costolo (CEO de Twitter), Jeremy Stoppelman (CEO de Yelp), Johnny Ive (SVP chez Apple), Mike Cassidy (Directeur chez Google sur des projets tels que les lunettes ou le véhicule autonome)… Mais où est donc Facebook ?! Nothing more to report.

Mardi : Techcrunch revoit son site web, acte 1

 

Techcrunch, comme beaucoup de plateformes de blogging, avait cédé aux sirènes de Facebook pour insérer des commentaires sur ses posts avec la promesse de l’effet « kisscool » : une plus grande facilité pour saisir des commentaires, à savoir moins de frictions pour s’enregistrer, et puis, d’ailleurs, qui n’a pas de compte Facebook aujourd’hui, donc l’assurance de combattre l’un des nerfs de la guerre sociale : l’engagement. Clairement, il est vrai que c’est très simple de poster des commentaires sur ce type de blogs, les diffuser automatiquement sur Facebook et donc très commode auprès de l’intelligentsia tech pour mettre en copie des personnes qui peuvent favoriser le buzz autour de votre prose. Ceci étant, c’est malheureusement aussi l’assurance de récupérer du spam, ou mieux encore, de l’attaque en règle sur votre produit bien loin des règles de politesse d’usage… qui n’existe plus depuis bien longtemps d’ailleurs sur Internet! Techcrunch, qui a décidé d’améliorer un certain nombre de choses sur son site web (c’est quand même le site numéro 1 dans l’écosystème des startups, standing oblige), a donc choisi la startup Livefyre pour assurer la gestion des commentaires, startup située à quelques blocs dans San Francisco. Un bon petit coup de pouce, et un bon coup de pub ! A vous de tester…

Techcrunch sur Twitter : @Techcrunch

Mercredi : Netflix et Youtube s’associent dans le deuxième écran

On savait que le « second écran » était une grande tendance du moment, mais de là à imaginer que Google via ses equipes de Youtube et Netflix travailleraient ensemble sur un nouveau protocole… Le second écran, c’est l’intégration d’une tablette, d’un smartphone en interaction lors du visionnage d’un programme sur sa télévision. Ca veut dire jouer, communiquer et échanger lorsque l’on regarde une émission, un match de sport, un film… La télévision ayant du mal à se renouveler du fait de ses sources de financement, de la multiplication des canaux de diffusion, d’Internet qui prend de plus en plus de place, il a donc fallu intégrer un nouvel acteur pour entrer dans la scène. L’idée du protocole imaginé par Youtube et Netflix, l’un des principaux acteurs de la diffusion de films sur Internet aux États-Unis, est d’aider les développeurs travaillant sur des applications de second écran à se lancer sur des télévisions et autres produits connectés. Sony, Samsung, Hulu et la BBC entre autres ont déjà rejoint le projet. Les chaînes de télévision française, à notre connaissance, et ce malgré de fréquents trajets dans la Silicon Valley, ne sont pas dans la liste. Pourquoi cette alliance ? « Nous voulons faire avancer cette industrie » ont ils déclaré après avoir été plutôt discrets jusqu’à présent. L’union fait la force en quelque sorte : peu de temps après que Netflix ait appris que Youtube travaillait sur le sujet, la décision était prise de joindre les efforts. « Discovery and launch » : ce protocole devrait servir à faciliter la connexion à la télévision depuis le smartphone par exemple, et également la découverte sur les différents programmes disponibles (ce qui va  aider sérieusement les développeurs grâce à ce nouveau standard)… En clair, l’idée est de concurrencer Airplay, et donc Apple et proposer une offre plus complète favorisant l’écosystème de développements autour de leurs plateformes.

Article sur GigaOm pour en savoir plus : « The story behind Dial… »

Le site de Dial : DIscovery And Launch

Jeudi : Twitter lance Vine, une nouvelle application de vidéo

 

