L’actualité High-Tech de la semaine : Buffer, Jaunt, Rockstar et Google, re-Google, Drive Capital

La dernière rubrique organique de l’année (sans doute, mais qui sait) pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Buffer se met à poil

On n’arrête pas le progrès dans la transparence au sein des startups ! Chose absolument inconcevable en France, où tout le monde se réfugie derrière un écran noir dès qu’il s’agit de partager le montant de ses revenus, une jeune startup basée a San Francisco qui développe des applications pour partager son contenu sur les réseaux sociaux, vient de publier la grille des salaires de l’entreprise, sans exception. C’est nominatif pour certains postes, Joel Gascoigne, le CEO, a du s’inspirer d’un certain Jean-Marc Ayrault qui nous avait fait part d’une belle opération de déclaration des revenus en avril 2013. C’est donc $158,800 pour Joel (composé de son salaire brut et des primes), jusqu’à $45,000 pour un « Hapiness Hero » (dont on ne sait pas vraiment à quoi cela correspond, mais ce n’est pas grave, « parce que ça montre que c’est une startup cool »). Ce qui est interessant, c’est également d’avoir expliqué comment se décompose un salaire : la salaire de base, auquel se rajoute un coefficient multiplicateur en fonction du nombre d’années d’expérience en général et dans l’entreprise, un éventuel bonus lié a son implantation, et enfin un pourcentage du capital de l’entreprise ou un bonus annuel de $10.000. La frilosité française vis à vis de la transparence des salaires m’a toujours amusée, fruit d’un héritage religieux tout comme celui d’une politique de redressement fiscal absolument débile. Ce qui m’amuse encore plus, c’est la transparence des salaires affichée par une startup qui a l’évidence ne fait pas un centime de chiffre d’affaires, et dont la seule levée de fonds pour le moment officielle s’élève à $400.000. Ils sont vraiment versés, tous ces salaires ?!

Suivre Buffer sur Twitter : @Buffer

Mardi : quand les médias britanniques investiguent la Silicon Valley

En voilà une startup qui a de la chance… créée en mai 2013 au paradis des startups de la Silicon Valley, Palo Alto, par un équipe de vieux routiers du software (le CEO, Jen Christensen, a fait un court passage chez Borland, ça vous parle ?!), Jaunt n’a pas encore vraiment eu le temps de mettre son site web en service qu’ils ont déjà réussi à trouver un premier filon de financement. J’ai dit « filon », car $350K, ça paye guère les cacahuetes pour accompagner l’apéro, pour une société développant une technologie qui capture et restitue du contenu vidéo en 360 degrés… De la part d’un ancien ingénieur venant de Google et de deux ingénieurs qui se sont rencontrés chez Flipboard, on peut imaginer qu’il y a un peu d’huile de coude. Mais ce qui va surement faire la différence pour cette levée, c’est que l’investisseur n’est autre que BSkyB, l’opérateur de télévision par satellite britannique, et ses £7 milliard de chiffre d’affaires, qui constitue a priori une petite avance pour ce qui sera surement un partenariat technologique. Voilà la Silicon Valley, en quelques faits : des ingénieurs expérimentés et un bon pédigrée, une belle idée de technologie avec la niche qui va bien, de préférence dans le domaine des médias et du contenu, qui ne cesse de se chercher, et des géants Européens qui chassent sans se lasser dans une Silicon Valley profonde et pleine de petits trésors à racheter, sans trop se fatiguer.

Mercredi : Pas de Noël pour les geeks

Vous connaissez Rockstar ? Non, ce n’est pas le dernier jeu de Zynga, King.com ou je ne sais qui. Ni la boisson énergétique. C’est une bien meilleure blague : il s’agit d’une société détenant des brevets appartenant conjointement à Apple, Microsoft, Blackberry, et Ericsson. Cette société a été créée lors du rachat d’environ 4.000 brevets à la société Nortel en 2011. A quoi sert ce type de société : à prendre un maximum de profits sur les licences possibles et imaginables, et comme on dit dans certains dialogue de Michel Audiard, « emmerder le monde », comme demander auprès des tribunaux quelques dédommagements de la part de Google (comme par hasard). Cela peut ressembler à une sorte d’entente cordiale parmi certains industriels censés se faire une compétition sans relâche, et les détails de l’antichambre de cette industrie des télécoms ressemble parfois à un gros « bordel ». Toujours est-il que Google, qui ne croit plus au Père Noël depuis bien longtemps a décidé de contre-attaquer en cette période de fêtes… pas de trêve pour les confiseurs. Une bagarre au profit des consommateurs ? Que nenni, un épisode de plus dans la lutte qu’Apple notamment mène contre son voisin de Mountain View.

Jeudi : Google veut prévoir la pluie et faire le beau temps

Le même jour, sur l’un des médias les plus orientés « startups » à la sauce Silicon Valley, on nous explique la profonde et sincère volonté du géant Google de devenir pro-actif et proposer une solution simplifiant la vie au quotidien de ses utilisateurs en rendant les taches plus simples et rapides : au volant, dans votre salon, dans votre poche… et maintenant sur votre nez avec les Google Glass, que j’ai pu essayer récemment. Comment ? A base d’algorithmes et de données. Vos données. Plus, et encore. Surtout, vos données, après les algorithmes. La confidentialité de vos informations, un des débats majeurs de l’année, est perdue depuis belle lurette, et ce dès que vous posez le premier index sur un ordinateur connecté à Internet. Quand à votre smartphone (et que vous le vouliez ou non), avec précédemment la géo-localisation, aujourd’hui le micro-phone (merci la nouvelle version du logiciel de l’iPhone), et demain la caméra de vos lunettes, vous êtes cernés. On peut remercier le Père Snow-den, le Père Noël digital, d’avoir révélé au monde entier ce qui se passe dans l’antichambre des serveurs informatiques depuis belle lurette. Et ce n’est que le début. Le même jour, donc, des jeunes startupers à lunettes appelés Rap Genius, société consacrée à l’interprétation des paroles de chansons et textes en tout genre, se font coincer la bulle internet pour abus d’optimisation et de pointage de liens par Google qui va à coup sûr leur faire perdre des points au palmarès des startups qui veulent faire du chiffre d’affaires. Une année d’Internet résumée dans ces deux faits : définitivement, on est est encore au Digitalithique de l’Internet (en comparant cette ère au Paléolithique de l’espèce humaine).

Vendredi : quand les argentiers de la Silicon Valley vont faire des petits ailleurs

 

On va encore m’accuser de tropisme de Silicon Valley, mais voici un nouvel épisode qui montre bien que la Silicon Valley est l’endroit où tout se passe en terme de capital risque, même si certains investisseurs ont décidé d’aller voir ailleurs… et pour cause. Deux ex-partenaires de Sequoia Capital, la fameuse compagnie d’investissement basée à Menlo Park sur Sand Hill Road, Mark Kvam et Chris Olsen, viennent de confirmer leur fonds à hauteur de quasiment $225 millions qui seront consacrés à des startup basées dans le Midwest. Pour ceux qui ne connaissent pas leur géographie des États-Unis, le Midwest est lc’est aujourd’hui le grenier à blé des États-Unis, aux exploitations agricoles intensives et performantes, mais aussi le cœur sociologique de l’Amérique rurale, au Nord-Est, qui comprend au total huit États (dont l’Illinois, l’Indiana, l’Iowa, le Michigan, le Minnesota, le Missouri, l’Ohio et le Wisconsin). Mais que diable vont-ils faire dans cette galère, dirait Géronte ? Et bien il semblerait que les entrepreneurs locaux souffrent à trouver les subsides nécessaires au développement de leurs idées, et c’est donc dans l’Ohio que nos amis ont donc trouvé demeure, à Colombus. Ce n’est pas tant l’argent qui semble manquer dans la Silicon Valley, mais plutôt le « sourcing » de projets qui les ait incité à s’exiler aussi loin (ça a tendance à tourner un peu en rond, dans la Silicon Valley, et à chercher à copier le voisin plutôt qu’à innover), avec déjà trois startups en portefeuille, dont l’une (Roadtrippers) a comme CEO Tatiana Parent et qui affiche le latin, le grec ancien, le klingon comme langues professionnelles. Et le français, en très bonne compagnie comme on peut le constater (tout un symbole). 22% de l’économie américaine mérite bien un petit détour, mais je parie que nos deux compères ont un abonnement annuel vers l’aéroport de San Francisco.

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Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Mise à jour (4 janvier 2014) :

Le standard de L’Express a été assailli d’appels de la part du Club des Fans de Buffer, scandalisé par mes propos sur « la transparence des salaires affichée par une startup qui a l’évidence ne fait pas un centime de chiffre d’affaires ». « Comment ça ? Ils ne font pas de revenus ? ». Et tout ça, et tout ça. Il est clair qu’en ma qualité de blogger, je m’autorise à dire ce que je veux puisque personne ne me retirera la carte de presse que je n’ai pas. Il est clair également qu’en ma qualité d’intervenant bénévole, je ne passe pas ma vie à contrôler tout ce que l’on peut dire sur Internet, je ne suis pas payé pour ça.

Comme je suis quelqu’un qui écoute les bienveillants spécialistes et lecteurs de tout ce qui se fait dans la startuposphère, et quelque peu consciencieux de ne pas colporter des erreurs, il semble que Buffer soit tout aussi transparent sur ses revenus : $196.000 de chiffre d’affaires en novembre, soit $2.347.000 sur un an, et un peu plus de $310.000 en banque. Voilà, justice a été faite. Merci Big Brothers.

L’actualité High-Tech de la semaine : Twitch.tv, Mark Pincus, Box, Adobe, MongoDB

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Twitch.tv, une deuxième spin-off de Justin.tv

 

Voila-t-y pas que Justin.TV vient de nous faire le nouveau coup de la spin-off qui cartonne. Le fameux Justin Kan, qui avait fait tant parlé de lui  en 2007 en faisant du live vidéo 24-7 de sa propre vie, avec une webcam attachée à sa tête, s’en sorte plutôt bien avec sa société. Il est même devenu un expert dans la spin-off qui tourne au succès, avec Socialcam, avec 3 salariés sortis de sa startup rachetée $60 millions en juillet 2012, et maintenant Twitch.TV, dont on a déjà parlé ici. Cette fois ci, c’est $20 millions qui sont sortis de la boite magique de quelques investisseurs pour faire de ce qui était une niche d’utilisateurs sur Justin.tv un nouveau grand média dans le domaine du jeu vidéo et espérer une sortie à la Bleacher Report (racheté par Time Warner pour $175 millions. Twitch.tv, c’est désormais 45 millions de visiteurs mensuels sur leur site, qui diffuse des programmes vidéo dédiés au jeu vidéo. La dernière fois que l’on parlait de Twitch.tv (donc en mars 2o13), on citait le chiffre de 20 millions… Il est possible d’y suivre des joueurs en train de participer à un jeu en réseau, suivre des shows, des conférences,… Tout, tout, tout, je vous dirais tout sur le gaming ! Une incroyable réussite d’audience, un taux de croissance à la sauce Silicon Valley, et les $20 millions sont un signe d’un décollage attendu dans les 12 mois qui vont suivre. Certains joueurs sont payés pour jouer tout en étant diffusé sur Twitch.tv, et pas pour des clopinettes : un signe de monétisation qui sent bon ! Coté diffusion, c’est 35% d’audience en Europe de l’Ouest, 10% d’audience en Europe de l’Est, 13% en Asie et le solde en Amérique du Sud notamment. Mais il ne faudra pas mollir : “Video is not a cheap business” indique le COO. Les 20 millions seront vite dépensés !

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Mardi : si c’est Mark Pincus qui le dit…

 

Mark Pincus est le fondateur de Zynga, sa 4ème startup. Zynga, c’est le jeu sur Facebook, des centaines de millions de joueurs, dont certains n’avaient encore jamais joué sur des consoles de jeu. Zynga, c’est une introduction en bourse en 2011, un chiffre d’affaires qui dépasse le milliard de dollar et un bénéfice de plus de $400 millions cette année là. Et puis c’est une action qui se fracasse à un peu plus de $3, un leadership perdu dans le monde du « casual gaming » au profit de King.com ou encore Supercell, un poste de CEO transmis à un ancien VP de Microsoft. Et au passage d’une conférence en Israël, cette phrase : « I’m bored with games ». « Les jeux m’ennuient ». Je sais bien que les journalistes font parfois un mauvais travail, et qu’il est dangereux de sortir une phrase de son contexte. Mais ce constat est tout un symbole. Alors qu’on lui proposait de préciser son propos, quitte à se rétracter, il a maintenu son ennui vis à vis des jeux alors que Farmville ou encore Cityville semblait satisfaire sa curiosité, il reste à la recherche de « sa prochaine obsession ». Il a été maintes fois prouvé que les jeux développés notamment par Zynga faisaient appel aux mêmes mécanismes psychologiques que ceux similaires à l’addiction (drogue, sexe, et autres…). Mark Pincus n’a visiblement trouvé sa satisfaction dans la roadmap actuelle fixée désormais par son successeur, Don Mattrick. Ennui passager, ou symbole d’une industrie qui décline alors que certains semblent croire à leur belle étoile, comme King.com qui songe à une introduction en bourse, ou encore Softbank qui vient de prendre 51% de Supercell pour $1,53 milliard. Le jeu, ce n’est peut être pas une industrie bon marché comme dit plus haut, mais ça en fait tourner la tête à plus d’un. Mais plus celle de Mark Pincus pour le moment…

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Mercredi : Box veut soigner grâce à son cloud

 

C’est une course contre la montre que se livrent Dropbox, Box, et autres « box » quelque chose… Enfin je ne veux pas dire les box de nos opérateurs chéris en France (les Orange, SFR et autres) qui sont loins d’avoir vraiment compris comment faire adhérer ses utilisateurs à des services de stockage sur Internet… dans le cloud. C’est assez simple de différencier Dropbox et Box : la première a pris le chemin de l’acquisition du consommateur final. La voie dorée mais périlleuses et très chère du BtoC. Box, c’est le monde de l’entreprise, le panneau publicitaire sur la 101 qui vous amène de San Francisco vers la Silicon Valley, et l’exploration des niches « enterprise ». Box vient de confirmer les premiers accords signés dans le domaine médical en avril 2013 avec des applications relatives au domaine médical par l’addition de 13 nouveaux. Ces applications utilisent les espaces de stockage de Box suite à sa mise en place de mesures lui permettant d’être compatible dans le domaine médical. Pour enfoncer le clou un peu plus, Box vient de lancer un challenge pour les développeurs avec un gain de $100.000 à la clé avec la collaboration de Dignity Health, une société de logistique dans le domaine médical et de l’association Social+Capital Partnership. La startup vient même d’embaucher une ancienne responsable de Google Health pour gérer sa stratégie dans ce vertical… plutôt sérieux, comme approche, non ?!

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Jeudi : Adobe se fait hacker

A une époque où tout le monde hurle après la NSA pour son excès de zèle dans sa mission de protection de la sécurité des citoyens américains, ou par contre à l’opposé personne de s’offusque du culot du fondateur de Facebook qui veut faire rentrer 5 milliards d’individus encore manquants dans sa collection Panini de la conquête du monde, les hackers continuent leur travail. Et les grands d’Internet de ce monde, un à un, se font prendre la main dans le sac de l’incompétence de protection de vos données personnelles. Le grand vainqueur du moment : Adobe ! Pas moins de 3 millions d’utilisateurs ont vu leur données sensibles comme leurs coordonnées bancaires rendues disponibles dans les réseaux non pas sociaux mais parallèles… « Sky is the limit » pour les uns, mais la sécurité semble être une vaine occupation face à une armée de « décodeurs » plus malins les uns que les autres. « Adobe n’est pas certain » que les coordonnées de carte bancaire puissent avoir été récupérées… ça leur fait une belle jambe, aux clients d’Adobe, pour qui les démarches vis à vis de leurs banques ne sont jamais choses faciles. Ca ne va pas donner confiance aux internautes tout ça, et ça prouve bien que les utilisateurs vont devoir s’armer de leurs propres solutions de protection de données.

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Vendredi : MongoDB et ses $150 nouveaux millions

 

La valse des investissements ne faiblit pas, à l’heure où il est essentiel pour les VC de la Silicon Valley et d’ailleurs de de positionner sur les offres de Software as a Service, de cloud computing… et le terrain de jeu est assez vaste ! Dans le cas de MongoDB, un système de gestion de base de données utilisé par les plus gros tels que  CraigslisteBayThe New York Times, Cisco, Forbes, ça fait quelques mega datas à mettre en ordre et à partager, dans une niche où il est plus qu’urgent de frapper fort à renfort de marketing et de recherche pour apporter dans les plus brefs délais les meilleurs fonctionnalités par rapport à la concurrence, Arrivé à un certain niveaux de nombres d’utilisateurs, les besoins en investissements deviennent vite exponentiels, et seul le capital risque peut apporter une solution financière rapide et conséquente : ni les banquiers ni les introductions en bourse ne sont des solutions pour des « encore-un-peu-startups » comme MongoDB. Quoi que, c’est désormais plus de 300 personnes qui y travaillent. La spécificité de cette levée de fonds assez significative (quoi que, encore une fois) est de voir apparaître Salesforce, EMC et Redhat aux cotés des habituels Sequoia ou encore Intel Capital. Ca promet de sacrées discussions entre actionnaires et une belle bagarre pour figurer au Board et faire que tout ce petit monde pousse dans le bon sens. L’argent ne fait pas toujours le bonheur, dans le monde des startups. Ca commence à se savoir de plus en plus. Cette levée de fonds faire de MongoDB l’une des startups la plus en vue de la Côte Ouest… avec des dollars plutôt  colorés Côte Est : la Silicon Valley reste la plus grosse pompe à fric des États-Unis, qui qu’on en dise !  L’offre de MongoDB est assez claire, et le marché de la data reste encore à prendre tant il est vaste. A suivre !

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Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Google, Twitter, Target, MetaCert, Unda

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Google n’en finit pas de grandir

 

Il est lointain le temps où GooglePlex, le siège que Google avait racheté à la société Silicon Graphics en 2006. Un nouveau géant des hautes technologies en avait remplacé un ancien, et le nom de Googleplex avait été choisi en hommage au chiffre 1010100 , le nom qui lui a été, soit en quelque sorte un image à l’infini !  Maintenant qu’il faut pousser les murs, puisqu’il faut bien avouer qu’à l’image de la Silicon Valley en ce moment et de toutes ces levées de fonds, le business est bon, l’entreprise recrute (peut être une des conséquences liées à la diffusion de ce navet)  et elle a besoin d’espaces supplémentaires. Ca va commencer par l’achat et la location d’un peu moins de 100.000 mètre carrés sur la ville de Santa Clara, soit suffisamment pour loger presque 6.000 employés. Cette expansion apparaît assez unique en son genre, sachant que des bureaux additionnels ont dèjà été loués sut Mountain View, et même Sunnyvale ! La société ayant autant poussé ses murs dans la région avait été Cisco, qui se tient beaucoup plus calme de nos jours. Il faut croire que le marché de la publicité sur Internet se porte bien, et avec toutes ses acquisitions, cela doit devenir un casse-tête de faire tenir tout le monde dans les locaux d’origine, avec toutes les orientations et ré-orientations stratégiques qui doivent secouer le géant d’Internet en perpétuel mouvement. Ce n’est pas fini, Google lorgne sur des bâtiments appartenant à la NASA toute proche (où nos amis Sergey et Larry ont droit à une sympathique piste d’atterrissage privée).

Mardi : Twitter et sa prochain introduction en bourse

Ca y est. Ce ne sont encore que des bouts de rumeur, mais Twitter, que j’imaginais au-dessus de la mêlée financière, ou plutôt au milieu (dans, il faut bien le dire, ce qui n’était en fait qu’une envolée lyrique), se prépare à entrer en bourse. Après avoir fait les embauches nécessaires, car il faut bien reconnaître que tout ce qui passe par les marchés financiers nécessite une gigantesque revue de contrats (tout est passé au peigne fin) et un bon tas de paperasse. Et du bon jus de cerveau pour gérer le tout et les urgences qui vont avec. Introduction en bourse espérée aux alentours de $1,5 milliards, entre 50 à 55 millions d’actions vendues entre $28 à $30, pour une valorisation entre $15 à $16 milliards. Ce qui intéressant, dans ce type d’opérations, c’est d’en apprendre un peu sur les chiffres financiers de l’entreprise : le chiffre d’affaires serait pour l’exercice 2013 entre $580 et $750 millions, avec, chose intéressante, a priori plus de 50% réalisé dans la publicité sur mobile. Ca semble bien fragile tout a, je suis très impatient de voir ce que ça va donner. Et naturellement me tenir en dehors de la transaction. Pour gagner de l’argent avec l’action Twitter, c’est en 2007 que j’aurai du agir. En tout cas, je vous ferai grâce de la comparaison de l’introduction en bourse de Facebook par rapport à celle de Twitter : c’est une histoire de riches.

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Mercredi : Target se diversifie

 

Netflix. Mot en 5 lettres, qui actuellement terrifie les diffuseurs de films en France. Finie, la boiboîte qui vous relie à votre monde imaginaire sur votre télévision. Un ordinateur, un iPad, un iPhone, et vous avez accès à un catalogue de films, de séries, de documentaires. Simple, haute qualité, pour (peut être) 15 euros. Netflix, c’est une grosse expérience, des millions d’abonnés et de gros moyens marketing. Pas des moyens de petits acteurs locaux. Qui n’ont rien à faire des lobbies du coins des opérateurs qui vous alimentent en wifi à la maison. La concurrence, Netflix connaît : sur ses propres terres, des acteurs de la distribution viennent s’attaquer au marché de la location de vidéos sur Internet. Target, géant de la distribution aux États-Unis et au Canada, un chiffre d’affaires de $73 milliards en 2012, dont le siege est à Minneapolis,  vient de lancer Target Ticket, avec un catalogue de 30.000 films et de épisodes de séries qu’il sera possible d’acheter à l’unité. Pas d’enregistrement, on paye lors de chaque location, tout simplement. Il y aura des possibilités de contrôle parental, et des possibilités de filtrage sur la violence par exemple. Si vous êtes possesseur de la carte de fidélité REDcard, un rabais de 5% est appliqué à chaque location. C’est disponible sur Android, iOS, PC, Mac, XBox360 et Roku.

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Jeudi : MetaCert  et le contrôle parental

 

Méfiez vous des gens avec qui vous partagez une bière, un soir dans cette belle ville de Londres (en ce qui me concerne, c’était quelque part en 2006), vous êtes peut être en face d’un entrepreneur en puissance de la Silicon Valley. C’est ainsi que j’ai rencontré Paul Walsh, un soir, qui a lancé MetaCert avec son épouse depuis San Francisco… et quoi de plus naturel pour un couple que de travailler sur une technologie visant à renforcer le contrôle parental sur Internet ! Ainsi, le projet de MetaCert est d’aller plus loin que les logiciels habituels tels que Norton ou Kapersky, qui, il faut l’avouer, ne sont pas des outils parfaits à cet égard. Créé en mars 2011, la palette de produits est désormais assez complète avec une application Chrome et Firefox, Android et iPad, avec deux modes disponibles : l’un pour les enfants de moins de 12 ans et des sites webs triés sur le volet, une autre  version pour adultes et enfants, avec un certain nombre de filtres « intelligents » qui se veulent plus efficaces que l’ensemble des logiciels disponibles sur le marché. Plus de 700 millions de pages web ont été répertoriées pour le moment. Pour continuer avec cette histoire, MetaCert est en train de lever des fonds sur AngleList, alors si vous êtes interessés de pouvoir utiliser le logiciel, il vous suffit de vous rendre sur la page de MetaCert sur AngelList et investir dans sa société… si vous vous êtes déclarés comme investisseurs sur cette plateforme, car on ne rigole pas avec le statut d’investisseur aux États-Unis !

Suivre MetaCert sur Twitter : @MetaCert

Vendredi : de l’art de servir l’utilisateur par la technologie

Rappelez vous la pub d’Apple qui allait changer la façon dont vous communiquez en vidéo sur votre téléphone portable : Facetime. Hormis aux États-Unis, et taux d’usage reste à démontrer, ça n’a jamais vraiment décollé, et cela n’a pas généré de grosses audiences… mais beaucoup de vocations dans le domaine de l’utilisation de la vidéo sur les téléphones mobiles. L’application Tango a pris le relais et approche des 200 millions d’utilisateurs, tout doucement, Skype est naturellement sur le segment… D’autres startups ayant noté l’intérêt croissant notamment des adolescents pour les applications de chat, on imaginé la combinaison des deux (le chat et la vidéo) et se sont lancés dans la course au download, en rêvant de courbes à la Snapchat… et le résultat est plutôt mitigé parmi les 3. L’une, basée en Israël, financée par quelques business angel aux États-Unis, s’est fait connaître par ses méthodes virales pas très catholiques comme on dit dans le métier, a priori atteint les 3 millions d’utilisateurs, mais c’est plutôt le calme plat depuis cet été. La deuxième, basée en Ukraine, en est à son troisième pivot après avoir proposé différents services de publications de vidéos sur mobile (Vine notamment et Instagram ont largement pris possession du créneau), et recherche un quatrième souffle en terme de financement. Et ses chiffres d’audience sont légèrement supérieurs à la troisième qui fait parler d’elle en ce moment (entre autres du fait d’avoir été sélectionnée par Dave McClure dans son fameux incubateur 500Startups) : Unda. La startup d’origine mexicaine vient de lancer un nouvelle campagne de recherche de fonds (et elle peut désormais le faire savoir, elle aussi sur AngelList, grâce au JOBS Act), mais ne déclare seulement que 25.000 utilisateurs enregistrés, et 10.000 actifs. Ce segment du mobile messaging en vidéo est un nouvel exemple qu’une technologie au point, même en étant multi-plateforme, n’est pas synonyme nécessairement de succès d’audience, et on touche là du doigt la limite que cet écosystème des startups peut avoir à transformer des visions un peu geeks en marché grand public, même auprès des jeunes. A défaut de diposer de gros moyens marketing, et encore, on touche du doigt que par moment les succès arrivent (souvent) par ce que les américains de la Silicon Valley appellent le « time to market », que je traduirai avec ma provocation habituelle en « gros coup de chance ». Pour nos tris startups, je pense qu’il va falloir patienter.

Suivre Unda sur Twitter : @Unda-app

PS : en ma qualité de mentor d’un incubateur en Ukraine dont la deuxième société mentionnée dans cet article est issu, j’ai préféré jouer la discrétion à son sujet. Mais le succès de levée de fonds d’Unda étant un bel exemple à sélectionner et à discuter, j’ai donc décidé de traiter ce sujet.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité Hight-Tech de la semaine : Bump, Google, Tesla, l’État de Californie, Klout

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : un bon coup de bump de la part de Google

 

Bump est une application se passant de tout pitch : il suffit de la voir fonctionner pour en comprendre le fonctionnement, et surtout de découvrir ce que la technologie est capable de réaliser en tout simplicité. Il y a tout de même 100 millions de personnes l’ayant téléchargé, donc vous l’avez certainement déjà sur votre iPhone ou votre téléphone Android. Si ce n’est pas le cas, c’est très simple à faire fonctionner : l’application permet de transférer les données d’un téléphone à un autre (pour transmettre sa « carte de visite digitale » par exemple) juste en mettant en contact les deux téléphones, après avoir préalablement ouvert l’application sur les deux appareils. Bump Technologies a fait un long chemin depuis sa création en octobre 2008, depuis Mountain View, avec ses $19,9 millions récoltés, 25 employés, ses 325.000 revues sur iTunes… Chemin difficile toutefois pour une application gratuite, dont les perspectives de revenus paraissaient quelque peu compliquées, par exemple de faire payer les marques sur des interactions avec des utilisateurs… ça ressemble à du Foursquare tout craché, donc peu d’ambition à espérer, quand on considère que la startup peut faire $2 millions au maximum sur une année, selon les derniers chiffres publiés par Foursquare. La diversification dans une application de paiement (gratuite) et une autre d’application de partage de photographies n’a pas apporté de revenus suffisants très probablement, ce qui est la preuve qu’une bonne technologie n’est pas toujours la recette assurée pour une startup. La solution est venue de quelques blocs du siège de Bump Technologies : Google ! Il n’y avait pas grand chose à souhaiter, hormis pour les investisseurs de rentrer dans leurs sous, ce qui semble être le cas : parfait, les vaches sont toujours bien gardées dans la Silicon Valley.

Suivre Bump sur Twitter : @bumptech

Mardi : Google, c’est vraiment pas du vent

Je sais, la blague est plutôt douteuse, mais chroniqueur est un dur métier… vous savez, la fameuse page blanche. Heureusement, il y a Google ! Que ferait-on sans Google dans la Silicon Valley, qui vient d’annoncer le rachat du courant produit par une nouvelle centrale éolienne en construction à Amarillo, Texas, se dénommant Happy Hereford. La mise en production est prévue pour le début de 2014, et devrait alimenter un des data centers que Google possède dans l’Oklahoma. On n’est jamais si bien servi que par soi même, et Google souhaite être « green » partout où ils sont présents, dans l’ouest du Texas, dans l’Iowa et au nord de Los Angeles près d’un lieu qui s’appelle les montagnes du Techahapi. « Grid the green », selon le responsable chez Google en charge de l’infrastructure globale (un bon job chez Google, assurément). Cela fait plus d’un milliard de dollars investi par Google dans le domaine de l’énergie, notamment dans le solaire en Afrique du Sud. Cela n’empêche pas Google de nous mettre du wifi dans les parcs de San Francisco très bientôt, ce que je trouve plutôt contradictoire, mais avec Google, on en est jamais à une contradiction près. C’est aussi ça, être leader sur son marché, et faire la pluie et le beau temps sur Internet pour des millions d’individus. En attendant, voilà bientôt 240 megawatts prêts à être distribués par le concours de la société Chermac Energy, une entreprise locale.

Mercredi : un bon tuyau pour Montebourg pour reclasser des salariés de l’industrie automobile française

Je ne me lasse pas d’évoquer Elon Musk dans ces colonnes, avec son projet de train à grande vitesse en Californie Hyperloop qui je suis sûr verra le jour, sa navette spaiale réutilisable SpaceX, et donc Tesla, ces voitures électriques qui commencent à pulluler un peu partout au États-Unis. Intéressé par l’idée de construire des voitures se pilotant automatiquement, en bon patron d’une startup (ou plusieurs startups) de la Silicon Valley,  et utilisateur de Twitter, il n’a pas hésité à publier le tweet suivant : « Ingénieurs intéressés de travailler dans l’automobile, s’il vous plaît emailer autopilot@teslamotors.com. L’équipe sera directement rattaché à moi ». Attendez, je récupère. Alors que le gouvernement français se fait plaisir en rappelant dans des clips vidéos d’une autre âge le fait que la France a inventé l’automobile, mais qu’il ne peut empêcher la fameuse logique industrielle de désengagement des marques françaises historiques en terme d’emplois, une société de 500 personnes, créée en 2003, ayant levé $318 millions et désormais cotée au NASDAQ depuis juillet 2010, se met à vendre comme des petits pains des voitures de luxe électriques pour un peu moins de $100.000. Et il embauche en direct sur Twitter les ingénieurs intéressés de rejoindre son équipe, tout en affirmant qu’ils travailleront directement sous ses ordres, pour sortir la première voiture auto-pilotée dans moins de 3 ans. Sans jugement de valeur aucun, il y a un drôle de monde qui se prépare en Californie.

