L’actualité High-tech du jour : Zappos

Bienvenue sur cette rubrique au jour le jour sur ce qu’il faut retenir de la Silicon Valley !

Je me rappelle avoir été recruté il y a bien longtemps comme contrôleur de gestion dans un groupe de distribution avec comme mission de mettre en place les nouveaux tableaux de bord issu d’un nouveau système d’information dessiné par le fameux cabinet McKinsey & Compagnie. Cette entreprise a joui tout au long de ma carrière dans ce milieu (et donc en France) d’être une des meilleures en terme de conseil en stratégie. Comme souvent, cette entreprise était appelé par des entreprises en difficulté pour appliquer des méthodes sur mesure ayant, dans ce contexte, un objectif simple : trouver les meilleurs prétextes pour licencier. C’était le cas de mon entreprise à cette époque, et j’avais donc le privilège d’appliquer la méthode, non pas pour contribuer au licenciement, fort heureusement, mais mesurer les progrès financiers et aussi les progrès en terme de productivité.

Tony Hsieh
Tony Hsieh

Autre époque, autre lieu, même méthode, avec une personnalité, quelque peu décriée injustement par certain en France (dont la collaboration n’a pas porté ses fruits, ce qui ne mérite pas nécessairement une vulgaire mauvais publicité) : j’ai nommé Tony Hsieh. Le fondateur de Zappos fait régulièrement l’actualité par ses méthodes de management volontairement hors du cadre habituel. La société Zappos a été créé en janvier 1999, vend des chaussures en ligne avec une culture du suivi client très poussée et attentive. et a été rachetée par Amazon en juillet 2009 pour $1,2 milliard . Tony Hsieh a toujours aimé pratiquer des recettes en management assez originales, par exemple en donnant des primes conséquentes en fin de période d’essai en cas de départ de ses salariés pour s’assurer de leur fidélité, il encourageait la mobilité totale au sein de son entreprise (un Directeur Financier pouvait très bien se retrouver à la logistique si tel était son choix.

Delivering Hapiness
Delivering Hapiness

Inspiré de ses méthodes, Tony a écrit« Delivering Hapiness, A Path to Profits, Passion, and Purpose » (« Livrer du bonheur, un chemin vers les profits, la passion et l’atteinte de l’objectif »), dont on a parlé ici en octobre 2013, qui est devenu une société de conseil permettant aux entreprises d’apprendre à manager des employés heureux. Toy a également initié le programme Downtown Vegas dont ‘un des objectifs fut de redonner une nouvelle vie au quartier central historique de Las Vegas (le siège historique de Zappos a toujours été situé dans le Nevada), qui n’a toujours pas rempli ses promesses, à tel point que Tony s’en est désengagé en fin d’année dernière , malgré la promesse d’y avoir investi $350 millions… Le résultat de cette opération reste en question, mais malgré tout Tony y a déplacé son entreprise, et il est désormais possible de donner un peu de nouvelles sur son projet de holacratie dont j’ai parlé en janvier 2014.

Pour en revenir, cette espèce d’entreprise du 21e siècle, qui a souhaité pousser encore plus loin sa logique de partage et d’égalité managériale en adoptant un système inspiré d’holacratie arrive aux même conclusion qu’un simple entreprise de distribution dans les années 90 basée en Région Parisienne. L’holacratie revient pour faire simple à supprimer les niveaux hiérarchiques et les titres. Plus de Directeur de ceci, plus de chef, plus de pyramide. Seulement 1.500 salariés directement responsables de l’entreprise, à travers 400 groupes qui ont été créés à cette occasion. Tony a ressorti sa prime au départ suffisamment attractive pour voir quasiment 15% des effectifs décider d’en profiter pour quitter l’entreprise. Il leur avait été demandé de la possibilité de toucher cette prime si la perspective de cette nouvelle organisation ne répondait pas de leurs souhaits.

Tony Hsieh avait d’ailleurs coté Henry Ford dans son email d’explication à ses salariés leur faisant connaître cette opportunité. Quelque peu surprenant de la part d’un entrepreneur se voulant moderne de citer ce qui s’est fait de plus basique dans l’approche du capitalisme industriel. Pour en revenir à mon introduction, McKinsey & Compagnie ou halocratie, même combat. Quand les difficultés sont là, il y a toujours de bons moyens pour tailler dans les effectifs. Avec Tony, au moins, on demande poliment aux salariés…

 

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Vendredi 8 mai 2015

A plus tard pour la suite…

Une semaine dans la Silicon Valley : Delivering Hapiness

Après le Gold Rush du 19e siècle, plus que jamais la Silicon Valley est un nouvel exemple du rêve américain version haute-technologies imaginé par la Californie, le paradis de la Côte Ouest des États-Unis. Mais il n’y a pas que Facebook et les startups dans la vie… ou presque. Une équipe de Canal+ composée de 5 femmes travaillant dans différentes fonctions transversales du groupe (communication, documentaire et marketing), a été choisie pour rencontrer des acteurs qui excellent dans leur domaine pour bouger les lignes, comme on dit chez nous. Voici ce que vous pourriez voir en une semaine passée dans la Baie de San Francisco, suivez le guide :)

Tony Hsieh est l’heureux fondateur de la société Zappos, une société de vente de chaussures sur Internet, qui a su mettre en oeuvre une culture de management unique en son genre, qui s’est fait rachetée par Amazon 10 ans après sa création pour $1,2 milliards… En 2010, il écrit son premier livre, « Delivering Hapiness, A Path to Profits, Passion, and Purpose » (« Livrer du bonheur, un chemin vers les profits, la passion et l’atteinte de l’objectif »), qui atteindra vite les sommets des best-sellers avec son mélange de conseils sur la conduite des affaires (qui peuvent se chiffrer en millions de dollars) et surtout le partage d’une vision nouvelle : la croyance que le bonheur peut être utilisé comme un modèle à la fois dans les affaires et dans la vie.

« Delivering Hapiness », c’est en fait devenu depuis une entreprise, une société avec une cause qui veut développer un mouvement pour inspirer plus de bonheur dans le monde… du travail ! Un pays comme la France en a bien besoin, quand on voit les résultats des sondages des salariés qui semblent avoir le moral dans les chaussettes. Un peu la cause des médias qui font leur beurre en exploitant l’inquiétude des Français de façon de plus en plus habituelle. Un peu la faute à un management à la française un peu trop orientée sur le marketing et les diagrammes en fromage des ventes qui a laissé le génie de ses ingénieurs au dernier rang des dépenses de leur compte d’exploitation. Un peu la faute de tous ces enfants d’écoles de commerce qui ont oublié de lire « L’entreprise du 3e type » de Messieurs Archier et Serieyx.

Tony Hsieh l’a fait, son entreprise du 3e type. Vous pouvez rencontrer aisément l’équipe de Delivering Hapiness, basée à San Francisco, qui saura vous prodiguer sa méthodologie  à l’occasion d’un séminaire, à votre siège social au Mans, si vous le souhaitez, c’est juste une question d’honoraires.

Tony, quant à lui, est en train de s’attaquer au centre ville de Las Vegas avec son projet DowntownProject. Mais j’y reviendrai dans une autre histoire…