Un bon coup de hacking de la France de la part de Facebook

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Facebook s’est développé sur les bases d’un génie qu’il faut bien reconnaître à Mark Zuckerberg : le hacking. Déjà, au tout début, « Zuck » a hacké les serveurs de son Université pour disposer des photos des étudiantes nécessaire à son application idiote de comparaison de profil féminin. Il s’est ensuite plus ou moins servi d’un projet imaginé par les frères Winklevoss pour développer Facebook dans son coin. Par la suite, dans les grands standards de management de la société basée à Menlo Park, en Californie, le hacking est mis à l’honneur pour susciter l’éveil et l’imagination des développeurs informatiques et trouver des niches d’amélioration de la croissance du nombre des utilisateurs et de leur audience. Hack, hack, hack.

Je ne vais pas revenir sur les récentes affaires de confidentialité, d’utilisation des données des utilisateurs : hacking, toujours ce fameux hacking, pour le plus grand plaisir des investisseurs rendus très gloutons par les niveaux de rentabilité de Facebook et donc de reversement des dividendes. Et je ne peux que constater qu’une fois de plus, Facebook vient de hacker une nouvelle organisation : le Gouvernement Français. J’avoue avoir eu du mal à comprendre la nouvelle annoncée en charabia anglais sur le gossip de la tech, j’ai nommé Techcrunch mais voilà : Facebook va laisser les régulateurs français enquêter sur les processus de modération.

C’est quoi cette histoire ? Facebook et le gouvernement français vont coopérer pour examiner les efforts de Facebook en matière de modération sur leur plateforme. Ainsi, au début de l’année prochaine, des « régulateurs français » lanceraient une enquête informelle sur la modération de la société Californienne à base d’algorithme et humaine. Reste à définir ce que l’on entend par « enquête informelle », mais il semble que Facebook soit prêt à coopérer et à donner un accès sans précédent à ses processus internes. Vraiment ?

La voie officielle nous informe que cette annonce est le résultat de discussions informelles entre les hauts dirigeants de Facebook et le gouvernement français qui a débuté avec le Sommet « Tech for Good » en mai. L’ancien vice-Premier ministre britannique et nouveau vice-président de Facebook chargé des affaires mondiales et des communications, Nick Clegg, a dévoilé le programme lors d’un déjeuner à l’Élysée, ajoutant que ce modèle de co-régulation du secteur de la technologie publique est absolument essentiel. On voudrait nous faire passer Facebook pour une Sainte qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Comment une chose est elle rendue possible, tout d’abord en terme d’efficacité, car je doute fort que Facebook donne accès à ce qui fait le nerf de la guerre de cette entreprise, ne serait-ce que par la simple porte de la modération. Enfin, quel impact ce type d’accord peut il avoir par rapport aux relations tendues que Facebook peut avoir avec les autorités des États-Unis, le pays du « free speech » avec son 1st Amendment, où l’entreprise a ses quartiers généraux, après la leçon reçue par « Zuck » de la part des Sénateurs, sur ce que Facebook fait avec ses données ? Existerait-il une nouvelle frontière à définir en terme de « territoire de modération » d’une entreprise cotée au NASDAQ ?  L’annonce n’a pour le moment fait l’objet que de commentaires platoniques dans la presse Américaine, mais que dire d’un nouvel interventionnisme de l’État Français dans l’intimité des Français qui utilisent la plateforme, soit a priori environ 35 millions de Français. Il est clair qu’il y a un véritable problème de propagation de la haine sur les réseaux sociaux, et qu’il est envisageable d’y voir une responsabilité du Gouvernement sur le sujet. Mais de là à aller fouiller dans les algorithmes de Facebook…

Les trois mamelles du président français Emmanuel Macron de la réglementation technologique tiennent en trois mots: inclusion, confiance et coopération. Il aurait également déclaré qu’il devrait exister un troisième moyen de réglementer les technologies, en parallèle à celui des Chinois, ou celui des États-Unis. Sans doute a-t-il le chiffre 3 comme chiffre fétiche. Le président Macron a également évoqué la recette du programme en question lors d’un discours prononcé lors du Forum sur la gouvernance de l’Internet à Paris : analyser comment fonctionne le marquage, comment Facebook identifie le contenu qui pose problème, et comment Facebook décide s’il faut modérer ou non le message qui a pour conséquence de supprimer un message, une vidéo ou une image.

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Techcrunch nous signale que ce type d’enquête rappelle la réglementation bancaire et nucléaire (mon Dieu, ça fait peur), à savoir que cela implique une coopération étroite avec le Gouvernement afin que ses régulateurs puissent certifier qu’une entreprise fait tout correctement. Certes, mais ça veut dire quoi, tout faire correctement ? Les gouvernements demandent des résultats et les réseaux sociaux doivent résoudre seuls les problèmes de modération. Certes, ce sont des sociétés privées. Qui serait en charge de cette tâche ? La France regorge de spécialistes de régulation en tout genre avec l’ARCEP (le régulateur des télécoms), la DINSIC (considérée comme la direction des systèmes d’information de l’État français), le CSA (des régulateurs de la télévision et de la radio), et pourquoi pas la CNIL, ça ferait un joli mariage…

Le Gouvernement Français souhaite trouver « un biais algorithmique »  et tester des ensembles de données sur les outils de modération automatisés de Facebook, en se concentrant sur un petit champ d’application (de quoi parle-t-on ici par « un biais algorithmique » ?). Cela pourrait conduire à de nouvelles réglementations : on peut faire confiance à un Gouvernement Français sur ce point.

L’intérêt de Facebook dans tout cela ? Clairement montrer patte blanche après tous ses déboires et remonter dans la cote d’amour de Madame Michu ? L’affaire est plutôt bien jouée de la part de Mister Clegg, qui n’aura pas réussit à empêcher le Brexit, après une belle carrière passée dans le politique, mais a réussi un plutôt joli coup chez le voisin outre-Manche pour son nouvel employeur. Un joli coup de hacking.

Facebook Important Message

Dear Philippe,
Your privacy is incredibly important to everyone who works at Facebook, and we’re dedicated to protecting your information. While many of us focus our full-time jobs on preventing or fixing issues before they affect anyone, we recently fell short of our goal and a technical bug caused your telephone number or email address to be accessible by another person.
The bug was limited in scope and likely only allowed someone you already know outside of Facebook to see your email address or telephone number. That said, we let you down and we are taking this error very seriously.
Describing what caused the bug can get pretty technical, but we want to explain how it happened. When people upload their contact lists or address books to Facebook, we try to match that data with the contact information of other people on Facebook in order to generate friend recommendations. Because of the bug, the email addresses and phone numbers used to make friend recommendations and reduce the number of invitations we send were inadvertently stored in their account on Facebook, along with their uploaded contacts. As a result, if a person went to download an archive of their Facebook account through our Download Your Information (DYI) tool, which included their uploaded contacts, they may have been provided with additional email addresses or telephone numbers.
Here is your contact Information (inadvertently accessible by at most 1 Facebook user):
x************x@x****.fr
x*******x@xxxxx.com
We estimate that 1 Facebook user saw this additional contact info displayed next to your name in their downloaded copy of their account information. No other info about you was shown and it’s likely that anyone who saw this is not a stranger to you, even if you’re not friends on Facebook.
We recognize that mistakenly sharing contact info is unacceptable, even if you are acquainted with people who saw these details, and we’ve taken measures to prevent this from happening again. For more information on the bug, please read our blog post.
All of us at Facebook take this issue very personally. We appreciate your ongoing use of Facebook, and are working every day to deliver the level of service you expect and deserve.
Thank you,
The Facebook Team

Voici l’email que je viens de recevoir à l’instant de la part de Facebook.

Qu’est ce que vous voulez que je vous dise ? Nous sommes désarmés face à ce monde des réseaux sociaux, qui vit de vos données et qui ne peut les protéger face à une technologie de plus en plus complexe, où des armées de quelques 5.000 ingénieurs de logiciel ne peuvent rien contre des commandos digitaux qui trouveront systématiquement la faille pour aller se servir des informations les plus sensibles et les plus intimes.

Deux conseils :

– ne mettez rien sur Internet que vous ne voulez retrouver un jour disponible aux yeux de tous ou de certains,

– changez vos mots de passe réguli¡erement (une fois par semaine, une fois par mois, selon l’intensité de votre fréquentation de ces sites).

Vous pouvez vous faire aider de produits comme Privowny pour gérer et maîtriser un peu mieux votre identité digitale…

Exclusif : Instagram rachète Facebook

Chaque invitation de l’équipe de communication de Facebook est toujours l’occasion de rappeler un invité qui excite l’imagination des journalistes : la rumeur. La rumeur, c’est un incroyable moteur générateur des plus incroyables pour une entreprise qui a accompli, et là je le dis sérieusement, un parcours incroyable avec un peu plus de 5.000 employés, depuis sa création.

Alors, il faut le dire, tout le monde ici a envie d’être convié à Menlo Park pour voir Mark Zuckenberg, et penser à ce que pourrait être la nouvelle, et ainsi exciter les rotatives et le click, avec la rumeur, d’abord, et le « big announcement », en deuxième. Et là, une fois encore, c’est juste une nouvelle fonctionalité qui vient d’être proposée, de plus à travers Instagram : la possibilité de partager des vidéos.

 Je vous ai laissé une interligne afin de vous permettre de récupérer de cette nouvelle. J’imagine que vous connaissez la nouvelle d’Instagram rachetée par Facebook pour $1 milliard en avril 2012.

Des applications permettant de poster des courtes vidéos sur votre smartphone, il y en a en masse sur l’AppStore, GooglePlay, et j’en passe.

Tout d’abord, parmi les plus buzzy ces derniers temps, il y a Twitter et son Vine, sorti en janvier 2013 après le rachat de la startup en octobre 2012. Path, qui vient de faire l’objet d’une rumeur (et oui) d’une nouvelle levée de fonds entre $75 et $100 millions, qui permet d’enregistrer de courtes vidéos. Socialcam, dont on a parlé ici en juillet 2012, qui a été vendue $60 millions à Autodesk.

VidlyStilly, Loopcam, Tout, Highlightcam, plus loin de nous la startup 12seconds, en 2008. Bref, depuis que les smartphones existent, ils sont nombreux à vouloir proposer d’enregistrer et de publier des vidéos. Il semble que ce soit le bon moment. Le fameux time to market, sauf que là c’est gratuit.

Cette annonce de Facebook qui met en avant Instagram, c’est pour moi la surprise de cette nouvelle (d’où mon titre d’article absurde). Malgré le fait qu’Instagram soit passé de 20 millions à 130 millions d’utilisateurs, ce qui est la moindre des choses étant donné l’audience de Facebook, et en même temps une belle performance (accomplie par Socialcam, au passage, grâce à Facebook, qui a depuis fermé le robinet de l’ascenseur de social media, et on comprend aujourd’hui pourquoi), pourquoi tant de boucan ?! C’est tout de même assez rare de voir Facebook être en retard par rapport à ses concurrents, dont Twitter par exemple. … Quoi ? J’entends dans la salle quelqu’un me dire qu’il est possible d’enregistrer et de publier des vidéos sur Facebook depuis son smartphone. Ah, mais on ne peut pas utiliser de filtres. Ok… Bref.

« The power of cinema in your pocket », nous dit Kevin Systrom. Le pouvoir était surtout dans le show de la présentation, vraiment impeccable.

Désolé Kevin Systrom, que je respecte beaucoup, mais le pouvoir du cinéma, je l’ai trouvé ailleurs, dans un produit lancé en 2011, développé par une équipe passionnée par la volonté d’apporter aux utilisateurs de smartphone la possibilité de construire sont « digital life stream », sa trace de vie digitale, à destination de ses amis et de sa famille, et non aux annonceurs, avec une simplicité d’utilisation et juste ce qu’il faut d’outils pour permettre la publication de courtes vidéos pleines de vies et d’émotions : c’est Lightt.

« Lightt is life, la la, la lala… ». L’essayer, c’est l’adopter !

 Petite morale pour cette histoire : attention de ne pas trop crier au loup. Le proverbe explique qu’avertir d’un danger inexistant ou dont on a exagéré l’importance peut avoir pour conséquence le risque de ne pas être écouté en cas de vrai danger. C’est pareil pour le story telling dans la communication d’entreprise.

L’actualité High-Tech de la semaine : la Maison Blanche, Roku, l’état du Colorado, Matterport et Facebook

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : l’affaire du déblocage des téléphones aux États-Unis

 

Une loi votée aux États-Unis en 1998 appelée le Digital Millennium Copyright Act (DMCA) a pour objectif de légiférer autour de la propriété industrielle et de ses conséquences dans le domaine digital, et à ce titre lutte contre les violations du droit d’auteur. A ce titre, le déblocage des nouveaux téléphones (afin de mettre une carte SIM d’un opérateur téléphonique différent de celle vendue avec le téléphone), dont les iPhones sont l’objet d’un véritable culte de la part des hackers, est donc devenu illégal pour tout téléphone acheté après le 26 janvier 2013 (sinon 5 ans de prison et $500.000 d’amende). On ne peut pas dire que la mesure ait véritablement plu au royaume des geeks, et une pétition a été lancée par Sina Khanifar (qui est notamment co-fondateur OpenSignal, une société qui relève une cartographie mondiale des réseaux téléphoniques grâce au concours de ses utilisateurs) pour exiger l’annulation de cette décision. Le fait de pouvoir débloquer son téléphone se justifie lorsque l’on voyage (les tarifs de communication à l’étranger sont clairement abusifs), et une véritable industrie s’est installée autour de cette afin de laisser la liberté de changer d’opérateurs au besoin… ce qui est possible aujourd’hui en France. Sina vient de recevoir un renfort de poids, après avoir rassemblé 114.000 votes,  en la personne de… la Maison Blanche : « It’s time to legalize cell phone unlocking« , il est temps de légaliser le déblocage de téléphone, qui nuance toutefois quelque peu la liberté totale de changement qui devrait être pratiquée, mais c’est un support de poids en faveur des consommateurs. Cela devrait contribuer à faire revenir le législateur en arrière (la Federal Communications Commission et le Department of Commerce’s National Telecommunications and Information Administration).

Sina Khanifar sur Twitter : @Sinak

Mardi : Roku lance un nouveau boîtier à $99

 

A force de vivre aux États-Unis, on prend un certain nombre d’habitudes en terme de divertissements et de facilité d’accès à un certain nombre de plateforme qui proposent des alternatives à une télévision qu’il est impossible de regarder tant la dose de publicité est intense. Insupportable. Le retour en France est toujours un peu décevant, avec sa fragmentation due aux acteurs donnant accès à Internet au fameux Triple Play (chacun défend son pré carré, et cela limite le choix), et à une législation qui empêche de bénéficier de films récents sur des plateformes de vidéo à la demande… il faut bien nourrir la chaîne de valeur (ventes de DVD, etc.), même au détriment du plaisir du consommateur. On accuserait peut être les diffuseurs « online » de tuer l’industrie du cinéma, comme on accuse « Amazon d’être le fossoyeur du livre en France »… Plaintes d’aveugles, de mon point de vue, sur l’évolution d’une consommation qui évolue, et c’est à l’industrie de s’adapter. Aux États-Unis, il y a notamment Roku qui vient de lancer la troisième version de son boîtier donnant accès à un certain nombre de solutions de vidéo à la demande et de chaînes, dont Netflix, Amazon Instant Vidéo, Hulu (qui rassemble un certain nombre de séries TV et de films), Vudu (autre offre de  programmes à la demande), etc., qu’il est possible de visionner en connectant un casque audio sur la télécommande… et surtout indépendante de tout fournisseur d’accès à internet. Du tout en un, du programme à l’infini. Une fois le boîtier de $99 en votre possession, vous pouvez souscrire aux différents services accessibles. Un vrai bouquet numérique !

Mercredi : Le Sénateur du Colorado nous refait-il le coup d’Iznogoud ?

Il n’y a pas que la presse Française, entre autres, pour interpeller les pouvoirs publics et prendre en exemple jalousement la Californie et sa Silicon Valley. VentureBeat titre : « Pourquoi le Colorado est la nouvelle Silicon Valley » à l’occasion d’une interview de John Hickenlooper, Sénateur du Colorado. Il n’est naturellement nullement question dans ses propos de proclamer une telle bêtise, il vient simplement d’initier un fonds d’un montant de $150 millions pour investir dans des startups du Colorado, où il a été élu en janvier 2011. Une partie de ces fonds vient d’argent privé, une autre part provient du programme de retraite de l’état du Colorado. La pression fiscale en Californie devient quelque peu difficile pour les startups, car il faut rappeler que la Californie à un déficit d’environ $28 milliard à supporter. Le Colorado peut être une solution pour héberger des startups, mais il y a encore à faire a priori pour faire évoluer l’écosystème, hormis un système éducatif décrit comme progressiste. Les états de Georgie, du Maryland et du Vermont ont déjà initiés ce genre de fonds.

Jeudi : Matterport et son système de scanner en 3D lève $5,6 millions


J’ai eu le plaisir de découvrir Matterport l’été dernier, soit quelques mois après sa sortie de l’incubateur de Paul Graham, YCombinator. Il s’agit d’une technologie permettant de  « scanner » un lieu, des objets et de les restituer en 3D. L’application a été pendant quelques mois en phase de beta test avec un certain nombre d’industriels (il s’en est fallut de peu pour que l’un d’entre eux soit Français…). Il est possible de pré-commander une caméra sur leur site web, qui devrait être livrée à l’été prochain. En attendant, la série A devrait permettre à l’équipe d’aller plus loin dans l’exploration des différents marchés que peut ouvrir une solution permettant d’utiliser une technologie capable de créer des modèles 3D depuis des espaces existants.

Matterport sur Twitter : @Matterport

Vendredi : la marche forcée de Facebook

 

Après le lancement depuis Menlo Park d’une nouvelle version d’affichage du contenu publié sur le mur de Facebook (photos plus grandes, choix du contenu visualisé, meilleur cohérence entre le site web et les différentes version mobiles), et le jour de l’annonce du rachat de l’équipe qui a développé Storylane (le produit ne sera pas intégré à Facebook, et l’accès y est désormais fermé aux nouveaux utilisateurs), un produit censé aider « les individus à partager (sur les réseaux sociaux) les choses qui comptent », Facebook a lancé un nouvel appel de pied aux développeurs via Open Graph. En effet, les développeurs auront accès à plus de fonctions, plus exactement de verbes disponibles à travers le système de Facebook à savoir « run », « walk », « bike » (pour le fitness), « read », « rate », « quote », « want to read » (pour les livres) et « rate », « want to watch » (pour les films et la télé). Attendez vous à plus d’applications Facebook pour venir apparaître sur vos mur… et passer encore plus de temps sur votre réseau social préféré. L’audience, c’est de l’argent, et Facebook se doit d’explorer toutes les expériences utilisateurs possibles pour maintenir la fameuse courbe de croissance dans dans la perspective d’une bonne forme financière.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Facebook Graph Search : souriez, vous êtes filmés

Brève, depuis San Francisco…

Voilà, la conférence Facebook vient de se terminer au siège à Menlo Park et la nouvelle est tombée : Facebook Search est là. Fini les liens grossiers à la Google qui vous balancent des liens qui satisfont les « annonceurs ». Du contexte on va vous donner grâce au nouveau Facebook Graph Search : à la question « Quels sont mes amis qui vivent à Paris ? », vous devriez recevoir des réponses en images et en vidéo grâce aux informations disponibles dans cette immense, incroyablement immense base de données qu’est devenu Facebook.

Pour bien comprendre comment ça marche, il suffit de visioner la vidéo ci-dessous :

Le graphe social a définitivement été un virage essentiellement dans la vie du réseau social numero 1 mondial, puisqu’il a permis de construire une véritable cartographie humaine à travers les millions de connexions et de contenus téléchargés tous les jours. Et Facebook va bien vous le re-servir car… vous rappelez vous tout ce que vous avez mis en ligne depuis la création de votre compte ? Vraiment ?

Les rumeurs de baisse d’utilisation ou de fréquentation sur Facebook annoncés ici et là ne sont pas des signes de fumée sans feu, et il y a naturellement une recherche de relance de l’activité des utilisateurs de la part des équipes de Mark Zuckerberg.

Mais bon, Facebook n’est pas encore Internet à lui tout seul, et il ira donc chercher chez l’outil de recherche de Microsoft Bing les réponses manquantes, Google n’est pas encore disponible… mais il aimerait bien que ce soit possible.

Le produit n’est pas encore disponible, toujours en « beta » comme on dit dans le métier, et il va falloir patienter encore un peu pour aller vite chercher le résultat de recherche comme « Quelle est ma dernière cuite » ou des choses du genre. Je tiens à souhaiter bonne chance à ce nouveau produit, qui me fait (un peu) penser au bébé d’un ancien de Facebook, Adam D’Angelo, qui travaille sur un projet de base de données contextuelle qui s’appelle Quora et qui en connaît un rayon, sur le search, les questions et les réponses…

Décidément, que le monde est petit dans la Silicon Valley, et qu’il est si récurrent…

Pour finir, rappelez vous bien ce bug récent chez Facebook qui faisait remonter à la surface visible de l’iceberg des conversations privées, et posez vous la question, vous jeunes étudiants à la recherche de votre premier job par exemple, ce que ce nouvel outil pourra faire remonter à la surface. My 2 cents comme on dit ici. Rien ne se perd chez Facebook, et tout s’indexe. Vous allez voir… Vos photos, vos vidéos, vos localisations, vos achats, vos applications, vos « like », vos « share », vos commentaires, vos pages. Tout. Toute votre vie sur Facebook, et ceux de vos amis, en un clic.

Souriez, vous êtes filmés.

Inside Facebook… pour un Facebook plus mobile !

Petite chronique écrite à la faveur d’une soirée passée au siège de Facebook, Menlo Park, Californie, en compagnie de 300 développeurs iOS… 

La sanction est tombée chez Intel : « Le mobile m’a tué » a du déclarer Paul Otellini, CEO d’Intel aujourd’hui, qui a donc annoncé sa retraite prochaine, sorte de punition du fait d’un constat d’échec d’une stratégie mobile inefficace.

Ca ne risque pas d’arriver de sitôt à Mark Zuckerberg, avec ses 28 ans tout mouillés, de partir à la retraite, mais le mobile est tout aussi dangereux pour le géant de Menlo Park (et ses quelques 4.000 employés), qui a vu fuire quelques points de croissance supplémentaires ces derniers temps (sinon quelques petites années…) du fait d’une stratégique mobile… insuffisamment native, ce qui se ressentait particulièrement sur iPhone par exemple.

Difficile de combiner la gestion de croissance d’utilisateurs par millions et la mise en place de nouvelles fonctionnalités, mécanisme plutôt incompatible avec la stabilité d’un plateforme. Alors si en plus le mobile et HTML5 s’en mêlent…

Sans rentrer dans des détails trop techniques, Facebook tente de rendre le mobile plus compatible avec une expérience utilisateur digne d’un leader d’Internet, et après une phase d’écoute des développeurs dans la Silicon Valley, et d’autres initiatives du genre, c’était au tour de la Team mobile de Facebook de faire face à quelques 300 développeurs aujourd’hui au siège pour continuer de caresser cette communauté dans le sens du poil…

Le premier intervenant, Adam Hurst, véritable attraction de ce Meetup organisé par un des leaders de la plus grosse communauté de développeurs de la Silicon Valley, n’a pas hésité à revenir sur le reconnaissance de l’erreur d’une stratégie trop poussée sur HTML5. Il reste d’ailleurs un certain nombre de « pavés » qui soient encore hérités de cette période… La transition n’est pas encore terminée.

La deuxième partie était par contre néanmoins nettement moins interessante, de l’avis d’un spécialiste présent dans la salle, Ludovic Landry, développeur au sein de l’équipe de Kwarter, une startup local très Frenchie, venue pour recruter pour son équipe de développeur, comme un appel du pied de Facebook aux startups développant des jeux à se plonger un peu plus dans le SDK pour obtenir autant d’engagement sur mobile que sur le web, par exemple.

Messieurs et Mesdames les développeurs, venez donc écrire votre histoire sur le mur de Facebook !!!

 

Facebook recherche développeurs iOS

Il y a des emails anodins qui passent, comme ça, dans la Silicon Valley : tu es développeur sur iOS (la plateforme d’Apple pour ses produits phares iPhone et iPad) ? Viens donc gagner $150 pour une heure passée à Menlo Park dans les locaux de Facebook en 1to1 comme on dit (en tête à tête) afin de discuter d’expérience utilisateur sur iOS.

Ben voyons ! Le procédé peut paraître inhabituel, mais peut montrer bien les difficultés que peuvent avoir des entreprises comme Facebook à trouver les perles rares sur des plateformes comme iOS, puisqu’il apparaît évident que derrière cette campagne d’échange autour du « user experience », ça sent la détection de talents à plein nez !

D’autres diront que ça sent plutôt un renforcement dans l’intégration d’iOS dans Facebook, je vous laisse poursuivre la lecture chez des collègues Outre-Atlantique.

De toute façon, et contrairement aux idées reçues, les développeurs (mobiles ou non) sont chers, très chers, rares et versatiles (droit du travail US oblige) dans la Silicon Valley. Durs à fidéliser, durs à détecter. Des tarifs horaires à $200 et plus sont possibles, et visiblement Facebook a décidé de fixer le tarif à $150. Assez de surenchère comme ça !

Voyons s’ils trouvent développeurs à leur pied, la croissance de Facebook sur mobile n’est visiblement pas encore arrivée à son terme, et il y a toujours une startup pour venir freiner les progrès que le géant d’Internet aimerait faire sur les smartphones : après Instagram dans le segment des applications de photographies (racheté à prix d’or), c’est au tour de Socialcam, dans le domaine de la vidéo, de venir lui faire de l’ombre.

Application numéro 1 sur Facebook (72 Millions selon Appdata), avec un chiffre total d’utilisateurs à faire rugir de plaisir ses investisseurs, cette spin-off de Justin.TV, la célèbre startup de streaming vidéo lancée par Justin Kan en 2006, est en train de se lancer avec brio dans l’ascenseur supersonic des potentielles cibles d’achats si la progression se poursuit à ce rythme… Encore mieux que Pinterest en terme de courbe, et mieux qu’Instagram en terme d’effectifs… ils ne sont (encore) que 3 salariés…

Justement, j’ai eu la chance d’en rencontrer un cette semaine dans leurs nouveaux locaux à San Francisco (et oui, l’habituel ingénieur Français talentueux du Team), qui nous apporte quelques informations et témoignages… merci à Guillaume Luccisano pour son accueil…

Leur préoccupation à ce jour ? Faire mieux que Youtube, rien que ça. En attendant, j’ai rarement une expérience utilisateur aussi agréable, et la plateforme fait vraiment un travail remarquable d’encodage. Et en plus, elle sait supporter la charge, et éventuellement un réseau défaillant (ça vaut mieux de nos jours…).

NDLR : Promis, la prochaine fois j’utiliserai mon iPad mieux histoire d’éviter les 2 bandes noires verticales 🙂