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Jeudi : le co-voiturage fait l’objet d’une législation en Californie

 

Même si la peine de mort, toujours active en Californie semble prouver le contraire, l’État de Californie se montre en avant-garde sur de nouveaux usages. Un organisme de réglementation Californien a approuvé les premières lignes directrices qui pourront s’appliquer à l’ensemble des États-Unis pour les services de covoiturage, concernant la mise en place de règles de sécurité pour les entreprises innovantes qui sont venues perturber l’industrie du transport telles qu’Uber, Lyft, Sidecar, RelayRides et j’en passe. Ces nouvelles directives contiennent des exigences telle que la vérification des antécédents criminels pour les conducteurs, la formation des conducteurs, un minimum de couverture d’assurance d’1 million $, et une politique de tolérance zéro de l’alcool et de la drogue. Elles exigent également que les conducteurs affichent une signalisation sur leurs voitures pour les identifier comme étant un service de co-voiturage. Cela impliquera également les entreprises à se soumettre à une certaine transparence des informations qu’ils peuvent vouloir normalement garder privées pour des raisons de concurrence, comme par exemple le nombre de courses effectuées, la zone de service couverte, combien de fois les voitures de co-voiturage ont pris un client lors d’une demande, et le nombre de conducteurs qui ont violé les lignes directrices ou qui ont été suspendus. Ce qui est intéressant, c’est de constater ce souci nouveau de transparence dans une industrie où les lobbies ont empêché la relation chauffeur-client d’évoluer, et on voit le résultat aujourd’hui avec un certain ras-le-bol des usagers à l’égard des chauffeurs de taxi, acutellement dépassés par ce qui est en train de se passer autour d’eux : ils sont en train de tuer leur propre métier.

Vendredi : Klout n’en finit pas de pivoter

Cinch n’est pas un nom inconnu dans la Silicon Valley. Ce fut le nom d’une tentative de lancement de produit de la part de la part de la startup BlogTalkRadio  qui cherchait une diversification à ses activités de diffusion de podcasts sur Internet, avec l’application qui se téléchargerait en millions d’exemplaires sur l’Apple Store, mais ça n’a pas marché. Pour Klout, ça ne marche pas beaucoup mieux, malgré ses $40 millions, et un marché de l’e-reputation pris avec l’angle de l’approche sociale qui convainc de moins en moins. A en juger par ce communiqué de presse envoyé par une agence de communication américaine qui a rendu son CEO la risée des médias de la Silicon Valley, prétendant qu’il avait atteint un certain score (ridicule en fait) sur Klout. D’un point de vue business, la startup de San Francisco était sur le point d’ouvrir un bureau sur Londres, et cela ne s’est jamais fait, ce qui est un signe. D’un point de vue produit, les règles conduisant à vous donner un score d’influence en fonction de certains critères de performance sur les différents sociaux sont discutables, et les fameux influençeurs ne se pressent pas (ou plus) au portail de Klout pour clamer leur leadership. Que faire pour valoriser une base d’utilisateurs, à défaut de les  » louer » à l’extérieur (ce que beaucoup de startups font pour faire rentrer un peu d’argent), ou de mettre de la publicité (ils y viennent tous un jour, le dernier exemple étant Instagram à ce sujet) ? Klout à décidé d’aller chercher des noises à Quora sur son territoire, à savoir lancer Cinch donc, une application iOS qui permet de poser des questions à des influençeurs déclarés comme experts du sujet concerné, qui répondront de façon privée. J’avoue que depuis que j’ai eu grâce à Quora la réponse du nom du guitariste qui est l’auteur du solo guitare que l’on peut entendre sur le titre « Right down the light » par Bonnie Raitt, je vois mal qui peut faire mieux qu’eux en terme de performance ! J’y passe du temps régulièrement, et cette plateforme d’intelligence collective a vraiment quelque chose de particulier, qui devrait en faire un succès public. Bonne chance à Klout, mais je suis plus que sceptique… Puisse la malédiction de Cinch ne se répète pas… mais qui a donc décidé de choisir ce nom ?!

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Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Le journal High-Tech de la semaine : Paypal, Apple, AT&T, Maker Studios, Watsi

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : le beacon mis à toutes les sauces

 

J’ai régulièrement entendu dire à quel point les technologie de type NFC (« near field communication »), en quelque mots une technologie transmettant des informations sans connexions filaires, serait la révolution dans le domaine des applications destinées aux consommateurs. Cela n’a jamais vraiment abouti, et en moins d’une semaine, deux géants des technologies viennent de lancer un pavé… dans une autre mare. A commencer par Paypal, qui lance Beacon, un appareil bluetooth (ça, on connait mieux grâce notamment aux oreillettes) à faible consommation énergétique qui, une fois installé chez les commerçants, va permettre aux clients de payer de la façon la plus simple qui soit. Après avoir embauché une équipe de spécialistes, Paypal vient donc de lancer un nouveau produit au design digne des créations d’Yves Behar (qui, semble-t-il, y est pour quelques chose), qui se connecte à tous les smartphones des clients rentrant dans le magasin, font émettre un signal ou une vibration sur  le téléphone, fait apparaître la photo du client sur la tablette de caisse du commerçant, et il suffit d’une simple approbation verbale lors du paiement pour procéder au règlement… le tout les mains dans les poches. Quelques jours plus tard, ce sera à Apple d’annoncer iBeacon (ces gens là vous mettent un « i » sur chaque produit, comme c’est amusant, ça évite les procès pour copie) avec sa nouvelle version de logiciel iOS7… même technologie, même mode opératoire. Vous allez voir, on va bientôt être débarrassé de son téléphone, tout (et rien) dans les poches !

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Mardi : Apple et sa nouvelle camelote

 

Je la’i déjà dit : quand Apple sort de nouveaux produits, il est très mal vu de ne pas en parler si on prétend écrire sur le sujet de la Silicon Valley. Un keynote d’Apple, c’est un peu comme Moise qui va vous lire le message subliminal inscrit sur les tablettes. Les bloggers, podcasteurs et autres chroniqueurs passent des jours à vous disséquer ce qui va s’y dire, ce qui va être présenté, des heures en live à vous raconter en long et en travers des histoires vieilles comme Apple, avec des « si » et « je vous l’avais bien dit ». Et à se plaindre ensuite pendant des semaines parce que « y a rien de nouveau », « et puis bof », et « Samsung ceci », et « Google cela ». La quincallerie, en fait, ça m’ennuie, et puis j’ai un Windows Phone, et ça me va bien. Alors, je vais être bref. En gros, Apple vient de sortir deux nouveaux modèles d’iPhones  » le 5C pour les petits budgets et ceux qui aiment les couleurs pastel, à partir de $99 avec une souscription auprès d’un opérateur (et engagement sur 2 ans s’il vous plaît). Et puis il y a le 5S, qui vise la haut de gamme avec son système de sécurité « d’avec le doigt », qui coûte à partir de $199 (pareil, contrat opérateur de 2 ans). Voilà, c’est dit. Pour plus de détails, adressez vous à votre charcutier préféré.

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Mercredi : les « twittos », une nouvelle forme de terroristes


Je me souviens de mes premiers pas avec Twitter, en mars 2007, et surtout ceux des autres par la suite : « Comprends pas à quoi ça sert… », « C’est quoi leur business model ? », et autres naïvetés du genre. Ils se sont bien rattrapés depuis, tous. En France, ils se sont même donnés un nom (qui fait un brin « neuneu », je trouve, mais ça leur va bien, après tout) : les « twittos ». Oui, ils se sont bien rattrapés, et désormais font la loi sur les réseaux sociaux, à l’exemple de la récente mésaventure qui est arrivée à AT&T. L’opérateur de téléphonie mobile a posté sur Twitter une la photo d’une main tenant un smartphone avec une image de la «Tribute in Light» du Mémorial National Septembre 11 avec les mots « Never Forget ».  Il s’en est suivi une levée de boucliers de la part d’un nombre si important d’utilisateurs de Twitter qu’AT&T s’est vu obligé de retirer le tweet… Pourquoi ?! A l’image des tweets racistes incroyables qui ont submergé suite à l’élection de la nouvelle Miss America qui est d’orgine indienne (elle s’est faite traitée de terrorriste, vous rencez-vous compte…), des tweets anti-sémites régulier en France et j’en passe, une nouvelle « voix » est en train de naître sur Internet, et par instant je me dis que la startup de San Francisco a accouché d’un monstre. C’est de la matière humaine me direz-vous ? Cela ressemble plutôt par instant par une dictature de l’absurde. C’est ça, l’avancée technologique.

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Jeudi : Canal+ investi dans une startup en Californie

Cette histoire est un joli pied-de-nez à tous ces grincheux de startupers en France qui rêve de Californie à force de ne pas trouver les investisseurs ou les partenaires industriels qu’ils recherchent désespérément sur leur propre territoire… « Look around before you look around« , conseille Bostjan Spetic, CEO de Zemanta à New York, en s’adressant à ses compatriotes slovènes. Beaucoup de startups pensent que leur salut passe par la Silicon Valley, lorsque bien souvent il est sous leur nez… « Faire du business avec des grosses boites ? Jamais de la vie, ils vont nous piquer nos idées ! »,  » Lever de l’argent en France ? Vous rigolez, y en a pas !!! ». Écoutez plutôt : Canal+ vient de prendre part au financement de la startup de Los Angeles Maker Studios sur un total de $26 millions (soit $64,5 depuis sa création, aux cotés de Time Warner Investments entre autres).  Maker Studios annonce 4 milliards de vues sur Youtube par mois, et a acheté le mois dernier Blip, leur assurant de disposer d’une technologie permettant de développer des sites en dehors de Youtube. Quant à Canal+, c’est certainement plus facile pour eux de trouver là ou ça bouge et ou ça a envie de déplacer des montagnes, que pour les petites startups françaises de chercher à décrocher le gros lot dans la Silicon Valley. Beaucoup de prétendants, peu d’élus. Cherchez l’erreur. Cher ami(e)s français, je vous conseille de mieux regarder ce qui se trouve autour de vous. Look around before you look around.

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Vendredi : le non profit continue de lever de l’argent

 

J’avais parlé en son temps de la première startup développant une activité d’association à but non lucratif, permettant de financer les soins de personnes dans le monde qui n’ont pas les moyens de le faire Watsi. Voici maintenant que la  startup vient de lever son premier million de dollars, qui est aussi une grande première pour une organisation non commerciale qui n’avait pas encore à ce jour pu convaincre des investisseurs à tenter l’aventure du « non profit ». C’est désormais chose faite, car le site a opéré au financement de 700 opérations pour un total de $500.000. Et les donateurs en redemandent !   Watsi ressemble à toutes les startups de la Silicon Valley, à la différence que lorsqu’il évoque vouloir changer le monde, comme son voisin Zuckerberg, on se sent plus à l’aise en l’écoutant parce que lui, on veut bien le croire. Et surtout on a envie qu’il le fasse. J’avais évoqué le sensible malaise à l’idée de voir une sorte d’étalage de la pauvreté sur Internet… La microfinance a intéressé Chase Adam depuis ses études, et il s’est trouvé confronté un jour dans un bus avec une femme récoltant de l’argent dans un bus au Costa Rica afin de subvenir aux soins de son enfant. Elle avait préalablement montré le dossier médical de son fils au conducteur du bus… et elle a réussi grâce à cette démarche à convaincre des personnes de l’aider en lui donnant de l’argent. Certaines plateformes de donations existent déjà : Kickstarter, Kiva, DonorsChoose… mais aucune dans le domaine de la santé. C’est ainsi que Watsi est né. Noble démarche, cela mérite bien le $1 million levé auprès de business angels pour poursuivre la vision, et rendre la technologie un peu moins idiote, et surtout utile.

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Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Le journal High-Tech de la semaine : Labor Day, Lithium Technologies, Carnegie Mellon, HotelTonight, Path et Pinterest/Phillies

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : aujourd’hui, c’est le 1er mai aux États-Unis

Le 2 septembre 2013 fut un jour spécial : chaque année, le premier lundi de septembre est l’occasion de célébrer le jour du travail : « labor day ». C’est un jour que les américains passent tranquilles en famille, au lieu d’aller se rassembler en masse dans les rues pour le assurer le spectacle mise en place par quelques agités. Ici on travaille dur, les congés sont rares, et quand on a une occasion de se reposer, on en profite, avec la satisfaction du travail accompli. Donc, en résumé, il ne se passe pas grand chose, dans le monde des technologies, en règle général. Sauf une petite nouvelle tombée la veille : Microsoft, en pleine révolution annoncée avec la mise en retraite de Steve Balmer à l’horizon, a confirmé avoir accepté le principe de l’acquisition de la division « devices » de Nokia pour $7,17 milliards. On s’en doutait un peu, étant de la façon dont les négociations avaient eu lieu lors de la mise en place du partenariat initial, le mariage paraissant tellement évident.Certains ont même été jusqu’à penser que le CEO de Nokia (un ex-Microsoft), avait été embauché pour cela : voyons, de tels plans n’existent jamais entre de si grandes compagnies… Après le duo Motorola/Google, voici le tango Nokia/Microsoft en route, avec un sacré job à suivre (synergies industrielles, commerciales, et le reste qui vient ensuite).

Mardi : Lithium Technologie et sa mezzanine 

Cet article, dédié au social media, va révéler pleins de découvertes… Tout d’abord, oui, le social media, ça marche et ça rapporte, quand cela consiste à s’occuper de ses clients, et de ses conversation avec ses clients, et des discussions entre ses clients… Vous avez compris. BuddyMedia s’est fait racheter par Salesforce, Jive Software qui suit son chemin un peu plus orienté « logiciel d’entreprise » avec presque $70 millions levés à ce jour. Et puis il y a Lithium Technologies, qui vient de rajouter $50 millions à ses $92 précédents millions, une « mezzanine financière » préalable à sa prochaine introduction en bourse… Ca veut dire quoi ? Ca veut dire prendre un peu plus de hauteur en chiffres d’affaires dans le cadre d’une vague de recrutements de commerciaux, ça coute cher l’humain. Ca veut dire disposer de moyens financiers pour mettre un coup d’accélérateur au marketing et à la communication. Et probablement s’arranger pour montrer des courbes de croissance qui n’ouvriraient pas encore l’autoroute de la profitabilité. Pour Lithium, l’objectif est de développer plus encore leur plateforme de communauté en ligne.  Lithium est déjà présente en Europe, avec son traditionnel bureau à Londres, et à l’instar d’Evernote, eBay et bien d’autres, un bureau pour l’Europe continentale… en Suisse bien sûr. Non seulement malheureuse de louper l’opportunité de créer le prochain Facebook, nous laissons ses petites soeurs aller créer de la valeur et de l’emploi chez nos petits voisins. Vous imaginez : « Paris, capitale Européenne du logiciel » , avec toute la main d’oeuvre disponible… Non, c’est sur, il vaut mieux laisser nos ingénieurs aller engraisser les SSII locales, l’informatique à la française, c’est ça. La Silicon Valley, elle, elle pousse, tout le temps. Pas toujours le chiffres d’affaires…

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Mercredi : une université qui recrute plus de femmes en informatique, ça existe

 

On peut raconter ce que l’on veut : dans le monde de la technologie, des nouvelles technologies, de toues les technologies que vous voulez, la seule place que l’on accorde aux femmes, c’est au marketing ou dans la communication. Voire à la Direction Générale. Sérieusement, des entreprises comme Google ont permis à des Marissa Mayer de se hisser au sommet d’une des entreprises les plus importantes de l’histoire d’Internet. Et quel travail fait en un an… il ne manque plus que cela se transforme dans les courbes de chiffre d’affaires. Au niveau des universités, Carnegie Mellon a annoncé un résultat assez incroyable : 42% d’augmentation de femmes entrant dans le département Computer Science de cette université basée à Pittsburgh en Pennsylvanie, avec un campus également dans la Silicon Valley. Ils sont appliqué des recettes assez simples : tout d’abord, aller à la rencontre des jeunes femmes dans les lycées pour recruter, puis élargir les compétences requises à sciences et mathématiques, pas uniquement la programmation. au sein même du programme, il est accordé plus d’importance à des sujets plus large comme par exemple : comment la technologie informatique peut améliorer la société humaine. On encourage les étudiants à s’impliquer dans des organisations non commerciales afin de résoudre des problèmes technologiques qui ont du sens. Enfin, un programme appelé Women @ SCS a été créée pour encourager et supporter par du mentoring, pratique assez courante dans la Silicon Valley : pas de bizutage ici, les anciens prennent soin des nouveaux, tout au long de l’année. Des évènements sont également organisés sur des thématiques proches aux femmes dans ce monde de geeks. Bravo, Carnegie Mellon.

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Jeudi : HotelTonight continue de déployer ses ailes

 

Je me rappelle encore l’interview de Sam Shank, CEO de la startup HotelTonight, qui venait juste de s’installer dans ses nouveaux locaux à San Francisco. C’était un peu avant l’été 2011, et bien que conscient de la lourdeur des sites permettant de dénicher des offres de dernière minute, la question était posée sur la réussite d’une startup développant une application mobiles proposant trois offres au quotidien d’hotel à prix discounté : comment développer ce produit à grand échelle ? Il semble qu’en septembre 2013, soit deux années après, que la question ne soit plus à l’ordre du jour, lorsque l’on regarde la profondeur du catalogue disponible aujourd’hui aux États-Unis et ailleurs. Surtout, Sam vient de lever $45 millions pour poursuivre le développement au delà des 12 pays déjà ouverts (pour 120 destinations couvertes au total). Cela fait $80 millions au total et un signe de confiance des investisseurs face à un phénomène qui semble suivre le succès de l’autre startup de San Francisco dédiée à l’hébergement, Airbnb. « Nous n’avons pas besoin d’argent », à déclaré Sam Shank : ils ont trouvé la bonne formule entre le produit et l’offre, et sont prêts à ouvrir d’autres continents tels que l’Asie. quand vous voyez vos gros concurrents tels que Expedia ou Priceline copier ce que vous faites, c’est bon signe !

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Vendredi : baston pour un logo

Quand vous croisez Dave Morin, le CEO de Path, l’un des nombreux autres réseau social permettant de partager ses photos en petit comité (pas plus de 150 connexions possible), c’est comme si vous aviez le gendre idéal en  face de vous, avec ses lunettes d’instituteurs. L’ancien concepteur de Facebook Connect n’est pas si gentil qu’il a l’air, étant donné qu’il a décidé d’attaquer en justice Pinterest pour l’empêcher d’acquérir la propriété d’une certaine forme de la lettre « p », leurs logos étant assez similaires. Les forces en présence ? A ma gauche, Path, créé en novembre 2010, avec $41,2 millions (d’argent levés au compteur), et peut être plus de 10 millions d’utilisateurs. A ma droite, Pinterest, créé en 2009 (donc avant Path), $338 millions levés, et les utilisateurs, et bien on s’approche plutôt des 100 millions. Toutes les explications plus ou moins techniques de la blogosphère ne m’empêcheront  pas de penser que Path cherche à se faire un peu de publicité et avec un peu de chance un peu d’argent sur le dos de Pinterest. Il y en a un qui pourrait les mettre d’accord tous les deux en les trainant en justice : les Philadelphia Phillies, éequipe de Major League de base-ball, club créé en 1883. C’est le logo que j’ai mis à droite de celui de Pinterest. Vous en pensez quoi ?!

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Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Internet.org, Netflix, Oxford Dictionaries, Foursquare, Google

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Lundi : connecter la planête pour le bienfait… de la publicité ?!

 

Les chiffres sont officiels : il reste 5 milliards de terriens à connecter à Internet. C’est bien Internet. Ca connecte les gens entre eux, ça permet d’éviter l’isolement de communautés, de donner accès à des personnes aux soins grâce aux téléphones portables, que sais-je… Nos amis des États-Unis, qui ont pour habitude et coutumes de conquérir (et dominer accessoirement) le monde ont lancé une belle initiative : Internet.org. « Everyone of us. Everywhere. Connected. ». Frissons dans tout le corps… Pour reprendre le pitch, Internet.org se veut être un partenariat mondial entre les leaders de la technologie, sans but lucratif, impliquant les communautés locales et les experts qui travaillent pour apporter l’Internet aux deux tiers de la population mondiale qui ne l’ont pas. Outils de partage des ressources et des meilleures pratiques, les partenaires d’Internet.org vont explorer des solutions dans trois grands domaines suivants : l’accessibilité, l’efficacité et les modèles d’affaires (dans le texte : « business models »). Voila, c’est dit. Le problème, c’est que le porte-parole et le plus en vue en ce moment à ce sujet, c’est Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook. Avec tout le respect que j’ai pour un homme qui a créé quelque chose d’absolument extra-ordinaire, il y a incompatibilité majeure. Ca s’appelle être juge et parti dans un monde où la réclame, la locomotive du commerce de l’Internet, reste un moteur qui a tout sauf l’apparence d’une association objet humanitaire. Le mélange des genre, ça rend les choses floues. « But that criticism is kind of crazy« , répond Mark à ce type de remarque. C’est vrai, chacun son job. Voila, ça, c’est fait.

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Mardi : le château de cartes de Netflix 

 

Netflix est en train de passer à la vitesse supérieure : après un passage difficile suite à une politique de prix plus que contestable par rapport à sa base installée,  le courant est en train de bien passer de nouveau dans le bon sense, et parallèlement à un développement international en Europe qui va prendre du temps (mais soyons francs, Netflix fait un peu peur à tout le monde), et l’amélioration permanente du produit par de nouvelles fonctionnalités (comme la possibilité d’avoir au moins 5 profils différents pour un même compte, ceci afin de satisfaire les familles et leur simplifier la vie, la mise en place de liste personnalisée…), la société a décidé d’investir dans le contenu. Bien plus significatif que la récente campagne de bundle avec Google pour leur Chromecast, il y eut la diffusion exclusive de Breaking Bad sur le Royaume-Uni en juillet dernier, des accords de streaming avec CBS pour la série « Hostages »,  il y a aussi cette histoire de série TV « House of Cards » qui a été diffusée en exclusivité sur Netflix. Co-produite notamment par Kevin Spacey, qui y joue le rôle principal, ce dernier a fait une intervention assez remarquée dans le monde de la production télévisuelle : « donnez le contrôle à l’audience ». Fait important : Netflix n’a pas demandé la mise à disposition d’un pilote de , comme le veut la tradition dans cette industrie, ce qui a priori n’avait pas de sens étant donné le concept de la série, dont les caractères et les micro-histoires vont évoluer de façon significative au fur et à mesure des épisodes. Ceci avait également beaucoup de sens d’un point de vue économique ! Netflix a su se rendre compte, à partir des informations dont ils disposent, en qualité de compagnie Internet, que « House of Cards » correspond à ce qu’attend l’audience de Netflix. Ce qui est important, aussi, selon Kevin Spacey, est de ne plus trop réfléchir au format de diffusion, mais de le rendre disponible sur le nombre le plus possible de plateformes (télévision, iPad, ordinateur…), en format libre de choix, en quelque sorte, avec des contenus de qualités, que les spectateurs seront prêts d’acheter : « Les choses veulent des histoires : ils mourraient pour cela… et sont prêts à en parler sur tous les toits, réseaux sociaux, etc… ». Belle tribune de Monsieur Spacey !

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Mercredi : do you speak geeklish?!

 

Il devient bien difficile de suivre des conversations entre geeks de nos jours. L’anglais domine naturellement le langage des nouvelles technologies, malgré tous les efforts réunis du lobbying de de Bernard Pivot, du Larrousse et de Montebourg, et de l’autre coté d ela Manche, l’Oxford Dictionary a quelques longueurs d’avance il faut bien l’admettre… A titre d’exemple, le dictionnaire a déjà rendu officiel le mot « bitcoin » : « une monnaie numérique dans lequel les transactions peuvent être effectuées sans la nécessité d’une banque centrale ». Dans le domaine de l’internet sauvage : « hackerspace« , « un lieu où les personnes ayant un intérêt commun pour l’informatique et la technologie peuvent se réunir pour travailler sur des projets tout en partageant des idées, de l’équipement et des connaissances… ». Plus funky : « selfie » qui correspond à « une photographie que l’on a pris de soi, typiquement prise avec un smartphone ou d’une webcam et téléchargé sur un site médias sociaux », et Dieu si c’est devenu une pratique courante de nos jours ! « BYOD » : pas sur que cela passe bientôt dans le langage commun français : « pratique qui consiste à permettre aux employés d’une organisation d’utiliser leurs propres ordinateurs, smartphones et autres appareils à des fins professionnelles ». Une pratique qui devrait sans doute se répandre plus volontiers de nos jours : « digital detox« , « une période de temps pendant laquelle une personne renonce à utiliser des appareils électroniques tels que les smartphones ou les ordinateurs, considéré comme une opportunité pour réduire le stress ou se concentrer sur l’interaction sociale dans le monde physique ». On peut toujours rêver. Une dernière : « phablet », « un téléphone intelligent comportant un écran qui est d’une taille intermédiaire entre celle d’un téléphone intelligent typique et d’un ordinateur tablette ». Allez comprendre, c’est à en perdre son aphlabet.

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Jeudi : le coeur de Foursquare balance entre Microsoft et American Express

 

Après avoir lancé une offre dédiée aux entreprises, après avoir inspiré Instagram, après avoir levé jusqu’à $112 millions (dont $41 millions en dettes), Dennis Crowley et son équipe cherche la voie dorée qui devrait venir du monde de la corporate entreprise… pour une prise d’intérêt significative, à défaut d’un rachat pur et simple ?! Il semble que Microsoft et American Express soit dans une certaine phase de conversation ou de consultations ! Foursquare n’a à l’évidence pas résolu son problème de chiffres d’affaires (seulement $2 millions en 2012), à défaut d’avoir mis en place tout au long de ces années une plateforme très précieuses en terme de « point of interest », c’est à dire en quelque sorte une bibliothèques de lieux où bon nombre de startups viennent désormais se servir pour leurs propres besoins de géo-localisations. Et ça en fait beaucoup ! Je suis d’accord que pour Microsoft, Foursquare peut représenter une certaine avancée dans le monde des réseaux sociaux, sans pour autant devenir un avantage compétitif dans ce segment, les discussions sur l’utilité du checkin étant toujours un sujet d’actualité. De plus, Microsoft veut plus encore être mobile, et de ce point de vue Foursquare est très « tendance ». Pour American Express, la perspective de mise en place de programme de fidélité est une raison avancée, un peu comme Maximiles avait fait lors du rachat de la startup parisienne Dismoiou. Tout est une question de sous, comme toujours avec Foursquare et ses startups assez innovantes en terme de services qui ont du mal à passer à la vitesse du grand public… 6 millions de checkins par jour, c’est un bon début, mais c’est loin de faire le compte.

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Vendredi : flashback pour une histoire de montres

C’est fou comme le territoire des nouvelles technologies nous amène parfois dans un véritable retour vers le futur… du passé. Le média de San Francisco GigaOm vient de révéler le rachat en 2012 d’une startup appelée Wimm Labs, basée à Los Altos et créée en mars 2010, dont l’objectif était d’être une plateforme modulable permettant d’intégrer à du matériel des applications logicielles développées sur la base d’Android. En langage plus clair, la société travaillait notamment sur un projet de « smartwatch », terme non encore déposé auprès de l’Oxford Dictionaries, mais que l’on peut simplement traduire par « montre intelligente ». Il semblerait que ces industriels (Google, Samsung…) soient à la recherche de la moindre innovation permettant de faire passer Apple pour des « has-been », et ils ont décidé de se presser à nous faire les smartphones à nos poignets. Et oui, le smartphone, c’est lourd, ça déforme les poches, ça tombe et ça se casse. Accroché à votre poignet, cela devient plus simple à garder sur soi… en clair, après que des millions (surement) d’utilisateurs de téléphones portables se soient débarrassés de leurs montres, et bien on va désormais les ré-habituer à se la mette au poignet, avec quelques fonctionnalités digitales en plus de la montre traditionnelle. Il est clair que les projets de Google sur le sujet, du Galaxy Gear de Samsung (et même Sony) sur la montre du futur (sic) déchainent les exclusivités en tout genre chez nos amis les médias technologiques de la Côte Ouest. Apple, prends garde à toi, prochain épisode  le 10 septembre à Cupertino !

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Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine: Facebook, Vine, JustFab et ShoeDazzle, Apple, Paypal

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : il est toujours important d’écouter ses clients, même Facebook

Khalil Shreateh est un jeune Palestinien vivant à Hebron qui vient de faire parler de lui pour des raisons de sécurité… qui pour le coup n’a aucun rapport avec les problèmes dont on entend parler en général dans cette région. Il a simplement découvert une faille de sécurité dans Facebook permettant de poster des messages sur le mur de personnes qui ne sont pas parmi vos connexions. Autant dire que le problème soulevé est assez gravissime pour un réseau social comme Facebook ! Le problème dans cette histoire est que les services de Facebook n’ont pas daigné prendre cela au sérieux, sans doute du fait d’un anglais imparfait, dirait-on. Khalil ne s’est donc pas dégonflé, et il est tout simplement allé mettre un commentaire sur le mur Facebook de Mark Zuckerberg lui même ! Il est prévu que les déclarations de bugs fassent l’objet de rémunération de la part de Facebook, en guise de remerciements, ce qui ne sera pas fait dans le cas présent pour avoir violé la charte d’utilisation en « hackant » le compte du big boss. Cela n’a pas empêché un hacker américain de lancer une campagne de récolte de fonds à son profit, qui a plutôt bien marché puisque l’objectif de $10.000 a été atteint et même dépassé. Cet épisode montre une nouvelle fois qu’aucune, et je répète aucune, plateforme Internet n’est protégée à 100%, ce dont il faut être bien conscient au moment de poser ses premiers caractères sur Facebook, Twitter et tout autre site web. Votre sécurité commence par votre propre vigilance à confier des informations personnelles.

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Mardi : mon pari manqué sur Vine

 

J’en avais parlé en des termes plutôt critiques lors de son lancement, mais il semble bien que les utilisateurs de Twitter soient désormais prêts à se mettre en action en vidéo, à enregistrer et à partager : Vine a atteint le chiffres de 40 millions d’utilisateurs ! Depuis SocialCam qui avait largement dépassé les 100 millions, il était plutôt rare de voir une plateforme de vidéo connaître un succès aussi important ! Le problème de l’utilisation de la vidéo vient tout d’abord d’un manque d’habitude d’utilisation de la vidéo dans un contexte « d’échange social », et du nombre décourageant de clic pour arriver à lancer la mécanique de l’enregistrement, pour des résultats en général assez décevants en terme de qualité. Ceci étant, la volonté « d’exhibition sociale » est plus forte que tout, et ce malgré la concurrence récente d’Instagram, Twitter s’avère être une machine à conversion redoutable. Il va falloir attendre dans la durée, mais il y a déjà des compilations disponibles sur la toile, signe du succès du moment, avec des vidéos le plus souvent assez débiles, mais tout le monde sait que ce n’est pas sur Twitter que l’on risque d’apprendre la loi sur la gravité ! Lancé en janvier 2013 sur iOs, permettant de poster des vidéos longues de 6 secondes sur Twitter, l’application est également disponible sur Android, et le nombre de nouveaux utilisateurs sur les 2 derniers mois est supérieur à 10 millions.

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Mercredi : fusion de startups à LA 

 

Cette chronique va nous permettre de faire un petit saut à un peu plus d’une heure d’avion de San Francisco, dans cette bien jolie ville de Los Angeles…On ne cesse de parler… enfin surtout dans ces chroniques, de la démesure des chiffres dans le monde des startups de la Silicon Valley. Et bien, LA, ce n’est pas mal non plus, jugez plutôt… à ma gauche, JusFab, lancée en février 2010 à El Secundo, ayant levé $109 millions pour permettre à ses utilisateurs VIP d’avoir accès aux stylistes des célébrités de ce monde et disposer des sacs et autres paires de chaussures les plus hot du moment. À ma droite, ShoeDazzle, lancée en mars 2009, à Santa Monica, avec en ce qui la concerne, seulement $66 millions, créée pour parler un peu de la même chose : les chaussures ! Pourquoi lutter, les deux viennent de fusionner pour consolider 33 millions de membres, viser un objectif de chiffre d’affaires de $400 millions en 2014 et occuper au moins 15% des femmes de 18 à 35 ans. Il doit encore rester un peu d’argent dans les caisses, chaque sou à du être bien re-compté, tout le monde est bien d’accord sur la répartition du nouveau capital… en voiture Simone !

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Jeudi : Apple embarque Embark

 

Deuxième erreur de la semaine : je voyais dèjà Embark dans les bras de BMW après l’investissement de leur société de capital risque basée à New York en novembre 2012. Le petit plus, c’est Apple qui l’aura définitivement trouvé dans cette startup développant une application permettant de se déplacer à pied à travers une ville en étant aidé dans ses choix de direction (actuellement disponible pour San Francisco, New York, Washington, Chicago et Londres). On ne reviendra pas sur les problèmes, toujours persistants d’ailleurs, d’Apple et de sa nouvelle carte, parfois inutilisable. Néanmoins, le modèle d’intégration de Waze dans les produits Google est en train de faire son chemin, et il semble qu’Embark subira en quelque sorte la même sort que la startup Israélienne après la phase nécessaire d’intégration et de mise en place. Belle petite réussite pour cette startup issue de YCombinator qui semblait avoir quelques difficultés face à la concurrence bien qu’ayant a priori environ 500.000 utilisateurs. L’application Android n’est déjà plus disponible, si certains veulent s’y lancer, ça pourrait peut être intéresser… Microsoft ?! En tout cas, il est bien difficile de faire des paris sur les « devenirs » de ses petites pépites de la Silicon Valley.

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Vendredi : Paypal dans ta face

 

Cela faisait quelque temps que je n’avais pas évoqué Paypal dans ces colonnes. L’entreprise de San Jose a entamé un véritable sprint, en particulier sur mobile, depuis l’arrivée de David Marcus, un homme de startup et expert du paiement sur mobile. Il suffit de télécharger l’application mobile de Paypal pour se rendre compte du fait que les critiques passées sur le coté obsolète du produit n’a plus lieu d’être, et le tout dans un environnement de sécurité bien supérieur que cela peut être le cas avec une startup qui vient de démarrer et avec qui il y a toujours un risque… et dieu sait s’il y en a des nouvelles tous les mois, des startups dans ce domaine. Innover, c’est aussi oser et Paypal innove  avec la mise à l’essai de l’utilisation de sa photo de profil pour valider un règlement là où Paypal est utilisé par des commerçants. « Votre photo de profil n’est pas seulement un passeport sur le réseau sociaux, mais elle peut aussi être utilisée pour faire un paiement dans le monde physique ». Il est désormais possible de trouver des commerçants utilisant le système Paypal grâce à la géo-localisation de l’application mobile, et l’action d’un « check-in » dans le magasin donne la possibilité de faire un paiement pour ses achats… puisque votre photo de profil va apparaître… sur le terminal du commerçant qui n’aura plus qu’à vous regarder pour s’assurer que c’est bien vous qui payiez… et vous recevez une confirmation dans la foulée du paiement. La technologie au service de l’humain en quelque sorte… en test dans le quartier de Richmond à Londres.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : HyperLoop, Bustle, Chegg, Swiftype, Ubuntu Hedge et Indiegogo

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Elon Musk, le Tintin des temps modernes

C’est amusant à quel point Elon Musk, cet entrepreneur américain né en Afrique du Sud, est en train de marquer l’imaginaire des personnes qui écrivent sur la Silicon Valley et les technologies… beaucoup le compare à Tintin, ce jeune reporter qui n’a peur de rien. Et franchement, ça fait un bien fou de voir un entrepreneur qui a déjà plutôt bien réussi « se mettre au service » de projets de plus en plus impressionnants mais néanmoins utiles, et non prétendre vouloir connecter la planète  entière pour des prétendues raisons humanitaires, quand on sait ce qu’Internet est capable de produire dans la famille des traqueurs pour de basses raisons publicitaires. Après Paypal, le système de paiement en ligne, Tesla et sa voiturette de luxe électrique, SpaceX, la navette qui fera bientôt des allers-retours entre l’espace et la planète Terre, voici HyperLoop, un nouveau système de transport alimenté par l’énergie solaire qui devrait relier San Francisco à Los Angeles en… une demi-heure ! Naturellement, le projet reste à affiner avant d’être validé industriellement, mais ce diable de Musk a pensé à ce que d’autres n’ont pas osé prononcer avant lui : le coût d’abord de l’installation (entre $6 à 10 milliards, bien loin des $70 milliards d’un autre projet de construction de train à grande vitesse), avec l’éventualité de transporter des véhicules, un transport écologique nourri à l’énergie solaire, un véhicule sécurisé (« une sorte de tube à basse pressurisation au sein duquel des capsules sont transportées à faible et à grande vitesse, reposant sur des coussins d’air pressurisé »), avec des départs toutes les 30 secondes, le tracé pourrait suivre l’autoroute I-5 et ainsi ne pas poser de problèmes d’environnement… Le monde de la technologie a besoin de plus de Musk en son sein, mais malheureusement il faut reconnaître qu’il a quelque chose d’assez exceptionnel !

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Mardi : focus sur ce qu’est un serial entrepreneur de la Silicon Valley

Bryan Goldberg est le jeune homme sur la gauche de cette photo. Nous sommes en 2009, il vient d’être célébré, avec ses trois autres camarades, un des meilleurs jeunes entrepreneurs en technologie par BusinessWeek. Ce sont les fondateurs de Bleacher Report, qui a été créé sur un constat très simple : tous les médias aux États-Unis qui parlent de sport (ESPN, Sports Illustrated…) ignorent ce que les fans peuvent penser de leur sport, de leur équipe… C’est justement ce qu’a fait Bleacher Report : parler de l’actualité du sport par l’intermédiaire des fans. En 2009, l’équipe a levé déjà $9 millions(un peu plus d’un an après le lancement du site web), puis ce sera deux autres tours pour un total de $32,5 millions avant que Time Warner Bros ne les rachète en août 2012 (aux alentours de $200 millions). L’équipe a eu l’intelligence de confié les rênes de l’entreprise à un CEO spécialiste, Brian Grey. Et aujourd’hui ? Après un passage à l’écriture sur le site web dédié aux mondes des startups et la Silicon Valley, PandoDaily, Bryan a décidé de se remettre en selle sur un sujet du moment : le média toujours, mais consacré au fashion cette fois. Avec un bon chèque en banque ($6,5 millions sans grand effort), et de beaux investisseurs dont notamment Google Ventures et Time Warner Investments (quelle surprise), Bryan va s’attaquer au marché avec Bustle occupé par Vogue Magazine et ses 1 millions de visiteurs uniques par mois. Facile de lever $10 millions de nos jours, quand on a déjà fait ses preuves dans la Silicon Valley… Cela n’a pas empêché notre ami de faire une petite erreur de jeunesse, en ayant eu la faiblesse de parler de son propre lancement sur PandoDaily (normal, il a les codes d’accès) en des termes…. disons qu’il a un peu arrangé l’histoire de la concurrence et du marché à sa façon. Comment lui en vouloir, il a fait amende honorable… et il n’a que 29 ans. Tout est facile si à cet âge là.

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Mercredi : Chegg en cours d’introduction en bourse

 

Ceux qui ont expérimenté le parcours du combattant des étudiants aux États-Unis comprendront assez bien les raisons du succès de Chegg : les livres de scolarité coûtent les yeux de la tête, et les queues pour récupérer son matériel sont sans comparaison avec ce que les étudiants français peuvent imaginer. Avec Chegg, c’est service livraison à la masion en moins d’une semaine, et pourquoi acheter un livre alors que louer revient moins cher ?! Et comme justement nous sommes aux États-Unis, et que cela fait un certain temps que Chegg est en service (depuis 2005), l’ex-startup de Santa Clara aux $195 millions levés depuis sa création vient de décider qu’il était temps de passer aux choses sérieuses et faire sonner la cloche du NASDAQ incessamment sous peu. La société réalise un chiffre d’affaires de plus de $200 millions désormais, reste en pertes ($49 millions en 2012) et elle a besoin de disposer de plus de moyens pour mettre à distance une certaine concurrence comme Kno (basée à Santa Clara également, quel hasard…), ou anticiper celle d’Amazon. Chegg propose désormais ses services dans plus de 6.400 universités dans le pays, donc parallèlement à l’entrée de nouveaux administrateurs venant d’entreprises influentes (dont le CEO des San Francisco 49ers, Jed York,  pour l’anecdote…), c’est $150 millions que l’entreprise va chercher à acquérir sur les marchés financiers.

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Jeudi : voici pour l’incubateur YCombinator est si populaire

Les incubateurs de startups ont poussé comme rarement ces dernières années, aux États- Unis et ailleurs, mais aucun à ce jour n’a réussi à arriver à la cheville de l’école de startups fondée par Paul Graham et son équipe à Mountain View, YCombinator… Dernier exemple en date : la startup Swiftype, lancée en janvier 2012, basée à San Francisco et dont l’objet est de proposer un moteur de recherche optimisé pour des sites web et des applications mobiles. Ce type de facilités aide la navigation sur les sites, favorise la conversion et les tableaux de bord proposés pour les analyses de données de navigation pour les sites ont convaincu 9 investisseurs différents de mettre $1,7 millions au pout pour voir. Typiquement, il est difficile pour une startup d’apporter des éléments solides et tangibles en terme de validation de business ou de marché en moins de 2 ans. Mais la garantie « morale » apportée par le sérieux mis par Paul Graham à faire réussir ses pépites garantit un taux assez élevé de chance de pouvoir faire une levée de fonds qui va suivre la modeste participation apportée par YCombinator lors du passage dela startup dans son programme. Et c’est là toute la réussite d’un incubateur, qui peut ainsi rentrer dans ses frais et gagner de l’argent lors de levées de fonds ultérieures… ou décider de rajouter au pot si un rêve est en train de se réaliser. Voici donc une autre belle affaire pour YCombinator, la suite au prochain numéro. Et il est intéressant au passage de noter cette constante spécialisation des différentes fonctions que l’on peut trouver sur un site web, ici avec le search et Swiftype, ou d’autres solutions pour les tutoriels, les agents virtuels, les outils de chat, etc., poussée oar des startups en quête de niches.

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Vendredi : il n’y a pas que Kickstarter dans la vie… il y a aussi Indiegogo

On a beaucoup entendu parler de Kickstarter, le site web qui permet de se faire financer  le lancement de son produit grâce aux dons que les personnes physiques peuvent effectuer en direct sur le site, sans d’autres intermédiaire : il suffit de mettre son produit en musique grâce à une page de lancement permettant de décrire le produit, de mettre une vidéo, d’expliquer les objectifs, d’évaluer les risques… C’est ensuite à vous de faire l’effort de faire fonctionner la viralité (le mot que l’on utilise dans le monde digital en lieu et place du bouche à oreille) qui dépendra de votre efficacité sur les réseaux sociaux tout autant que de l’intérêt intrinsèque de votre idée. Kickstarter est basé à New York et occupe beaucoup le terrain sur ce secteur. De l’autre côté du pays, il y a Indiegogo, basé à San Francisco, qui vient de batter son propre record de levée de fonds avec Ubuntu Edge, qui se présente comme la Formule 1 des mobiles avec des caractéristiques hors normes par rapport aux iPhone et autres Android, associées à des matériaux rendant le produit exceptionnel en tant qu’expérience utilisateur. Malheureusement, la compagnie Canonical, à l’origine du projet, n’a réussi à obtenir qu’un peu plus de $12 millions par rapport à un objectif de $32 millions, ce qui paraissait absolument incroyable à atteindre !

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Jeff Bezos et le Washington Post, Facebook, Instacart, Mixbit et Google

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : le nouveau destin du Washington Post 

 

La nouvelle est tombée comme une bombe venue de nulle part : Jeff Bezos fait l’acquisition du Washington Post pour $250 millions. Aucun rapport avec la Silicon Valley, mais c’est du lourd, alors on en cause. Naturellement, la nouvelle a excité la techosphère dans la mesure où l’un des leurs à pris position dans le monde de l’ancienne économie, dans la capitale du pays, à quelques blocs de la Maison Blanche. Jeff Bezos, 49 ans, né à Albuquerque, New Mexico, patron d’Amazon, le géant du e-commerce basé à Seattle, vient de prendre le contrôle d’un journal quotidien fondé en 1877, celui qui a révélé le scandale du Watergate au début des années 70, dont l’historique est truffé de moments symboles de la grande (et parfois moins grande) Histoire des États-Unis d’Amérique. La fortune de Jeff Bezos est estimée à $25 milliards : il peut tout s’offrir : construire une fusée pour aller vivre sur Jupiter, construire le TGV pour faire Seattle-Tokyo sous la mer, que sais-je. Non, il s’installe un bureau à coté de celui occupé par Barack Obama, ce qui veut tout dire sur ses ambitions futures. Il a bien envoyé son chien de blogger Henry Blodget, le CEO de Business Insider (qui appartient à Jeff Bezos) pour nous citer la sérénade : « il y a des synergies entre l’information digitale et le e-commerce qui n’on pas encore été explorées », « il y a encore des possibilités pour des marchés fragmentés comme le business media de devenir de gros business », « Amazon et le Post sont tous deux dans un business de livraison de biens locaux ». Tout ça pour $250 millions ?!  Comme l’a écrit Tom Foremski de Silicon Valley Watcher qui ne mâche jamais ses mots  » The price of $250m for The Washington Post is cheap compared with the future benefits to Mr. Bezos’ personal brand and his business interests. ». Ca parait évident, et il y a des histoires de fonds de pension pas encore éclaircis qui rendent l’affaire potentiellement plus juteuse encore. Le rachat a d’ailleurs déjà fait une victime : Benn Freed qui a écrit sur le sujet en se demandant comment un magnat de la Côte Est pouvait bien avoir à faire d’un journal bien éloigné de ses propres traditions locales, s’est fait licencier dans la journée par son employeur. Article pas compatible apparemment.

Disclosure : je suis originaire d’un pays dont la plupart des médias sont sous le contrôle d’industriels n’assurant d’aucune manière l’indépendance des journalistes, qui de toute façon sont également sous l’influence des hommes politiques qui dirigent ce pays. Donc assez familier du sujet.

Suivre Jeff Bezos sur Twitter : il n’y est pas.

Suivre le Post Bezos sur Twitter : @Washington Post

Mardi : le quotidien d’un géant qui s’appelle Facebook

Ca veut dire quoi, gérer un business comme Facebook ? Avant toute chose, faire tenir une plateforme qui, selon les derniers chiffres officiels, rassemblent : 699 millions d’utilisateurs actifs quotidiennement, 1,155 milliards d’utilisateurs actifs mensuellement, 469 millions d’utilisateurs sur mobiles au quotidien (819 millions au mois), un chiffre d’affaires de $1,813 milliards (dont $1,599 millions dans la publicité). Des chiffres à donner le vertige pour une entreprise qui compte un peu de 5.000 employés au total, seulement. D’accord, mais ça veut dire quoi, améliorer un produit qui tourne ? Par exemple, jouer avec les lignes de code pour proposer de faire défiler vos news avec un plus grand confort, c’est à dire une plus grande pertinence, qui a le mérite en conséquence de vous faire passer plus de temps à naviguer sur Facebook et de pousser la catégorie indiquée ci-dessus à $1,813 milliards. Chaque fois qu’une personne visite le News Feeds de Facebook, il y a en moyenne 1.500 histoires potentielles disponible venant des amis, des gens suivis, des pages Facebook « likées » : l’astuce est donc de trouver un arbitrage permettant de rendre la lecture plus homogène… et addictive. « Science computing », on appelle ça.

Mercredi : la guerre des prix dans le service à domicile sur Internet 

 

Dans le domaine de la livraison à domicile, ils sont nombreux à vouloir se faire la peau d’Amazon, qui vient de lancer une offre tout récemment pour les supermarchés… Il y a eBay qui propose avec eBay Now de livrer sous 1 heure dans certaines zones de la Baie de San Francisco et sur New York, et ce pour $5, essentiellement pour des biens d’équipements. A l’autre bout de la chaine,  sur ce même créneau des courses de supermarché, il y a des startups comme Instacart qui vient de lancer un programme mensuel Express de livraison à domicile gratuit pour tout achat supérieur à $35 pour seulement $99 par an. L’idée est de couper l’herbe sous le pied d’Amazon et son offre à $299 annuels pour des livraisons à domicile sur Seattle et Los Angeles. La différence vient du fait que la startup ne stocke pas la nourriture : il y a 200 personnes disponibles pour livrer les courses faites chez Safeway, Trader Joe’s, Costco ou encore Whole Foods. Le fondateur de la startup de San Francisco (un ancien d’Amazon) qui a récemment levé une série A de $8,5 millions considère que l’offre Premium d’Amazon de $79 a fait beaucoup d’adeptes, et espère trouver de nombreux clients, même si certains magasins comme Wallmart ont une offre similaire, et qu’il y a de nombreux acteurs qui se sont lancés dans ce marché, sur d’autres régions aux États-Unis. La réponse d’Amazon viendra surement dans le fait que la Baie de San Francisco sera son prochain marché.

Instacart sur Twitter : @Instacart

Jeudi : un copycat de plus sur le segment des vidéos sur réseaux sociaux

 

Ca devait les démanger, les fondateurs de Youtube, qui ont pris la poudre d’escampette de Google en 2011 pour Chad Hurley et en 2009 pour Steve Chen afin de créer Avos, une société basée à San Mateo en Californie afin d’incuber leurs nouveaux projets : ils replongent dans le monde de la vidéo avec MixbitMixbit est une application mobile, disponible sur iPhone pour le moment, qui permet de prendre des vidéos et donc concurrence Vine et Instagram vidéos, mais sur un format absolument différent, avec toujours cette même contrainte de limitation d’enregistrement de clips de 16 secondes maximum. Mixbit permet de prendre des vidéos allant d’une seconde à une heure, avec ces fameuses séquences de 16 secondes qui peuvent être répétées 256 fois pour faire une séquence vidéo d’une heure, et de faire des éditions et du mixages, ce qui rend l’expérience plus riche, comme avec l’application Lightt. Il est clair que le duo a de l’expérience dans le domaine de la vidéo, il faudra un grand effort des utilisateurs pour venir réaliser la vision de l’équipe, à savoir raconter de grande histoires, et utiliser ces outils. Ils seront surement aidés par l’évangélisation faite depuis des lustres pour inciter les personnes à diffuser du contenu vidéo… sachant que les vidéos sont diffusés anonymement, ce qui est un autre croche-pied à ses concurrents… ou à sa future croissance, les utilisateurs des réseaux sociaux ayant tellement pris l’habitude de la démonstration nombriliste. Time will tell.

Vendredi : déjà un discount en vue pour les Google Glass

Vous n’êtes pas sans avoir remarqué, parmi vos amis sur Facebook, des photos de profil dissimulant avec la plus grande difficulté cette joie intense et profonde de faire partie de la crème supérieure des geeks : je porte des Google Glass. Elles sont à moi, je les ai « portu », regardez moi. Moi moi. Et oui, avoir une paire de Google Glass n’est pas une mince affaire, parce qu’elles ont été distribués au compte goutte aux membres du Club « je pèse lourd sur les réseaux sociaux » ou celui de « j’ai des bons potes chez Google ». Et nous (faudrait-il qu’on les veuille, mais pourquoi pas) ? Et bien il va falloir attendre avant de savoir si elles seront remboursées par la sécu. D’abord parce qu’elles valent la bagatelle de $1,500, et ensuite parce que ce sont des lunettes sans verres pour le moment. Et oui, ce sont des lunettes pas faites pour voir, mais aider Google à mieux voir… ce que vous faites. Une rumeur venant de Chine nous indique qu’elles pourraient être distribuées au prix de $299… La plus grosse partie des lunettes ayant un prix de revient d’environ $30, ça leur laisse tout de même un peu de marge. Par contre un conseil, si vous vous en portez acquéreur, ne croisez jamais la route de  Scott Heiferman, le CEO de la startup Meetup : il a promis de pétez le nez au premier porteur de Google Glass qu’il croisera dans la rue. Faites gaffe.

Le dicton du jour : mieux vaut tard que jamais. Ceci afin d’expliquer que cette rubrique couvre l’actualité de la semaine passée, et non celle qui vient de s’écouler. Toutes nos excuses aux fans. Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !