La Silicon Valley et ses joyeuses boules de Noël

J’aime profiter de cette accalmie forcée entre deux dates monopolisant significativement certains parties du monde occidental pour faire un peu d’extrapolation… Le monde est fait d’équilibres et de déséquilibres, et la Silicon Valley (et San Francisco) ne font pas exception à la règle…

La pauvreté ne cesse de progresser dans cette bonne ville de San Francisco. Son maire, Edwin Lee, n’a de cesse de clamer sa ville comme la première place de l’innovation dans le monde, et pousse la pauvreté hors de ses quartiers habituels comme Tenderloin, en favorisant fiscalement l’implantation d’entreprises comme Twitter, Square, ceci ne la fait bien entendu pas disparaître. Au contraire, elle apparaît au grand jour dans différents quartiers de la ville et apporte la preuve que, comme partout, à Paris ou ailleurs, les choses ne s’arrangent pas pour beaucoup de gens. Dans la Silicon Valley, il suffit par exemple de traverser l’autoroute 101 en passant de West Palo Alto vers les quartiers Est pour comprendre que même si il y a un boom économique actuellement dans la région, ce n’est pourtaut pas au profit de tous.

Justement, les Googlers (aka les salariés de Google) commencent à faire grincer des dents, sur Okland ou ailleurs, comme si les salariés du géant de la publicité sur Internet  n’ayant pas d’autres moyens de se rendre au travail par bus spécialement affrétés devaient avoir à se sentir responsable de la misère qui se développe. On pourrait tout autant accuser les nouveaux petits millionnaires de Facebook ou Twitter en combinaison tong/T-shirt d’acheter des maisons ou appartements comme des petits pains dans la Baie de San Francisco. Ce signe de mécontentement, particulièrement agressif et assez inhabituel, dans une région réputée pour être assez hippie et tranquille, n’est surement que l’expression d’une minorité, et pas uniquement parce que les bus de Google ne reverse pas de subsides aux villes faisant l’objet d’arrêts quotidiens. Trop de selfies sans doute montrant l’exubérance de bonheur des uns, ou trop de bouffies sur Instagram, Facebook et autres comptes sur Twitter. Catherine Bracy, qui travaille pour l’organisation Code For America, a sa propre idée sur le sujet, et c’est plutôt bien dit :

Tim Drapper, issu d’une famille d’investisseurs de père en fils, pense avoir trouvé une solution radicale pour la Californie… la diviser en 6 sous-états…

Dont un état qui s’appellerait… Silicon Valley. Of course.

Sans être un spécialiste en droit constitutionnel américain, après une courte consultation de quelques commentaires, on ne peut éviter de penser qu’il sagit là d’une idée bien saugrenue. Les objectifs annoncés semblent bien maigres, comme par exemple : une meilleure représentation d’élus au Senat, en ratio (presque 40 millions d’habitants, il faut bien dire), un encouragement à une meilleure compétition (des taux de valuation des startups, et ainsi faire baisser la bulle Internet ?!), et un nouveau départ pour chacun de ces états. Ce Monsieur n’a pas fait de commentaires particuliers à l’égard de la répartition de la dette de l’état de Californie qui est d’environ $130 milliards, selon des estimations en septembre dernier. Peut être propose-t-il de contribuer personnellement à son remboursement, il n’a pas souhaité répondre à ma question. Pour les aficionados, vous pourrez lire sa proposition en détail ci -dessous.

Bon, en même temps, ce Monsieur aime pousser la chansonnette avec sa chanson The Riskmaster… sans complexe, sans commentaire :

Ceci étant, quelque semaines avant lui, un certain Srinivasan, co-fondateur d’une startup dans le domaine de la génétique, s’exprimait lui aussi pour une indépendance de la Silicon Valley, afin de créer une société toute dédiée aux technologies dans une région a priori le centre du monde du sujet, et qui continue de souffrir d’une sorte de siège de la part de Washington, New York ou Los Angeles. Ca ne va pas aider en tout cas à stopper cet espèce de Silicon Valley « bashing » bien inhabituel : j’en veux pour preuve la levée de boucliers lancée par un jeune startupers de New York, après son exil forcé dans la Silicon Valley après sa première levée de fonds…

Ca n’avait pas plu du tout, mais depuis quelque temps, l’arrogance supposée de la Silicon Valley semble faire recette par les gossips tels que Business Insider, qui n’hésite pas à faire du rentre-dedans… Faites sonner Montebourg, après nous piquer nos cerveaux (j’entends les ingénieurs français qui ont fait la France, reine de l’Industrie du 19e siècle), ils veulent nous piquer notre désormais très célèbre arrogance… Ces Californiens n’ont peur de rien.

Un peu plus à l’Est… Ils sont fous ces Finlandais : un groupe de chercheurs, d’un nouveau genre, membres de la Nordic Society for Invention for Discovery veulent réussir à faire parler vos toutous et minous (dans la langue de Shakespeare pour commencer) grâce à des capteurs qui vont mesurer l’activité électrique du cerveau de Mirza et Totor par l’intermédiaire d’électrodes placées sur leur crane…

Pas des Californiens, à l’évidence, mais assurément excités de partager leurs découvertes au monde entier, et la Silicon Valley puisqu’ils ont choisi la plateforme de crowd-founding (finance participative) de San Francisco Indigogo pour faire financer leur nouveau produit. Ils l’ont appelé : « No more woof ». Mais pourquoi ???!!! Quand je vois les dégâts causé par le social media et tout ce magma verbal désormais disponible sur Facebook ou Twitter, j’imagine ce que ça pourrait donner avec nos animaux de compagnie, témoins de nos vies futiles… Je vous laisse admirer la page d’accueil de cette fameuse Nordic Society for Invention for Discovery, ça devrait vous aider à comprendre… c’est fumant.

Finissons sur un note joyeuse avec la société de capital risque First Round Capital (basée à New York, pour changer, mais qui investit aussi massivement sur la côte Ouest) qui célèbre une année pleine d’investissements tels que :

– Warby Parker, soit $60 millions dans le e-commerce des lunettes…

– Planet Labs, soit $52 millions avec d’anciens scientifiques de la NASA qui veulent changer la façon dont on accède à l’information… tout un programme (non spatial)

Knewton, soit $52 millions pour apporter une plateforme de formation en ligne qui soit adaptable à chacun,

HotelTonight, $45 millions pour réserver sa chambre d’hotel au dernier moment et à prix discounté,

Ondeck, soit $42 millions pour aider les PME à avoir un meilleur accès au capital,

Homejoy, soit $38 millions qui veut vous nettoyer votre maison quand vous le souhaitez pour $20 par jour, etc.

De la serie A, B, C, D, du seed comme s’il en pleuvait ! Pour un total de $608 millions au total pour 2013.

Vous connaissez la première raison pourquoi un investisseur va mettre de l’argent dans votre « startup » ? C’est parce que vous, personnellement, avez fait la différence, vous avez su faire passer un message subliminal qui sent bon le retour sur investissement… Après avoir visionné cette vidéo, je vous laisser le soin de méditer si vous voulez qu’un des partenaires de cette société siège au Board de votre entreprise. Bonne méditation.

Mais bon, le bonheur n’a pas d’odeur, c’est surement eux qui doivent avoir raison ! Vive la Silicon Valley ! Comme le dit Catherine Bracy à la conclusion de son intervention, la Silicon Valley est certainement un des endroits où il y a plus de chance de voir l’innovation surgir. Certainement plus qu’en Europe, et surtout en France où l’on peut entendre le Gouvernement trop souvent citer le « patriotisme industriel » (on voit où ça nous mène, pensez quand même à vous inscrire sur les listes électorales avant le 31 décembre), et clamer que l’innovation n’aille pas trop vite, « il faut faire balancer le progrès et l’innovation avec les capacités des industriels traditionnels »… qui pour certains n’hésitent pas à licencier massivement, faute de solutions. Bullshit, comme ils disent ici.

Au fait, saviez que certains ici, ainsi Peter Thiel, co-fondateur du leader mondial de paiement Paypal qui avait donné un premier financement de $500.000, enviage de repousser les frontières… où l’homme pourrait vivre sur de nouveaux espaces sur mer ?

Des cités flottantes. Appelez moi Jules Verne, s’il vous plaît. Et vivement 2014.

Une semaine dans la Silicon Valley : Traackr

Après le Gold Rush du 19e siècle, plus que jamais la Silicon Valley est un nouvel exemple du rêve américain version haute-technologies imaginé par la Californie, le paradis de la Côte Ouest des États-Unis. Mais il n’y a pas que Facebook et les startups dans la vie… ou presque. Une équipe de Canal+ composée de 5 femmes travaillant dans différentes fonctions transversales du groupe (communication, documentaire et marketing), a été choisie pour rencontrer des acteurs qui excellent dans leur domaine pour bouger les lignes, comme on dit chez nous. Voici ce que vous pourriez voir en une semaine passée dans la Baie de San Francisco, suivez le guide :)

Il faut le dire et le répéter : si vous êtes intéressés par les nouvelles technologies, spécialement certaines disciplines comme le traitement des données, et que vous venez dans la Silicon Valley exprès, il est conseillé de savoir parler français. Parce que vous pouvez êtes sur qu’il y a un français caché quelque part, derrière une startup qui traite de ce domaine spécifique (ou bien d’autres d’ailleurs), soit aux commandes comme c’est le cas pour Traackr, ou bien aux manettes de  la technologie en tant que CTO ou VP Engineering. Nos formations supérieures en ingénieurs en tout genre font plein d’heureux ici, à commencer par les recruteurs de startups. Mais elle rendent également heureux les investisseurs, qui savent que les technologies made in France sont sûres et solides, elle s’auto-financent grâce à un système généreux de subventions dont c’est la grande spécialité en France, et elles vont forcément leur « couter » moins cher, car en général les entrepreneurs qui viennent chercher des capitaux qu’ils ne pensent pas trouver « à la maison » (en fait, qu’ils n’arrivent pas à trouver) seront moins exigeants que des produits locaux « made in Stanford » ou « made in Berkeley », à qui ont n’oublie pas des verser quelques bulles d’Internet dans le biberon.

Traackr, c’est l’outil indispensable pour toutes ces marques qui achètent du Facebook ou du Twitter ou du Pinterest a gogo sans trop savoir pourquoi « mais faut bien le faire parce que les autres le font » et que « mon agence et ben je la paye pour ça ». Comme je dis toujours, pour arrêter de fumer, et bien il faut connaître son ennemi et savoir à quoi s’attendre en cas de rechute. Pour le social media, c’est pareil : à quoi bon lancer des carottes sur Facebook alors qu’on ne sait même pas s’il y a des lapins qui y trainent ? Avec des outils comme Traackr, il est possible d’affiner la visibilité que l’on a de ses clients, de ses fans, des influençeurs qui se trouvent dans votre cible de marchés. Bref, y voir un peu plus clair dans ce social media où l’on a l’impression d’entendre aboyer beaucoup de caravanes qui passent, sans jamais vraiment savoir si c’est la bonne qui passe.

J’ai justement eu une conversation intéressante avec Pierre-Loic Assayag, l’un de co-fondateurs de Traackr, à une époque où l’on enregistrait encore en mode vertical, donc vous m’excuserez pour les deux bandes noires de part et d’autre :

Traackr fait partie de ces outils, tout comme eCairn, autre produit français de la Silicon Valley, qui rendent intelligent n’importe quel service marketing, parce que tout simplement cela leur ouvre la vue des autoroutes du social media.

Traackr a été créée en février 2008, a obtenu pour le moment $2,5 millions, fait déjà du chiffre d’affaires (bien sûr) et se développe commercialement tant aux États-Unis qu’en Europe et en France notamment. Deux des co-fondateurs sont français, avec Pierre-Loic donc et David Chancogne, qui est CTO.

La société est basée à San Francisco, 901 Mission Street.

 

 

 

 

L’actualité High-Tech de la semaine: Facebook, Vine, JustFab et ShoeDazzle, Apple, Paypal

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : il est toujours important d’écouter ses clients, même Facebook

Khalil Shreateh est un jeune Palestinien vivant à Hebron qui vient de faire parler de lui pour des raisons de sécurité… qui pour le coup n’a aucun rapport avec les problèmes dont on entend parler en général dans cette région. Il a simplement découvert une faille de sécurité dans Facebook permettant de poster des messages sur le mur de personnes qui ne sont pas parmi vos connexions. Autant dire que le problème soulevé est assez gravissime pour un réseau social comme Facebook ! Le problème dans cette histoire est que les services de Facebook n’ont pas daigné prendre cela au sérieux, sans doute du fait d’un anglais imparfait, dirait-on. Khalil ne s’est donc pas dégonflé, et il est tout simplement allé mettre un commentaire sur le mur Facebook de Mark Zuckerberg lui même ! Il est prévu que les déclarations de bugs fassent l’objet de rémunération de la part de Facebook, en guise de remerciements, ce qui ne sera pas fait dans le cas présent pour avoir violé la charte d’utilisation en « hackant » le compte du big boss. Cela n’a pas empêché un hacker américain de lancer une campagne de récolte de fonds à son profit, qui a plutôt bien marché puisque l’objectif de $10.000 a été atteint et même dépassé. Cet épisode montre une nouvelle fois qu’aucune, et je répète aucune, plateforme Internet n’est protégée à 100%, ce dont il faut être bien conscient au moment de poser ses premiers caractères sur Facebook, Twitter et tout autre site web. Votre sécurité commence par votre propre vigilance à confier des informations personnelles.

Suivre Khalil Shreateh sur son blog : Khalil

Mardi : mon pari manqué sur Vine

 

J’en avais parlé en des termes plutôt critiques lors de son lancement, mais il semble bien que les utilisateurs de Twitter soient désormais prêts à se mettre en action en vidéo, à enregistrer et à partager : Vine a atteint le chiffres de 40 millions d’utilisateurs ! Depuis SocialCam qui avait largement dépassé les 100 millions, il était plutôt rare de voir une plateforme de vidéo connaître un succès aussi important ! Le problème de l’utilisation de la vidéo vient tout d’abord d’un manque d’habitude d’utilisation de la vidéo dans un contexte « d’échange social », et du nombre décourageant de clic pour arriver à lancer la mécanique de l’enregistrement, pour des résultats en général assez décevants en terme de qualité. Ceci étant, la volonté « d’exhibition sociale » est plus forte que tout, et ce malgré la concurrence récente d’Instagram, Twitter s’avère être une machine à conversion redoutable. Il va falloir attendre dans la durée, mais il y a déjà des compilations disponibles sur la toile, signe du succès du moment, avec des vidéos le plus souvent assez débiles, mais tout le monde sait que ce n’est pas sur Twitter que l’on risque d’apprendre la loi sur la gravité ! Lancé en janvier 2013 sur iOs, permettant de poster des vidéos longues de 6 secondes sur Twitter, l’application est également disponible sur Android, et le nombre de nouveaux utilisateurs sur les 2 derniers mois est supérieur à 10 millions.

Suivre Vine sur Twitter : @VineApp

Mercredi : fusion de startups à LA 

 

Cette chronique va nous permettre de faire un petit saut à un peu plus d’une heure d’avion de San Francisco, dans cette bien jolie ville de Los Angeles…On ne cesse de parler… enfin surtout dans ces chroniques, de la démesure des chiffres dans le monde des startups de la Silicon Valley. Et bien, LA, ce n’est pas mal non plus, jugez plutôt… à ma gauche, JusFab, lancée en février 2010 à El Secundo, ayant levé $109 millions pour permettre à ses utilisateurs VIP d’avoir accès aux stylistes des célébrités de ce monde et disposer des sacs et autres paires de chaussures les plus hot du moment. À ma droite, ShoeDazzle, lancée en mars 2009, à Santa Monica, avec en ce qui la concerne, seulement $66 millions, créée pour parler un peu de la même chose : les chaussures ! Pourquoi lutter, les deux viennent de fusionner pour consolider 33 millions de membres, viser un objectif de chiffre d’affaires de $400 millions en 2014 et occuper au moins 15% des femmes de 18 à 35 ans. Il doit encore rester un peu d’argent dans les caisses, chaque sou à du être bien re-compté, tout le monde est bien d’accord sur la répartition du nouveau capital… en voiture Simone !

Suivre JustFab sur Twitter : @JustFabOnline

Suivre Shodazzle sur Twitter : @ShoeDazzle

Jeudi : Apple embarque Embark

 

Deuxième erreur de la semaine : je voyais dèjà Embark dans les bras de BMW après l’investissement de leur société de capital risque basée à New York en novembre 2012. Le petit plus, c’est Apple qui l’aura définitivement trouvé dans cette startup développant une application permettant de se déplacer à pied à travers une ville en étant aidé dans ses choix de direction (actuellement disponible pour San Francisco, New York, Washington, Chicago et Londres). On ne reviendra pas sur les problèmes, toujours persistants d’ailleurs, d’Apple et de sa nouvelle carte, parfois inutilisable. Néanmoins, le modèle d’intégration de Waze dans les produits Google est en train de faire son chemin, et il semble qu’Embark subira en quelque sorte la même sort que la startup Israélienne après la phase nécessaire d’intégration et de mise en place. Belle petite réussite pour cette startup issue de YCombinator qui semblait avoir quelques difficultés face à la concurrence bien qu’ayant a priori environ 500.000 utilisateurs. L’application Android n’est déjà plus disponible, si certains veulent s’y lancer, ça pourrait peut être intéresser… Microsoft ?! En tout cas, il est bien difficile de faire des paris sur les « devenirs » de ses petites pépites de la Silicon Valley.

Suivre Embark sur Twitter : @LetsEmbark

Vendredi : Paypal dans ta face

 

Cela faisait quelque temps que je n’avais pas évoqué Paypal dans ces colonnes. L’entreprise de San Jose a entamé un véritable sprint, en particulier sur mobile, depuis l’arrivée de David Marcus, un homme de startup et expert du paiement sur mobile. Il suffit de télécharger l’application mobile de Paypal pour se rendre compte du fait que les critiques passées sur le coté obsolète du produit n’a plus lieu d’être, et le tout dans un environnement de sécurité bien supérieur que cela peut être le cas avec une startup qui vient de démarrer et avec qui il y a toujours un risque… et dieu sait s’il y en a des nouvelles tous les mois, des startups dans ce domaine. Innover, c’est aussi oser et Paypal innove  avec la mise à l’essai de l’utilisation de sa photo de profil pour valider un règlement là où Paypal est utilisé par des commerçants. « Votre photo de profil n’est pas seulement un passeport sur le réseau sociaux, mais elle peut aussi être utilisée pour faire un paiement dans le monde physique ». Il est désormais possible de trouver des commerçants utilisant le système Paypal grâce à la géo-localisation de l’application mobile, et l’action d’un « check-in » dans le magasin donne la possibilité de faire un paiement pour ses achats… puisque votre photo de profil va apparaître… sur le terminal du commerçant qui n’aura plus qu’à vous regarder pour s’assurer que c’est bien vous qui payiez… et vous recevez une confirmation dans la foulée du paiement. La technologie au service de l’humain en quelque sorte… en test dans le quartier de Richmond à Londres.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Jeff Bezos et le Washington Post, Facebook, Instacart, Mixbit et Google

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : le nouveau destin du Washington Post 

 

La nouvelle est tombée comme une bombe venue de nulle part : Jeff Bezos fait l’acquisition du Washington Post pour $250 millions. Aucun rapport avec la Silicon Valley, mais c’est du lourd, alors on en cause. Naturellement, la nouvelle a excité la techosphère dans la mesure où l’un des leurs à pris position dans le monde de l’ancienne économie, dans la capitale du pays, à quelques blocs de la Maison Blanche. Jeff Bezos, 49 ans, né à Albuquerque, New Mexico, patron d’Amazon, le géant du e-commerce basé à Seattle, vient de prendre le contrôle d’un journal quotidien fondé en 1877, celui qui a révélé le scandale du Watergate au début des années 70, dont l’historique est truffé de moments symboles de la grande (et parfois moins grande) Histoire des États-Unis d’Amérique. La fortune de Jeff Bezos est estimée à $25 milliards : il peut tout s’offrir : construire une fusée pour aller vivre sur Jupiter, construire le TGV pour faire Seattle-Tokyo sous la mer, que sais-je. Non, il s’installe un bureau à coté de celui occupé par Barack Obama, ce qui veut tout dire sur ses ambitions futures. Il a bien envoyé son chien de blogger Henry Blodget, le CEO de Business Insider (qui appartient à Jeff Bezos) pour nous citer la sérénade : « il y a des synergies entre l’information digitale et le e-commerce qui n’on pas encore été explorées », « il y a encore des possibilités pour des marchés fragmentés comme le business media de devenir de gros business », « Amazon et le Post sont tous deux dans un business de livraison de biens locaux ». Tout ça pour $250 millions ?!  Comme l’a écrit Tom Foremski de Silicon Valley Watcher qui ne mâche jamais ses mots  » The price of $250m for The Washington Post is cheap compared with the future benefits to Mr. Bezos’ personal brand and his business interests. ». Ca parait évident, et il y a des histoires de fonds de pension pas encore éclaircis qui rendent l’affaire potentiellement plus juteuse encore. Le rachat a d’ailleurs déjà fait une victime : Benn Freed qui a écrit sur le sujet en se demandant comment un magnat de la Côte Est pouvait bien avoir à faire d’un journal bien éloigné de ses propres traditions locales, s’est fait licencier dans la journée par son employeur. Article pas compatible apparemment.

Disclosure : je suis originaire d’un pays dont la plupart des médias sont sous le contrôle d’industriels n’assurant d’aucune manière l’indépendance des journalistes, qui de toute façon sont également sous l’influence des hommes politiques qui dirigent ce pays. Donc assez familier du sujet.

Suivre Jeff Bezos sur Twitter : il n’y est pas.

Suivre le Post Bezos sur Twitter : @Washington Post

Mardi : le quotidien d’un géant qui s’appelle Facebook

Ca veut dire quoi, gérer un business comme Facebook ? Avant toute chose, faire tenir une plateforme qui, selon les derniers chiffres officiels, rassemblent : 699 millions d’utilisateurs actifs quotidiennement, 1,155 milliards d’utilisateurs actifs mensuellement, 469 millions d’utilisateurs sur mobiles au quotidien (819 millions au mois), un chiffre d’affaires de $1,813 milliards (dont $1,599 millions dans la publicité). Des chiffres à donner le vertige pour une entreprise qui compte un peu de 5.000 employés au total, seulement. D’accord, mais ça veut dire quoi, améliorer un produit qui tourne ? Par exemple, jouer avec les lignes de code pour proposer de faire défiler vos news avec un plus grand confort, c’est à dire une plus grande pertinence, qui a le mérite en conséquence de vous faire passer plus de temps à naviguer sur Facebook et de pousser la catégorie indiquée ci-dessus à $1,813 milliards. Chaque fois qu’une personne visite le News Feeds de Facebook, il y a en moyenne 1.500 histoires potentielles disponible venant des amis, des gens suivis, des pages Facebook « likées » : l’astuce est donc de trouver un arbitrage permettant de rendre la lecture plus homogène… et addictive. « Science computing », on appelle ça.

Mercredi : la guerre des prix dans le service à domicile sur Internet 

 

Dans le domaine de la livraison à domicile, ils sont nombreux à vouloir se faire la peau d’Amazon, qui vient de lancer une offre tout récemment pour les supermarchés… Il y a eBay qui propose avec eBay Now de livrer sous 1 heure dans certaines zones de la Baie de San Francisco et sur New York, et ce pour $5, essentiellement pour des biens d’équipements. A l’autre bout de la chaine,  sur ce même créneau des courses de supermarché, il y a des startups comme Instacart qui vient de lancer un programme mensuel Express de livraison à domicile gratuit pour tout achat supérieur à $35 pour seulement $99 par an. L’idée est de couper l’herbe sous le pied d’Amazon et son offre à $299 annuels pour des livraisons à domicile sur Seattle et Los Angeles. La différence vient du fait que la startup ne stocke pas la nourriture : il y a 200 personnes disponibles pour livrer les courses faites chez Safeway, Trader Joe’s, Costco ou encore Whole Foods. Le fondateur de la startup de San Francisco (un ancien d’Amazon) qui a récemment levé une série A de $8,5 millions considère que l’offre Premium d’Amazon de $79 a fait beaucoup d’adeptes, et espère trouver de nombreux clients, même si certains magasins comme Wallmart ont une offre similaire, et qu’il y a de nombreux acteurs qui se sont lancés dans ce marché, sur d’autres régions aux États-Unis. La réponse d’Amazon viendra surement dans le fait que la Baie de San Francisco sera son prochain marché.

Instacart sur Twitter : @Instacart

Jeudi : un copycat de plus sur le segment des vidéos sur réseaux sociaux

 

Ca devait les démanger, les fondateurs de Youtube, qui ont pris la poudre d’escampette de Google en 2011 pour Chad Hurley et en 2009 pour Steve Chen afin de créer Avos, une société basée à San Mateo en Californie afin d’incuber leurs nouveaux projets : ils replongent dans le monde de la vidéo avec MixbitMixbit est une application mobile, disponible sur iPhone pour le moment, qui permet de prendre des vidéos et donc concurrence Vine et Instagram vidéos, mais sur un format absolument différent, avec toujours cette même contrainte de limitation d’enregistrement de clips de 16 secondes maximum. Mixbit permet de prendre des vidéos allant d’une seconde à une heure, avec ces fameuses séquences de 16 secondes qui peuvent être répétées 256 fois pour faire une séquence vidéo d’une heure, et de faire des éditions et du mixages, ce qui rend l’expérience plus riche, comme avec l’application Lightt. Il est clair que le duo a de l’expérience dans le domaine de la vidéo, il faudra un grand effort des utilisateurs pour venir réaliser la vision de l’équipe, à savoir raconter de grande histoires, et utiliser ces outils. Ils seront surement aidés par l’évangélisation faite depuis des lustres pour inciter les personnes à diffuser du contenu vidéo… sachant que les vidéos sont diffusés anonymement, ce qui est un autre croche-pied à ses concurrents… ou à sa future croissance, les utilisateurs des réseaux sociaux ayant tellement pris l’habitude de la démonstration nombriliste. Time will tell.

Vendredi : déjà un discount en vue pour les Google Glass

Vous n’êtes pas sans avoir remarqué, parmi vos amis sur Facebook, des photos de profil dissimulant avec la plus grande difficulté cette joie intense et profonde de faire partie de la crème supérieure des geeks : je porte des Google Glass. Elles sont à moi, je les ai « portu », regardez moi. Moi moi. Et oui, avoir une paire de Google Glass n’est pas une mince affaire, parce qu’elles ont été distribués au compte goutte aux membres du Club « je pèse lourd sur les réseaux sociaux » ou celui de « j’ai des bons potes chez Google ». Et nous (faudrait-il qu’on les veuille, mais pourquoi pas) ? Et bien il va falloir attendre avant de savoir si elles seront remboursées par la sécu. D’abord parce qu’elles valent la bagatelle de $1,500, et ensuite parce que ce sont des lunettes sans verres pour le moment. Et oui, ce sont des lunettes pas faites pour voir, mais aider Google à mieux voir… ce que vous faites. Une rumeur venant de Chine nous indique qu’elles pourraient être distribuées au prix de $299… La plus grosse partie des lunettes ayant un prix de revient d’environ $30, ça leur laisse tout de même un peu de marge. Par contre un conseil, si vous vous en portez acquéreur, ne croisez jamais la route de  Scott Heiferman, le CEO de la startup Meetup : il a promis de pétez le nez au premier porteur de Google Glass qu’il croisera dans la rue. Faites gaffe.

Le dicton du jour : mieux vaut tard que jamais. Ceci afin d’expliquer que cette rubrique couvre l’actualité de la semaine passée, et non celle qui vient de s’écouler. Toutes nos excuses aux fans. Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Un peu trop tech, la Gay Pride…

Après une bien triste démonstration via les médias en France d’une image violente et intolérante à l’égard d’une évolution devenue indispensable à une société moderne et actuelle, et l’adoption tout à fait justifiée du mariage pour tous en France par le Président de la République et son Gouvernement,  les États-Unis viennent de se réveiller sur ce sujet et le 26 juin dernier, la Cour suprême américaine étend la définition du mariage aux personnes de même sexe en abrogeant le Defense of Marriage Act (DOMA) et en autorisant à nouveau les mariages en Californie.

Cette Gay Pride fut un grand moment d’amour, de joie et de fraternité, et bons sang j’étais vraiment heureux de ressentir cette vague d’humanité et de diversité, de croiser ces sourires rieurs, cette bonne humeur… jusqu’à la page « pub ».

Je croise des Googlers arborant un fier T-shirt « Pride », les Gayglers qu’ils s’appellent. Puis un car d’Electronic Arts, distribuant de jolis T-shirt à leurs employés présents pour la grande parade. La Wells Fargo et son char a moitié bricolé, avec le son à fond. Et puis je tombe sur cet article de Mashable qui nous informe de la présence de Mark Zuckerberg et 700 employés qui vont défiler à leur tour. Oracle, Dropbox, eBay, Twitter, Intel, Yammer… Et beurk. Indigestion de publicité. Ce qui est un grand et beau mouvement populaire devient un grand carnaval publicitaire des boites « tech », présence renforcée, publicité assurée.

C’est beau de soutenir. C’est bien d’être présent. Juste ça. Pas besoin de nous en mettre encore plus, de la pub, on en bouffe à longueur de journée. C’est comme pour Burningman, un festival annuel organisé dans le désert de Black Rock City au Nevada, le dernier endroit chic pour aller networker et s’afficher. Les entreprises tech, dans la Silicon Valley, c’est comme un virus. Ca se propage, partout, tout le temps…

Une petite vidéo pour finir sur les derniers préparatifs du défilé dans les rues perpendiculaires à Market Street où a défilé la fameuse Gay Pride de San Francisco

Exclusif : Instagram rachète Facebook

Chaque invitation de l’équipe de communication de Facebook est toujours l’occasion de rappeler un invité qui excite l’imagination des journalistes : la rumeur. La rumeur, c’est un incroyable moteur générateur des plus incroyables pour une entreprise qui a accompli, et là je le dis sérieusement, un parcours incroyable avec un peu plus de 5.000 employés, depuis sa création.

Alors, il faut le dire, tout le monde ici a envie d’être convié à Menlo Park pour voir Mark Zuckenberg, et penser à ce que pourrait être la nouvelle, et ainsi exciter les rotatives et le click, avec la rumeur, d’abord, et le « big announcement », en deuxième. Et là, une fois encore, c’est juste une nouvelle fonctionalité qui vient d’être proposée, de plus à travers Instagram : la possibilité de partager des vidéos.

 Je vous ai laissé une interligne afin de vous permettre de récupérer de cette nouvelle. J’imagine que vous connaissez la nouvelle d’Instagram rachetée par Facebook pour $1 milliard en avril 2012.

Des applications permettant de poster des courtes vidéos sur votre smartphone, il y en a en masse sur l’AppStore, GooglePlay, et j’en passe.

Tout d’abord, parmi les plus buzzy ces derniers temps, il y a Twitter et son Vine, sorti en janvier 2013 après le rachat de la startup en octobre 2012. Path, qui vient de faire l’objet d’une rumeur (et oui) d’une nouvelle levée de fonds entre $75 et $100 millions, qui permet d’enregistrer de courtes vidéos. Socialcam, dont on a parlé ici en juillet 2012, qui a été vendue $60 millions à Autodesk.

VidlyStilly, Loopcam, Tout, Highlightcam, plus loin de nous la startup 12seconds, en 2008. Bref, depuis que les smartphones existent, ils sont nombreux à vouloir proposer d’enregistrer et de publier des vidéos. Il semble que ce soit le bon moment. Le fameux time to market, sauf que là c’est gratuit.

Cette annonce de Facebook qui met en avant Instagram, c’est pour moi la surprise de cette nouvelle (d’où mon titre d’article absurde). Malgré le fait qu’Instagram soit passé de 20 millions à 130 millions d’utilisateurs, ce qui est la moindre des choses étant donné l’audience de Facebook, et en même temps une belle performance (accomplie par Socialcam, au passage, grâce à Facebook, qui a depuis fermé le robinet de l’ascenseur de social media, et on comprend aujourd’hui pourquoi), pourquoi tant de boucan ?! C’est tout de même assez rare de voir Facebook être en retard par rapport à ses concurrents, dont Twitter par exemple. … Quoi ? J’entends dans la salle quelqu’un me dire qu’il est possible d’enregistrer et de publier des vidéos sur Facebook depuis son smartphone. Ah, mais on ne peut pas utiliser de filtres. Ok… Bref.

« The power of cinema in your pocket », nous dit Kevin Systrom. Le pouvoir était surtout dans le show de la présentation, vraiment impeccable.

Désolé Kevin Systrom, que je respecte beaucoup, mais le pouvoir du cinéma, je l’ai trouvé ailleurs, dans un produit lancé en 2011, développé par une équipe passionnée par la volonté d’apporter aux utilisateurs de smartphone la possibilité de construire sont « digital life stream », sa trace de vie digitale, à destination de ses amis et de sa famille, et non aux annonceurs, avec une simplicité d’utilisation et juste ce qu’il faut d’outils pour permettre la publication de courtes vidéos pleines de vies et d’émotions : c’est Lightt.

« Lightt is life, la la, la lala… ». L’essayer, c’est l’adopter !

 Petite morale pour cette histoire : attention de ne pas trop crier au loup. Le proverbe explique qu’avertir d’un danger inexistant ou dont on a exagéré l’importance peut avoir pour conséquence le risque de ne pas être écouté en cas de vrai danger. C’est pareil pour le story telling dans la communication d’entreprise.

L’actualité High-Tech de la semaine : Yelp, Waze et Google, #Facebook, Foursquare et Microsoft, Path

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Yelp donne dans le « mobile awareness »

 

Le mobile n’a jamais été à ce jour le point fort de Yelp, je suis bien placé pour le savoir : le français Dismoiou (une application de geo-localisation très mobile) avait beaucoup de succès quant à sa value position lorsque le CEO de la startup, Gilles Barbier, se présentait à San Francisco. Yelp est devenu un site massivement utilisé, la société essaye de se développer en Europe, et elle se concentre désormais sur son application mobile. L’excellence de son application mobile est un must have de nos jours,  et cen’est pas Marissa Mayer, la CEO de Yahoo! qui me contredira. Surtout pour une compagnie qui ambitionne de rentrer au NASDAQ. Le mobile peut tout à fait être une source de revenus significatives par rapport à des activités web, du fait de l’audience mais aussi de la spécificité de la mobilité. Il y a encore beaucoup de gros acteurs du web dont l’application mobile est tout à fait en deça de ce que les utilisateurs peuvent attendre, comme Linkedin par exemple. Yelp vient donc de lancer « Nearby » dont; l’objectif est de forunir des suggestion d’endroits du fait de la localisation, des checkins et de l’activité de ses amis, de la météo, de l’heure dans la journée. 45% des recherches sur Yelp sont faites sur mobiles (chiffres du premier trimetre 2013), . Cet apport fonctionnel devrait donc certainement être bénéfique, sur iOS pour commencer, bientôt sur Android. Le blog post ne dit pas pour l’application Windows Phone, pauvre de moi…

Suivre Yelp sur Twitter : @Yelp

Mardi : Waze, la startup qui ne voulait pas s’installer dans la Silicon Valley

 

L’un des feuilleton du printemps de la Silicon Valley vient enfin de trouver son terme : la soci été israélienne Waze vient de trouver son acquéreur, et c’est Google qui a gagné le concours de « qui c’est qui va payer le plus cher ». Waze avait fait parler d’elle il y quelques temps avec Apple et j’avais même dit : »Il est clair que bien des startups comme Waze qui a levé plus de $50 millions discutent avec tout le monde, Apple, Google, Facebook, Twitter…« . Waze, c’est une application mobile de carte routière dynamique grâce aux commentaires de ses utilisateurs. Bon, Twitter, c’était un peu tiré par les cheveux (ils se sont bien lancés dans la musique…), mais j’avais raison pour Facebook… Pas compliqué d’ailleurs à deviner, sauf que le CEO (que j’ai croisé plus d’une fois a Palo Alto) a dit non à Facebook soit disant « parce qu’il ne voulait pas s’installer dans la Silicon Valley ». Sans être dans le secret des Dieux, ça semble vouloir dire, « je veux me faire racheter mais ce n’est pas assez ». Google, qui envoie des ballons en l’air pour développer l’accès à Internet, et qui n’en est pas à un milliard près, semble avoir mis le nombre de zéros suffisants. Il faut comprendre, après tout, qu’une société qui a levé $67 millions en 3 séries, ne dispose plus que d’une partie infime de son capital, et que pour satisfaire tout le monde, c’est à dire avant tout ses investisseurs, il faut proposer le juste prix. 10 millions d’utilisateurs en janvier 2012, 20 millions en juillet 2012, 50 millions à ce jour, le courbe de croissance semble lancée. Il n’en reste pas moins qu’après Instagram il y a quelque temps, plus 1,1 milliard pour une société créée en 2007, et ayant 110 employés, ça fait cher. Quoi que cela représente $22 par utilisateur. Pas mal pour un produit non payant. Mazel Tov!

Suivre Waze sur Twitter : @Waze

Mercredi : nous sommes sauvés, il est possible de #hashtaguer sur Facebook


Bientôt dans tous les dictionnaires : le hashtag (symbole #). Nom masculin, apparu en 2007 par le génie d’un jeune geek Californien appelé Chris Messina (à ne pas confondre avec l’acteur américain) qui permet de résumer des messages en quelques caractères. Mode d’utilisation : on inscrit le symbole suivi du mot-clé. Plus fort que le tweet : le hashtag. Bon les américains sont habitués à utiliser ce symbole, dans la vie de tous les jours, mais quand même ce fut une bien belle idée, surtout à utiliser sur sur Twitter, la machine à vous raccourcir la pensée humaine. Du moins, son mode d’expression. Alors voilà, comme dirait Patrick, c’est à Facebook de s’y coller : c’est la grande nouveauté, après avoir été imaginé il y a 7 ans, les hashtags font leur apparition sur Facebook. Bon sang, mais c’est bien sur… si on arrive à regrouper des message sur des mots-clés, et que l’on donne la possibilité à plusieurs (des millions peut être) de se retrouver sur une thématique… et bien on vient de créer un nouveau modèle pour les annonceurs ! Imaginez un peu : #chocolat #restaurant #party, que sais-je ! « Les conversations publiques » ça s’appelle. On voit les hastags s’inscrire, comme les noms de ces contacts sur Facebook. En cliquant dessus, cela ouvre un conversation regoupant tous les posts utilisant le même code. Et allez jeter un coup d’oeil sur la droite, dans la colonne « Ads », par exemple…

Jeudi : Foursquare et Microsoft, les extrémités de la tech

 

D’un coté, Foursquare et ses applications mobiles, à peine $2 millions de revenu en 2012, qui vient d’annoncerune jolie opération baptisée « Time Machine » qui permet de visualiser une cartographie tout en image de ses checkins dans le passé. Ni Foursquare, ni Samsung ne se sont exprimés sur les détails de cette transaction, qui va mettre un peu de beurre dans les épinards de la startup. Souvent en avance dans certaines initatives, tels que la gamification, la rentabilité n’est pas encore au rendez-vous, car le checkin n’est pas encore grand public, et les fameux « zannonceurs », Saint Sauveurs de bien des startups qui vous racontent les dernières tendances, restent encore assez prudents. De l’autre, Microsoft qui vient d’annoncer l’ouverture de Windows Store en collaboration avec BestBuy dans 500 magasins à travers le pays, et une centaine au Canada. Entre 140 à 200 mètres carré dédiés aux produits Microsoft, avec des mise en scènes de l’innovation apportée par les produits du géants de Seattle. Objectif recherché ? Notamment réagir à l’ouverture par Samsung de l’ouverture de mini-stores à l’intérieur de… BestBuy. Plus petits, Microsoft a préparé son offensive pour concurrencer le « constructueur » coréen qui est en train de faire un véritable raz-de-marée sur les smartphones, les tablettes et jen passe. Foursquare et Microsoft, deux mondes face à un géant venu d’Asie.

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Vendredi : le mirage Path


Oh my Gosh. Ca y est, ça a encore frappé. C’est tellement dingue, que même Techcrunch s’y est mis à quatre mains pour écrire ce qui n’est encore qu’un rumeur. La startup Path, dirigée par l’ex Facebook Dave Morin. Path est une application mobile que je décrivais, il y a quelque temps, comme le prochain… Facebook. Plus un état d’esprit, qu’une véritable vision. L’application a plafonné à quelques 2, 3 millions d’utilisateurs, et puis soudainement, paf, 10 millions, comme par enchantement. 12 millions au jour d’aujourd’hui. 2012 : levée de $30 millions avec une valorisation de $250 millions. Google propose d’acheter la startup $100 millions, Dave Morin dit non. 2013 : si ça se confirme, une nouvelle levée entre $75 et $100.000 pour une valorisation de $1 milliard. Pour une application permettant de prendre des photos, des courtes vidéos, etc… Gratuite. On ne prendrais pas un peu les canards pour des oies sauvages, dans la Silicon Valley ???!!! En même temps, on ne peut que se réjouir du succès des autres, c’est bon pour le business, l’argent circule, c’est jamais très bon quand le pognon reste entre les mêmes mains. Et puis pour une fois qu’un entrepreneur-business angel de la Silicon Valley investi dans des startups françaises (Dave Morin apparaît au capital de certaines, il doit avoir de bons amis chez nous), souhaitons lui bonne chance. Pour ce qui est de la logique industrielle, je vous laisse aller voir du coté des gossips de la Silicon Valley.

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Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : EA, Rovi et Facebook, l’Université de Champaign dans l’Illinois, Disconnect, le Président Tchétchène

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : EA arrête des jeux sur Facebook

 

Ca ne doit pas être de tous repos de s’occuper des jeux sociaux sur Facebook avec des annonces comme celle faite pas EA sur son blog: The Sims Social, lancé en août 2011, SimCity Social lancé en juin 2012, et Pet Society, un jeu Playfish à l’origine (rachetée par EA $400 millions en novembre 2009) lancé en août 2008, vont s’arrêter le 14 juin prochain. Passé de millions à l’infiniment petit est toujours délicat pour un gros éditeur habitué aux grosses licences sur lesquelles il faut bien investir… mais c’est un tout autre métier. Et les plus provocateurs diront que cette affaire de mercenaires du jeu comme Playfish, Playdom (racheté par Disney) ou Zynga (racheté par le NASDAQ, et les temps sont durs pour eux) ont été de belles affaires financières… mais il est difficile de rester sur les hauteurs des scores et d’audience par rapport à une population de joueurs a priori assez versatile, et où il s’avère que les mêmes règles de profitabilité se retrouvent dans le jeu vidéo : 1 ou 2 jeux sont profitables par rapport à une dizaine de jeux lancés par un éditeur. Concernant les fans, s’ils en restent, de ses jeux, c’est sur le catalogue des jeux Pop Cap (autre société rachetée par EA) qu’il faudra aller se dégourdir le clavier.

Suivre Electronic Arts sur Twitter : @EA

Mardi : Facebook va aller se servir dans le catalogue de Rovi

 

C’est bien connu : c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleurs soupes. Facebook vient d’annoncer un partenariat avec Rovi, société basée à Santa Clara en Californie et créée en 1983, pour apporter plus de contenus concernant les films et la télévision. Une drôle de nouvelle dans la mesure où Facebook a plutôt l’habitude de compter sur lui même et ses propres développements pour satisfaire sa base d’utilisateurs. Ceci étant,il ne faut pas mélanger le contenant et le contenu, et il sera certainement profitable en terme de délais et de qualité de contenus d’aller piocher dans les bases de films, de TV shows et de célébrités que peut proposer Rovi, qui propose une solution technologique de découverte et de management de contenus de divertissement. Plutôt qu’espérer monter une base de données fondée sur le contenu téléchargé par les utilisateurs, le fantasmes de beaucoup de startups qui ont cru pouvoir le faire par le passé, sans vraiment réussir. Selon Facebook, l’interaction autour des films et TV shows devrait significativement grossir dans les deux ans qui viennent. Et les revenus publicitaires aussi, entend-on au fond de la salle.

PS : un accord du même type a été signé avec Google et Rovi en 2012.

Suivre Rovi sur Twitter : @Rovi

Mercredi : attention, peut être une batterie innovante au tournant !

J’ai bien failli en tomber de mon siège, et pour le coup, c’est bien au delà de la Silicon Valley que je suis aller chercher l’information. Dans l’Illinois, à Champaign, où ils ne font peut être pas des bulles avec du raisin, mais une batterie qui devrait venir mettre un petit coup de balai dans une industrie bien paresseuse et un monde de geek où il nous faut encore batailler avec des kilomètres de cable. Un groupe de chercheurs de l’Université de Champaign a donc mis au point une micro-batterie aux facultés très avancées. Petite en taille (quelques millimètres), mais puissante en énergie, elle permet notamment de recharger mille fois plus vite que des batteries concurrentes, grâce à un montage spécifique de ses composants et un nouveau design permettant la RGV (recharge à grande vitesse), pour faire simple et court. Ce n’est pas encore destiné au marché grand public, mais plus sur des applications dans les communications radio notamment, Ca reste évolutif, et le signe que de bricoler les choses un peu différemment peut créer des miracles. Avec des moyens. A méditer du coté français !

Jeudi : après la vague du connect, le Disconnect

Après les grandes périodes de chaleur sociale, où l’on cherche à vous connecter de partout, tout le temps, voici arriver la période glaciaire de la confidentialité des données, avec Disconnect, un service vous proposant de bloquer plus de 2.000 sites web, selon la nouvelle mise à jour du produit… qu’il n’est possible d’utiliser uniquement sur Chrome et Firefox (qui en terme d’utilisation sur Internet représentent environ 40%)… et on ne peut vraiment leur reprocher de ne pas être présent sur Internet Explorer. A priori, cela ralentit un peu les performances des requêtes, ce qui ne va pas être simple à accepter d’emblée. Mais c’est un effort essentiel, quand on voit à quel point on peut être traqué sur Internet. En lisant cet article sur Techcrunch, c’est pas moins de 79 trackers qui me suivent et analysent mon parcours, comment je browse, où je clique. Comment je le sais ? J’utilise ça. Quand on maîtrise son identité digitale, que l’on agit  de façon responsable sur Internet, la confidentialité ne pose pas un problème, sauf quand on commence à entrevoir l’invisible monde qui se déroule à l’abri de nos regards. Et là, ça fait réfléchir.

Suivre Disconnect sur Twitter : @DisconnectMe

Vendredi : le terrorisme social, c’est facile, silencieux et c’est gratuit

Ce que j’entends par terrorisme social, c’est l’utilisation des réseaux sociaux à des fins de propagande, disons, plutôt discutable. Ramzan Kadyrov n’est pas à proprement parler quelqu’un de très fréquentable : c’est le Président de la République de Tchétchénie. Son pays a malheureusement fait l’actualité (une fois de plus) avec l’explosion du Marathon de Boston, perpétrée par des ressortissants Tchétchènes. Ce Monsieur, que rien n’arrête dans son anti-américanisme, est allé publié une photo sur son compte Instagram avec l’ajout d’un communiqué à l’attention des autorités américaines, dans son style. La photo est toujours sur Instagram (c’est bon pour la publicité), 5.515 Likes, pas loin de 1.000 commentaires que je vous laisse  apprécier à sa juste valeur. Vive le web2.0. The end pour la semaine.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Anyperk, Box et Seedcamp, Twitch, Paypal et Facebook, Mailbox et Dropbox

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Anyperk, un moyen de motiver ses salariés

Le monde du travail a besoin de se réinventer. Chaque nouveau passage en France met à l’évidence les difficultés d’un nombre grandissant d’industries, et surtout les problèmes de motivation des salariés. Au delà du contexte économique, et des méthodes de management locales peu innovantes, alors que la France a été assez novatrice à une époque avec la culture d’entreprise, la discipline d’intéressement est pour l’essentiel restée une loi permettant aux salariés de récupérer une (maigre) part du bénéfice d’une entreprise non reversée aux actionnaires. Une startup de la Silicon Valley a imaginé une plateforme permettant de faire bénéficier aux salariés d’une entreprise des avantages spécifiques auprès d’un certain nombre de marques. Un peu comme ci on avait créé un site web permettant de recenser tous les catalogues des cadeaux du CE (le Comité d’Entreprise, un autre standart français) dont peuvent bénéficier les salariés des entreprises ayant souscrit à ce fameux site web… et sur le principe que ça peut être Noël tous les jours. C’est aussi ça, la Silicon Valley, ça s’appelle Anyperk, c’est basé à San Francisco, c’est plein de fondateurs d’un peu plus de 20 ans, et ça vient de lever $1,4 millions. Elle est simple et belle, la vie en Californie.

Anyperk sur Twitter : @AnyPerk

Mardi : une approche de l’Europe très startup pour Box

 

Je l’ai déjà évoqué dans ces chroniques, l’Europe reste un sujet délicat pour des startups américaines pour qui il est temps de se lancer dans le grand bain du Vieux Continent. Box est une startup qui développe une solution de stockage de fichiers sur Internet. J’ai rencontré l’équipe en mars 2008, soit deux ans après son lancement, et la vague des nouveaux services de sauvegarde de fichiers qui se sont lancés depuis comme Dropbox, entre autres, n’a pas empêché Box de suivre son chemin. Plutôt implanté dans le B2B, ayant levé $284 millions au total donc $125 millions en décembre 2012 avec notamment Intel Capital, de nouveaux bureaux… Le CEO Aaron Levie est un entrepreneur très interessant, comme on en croise souvent dans la Silicon Valley,  il a quasiment commencé sa startup au lycée, et ça marche ! Maintenant l’Europe : Box vient d’annoncer un partenariat avec l’incubateur Européen Seedcamp, basé à Londres, le seul incubateur que je connaisse en Europe qui soit basé sur les mêmes mécanismes des incubateurs de la Silicon Valley qui apportent une vraie valeur (j’attends d’en voir un, enfin, émerger en France). Cet accord avec le Seedcamp va permettre d’atteindre une communauté d’une centaine startups qui se débrouillent plutôt bien, qui pourront utiliser ses services de façon privilégiée, et à l’inverse certaines startups auront la possibilité d’avoir Box comme partenaire, et pourquoi pas comme micro-investisseur. Reste maintenant à s’extirper hors de Londres et du Royaume-Uni et voir comment la communauté des startups et des développeurs permettra de pousser les services sur l’Europe continentale. Box a doublé en un an en Europe depuis juin 2012 !

Box sur Twitter : @BoxHQ

Mercredi : Twitch et ses millions… d’utilisateurs

 

Le jeu vidéo est un marché de niche plein de surprise : les éditeurs de jeu vidéo sont en train de muter dans leurs métiers, les constructeurs de plateformes essayent d’imaginer les fonctionnalités de demain, le joueur lambda recherche des typologie de jeux plus ludiques, mais il reste un consommateur imprévisible (si l’on en croit la courbe de l’action Zynga an NASDAQ), et enfin le jeu sur mobile continue sa progression. Twitch est une plateforme qui s’adresse aux hardcore gamers, les purs et durs, qui se spécialisent dans des styles de jeu, voire des jeux exclusivement. On peut y consulter des informations de toute sorte, s’abonner à des canaux vidéos spécialisés, des programmes de télévisions alternatifs ( avec des compétitions en tout genre…), et si on est fatigué de la publicité on peut même souscrire à leur programme Turbo à $8,99 par mois. Du chat, du shoot, et la startup va bientôt atteindre 30 millions de visiteurs uniques, visualisant environ 1,5 heures de vidéo, pour environ 600.000 broadcasters. Basée à San Francisco, voilà qui va faire plaisir aux investisseurs qui ont mis $15 millions l’année passée. Encore un petit effort, et on entendra parler de Twitch peut être comme cela a été le cas pour Bleacher Report. Et pendant ce temps là, IGN Entertainment change d’actionnaire. Avantage aux petites structures de nos jours…

Twitch sur Twitter : @TwitchTV

Jeudi : racheter, ça va plus vite que recruter


Il est clair que l’enjeu essentiel aujourd’hui dans la tech, « pour faire le prochain Facebook comme on dit », ce n’est pas d’avoir des idées. Vous êtes, en ce moment même, des centaines à avoir précisément la même idée. Vous êtes des petites dizaines à commencer à travailler dessus. Non, clairement, c’est l’exécution qui compte. C’est la rapidité de la réalisation qui fera que votre idée sera la première sur un marché, le leader, et ainsi de suite pour attaquer une nouvelle niche, un nouveau marché. Le même jour, c’est Paypal qui annonce avoir acquis la société de développement mobile Duff Research, basée à Sunnyvale, donc pas bien loin de San José, le QG de Paypal, et Facebook reprend la société Hot Studio, basée à San Francisco. Au dela de l’intuitu personae qui lie les entreprises acquéreuses et rachetées, c’est avant tout un apport de souplesse dans des organisations qui ont besoins d’aller vite. Un apport de flexibilité, un mot tabou en France (et regardez le résultat). Et des dirigeants qui poussent, comme David Marcus à Paypal ou l’ami Mark Zuck… ça pousse sec.

Illustration : copyright Mikhail Shlafer

Vendredi : 100 patates la Mailbox, vive Dropbox!

J’avais parlé ici même de Mailbox et de son buzz de chiffres, la preuve par $100 millions que c’était la bonne stratégie puisque Dropbox, le géant de San Francisco du stockage dans le could, vient d’acquérir la startup Mailbox… Tout ça alors que je viens juste enfin (comme par miracle) d’avoir enfin le droit d’accéder à l’application, alors que je pensais en avoir pour au moins 17 ans à attendre. Peut être qu’ils leur ont déjà prêté des serveurs, allez savoir. Tout ça donne quand même une impression de faire passer la tech pour un grand souk digital, avec les $$$ de la Silicon Valley comme joujoux. Enfin, si tout cela crée de la valeur…

Dropbox sur Twitter : @dropbox

Mailbox sur Twitter : @dropbox (vous verrez…)

Illustration : copyright Mikhail Shlafer

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : la Maison Blanche, Roku, l’état du Colorado, Matterport et Facebook

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : l’affaire du déblocage des téléphones aux États-Unis

 

Une loi votée aux États-Unis en 1998 appelée le Digital Millennium Copyright Act (DMCA) a pour objectif de légiférer autour de la propriété industrielle et de ses conséquences dans le domaine digital, et à ce titre lutte contre les violations du droit d’auteur. A ce titre, le déblocage des nouveaux téléphones (afin de mettre une carte SIM d’un opérateur téléphonique différent de celle vendue avec le téléphone), dont les iPhones sont l’objet d’un véritable culte de la part des hackers, est donc devenu illégal pour tout téléphone acheté après le 26 janvier 2013 (sinon 5 ans de prison et $500.000 d’amende). On ne peut pas dire que la mesure ait véritablement plu au royaume des geeks, et une pétition a été lancée par Sina Khanifar (qui est notamment co-fondateur OpenSignal, une société qui relève une cartographie mondiale des réseaux téléphoniques grâce au concours de ses utilisateurs) pour exiger l’annulation de cette décision. Le fait de pouvoir débloquer son téléphone se justifie lorsque l’on voyage (les tarifs de communication à l’étranger sont clairement abusifs), et une véritable industrie s’est installée autour de cette afin de laisser la liberté de changer d’opérateurs au besoin… ce qui est possible aujourd’hui en France. Sina vient de recevoir un renfort de poids, après avoir rassemblé 114.000 votes,  en la personne de… la Maison Blanche : « It’s time to legalize cell phone unlocking« , il est temps de légaliser le déblocage de téléphone, qui nuance toutefois quelque peu la liberté totale de changement qui devrait être pratiquée, mais c’est un support de poids en faveur des consommateurs. Cela devrait contribuer à faire revenir le législateur en arrière (la Federal Communications Commission et le Department of Commerce’s National Telecommunications and Information Administration).

Sina Khanifar sur Twitter : @Sinak

Mardi : Roku lance un nouveau boîtier à $99

 

A force de vivre aux États-Unis, on prend un certain nombre d’habitudes en terme de divertissements et de facilité d’accès à un certain nombre de plateforme qui proposent des alternatives à une télévision qu’il est impossible de regarder tant la dose de publicité est intense. Insupportable. Le retour en France est toujours un peu décevant, avec sa fragmentation due aux acteurs donnant accès à Internet au fameux Triple Play (chacun défend son pré carré, et cela limite le choix), et à une législation qui empêche de bénéficier de films récents sur des plateformes de vidéo à la demande… il faut bien nourrir la chaîne de valeur (ventes de DVD, etc.), même au détriment du plaisir du consommateur. On accuserait peut être les diffuseurs « online » de tuer l’industrie du cinéma, comme on accuse « Amazon d’être le fossoyeur du livre en France »… Plaintes d’aveugles, de mon point de vue, sur l’évolution d’une consommation qui évolue, et c’est à l’industrie de s’adapter. Aux États-Unis, il y a notamment Roku qui vient de lancer la troisième version de son boîtier donnant accès à un certain nombre de solutions de vidéo à la demande et de chaînes, dont Netflix, Amazon Instant Vidéo, Hulu (qui rassemble un certain nombre de séries TV et de films), Vudu (autre offre de  programmes à la demande), etc., qu’il est possible de visionner en connectant un casque audio sur la télécommande… et surtout indépendante de tout fournisseur d’accès à internet. Du tout en un, du programme à l’infini. Une fois le boîtier de $99 en votre possession, vous pouvez souscrire aux différents services accessibles. Un vrai bouquet numérique !

Mercredi : Le Sénateur du Colorado nous refait-il le coup d’Iznogoud ?

Il n’y a pas que la presse Française, entre autres, pour interpeller les pouvoirs publics et prendre en exemple jalousement la Californie et sa Silicon Valley. VentureBeat titre : « Pourquoi le Colorado est la nouvelle Silicon Valley » à l’occasion d’une interview de John Hickenlooper, Sénateur du Colorado. Il n’est naturellement nullement question dans ses propos de proclamer une telle bêtise, il vient simplement d’initier un fonds d’un montant de $150 millions pour investir dans des startups du Colorado, où il a été élu en janvier 2011. Une partie de ces fonds vient d’argent privé, une autre part provient du programme de retraite de l’état du Colorado. La pression fiscale en Californie devient quelque peu difficile pour les startups, car il faut rappeler que la Californie à un déficit d’environ $28 milliard à supporter. Le Colorado peut être une solution pour héberger des startups, mais il y a encore à faire a priori pour faire évoluer l’écosystème, hormis un système éducatif décrit comme progressiste. Les états de Georgie, du Maryland et du Vermont ont déjà initiés ce genre de fonds.

Jeudi : Matterport et son système de scanner en 3D lève $5,6 millions


J’ai eu le plaisir de découvrir Matterport l’été dernier, soit quelques mois après sa sortie de l’incubateur de Paul Graham, YCombinator. Il s’agit d’une technologie permettant de  « scanner » un lieu, des objets et de les restituer en 3D. L’application a été pendant quelques mois en phase de beta test avec un certain nombre d’industriels (il s’en est fallut de peu pour que l’un d’entre eux soit Français…). Il est possible de pré-commander une caméra sur leur site web, qui devrait être livrée à l’été prochain. En attendant, la série A devrait permettre à l’équipe d’aller plus loin dans l’exploration des différents marchés que peut ouvrir une solution permettant d’utiliser une technologie capable de créer des modèles 3D depuis des espaces existants.

Matterport sur Twitter : @Matterport

Vendredi : la marche forcée de Facebook

 

Après le lancement depuis Menlo Park d’une nouvelle version d’affichage du contenu publié sur le mur de Facebook (photos plus grandes, choix du contenu visualisé, meilleur cohérence entre le site web et les différentes version mobiles), et le jour de l’annonce du rachat de l’équipe qui a développé Storylane (le produit ne sera pas intégré à Facebook, et l’accès y est désormais fermé aux nouveaux utilisateurs), un produit censé aider « les individus à partager (sur les réseaux sociaux) les choses qui comptent », Facebook a lancé un nouvel appel de pied aux développeurs via Open Graph. En effet, les développeurs auront accès à plus de fonctions, plus exactement de verbes disponibles à travers le système de Facebook à savoir « run », « walk », « bike » (pour le fitness), « read », « rate », « quote », « want to read » (pour les livres) et « rate », « want to watch » (pour les films et la télé). Attendez vous à plus d’applications Facebook pour venir apparaître sur vos mur… et passer encore plus de temps sur votre réseau social préféré. L’audience, c’est de l’argent, et Facebook se doit d’explorer toutes les expériences utilisateurs possibles pour maintenir la fameuse courbe de croissance dans dans la perspective d’une bonne forme financière.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !