L’actualité High-tech du jour : y a des hauts, y a des bas

Bienvenue sur cette rubrique au jour le jour sur ce qu’il faut retenir de la Silicon Valley !

Les carrières et les fortunes dans la Silicon Valley ont des hauts et des bas… En ce vendredi 17 avril, 4 portraits, 4 destins…

Y a des hauts… Ted Ullyot rentre chez Andreessen Horowitz

Ted Ullyot

Inutile de le chercher sur Linkedin, sa place est plutôt sur Wikipedia. Petite fierté tricolore, Ted Ullyot  est passé par L’IEP en 1990-1991 (l’Institut d’Etudes Politiques). Il a notamment collaboré à la Cour Suprême, travaillé chez America Online, puis AOL Time Warner, à la Maison Blanche au service de George Bush. Chemin tout tracé pour finir chez Facebook en 2008, à l’époque où il n’y a que 100 millions d’utilisateurs, et va accompagner le réseau social dans les problématiques de confidentialité du fait de sa croissance en nombre d’utilisateurs, et mettre son grain de sel dans le procès contre les jumeaux Winklevoss, ou encore Yahoo! pour des histoires de brevets, entre autres choses. Il va désormais rejoindre  Andreessen Horowitz, la startup des Vcs de Menlo Park pour mettre son expérience au service de leur portefeuille de startups qui devront affronter bien des dangers dans le domaine légal ou de politique publique.

Y a des bas… Joe Fernandez quitte son poste de CEO chez Klout

Joe Fernandez

J’avoue n’avoir jamais vraiment compris où voulait en venir Klout avec son baromètre de réputation, et cela m’est arrivé souvent d’en parler… les réseaux sociaux sont suffisamment remplis par instant de stupidités et de prétentieux, inutile d’en rajouter. Lithium a tout de même rachetée la bête à une époque où elle était valorisée $164 millions, avec $40 millions précédemment levés. Joe a beau jeter des lasers rouges avec ses yeux sur son compte Twitter, ce ne sont pas les quelques perks qui peuvent m’être proposés par Klout tous les 36 du mois qui me feront changer d’avis que ce rachat n’a pas changé la vie de Lithium. Joe est parti voguer vers d’autres startups, je me dis qu’il descendra bien un jour de son arbre de Los Angeles pour venir re-taquiner quelques goujons VCs de la Silicon Valley.

Y a des hauts… Scott Forstal et ses 11% de Snapchat

Scott Forstall

Les hacks ont parfois du bon… Les fuites d’emails de dirigeants de Sony, publiés par Wikileaks, ont permis de découvrir le fait qu’un ancien haut responsable d’Apple détenait 11% de Snapchat. Scott Forstall a travaillé avec Steve Jobs et son Next, qui sera racheté par Apple en 1997, qu’il ne quittera en 2013 que pour des raisons que la rumeur accorde à l’impossibilité de collaborer avec d’autres importants cadre de la société, Tim Cook étant forcé d’arbitrer sur ce sujet. Il aura entre temps travaillé sur Safari, iOS, Mac OS X. Pas mal. Forcément, 11% est absolument exceptionnel, pour un homme qui aura vu passer pas mal de choses dans une entreprise assez exceptionnelle, à en juger par ses chiffres. Et c’est potentiellement $16,5 millions qu’il a en poche, à en juger la valorisation en cours de Snapchat. Not bad, il peut sourire le Monsieur.

Y a des bas… Andy Chen quite Tidal

Andy Chen

Bon Dieu que Tidal a pu faire du bruit ces derniers temps, suite au lancement digne d’un anniversaire de mariage au Club Med, avec ces amis starlettes. J’en ai parlé ici. La tempête a donc suivi, parce que naturellement, les veilleurs de technologie en retard d’un train comme souvent ont découvert ce service et n’ont pas compris ce qui se passait, ont donc commencé à brailler sur Twitter. C’est vrai que payer $20 pour un service qui coûte deux fois moins cher sur Spotify, il fallait se lever tôt ! Andy Chen a donc quitté Tidal tout récemment, mais je pense que ce cadre supérieur au profil sur Linkedin aussi long qu’une succession de médailles sur le plastron d’un Général de l’Armée Rouge en retraite ne devrait pas avoir trop de problèmes à se trouver son prochain job.

Vendredi 17 avril 2015

A plus pour la suite…

L’actualité Hight-Tech de la semaine : Bump, Google, Tesla, l’État de Californie, Klout

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : un bon coup de bump de la part de Google

 

Bump est une application se passant de tout pitch : il suffit de la voir fonctionner pour en comprendre le fonctionnement, et surtout de découvrir ce que la technologie est capable de réaliser en tout simplicité. Il y a tout de même 100 millions de personnes l’ayant téléchargé, donc vous l’avez certainement déjà sur votre iPhone ou votre téléphone Android. Si ce n’est pas le cas, c’est très simple à faire fonctionner : l’application permet de transférer les données d’un téléphone à un autre (pour transmettre sa « carte de visite digitale » par exemple) juste en mettant en contact les deux téléphones, après avoir préalablement ouvert l’application sur les deux appareils. Bump Technologies a fait un long chemin depuis sa création en octobre 2008, depuis Mountain View, avec ses $19,9 millions récoltés, 25 employés, ses 325.000 revues sur iTunes… Chemin difficile toutefois pour une application gratuite, dont les perspectives de revenus paraissaient quelque peu compliquées, par exemple de faire payer les marques sur des interactions avec des utilisateurs… ça ressemble à du Foursquare tout craché, donc peu d’ambition à espérer, quand on considère que la startup peut faire $2 millions au maximum sur une année, selon les derniers chiffres publiés par Foursquare. La diversification dans une application de paiement (gratuite) et une autre d’application de partage de photographies n’a pas apporté de revenus suffisants très probablement, ce qui est la preuve qu’une bonne technologie n’est pas toujours la recette assurée pour une startup. La solution est venue de quelques blocs du siège de Bump Technologies : Google ! Il n’y avait pas grand chose à souhaiter, hormis pour les investisseurs de rentrer dans leurs sous, ce qui semble être le cas : parfait, les vaches sont toujours bien gardées dans la Silicon Valley.

Suivre Bump sur Twitter : @bumptech

Mardi : Google, c’est vraiment pas du vent

Je sais, la blague est plutôt douteuse, mais chroniqueur est un dur métier… vous savez, la fameuse page blanche. Heureusement, il y a Google ! Que ferait-on sans Google dans la Silicon Valley, qui vient d’annoncer le rachat du courant produit par une nouvelle centrale éolienne en construction à Amarillo, Texas, se dénommant Happy Hereford. La mise en production est prévue pour le début de 2014, et devrait alimenter un des data centers que Google possède dans l’Oklahoma. On n’est jamais si bien servi que par soi même, et Google souhaite être « green » partout où ils sont présents, dans l’ouest du Texas, dans l’Iowa et au nord de Los Angeles près d’un lieu qui s’appelle les montagnes du Techahapi. « Grid the green », selon le responsable chez Google en charge de l’infrastructure globale (un bon job chez Google, assurément). Cela fait plus d’un milliard de dollars investi par Google dans le domaine de l’énergie, notamment dans le solaire en Afrique du Sud. Cela n’empêche pas Google de nous mettre du wifi dans les parcs de San Francisco très bientôt, ce que je trouve plutôt contradictoire, mais avec Google, on en est jamais à une contradiction près. C’est aussi ça, être leader sur son marché, et faire la pluie et le beau temps sur Internet pour des millions d’individus. En attendant, voilà bientôt 240 megawatts prêts à être distribués par le concours de la société Chermac Energy, une entreprise locale.

Mercredi : un bon tuyau pour Montebourg pour reclasser des salariés de l’industrie automobile française

Je ne me lasse pas d’évoquer Elon Musk dans ces colonnes, avec son projet de train à grande vitesse en Californie Hyperloop qui je suis sûr verra le jour, sa navette spaiale réutilisable SpaceX, et donc Tesla, ces voitures électriques qui commencent à pulluler un peu partout au États-Unis. Intéressé par l’idée de construire des voitures se pilotant automatiquement, en bon patron d’une startup (ou plusieurs startups) de la Silicon Valley,  et utilisateur de Twitter, il n’a pas hésité à publier le tweet suivant : « Ingénieurs intéressés de travailler dans l’automobile, s’il vous plaît emailer autopilot@teslamotors.com. L’équipe sera directement rattaché à moi ». Attendez, je récupère. Alors que le gouvernement français se fait plaisir en rappelant dans des clips vidéos d’une autre âge le fait que la France a inventé l’automobile, mais qu’il ne peut empêcher la fameuse logique industrielle de désengagement des marques françaises historiques en terme d’emplois, une société de 500 personnes, créée en 2003, ayant levé $318 millions et désormais cotée au NASDAQ depuis juillet 2010, se met à vendre comme des petits pains des voitures de luxe électriques pour un peu moins de $100.000. Et il embauche en direct sur Twitter les ingénieurs intéressés de rejoindre son équipe, tout en affirmant qu’ils travailleront directement sous ses ordres, pour sortir la première voiture auto-pilotée dans moins de 3 ans. Sans jugement de valeur aucun, il y a un drôle de monde qui se prépare en Californie.

Suivre Tesla sur Twitter : @TeslaMotors

Jeudi : le co-voiturage fait l’objet d’une législation en Californie

 

Même si la peine de mort, toujours active en Californie semble prouver le contraire, l’État de Californie se montre en avant-garde sur de nouveaux usages. Un organisme de réglementation Californien a approuvé les premières lignes directrices qui pourront s’appliquer à l’ensemble des États-Unis pour les services de covoiturage, concernant la mise en place de règles de sécurité pour les entreprises innovantes qui sont venues perturber l’industrie du transport telles qu’Uber, Lyft, Sidecar, RelayRides et j’en passe. Ces nouvelles directives contiennent des exigences telle que la vérification des antécédents criminels pour les conducteurs, la formation des conducteurs, un minimum de couverture d’assurance d’1 million $, et une politique de tolérance zéro de l’alcool et de la drogue. Elles exigent également que les conducteurs affichent une signalisation sur leurs voitures pour les identifier comme étant un service de co-voiturage. Cela impliquera également les entreprises à se soumettre à une certaine transparence des informations qu’ils peuvent vouloir normalement garder privées pour des raisons de concurrence, comme par exemple le nombre de courses effectuées, la zone de service couverte, combien de fois les voitures de co-voiturage ont pris un client lors d’une demande, et le nombre de conducteurs qui ont violé les lignes directrices ou qui ont été suspendus. Ce qui est intéressant, c’est de constater ce souci nouveau de transparence dans une industrie où les lobbies ont empêché la relation chauffeur-client d’évoluer, et on voit le résultat aujourd’hui avec un certain ras-le-bol des usagers à l’égard des chauffeurs de taxi, acutellement dépassés par ce qui est en train de se passer autour d’eux : ils sont en train de tuer leur propre métier.

Vendredi : Klout n’en finit pas de pivoter

Cinch n’est pas un nom inconnu dans la Silicon Valley. Ce fut le nom d’une tentative de lancement de produit de la part de la part de la startup BlogTalkRadio  qui cherchait une diversification à ses activités de diffusion de podcasts sur Internet, avec l’application qui se téléchargerait en millions d’exemplaires sur l’Apple Store, mais ça n’a pas marché. Pour Klout, ça ne marche pas beaucoup mieux, malgré ses $40 millions, et un marché de l’e-reputation pris avec l’angle de l’approche sociale qui convainc de moins en moins. A en juger par ce communiqué de presse envoyé par une agence de communication américaine qui a rendu son CEO la risée des médias de la Silicon Valley, prétendant qu’il avait atteint un certain score (ridicule en fait) sur Klout. D’un point de vue business, la startup de San Francisco était sur le point d’ouvrir un bureau sur Londres, et cela ne s’est jamais fait, ce qui est un signe. D’un point de vue produit, les règles conduisant à vous donner un score d’influence en fonction de certains critères de performance sur les différents sociaux sont discutables, et les fameux influençeurs ne se pressent pas (ou plus) au portail de Klout pour clamer leur leadership. Que faire pour valoriser une base d’utilisateurs, à défaut de les  » louer » à l’extérieur (ce que beaucoup de startups font pour faire rentrer un peu d’argent), ou de mettre de la publicité (ils y viennent tous un jour, le dernier exemple étant Instagram à ce sujet) ? Klout à décidé d’aller chercher des noises à Quora sur son territoire, à savoir lancer Cinch donc, une application iOS qui permet de poser des questions à des influençeurs déclarés comme experts du sujet concerné, qui répondront de façon privée. J’avoue que depuis que j’ai eu grâce à Quora la réponse du nom du guitariste qui est l’auteur du solo guitare que l’on peut entendre sur le titre « Right down the light » par Bonnie Raitt, je vois mal qui peut faire mieux qu’eux en terme de performance ! J’y passe du temps régulièrement, et cette plateforme d’intelligence collective a vraiment quelque chose de particulier, qui devrait en faire un succès public. Bonne chance à Klout, mais je suis plus que sceptique… Puisse la malédiction de Cinch ne se répète pas… mais qui a donc décidé de choisir ce nom ?!

Suivre Klout sur Twitter : @Klout

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : MG Siegler, Viddy, Healthtap, Klout, Lancaster & Sebastopol

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : un Apple Lover chez Google, c’est grave Docteur ?!

 

Il y a différentes façons d’évaluer une news sur un blog tech : le nombre de tweets, de « Like », de +1 et j’en passe. Et une autre, en s’y penchant de près : les commentaires laissés par les lecteurs. Souvent anonymes. Je vous conseille de passer une minute à les lire s’agissant de la nomination du « citron de Paris », le renegate MG  Siegler, comme il aime se présenter, sur Techcrunch où il officie depuis quelques années déjà. C’est une des « stars » de la Silicon Valley, version blogger catégorie showbiz. C’est significatif de sa popularité et de sa réputation. Les félicitations de sa nomination en qualité de General Partner chez Google Venture ont dû se transmettre certainement  en messages privés, et ne viendra pas pas se mettre à jour sur sa page Wikipedia. Elle n’existe pas, il n’a apparemment pas du trouver qui que ce soit pour la rédiger. Siegler, c’est un pro-Apple avant tout, la provocation, le souffre, et le post un tantinet partisan, sinon interessé. Et maintenant les dossiers de startups que Google veut racheter vont passer entre ses mains, alors qu’il annonce qu’il continuera à écrire sur Techrunch. Comme on dit en anglais : « what the fuck?! ».

Suivre MG Siegler sur Twitter : @ParisLemon

Mardi : Viddy renvoie leurs sous à ses investisseurs

 

Viddy, startup basée à Venice, en Californie, créée en décembre 2010, est positionnée sur un secteur très en vue, et pour plusieurs raisons : les applications permettant d’enregistrer des vidés sur son smartphone, et les partager. Une startup concurrente, SocialCam, a eu jusqu’à plus de 100 millions de téléchargements, et a été rachetée $60 millions par Autodesk en juillet 2012. Les choses ont changé depuis : la croissance n’est plus vraiment au rendez-vous, et surtout Facebook, qui a été un ascenseur d’audience incroyable, a accusé certaines sociétés comme SocialCam de pratiquer le spamming à trop haute dose et à coupé ce tunnel pour toutes les applications de vidéo sociale. Ceci a considérablement impacté Viddy, qui, dans sa grande sagesse, a décidé de lever le pied, de rendre $18 des $30 millions levés en avril 2012, et ne conserve que 16 employés sur 30 : chapeau monsieur JJ Aguhob, le CEO. Retour sur des bases plus raisonnables, en accord avec les investisseurs. Sagesse bien rare dans une Silicon Valley souvent folle. Justement, Venice n’est pas dans la Silicon Valley.

Suivre Viddy sur Twitter : @Viddy

Mercredi : la santé, un secteur en plein essor en technologie

 

Healthtap est une application iPhone qui « connecte des millions de personnes à travers le monde avec les médecins selon un système d’information médical le plus sûr qui soit. Soit. Environ 38.000 médecins enregistrés à ce jour, et c’ette application mobile est en fait un véritable carnet de santé où il est possible de trouver des informations utiles par rapport à sa pathologie ou ses centre d’intérêts médicaux, entrer en relation avec des spécialistes qui vous sont proposés selon votre localisation. Les forums de discussion sont de dangereux endroits pour se renseigner sur des symptomes, par exemple, et avant de devoir prendre des rendez-vous avec des praticiens il peut s’avérer utile de se renseigner auprès de spécialistes, ce qui est concrètement une bonne chose pour les Américains qui ne disposent pas d’un système de santé aussi généreux qu’en France. L’application permet ce type d’interactions, que l’on peut naturellement imaginer être utile en France également pour améliorer la prévention, car on peut se demander légitimement combien de temps il sera possible de maintenir en état le système de sécurité social qui n’arrive pas à se mettre à l’équilibre. Healthtap vient de lever $24 millions, ce n’est pas encore pour demain qu’ils vont arriver chez nous, il y a encore beaucoup à faire aux États-Unis !

Suivre Healthtap sur Twitter : @Healthtap

Jeudi : le Q/A, relais de croissance pour Klout

 

La e-reputation, c’est un domaine très prisé par de nombreuses agences digitales un peu partout, ou certaines entreprises technologique de la Silicon Valley qui ont investi ce territoire sur le plan curatif, comme un instrument de contrôle des informations disponibles sur Internet. Certaines entreprises Françaises ont même décidé de se lancer à la conquête de ce marché tout récemment, c’est dire que ça attire du monde. Là où c’est plus compliqué, c’est l’argument qui consiste à considérer la quantification d’un individu à travers son identité digitale : on mesure votre réputation sur Internet. Choux gras des bloggers et illusion de promesses d’un consulting digital en mal de théories (comme le web métisse que certains Français de la Silicon Valley ont essayé de nous vendre), mais en clair : ça ne marche pas, et ça ne va pas changer le monde. Klout, startup basée à San Francisco, qui vous permet de mesurer votre « performance d’influenceur » sur le web,  commence à le comprendre et vient d’annoncer se lancer « Klout Experts » pour adresser le marché des « questions et réponses », et ainsi permettre à chacun de partager ses passions et expertises… créneau déjà bien occupé par un voisin, Quora. Pas sûr de savoir qui peut gagner (grande thématique à l’occasion d’aborder des sujets « Internetois », il faut toujours qu’il y ait une guerre sur le web…). Il y a de toute facon toujours un VC quelque part dans la Silicon Valley pour permettre à de serial entrepreneurs killers de cash de « réaliser sa vision »… Matrix Partner vient de lever un nouveau dizième fonds de $450 millions. Matrix X. De la science fiction, cette Silicon Valley.

Suivre Klout sur Twitter : @Klout

Vendredi : du soleil en Californie, mais du solaire aussi

 

L’énergie est un véritable casse-tête dans un monde moderne où il semble que le nucléaire soit la seule solution économique possible, si l’on en croit les différents pouvoirs politiques… et particulièrement en France. En plus c’est un fleuron de l’industrie, paraît-il : une pomme empoisonnée, une bombe à retardement. Le nucléaire est la meilleure solution, jusqu’à ce que l’on décide, un jour, que ce ne l’est pas pas et que le politique prenne les choses en mains. En attendant que les dents poussent sur nos poules françaises, la Californie, elle, avance. Elle dispose de beaucoup de soleil, certes, mas il ne leur est pas tombé sur la tête : la ville de Sebastopol (où est installé la société de Tim O’Reilly, le créateur du concept du Web2.0) vient de décider que chaque nouvelle construction (maisons, bâtiments commerciaux), ou grosses rénovations,  devaient obligatoirement être équipés d’un système d’énergie solaire. Point, non négociable. C’est la seconde ville après Lancester à prendre une telle décision. Il faudra fournir 2 watts par « square foot » (l’équivalent de l’unité de surface de nos amis américains), ou compenser 75% de la charge annuelle d’électricité du bâtiment. C’est simple la politique, quand on veut changer les choses. Vraiment.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

La dictature des chiffres au pays des startups et du digital

Je suis un ancien Directeur Financier, qui a passé des heures à travailler sur les chiffres, à relever des chiffres d’affaires, calculer des marges brutes, déterminer des résultats nets, publier des prévisions de trésorerie. La seule manipulation que l’on s’autorise : essayer de mieux les comprendre pour pouvoir anticiper. Maintenant, je travaille dans Internet, je baigne dans le web, parfois plutôt fâché avec la monétisation, mais amoureux d’une autre famille de chiffres : l’audience, l’utilisateur, la page vue, le download.

Le dernier buzz du moment, c’est Mailbox. Créée par l’équipe d’Orchestra, en janvier 2011 à Palo Alto, déjà $5 millions en banque, il s’agit d’une application qui actuellement agite la communauté tech, l’application qui va révolutionner votre messagerie. Il y a eu Sparrow, une autre application iOS de messagerie, qui a excité la blogosphère avec son rachat par Google, alors on rejoue le film. Mais tout comme les deuxièmes épisodes de blockbuster, il faut aller plus loin dans le marketing, le viral, le buzz. Comment attirer l’attention sur un sujet dèjà traité… Et bien ils ont eu la bonne idée…

Ils ont décidé de gérer la rareté, le privilège d’être dans les premiers, le « je me sens VIP », via le « reservation system » : c’est important, disent-ils, pour batir une expérience email de classe mondiale, c’est le compte goutte utilisateur en quelque sorte. C’est comme faire une pré-commande du dernier Coldplay, sauf que Coldplay on sait qui c’est. Version 0 le 6 décembre, la V1 est arrivée le 7 février, avec une version corrigeant des erreurs le 8 février (oui, déjà). Près de 4.000 revues dans l’Apple Store (du bon et du très mauvais). Coup de fusée sur Techcrunch en décembre 2012, quelques copies d’écrans ici et là, et du tweet sur « Ca y est, je l’ai ! », « A mon tour », « ouah, les boules, 600.000 devant moi ! ». Etc. Presque 1 million déjà au compteur, sans que on y soit déjà arrivé en terme d’utilisateurs. Le record du download de l’application que l’on n’a pas encore utilisé. Bon coup marketing, maintenant, croyez-y ou pas. Chacun son camp, mais les chiffres, ça fluctue vous savez.

Puisque l’on parle de marketing et de chiffres, arrêtons nous sur Linkedin et son opération des 200 millions d’utilisateur…

Fichtre, mon profil fait partie des 1% de profils les plus vus sur Linkedin! Aucun rapport avec le nombre de vos connexions (même si un peu, mais quand même, il faudrait auditer l’algorithme), ça fait combien ? 2 millions. Ok. So what?! Et bien je tweet, je Facebook. On joue sur votre rareté, un infini petit qui fait de vous un grand dans un monde de connexions. Le plus petit votre chiffre est, le plus grand vous êtes : supposé être un vecteur de croissance qui vous motive à décupler vos efforts de demandes de connexions. Cette campagne marketing a plutôt eu du succès sur les réseaux sociaux. Maintenant il y en a qui pensent que la qualité, c’est mieux que la quantité, et plus encore : trop d’agitation, trop « d’impersonnalisation », selon Om Malik ou Cap Watkins.

Klout, Kred, et Koi d’autres ? Le social media, c’est un peu aussi la dictature des chiffres. Je me suis retrouvé notifié bien malgré moi dans une autre campagne de chiffres… le Klout de tes amis :

Klout, une autre startup, réussit la performance de sortir un chiffres de tout ce que je peux dire et raconter ici et là, pour finalement me classer en fonction du nuage qui s’opère autour de mes dires. Plus je parle, plus on me suit, plus on réagit, plus je grossis… en poids digital. On imagine le résultat, en tweets, en update, qui fait bien les affaires des Twitter, Facebook et autres.

Kred, développé par Peoplebrowsr, c’est le même combat, qui chose étonnante, me fait revenir à ce même 1% parmi les influenceurs… 130 millions au total qu’y disent. Je rentre dans la classe des 1.300.000. Je progresse ?! Je suis confus. Le plus impressionnant de tous, c’est la startup Canadienne Empire Avenue qui fait de vous des actions qui peuvent se vendre et s’acheter, avec une système de quotation digne d’une bourse financière traditionnelle. Tout un symbole.

La conclusion de tout cela, c’est de voir à quel point les startups d’aujourd’hui dirigent leur compagnie sur une stratégie d’acquisition au lieu d’être avant tout le laboratoire de leur propre produit. Internet, sa blogosphère, les levées de fonds de la Silicon Valley, laissent penser qu’il n’y a qu’une chose qui compte, c’est ce « growth rate » mis en avant par Robert Scoble (le Pape des bloggers Geeks), et qui permet d’injecter des fonds « avant de trouver le business model ». Je suis aussi surpris de constater l’absence de tableaux de bord dans bon nombres de startups que je fréquente, au-delà des solutions analytiques qui rendent compte de statistiques, il y a une globalité d’indicateurs qui rendent visible la direction que doit prendre une entreprise qui a peu d’essence dans le réservoir (description d’une startup en terme de mécanique). Mais cela fait souvent oublier que d’abord au premier plan, il y a le produit : celui qui fait l’acquisition et qui doit servir de tremplin vers la seule unité d’oeuvre qui compte dans une entreprise : le chiffre d’affaires. Les miracles sont possibles, mais une levée de fonds n’est pas nécessairement le signe d’une pérennité,c’est juste un plein d’essence.