L’actualité High-Tech de la semaine : Nest, Facebook, Twitter et Stripe, Dropbox

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… 

Lundi : Mille milliards de Nest

   

Les sites de Geek n’en peuvent plus : du sensationnel à Mountain View, avec Google qui rachète la société Nest pour $3,2 milliards… en cash. C’est quoi, Nest, au juste ? Des anciens d’Apple, formés au culte du beau, des obsédés du minimaliste focus, qui ont lancé un thermomètre digital. Non pas celui qui vous sert quand vous avez de la fièvre, avec affichage digital, mais celui qui contrôle la température de votre maison en connexion avec votre smartphone. Promesse de maîtrise de vos dépenses d’énergie, vendu à 100.000 exemplaires depuis son lancement  ($249 l’unité tout de même, mais que ne feraient-on pas pour acheter un produit made in Silicon Valley) ? Il est évident que malgré les initiatives dans certains pays, la maison connectée est loin d’être une réalité dans la maison d’aujourd’hui. Les récentes éditions du CES, la grande foire mondiale des geeks, montre clairement l’attrait de l’industrie du hardware et des startups pour les objets connectés, et chaque produit sorti correspond en général à un simple usage permettant de générer des données permettant de mieux se brosser les dents, manger plus lentement, se peser intelligemment, mieux chauffer sa maison, se protéger contre l’incendie. Il y a clairement des places à prendre sur ce marché, et donc Google est arrivé avec ses gros sabots et ses milliards, Et comme on dit dans la Silicon Valley, ça fait tourner l’argent et c’est bon pour le business. KPCB, investisseur phare de la région, a investi au total $20 millions et a récupéré vingt fois sa mise. Et Google Venture, la branche investisseur de Google, était parmi les investisseurs de Nest.

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Mardi : Facebook se penche sérieusement sur le mobile avec Paper

 

Flipboard a lancé la voie il y a quelques années déjà (décembre 2010) avec les magazines digitaux, une offre d’agrégation de contenus sur tablettes et smartphone, avec $161 millions levés pour un produit toujours gratuit… D’autres ont précédé, beaucoup les ont suivi, la faute à Apple (par ailleurs créateurs de l’hypercard à la fin des années 90) en  qui a donné un grand coup de neuf lors de la sortie de ses smartphones permettant enfin de consommer du média correctement sur de petits écrans. Maintenant, il y a Facebook et son Paper, une application mobile permettant de lire du contenu sous format média interactif (le 3 février). On a constaté les efforts des équipes de développement de Facebook à améliorer le contenu qui défile en provenance de vos amis (enfin de vos connexions quoi…) avec notamment le « trending » en haut à droite de votre compagnon digital préféré qui permet d’aller chercher les informations les plus partagées sur Facebook. A l’échelle d’un Facebook, il n’est plus possible de lancer de nouvelles fonctionnalités impliquant la partie centrale de votre produit sans un maximum de précautions, de test… et d’heures de développements : on parle de millions d’utilisateurs connectés simultanément tout de même ! Pour la petite histoire, le « chef de projet » de ce produit est un des co-fondateurs de Push Pop Press (rachetée par Facebook), une startup ayant fait parlé d’elle dans le domaine du digital publishing puisque le produit avait été défini pour permettre aux auteurs à rendre leur ouvrages disponibles sur smartphones et tablettes… La boucle est bouclée, maintenant c’est Flipboard qui va l’avoir mauvaise, tout comme la société FiftyThree qui s’était fait connaître avec une fantastique application permettant de créer du contenu sur tablettes appelée… Paper !

Mercredi : un pacte de non agression dans la Silicon Valley dénoncé

 

La nouvelle m’a vraiment surpris en plein coeur de la Silicon Valley, mais qui montre à quel point la course aux talents à ses limites : une soixantaine de milliers de travailleurs de la région (prenons un ton de syndicaliste, ça va être plus drôle) ont obtenus gain de cause du fait d’un pacte de non agression entre les principales sociétés telles que Apple, Google, Adobe, Intel et autres. Ces braves géants des nouvelles technologies semblaient vouloir s’entendre sur les salaires de certaines fonctions, histoire de ne pas perdre trop de temps à se battre comme des chiffoniers sur une certaine catégorie de personnel. Enfin, sur environ 2.400 descriptions de postes, tout de même. On ne fait jamais les choses à moitié, dans la Silicon Valley. Tout dans la démesure. Ils se sont fait donc rattrapés avec un jugement à suivre en mai prochain en vertu de violation du Sherman Act (anti-compétitivité) et du Clayton Act antitrust (mauvaise conduite). Les preuves ont été bâties entre autre grâce à des échanges d’emails impliquant des dirigeants comme Eric Schmit ou Steve Jobs. C’est du propre. Ce n’est pas la première fois que cela sort, et ne cherchez pas d’article dans Techcrunch par exemple sur le sujet, ou d’autres médias-gossip de la Valley. Ne soyons pas juge et partie, voyons. Peut être n’avait-il pas l’exclusivité dessus.

Jeudi : Twitter et Stripe accordent leurs violons

Twitter a toujours été un territoire tentant pour un certain nombre de startupeurs malins désirant se servir de Twitter pour générer des transactions et transformer du revenu. Il est certain que les initiatives d’e-commerce paraissent évidentes, mais jusqu’à présent Twitter n’a pas souhaité laisser opérer des sociétés telles que Ribbon ou encore Flattr, qui ont vu leurs activités stoppées sans sommation. Touche pas à mes tweets, en quelque sorte. Par contre, à l’évidence, il y a quelque chose à faire, et à ma grande surprise ce n’est pas avec Square que les rumeurs ont commencé à percer. Dommage, les deux sociétés ont le même dirigeant, ça aurait fait des économies en négociation. Naturellement, le métier de Square n’est certainement pas la bonne formule, et c’est du coté de la comète Stripe que les discussions progressent… Stripe, c’est la vedette des startups du moment, avec son ingénieuse équipe de développement dont la plateforme permet à toute sorte d’acteurs du web de mettre en place une solution de paiement simple et flexible. À l’évidence, une grosse opportunité pour cette jeune équipe ayant levé à ce jour $40 millions de faciliter son expansion a l’international… un de ses priorités du moment.

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Vendredi : Dropbox refait un tour pour remplir le tiroir-caisse

 

C’est la course à la levée de fonds entre Box et Dropbox. Pas de grande différence entre les deux services, il s’avère que le premier est plutôt présent dans le marché B2B, et le deuxième B2B. Pour schématiser. Mais voilà, Box.net était passé premier à la course aux VCs en décembre 2013 en levant un nouveau tour de $100 millions, portant ainsi le total à $409 millions. Bravo Aaron Levie ! Il a juste fallu un bon mois pour que Drew Houston, dans un grand élan, n’arrive à boucler un tour de $250 millions et passer en tête avec un cumul de $507 millions. Quel passing shot ! Box va avoir du mal à s’en remettre, mais l’année nest pas finie ! Je ne me lancerai pas dans une comparaison des deux produits, mais autant dire que Blackrock, l’investisseur qui vient de faire rentrer @250 millions, joue un jackpot sur la réussite de son poulain, malgré des ventes déjà à environ $200 millions en 2013 et plus de 200 millions d’utilisateurs. Soit $1 par utilisateur.

Mise à jour : la levée serait peut être en fait de $400 millions, soit $657 millions. Pour ceux que ces valses de millions laissent songeurs, sachez que la fameuse compagnie d’investissement Andreessen Horowitz vient de ramener $1,5 milliard lors de sa dernière cueillette, pour son quatrième fond. Tout va bien dans la Silicon Valley, mais non pas de bulle à l’horizon. Que du business, que du business. Venez petits petits…

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Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Pinterest, Omicia, Linkedin, Yahoo!, Robert Scoble

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… c’est la première rubrique de cette nouvelle année du calendrier grégorien, et je me demande si elle ne serait pas en même temps un signal sur ce que nous réserve les nouvelles technologies Californiennes !

Lundi : Pinterest s’agrandit avec 2 nouveaux employés

 

L’histoire continue au sujet d’une théorie que j’affectionne selon laquelle une structure est incapable d’innovation majeure au delà d’une certaine taille… que je chiffre à 10 ! Un nouvel exemple avec Pinterest, assez impressionnante dans la rapidité de sa croissance et l’impressionnante valorisation dont elle a fait l’objet à l’occasion de sa dernière levée de fonds de $250 millions : $3,8 milliards !!! La startup dispose d’un petit trésor de guerre pour se permettre d’accélérer dans sa roadmap produit, et le moyen le plus facile n’est pas de renforcer ses équipes mais bien d’en acquérir une. Ce type de « acqui-hire » (du recrutement par du rachat de startup) a déjà été évoqué dans ces colonnes, et en l’occurrence c’est une startup développant une plateforme de reconnaissance d’image qui vient de grossir les rangs de Pinterest (évalués à 200 employés, un sacré ratio de valorisation par employé). Visualgraph, c’est a priori deux « employés » d’une startup qui vient juste de fêter ses un an, dont un ex-Google, dont pas grand monde n’avait entendu parler… c’est ça aussi, la magie de la Silicon Valley : c’est fou les progrès que l’on peut faire en un an là ou des sociétés comme Intel, avec OpenCV, ou dans une moindre mesure IQ Engines (rachetée par Yahoo!), ont passé bien du temps et consacré quelques millions de $. Une loi de Moore inversée, sans doute. En tout cas, une belle opération de communication ne fait jamais de mal. Il s’agit de la quatrième startup « rachetée » par Pinterest depuis sa création.

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Mardi : la grosse vague du médical

 

On n’arrête plus la Silicon Valley et le domaine de la santé, qui est en train d’explorer tous les territoires imaginables dans un domaine qui coute si cher aux États-Unis : pas de sécurité sociale (enfin plutôt elle arrive, la fameuse Obama Care, qui vient d’être relancée en ce mois de janvier), la santé reste un luxe et l’affaire des assurances privées. Avec Omicia, pas question de vous gratouiller les gènes (comme avec DNANexus) mais plutôt permettre aux médecins de vérifier vos petits génomes pour s’assurer d’une éventuelle présence de maladie grâce à une plateforme dédiée sur Internet. La société est basée à Emeryville, de l’autre coté du Bay Bridge, et elle vient de subir un coup de turbo après plus de douze années d’existence en obtenant $6,8 millions en levée de fonds, sans Google Venture pour une fois parmi les investisseurs. Le service de base est gratuit (tarif maximum affiché : $99) et il prend juste quelque petites heures pour fair le tour d’un génome : à coup sûr, un progrès apporté par Internet dans l’établissement d’un diagnostic. Pourquoi se priver de certaines inventions ou améliorations technologiques lorsqu’elles se présentent ?!

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Mercredi : Linkedin se plaint d’être harcelé par des robots

C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. Linkedin fait partie de ses réseaux spécialisés qui ont un grand besoin de justifier leur utilité au quotidien, au point de rendre la possibilité de connexion un peu trop facile aux yeux de certains (à en croire le nombre de demandes que je peux recevoir chaque jour de la part de personnes que je ne connais pas, c’est criant). Mais encore : c’est devenu un lieu de « chasse » particulièrement prisé des recruteurs, qui spamment à tout va (croyez que bien que si vous cherchez un travail, ce n’est pas vous qu’ils vont contacter), à tel point que cela peut devenir contre-productif tellement vous êtes spammé. En règle générale, de toute façon, sur Linkedin, vous êtes spammés à longeur de journée quand vous commencez à avoir un réseau significatif. C’est la nature de ce type de réseau spécialisé ! Et nous vous plaignez pas, sur le concurrent « made in France », Viadéo, c’est bien pire, ce sont les champions du Monde de spam. Donc, pour en revenir à Linkedin, ils ont trouvé les responsables de ce spam : les robots ! Linkedin vient donc de déposer une plainte contre X, accusant un certain « John Doe » de créer des milliers de profils qui viennent polluer le site de profils fictifs. Linkedin a identifé que ce type d’attaque a commencé en mai 2013… il n’est jamais trop tard pour bien faire le ménage dans sa base. A l’image des Twitter, de Facebook, et autres réseaux sociaux bienheureux en fonds et en audience, Linkedin n’est pas épargné par ce business du social media dont les gurus marketing et autres agences web nous rabattent les oreilles à longueur de tweets et de like : bienvenu au royaume du chiffre et du futile, pour ne pas dire de l’inutile.

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Jeudi : Yahoo! et une histoire de vermine digitale

 

Vous n’imaginez pas ce qui vient d’arriver à Yahoo!… une autre histoire de robots, mélangé à quelque chose qui s’apparente à de la vermine. Si, si, vous allez voir : un logiciel malicieux coincé quelque part dans les serveurs de Yahoo! a transformé des ordinateurs d’utilisateurs européens ayant surfé sur le site du géant de Sunnyvale en machines à générer des bitcoins. Je m’explique : les bitcoins ont besoin d’espace mémoire pour procéder aux transactions d’échanges de  monnaies traditionnelles en devises digitales. Il y a donc eu des hackers malins utilisant l’espace mémoire de millions d’ordinateurs lambda pour effectuer leurs affaires… Incroyable ! C’est arrivé seulement en Europe, et pas d’ordinateur Apple, des ordinateurs tournant avec Windows (bonne publicité indirecte pour la marque de Cupertino au passage), pendant quatre jours ! Ce type de malversations, assez incroyable à imaginer comment cela peut arriver, prouve bien plusieurs choses : d’abord qu’Internet est un véritable gruyère avec des trous et qu’on ne peut plus se fier du tout sur la protection de ses informations et de son matériel. Que ce soit la NSA américaine ou un hacker snipper chinois, si on souhaite avoir accès à vos informations, on y arrive. Ensuite, même si la devise Bitcoin fascine l’intelligence, tant son système est complexe, c’est aussi un territoire où le non-droit est une règle… Rappelez vous l’histoire de ce site web américain Silk Road où une bonne partie des transactions sur de la drogue se monétisait en Bitcoins… A choisir entre ce diable de Google, et un monde pleins de virus, mon coeur balance…

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Vendredi : Happy Birthday, Robert Scoble!

 

C’est bientôt l’anniversaire de Robert Scoble, le blogueur-météorite de la Silicon Valley. Je dis météorite parce que partout où Robert Passe, ce sont des milliers de followers qui débarquent, et il n’a pas d’équivalent dans les nouvelles technologies (en langue anglaise, mais pas seulement). Son parcours proferssionnel ne met pas en avant de grands noms, mis à part un passage de trois ans chez Microsoft, mais c’est un monstre de communication qui a su se batir une réputation, un réseau, une image, par sa disponibilité, sa patience, sa passion, sa compréhension du business en général. Robert, c’est le roi des geeks. Geek de la première heure, geek à toutes les heures. Même sous sa douche. Bon, il n’est pas toujours facile, et je ne suis pas toujours d’accord avec lui, et je ne lui en veut pas tant que ça quand il se met à me postillonner dessus alors que j’émets un avis contraire au sien. Mais bon, il n’est pas parfait, Robert, il est humain. Et je l’aime bien quand même, Robert. Alors il nous a fait, bien sûr, le coup de la prédiction pour 2014. Elle tient en plusieurs mots : la guerre des appareils connectés, et surtout Apple. Il espère aussi une nouvelle vague d’itérations et voir surgir des acteurs traditionnels avec de nouveaux modèles… peut être avec Google aussi.  Bon anniversaire, Robert, et au fait, très joli ta nouvelle barbe. Tu me ressembles un peu plus comme ça.

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Son dernier livre : The Age of Context (co-écrit avec Shel Israel)

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Google au pays des phoques


J’avais parlé juste avant la fin de l’année 2013 de cet coté assez incroyable de la Silicon Valley et de sa baguette magique… qui n’est pas toujours du goût de tout le monde…

Je pense en particulier de ces manifestants à Oakland ou ailleurs qui se prennent pour de vilains chauffeurs de taxi parisiens, qui se croient tout permis, et abiment le matériel roulant appartenant à autrui : un car transportant des salariés de Google avait été bloqué et endommagé. Mais Google n’est pas n’importe quelle société, « sky is the limit » pour les ingénieurs de Mountain View (et encore, ils nous lancent des ballons dans le ciel maintenant), et tel Attila le Hun, si tu bloques Google sur les routes, et bien il va passer sur l’eau.

Non, vous ne rêvez pas.

Google vient de passer un accord avec une société pour transporter ses salariés sur la Baie de San Francisco par ferry. Une société met donc à disposition des salariés de Google qui le souhaitent des catamarans qui vont de San Francisco jusqu’à Redwood City. À coup de 149 passagers, à raison de deux voyages par jour aller et retour, qui dure environ 47 minutes, pour une période d’essai de 30 jours, fini les bouchons et les voisins ronchons. Il est important de préciser que Google paye les taxes portuaires qui vont bien, ceci afin d’éviter que des riverains ne préparent une quelconque opération « Greenpeace (autre spécialité française qui nous a rendu si populaire dans le monde). On n’a pas encore entendu de plainte de la part des phoques et autres animaux jouissant de la nature locale.

Google ou pas, c’est encore à titre expérimental, il reste à valider le fait que cette activité portuaire supplémentaire (et privée) ne vienne pas perturber l’activité habituelle.

Je profite de cette nouvelle divertissante et rafraîchissante pour m’adresser à ces Messieurs les taxis, à qui je conseille de bien se méfier d’Uber. Ces américains là ont Google comme investisseurs, et Dieu sait ce qu’ils sont prêts à faire pour vous détruire votre business. Par les eaux, par les airs. Partout. Un SuperMontebourg ne suffira pas.

Et de grâce, cessez ces violences qui nous font passer pour des voyous aux yeux de la communauté internationale. Quelle mouche vous a piqué ?!

L’actualité High-Tech de la semaine : Zappos, Uber Bison Futé, Snapchat, eBay, DNAnexus

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… c’est la première rubrique de cette nouvelle année du calendrier grégorien, et je me demande si elle ne serait pas en même temps un signal sur ce que nous réserve les nouvelles technologies Californiennes !

Lundi : Zappos et la holacratie

On ne m’en voudra pas de faire un petit crochet par Las Vegas pour parler une nouvelle fois de Tony Hsieh (l’homme qui veut délivrer du bonheur dans vos entreprises) et sa société de commerce en ligne Zappos, qui a décidé de pousser encore plus loin sa logique de partage et d’égalité managérial en adoptant un système inspiré d’holacratie. L’holacratie  est un système organisationnel de gouvernance qui permet à une organisation de disséminer les mécanismes de prise de décision au travers d’une organisation fractale d’équipes auto-organisées. Ouf. Par fractal, on n’entend pas forcément « anarchie », mais des organisations indépendantes et adaptées, en opposition aux organisations pyramidales qui sont habituellement d’usage dans les entreprises. Le CEO de Zappos a ainsi décidé d’appliquer une nouvelle organisation sans descriptions de poste, et sans manager, en quelque sorte. Tous patrons. Ca plairait au salariés de Goodyear d’Amiens, tiens. Bon, en même temps, ils n’auraient plus de bouc émissaire local. Pour en revenir à Zappos, d’une certaine façon, c’est ainsi environ 1.500 employés qui ont ainsi accès directement au responsable de l’entreprise, mais également 1.500 salariés directement responsables de l’entreprise, à travers 400 groupes qui ont été créés à cette occasion. Les salariés choisissent les cercles en fonction de l’adéquation de leurs compétences au travail à effectuer, et de leur capacité à apporter des valeurs managériales. Tony continue le combat. Ca serait une bonne idée d’aller aussi délivrer ses bonnes manières chez son actionnaire, car il semble que ce soit un peu spartiate, comme régime, chez Amazon.

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Mardi : le CEO d’Uber vous fait le coup du bison futé

On n’arrête pas le progrès, avec le monde des startups. Après la miss météo et le bison futé bien connus des téléspectateurs, Travis Kalanick, CEO de la société Uber qui a lancé Uber en mars 2009 (et $307 millions au compteur de levées de fonds), qui permet de se passer des chauffeurs de taxis (jamais là quand on a besoin d’eux, et en général assez désagréables), vient de lancer un show d’un nouveau genre… Dans une interview vidéo récente, il n’est pas question de trouver le bon créneau pour partir en vacances, mais de sortir aux bonnes heures sans se faire plumer par ces nouveaux types de chauffeurs, qui savent très bien profiter des pics de fréquentations… et des nouvelles technologies pour profiter du système, et augmenter les tarifs. L’autre startup star aux États-Unis sur l’économie collaborative en terme de co-voiturage, Lyft, vient d’ailleurs de modifier son système afin de permettre de baser la transaction de courses non plus sur la base d’une contribution laissée au choix de la personne prise en charge, mais selon un tarif pré-défini par la startup. Il n’avait peut être pas tord, le Montebourg, a vouloir protéger la vieille économie de cette jeune génération de startups, sans limites, sans états, d’âmes… et parfois sans éthique. L’avenir le dira, mais il est indiscutable qu’il y a besoin de ces nouveaux acteurs pour essayer de pénétrer des marchés qui ont bien besoin d’un coup de jeune.

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Mercredi : la punition pour Snapchat

Snapchat est une des startups qui fait tourner la tête depuis quelques temps dans la Silicon Valley. Il n’y a jamais assez de sensationnel en stock pour la presse technologique locale (et pour les investisseurs en mal de millions et de profis) et pour une raison que l’on peut éventuellement comprendre, étant donné leurs millions d’utilisateurs, les applications permettant de publier leurs photos sur les réseaux sociaux font bien souvent la une. Il y eut Instagram, une grande et belle affaire pour beaucoup de monde (imaginez le coup de génie financier d’une société de moins de vingt personnes ayant fait l’objet d’une transaction de $1 milliard en ayant levé $57,7 millions seulement en trois tours de financement…). On pensait qu’on avait touché le plafond, mais c’était sans compter sans le génie de tous les conseillers financiers de la Silicon Valley, et ces millions de jeunes (les utilisateurs de Snapchat) qui aime ce voyeurisme futile et éphémère des photos sans mémoires… même Zynga, pourtant bien porté sur le sujet, n’y avait pas pensé. Parce que que c’est ça, Snapchat : un jeu pour ados. À $3 milliards (offre de rachat de Facebook), puis 4 milliards (offre de rachat de Google) le ticket. Snapchat, c’est un résumé de ce qu’est la Silicon Valley, parfois : une histoire de pognon (comment arriver à proposer de racheter une application qui prend des photos, gratuite, avec quelques millions d’utilisateurs, et beaucoup de zéros derrière les $). Une histoire juridique, puisque les co-fondateurs sont accusés d’avoir subtilisé le concept de l’application à un camarade de promo de Stanford. Une histoire de fous, puisque les propriétaires ont refusé deux fois une offre de reprise avec quelques milliards de $ à la clé. Dommage, à priori ce n’est pas une nouvelle opportunité pour les agences digitales de proposer un nouveau territoire d’honoraires et dépenser des sous dans les réseaux sociaux. En attendant, ces deux petits jeunes co-fondateurs de la startup viennent aussi d’inventer un nouveau concept d’annuaire de pages jaunes puisque l’essentiel des coordonnées des utilisateurs de l’application résidant aux États-Unis viennent de se faire publier à leur insu suite au hack de la base de données de Snapchat. Tout faux, les gars. On les avait pourtant prévenu.

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Jeudi : eBay prépare une nouvelle forme d’offrir

 

Plus que jamais, le paiement sur mobile reste une exception, et une expérience utilisateur qui reste à développer auprès du grand public. Ca reste une affaire de spécialiste, et surtout un terrain de jeu réservé à des entreprises qui ont de gros moyens : en développeurs, tout d’abord, et en ressources marketing, parce qu’il y a encore beaucoup de consommateurs à convaincre sur l’efficacité et la sécurité de ce type d’utilisation de leur téléphone. Les clients réguliers de Starbucks l’ont bien compris, puisqu’ils utilisent massivement une application mobile pour payer leur café (aux États-Unis), et obtenir des récompenses en retour. Il y a aussi les souscripteurs aux services de M-Pesa en Tanzanie et au Kenya qui sont heureux de payer leurs factures d’énergie par téléphone. Entre autres. Mais en général, l’expérience utilisateur reste le point de friction essentiel, alors il faut faire preuve de créativité et de simplicité. A ce titre, eBay, qui ne manque pas de moyens et qui dispose en Paypal d’une armée de spécialistes du sujet, vient de déposer des brevets permettant de distribuer des cadeaux sous forme de « jeton électronique ». Un cadeau peut ainsi être donné par un utilisateur d’un fournisseur de paiement à un destinataire qui peut être un membre de la famille de l’utilisateur, un ami, ou de toute autre personne. Le destinataire peut utiliser le « jeton » pour l’achat d’un produit en utilisant ce même prestataire de paiement. Jusque là, rien de révolutionnaire : sauf que l’achat peut se faire sans que le bénéficiaire soit obligé de créer son propre compte auprès dudit fournisseur de paiement de l’utilisateur. On imagine eBay utilisant Paypal comme « locomotive » pour ce nouveau produit : un client eBay pourrait utiliser un cadeau offert par un autre sans avoir à s’enregistrer nécessairement sur Paypal, qui serait le « distributeur » du jeton dans cet exemple. À suivre !

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Vendredi : ta DNA sur Internet, c’est dans les tuyaux

La perspective des progrès sur Internet laisse rêveur, mais pas forcément comme on peut l’imaginer, à une époque où n’importe quelle information peut se retrouver entre les mains de personnes pas forcément recommandables. Je m’explique : DNAnexus est une startup dont l’objet est de sauvegarder votre séquençage d’ADN sur I »nternet, censé proposer des services spécifiques d’analyse et de reporting, le tout en mode collaboratif. $15 nouveaux millions en banque (après une première serie A au même montant en octobre 2011), avec notamment Google Ventures dans le coup (forcément, avec le mot « nexus » dans le nom de la société, on s’en doutait…), ça va vous gratouiller ce que vous avez de plus intime sur vos données personnelles. Votre compte bancaire ?! Un détail, comparé aux chromosomes de  vingtième génération faisant de vous un des héritiers du trône d’Angleterre (imaginez…) qui, une fois révélé, ferait de vous un héritier prétendant à une partie de la fortune d’Élizabeth II. Bon, il est clair que de voir la sciences et les technologies progresser dans le monde de la santé rassure, mais en ces périodes agitées de transparence et de confidentialité bafouées, de ventes de données privées en tout genre, il y a de quoi hésiter deux secondes avant de remplir la pipette.

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Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Buffer, Jaunt, Rockstar et Google, re-Google, Drive Capital

La dernière rubrique organique de l’année (sans doute, mais qui sait) pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Buffer se met à poil

On n’arrête pas le progrès dans la transparence au sein des startups ! Chose absolument inconcevable en France, où tout le monde se réfugie derrière un écran noir dès qu’il s’agit de partager le montant de ses revenus, une jeune startup basée a San Francisco qui développe des applications pour partager son contenu sur les réseaux sociaux, vient de publier la grille des salaires de l’entreprise, sans exception. C’est nominatif pour certains postes, Joel Gascoigne, le CEO, a du s’inspirer d’un certain Jean-Marc Ayrault qui nous avait fait part d’une belle opération de déclaration des revenus en avril 2013. C’est donc $158,800 pour Joel (composé de son salaire brut et des primes), jusqu’à $45,000 pour un « Hapiness Hero » (dont on ne sait pas vraiment à quoi cela correspond, mais ce n’est pas grave, « parce que ça montre que c’est une startup cool »). Ce qui est interessant, c’est également d’avoir expliqué comment se décompose un salaire : la salaire de base, auquel se rajoute un coefficient multiplicateur en fonction du nombre d’années d’expérience en général et dans l’entreprise, un éventuel bonus lié a son implantation, et enfin un pourcentage du capital de l’entreprise ou un bonus annuel de $10.000. La frilosité française vis à vis de la transparence des salaires m’a toujours amusée, fruit d’un héritage religieux tout comme celui d’une politique de redressement fiscal absolument débile. Ce qui m’amuse encore plus, c’est la transparence des salaires affichée par une startup qui a l’évidence ne fait pas un centime de chiffre d’affaires, et dont la seule levée de fonds pour le moment officielle s’élève à $400.000. Ils sont vraiment versés, tous ces salaires ?!

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Mardi : quand les médias britanniques investiguent la Silicon Valley

En voilà une startup qui a de la chance… créée en mai 2013 au paradis des startups de la Silicon Valley, Palo Alto, par un équipe de vieux routiers du software (le CEO, Jen Christensen, a fait un court passage chez Borland, ça vous parle ?!), Jaunt n’a pas encore vraiment eu le temps de mettre son site web en service qu’ils ont déjà réussi à trouver un premier filon de financement. J’ai dit « filon », car $350K, ça paye guère les cacahuetes pour accompagner l’apéro, pour une société développant une technologie qui capture et restitue du contenu vidéo en 360 degrés… De la part d’un ancien ingénieur venant de Google et de deux ingénieurs qui se sont rencontrés chez Flipboard, on peut imaginer qu’il y a un peu d’huile de coude. Mais ce qui va surement faire la différence pour cette levée, c’est que l’investisseur n’est autre que BSkyB, l’opérateur de télévision par satellite britannique, et ses £7 milliard de chiffre d’affaires, qui constitue a priori une petite avance pour ce qui sera surement un partenariat technologique. Voilà la Silicon Valley, en quelques faits : des ingénieurs expérimentés et un bon pédigrée, une belle idée de technologie avec la niche qui va bien, de préférence dans le domaine des médias et du contenu, qui ne cesse de se chercher, et des géants Européens qui chassent sans se lasser dans une Silicon Valley profonde et pleine de petits trésors à racheter, sans trop se fatiguer.

Mercredi : Pas de Noël pour les geeks

Vous connaissez Rockstar ? Non, ce n’est pas le dernier jeu de Zynga, King.com ou je ne sais qui. Ni la boisson énergétique. C’est une bien meilleure blague : il s’agit d’une société détenant des brevets appartenant conjointement à Apple, Microsoft, Blackberry, et Ericsson. Cette société a été créée lors du rachat d’environ 4.000 brevets à la société Nortel en 2011. A quoi sert ce type de société : à prendre un maximum de profits sur les licences possibles et imaginables, et comme on dit dans certains dialogue de Michel Audiard, « emmerder le monde », comme demander auprès des tribunaux quelques dédommagements de la part de Google (comme par hasard). Cela peut ressembler à une sorte d’entente cordiale parmi certains industriels censés se faire une compétition sans relâche, et les détails de l’antichambre de cette industrie des télécoms ressemble parfois à un gros « bordel ». Toujours est-il que Google, qui ne croit plus au Père Noël depuis bien longtemps a décidé de contre-attaquer en cette période de fêtes… pas de trêve pour les confiseurs. Une bagarre au profit des consommateurs ? Que nenni, un épisode de plus dans la lutte qu’Apple notamment mène contre son voisin de Mountain View.

Jeudi : Google veut prévoir la pluie et faire le beau temps

Le même jour, sur l’un des médias les plus orientés « startups » à la sauce Silicon Valley, on nous explique la profonde et sincère volonté du géant Google de devenir pro-actif et proposer une solution simplifiant la vie au quotidien de ses utilisateurs en rendant les taches plus simples et rapides : au volant, dans votre salon, dans votre poche… et maintenant sur votre nez avec les Google Glass, que j’ai pu essayer récemment. Comment ? A base d’algorithmes et de données. Vos données. Plus, et encore. Surtout, vos données, après les algorithmes. La confidentialité de vos informations, un des débats majeurs de l’année, est perdue depuis belle lurette, et ce dès que vous posez le premier index sur un ordinateur connecté à Internet. Quand à votre smartphone (et que vous le vouliez ou non), avec précédemment la géo-localisation, aujourd’hui le micro-phone (merci la nouvelle version du logiciel de l’iPhone), et demain la caméra de vos lunettes, vous êtes cernés. On peut remercier le Père Snow-den, le Père Noël digital, d’avoir révélé au monde entier ce qui se passe dans l’antichambre des serveurs informatiques depuis belle lurette. Et ce n’est que le début. Le même jour, donc, des jeunes startupers à lunettes appelés Rap Genius, société consacrée à l’interprétation des paroles de chansons et textes en tout genre, se font coincer la bulle internet pour abus d’optimisation et de pointage de liens par Google qui va à coup sûr leur faire perdre des points au palmarès des startups qui veulent faire du chiffre d’affaires. Une année d’Internet résumée dans ces deux faits : définitivement, on est est encore au Digitalithique de l’Internet (en comparant cette ère au Paléolithique de l’espèce humaine).

Vendredi : quand les argentiers de la Silicon Valley vont faire des petits ailleurs

 

On va encore m’accuser de tropisme de Silicon Valley, mais voici un nouvel épisode qui montre bien que la Silicon Valley est l’endroit où tout se passe en terme de capital risque, même si certains investisseurs ont décidé d’aller voir ailleurs… et pour cause. Deux ex-partenaires de Sequoia Capital, la fameuse compagnie d’investissement basée à Menlo Park sur Sand Hill Road, Mark Kvam et Chris Olsen, viennent de confirmer leur fonds à hauteur de quasiment $225 millions qui seront consacrés à des startup basées dans le Midwest. Pour ceux qui ne connaissent pas leur géographie des États-Unis, le Midwest est lc’est aujourd’hui le grenier à blé des États-Unis, aux exploitations agricoles intensives et performantes, mais aussi le cœur sociologique de l’Amérique rurale, au Nord-Est, qui comprend au total huit États (dont l’Illinois, l’Indiana, l’Iowa, le Michigan, le Minnesota, le Missouri, l’Ohio et le Wisconsin). Mais que diable vont-ils faire dans cette galère, dirait Géronte ? Et bien il semblerait que les entrepreneurs locaux souffrent à trouver les subsides nécessaires au développement de leurs idées, et c’est donc dans l’Ohio que nos amis ont donc trouvé demeure, à Colombus. Ce n’est pas tant l’argent qui semble manquer dans la Silicon Valley, mais plutôt le « sourcing » de projets qui les ait incité à s’exiler aussi loin (ça a tendance à tourner un peu en rond, dans la Silicon Valley, et à chercher à copier le voisin plutôt qu’à innover), avec déjà trois startups en portefeuille, dont l’une (Roadtrippers) a comme CEO Tatiana Parent et qui affiche le latin, le grec ancien, le klingon comme langues professionnelles. Et le français, en très bonne compagnie comme on peut le constater (tout un symbole). 22% de l’économie américaine mérite bien un petit détour, mais je parie que nos deux compères ont un abonnement annuel vers l’aéroport de San Francisco.

Suivre Drive Capital sur Twitter : @DriveCapital

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Mise à jour (4 janvier 2014) :

Le standard de L’Express a été assailli d’appels de la part du Club des Fans de Buffer, scandalisé par mes propos sur « la transparence des salaires affichée par une startup qui a l’évidence ne fait pas un centime de chiffre d’affaires ». « Comment ça ? Ils ne font pas de revenus ? ». Et tout ça, et tout ça. Il est clair qu’en ma qualité de blogger, je m’autorise à dire ce que je veux puisque personne ne me retirera la carte de presse que je n’ai pas. Il est clair également qu’en ma qualité d’intervenant bénévole, je ne passe pas ma vie à contrôler tout ce que l’on peut dire sur Internet, je ne suis pas payé pour ça.

Comme je suis quelqu’un qui écoute les bienveillants spécialistes et lecteurs de tout ce qui se fait dans la startuposphère, et quelque peu consciencieux de ne pas colporter des erreurs, il semble que Buffer soit tout aussi transparent sur ses revenus : $196.000 de chiffre d’affaires en novembre, soit $2.347.000 sur un an, et un peu plus de $310.000 en banque. Voilà, justice a été faite. Merci Big Brothers.

La Silicon Valley et ses joyeuses boules de Noël

J’aime profiter de cette accalmie forcée entre deux dates monopolisant significativement certains parties du monde occidental pour faire un peu d’extrapolation… Le monde est fait d’équilibres et de déséquilibres, et la Silicon Valley (et San Francisco) ne font pas exception à la règle…

La pauvreté ne cesse de progresser dans cette bonne ville de San Francisco. Son maire, Edwin Lee, n’a de cesse de clamer sa ville comme la première place de l’innovation dans le monde, et pousse la pauvreté hors de ses quartiers habituels comme Tenderloin, en favorisant fiscalement l’implantation d’entreprises comme Twitter, Square, ceci ne la fait bien entendu pas disparaître. Au contraire, elle apparaît au grand jour dans différents quartiers de la ville et apporte la preuve que, comme partout, à Paris ou ailleurs, les choses ne s’arrangent pas pour beaucoup de gens. Dans la Silicon Valley, il suffit par exemple de traverser l’autoroute 101 en passant de West Palo Alto vers les quartiers Est pour comprendre que même si il y a un boom économique actuellement dans la région, ce n’est pourtaut pas au profit de tous.

Justement, les Googlers (aka les salariés de Google) commencent à faire grincer des dents, sur Okland ou ailleurs, comme si les salariés du géant de la publicité sur Internet  n’ayant pas d’autres moyens de se rendre au travail par bus spécialement affrétés devaient avoir à se sentir responsable de la misère qui se développe. On pourrait tout autant accuser les nouveaux petits millionnaires de Facebook ou Twitter en combinaison tong/T-shirt d’acheter des maisons ou appartements comme des petits pains dans la Baie de San Francisco. Ce signe de mécontentement, particulièrement agressif et assez inhabituel, dans une région réputée pour être assez hippie et tranquille, n’est surement que l’expression d’une minorité, et pas uniquement parce que les bus de Google ne reverse pas de subsides aux villes faisant l’objet d’arrêts quotidiens. Trop de selfies sans doute montrant l’exubérance de bonheur des uns, ou trop de bouffies sur Instagram, Facebook et autres comptes sur Twitter. Catherine Bracy, qui travaille pour l’organisation Code For America, a sa propre idée sur le sujet, et c’est plutôt bien dit :

Tim Drapper, issu d’une famille d’investisseurs de père en fils, pense avoir trouvé une solution radicale pour la Californie… la diviser en 6 sous-états…

Dont un état qui s’appellerait… Silicon Valley. Of course.

Sans être un spécialiste en droit constitutionnel américain, après une courte consultation de quelques commentaires, on ne peut éviter de penser qu’il sagit là d’une idée bien saugrenue. Les objectifs annoncés semblent bien maigres, comme par exemple : une meilleure représentation d’élus au Senat, en ratio (presque 40 millions d’habitants, il faut bien dire), un encouragement à une meilleure compétition (des taux de valuation des startups, et ainsi faire baisser la bulle Internet ?!), et un nouveau départ pour chacun de ces états. Ce Monsieur n’a pas fait de commentaires particuliers à l’égard de la répartition de la dette de l’état de Californie qui est d’environ $130 milliards, selon des estimations en septembre dernier. Peut être propose-t-il de contribuer personnellement à son remboursement, il n’a pas souhaité répondre à ma question. Pour les aficionados, vous pourrez lire sa proposition en détail ci -dessous.

Bon, en même temps, ce Monsieur aime pousser la chansonnette avec sa chanson The Riskmaster… sans complexe, sans commentaire :

Ceci étant, quelque semaines avant lui, un certain Srinivasan, co-fondateur d’une startup dans le domaine de la génétique, s’exprimait lui aussi pour une indépendance de la Silicon Valley, afin de créer une société toute dédiée aux technologies dans une région a priori le centre du monde du sujet, et qui continue de souffrir d’une sorte de siège de la part de Washington, New York ou Los Angeles. Ca ne va pas aider en tout cas à stopper cet espèce de Silicon Valley « bashing » bien inhabituel : j’en veux pour preuve la levée de boucliers lancée par un jeune startupers de New York, après son exil forcé dans la Silicon Valley après sa première levée de fonds…

Ca n’avait pas plu du tout, mais depuis quelque temps, l’arrogance supposée de la Silicon Valley semble faire recette par les gossips tels que Business Insider, qui n’hésite pas à faire du rentre-dedans… Faites sonner Montebourg, après nous piquer nos cerveaux (j’entends les ingénieurs français qui ont fait la France, reine de l’Industrie du 19e siècle), ils veulent nous piquer notre désormais très célèbre arrogance… Ces Californiens n’ont peur de rien.

Un peu plus à l’Est… Ils sont fous ces Finlandais : un groupe de chercheurs, d’un nouveau genre, membres de la Nordic Society for Invention for Discovery veulent réussir à faire parler vos toutous et minous (dans la langue de Shakespeare pour commencer) grâce à des capteurs qui vont mesurer l’activité électrique du cerveau de Mirza et Totor par l’intermédiaire d’électrodes placées sur leur crane…

Pas des Californiens, à l’évidence, mais assurément excités de partager leurs découvertes au monde entier, et la Silicon Valley puisqu’ils ont choisi la plateforme de crowd-founding (finance participative) de San Francisco Indigogo pour faire financer leur nouveau produit. Ils l’ont appelé : « No more woof ». Mais pourquoi ???!!! Quand je vois les dégâts causé par le social media et tout ce magma verbal désormais disponible sur Facebook ou Twitter, j’imagine ce que ça pourrait donner avec nos animaux de compagnie, témoins de nos vies futiles… Je vous laisse admirer la page d’accueil de cette fameuse Nordic Society for Invention for Discovery, ça devrait vous aider à comprendre… c’est fumant.

Finissons sur un note joyeuse avec la société de capital risque First Round Capital (basée à New York, pour changer, mais qui investit aussi massivement sur la côte Ouest) qui célèbre une année pleine d’investissements tels que :

– Warby Parker, soit $60 millions dans le e-commerce des lunettes…

– Planet Labs, soit $52 millions avec d’anciens scientifiques de la NASA qui veulent changer la façon dont on accède à l’information… tout un programme (non spatial)

Knewton, soit $52 millions pour apporter une plateforme de formation en ligne qui soit adaptable à chacun,

HotelTonight, $45 millions pour réserver sa chambre d’hotel au dernier moment et à prix discounté,

Ondeck, soit $42 millions pour aider les PME à avoir un meilleur accès au capital,

Homejoy, soit $38 millions qui veut vous nettoyer votre maison quand vous le souhaitez pour $20 par jour, etc.

De la serie A, B, C, D, du seed comme s’il en pleuvait ! Pour un total de $608 millions au total pour 2013.

Vous connaissez la première raison pourquoi un investisseur va mettre de l’argent dans votre « startup » ? C’est parce que vous, personnellement, avez fait la différence, vous avez su faire passer un message subliminal qui sent bon le retour sur investissement… Après avoir visionné cette vidéo, je vous laisser le soin de méditer si vous voulez qu’un des partenaires de cette société siège au Board de votre entreprise. Bonne méditation.

Mais bon, le bonheur n’a pas d’odeur, c’est surement eux qui doivent avoir raison ! Vive la Silicon Valley ! Comme le dit Catherine Bracy à la conclusion de son intervention, la Silicon Valley est certainement un des endroits où il y a plus de chance de voir l’innovation surgir. Certainement plus qu’en Europe, et surtout en France où l’on peut entendre le Gouvernement trop souvent citer le « patriotisme industriel » (on voit où ça nous mène, pensez quand même à vous inscrire sur les listes électorales avant le 31 décembre), et clamer que l’innovation n’aille pas trop vite, « il faut faire balancer le progrès et l’innovation avec les capacités des industriels traditionnels »… qui pour certains n’hésitent pas à licencier massivement, faute de solutions. Bullshit, comme ils disent ici.

Au fait, saviez que certains ici, ainsi Peter Thiel, co-fondateur du leader mondial de paiement Paypal qui avait donné un premier financement de $500.000, enviage de repousser les frontières… où l’homme pourrait vivre sur de nouveaux espaces sur mer ?

Des cités flottantes. Appelez moi Jules Verne, s’il vous plaît. Et vivement 2014.

L’actualité High-Tech de la semaine : Twitch.tv, Mark Pincus, Box, Adobe, MongoDB

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Twitch.tv, une deuxième spin-off de Justin.tv

 

Voila-t-y pas que Justin.TV vient de nous faire le nouveau coup de la spin-off qui cartonne. Le fameux Justin Kan, qui avait fait tant parlé de lui  en 2007 en faisant du live vidéo 24-7 de sa propre vie, avec une webcam attachée à sa tête, s’en sorte plutôt bien avec sa société. Il est même devenu un expert dans la spin-off qui tourne au succès, avec Socialcam, avec 3 salariés sortis de sa startup rachetée $60 millions en juillet 2012, et maintenant Twitch.TV, dont on a déjà parlé ici. Cette fois ci, c’est $20 millions qui sont sortis de la boite magique de quelques investisseurs pour faire de ce qui était une niche d’utilisateurs sur Justin.tv un nouveau grand média dans le domaine du jeu vidéo et espérer une sortie à la Bleacher Report (racheté par Time Warner pour $175 millions. Twitch.tv, c’est désormais 45 millions de visiteurs mensuels sur leur site, qui diffuse des programmes vidéo dédiés au jeu vidéo. La dernière fois que l’on parlait de Twitch.tv (donc en mars 2o13), on citait le chiffre de 20 millions… Il est possible d’y suivre des joueurs en train de participer à un jeu en réseau, suivre des shows, des conférences,… Tout, tout, tout, je vous dirais tout sur le gaming ! Une incroyable réussite d’audience, un taux de croissance à la sauce Silicon Valley, et les $20 millions sont un signe d’un décollage attendu dans les 12 mois qui vont suivre. Certains joueurs sont payés pour jouer tout en étant diffusé sur Twitch.tv, et pas pour des clopinettes : un signe de monétisation qui sent bon ! Coté diffusion, c’est 35% d’audience en Europe de l’Ouest, 10% d’audience en Europe de l’Est, 13% en Asie et le solde en Amérique du Sud notamment. Mais il ne faudra pas mollir : “Video is not a cheap business” indique le COO. Les 20 millions seront vite dépensés !

Suivre Twitch.tv sur Twitter : @Twitch.tv

Mardi : si c’est Mark Pincus qui le dit…

 

Mark Pincus est le fondateur de Zynga, sa 4ème startup. Zynga, c’est le jeu sur Facebook, des centaines de millions de joueurs, dont certains n’avaient encore jamais joué sur des consoles de jeu. Zynga, c’est une introduction en bourse en 2011, un chiffre d’affaires qui dépasse le milliard de dollar et un bénéfice de plus de $400 millions cette année là. Et puis c’est une action qui se fracasse à un peu plus de $3, un leadership perdu dans le monde du « casual gaming » au profit de King.com ou encore Supercell, un poste de CEO transmis à un ancien VP de Microsoft. Et au passage d’une conférence en Israël, cette phrase : « I’m bored with games ». « Les jeux m’ennuient ». Je sais bien que les journalistes font parfois un mauvais travail, et qu’il est dangereux de sortir une phrase de son contexte. Mais ce constat est tout un symbole. Alors qu’on lui proposait de préciser son propos, quitte à se rétracter, il a maintenu son ennui vis à vis des jeux alors que Farmville ou encore Cityville semblait satisfaire sa curiosité, il reste à la recherche de « sa prochaine obsession ». Il a été maintes fois prouvé que les jeux développés notamment par Zynga faisaient appel aux mêmes mécanismes psychologiques que ceux similaires à l’addiction (drogue, sexe, et autres…). Mark Pincus n’a visiblement trouvé sa satisfaction dans la roadmap actuelle fixée désormais par son successeur, Don Mattrick. Ennui passager, ou symbole d’une industrie qui décline alors que certains semblent croire à leur belle étoile, comme King.com qui songe à une introduction en bourse, ou encore Softbank qui vient de prendre 51% de Supercell pour $1,53 milliard. Le jeu, ce n’est peut être pas une industrie bon marché comme dit plus haut, mais ça en fait tourner la tête à plus d’un. Mais plus celle de Mark Pincus pour le moment…

Suivre Mark Pincus sur Twitter : @MarkPinc

Mercredi : Box veut soigner grâce à son cloud

 

C’est une course contre la montre que se livrent Dropbox, Box, et autres « box » quelque chose… Enfin je ne veux pas dire les box de nos opérateurs chéris en France (les Orange, SFR et autres) qui sont loins d’avoir vraiment compris comment faire adhérer ses utilisateurs à des services de stockage sur Internet… dans le cloud. C’est assez simple de différencier Dropbox et Box : la première a pris le chemin de l’acquisition du consommateur final. La voie dorée mais périlleuses et très chère du BtoC. Box, c’est le monde de l’entreprise, le panneau publicitaire sur la 101 qui vous amène de San Francisco vers la Silicon Valley, et l’exploration des niches « enterprise ». Box vient de confirmer les premiers accords signés dans le domaine médical en avril 2013 avec des applications relatives au domaine médical par l’addition de 13 nouveaux. Ces applications utilisent les espaces de stockage de Box suite à sa mise en place de mesures lui permettant d’être compatible dans le domaine médical. Pour enfoncer le clou un peu plus, Box vient de lancer un challenge pour les développeurs avec un gain de $100.000 à la clé avec la collaboration de Dignity Health, une société de logistique dans le domaine médical et de l’association Social+Capital Partnership. La startup vient même d’embaucher une ancienne responsable de Google Health pour gérer sa stratégie dans ce vertical… plutôt sérieux, comme approche, non ?!

Suivre Box sur Twitter : @BoxHQ

Jeudi : Adobe se fait hacker

A une époque où tout le monde hurle après la NSA pour son excès de zèle dans sa mission de protection de la sécurité des citoyens américains, ou par contre à l’opposé personne de s’offusque du culot du fondateur de Facebook qui veut faire rentrer 5 milliards d’individus encore manquants dans sa collection Panini de la conquête du monde, les hackers continuent leur travail. Et les grands d’Internet de ce monde, un à un, se font prendre la main dans le sac de l’incompétence de protection de vos données personnelles. Le grand vainqueur du moment : Adobe ! Pas moins de 3 millions d’utilisateurs ont vu leur données sensibles comme leurs coordonnées bancaires rendues disponibles dans les réseaux non pas sociaux mais parallèles… « Sky is the limit » pour les uns, mais la sécurité semble être une vaine occupation face à une armée de « décodeurs » plus malins les uns que les autres. « Adobe n’est pas certain » que les coordonnées de carte bancaire puissent avoir été récupérées… ça leur fait une belle jambe, aux clients d’Adobe, pour qui les démarches vis à vis de leurs banques ne sont jamais choses faciles. Ca ne va pas donner confiance aux internautes tout ça, et ça prouve bien que les utilisateurs vont devoir s’armer de leurs propres solutions de protection de données.

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Vendredi : MongoDB et ses $150 nouveaux millions

 

La valse des investissements ne faiblit pas, à l’heure où il est essentiel pour les VC de la Silicon Valley et d’ailleurs de de positionner sur les offres de Software as a Service, de cloud computing… et le terrain de jeu est assez vaste ! Dans le cas de MongoDB, un système de gestion de base de données utilisé par les plus gros tels que  CraigslisteBayThe New York Times, Cisco, Forbes, ça fait quelques mega datas à mettre en ordre et à partager, dans une niche où il est plus qu’urgent de frapper fort à renfort de marketing et de recherche pour apporter dans les plus brefs délais les meilleurs fonctionnalités par rapport à la concurrence, Arrivé à un certain niveaux de nombres d’utilisateurs, les besoins en investissements deviennent vite exponentiels, et seul le capital risque peut apporter une solution financière rapide et conséquente : ni les banquiers ni les introductions en bourse ne sont des solutions pour des « encore-un-peu-startups » comme MongoDB. Quoi que, c’est désormais plus de 300 personnes qui y travaillent. La spécificité de cette levée de fonds assez significative (quoi que, encore une fois) est de voir apparaître Salesforce, EMC et Redhat aux cotés des habituels Sequoia ou encore Intel Capital. Ca promet de sacrées discussions entre actionnaires et une belle bagarre pour figurer au Board et faire que tout ce petit monde pousse dans le bon sens. L’argent ne fait pas toujours le bonheur, dans le monde des startups. Ca commence à se savoir de plus en plus. Cette levée de fonds faire de MongoDB l’une des startups la plus en vue de la Côte Ouest… avec des dollars plutôt  colorés Côte Est : la Silicon Valley reste la plus grosse pompe à fric des États-Unis, qui qu’on en dise !  L’offre de MongoDB est assez claire, et le marché de la data reste encore à prendre tant il est vaste. A suivre !

suivre MongoDB sur Twitter : @MongoDB 

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Une semaine dans la Silicon Valley : Fruition Sciences

Après le Gold Rush du 19e siècle, plus que jamais la Silicon Valley est un nouvel exemple du rêve américain version haute-technologies imaginé par la Californie, le paradis de la Côte Ouest des États-Unis. Mais il n’y a pas que Facebook et les startups dans la vie… ou presque. Une équipe de Canal+ composée de 5 femmes travaillant dans différentes fonctions transversales du groupe (communication, documentaire et marketing), a été choisie pour rencontrer des acteurs qui excellent dans leur domaine pour bouger les lignes, comme on dit chez nous. Voici ce que vous pourriez voir en une semaine passée dans la Baie de San Francisco, suivez le guide :)

Italie : 1, France : 0.

Non, ce n’est pas un remake de la finale de Coupe du Monde, c’est juste mon appréciation sur le combat des deux communautés qui se partagent un certain nombre de spécialités en commun : le fashion, la bouffe, et la façon dont elle s’en sorte dans la représentation à San Francisco. Ici, et aux alentours, à de rares exceptions, c’est l’Italie qui a su le mieux fédérer la culture italienne (malgré un nombre certain de fonctionnaires et autres représentants français en tout genre) dans cette bonne vieille ville de San Francisco qui sent si bon l’Europe par certains aspects. Les Italiens ont fait North Beach, un fabuleux quartier qui sent bon le café, les bons restaurants et le tiramisu, où il fait bon flâner le soir. La France, aveuglée par son exception culturelle, a bien du mal à percer hors de son territoire, sans doute trop obsédée par le « made in France », ça lui coupe les jambes ailleurs. Juste quelques restaurant avec des serveurs qui ne parlent pas la langue de Molière bien souvent, une église et des boutiques de luxe : ça ne suffit pas pour créer un quartier où il fait bon fleurer la baguette toute chaude.

Je parlais des exceptions : dans le domaine du vin, de la Napa ou Sonoma Valley, les marques françaises et les maîtres de chai sont nombreux. Et les malins entrepreneurs, aussi avec la belle équipe de Fruition Sciences qui est en train d’éduquer les viticulteurs de Californie à irriguer leurs vignes avec plus de sagesse. J’aime beaucoup écouter Thibaut Scholasch, Phd en viticulture, raconter son parcours, car des vignes, il en a vu à travers le monde (Chili, Australie, Californie et France bien sur) et il sait leur parler aux grains, c’est un « chercheur » qui sait parler aux plantes… Thibaut est à Oakland, Sébastien Payen, son associé, est à Montpellier. Sacré parcours aussi pour Sébastien, de Polytechnique à Berkeley… Ils couvrent à eux deux les plus belles régions que l’on puissent imaginer dans ce métier, et je vous laisse imaginer l’obstination qu’il a fallu à l’équipe pour convaincre des propriétaires Californiens de réfléchir à l’irrigation de leur vigne, dans un état où la facture d’eau n’est pas un problème, et les aspects environnementaux… pas un priorité ! Et ça marche, tant le nombre de propriétés ont été converties à leur technologie, et les plus prestigieuses. Mais chut, j’ai promis de ne pas partager de noms, restant confidentiels. En France, ça se développe aussi très bien. Le tout sans investisseurs… à quoi bon, l’entreprise a un très bon business model, fait du chiffre d’affaires, se rentabilise comme un grande. Et croît naturellement, comme une bonne vigne. Admirable, des exemples comme ça, on en veut plus !

Thibaut a un talent incroyable pour vous expliquer simplement ce que fait Fruition Sciences (et avec un sacré coeur…), et je vais essayer d’y être fidèle : des capteurs installés dans differents endroits sur la propriété « écoutent » comment les vignes « respirent » le soleil, c’est comme écouter le sang circuler dans les veines d’un être humain. Les données sont récupérées, analysées, transmises au propriétaire qui prend les décisions pour temporiser éventuellement l’irrigation de la vigne qui aboutira sur un « gros » ou un « petit » raisin qui va définir si le cru sera bon ou pas… car c’est au tout début du processus que se décide la qualité d’un cru. J’ai fait court, mais écouter Thibaut vaut le déplacement…

On flirte ici avec le biomimétisme dont j’ai déjà parlé avec Startup Nectar, et la « sustainability » si essentielle dans le monde d’aujourd’hui, car Fruition Sciences ne fait pas que permettre aux viticulteurs de mieux exploiter leur produit, mais également d’apprendre à se contenter des nappes naturelles pour s’alimenter en eaux et d’éviter ainsi de gaspiller une autre « piscine olympique », tant les quantités mises en jeu par hectare de vignes sont phénoménales.

 

 

Une semaine dans la Silicon Valley : Samasource

Après le Gold Rush du 19e siècle, plus que jamais la Silicon Valley est un nouvel exemple du rêve américain version haute-technologies imaginé par la Californie, le paradis de la Côte Ouest des États-Unis. Mais il n’y a pas que Facebook et les startups dans la vie… ou presque. Une équipe de Canal+ composée de 5 femmes travaillant dans différentes fonctions transversales du groupe (communication, documentaire et marketing), a été choisie pour rencontrer des acteurs qui excellent dans leur domaine pour bouger les lignes, comme on dit chez nous. Voici ce que vous pourriez voir en une semaine passée dans la Baie de San Francisco, suivez le guide :)

Je pourrai dire un jour : j’ai rencontré la future Présidente des États-Unis. Comment ? L’avenir le dira. L’Amérique est un drôle de pays, quand on songe aux relents racistes qui ont débordé sur Twitter lors de l’élection d’une Miss de beauté d’origine indienne  (une habitude pour le réseau social, dévidoir de ce qui parfois peut se faire de plus abject, via l’intervention humaine). Cela n’empêche pas des personnalités comme Leila Janah de faire avancer les nouvelles technologies en ayant toujours un oeil, et aussi un coeur dans un monde qui n’a pas autant de chances que les nombreux possesseurs de Tesla que l’on peut croiser sur la 101, qui défile le long de la Silicon Valley. C’est elle dont je parle.

Née à New York, grandit en Californie, décroche une bourse pour l’Université à l’âge de 16 ans, décide d’être professeur au Ghana, puis décroche son diplôme « d’African Development Studies » à Harvard. Travaille notamment à laWorld Bank au début de sa carrière, 2 années pour Incentive for Global Health, puis Care… pour enfin créer Samasource en 2008. Samasource s’appelait « Market for change ». L’idée est inspirée de son expérience avec la World Bank and le travaille fait sur le terrain au Mozambique, au Senegal, et au Rwanda alors qu’elle étudiait à Harvard.

En clair, Samasource donne du travail facile à exécuter sur Internet par des personnes ayant des capacités d’écriture en anglais sur des tâches assez basiques, qui trouvent preneur auprès de sociétés technologiques de la Silicon Valley, là où la technologie ne peut faire, un être humain prend le relais : Linkedin, Google, eBay, Intuit, notre startup IQ Engines. Pour du crowdsourcing par exemple. A l’autre bout de la chaîne, il y a une personne dans un de ces pays, au Nigeria, ou ailleurs en Afrique, en Inde, qui a réussit à mettre en place une installation fournissant un ordinateur en bon état de marche avec un accès à Internet. C’est amener un travail là où il est plutôt rare, ou une deuxième chance pour reprendre des études… Le genre d’histoire qui change la vie et que l’on a envie d’entendre plus souvent.

Leila voit loin, plus loin. Speaker dans de nombreuses conférences, désignée parmi les femmes qui comptent dans la Silicon Valley autour des nouvelles technologies, elle voit en « sama », qui signifie « égalité » en sanscrit, un terrain de progression social et de collaboration avec des pays qui ont besoin du soutien. »Dignify the work on Internet ». Ecoutez ces témoignages, il est permis de pleurer si vous sentez la douce joie qui s’y transmet.

SamaHope est le récent projet de Leila, qui vise à permettre de financer des docteurs intervenant dans les « pays du Sud » afin de soigner des patients qui ne bénéficient pas de moyens suffisant pour se soigner correctement. Un contre-pied à Watsi dont j’ai déjà parlé, car il n’est point question avec SamaHope de « publiciser » les personnes en recherche de fonds pour se soigner, mais bien de donner les ressources là où elles sont indispensables, à travers des professionnels qui ont besoin de matériels et de produits pour soigner et opérer.

En bonne américaine, Leila n’oublie pas les problèmes rencontrés dans cette bonne ville de San Francisco, où malheureusement les nouvelles technologies ne donnent pas un travail et à bouffer à tout le monde, contrairement à ce que l’on pense depuis certains « écosphères », et il y a une division de Samasource qui est en place dans quelques quartiers très défavorisés de la ville comme Bayview.

L’autre chose qui m’étonne, c’est que la communauté de langue française soit absente de ce type d’actions, et je suis certain que Leila veerait la chose se faire d’un bon oeil. Qu’est ce qu’on attend ?!

 

Une semaine dans la Silicon Valley : Techshop

Après le Gold Rush du 19e siècle, plus que jamais la Silicon Valley est un nouvel exemple du rêve américain version haute-technologies imaginé par la Californie, le paradis de la Côte Ouest des États-Unis. Mais il n’y a pas que Facebook et les startups dans la vie… ou presque. Une équipe de Canal+ composée de 5 femmes travaillant dans différentes fonctions transversales du groupe (communication, documentaire et marketing), a été choisie pour rencontrer des acteurs qui excellent dans leur domaine pour bouger les lignes, comme on dit chez nous. Voici ce que vous pourriez voir en une semaine passée dans la Baie de San Francisco, suivez le guide :)

DIY. Do It Yourself. Mon premier contact avec ce terme remonte à l’époque où je faisais des rapports de veille pour un grand distributeur dans le bricolage à qui on est en train de casser le business à défaut des pieds parce qu’il ouvre ses magasins le dimanche. Mais je m’égare… DIY, dans le monde du bricolage, c’est donner le pouvoir au consommateur de faire tout soi même dans la maison. Dans le monde tout court, c’est donner un chance au individus de se prendre par la main et de créer de ses propres mains un produit, pourquoi pas créer une nouvelle activité. Dans cette catégorie il y a ce que certains appellent ça des « FabLab ». Techshop, c’est plus que ça. Ce n’est pas un effet de mode. Ca a pignon sur rue, à San Francisco. Il n’y a pas de sponsors derrière, juste des gens passionnés par leurs matières (le bois, l’acier, le tissu, le plastic…) qui vont vous aider ou vous apprendre à utiliser le matériel disponible que vous n’avez pas les moyens ou les ressources pour les accueillir.

C’est donc un lieu d’apprentissage : il y a toute sorte de cours disponibles pour travailler les matières, se servir de logiciels complexes, pour faire des prototypes, pour faire de l’électronique, pour se servir d’une imprimante 3D… Il suffit de devenir membre pour un peu moins de $200 par mois pour être en mesure de prendre des cours afin de se lancer ensuite dans sa propre production. Pour pouvoir aller plus vite sur certains types de matériels qui ont leur liste d’attente (une spécialité bien américaine), il faut débourser parfois quelques $ supplémentaires. Il y a 7 locations à ce jour aux États-Unis, et l’atelier de San Francisco notamment présente du sérieux matériel prêt à être utilisé.

Techshop a son lot de « success stories » : la DodoCase, une couverture pour iPad lancé en 2010 conjointement au produit d’Apple qui, selon la légende, a rapporté $1 million de revenus en 90 jours. James McKelvey y aurait conçu les fameux lecteurs de cartes bancaires de Square, l’autre société de Jack Dorsey, un des fondateurs de Twitter. Il y le kayak en mode origami Oru qui a levé $440.000 sur Kickstarter. Il y a aussi certaines grosses entreprises implantées localement comme Levis ou Nike qui viennent s’inspirer des bonnes poussières régénérescentes à San Francisco pour bricoler quelques spécimens qui deviendront les produits de demain.

On peut se mettre à rêver : imaginer des bassins d’emploi en danger avec des tas de main d’oeuvre qualifiés se prendre au jeu de poursuivre dans leur expertise en entrant dans le Techshop spécialement mis en place dans la région, améliorant ses connaissances et se mettant à apprendre un nouveau métier, se mettant à vendre ses produits. Un peu à l’image du Techshop ouvert en 2010 à proximité de l’usine Frod de Detroit, vous savez, la zone sinistrée dont on a beaucoup entendu parler ces dernier temps dans les médias. On commence par Aulnay ? Plutôt que payer des gens à rien faire, redonnons leur confiance dans leurs dix doigts. Pas besoin de lire Makers, le livre de Chris Anderson pour se mettre à bouger les lignes, comme nos hommes politiques le disent si bien (sachant que la seule qui les intéresse, c’est souvent leur ligne de crédit bancaire).

Ca tombe bien, Techshop débarque en Europe, et en France, pour le coup ! Si cela peut contribuer à créer de nouvelles vocations et continuer de pousser le tissu des TPE à travers le pays, ce ne serait qu’une bonne chose pour les courbes du chômage chères à notre bien aimé Président. Il n’est pas encore très clair sur la façon dont Techshop va arriver sur notre territoire, mais mon petit doigt me dit que Grenoble n’y sera pas étranger, et que le nom de Saclay semble être sur le dossier.

A suivre…