Quoi de neuf chez Uber, Techcrunch ?

Techcrunch, la star des médias quand il s’agit de parler de startups, avec toutes les histoires qui vont autour. Les conférences qu’organise ce média hight-tech de la Silicon Valley sont toujours très prisées. Les différents organisateurs ont su renouveler le genre depuis 2007, et ils ont intelligemment créés cette ambiance « Hollywood » dans les nouvelles technologies avec une légion de codeurs-entrepreneurs en sweat-shirt à capuche d’un coté dans les premiers rôles, et une légion d’investisseurs en costumes-sneakers de l’autre à la production.

Beaucoup de stars pour cette première journée, et beaucoup de déclarations… morceaux choisis, en particulier avec Travis « Kalachnikov » Kalanick, l’homme qui veut bouleverser le monde des taxis avec Uber !

 

David Krane est partenaire chez Google Venture, un des actionnaires de la société Uber qui veut raser cette planète de toutes les compagnies de taxi qu’il est possible de trouver à San Francisco, New York, Paris, Francfort ou Shangaï. Ce n’est pas encore gagné, mais la startup progresse vite à recruter des chauffeurs à travers les différentes régions qu’il explorent (mais pas encore Las Vegas), et des clients encore plus avec la politique de prix très agressive. Le service est absolument incomparable, tant le chauffeur de taxi est devenu un prestataire de services que l’on aime rarement !

Parlant d’amour, l’intervieweur Michael Arrington et ses gros sabots (au propre comme au figuré) n’a pu s’empêcher de parler du coté Dark Vador d’Uber et de son CEO Travis Kalanick :

Forcément, on ne change pas le monde avec des bisous, spécialement lorsque l’on constate la résistance des lobbys dans différents pays. Dans le cas Français le président de la G7 opère dans une situation de quasi-monopole, dans la foulée de son papa très heureux de récupérer cette compagnie en 1960, avec un réseau d’influence qui va jusqu’à faire parler un Ministre ventriloque priant l’innovation de ne pas aller trop vite en pleine conférence sur les nouvelles technologies ! La seule innovation de cette compagnie ? La mise en place de la radio en 1964, qui a été un bon moyen de mettre la laisse aux chauffeurs de taxi qui aujourd’hui se demandent se qui leur arrive, en se comportant comme des fonctionnaires à qui on veut retirer les acquis sociaux : la règlementation et les licences de taxi ayant été géré n’importe comment, c’est bien difficile de s’y retrouver sur la meilleure attitude à adopter.

En attendant, Uber bouge les lignes et permet à des personnes de se créer leur propre job :

A titre d’exemple, j’ai eu le plaisir de rencontrer le fier papa d’un jeune ingénieur embauché par Facebook, qu’il est venu accompagner à San Francisco pour s’assurer que tout va bien. Que fait il le temps de régler les aspects de visas et de se mettre en place ? En bon soutien de famille. le système mis en place par des sociétés comme Uber… ou Lyft dans ce cas précis lui a permis de se mettre en situation professionnelle quasi immédiatement ! C’est ça, l’enjeu des emplois d’aujourd’hui : la mobilité plus que les acquis sociaux que l’on n’est plus capable de financer.

 

Il est toutefois possible d’arrêter Uber. « Vegas, Babe »… Et d’ailleurs :

 

C’est aussi clair que, parlant de Lyft, qui joue dans la même cour d’Uber, avec les fameuses moustaches roses, la concurrence est rude et aucun cadeau ne sera fait :

 

Pas même une acquisition en vue. Gagner ou mourir 😀

L’actualité High-Tech de la semaine : Expa, Netflix, Google, Zynga, Secret

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances…

Lundi : Garrett Camp, serial entrepreneur. Un vrai.

Garrett Camp est un enfant du Canada qui a su bien exploiter ses recherches dans le domaine des systèmes collaboratifs et des algorithmes évolutionnaires au sein de l’Université de Calgary pour choisir avec quelques amis ce qui serait la meilleure idée à développer. Nous sommes en novembre 2002, et il s’agira de créer StumbleUpon qui deviendra un des premiers outils de découvertes sur Internet permettant de partager des recommandations. La relocalisation de la société dans la Silicon Valley s’imposera pour une startup qui saura réunir des millions d’utilisateurs, $18,5 millions en levée de fonds, se faire acheter par eBay en mai 2007 pour $75 millions, pour redevenir indépendante en avril 2009 pour seulement $29 millions. Puis Garett, toujours bien au fait des choses sur Internet, va se retrouver co-fondateur de la société développant l’application de réservation de chauffeurs Uber, qui est en train de créer une vraie revolution collaborative partout où elle passe. Garrett a déposé un requête pour lever $75 milllions pour sa pépinière Expa, sorte de laboratoire d’Internet, au sein duquel il a déjà commencé à employer des talents dans différents domaines (design, expérience utilisateur, développeur…) afin de sortir  les produits de demain, tant il reste des secteurs à révolutionner dans le domaine des services, tant il est vrai que l’innovation reste trop lente, encore de nos jours, sur le web et ailleurs. Garrett est une des personnes les plus connectées de la Silicon Valley, et il a seulement 34 ans.

Suivre Garrett Camp sur Twitter : @GMC

Mardi : Netflix ne fera aucune fleur en Europe 

 

Alors que l’on nous raconte les supposés commandements de la Ministre déléguée à l’innovation à l’égard de la société de diffusion de films en continu sur Internet, à l’occasion d’un voyage un peu bruyant du Président de la République dans la Silicon Valley, toute l’équipe de Direction de Netflix se trouvait en voyage exploratoire en Europe pour déterminer le meilleur modus operandi (qui pourrait avoir un fort accent Luxembourgeois) pour s’y développer. Et assure une levée de fonds additionnelles de $400 millions sous forme d’émission de dette à échéance 2024. Suffisamment pour déployer les campagnes marketing nécessaires à faire connaître le service à travers les pays non encore couverts (à ce jour, uniquement le Royaume Uni, les Pays-Bas et la Scandinavie). Pas sûr toutefois que cela suffise pour contourner le problème essentiel de Netflix en France : naturellement pas le Gouvernement et son obsession à vouloir montrer qu’ils sont là pour diriger Internet dans ce beau pays, mais surtout les boitiers des principaux fournisseurs d’accès à Internet. En effet, aux États-Unis, déjà, certains opérateurs fournisseurs d’Internet ralentissent l’accès au site de Netflix au profit de leur offre propre de diffusion de film. Free, par exemple, ne ce gênera surement pas !

Suivre Netflix sur Twitter :  @Netflix

Mercredi : le Diable au service de l’art et du code

On veut nous mettre du code partout ! Le code à l’honneur à travers l’art, c’est une nouvelle initiative de Google qui vient de lancer une nouvelle initiative visant à récompenser des artistes à travers le monde qui incorpore de la technologie dans leur processus créatif. Ouvert dans plusieurs langues (anglais, espagnol, français, russe), dans quasiment tous les pays (hormis Cuba, la Syrie, la Corée du Nord, l’Iran et le Soudan… et l’Italie et le Québec… faudra m’expliquer), il suffit de s’enregistrer en passant par son compte Github et déclarer son projet qui doit donc utiliser de la technologie pour se déclarer candidat. Il y a par exemple Atsushi Tabata, de Tokyo, qui propose un monde fantaisiste à découvrir par l’intermédiaire de Google Glass… Il y a 1000 Hands qui propose d’utiliser une application mobile pour contribuer à l’élaboration de lignes de dessin collectives qui se projette dans des lieux d’exposition… Light Echoes se propose de projeter des lumières et des textes à travers un train mobile, reproduisant les photos avec une longue exposition… Une énorme pause de poésie de la part d’un géant du web qui ne cesse de nous traquer digitalement, et qui pour l’occasion, fera deux shortlists successives parmi les projets les 5 avril et 9 avril depuis un Google Hangout,  et offrira finalement un prix de £25.000 au vainqueur lors d’un evènement final au Barbican à Londres le 15 avril… pour un tour du monde !

Suivre l’actualité de Google Developers : ici

Jeudi : Madrona Venture Group, un VC qui aide à dégraisser… pour mieux recruter !

 

Décidément, rien ne se passe comme nulle part ailleurs dans la Silicon Valley. Le rôle des fameux VCs est bien connu : ils assurent la partie d’investissement de capital risque pour ces fameuses entreprises d’un nouveau genre que l’on appelle les « start-ups », et distribuent les $ en fonctions de facteurs estimés de rentabilité, un peu à la tête du client, en fonction de son pedigree, de certaines informations de marché, ou de recommandations du voisin, lui aussi VC. C’est le cas de Madrona Venture Group, basé à Seattle, qui vient d’organiser une journée d’accueil pour des salariés de Zynga venant d’être licenciés. Ils ne sont pas rien dans ce qui arrive à Zynga, symbole d’une usure d’un système organisé de jeu sur réseaux sociaux qui n’a pas une durée de vie illimitée.Mais Zynga a la réputation de bien embaucher, et ces quelques centaines de licenciements opérés par Zynga sont une opportunité pour d’autres startups qui ont bien du mal à recruter… Dans le portefeuille de Madrona Venture Group, il y a Play-i dans le domaine du jeu, et bien d’autres certainement intéressées par quelques développeurs toujours très rares à dénicher.

Suivre Madrona Venture Group sur Twitter : @MadronaVentures

Vendredi : Secret, la thérapie sur smartphone

 

Partager un secret, c’est faire résonner ses souvenirs d’enfance, quand on apprenait à faire confiance à ses amis plutôt quà sa famille, la découverte de la prise de risque de s’ouvrir à d’autres sur son intimité, ses rêves, sa vie ! Puis, en grandissant, on apprend à se méfier des autres et de soi même, et ça finit souvent un jour chez un thérapeute. Mais maintenant il y a Secret ! On peut enfin dire tout ce que l’on pense, sans que chacun me sache qui vous êtes, et vous pouvez avoir des gens qui vont vous répondre, vous challenger, vous rassurez, vous encouragez. Je suggère que de se servir vite de l’application, ça peut avoir des effets bénéfiques, avant que la startup ne soit accusée par le Gouvernement français en place, grand spécialiste du contrôle d’internet dans notre pays, de laisser certaines conversations se dérouler de façon anonyme. C’est d’ailleurs devenu la startup à la mode, avec des soi-disant rumeurs sortant dans les gossips de la Silicon Valley qui n’en demandaient pas tant : Evernote se fait racheter (démenti par Phil Libin, le CEO), Mozilla en cessation de paiement (laissons leur un peu de temps encore…). C’est bon en tout cas de pouvoir partager ses secrets, comme au bon vieux temps. Sur iOS exclusivement, malheureusement.

Suivre Secret sur Twitter : @getsecret 

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Petits échanges entre Om Malik et Kevin Systrom, CEO (toujours) d’Instagram

Om Malik, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, est un jeune homme de 47 né à New Delhi, désormais citoyen américain, et l’un des sages de la Silicon Valley depuis quelques années déjà. Fondateur du blog consacré aux nouvelles technologies GigaOm, un puissant média de la région, il ést également partenaire du fonds d’investissement True Ventures, qui investit essentiellement dans des startups en phase de démarrage.

C’est désormais le troisième épisode de la conférence Roadmap, organisée par Om Malik et son équipe. Om a la capacité de mettre les grands de cette Silicon Valley en confiance, et de nous gratifier d’échanges de très haut niveau, par sa capacité à examiner chaque sujet très simplement : le cloud, le mobile, le jeu, leurs business modèles, leur écosystème, et ceci loin de tout le brouhaha qui rend parfois un peu surréaliste la banlieue Sud de San Francisco. Mais il sait également amener ces confidences qui font la différence. Et avec Kevin Systrom, ce n’est jamais une déception. Enfin d’habitude.

Kevin Systrom est un de co-fondateurs d’Instagram. Kevin évoque dans l’interview « l’histoire de l’Internet »… Instagram a surtout été l’un des meilleurs coups réussi dans cette courte période qu’est « l’histoire d’Internet » par le rachat d’une startup de 15 personnes développant une application ayant 35 millions d’utilisateurs. Même si au rapport du prix de la transaction ($1  milliard) avec le nombre d’utilisateurs, d’autres entreprises par le passé ont fait bien mieux comme le prouve ce diagramme :

Par contre, quand on regarde le prix par salarié :

Ce diagramme n’a d’autre conclusion de montrer à quel point le 15 salariés de l’époque se sont partagés un vraiment gros gâteau. Ils sont 60 maintenant, et à la grande surprise d’Om, le patron de Kevin Systrom, c’est Mark Zuckerberg. Et ça nous l’a changé, le Kevin, qui se met à nous parler comme le Zuck : « Instagram est une société de communication. Ce ne sont pas des photographies que les utilisateurs publient, ce sont des messages transmis à travers le monde ».

« Nous voulons résoudre les problèmes des gens ». Vous avez déjà entendu parlé comme ça, n’est-ce pas ? Et qu’est ce qui arrive, quand un leader d’Internet se met à parler comme ça ? Et bien ça veut dire qu’il va vous servir de la publicité, ce qui est le cas d’Instagram qui est en train de la mettre en place aux États-Unis. “Most of the ads on the Internet we mostly ignore.” : nous ignorons la publicité en général, nous dit-il. Alors pourquoi en mettre ? Facebook ne fait-il pas le travail suffisamment ? Je pense qu’Om en souhaitant à deux occasions « bonne chance » à Kevin sur ce dossier affichait clairement sinon sa déception du moins un questionnement sur ce sujet. Path, l’autre acteur de la Silicon Valley du partage de photos sur mobile (étrangement Dave Morin était absent de cet épisode de Roadmap alors que sa startup est une cliente idéal pour cet évènement), ne sait pas non plus se « dépatouiller » sur les moyens de faire de l’argent avec ses utilisateurs. Hormis vous faire acheter des émoticons en 3D ou vous évitez d’en avoir, de la pub. Et lui n’a pas Facebook derrière lui.

C’est fou comme ces brillants entrepreneurs de la Silicon Valley manquent d’inspirations quand il s’agit de faire rentrer de l’argent dans la maison. C’est pour cette raison qu’ils sont tous dans le numéro du serpent et la course au chiffre pour se faire racheter par plus gros et plus riche que soit. C’est bien dommage pour Internet que peu de gens arrivent à tirer en dehors de cette sphère « bullesque » qui n’a pas beaucoup changé depuis les années 2000.

Bien que Kevin nous parle toujours d’Instagram comme une entité indépendante au sein de Facebook, avec 60 personnes, l’essentiel du management de l’équipe vient de Facebook, donc il faudra bien s’attendre un de ces jours à un fusion définitive d’Instagram au sein de Facebook… Certainement une histoire d’écritures comptables, car il faut bien prouver dans les chiffres la permanence de la valeur du prix d’acquisition dans les comptes de Facebook, qui ne peut pas se permettre une quelconque variation de sa valeur en bourse, alors que la situation a plutôt bien été redressée à ce sujet.

Je pense ne pas avoir été le seul déçu par les réponses de Kevin Systrom sur ce qui va suivre pour Instagram, et ce n’était pas nécessairement lié à une baisse de forme de Kevin. Mais simplement, à l’exemple de la mise en place de la possibilité de poster des vidéos sur Instagram, le réseau social ne fait simplement plus tant le buzz, hormis le fait d’avoir une belle base installée qui continue sa route, pleines de « selfies » et autres « bouffies ». Et encore, vous n’avez pas vu Frontback, c’est pire que Barnum la-dedans.

Là ou je trouve que Kevin a raison, et pas uniquement pour Instagram : « Proximity and Location are the next opportunities ». La clé du succès notamment pour les applications mobiles, mais également les sites web associés, se trouve dans les moyens mis en oeuvre pour solliciter la proximités et tout ce qui est local. La monétisation, elle est quelque part par là ! J’ai cru rêver sino m’étrangler en entendant : “Don’t just think about data and how it benefits the company. Think about how it benefits the consumer.”. Je suis curieux de voir ce qu’Instagram pourra proposer à ses utilisateurs pour apporter le bénéfice de la données à l’utilisateur (un peu à l’exemple de Ness et son « machine learning ». Un éclair de lumière dans une interview trop teintée de « BS training », je suis désolé de le dire.

 

Petits échanges entre Om Malik et Jack Dorsey, CEO de la société Square

Om Malik, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, est un jeune homme de 47 né à New Delhi, désormais citoyen américain, et l’un des sages de la Silicon Valley depuis quelques années déjà. Fondateur du blog consacré aux nouvelles technologies GigaOm, un puissant média de la région, il ést également partenaire du fonds d’investissement True Ventures, qui investit essentiellement dans des startups en phase de démarrage.

C’est désormais le troisième épisode de la conférence Roadmap, organisée par Om Malik et son équipe. Om a la capacité de mettre les grands de cette Silicon Valley en confiance, et de nous gratifier d’échanges de très haut niveau, par sa capacité à examiner chaque sujet très simplement : le cloud, le mobile, le jeu, leurs business modèles, leur écosystème, et ceci loin de tout le brouhaha qui rend parfois un peu surréaliste la banlieue Sud de San Francisco. Mais il sait également amener ces confidences qui font la différence. Et avec Jack Dorsey, c’est du petit lait.

Jack Dorsey est un de co-fondateurs de Twitter, qui veut devenir le maire de New York, et qui a lancé en 2009 Square. Square est la société dont on parle le plus en ce moment. Non seulement parce que Jack Dorsey est un homme qui sait communiquer, et il y a beaucoup d’histoires dans les médias en ce moment. Mais aussi parce que Square est en train de bousculer violemment le monde du paiement sur téléphones mobiles.

La grande force de Square est d’essayer de « coller à la vie des gens » et de trouver les moyens de simplifier des processus très simples (le « end to end experience ») : « we want to meet our customers where they are », « nous voulons être à là où nos clients ont besoin de nous ». Tout le monde continue d’utiliser l’agent liquide, les chèques, ont besoin d’argent à tout moment. Les commerçants ont besoin de disposer d’autres d’informations que le montant de la transactions, mais également les quantités. L’équipe de Square passe énormément de temps à observer l’usage fait par les différents produits commercialisés par Square, car comme l’avoue Dorsey un peu naïvement, « nous ne sommes pas des commerçants, nous ne sommes pas des vendeurs »… d’où ce constant effort de simplification dans les produits proposés.

A l’image de cette nouvelle offre, Square continue sa marche en avant dans la simplicité et les usages en lançant Cash, qui donne la possibilité d’envoyer du cash vers d’autres possesseurs de “debit card” par un simple email. Il suffit de composer un email en indiquant l’adresse du bénéficiaire, mettre le montant dans l’objet et indiquer en copie cash@square.com et l’envoyer. Lors du premier envoi, l’utilisateur sera dirigé vers le site web de Square pour entrer son propre numéro de carte. Les applications iPhone et Android ne font que préparer l’email. Le produit est soit disant 100% sécurisé. Square n’est pas la première startup à proposer ce “produit”, mais le buzz autour de la personnalité de Jack Dorsey, par ailleurs co-fondateur de Twitter, en pleine préparation de son entrée en bourse, fait l’objet d’une revue de presse disproportionnée. Ce qui sert bien les intérêts de Square depuis le début, même si l’entreprise s’est staffée de hauts potentiels ces derniers temps.

Pour en savoir plus : https://square.com/cash

Le secret de Square ? La capacité de Jack Dorsey de capitaliser l’attention, les fonds ($341 millions à ce jour), les gros « poissons », je veux dire les gros profils (ex-Googler, Paypal, etc.), et une culture d’entreprise orientée vers l’exécution et le partage d’information (toutes les notes de réunions y compris les présentations des Board meetings sont partagées par les 600 employés). Si comme moi vous en doutez, écoutez Dorsey pendant son interview, et passez le au détecteur de mensonges. Bonne visualisation…

Une journée à la Game Developers Conference à San Francisco en images


J’écrivais la semaine passée de l’ouverture d’un nouveau studio de jeux sur mobile par Warner Bros, cette semaine est une nouvelle occasion de se rendre compte de l’invasion du gaming dans la ville célèbre pour ses hippies… et la Silicon Valley toute proche, où se trouvent bon nombres de studis de développement de jeux. La GDC, c’est la Game Developers Conference, un peu l’opposé du salon E3 qui a lieu en juin à Los Angeles, où ceux qui codent prennent la parole, appuyés par les gros « industriels » comme Microsoft, Intel, Facebook, qui viennent faire de l’évangélisme pour leurs propres plateformes.

Microsoft n’est pas venu les mains vides à la GDC : très actif dans le domaine des consoles, il y a un penchant naturel pour parler aux développeurs de jeu, et dans un nombre d’axes très variés :

– la conquête des tablettes,

– le développement d’expérience de deuxième écran avec Xbox Smartglass

– développement de jeux avec Windows Phone

– Utiliser l’In- Application Purchase avec Windows Phone…

Près de 40 mini-conférences en tout !

On vient à la GDC pour se renseigner, écouter les meilleurs spécialistes comme à l’époque des conférences du Web2.0 de Tim O’Reilly qui nous manque un peu, et les cafés et bars en tout genre aux alentours, comme le Savomar sur la photo à Yerba Buena, sont saisis d’assaut pour entamer des discussions de business. Ca sent le business à plein nez, la GDC ! Quoi par exemple ? Les nouvelles solutions de monétisation comme ADColony, Payelp ou FusePowered, de publicité comme Game Advertising Online ou Swrve, des controleurs pour amplifier l’expérience de jeux Android avec Moga, des solutions technologiques comme Havok, tous les secteurs sont couverts, des acteurs nouveaux attaquent le segment du jeu, et ça fait des sollicitations dans tous les sens. Croyez-moi sur parole !

Tous les prétextes sont bons pour « faire du jeu » : ici la chaîne dhôtel Radisson qui sponsorise un hackaton afin de solliciter les développeurs présents à la conférence pour proposer de développer en une journée une expérience de jeu à proposer aux clients de leur hotels, sur iPhone ou Android…

Le vainqueur du concours a proposé une application plutôt sympathique, jugez plutôt…

 

 

Sous le radar du Mobile Wallet

Petit résumé des startups présentant leur produit à l’occasion de la conférence organisée par DealMakerMedia, qui donne une certaine idée des nouvelles tendances qui peuvent émerger avec des sociétés présentes aujourd’hui à San Francisco…

Dans cet article, il est question des startups qui s’adressent au paiement mobile, dans le segment des Paypal, Google Wallet ou encore Square…

Flint est une société de paiement mobile qui cherche à créer le moyen le plus facile pour les entreprises d’accepter les cartes de crédit et de trouver de nouveaux clients à travers un outil de marketing social intégré. Le premier produit lancé par la société est une application iPhone qui permet aux marchands d’accepter des paiements par cartes de crédit selon un processus simple et sécurisé. Il suffit de scanner la carte avec l’appareil photo (pas de matériel supplémentaire nécessaire). Fondée en 2011 et basée à Redwood City, en Californie, Flint a levé $3 Millions auprès de VC basés dans la Silicon Valley

 

Linkable Networks offre une solution associant des offres de réduction à vos cartes de paiement, et le système fonctionne à ce jour sur la majeure partie des cartes de paiement aux Étas-Unis. Cette technologie permet aux consommateurs de relier  les offres de réductions proposées sur différents formats ((papier, online, TV, radio) proposées par les commerçants et marques directement à leur carte de paiement de leur choix, sans avoir besoin de couper les coupons, de disposer de la carte de fidélité du magasin… La société est basée à Boston, MA, et a levé à ce jour $13 Millions.

 

Marqeta est une carte de paiement pré-payée qui permet aux marchands d’offrir aux consommateurs d’acheter plus en échange d’un paiement par avance.

Cela peut par principe aux consommateurs de disposer de plus de pouvoir d’achat pour les choses qu’ils achètent tous les jours, et permet aux marchands de mieux servir leurs clients en anticipant les flux de paiement des transactions concernées.

Marqeta a construit sa propre plate-forme des paiements grâce à laquelle elle émet la carte, exécute les transactions et le programme de commercialisation.

Situé à Emeryville, Californie, Marqeta a levé $5,57 Millions.

 

 

Relié directement à votre carte bancaire, Thanx permet de gagner des récompenses automatiquement avec ses marchands préférés. L’idée est de permettre aux marchands d’être en mesure d’identifier leurs meilleurs clients et les plus fidèles qui devraient être récompensés.

Comment ça marche : lier sa carte sur le site de Thanx, puis acheter, comme d’habitude.  Vous êtes automatiquement pris en compte visi à vis des nouveaux marchands rajoutés au programme de fidélité. Gardez votre téléphone dans votre poche, vous êtes automatiquement informé lorsque vous gagnez un discount, et une fois informé, allez  récupérer vos discounts directement auprès des commerçants…

La société est basée à San Francisco, Californie.

 

Techcrunch Disrupt, la ruée vers l’or de la Silicon Valley ?

La ruée vers le $ ou la célébrité devrais-je dire, tant les nouveaux médias des nouvelles technologies comme Techcrunch ont sensiblement amené sur le devant de la scène ces startups dont ont parle tant de nos jours.

Il est loin le temps où Michael Arrington tenait les rênes de Techcrunch, fondé en 2005, avec sa légendaire désinvolture et un certain talent (multiple, à la fois visionnaire, provocateur et très orienté business, voir opportuniste à l’extrème). Désormais sous pavillon AOL, les conférences qui ont été créées en 2007 pour la première fois avec Techcrunch40 (puis Techcrunch50 et enfin Techcrunch Disrupt, et je vous épargnerai là les différents épisodes) semblent faire toujours recette, et ça commence ce prochain weekend avec le Hackaton.

A coté des désormais habituels concours de startups où sont sélectionnées les meilleurs sociétés qui ont postulé pour faire une démonstration sur la scène (à l’image de la légendaire conférence Demo qui existe elle depuis plus de 20 ans, mais en moins cher), il y a toujours de la place pour exposer au prix de quelques petits milliers de dollars et se faire remarquer par les gros influençeurs de la Silicon Valley  et espérer que le miracle arrive.

L’histoire peut se répéter pour de potentiels vainqueurs, dont certains par le passé ont été l’objet de réussites :

– Mint, vainqueur du trophée Techcrunch40 en 2007, s’est fait racheté par le géant Intuit (solutions de gestion pour les PME et TPE) pour $170 Millions en 2009,

– Yammer, vainqueur du Techcrunch50 en 2008, s’est fait racheté par Microsoft cette année pour $1,2 Milliards,

– Readbeacon, vainqueur Techcrunch50 en 2009, s’est fait racheté par la société Home Depot (le Castorama made in US).

A cette époque, Jason Calacanis, entrepreneur et homme de média connu, qui a lancé en Juin dernier LaunchTicker, un nouveau fil d’informations sur la High-Tech dans la Silicon Valley en 140 caractères (fallait y penser… et le faire), était associé à l’évènement, et malgré  son éviction naturelle et forcée, suite au rachat d’AOL, et le nouveau nom de baptème « Techcrunch Disrupt », les réussites sont relativement en bonne voie, mais demandent un peu de confirmations… naturellement :

– Soluto, Disrupt New York 2010, a levé $18 Millions au total, et poursuit son chemin,

– Qwiki, Disrupt San Francisco 2010, a levé $10,5 Millions au total, sans faire beaucoup d’étincelles pour le moment,

– GetAround, Disrupt New York 2011, surfe sur la vague du Peer-to-Peer très en vogue en ce moment (le service de personnes à personnes sur Internet, sans intermédiaires… ou presque), vient juste de lever $13,9 Millions au total,

– Shaker, Disrupt San Francisco 2011, a levé $15 Millions le mois qui a suivi son avènement à Disrupt,

– Enfin, UberConference, Disrupt New York 2012, fait parler d’elle de temps en temps avec ses mises à jours de produits…

On assiste à une nouvelle vague, les vagues nationales qui déferlent sur les évènements comme celle du Mexique ou encore le Brésil… Pour certains pays, le support donné aux startups est une volonté de montrer le dynamisme de leur économie via l’écosystème de startups locales, le tout visiblement encadré par des gens du terrain.

N’attendez pas que je vous parle de la France, qui brille par le talent de ses ingénieurs un petit peu partout parmi les startups de la Silicon Valley, sans parler de certaines pépites en phase d’allumage (Criteo, Talend, pour citer les plus avancées du moment…), mais dont les initiatives « nationales » restent moins évidentes à mettre en avant en terme de visibilité, d’opportunisme et de réussite, et la présence des startups Françaises à Disrupt sera une nouvelle fois l’objet d’initiatives privées.

On en recause, donc, affaire à suivre !