Je vous ai parlé de Streamweaver dans cette rubrique, où il s’agissait d’enregistrer des vidéos sous différents angles : et voilà que Twitter s’y met aussi… via une startup rachetée l’année dernière, Vine. Comme quoi, et je ne cesserai de le répéter ici et ailleurs, la Silicon Valley est définitivement un endroit où les projets s’inspirent les uns des autres, comme partout ailleurs, en France ou en Allemagne. La manipulation est assez tactile, pour un résultat que je trouve au final beaucoup moins intéressant que le produit développé par Lightt par exemple… d’autant que cela ne se partage pas encore sur les réseaux sociaux… Malgré leur relative expérience d’Internet , que ce soit en marketing comme (et surtout en éxécution), rien n’est fait quand il s’agit pour une société comme Twitter de sortir de son domaine de compétence, et racheter une société n’est pas toujours la solution. D’autant plus que Facebook a rapidement retiré la possibilité de rechercher ses amis sur leur plateforme pour empêcher de favoriser l’effet viral : pas folle la guêpe, pas d’effet d’accélération d’audience à espérer de ce coté… Même le contenu pornographique semble avoir décidé de venir leur casser la modération ces derniers jours. Dure la vie de startup !

Le blog de Vine : Vine.co

Vendredi : Watsi, la première startup à but non lucratif de YCombinator

Il faut toujours finir sur une note positive, et je suis heureux de parler de la première startup à but non lucratif financée par YCombinator, l’incubateur de Paul Graham qui fait souvent l’actualité dans la Silicon Valley, par son originalité, son coté précurseur, sa personnalité… même si ça me fait bizarre de parler de financer du « non-profit » dans un écosystème où le modèle économique est déjà une grande enigme, alors le non lucratif… Mais soyons positif et parlons de Watsi, dont l’objet est de permettre à des donateurs de financer des traitements médicaux pour ceux qui n’en ont pas les moyens. Il s’agit là d’aider les pays en développement à s’attaquer à la fracture médicale, en clair la grande difficulté de permettre à des populations au Malawi, en Éthiopie ou au Kenya de se soigner avec des traitements quels qu’ils soient, même au moindre coût… Point important : 100% de la donation sert au financement du traitement des personnes qui se déclarent sur le site, que l’on choisit personnellement et à qui on peut donner au moins $5, et il est proposé de faire un suivi sur la façon dont le traitement se déroule. On parle ici d’opérations un peu lourdes, qui peuvent coûter $200, $400. Même si le projet semble à priori fantastique humainement, et que Paul Graham avoue avoir trouvé en Watsi « une des utilisations les plus révolutionnaires qu’il ait vu sur Internet », cette exposition de candidats déclarés aux soins crée un sentiment trouble et surtout ne doit pas nous faire oublier que la solution à ce problème dramatique de l’accès aux soins est plus un problème à régler de façon globale plutôt qu’individuelle, et qu’il ne faut pas relâcher l’effort . Mais restons positif, avons nous dit.

Watsi sur Twitter : @Watsi

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Sequoia Capital, Twitter, CB Insights, Adobe et Behance, Quora et Ptolémée

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi :  Sequoia Capital lève un  nouveau fond de $700 millions

La Silicon Valley est incroyable… Trimestres après trimestres, la magie continue d’y opérer au niveau des montages de fonds de capital risque, à rendre envieux un bon nombre de VCs spécialistes de startups un peu partout dans le monde.  Les VCs ne fabriquent pas la planche à billet, mais les donneurs d’ordres de ces Messieurs (fonds de pension et autres) continuent de faire des chèques en blanc qui vont venir nourrir le jeu de « qui veut nous faire gagner des millions » à Mountain View, Palo Alto ou San Francisco. Sequoia Capital est un des principaux VC de la Région de la Baie de San Francisco, créé en 1972, dont le siège social est aux Iles Caïmans, avec notamment des bureaux à Menlo Park. Sequoia Capital a investi dans Cisco, Yahoo!, Paypal, Google, Linkedin, Zappos, Eventbrite, Jive Software, et pleins d’autres dont vous n’entendrez jamais parler. Ces $700 nouveaux millions, au doux nom de « Global Growth Fund », vont venir prendre le relais du fructueux « early stage » de la Valley qui s’est créé ces dernières années, avec les Facebook, Zynga, Twitter, etc, qui arrosent de quelques millions les jeunes pousses de la Silicon Valley. Reste à espérer qu’une partie de ses fonds pourront effectivement servir la cause globale de l’écosystème startup. Histoire de ne pas faire trop regretter à bon nombre d’entrepreneurs en devenir de ne pas être né « professionnellement » du coté des réseaux Californiens.

Mardi :  Twitter atteint le chiffre de 200 millions d’utilisateurs actifs

 

Rendez vous compte : il y a à travers le monde 200 millions de personnes qui chaque mois envoient des SMS sur Internet (Twitter, vous l’aurez compris), et on y trouve de tout :  des photos de repas, des phrases d’homme célèbres, des exclusivités mondiales (et nationales) qui explosent au grand jour en moins de 5 secondes, des nouvelles à gogo et beaucoup de « bulshit » (mot anglais pour désigner des paroles qui ne servent à rien). Twitter, c’est Internet dans sa version la plus folle en terme de chiffres : $1,16 milliards en fonds levés à ce jour, $45 millions dépensés en acquisitions, 400 millions de visiteurs du site Internet tous les mois, et j’en passe sur le nombre de tweets à la seconde et le nombre de serveurs pour faire fonctionner tout ça. Twitter, c’est le symbole d’Internet du 21e siècle, capable du pire (la communication poussée à son extrème), et en même un outil devenu un service de bien public, indispensable pour beaucoup (notamment là où l’information ne circule pas). On dit merci ?!

Mercredi : de la perte dans l’écosystème des startups aux États-Unis

 

CB Insights vient de faire un étude sur 4.059 investissements de moins de $1,5 millions (que l’on appelle « seed ») réalisés aux Etats-Unis depuis le 1er trimestre 2009. Le résumé est un constat qui ne surprendra personne (enfin presque) : plus de 1.000 entreprises ayant levé des fonds en « seed » vont mettre la clé sous la porte, et plus $d’1 milliard va disparaître en fumée. On est tenté de sourire à l’évocation de ce chiffre, qui reste toutefois à mettre en balance avec le risque pris, essentiellement par des particuliers, sur des projets qui bien souvent restent des idées sur un bout de papier ou mieux encore quelques morceaux de codes.

Cela doit rappeler :

– aux entrepreneurs à la recherche d’argent pour leurs idées, que de faire sa startup est un parcours du combattant avec peu d’élus à la fin, et qu’il ne faut pas se mentir à soi-même au moment de se retrouver en situation de demander de l’argent aux autres,

– aux investisseurs de mettre de l’argent dans quelque chose dont ils maîtrisent les paramètres, notamment les personnes qui viennent les solliciter, et de réfléchir sérieusement sur l’opportunité d’un placement en bon père de famille face à l’impérieuse nécessité d’un rebond à envisager dans les 18/24 mois qui suivent l’investissement.

Jeudi :  Adobe toujours aussi actif !

On oublie souvent qu’Adobe est un des monstres de la Silicon Valley, avec ses quelques 7.000 employés et plus, presque $6 milliards d’investissements depuis sa création en 1982 (dont Photoshop, Omniture et Macromedia), avec plus près de nous l’achat de la Startup Behance, basée à New York, qui venait de lever $6,5 millions en mai dernier. Adobe, à la recherche d’innovation de pointe dans le software et le digital publishing, vient d’acquérir une plateforme qui sert à découvrir des travaux créatifs mis en ligne par des créateurs en tout genre. Une plateforme pour s’en mettre plein les yeux, qui a su devenir un site incontournable dans le domaine de la créativité avec des chiffres viraux assez intéressants, à en croire le nombre de vues et de « Likes » sur la home page du site web. Toujours curieux des créations de valeurs post-acquisitions, nous laisserons donc quelque temps aux 32 salariés de Behance pour voir ce que startup deviendra… Bonne chance à Clément Faydi, Lead Designer, le Français de l’étape 🙂

Vendredi : Quora et le Roi d’Egypte

 

Quora a toujours été un de mes sites favoris de la Silicon Valley. Quora, c’est le culot de la génération Zuckerberg (un de ses potes, lors de sa période chez Facebook) qui veut changer le monde et qui n’a pas peur des mots pour clamer une vision du monde très… Américaine et qui en fait ne manque pas de talent. Quora, c’est une plateforme d’intelligence collective où l’on trouve de tout sur tout, à savoir des questions et des réponses, en anglais, écrites par les contributeurs et modérées par des volontaires. L’équipe dont Adam Angelo ici en photo a levé $61 millions, dont une partie par le co-fondateur lui-même, suffisamment rare pour le signaler. Ce que l’on y trouve : les derniers chiffres de Twitter, quelles sont les couleurs le plus couramment utilisées par les réseaux sociaux dans leur design, ça fait quoi d’être chauve, que dire si son fiancé demande de se convertir pour se marier, quelle est le plus grand échec de la civilisation occidentale… Adam D’Angelo, à l’occasion de ses voeux d’hiver, a déclaré voir Quora comme la Librairie D’Alexandrie à l’échelle d’Internet… Ce garçon ne manque pas de références culturelles : cela nous ramène à l’époque de Ptolémée, un Roi d’Égypte, en 288 avant notre ère. Puisse Adam ne trouver personne sur sa route pour décider de détruire son oeuvre ! En ce qui me concerne, essayer Quora, c’est l’adopter. A vous de juger !

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Twitter et Instagram, HotelTonight, Dropbox, Paypal, Kleiner Perkins

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Lundi :  la guerre des images continue avec Twitter et Instagram

Et voilà Twitter qui « s’intagramise » : je veux dire par là  que Twitter vient juste de proposer à ses utilisateurs de mettre des filtres lors prise de photos  accompagnant un tweet, dans la nouvelle version de son application iPhone et Android (grâce au service proposé par la startup New-Yorkaise Aviary). Définitivement, l’utilisation de filtres lors de prises de photos à partager sur les réseaux sociaux initiée par Instagram était une innovation dans ce domaine. Définitivement, le téléchargement de photographies est devenu une activité majeure au sein des réseaux sociaux, les chiffres se multiplient à ce sujet. À l’annonce d’Instagram la semaine passée indiquant que l’intégration au nouveau système de cartes de Twitter était définitivement interrompu (pas vraiment convaincu d’ailleurs de la réponse de Kevin Systrom, patron d’Instagram, à ce sujet à la conférence LeWeb), vient s’ajouter une nouvelle version avec un nouveau design de caméra (et un nouveau filtre, mazette). Il s’agit  notamment entre Twitter et Facebook une véritable course contre la montre aux nouveaux interfaces, aux interconnections (ou pas), et certains pensent que cette nouvelle fonctionnalité proposée par Twitter peut réduire significativement la valeur d’Instagram. Evidemment il s’git d’une discussion qui n’a plus lieu, puisque Instagram a déjà été racheté, et il n’est pas sûr que les utilisateurs changent d’application aussi facilement (ils restent fidèles aux application où leurs photos sont stockées en majorité).

Mardi :  HotelTonight se déploie en Europe… Continentale !

C’est vraiment parti pour HotelTonight en Europe… continentale, avec le lancement de la Belgique, les Pays-Bas… et la France, à travers 2 villes (Paris et Nice). Ah, et au Mexique, aussi. HotelTonight est une application mobile (iOS et Android) qui permet de trouver des chambres d’hotels autour de sa géolocalisation au dernier moment et à des prix réduits. L’équipe a passé quelques mois à préparer la localisation des applications sur ces différents marchés, pour être disponible dans 2 villes seulement en France, pour le moment, et dans 4 langues (français donc, allemand, italien et espagnol). Certainement un signe de prudence sur  un marché online du voyage et de l’hotellerie actuellement en pleine révolution (notamment avec Airbnb sur le marché de la location entre particuliers) où la startup marseillaise VeryLastRoom est déjà présente… Malgré ses 3,7 Millions de téléchargements à ce jour (essentiellement sur le marché US), HotelTonight devra réussir là où des startups de la Silicon Valley comme Yelp n’ont pas encore vraiment réussi : disposer d’un inventaire qui fasse la différence et qui installe l’application comme un « must have »… localement. Une startup comme Airbnb est sur la bonne voie (même si des difficultés peuvent apparaître à tout moment, et j’y reviendrai bientôt), grâce à la qualité du listing qui est disponible sur son site, et aussi du fait de la présence d’une représentation locale qui peut aider à faire la différence sur des aspects  marketings, et de référencement.

Mercredi : Dropbox acquiert la startup Audiogalaxy

 

Alors que de plus en plus de monde commence à savoir ce qu’est Dropbox (une solution de stockage de données online), peu de personnes avaient connaissance de la société Audiogalaxy, que la startup de San Francisco vient d’acquérir. Cette acquisition est un signe intéressant pour les spécialistes, comme dirait Fred Cavazza, car elle montre un signe d’intérêt de la part de Dropbox, un des poids lourd de la Silicon Valley, pour une société ayant comme spécialité le contenu (de la musique), avec une technologie permettant de donner accès à ses fichier (morceaux musicaux, playlists) n’importe où sur Internet. Pas sûr que Dropbox se lance dans la publication de contenu 9et non plus sa gestion), a fortiori dans la musique, mais soit plutôt venu chercher une technologie, voire embaucher une équipe, car c’est une solution généralement utilisée dans la Silicon Valley pour accélérer des phases de développement, là où les équipes techniques n’ont pas forcément les ressources…ou les talents ! On peut tout imaginer, tant la concurrence est forte sur ce segment, et je laisse ces prédictions de fin d’année aux analystes, dont c’est le pain blanc. A noter qu’une version de la version iOS de Dropbox vient de sortir vendredi dernier, à voir de plus près !

Jeudi : Paypal lance MyCash aux États-Unis


Paypal fait feu de tout bois, sous l’impulsion de son Président startuper David Marcus, que vous pouvez voir témoigner à la conférence LeWeb ici, par exemple par l’annonce récente de ces nouvelles « Paypal MyCash Card », des cartes physiques de rechargement de comptes Paypal, disponibles à travers des réseaux physiques dans plus de 30.000 points de ventes aux États-Unis. La volonté de Paypal de s’affirmer comme l’acteur numéro 1 du paiement mobile est indéniable, alors que’en face la concurrence fait des pas en arrière : la société Veriphone a décidé cette semaine d’arrêter une offre concurrente de la startup Square (un lecteur de carte que l’on dispose sur son smartphone) jugée non rentable car « devant être accompagné d’une offre additionelle pour être compétitive ». Paypal a lancé une offre concurrente, Paypal Here, en Mars dernier. Ça bouge dans le monde des paiements, dans la Silicon Valley !

Vendredi : Kleiner Perkins ouvre un bureau supplémentaire en Chine 

Kleiner Perkins, pour être précis Kleiner Perkins Caufield & Byers (KPCB), un nom qui fait rêver plus d’un entrepreneur de startup, est un des VC les plus représentatifs dans la Silicon Valley, avec presque $1,5 Milliards de fonds levés à ce jour, qui a investi dans Amazon en 1995, Google en 1999, dans Twitter en 2010 et un nombre incroyable de startups. La société vient d’annoncer l’ouverture d’un bureau de liaison à Tianfu Software Park, à Chengdu dans l’Ouest dans la Chine, et suit ainsi le mouvement de cette Asie conquérente dans le domaine de la technologie, et pourra ainsi accompagner un peu plus sur le terrain ce qui se passe dans l’un des « tech park » les plus important d’Asie. La Chine est vaste, et pour bien la couvrir il faut un présence multiple, et pas seulement être présent à Shanghai ou à Pekin. Bien que la Silicon Valley voit affluer un nombre impressionnant d’entrepreneurs du monde entier, les VCs se déploient eux aussi à l’international, tout comme maintenant certains acteurs de l’investissement early-stage comme Dave McClure qui passe sa vie tel « un Geek on a plane« , à la recherche de la perle rare à travers le monde, et au contact de l’entrepreneurial local.  C’est toujours mieux en tout d’avoir ce type d’actualité plutôt que defrayer la chronique avec une Partner portant plainte pour harcèlement vis à vis d’un supérieur (ici comme partout ailleurs, ça ne vole pas bien haut dans la Silicon Valley…).

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Mega, Embark, Twitter, Flipboard et Marqeta

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : King DotCom sur le retour

L’un des personnage les plus dangereux sur Internet, j’ai nommé Kim DotCom aka Kim Schmitz (moins glamour, c’est sur), annonce l’ouverture de son nouveau site MEGA qui sera disponible sur une url que je vous laisse trouver vous même (pas envie d’être complice, mais à titre d’indice planqué quelque part avec ses moutons en Nouvelle-Zélande), de plus le jour de mon prochain anniversaire (en début d’année 2013, vous avez le temps), comme quoi ce Monsieur a vraiment décidé de me chercher des poux dans la tête. Je le qualifie dangereux, parce que le problème de la création de valeurs sur Internet et des libertés individuelles ne peut en aucun cas s’associer avec la « piraterie » digitale, qui ne sert que l’ambition de celui qui la clame et d’assouvir des fantasmes qui n’ont rien de collectif. Etre geek, c’est bien, mais il y a des limites : le prix du digital (films, musiques…) sont devenus plus qu’accessibles aujourd’hui.

Mardi : BMW investi dans la startup Californienne Embark

L’une  des perles des incubateurs de la Silicon Valley, YCombinator (YC pour les intimes), fondé notamment par Paul Graham, ne cesse de faire des jeunes startups heureuses avec cette fois ci Embark, créée en Janvier 2011 dans la Bay Area, qui vient de faire l’objet d’un investissement de la part de BMW i Ventures, basé à New York. Ce ne sera pas la première startup de YCombinator à voir un grand groupe mondial s’intéresser à un produit tout simple mais dont l’intégration semble tellement logique : Embark est une application permettant de se déplacer à pied à travers une ville en étant aidé dans ses choix de direction (actuellement disponible pour San Francisco, New York, Washington, Chicago et Londres). Jamais BMW ne pourrait disposer aussi facilement d’un produit développé en interne, pour un service absolument complémentaire à ses produits, qui donne une bonne idée de la façon (originale) dont on peut servir ses clients.

BMW fait partie de ses nombreuses entreprises à être présentes dans la Silicon Valley, prêtes à détecter des tendances qui feront la différence sans doute un jour sur leur marché.

Ou trouver des petits services Plus !

Mercredi : la guerre au Moyen-Orient  sur Twitter

La nouvelle n’est pas passée inaperçue : l’utilisation de Twitter par les Forces de Défense Israélienne lors des récents évènements à Gaza.

Ceci vient malheureusement de faire rentrer d’une façon plus que discutable l’entrée en force d’une certaine forme de terrorisme dans un « lieu social » qui était jusqu’à aujourd’hui, dans des contextes politiques, un outil ultime de communication pour des milliers de personnes n’ayant pas d’autres moyens de faire part de leur détresse ou de leur révolte.

Une partie de la magie de Twitter est un peu morte, mardi dernier. Puisse la terreur ne pas l’envahir plus encore.

 

Jeudi : Flipboard signe un accord avec Apple pour iBookStore

Le parcours de Flipboard est absolument intéressant dans un monde digital où l’innovation doit trouver un moyen d’assurer son financement. Fliboard est un magazine digital gratuit, absolument innovant dans son format et dans l’expérience utilisateur, qui a réussit la première étape : s’être fait un nom dans le grand public (même si le chemin est encore long hors des États-Unis, mais ça arrive…). Se faire arrêter dans la rue parce que l’on porte un T-shirt avec le logo de l’entreprise et de se faire demander si on travaille chez Flipboard, ça n’arrive pas qu’à Palo Alto. Flipboard est cité comme exemple par beaucoup de startups, c’est devenu une référence…

Maintenant, comment gagner de l’argent ? L’application est gratuite, et le fait de la rendre payante risquerait de faire chuter brutalement sa courbe de croissance… La proximité de Cupertino est une bonne chose, notamment pour signer un partenariat avec Apple et rendre disponible une rubrique « Livres » à l’intérieur de l’application et favoriser la découverte de livres disponibles dans l’ iBookStore. Et comme les gens de Flipboard sont malins et représentent de gros chiffres (des m.i.l.l.i.o.n.s…), ils ont été raisonnables au niveau du partage de revenus et ont pu obtenir 5% sur les ventes.

Vendredi : présentation de Marqeta à UnderTheRadar,  San Francisco

Marqeta est une carte de paiement pré-payée qui permet aux marchands d’offrir aux consommateurs d’acheter plus en échange d’un paiement par avance. Cela peut par principe aux consommateurs de disposer de plus de pouvoir d’achat pour les choses qu’ils achètent tous les jours, et permet aux marchands de mieux servir leurs clients en anticipant les flux de paiement des transactions concernées.

J’ai remarqué hier cette startup, parmi d’autres, lors d’une conférence consacrée aux startups, et j’ai aimé avec ce produit ce coté smart du win/win avec les consommateurs, qui suppose effectivement qu’ils aient la possibilité de faire l’avance de règlement, ce qui devient de plus en plus difficile. « On ne prête qu’aux riches » dit le dicton, mais il est bon, je trouve, de chercher des créneaux nouveaux pour, sinon baisser les prix, du moins amortir les dépenses dans un monde ou l’argent est plus que jamais le nerf de la guerre.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !