Lyft envisage de lancer un service de scooter électrique (en fait, des trottinettes équipés d’une batterie, capable d’aller à une vitesse maximale de 14 miles à l’heure) sur la ville de San Francisco. La société a engagé pour cela une société de conseil afin d’étudier les conditions de validation d’un permis d’exploitation puisque la ville a récemment décidé de contrôler plus sérieusement ce type de véhicules depuis la mise en place des 3 sociétés exploitants ne satisfait pas les règles de sécurité suffisantes (il s’agit de Lime, Bird et Spin). Lyft a déjà commencé à développer des prototypes de scooters électriques. La ville devrait autoriser jusqu’à cinq compagnies de scooters à opérer dans le cadre d’un programme pilote. Lire plus d’informations ici.
Tango Card recharge ses batteries
Site web de Tango Card
La plateforme de carte-cadeaux numériques Tango Card, basée à Seattle, lève $35 millions auprès de FTV Capital. L’entreprise gère des programmes de carte-cadeaux pour les entreprises souhaitant utiliser ce type de récompenses, et pour le grand public qui les achètent habituellement en magasin. Lire plus d’informations ici.
Uber vient de clôturer ses comptes du 1er trimestre 2018 avec un chiffre d’affaires de 2,59 milliards de dollars, en hausse de 70% par rapport à la même période en 2017. Ô miracle, le résultat est un bénéfice de 2,46 milliards de dollars… Non, attendez, ces chiffres inclut un gain de $3 milliards provenant de la vente d’opérations en Asie du Sud-Est et en Russie. Hors ces profits exceptionnels, Uber a en fait perdu 550 millions de dollars (et non un peu moins de 1 milliard comme je l’indique le podcast). De bonnes raisons d’espérer ? Étant donné les ambitions affichées par le CEO, et les multiples tracas que rencontre l’entreprise, permettez moi d’en douter. Lire plus d’informations ici.
Kroger sur les pas d’Albertsons
La chaîne d’hypermarchés Kroger ($122 milliards en revenus avec 2.800 magasins à travers les US et 450.000 employés, basée à Cincinnati, Ohio) fait l’acquisition de la société de Chicago Home Chef pour 200 millions de dollars, avec 500 millions de dollars additionnels payables sur cinq ans en fonction des résultats futurs de la startups. Home Chef distribue des meal kits et continuera de fonctionner comme une filiale de Kroger, conservant ses bureaux et ses propres installations de distribution. Lire plus d’informations ici.
Une nouvelle startup de livraison de repas face aux problèmes de cette industrie
La startup de livraisons de repas aux aux immeubles de bureaux Peach, basée à Seattle, licencie 13 employés, soit 33% de son personnel (sic). Le CEO a déclaré que des compressions d’effectifs étaient nécessaires suite à une « nouvelle expérience de distribution » de produit qui n’a pas eu le succès escompté; Peach livre des commandes de repas. Lire plus d’informations ici.
Je remercie Sza et son album “Ctrl” pour m’avoir accompagné pendant ce podcast :
Tu ne t’es pas trompé, c’est bien ici la rubrique organique qui vous donne la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des histoires… à moins que ce soit juste du buzz : à toi de juger !
Grubhub se déploie dans la Bay Area
Photo by Eaters Collective on Unsplash
J’ai toujours été surpris de la discrétion de la société Grubhub dans un marché très à la mode et disputé par des entreprises comme Amazon, Uber, et Yelp notamment, depuis sa création en 2004. Grubhub opère dans le secteur de de la livraison de repas préparés au domicile des particuliers. Après environ $300 millions levés, la société est entrée en bourse en 2014. Sur l’exercice 2017, son chiffres d’affaires s’est élevé à $683 millions, en progression de 40% par rapport à l’exercice précédent. Avec un taux de marge de 52% (je parle ici du Gross Profit, qui déduit les coûts des marchandises vendues), vous ne me croirez pas, parlant d’une ancienne startup à caractère technologique, qu’elle est même profitable depuis plusieurs exercices, avec un montant de $100 millions pour ce même exercice. Je n’ai certes pas audité ses comptes, mais je crois ces chiffres sur parole et c’est plutôt une sacré performance dans un secteur ou une des anciennes stars de San Francisco, Sprig avec ses $45 millions levés en Series A, a fermé ses portes en 2017.
Comme bien tant d’autres, avec toutefois la société de Palo Alto Doordash et ses $721 millions de levée (merci Softbank) qui continue sa route néanmoins.
Dans le même temps, Uber continue de piailler son rôle de leader mondial en devenir dans ce domaine avec Uber Eats sans avoir rien prouvé à ce jour à part dépenser les milliards de dollars chaque trimestre, et difficile de dire ce que donne Amazon Restaurants sur le sujet tant on parle de tout et de rien au sujet du géant de Seattle, comme on l’appelle dans la presse spécialisée. Quant à Yelp, l’autre compagnie de San Francisco a négocié sa spin-off Eat24 à…devinez qui…Grubhub depuis l’été dernier sur une base de $287,5 millions en cash, ce qui vous donne une idée des sommes en jeu sur ce marché.
Grâce à cet accord, après avoir soigneusement évité la Bay de San Francisco pour grandir dans le Mid-West (sans oublier notamment le rachat de la New-Yorkaise Seamless entre autres), c’est désormais 80,000 restaurants qui peuvent faire l’objet d’une livraison dans la Baie de San Francisco à travers la plateforme de Grubhub, dans le prolongement des négociations pour le rachat de Eat24.
Il est de retour…
Pour ceux qui parlent un bon anglais
Travis Kalanick, l’ancien patron d’Uber qui a été jeté à la porte en juin dernier suite à une série de controverses majeures, semble avoir trouvé son prochain rôle après l’annonce il y a quelques semaines de son nouveau fonds d’investissement. Kalanick a déclaré sur Twitter (ça économise les frais d’agence) que son fonds investirait 150 millions de dollars pour prendre notamment une participation majoritaire dans City Storage Systems, ou CSS, basée à Los Angeles (histoire de ne pas trop rester dans les pattes de pas mal de gens à San Francisco), tout en y prenant la direction de l’entreprise (“Mister baller is back”). Il s’agit d’une société de portefeuille axée sur le réaménagement de biens immobiliers en difficulté, avec deux entreprises, CloudKitchens et CloudRetail, qui se concentrent sur le réaménagement des actifs en difficulté dans ces deux domaines. CSS se concentre sur la réaffectation des actifs immobiliers en difficulté tels que les parkings ou les centres commerciaux abandonnés et les transforme en espaces adaptés aux nouvelles industries, telles que la livraison de nourriture ou la vente au détail en ligne. D’ici à que l’on retrouve Kalanick traîner dans les couloirs d’Uber Eats, certains ont déjà fait le pari.
Petit rappel pour les amnésiques, Kalanick avait démissionné d’Uber après avoir fait face à un procès intenté à Waymo au sujet de la fuite de secrets commerciaux, à une bataille continue avec les actionnaires existants (dont les courageux Benchmark Capital) et aux répercussions d’une enquête sur le harcèlement menée par l’ancien procureur général Eric Holder, fruit d’une culture d’entreprise, disons, menée à l’image de son boss.
Le nouveau fonds de Kalanick, qu’il a appelé 10100, ou «dix cent» , serait donc axé sur «la création d’emplois à grande échelle», avec des investissements dans l’immobilier, le commerce électronique et «l’innovation émergente en Inde et en Chine». Souhaitons leur simplement bonne chance, à tous ces gens.
Quand les fonds va, tout va
Vinod Khosla dans les champs de la Silicon Valley
Vinod Khosla, né le 28 janvier 1955, est un ingénieur et homme d’affaires américain d’origine indienne. Khosla est répertorié par le magazine Forbes comme un milliardaire, ayant fait sa fortune en tant que co-fondateur de Sun Microsystems, où il était l’un des fondateurs en 1982, puis il devint General Partner de la société d’investissement Kleiner Perkins Caufield & Byers en 1984 où il a commencé sa carrière d’investisseur.
Sa page Wikipedia nous informe qu’il a été impliqué en 2010, dans un différend juridique après avoir empêché l’accès du public à Martins Beach (à quelques miles au Sud de Half Moon Bay) sur sa propriété. Mais ça, on s’en fout, on a mieux à découvrir au sujet de cet investisseur qui vient de lever un nouveau fonds de $1,4 milliard (je mets un “s” ou pas ?!).
Khosla a fondé sa propre société de capital-risque, Khosla Ventures, en 2004. La société est basée à Menlo Park en Californie, sur Sand Hill Road, là où se trouve la majorité des VCs de la Silicon Valley et gérait jusqu’il y a quelques jours environ 2,8 milliards (là, j’en mets un, de “s”) de dollars de capitaux d’investisseurs ainsi que des investissements financés par Khosla lui-même. Il faut dire que Sun Micro Systems a bien enchaîné les milliards de dollars jusqu’à son rachat par Oracle en 2009, assurant à Vinod .
Khosla est spécialisé dans les domaines du Cleantech et les start-ups de technologies de l’information. Avec pas moins de 70 “exits”, c’est à dire de nombre de sociétés vendues après y avoir investi, dont notamment Yammer, racheté par Microsoft pour $1,2 milliard. Avec d’autres partenaires “corporate”, comme on dit, c’est à dire les grandes entreprises, comme Cisco, Khosla Ventures finance l’un des meilleurs découvreurs de talents avec l’accélérateur de startups The Alchemist, basé sur San Francisco. C’est certain que ce nouveau fonds prouve, si c’était encore nécessaire, que La Silicon Valley séduit toujours les capitalistes. Ce nouveau fonds, à ce jour le sixième fonds de capital-risque de la société, a été appelé d’une façon très inventive «Khosla Ventures VI, L.P.» permettra de lever jusqu’à 1 milliard de dollars. Le deuxième fonds sera axé sur des transactions pour des projets plus “early stage” sous le nom de «Khosla Ventures Seed D, L.P.» et pourra gérer jusqu’à 400 millions de dollars. Ça laisse présager encore plein de sousous dans les poches des serials entrepreneurs de startups.
Les vieux de 40 ans prennent un bouillon chez Big Blue
Tout le monde connaît IBM : créée en 1911, spectateur historique depuis cette date, dans le domaine des sciences, et au delà (pas toujours du bon coté de la force pour des raisons propres au business, j’imagine), Big Blue est incontournable dans bon nombre d’innovations. Ce rôle est joué avec plus ou moins de succès, notamment avec leur nouveau bébé Watson dans le domaine de l’intelligence artificielle, qui a certes connu de bons sujets d’applications dans le domaine de la santé, que dans le retail par exemple. Mais les faits sont là : IBM tient une place de choix dans tout ce que se passe dans le monde informatique.
Maintenant, c’est aussi une entreprise cotée en bourse. Qui veut dire action cotée en bourse, veut dire chiffre d’affaires, marges, résultats et dividendes. Sans parler des robots et toutes ces sciences sur lesquelles travaille IBM qui sont censées bientôt remplacer tout le monde. IBM vient de couper plus de 20.000 employés américains âgés de 40 ans ou plus au cours des cinq dernières années, selon une enquête de récente de ProPublica, un organisme sans but lucratif basé à New York qui se décrit comme un site d’informations indépendant spécialisé dans journalisme d’investigation d’intérêt public. La publication allègue qu’IBM n’a pas fourni aux travailleurs âgés le suivi administratif auquel ils ont légalement droit, et a mis en lumière un préjudice en défaveur de certaine catégorie d’âge lors de la mise en œuvre des licenciements. ProPublica informe également que les responsables ont encouragé certains membres du personnel à postuler pour de nouveaux rôles, tout en demandant aux départements des ressources humaines de ne pas les employer. Le rapport affirme que ces mesures s’inscrivaient dans le cadre de vastes mesures de réduction des coûts qui ont permis à l’entreprise de faire venir de jeunes travailleurs à des salaires plus bas.
Si je comprends bien, ce n’est plus après 50 ans qu’on est bon pour la casse chez IBM, mais 40. Les temps sont car apparemment on n’arrête pas le progrès dans les nouvelles technologies.
Les derniers aveux de Marc Lore, CEO de Jet.com ?
La compétition du Retail au États-Unis fait rage avec l’avènement du e-commerce qui petit à petit fait son nid, pour le plus grand bénéfice à ce jour d’Amazon qui a investi depuis belle lurette sur le panier numérique. Bien que les parts de marché soient encore à prendre, la plupart des Retailers Américains se sont pris les pieds dans le tapis du “brick and mortar”, à négliger la formation continue du suivi de la satisfaction client et aussi celle des progrès de la technologie. Historiquement, le métier de Retailer est un métier de marchandage et de remplissage de rayon pour la plus grande satisfaction des ménagères. Aujourd’hui et depuis bien longtemps, c’est toute la famille qui achète et les prescripteurs dans la vraie vie ont foutu une bonne claque à l’âge moyen dans les sondages IPSOS. Et les petits pioupious, ça vit sur les smartphones et les ordinateurs.
Aux États-Unis, le seul à avoir pris le bon virage à ce jour, et le chantier est encore en cours, c’est Walmart, le plus gros Retailer du monde. Créé en 1962 par Sam Walton, c’est aujourd’hui quelques 12.000 magasins à travers le monde, $500 milliards de chiffre d’affaires, un profit net de $10 milliards, et 2,3 millions d’employés (dont 1,4 aux États-Unis). Le tout détenu encore par la Famille Walton à 51% (dont la fortune est valorisée à quelques $130 milliards). Walmart a bien fait ses courses dans le monde du e-commerce en rachetant Jet.com (pour environ 3 milliards de dollars), Bonobos (vêtements pour hommes), Modcloth (vêtements pour femmes), Shoes.com (ça vu, tu comprends l’anglais…), récemment Parcel (spécialiste de la livraison du dernier kilomètre) et même Vudu (locations de films sur internet). C’est une véritable armée de spécialistes du online qui est désormais disponible et qui travaille sur le Walmart de demain. Et il ne faut pas oublier les divisions Walmart e-commerce, Walmart Labs et Store No 8 qui travaillent sur les fonctionnalités numériques d’aujourd’hui, celles disponibles dans 2 ans et les autres dans 5 ans, avec une multitude d’ingénieurs basés ici aux États-Unis et en Inde, comme tout le monde désormais. Et oui, la France est peut être un réservoir de talents dans le domaine informatique, comme vous pouvez le lire en long et à travers dans la presse Française, mais c’est en Inde que se développe une bonne partie des choses qui deviennent un joli succès de la Silicon Valley. Marc Lore, fondateur de Jet.com, est intervenu récemment lors de la conférence Shoptalk à Las Vegas pour affirmer que Walmart restait en “mode achat” car elle cherche à différencier son offre de produits en ligne pour concurrencer Amazon.com. Les acquisitions futures se situeront probablement dans une fourchette de 50 à 300 millions de dollars, et même plus, a déclaré Lore. “Nous cherchons et parlons à plus d’entreprises que nous n’avons jamais eu… et nous sommes définitivement dans un mode d’acquisition.” Il a également déclaré que le groupe continuerait d’investir dans Jet.com pour attirer les millennials urbains et prospères sur New York, San Francisco et dans d’autres grandes villes. L’achat de startups avec leur propre inventaire spécialisé fait partie de cette stratégie : “Avoir une poignée de marques ne suffit pas”.
Tu ne t’es pas trompé, c’est bien ici la rubrique organique qui vous donne la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des histoires… à moins que ce soit juste du buzz : à toi de juger !
Lundi : Enjoy vous délivre de la Happy Technologie
Je ne vois pas le futur du web dans une sorte de monde à économie partagée. Ce n’est pas Internet qui va changer le monde, sinon ça se saurait déjà. Par contre, ça peut aider la société en général, ne serait-ce que sortir certains métiers de leur situation de rentes, n’en déplaise à Nicolas Rousselet venu faire la promotion de son livre sur les merveilles d’un État fort (et garant de la sécurisation de ses activités), à San Francisco, et créer quelques emplois. On peut donc désormais toutes sortes de services, notamment avoir accès à des concierges 2.0 que vous pouvez désormais employés à façon grâce à des startups comme Enjoy. Fondée en 2014, Enjoy va un peu plus loin que les Instacart ou Postmates puisque vous avez la possibilité d’y trouver l’expert qu’il vous faut. Ces gens ne sont pas là que pour vous faire vos courses ou vous livrer vos achats… “It’s time to enjoy”, qu’ils disent. Tu m’étonnes. On te prends pour un gogo dans bien des cas sur Internet, que ce soit pour être un chauffeur (ça, c’est un autre sujet), ou un investisseur virtuel pour des nouveaux produits révolutionnaires dont tu ne verras sans doute jamais la couleur, ou pour utiliser des smartphones de l’industrie du XXe siècle. Où elle est, la happy technologie qui te simplifie la vie ?! Pour installer ton routeur, ta nouvelle webcam, … Tout ça c’est plein de fil et il faut l’attendre le plaisir de voir son nouveau joujou marcher… quand il ne s’agit pas de le retourner là où il vient. Enjoy te le livre dans les 4 heures, avec quelqu’un qui sait y faire. Il peuvent même revenir si c’est nécessaire ! Après San Francisco, New York, voici Los Angeles sur la roadmap. Avec 80 millions de dollars pour carburant, ça peut laisser voir venir si le chiffre d’affaires ne suit pas, mais c’est un gros morceau à attaquer, tant pour le déployer avec les ressources humaines nécessaires. Peut être le bon endroit pour envoyer la startup vers la voie du succès. Jackpot ?!
Mardi : Lyft s’attaque au morceau du co-voiturage
Les startups sont nombreuses à s’être attaquées au co-voiturage sur San Francisco sachant, qu’il y a déjà une infrastructure avec des arrêts prévus à cet effet à proximité de la gare routière et des entrées du Bay Bridge par exemple (le pont qui vous emmène de l’autre coté de la Baie), toujours du monde à attendre sur ces arrêts, i y a aussi les voies de gauche sur les autoroutes (respectées, c’est un pays civilisé ici à cet égard) qui permettent d’aller plus vite. Il y a (il y eut…) Lyft Line, Uber Pool, Uber Commute, Uber Destinations, et Uber Hop. Quand on y regarde de près, Lyft est la startup qui se rapproche le plus dans l’esprit au co-voiturage. Voila donc que Lyft relance le braque dans le co-voiturage pour aller chercher un peu plus d’audience et d’activité auprès d’une nouvelle population grâce à un service dédié, permettant de prendre au passage n’importe quel passager. Il suffira de se déclarer ouvert à prendre un passager sur sa route, et ainsi il sera possible de profiter de la fameuse ligne gauche du carpool avec $10 en poche, tandis que le passager lui payera entre $4 à $10. C’est une offre plus éthique puisqu’il s’agit de partager son chemin (de fait on a sa propre destination) avec une limitation du profit possible. Il faut reconnaître qu’il a a du chemin à faire ici car pour prendre bien souvent les différentes autoroutes de la Baie de San Francisco avec mon trois-roues, je constate qu’il y a énormément de personnes seules dans leur “commute” et les files de gauche réservées aux véhicules à plus de 2 ou 3 passages sont de vrais boulevards (une étude indique que 76% des Américains vont au travail seuls dans leur voiture). Pas sûr que la bande à Blablacar soit mûre (un jour ?!) à l’idée de se frotter au marché US (avec Meetic, Vente-Privée, il a de bons exemples à suivre), et elle a sans doute raison. À ce titre, le succès de ce service sera un petit test, l’idée étant d’aller chercher des conducteurs “non-professionnels”.
Mercredi : Microsoft et sa réalité virtuelle
Alors que les médias s’excitent de plus en plus sur tous ces noms de code comme AI (l’intelligence artificielle), VR (la réalité virtuelle), que Mark Zuckerberg tente d’épater la galerie avec ses Oculus, ses caméras à 360 degrés, et que Samsung suit le peloton du buzz avec différentes gammes de produits, Microsoft suit son bonhomme de chemin et il n’en faudrait pas beaucoup pour que cela passe inaperçu. Microsoft, vu depuis la Silicon Valley, a du mal à exciter les développeurs avec ses lancements, mais pour autant, continue de développer sa roadmap avec dans la famille “je t’en mets plein la vue” j’ai nommé Holo Lens. Non, ce n’est pas un nouveau fan club de l’équipe de football Nordiste, mais une sorte de casque élégant avec des verres transparents, au travers duquel vous pouvez voir le monde autour de vous avec des objets 3D flottant dans les airs, ou encore des écrans virtuels sur le mur de votre salon. Wouaou Baraboo. Le projet Baraboo (nom de code d’origine) a démarré avec notamment le Brésilien d’origine Alex Kipman (chez Microsoft depuis 2001), a demandé 5 années de travail dans le secret pour aboutir en ce Printemps 2016 à une livraison de 3.000 kits de développements pour proposer un peu de contenu à sous-traiter parce que pour le moment, la bibliothèque est un peu vide. Il faudra attendre pour faire joujou avec les hologrammes dans son salon. Les délais annoncés début 2015 n’ont pas été tenus.
Jeudi : Tesla Model 3, partez !
J’ai du mal à parler des coups d’annonce dans la tech sur ces lignes, car je trouve que les colonnes des médias tech en sont pleins, et je ne vois pas ce que je peux apporter de plus dans cette recherche de la tendance et de l’exclu, c’est tellement plus sympa de faire des commentaires quand on a du recul avec les choses. Mais bon, il faut bien lancer un peu de mots clés qui compte dans la vie d’un blog dédié aux nouvelles technologies, alors voilà, je vais sortir le mot magique : Tesla. Tesla a réveillé une industrie endormie, bringuebalante, où les principales nouvelles consistaient à compter les licenciements dans chaque pays : un cataclysme. Et Elon Musk est arrivé, sans se presser, et il a réussi à redonner à cette industrie un peu de lustre d’antan, avec ses véhicules de luxe électriques, qui plus que jamais donne raison au fameux cliché : l’essayer, c’est l’adopter. Ça ricane beaucoup moins dans les salons de l’automobile, d’autant plus que c’est le lancement de la Model 3, un véhicule électrique beaucoup plus accessible au prix de $35.000, loin des $70.000 qu’il fallait sortir au moins pour les précédents modèles. A tel point que l’on a pu voir des files d’attente pour réserver sa “tuture” comme pour le dernier iPhone de Tonton Jobs. Et encore : tous les détails des caractéristiques du véhicule n’ont pas été révélées. On croit rêver, c’est comme acheter un joujou parce qu’on a vu les plus riches de la classe jouer avec. 325.000 réservations ont été annoncées par Tesla : le chiffre fait frémir. America is back!
Vendredi : Schoold et le ROI spécial étudiants
Quand on vous dit que tout ne va pas si mal en France… le monde de l’éducation aux États-Unis est vraiment un monde difficile. La technologie peut parfois être un petit reflet de la société, regardez plutôt. Schoold est une société développant une application “de planification de carrière” pour les jeunes prétendant poursuivre leurs études au “college” aux US, c’est à dire l’université dans notre système. Les étudiants sont confrontés à de nombreux défis aujourd’hui, et ils recherchent des informations personnalisées pour poursuivre leurs études… pour ceux qui en ont les moyens, ou ceux qui peuvent s’en donner les moyens à coup d’emprunts à faire frémir un exploitant agricole bien de chez nous. Grâce à notamment un algorithme et des informations personnalisées saisies par le jeune prétendant, Schoold vise à sensibiliser les étudiants sur les coûts et les avantages de fréquenter tel ou tel collège. Cet outil est censé leur permettre de prendre des décisions fondées sur des informations adaptées à leurs besoins et objectifs individuels. En clair, l’application essaye d’imaginer un retour sur investissement en fonction du coûts des études, en extrapolant les options de carrière, le potentiel de gains, et la satisfaction au travail. 500.000 téléchargements le premier mois : un détail dans la masse de la population Américaine, mais en même temps un bon indicateur des difficultés de sa jeunesse face au coût astronomique de l’éducation supérieure de ce pays, et de son interrogation à la nécessité de certains de s’endetter dès l’âge de 18 ans pour des montants qui se chiffrent en dizaines de milliers de dollars.
Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !
Bienvenue sur cette rubrique au jour le jour sur ce qu’il faut retenir de la Silicon Valley !
C’est fou ce qu’il peut se passer dans une journée, dans la Silicon Valley… Je tiens à m’excuser par avance : je vais encore parler d’Uber. Mais je n’ai pas le choix, tant la direction prise par Uber rend le sujet plus qu’intéressant. Je sais : la société a levé $5,9 milliards au total, ce qui est ahurissant mais il ne faut pas oublier pour autant qu’elle a été créée en mars 2009 seulement. La dernière levée remonte à Février 2015, alors qu’il ne faut pas oublier qu’Uber fait du revenu. Selon certaines sources, et des gens ayant eu accès à des document indiquant le chiffres des projections à 4 ans de la société, on parle de $10 milliards de revenus bruts, soit un chiffre d’affaires net projeté de $2 milliards (Uber garde 20% de la transaction opérée). Une autre source indique un chiffre d’affaires sur 5 marchés fin 2013 (NYC, Washington D.C., San Francisco, Chicago, et Los Angeles) génère environ $1 milliard par an, sans prendre en compte la croissance internationale opérée par Uber en 2014. Ce qui semblerait être en phase avec les $1,5 à 2 milliards pour 2014. En clair : Uber a les moyens d’exécuter au sens large la vision d’une « big logistic company » dont les chauffeurs de taxi n’étaient vraiment qu’un apéro. Une mise en bouche, un échauffement, des tapas, des amuse-gueule.
Un ingénieur travaillant pour Here conduit un véhicule en Grande-Bretagne. Crédit Rob Stothard pour le New York Times
Uber voit big, Big big big. Et il en a les moyens. Et ils ont un CEO a des « cojones », du courage en espagnol, même si Uber a du arrêter ses opérations en Espagne. On peut dire ce que l’on veut sur Travis Kalanick, non sans tord san doute, mais en attendant, il déroule. Dernière action en date : Uber doit passer par Google pour la cartographie, et ça les ennuie. Pas de problème : Nokia vend Here, sa plateforme de cartographie ! Combien ? $3 milliards ? Je postule ! Qui est sur les rangs ? Un consortium Allemand, Baidu. So what ? Résultat de la course au mois d’août prochain. En attendant, Uber s’attaque à la livraison. Travis, si tu veux, il y a quelques actifs qui doivent encore trainer en France chez Mitry Global ou Gefco.
Pendant ce temps, Yelp, qui traine son service de notations sur Internet et mobile pour les restaurant et autres commerces depuis Juillet 2004, après une expansion international qui laisse sur sa faim en France notamment, ne semble plus intéresser son fondateur, qui a vu le bonheur d’une introduction en bourse, a fini d’arrêter de trainer des pertes successives pour la première fois en 2014 avec un bénéfice net de $36,5 millions pour un revenu de $377,5 et pensent que le moment est opportun de trouver un acquéreur (après avoir fait appel au capital publique, quelle belle logique capitalistique). Ça leur apprendra à avoir refusé une offre de Google il y a 5 ans, mais l’introduction en bourse est une opportunité financière qui peut tourner à l’obsession. Autre leader (Jeremy Stoppelman est un ancien de Paypal, et un business angel très actif, comme beaucoup ici), autres méthodes, mais la voilure de Yelp n’est pas la même (seulement $56 millions au total avant introduction). Yelp n’a pas trouvé les moyens de s’adresser à d’autres marchés que les PME, et ma bonne dame, ça ne paye pas assez. En plus, Yelp accuse Google de poser des problèmes au référencement. Etc., et nanana.
La veille, c’est $1,4 milliards levés par 17 startups
Aujourd’hui, c’est $100 millions que vient de lever Fibit (San Francisco), avec des chiffres plutôt propres avec un bénéfice de $48 millions au premier trimestre, avec 9,5 millions d’utilisateurs actifs et payants générant un revenu de $336 millions. C’est ça, la Silicon Valley élargie, elle continue de mener au point dans les levées de fonds, et pour certaines ne se débrouillent pas si mal avec le business model, contrairement aux idées reçues. Quel mauvais procès (hum) !
Elon Musk a toujours été passionné par les voitures électriques… Que;qu’un sait à quoi il marche, Travis Kalanick ?!
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Il va de soi que ce titre est une grosse provocation, qui symbolise simplement mon incompréhension du rachat de la startup Caviar par Square l’année passée. Hormis s’assurer le fait de garantir une bonne qualité de livraison du déjeuner pour le Comité de Direction, les arguments utilisés notamment par Techcrunch sur le sujet ne m’ont convaincu en rien. Caviar est l’une de ces startups qui donc livre les repas à domicile dans une période qui se veut la plus courte possible. Square est une startup qui délivre une solution de paiement. D’ailleurs, Techcrunch n’explique rien, à part vous balancer des millions de dollars à la figure, comme bien souvent.
Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour
La news dans tout ça, c’est Uber que cela concerne. Car dans ce développement d’activité, il y a du sens. J’ai eu une décharge électrique récemment en comprenant ce qu’Uber pouvait devenir. Non pas seulement un empêcheur de tourner en rond d’individus comme en France par exemple, comme ces fils d’industriels né avec une cuillère d’argent dans la bouche du style de Monsieur Nicolas Rousselet, et de ses amis lobbyistes et politiciens de tout bord. Non pas seulement une alternative aux chauffeurs de taxi dont on ne veut plus, sauf si jamais vous dirigez une entreprise publique, comme, au hasard, l’INA par exemple. Mais une « logistic company ». Une boîte de logistique, tout simplement. Le chauffeur au bout de son application mobile n’est certainement que le début d’une aventure industrielle qui peut aller loin.
Uber vient donc de lancer UberEATS, un service de livraison de repas, sur Chicago et New York. Ce service prend la suite d’UberFRESH, qui a fait ses preuves sur Barcelone et Los Angeles. Si jamais vous vous trouvez dans les zones de livraisons, vous verrez apparaître la signalétique, vous pourrez sélectionner le menu et payer en un clic, comme à l’habitude avec Uber. La capacité de développement géographique a été une des réussites d’Uber, et j’ai le sentiment que l’on n’a pas fini de se faire UberISER.
On fait les paris ? Qui pourrait bientôt se faire UberISER ? Les paris sportifs ? Les massages a domicile ? L’arrosage de vos plantes pendant vos vacances ? Sortir le chien par temps de pluie ? Je crois Travis Kalanick de toutes les postures possibles, il y a du Steve Jobs dans ce jeune homme, avec une je ne sais quoi d’Elon Musk.
En tout cas, ce service de livraison, c’est du caviar pour Uber, qui va j’en suis sûr créer bien des maux de tête à des startups comme celle de mon ami Bastian Lehmann, CEO de la société Postmates qui est en train de s’appliquer à réaliser les mêmes prouesses d’exécution d’Uber dans le développement de son service à travers le territoire Américain, clés de la croissance de l’audience, des chiffres et de la valorisation (d’ailleurs, naturellement, les deux se connaissent). Ce type de croissance coûte cher, et comme ça sent la fin des soldes des levées de fonds dans la Silicon Valley en ce moment, il est urgent de se presser à prouver que tout va bien et qu’il faut encore plus appuyer sur le champignon, recruter, et élargir la voile financière.
Beau coup en tout cas de la part d’Uber, dont on n’a pas fini de parler. Malheureusement pas pour compenser les licenciements liés aux difficultés économiques de MitryGlobal ou de Norbert Dentressangle, dont les dirigeants n’ont pas su adapter l’outil de production aux temps modernes. En attendant, Uber se sent pousser des ailes.
PS : Vous savez que l’on peut commander un taxi depuis l’application Uber sur San Francisco ?!
Un journal, par définition, c’est quotidien. Bienvenue sur cette rubrique au jour le jour sur ce qu’il faut retenir de la Silicon Valley !
Internet est en train de passer à une nouvelle étape… enfin on s’y essaye avec Google, et une nouvelle pépite de Garrett Camp, co-fondateur de StumbleUpon (et accessoirement d’Uber), Explorator.
L’avènement de la « sharing econmy », ou économie collaborative, est une victoire des utilisateurs d’un autre monde, le world wide web, qui s’attaque petit à petit à des pans entiers d’industrie ou de métiers qui n’ont pas évolué probablement depuis l’après-guerre (du moins c’est le sentiment que ça donne, sachant que pour être honnête je n’ai pu jugé par moi même que depuis la crise pétrolière qui a du certainement tout figer dans le temps, va savoir). Internet, ça met les gens en relation directe pour faire du business : je te loue mon appartement, tu me déposes à la gare en voiture, tu me prêtes de l’argent. Macron en a rêvé, Internet l’a fait : la dérégulation. Mais bon, la Loi Macron, c’est un peu un pet de moineau à coté de cette nouvelle génération d’Internet qui voit des pans de métiers qui aujourd’hui peuvent être remplacés par un site web, une application mobile, et une solution de paiement intégrée.
C’est quoi cette nouvelle étape ? Se servir de toutes ces lignes de codes et essaye d’en tirer une substantifique moelle d’intelligence artificielle, à défaut d’en construire un cerveau. Aller au delà de la transaction simple, et « scaler » comme on dit en langage startup, élargir le potentiel des transactions rendues possibles par la technologie. Aller plus loin dans la proposition de valeur, la transaction, histoire de faire encore plus de revenus, et pas uniquement suggérer. L’e-commerce, c’est bien gentil, mais dans le service à la personne, il y a tout autant à conquérir en part de marché. Nous ne sommes donc pas surpris de voir Google venir rejoindre la danse des TaskRabbit et autres amuses-gueule dont les seules performances pour le moment ont été de dépenser l’argent bien gagné auprès des investisseurs. Des sources bien informées prétendraient que Google se prépare à aller un poil plus loin que la simple requête, en allant jusqu’à proposer la mise en relation lorsqu’elle est possible. Les Pages Jaunes en ont rêvé, Google va le faire, il en a largement les moyens. Google a travaillé sur suffisamment de produits web pour avoir une petite idée sur le sujet, et ses 30.000 ingénieurs lui donnent les moyens d’appuyer sur les boutons qui vont bien pour délivrer prochainement le service adéquat. Enfin, en principe. Et puisqu’on parle de TaskRabbit, Amazon vient de signer un partenariat avec la startup de San Francisco afin de lancer un service similaire, déjà actif…
Je parlais du co-fondateur d’Uber, Garrett Camp. La logistique, ça le connait puisque c’est un peu ce qu’est devenu Uber, avec le succès que l’on sait. Après avoir créé la startup qui déplace des millions de personnes par mois à travers le monde, on a quelques idées pour exaucer un peu n’importe quel voeu, tant qu’il est possible de se servir d’Internet comme un vecteur. Le Canadien d’origine a monté son propre incubateur sur San Francisco, Expa, qui travaille sur différents projets, des idées de business pour être précis. Il embauche des équipes de développeurs, et quand le sujet devient sérieux, trouve et embauche le CEO qui va aller avec. La startup Reserve en est un exemple dans le domaine du concierge digital spécialisé dans la restauration.
Là, c’est Operator, au nom digne d’un rôle taillé sur mesure pour Schwarzenegger. Les consommateurs commencent à s’habituer à se servir de leur smartphone pour utiliser des services comme Uber, ils commencent à être murs pour passer d’autres commandes de services, que ce soit des besoins simples ou des commandes complexes… Il faudra attendre un peu pour en savoir plus, le service pour le moment ne reçoit que les demandes d’invitations au service. Mais il paraît qu’il serait capable de faire papa-maman.
Un journal, par définition, c’est quotidien. Bienvenue sur cette rubrique au jour le jour sur ce qu’il faut retenir de la Silicon Valley !
Facebook’s MPK20 building (Mark Zuckerberg/Facebook)
Les choses se font et se défont ¡a vitesse grand V dans la Silicon Valley ! La magie technologique, qui excite tant les fantasmes à travers le monde, a vu le point central de la Silicon Valley remonter de San Jose ou Santa Clara, bastion des premières pépites, vers Mountain View, puis Palo Alto, et c’est désormais San Francisco qui tient le haut du pavé. À Titre d’exemple, en 2014, selon CB Insights, les startups de la ville phare du moment ont levé $10,9 milliards en 584 deals, alors que la Silicon Valley à elle toute seule seulement $10,4 milliards seulement. Palo Alto $2,9 milliards, Mountain View, 1,7 milliards, Redwood City $1,3 milliards, San Jose $1,1 milliard, et ainsi de suite. Une lente révolution de l’écosystème des startups, et Uber est naturellement un des premiers responsables de cette suprématie de San Francisco.
Justement, alors que Facebook et son village interne en forme de Parc Disneyland avait depuis longtemps les faveurs de la communauté des développeurs, plus enclins à succomber aux sirènes de Menlo Park plutôt que celles de Mountain View, changement de braquet : les millions, c’est aussi sur San Francisco qu’il faut aller les chercher. Pas nécessairement dans la pépite de Jack Dorsey, Square, la startup de paiement, où les ingénieurs semblent partir en nombre ces derniers temps (alors qu’il fut un temps c’est jusque dans l’état major de Google à Mountain View qu’il allait recruter), mais bien chez Uber, où les packages sont absolument inimaginables pour le commun des mortels. À en faire fondre les parachutes dorés de la noblesse des grands dirigeants Français, qui font encore parler d’eux dans la presse.
Zuckerberg n’en fait décidément pas assez. Pourtant, il s’applique, avec la construction d’un nouveau siège social, absolument futuriste (enfin pour ceux qui partagent la vision de la marque au f minuscule) avec un nouveau bâtiment en face des anciens locaux de Sun MicroSystems, le siège actuel, avec notamment un parc de 9 acres sur le toit. « “Nous voulons que notre espace de travail soit ressenti comme un mouvement perpétuel. Quand on entre dans le bâtiment, nous voulons ressentir le chemin qui reste à parcourir dans Notre Mission de connecter le monde ». Je ne sais pas si c’est cette vision quelque peu « scientologue » de la mission de Facebook qui a effrayé Joe Sullivan, ou bien les millions d’Uber, toujours est il que l’ex Grand Flic en chef de Facebook vient de rejoindre Uber. Le Chief of Security Officer, qui surveillait les hackers, les scammers, les hamsters (cherchez l’erreur), les pédophiles, et les poils de vénus en tout genre, est parti faire le ménage dans la grande maison tenue par Sir Travis Kalanick, sur Market Street, San Francisco.
Il faut dire que la maison commence à être bien grande, et la presse tech bon marché est à l’affut des moindres problèmes qui peuvent surgir avec toute cette masse de courses de transport désormais gérées par Uber un peu partout dans le monde. 12,000 conducteurs enregistrés sur la ville de San Francisco, m’a confié un chauffeur Uber il y a quelques jours, ça en fait du monde. Alors, avec tous les problèmes que doit affronter Uber, ici et là, du fait de lobby et de certains Gouvernements plutôt enclins à défendre le statu quo comme en Espagne, comme en France, comme en Allemagne, ce n’est pas le moment d’avoir des problèmes avec des chauffeurs Uber qui se prennent pour des taxis. « C’est une chance que d’aider à construire la culture d’une jeune organisation en pleine croissance, et de continuer à construire la sécurité et les initiatives de protection qui sont les bases du business d’Uber », avoue Joe, 46 ans. c’est sur qu’il va faire chuter la moyenne d’âge, Joe. 300 villes, 55 pays, il va en voir du pays, et du pain sur la planche, aussi (Félicie).
Techcrunch, la star des médias quand il s’agit de parler de startups, avec toutes les histoires qui vont autour. Les conférences qu’organise ce média hight-tech de la Silicon Valley sont toujours très prisées. Les différents organisateurs ont su renouveler le genre depuis 2007, et ils ont intelligemment créés cette ambiance « Hollywood » dans les nouvelles technologies avec une légion de codeurs-entrepreneurs en sweat-shirt à capuche d’un coté dans les premiers rôles, et une légion d’investisseurs en costumes-sneakers de l’autre à la production.
Beaucoup de stars pour cette première journée, et beaucoup de déclarations… morceaux choisis, en particulier avec Travis « Kalachnikov » Kalanick, l’homme qui veut bouleverser le monde des taxis avec Uber !
“Abnormally perfectionist. Abnormally fierce.” @travisk, on the requirements of succeeding as an entrepreneur. #TCDisrupt
David Krane est partenaire chez Google Venture, un des actionnaires de la société Uber qui veut raser cette planète de toutes les compagnies de taxi qu’il est possible de trouver à San Francisco, New York, Paris, Francfort ou Shangaï. Ce n’est pas encore gagné, mais la startup progresse vite à recruter des chauffeurs à travers les différentes régions qu’il explorent (mais pas encore Las Vegas), et des clients encore plus avec la politique de prix très agressive. Le service est absolument incomparable, tant le chauffeur de taxi est devenu un prestataire de services que l’on aime rarement !
Parlant d’amour, l’intervieweur Michael Arrington et ses gros sabots (au propre comme au figuré) n’a pu s’empêcher de parler du coté Dark Vador d’Uber et de son CEO Travis Kalanick :
Being scrappy requires you to fierce / keeping the little guy attitude even though a big company – Kalanick #tcdisrupt
Forcément, on ne change pas le monde avec des bisous, spécialement lorsque l’on constate la résistance des lobbys dans différents pays. Dans le cas Français le président de la G7 opère dans une situation de quasi-monopole, dans la foulée de son papa très heureux de récupérer cette compagnie en 1960, avec un réseau d’influence qui va jusqu’à faire parler un Ministre ventriloque priant l’innovation de ne pas aller trop vite en pleine conférence sur les nouvelles technologies ! La seule innovation de cette compagnie ? La mise en place de la radio en 1964, qui a été un bon moyen de mettre la laisse aux chauffeurs de taxi qui aujourd’hui se demandent se qui leur arrive, en se comportant comme des fonctionnaires à qui on veut retirer les acquis sociaux : la règlementation et les licences de taxi ayant été géré n’importe comment, c’est bien difficile de s’y retrouver sur la meilleure attitude à adopter.
En attendant, Uber bouge les lignes et permet à des personnes de se créer leur propre job :
Travis Kalanick says Uber creates 50,000 new jobs a month. #TCDisrupt
A titre d’exemple, j’ai eu le plaisir de rencontrer le fier papa d’un jeune ingénieur embauché par Facebook, qu’il est venu accompagner à San Francisco pour s’assurer que tout va bien. Que fait il le temps de régler les aspects de visas et de se mettre en place ? En bon soutien de famille. le système mis en place par des sociétés comme Uber… ou Lyft dans ce cas précis lui a permis de se mettre en situation professionnelle quasi immédiatement ! C’est ça, l’enjeu des emplois d’aujourd’hui : la mobilité plus que les acquis sociaux que l’on n’est plus capable de financer.
Arrington, « Are there any trouble spots for Uber. » Travis, « We are not in Vegas, we can’t go there. » #TCDisrupt
C’est aussi clair que, parlant de Lyft, qui joue dans la même cour d’Uber, avec les fameuses moustaches roses, la concurrence est rude et aucun cadeau ne sera fait :
Uber hasn’t acquired a single company. They are in 45 countries and are proud of that in the time frame they’ve done it. #TCDisrupt
La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !
Lundi : la 3D c’est pour quand ?
Le monde qui nous entoure est merveilleux : tout en couleur, plein de formes, tout en 3D. Sa restitution numérique est absolument, définitivement, résolument plate, quel que soit l’appareil que l’on utilise (sa télévision, son téléphone portable, sa tablette). Rien n’arrive encore à reproduire cette magie du réel. Hormis les imprimantes 3D qui courent désormais les rues, et qui vont bientôt devenir un produit de consommation courante au train où vont les choses, il ne se passe pas grand chose. Enfin presque, il y a des société comme Movidius, dirigée par un Français à découvrir, Rémi El-Ouazzane, dont la société travaille à pousser les limites du hardware par les prouesses du software (ils participent notamment au projet Tango mené par Google pour donner aux appareils mobiles une compréhension à l’échelle humaine de l’espace et du mouvement), par exemple. Et il y a Matterport, que l’on a déjà évoqué ici, développant une technologie permettant de « scanner » un lieu, des objets et de les restituer en 3D. Toujours présent, c’est désormais $16 millions nouveaux qui vont permettre de poursuivre le développement commercial de la société qui pour le moment s’adresse aux photographes, aux sociétés évoluant dans l’immobilier… car ce joli joujou coûte tout de même la bagatelle de $4,500.
La Silicon Valley ressemble des fois au mercato du football, vous savez, la ruée des les transferts pour avoir chaque année la meilleure équipe. Les talents sont rares dans la Silicon Valley (du moins, la demande n’est pas satisfaite), alors il y a un vrai travail de harcèlement opéré par les « agents locaux », les recruteurs, qui deviennent à ce sujet la bête noire des ingénieurs, car tellement insistants. Un bon développeur qui s’est fait remarqué pour avoir développé une meilleurs application que, disons une société de la taille de Flickr, va vite être reconnu via le bouche à oreilles et se voir proposer des boulots tous les 3 jours. En ce qui concerne les talents reconnus et installés dans de belles positions chez Apple, ou Google (Facebook fait encore partie des chasseurs), dont les procédures de recrutement sont extrêmement difficiles et reconnues, c’est une autre bataille à haut niveau, et à ce jeu, il n’y a pas que Facebook mais aussi par exemple Uber, qui se montre tout à fait séduisant. La startup de San Francisco vient de recruter Chris Blumenberg, presque 15 années passées chez Apple, récemment en charge de Safari pour OS X et iOS, etdésormais Senior Engineering Manager chez Uber. Nouvelle suffisante d’un point de vue local pour faire ici l’objet d’une mention dans la rubrique des transferts. Les sociétés de San Francisco et de la Silicon Valley sont capables de tout pour acquérir un talent, une équipe. Quitte à racheter une société $3 milliards, comme ce fut le cas de Google avec Nest. Si, j’ose le dire. Posez donc la question à Tony Fadell ou Matt Rogers, co-fondateurs de la startup aux thermostats. Quant à notre ami Chris, Uber reste définitivement le bon choix du moment, avec probablement encore un petit peu de stock options disponibles, des fonds levés bien en suffisance, Google en back-up, une belle croissance en cours… un nouveau métier qui marche et que tout le monde attendait. Et des bureaux, mon dieu, que c’est joli chez Uber ! Ca vous tente ?!
Je m’étais amusé du sympathique coup de pub de la triplette Marc Simoncini-Jacques-Antoine Granjon-Xavier Niel qui il y a un an avait proposé de verser 25.000 euros à 101 startups dirigées par des moins de 25 ans (ça fait tout de même 2,5 millions d’euros, mais bon le coté Père Noêl, vous savez…) . Silicon Valley est définitivement une autre planète. Ici, c’est le chiffre 137 qui va porter bonheur avec la société 137ventures qui vient de lever $137 millions afin de prêter à ces malheureux entrepreneurs de startups de las Silicon Valley forcés de rester plus longtemps qu’ils n’imaginent dans la salle d’attente des milliardaires ayant joué à la course à l’IPO. Non, ce n’est pas le nom d’une nouvelle hormone censé rendre plus riche, mais le terme un peu barbare pour désigner l’introduction en bourse (au NASDAQ pour les plus ambitieux), et qui transforme votre contrat de travail, des années de sueur, er votre portefeuille d’actions préférentielles en un JACKPOT à faire rêver ! 137ventures a ainsi parmi ses clients la crème de la crème de la Silicon Valley pour qui le standard de vie doit naturellement correspondre à celui du voisin qui, lui, a déjà réussi. N’oubliez pas qu’aux États-Unis d’Amérique, tout est dans l’apparence. Et ici comme ailleurs, c’est bien connu, on ne prête qu’aux riches.
Jeudi : Bop, bof
Une belle journée dans le monde des startups : 2 fonds dont Google Venture en Europe qui ouvre le robinet pour $130 millions, prêts à être servis bien chauds, et de l’autre coté $70,4 millions levés par des startups ici et là (aux États-Unis essentiellement). Le capitalisme a la peau dure, le fantôme de la bulle internet rôde, et la caravane passe. Et rien ne change, dans un monde où les filons des idées qui vont changer le monde semble intarissable. L’industrie de la musique a été plus que bouleversée, avec des labels en difficulté comme bon nombre d’acteurs dans le domaine des médias et de la culture, et la situation est devenue encore plus compliquée pour les artistes qui doivent apprendre à devenir leur propre producteur, webmaster, Youtubeur… et perdre une part de leur âme, sinon se fier à un facteur chance aussi fiable que ce foutu social media où la quantité prime sur la qualité. Deezer, Spotify, Rdio, et j’en passe prennent le pas jour après jour sur les copies vendues en bonne et due forme. Maintenant c’est la deuxième couche qui arrive avec Bop.fm, basé à Palo Alto comme il se doit, afin d’être plus près du bon dieu pognon qui le leur rend bien puisqu’ils viennent de lever $2 millions. A quoi ça sert ? Rassembler vos playlists des différentes plateformes (parce que naturellement vous avez des playlists partout, puisque vous écoutez de la musique partout, pffff…) sur une seule et les partager. Les limites de l’intelligence du « pissage de code » comme on dit.
Vendredi : vous connaissez les réseaux sociaux semi-publics ?
On pensait avoir tout vu sur les réseaux sociaux, cette déferlante venue révolutionner les rapports humains (il est question de vouloir changer le monde, je le rappelle) tout en créant une nouvelle forme d’esclavage (indolore certes) : la traite des données. Les égos se défoulent, les agents publicitaires se frottent les mains, et Facebook jongle avec les milliards. A coté du géant de Menlo Park (6.000 employés à votre service), il y a Twitter et son éco-système. Pas vraiment la même catégorie de connexions sociales, on piaille dans le vide (ça s’appelle un tweet) ou on cause par une sorte de SMS qui transite à travers le web, et non les tuyaux des opérateurs (enfin presque). Une petite startup de San Francisco, ville qui ne manque pas d’ingénieurs profilés « Qui veut des millions », vient de nous inventer le tweet semi-public : tu tweet en public un lien qui ne sera lisible que par la (ou les) personne(s) qui sera(ont) mentionnée(s) dans ce tweet. Pour ceux qui se demandent (encore) à quoi sert Twitter, essayez Privatize , ça va aller plus vite qu’un long discours. Prévenez vos amis d’abord. Bon, à part donner la possibilité de faire suivre en privé des liens via Twitter à plusieurs personnes simultanément, je ne vois pas trop à quoi ça peut servir d’autres (sinon aussi créer des jalousies et des frustrations, je vois ça d’ici). Essayez toujours, ça donnera l’impression que vous êtes une personnes branchées « avec les nouvelles tendances de la Silicon Valley ». Décidément, drôle de semaine.
Je pense en particulier de ces manifestants à Oakland ou ailleurs qui se prennent pour de vilains chauffeurs de taxi parisiens, qui se croient tout permis, et abiment le matériel roulant appartenant à autrui : un car transportant des salariés de Google avait été bloqué et endommagé. Mais Google n’est pas n’importe quelle société, « sky is the limit » pour les ingénieurs de Mountain View (et encore, ils nous lancent des ballons dans le ciel maintenant), et tel Attila le Hun, si tu bloques Google sur les routes, et bien il va passer sur l’eau.
Non, vous ne rêvez pas.
Google vient de passer un accord avec une société pour transporter ses salariés sur la Baie de San Francisco par ferry. Une société met donc à disposition des salariés de Google qui le souhaitent des catamarans qui vont de San Francisco jusqu’à Redwood City. À coup de 149 passagers, à raison de deux voyages par jour aller et retour, qui dure environ 47 minutes, pour une période d’essai de 30 jours, fini les bouchons et les voisins ronchons. Il est important de préciser que Google paye les taxes portuaires qui vont bien, ceci afin d’éviter que des riverains ne préparent une quelconque opération « Greenpeace (autre spécialité française qui nous a rendu si populaire dans le monde). On n’a pas encore entendu de plainte de la part des phoques et autres animaux jouissant de la nature locale.
Google ou pas, c’est encore à titre expérimental, il reste à valider le fait que cette activité portuaire supplémentaire (et privée) ne vienne pas perturber l’activité habituelle.
Je profite de cette nouvelle divertissante et rafraîchissante pour m’adresser à ces Messieurs les taxis, à qui je conseille de bien se méfier d’Uber. Ces américains là ont Google comme investisseurs, et Dieu sait ce qu’ils sont prêts à faire pour vous détruire votre business. Par les eaux, par les airs. Partout. Un SuperMontebourg ne suffira pas.
Et de grâce, cessez ces violences qui nous font passer pour des voyous aux yeux de la communauté internationale. Quelle mouche vous a piqué ?!