L’actualité High-tech du jour : TheRealReal et ses $40 millions

Un journal, par définition, c’est quotidien. Bienvenue sur cette rubrique au jour le jour sur ce qu’il faut retenir de la Silicon Valley !

TheRealReal

J’aime les belles coincidences. La porte que vous voyez ci-dessus, c’est la porte d’accès d’une entreprise de San Francisco qui vient de lever $40 millions, que j’ai visité hier grâce à une vieille connaissance. Ça m’a donné l’impression d’être un journaliste sur un scoop, alors que bien évidemment ce n’est pas mon métier (je le répète, au cas où), et que j’étais là pour réveiller de vieux souvenirs. La personne qui m’a fait visiter ses locaux dans ce grand entrepôt m’avait fait visiter quelque chose de similaire, là-haut, dans la banlieue Nord de Paris.

Cette société, qui n’a pas eu le succès escompté aux États-Unis, c’est vente-privée.com que j’ai eu le plaisir de fréquenter un peu au début de ma période à San Francisco. La société qui vient de lever cette jolie somme, c’est TheRealReal. C’est une entreprise de « luxury consignment », en bon Français qui sert de consigne à des objets de luxe. Qui peuvent se vendre pendant la période de consigne, comme vous pouvez bien l’imaginer. C’est Techcrunch qui le cite, donc naturellement je ne vais trahir aucun secret, le chiffre d’affaires pourrait être entre $100 à $200 millions, pour une société qui pourrait vous donner la chance de porter une robe qui a appartenu à Beyoncé, un sac rococo de Rihanna, ou une paire d’escarpin de Kim Kardashian. Que des grosses marques, je vous dis, pour cette entreprise créée en mars 2011 par une entrepreneuse du Net, Julie Wainwright, connue pour avoir été CEO de la société pionnière dans l’e-commerce Real.com en 1997, puis Pets.com en 1999, pour refaire l’histoire un tantinet. Sa rencontre avec Rati Levesque, connue elle aussi pour ses beaux succès dans le business du fashion, a fait le reste. Elles s’emploient toutes deux depuis à rendre le luxe un peu plus accessible, avec un business qui ressemble comme deux gouttes d’eau au métier des ventes privées, mais avec ce petit parfum sulfureux des stars de Los Angeles, où le business est le plus porteur pour cette startup aux désormais $83 millions de fonds levés.

La société dispose d’une équipe disséminée dans 18 villes pour aller authentifier les produits et les marques de luxe dans les garde-robes de ces dames, qui viennent donc faire le pick-up. Pour ce qui est reçu directement parTheRealReal, il y a une équipe qui réceptionne et valide l’authenticité des produits, qui sont ensuite dans la foulée mis en boite pour être mis en ligne dans le catalogue… une belle petite fourmilière, avec cet épice propre à San Francisco, dans une entreprise où se côtoient toutes les nationalités. Ça donne une petit coté fashion à une ville qui est plus connue pour son coté hippie, ça nous change.

Cette obsession de la recherche d’authenticité dans ce marché de niche qu’est le produit de luxe est censé aider dans la compétition avec le gros concurrent qu’est eBay, alors que le mastodonte de San Jose annonce faire entre $2 et $4 milliards dans ce segment. C’est tout de même franchement moins sexy, il faut bien avouer, de vendre sur eBay, ce qui donne de belle chance à la startup de San Francisco de poursuivre cette belle croissance et la route prometteuse d’une Serie D qui sent bon la Côte Est j’imagine. En chiffres, cela donne 3,5 million de membres, 315 salariés et des livraisons dans 61 pays, avec à ce jour 1 millions d’articles vendus. Et quand on pense à certains pays d’Asie qui raffolent de Louis Vuitton et toute la smalah.

Le prix proposé correspond entre 60 à 70% du prix d’origine du produit. Pour les hommes, qui ne sont tout de même pas oubliés, on va parler de bijoux et de montres, ce qui ne surprendra personne. N’en déplaise à Apple, ça reste encore un sacré marché, les montres d’hommes.

PS : si vous voulez faire un tour sur le site, inscription obligatoire. On veut savoir qui vient regarder les collections de ces belles dames !

TheRealReal

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L’actualité High-tech du jour : Jeff Bezos veut vous envoyer en l’air

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BlueOrigin

J’aurais pu vous parler aujourd’hui du retour de Mark Pincus au manche de Zynga, de ces sociétés aux valorisations de plus du milliard de dollar qui ont fait parler d’elle comme Sprinklr (qui rachète GetSatisfaction, entreprise rencontrée il y a bien longtemps dans les bureaux de South Park, installé dans les anciens bureaux d’un certain… Twitter), Domo (levée de fonds de $200 millions avec une valorisation de $2 milliards… ils sortent d’où ceux-là ?!), Square, Twitter, … c’est fou ce que la société moderne a comme effet sur le monde de l’entreprise qui soudainement voit fleurir toutes ces startups qui valent des milliards. Des milliards qui trainent dans des fichiers Excel compliqués, validés par des auditeurs en mal d’honoraires. Peut être que tous ces serials entrepreneurs vont nous le sauver, ce monde du capitalisme, allez savoir.

Non, j’ai choisi de parler de choses concrètes et à défaut de parler de la Silicon Valley, nous remontons un peu au Nord de la Côte Ouest des États-Unis pour évoquer Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, dont le siège est à Seattle. Nous avons déjà un fêlé  en Californie en la personne d’Elon Musk qui, au contact de la Nasa, qui a des bureaux près de chez Google, à Mountain View, s’est mis en tête de révolutionner l’industrie spatiale avec Space-X, créé en 2001, et nous construit des fusées non jetables qui reviennent à la niche sans dégâts. Pas de jaloux, Bezos a choisi de faire pareil en 2011 en créant BlueOrigin à Kent, dans l’État du Washington. Après tout, Sir Branson l’a bien fait lui aussi. Et il paye les pots récemment cassés le pauvre, tuant tout de même un pilote dans l’affaire l’année passée dans des essais de sa navette à faire des voyages dans l’espace.

Ça ne vous cause pas, Kent ? C’est la banlieue de Seattle, quelques 120.000 habitants, connu pour être un centre important de la société Boeing. Ben oui, Bezos ne vas tout de même pas aller chercher la main d’oeuvre dans les déserts du Nevada. Donc, BlueOrigin est en train de passer petit à petit les tests nécessaire à cette industrie d’une grande exigence, tant technique que financière. Ils vont bientôt accrocher la capsule au tout et faire des essais cette année. Lui aussi veut révolutionner l’industrie aéro-spatiale, et explorer le système solaire. Le bébé s’appelle BE-3.

BlueOrigin BE-3
April 7, 2015 – Blue Origin’s BE-3 engine throttles to its maximum 110,000-lbf thrust during acceptance testing at the company’s dedicated facility in West Texas.

Les Américains sont restés de grands cow-boys, à toujours vouloir conquérir plus. Amazon, le Washington Post pour l’un, Paypal, Tesla, Hyperloop et j’en passe pour l’autre, la métaphore est facile en les imaginant conquérants de l’espace. C’est sur qu’entre les sécheresses Californiennes qui durent et les tremblements de terre qui comment à inquiéter dans les regions où l’on exploite le gaz de schiste, la Terre va bientôt être complètement pourrie, et il est grand temps pour ces géants du digital à explorer l’au-delà. Vive l’Amérique.

Jeff qui regarde sa fusée qui s'envole

Vous disiez, au sujet de Twitter, vous penseriez que j’en parlerais ? Racheté par Google, Yahoo! ? Par la bonne et moi ? Je vais vous dire : je m’en fous. C’est de la non-information. On verra bien ce qui se passe. Laissons les bosser et on en parlera une fois que c’est fait.

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L’actualité High-tech du jour : Google et un nouvel Explorator

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La recherche connectée

Internet est en train de passer à une nouvelle étape… enfin on s’y essaye avec Google, et une nouvelle pépite de Garrett Camp, co-fondateur de StumbleUpon (et accessoirement d’Uber), Explorator.

L’avènement de la « sharing econmy », ou économie collaborative, est une victoire des utilisateurs d’un autre monde, le world wide web, qui s’attaque petit à petit à des pans entiers d’industrie ou de métiers qui n’ont pas évolué probablement depuis l’après-guerre (du moins c’est le sentiment que ça donne, sachant que pour être honnête je n’ai pu jugé par moi même que depuis la crise pétrolière qui a du certainement tout figer dans le temps, va savoir). Internet, ça met les gens en relation directe pour faire du business : je te loue mon appartement, tu me déposes à la gare en voiture, tu me prêtes de l’argent. Macron en a rêvé, Internet l’a fait : la dérégulation. Mais bon, la Loi Macron, c’est un peu un pet de moineau à coté de cette nouvelle génération d’Internet qui voit des pans de métiers qui aujourd’hui peuvent être remplacés par un site web, une application mobile, et une solution de paiement intégrée.

C’est quoi cette nouvelle étape ? Se servir de toutes ces lignes de codes et essaye d’en tirer une substantifique moelle d’intelligence artificielle, à défaut d’en construire un cerveau. Aller au delà de la transaction simple, et « scaler » comme on dit en langage startup, élargir le potentiel des transactions rendues possibles par la technologie. Aller plus loin dans la proposition de valeur, la transaction, histoire de faire encore plus de revenus, et pas uniquement suggérer. L’e-commerce, c’est bien gentil, mais dans le service à la personne, il y a tout autant à conquérir en part de marché. Nous ne sommes donc pas surpris de voir Google venir rejoindre la danse des TaskRabbit et autres amuses-gueule dont les seules performances pour le moment ont été de dépenser l’argent bien gagné auprès des investisseurs. Des sources bien informées prétendraient que Google se prépare à aller un poil plus loin que la simple requête, en allant jusqu’à proposer la mise en relation lorsqu’elle est possible. Les Pages Jaunes en ont rêvé, Google va le faire, il en a largement les moyens. Google a travaillé sur suffisamment de produits web pour avoir une petite idée sur le sujet, et ses 30.000 ingénieurs lui donnent les moyens d’appuyer sur les boutons qui vont bien pour délivrer prochainement le service adéquat. Enfin, en principe. Et puisqu’on parle de TaskRabbit, Amazon vient de signer un partenariat avec la startup de San Francisco afin de lancer un service similaire, déjà actif…

Garrett Camp

Je parlais du co-fondateur d’Uber, Garrett Camp. La logistique, ça le connait puisque c’est un peu ce qu’est devenu Uber, avec le succès que l’on sait. Après avoir créé la startup qui déplace des millions de personnes par mois à travers le monde, on a quelques idées pour exaucer un peu n’importe quel voeu, tant qu’il est possible de se servir d’Internet comme un vecteur. Le Canadien d’origine a monté son propre incubateur sur San Francisco, Expa, qui travaille sur différents projets, des idées de business pour être précis. Il embauche des équipes de développeurs, et quand le sujet devient sérieux, trouve et embauche le CEO qui va aller avec. La startup Reserve en est un exemple dans le domaine du concierge digital spécialisé dans la restauration.

Là, c’est Operator, au nom digne d’un rôle taillé sur mesure pour Schwarzenegger. Les consommateurs commencent à s’habituer à se servir de leur smartphone pour utiliser des services comme Uber, ils commencent à être murs pour passer d’autres commandes de services, que ce soit des besoins simples ou des commandes complexes… Il faudra attendre un peu pour en savoir plus, le service pour le moment ne reçoit que les demandes d’invitations au service. Mais il paraît qu’il serait capable de faire papa-maman.

Operator

 

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L’actualité High-tech du jour : Kifi… garde le et trouve le !

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Kifi

Je le préviens à l’avance, ce post va être ce que j’appelle un gros post de midinette pour un produit que je viens de découvrir et que je trouve absolument bien foutu ! Pour une fois, ça va être du positif à tout bout de chapitre, ça va nous changer. Non, je ne vous ai pas découvert le prochain réseau social : que ce soit clair, personne ne sait où il se trouve. Si tu as été embauché comme Directeur de l’Innovation et du Digital et que c’est la première question que tu te poses, va plutôt chercher un travail de fonctionnaire dans la French Tech, je suis sûr qu’ils vont y arriver là-bas, tellement qu’ils sont persuadés de créer le prochain Google… Français.

J’ai tout simplement découvert un produit bien sous toute couture : multiplateforme, déjà. D’accord, FortyTwo a été créée en janvier 2012, ils ont eu tout le temps pour fignoler, il en a coulé de l’eau sous les ponts de Los Altos. Enfin, plus beaucoup, parce que si vous ne le saviez pas déjà, la Californie affronte une sécheresse de 4 ans qui commence a taper sévère dans les réserves d’eau, un peu maigres à la base. Comme l’âge de cette startup qui vient juste de sortir sa beta de Kifi. C’est donc parti pour un travail bien propre, avec le site web, l’application iOS et Android. Le tiercé gagnant.

Le pitch ensuite : « Connecting people with knowledge », qui doit être compris comme connecter les gens avec le savoir, c’est à dire rapprocher l’utilisateur de la connaissance. Il en a bien besoin, tellement c’est le bordel sur Internet pour y retrouver ses petits. d’abord, il y a Google, et puis pour le reste, débrouillez vous ? Avant il y avait Google Reader, maintenant il y a Feedly. Avant (bleu-blanc-rouge oblige), il y avait Netvibes, maintenant il y a Reddit. Delicious, StumbleUpon. Pour les excités des startups, il y a ProductHunt, le truc qui sert à rien mais qui fait buzzer la ménagère de 25 ans. Comment je m’y retrouve avec tous ces bookmarks, ces requêtes quotidiennes, mon smartphone qui est cxx comme un manche, et les jours qui filent avec ce fil Twitter qui ne s’arrête jamais ? Et Facebook. Déprime assurée.

Non, maintenant il y a Kifi : « Keep it, Find it ». D’abord, et ensuite, il y a le parcours utilisateur. Sur le site web pour commencer : j’ai rarement été aussi bien accueilli sur un site Internet ! C’est tellement basique. Il faut malheureusement utiliser Chrome (ça tombe bien, c’est mon cas, pour Firefox, il faudra repasser), et ça s’installe fissa. Pour ceux qui me demandent comment faire pour Internet Explorer, enfin le truc qui portait ce nom, retournez à la FNAC et posez leur la question. Une fois que vous avez créé vos familles de recherches, vous pouvez stocker vos requêtes (lien url), et par exemple les retrouver dans vos requêtes ultérieures sur Google, comme on peut le voir sur l’écran ci-dessous…

Kifi

Donc, on « stocke » ses informations, et en quelque sorte on cherche de façon plus rationnellement. Je ne me m’attends pas à un moteur d’intelligence artificielle, mais on va voir comment ça progresse avec le temps.

Il y a ensuite la possibilité de partager ses recherches, que l’on stocke par famille de requêtes dans ses librairies, grâce à un petit rond en bas à droite de l’écran qu’il suffit de cliquer…

Kifi

 

Le tour est dans le sac ! La connexion avec Twitter est désormais opérationnelle, avec celle de Facebook et Linkedin. On peut aller chercher ses camarades de jeu et de réseaux, mais je suggère de laisser son application iPhone faire le boulot, car les gars de Kifi semblent être bien au point en ce qui concerne le « growth hacking », cette forme de fouillage dans tes données personnelles pour te donner d’emblée tous tes gentils amis de Twitter, de Linkedin ou de Facebook (selon ce que vous avez autorisé préalablement), et poussez la mise en relation dans ses aspects ultimes. Tout ce petit monde va apparaître comme par magie, sans avoir rien fait. Allez donc cherchez les autres, l’effort sera mince.

Kifi

Kifi génère des tags automatiquement, si jamais le coeur vous en dit de vous plonger dans la sémantique du web. En tout cas, sur le mobile, le tout déroule de façon fluide et c’est tout ce que l’on demande sur ce petit écran que l’on consulte certes souvent, mais mais par impulsion, donc point besoin d’en faire trop.

Personnellement, ce qui me manque le plus sur Internet, c’est un site racheté par le Washington Post qui me permettait de faire de belles découvertes dans le cadre de mes recherches : icurrent. Ne cherchez pas, c’est disparu dans les oubliettes du web. Je ne sais pas si Kifi va me faire kiffer longtemps, en tout cas en terme d’UX, d’expérience utilisateur, moi j’aime. Alors on va continuer à chromer, et voir où tout cela nous mène. La belle affaire. Quand un startup mêle l’utile à l’agréable, ça mérite d’être mentionné.

NDLR : comme on dit dna Techcrunch, je ne suis ni investisseur, ni évangélisateur, ni pompier de service de Kifi. Juste un admirateur de beta.

Suivre Kifi sur Twitter : @Kifi

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L’actualité High-tech du jour : Codefights… coder, c’est jouer !

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Codefights

Décidément, la programmation informatique devient un sujet quotidien. Ce sont environ pas loin de $2,5 millions qui viennent d’être réunis auprès de 13 investisseurs (ça devrait porter bonheur), dont le très scientifique Fabrice Grinda (dans son approche de l’investissement), le créateur de Quora Adam D’Angelo, ou encore Bismarck Lepe, ex-Google et co-fondateur de la plateforme d’Ooyala, des connoisseurs du sujet, pour un site qui conjugue le code et le jeu : Codefights.Codefights transforme la programmation en une bataille sur Internet entre programmeurs qui s’affrontent sur des problèmes de code, avec un chronomètre pour témoin. La plateforme n’a réuni que 70.000 utilisateurs en 6 mois, et au total 1.500 de challenges accomplis… Il reste encore du chemin.

Histoire habituelle du moment : un service Internet qui utilise un cas de la vie courante, le numérise, et se transforme, avec un peu de talent et beaucoup de chance, en une société avec des datas prêtes à vous servir un bon repas. C’est aussi l’avènement des plateformes qui fonctionnent en temps réel, qui jouent sur le terrain des utilisateurs qui adorent être en compétition, et gagner. Les difficultés rencontrées par les startups qui se sont lancées dans la « gamification », telles que Foursquare, Badgeville ou encore Bunchball, ne doivent pas fair oublier l’écart qu’il y a entre un produit amusant sur le concept, mais encore trop loin d’un usage « mass market ». Mais là, avec cette bande de nerds en pleine croissance que sont les développeurs, et les succès que l’on connu dans la même veine avec Twitch.tv, rachetée quasiment $1 milliard… les marchés de niche créent parfois de grosses surprises.

Mais comment se fait-il que des plateformes comme Github n’y est pas pensé ? Ce cas prouve une nouvelle fois que les idées innovantes viennent souvent de la part de petites structures.

Voici donc une petite démo pour ceux que cela intéresse…

Je me suis déjà exprimé sur le sujet de faire apprendre le code aux jeunes, par contre quand il s’agit, là aussi, de s’amuser, c’est une autre histoire… quoi que… Enfin, des Hongrois ont eu l’idée de Codie, un robot programmable depuis une application mobile, qui utilise un langage de programmation visuel et simplifié de blocs à déplacer qui rend le sujet amusant. Au lieu de jouer avec des legos, on déplace les cubes sur un téléphone portable. Réservé aux 8 à 12 ans. A utiliser avec modération, n’oubliez pas que Steve Jobs et bien d’autres visionnaires du business de la technologie refusant l’accès des mobiles et autres tablettes à leur rejeton. Je suis même surpris que le Gouvernement Français actuellement en place n’ait pas déjà imposé au publicité vantant les miracles de la technologie ce bandeau obligatoire, en bas de l’écran. Parce qu’après le problème d’une jeunesse obèse, il y a aussi le danger d’un jeunesse accro à ces petits écrans qui peuvent rendre disons… un tantinet geek, si ce n’est débile. La phase finale.

Pour voir Codie réussir son pari, c’est sur Indiegogo que ça se passe…

Codie

 

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L’actualité High-tech du jour : Uber… qui va recruter chez Facebook

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Facebook’s MPK20 building (Mark Zuckerberg/Facebook)

Les choses se font et se défont ¡a vitesse grand V dans la Silicon Valley ! La magie technologique, qui excite tant les fantasmes à travers le monde, a vu le point central de la Silicon Valley remonter de San Jose ou Santa Clara, bastion des premières pépites, vers Mountain View, puis Palo Alto, et c’est désormais San Francisco qui tient le haut du pavé. À Titre d’exemple, en 2014, selon CB Insights, les startups de la ville phare du moment ont levé $10,9 milliards en 584 deals, alors que la Silicon Valley à elle toute seule seulement $10,4 milliards seulement. Palo Alto $2,9 milliards, Mountain View, 1,7 milliards, Redwood City $1,3 milliards, San Jose $1,1 milliard, et ainsi de suite. Une lente révolution de l’écosystème des startups, et Uber est naturellement un des premiers responsables de cette suprématie de San Francisco.

Justement, alors que Facebook et son village interne en forme de Parc Disneyland avait depuis longtemps les faveurs de la communauté des développeurs, plus enclins à succomber aux sirènes de Menlo Park plutôt que celles de Mountain View, changement de braquet : les millions, c’est aussi sur San Francisco qu’il faut aller les chercher. Pas nécessairement dans la pépite de Jack Dorsey, Square, la startup de paiement, où les ingénieurs semblent partir en nombre ces derniers temps (alors qu’il fut un temps c’est jusque dans l’état major de Google à Mountain  View qu’il allait recruter), mais bien chez Uber, où les packages sont absolument inimaginables pour le commun des mortels. À en faire fondre les parachutes dorés de la noblesse des grands dirigeants Français, qui font encore parler d’eux dans la presse.

Zuckerberg n’en fait décidément pas assez. Pourtant, il s’applique, avec la construction d’un nouveau siège social, absolument futuriste (enfin pour ceux qui partagent la vision de la marque au f minuscule) avec un nouveau bâtiment en face des anciens locaux de Sun MicroSystems, le siège actuel, avec notamment un parc de 9 acres sur le toit. « “Nous voulons que notre espace de travail soit ressenti comme un mouvement perpétuel. Quand on entre dans le bâtiment, nous voulons ressentir le chemin qui reste à parcourir dans Notre Mission de connecter le monde ». Je ne sais pas si c’est cette vision quelque peu « scientologue » de la mission de Facebook qui a effrayé Joe Sullivan, ou bien les millions d’Uber, toujours est il que l’ex Grand Flic en chef de Facebook vient de rejoindre Uber. Le Chief of Security Officer, qui surveillait les hackers, les scammers, les hamsters (cherchez l’erreur), les pédophiles, et les poils de vénus en tout genre, est parti faire le ménage dans la grande maison tenue par Sir Travis Kalanick, sur Market Street, San Francisco.

Il faut dire que la maison commence à être bien grande, et la presse tech bon marché est à l’affut des moindres problèmes qui peuvent surgir avec toute cette masse de courses de transport désormais gérées par Uber un peu partout dans le monde. 12,000 conducteurs enregistrés sur la ville de San Francisco, m’a confié un chauffeur Uber il y a quelques jours, ça en fait du monde. Alors, avec tous les problèmes que doit affronter Uber, ici et là, du fait de lobby et de certains Gouvernements plutôt enclins à défendre le statu quo comme en Espagne, comme en France, comme en Allemagne, ce n’est pas le moment d’avoir des problèmes avec des chauffeurs Uber qui se prennent pour des taxis. « C’est une chance que d’aider à construire la culture d’une jeune organisation en pleine croissance, et de continuer à construire la sécurité et les initiatives de protection qui sont les bases du business d’Uber », avoue Joe, 46 ans. c’est sur qu’il va faire chuter la moyenne d’âge, Joe. 300 villes, 55 pays, il va en voir du pays, et du pain sur la planche, aussi (Félicie).

Jim Wilson/The New York Times
Jim Wilson/The New York Times

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L’actualité High-tech du jour : Github… et au suivant ?!

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You've been hacked

Je l’ai écrit dans d’autres colonnes : le grand hack est en cours. Les sites web qui se font attaquer par des hackers sont en nombre croissant, et encore on ne nous dit pas tout. C’est donc la plateforme des développeurs informatiques elle même, Github, qui a été victime d’attaques le weekend passé, et elle vient tout juste de rétablir les opérations. Encore un coup de la Chine, car c’est bien connu : ça ne peut venir que de l’Asie ! Dans le cas présent, c’est la Chine. Oui, oui. Tout comme pour Sony, c’était la Corée du Nord. Et vous allez voir, bientôt c’est la Russie de Poutine que l’on va accuser pour je ne sais quel méfait. Hack de DailyMotion peut être ?! Mais non, Super Macron veille…

Croyez moi, les mauvaises intentions ne viennent pas forcément de la où elles viennent (dans le cas de Sony, un bon travail d’investigation permettrait de le confirmer, malgré le boucan qu’a fait Obama sur le sujet, je doute de ce qui a été écrit sur le sujet). Toujours est il que le problème fut assez long à résoudre pour Github, qui est tout de même l’outil de référence pour les développeurs informatiques, qui tend à prouver que personne n’est à l’abri de ce genre de mésaventure… Et tout remarche depuis aujourd’hui. Ouf.

24 Mars 2015 : « Nous vous écrivons pour vous dire qu’il y a eu un accès non autorisé à votre compte Twitch, incluant notamment nom d’utilisateur et l’email qui y est associé, votre mot de passe (qui était crypté), la dernière adresse IP où vous vous étiez connecté à votre compte, ainsi que les informations que vous auriez pu renseigner : prénom et nom de famille, numéro de téléphone, adresse, et date de naissance ». Rien que ça. Les lobbies de protection de votre données me font bien marrer avec leur gué-guerre anti-Google et autres. Le combat à mener est bien ailleurs, d’une part pour obliger les sociétés du Web, du Web 2.0 et du Web en mode gruyère à investir à peu plus à monter des procédures de sécurité et de protection digne de ce nom. D’autre part, réfléchir à un autre Internet, parce que celui que l’on utilise est une vraie passoire.

27 Mars 2015 : « Nous vous écrivons pour vous informer que nous sommes en mesure de vous confirmer qu’il y a eu un accès non autorisé à une base de données de Slack contenant les informations de votre profil utilisateur ». Slack, star des startups de San Francisco du moment, le serial entrepreneur (ancien co-fondateur de FlickR, racheté par Yahoo!), finaliste des Crunchies, cet Oscar du Web. Visiblement, ils utilisent le même cabinet d’avocats d’excuses de s’être mal comporté dans la construction de leur chateau de cartes. Je vous dis ça au hasard, mais Twitch, c’est Amazon aujourd’hui. Prochaine victime ? De la part des bonne soeurs communistes ?

Ce qui m’inquiète, c’est la recrudescence des attaques… que l’on veut bien nous communiquer, et enfin cette vague de terrorisme et de terroristes qui s’attaque aux réseaux sociaux. Bientôt, c’est un cran au dessus que ce type de malades peuvent aller, c’est tellement facile d’apprendre a coder et à se perfectionner de nos jours. Je vous le dis, je le répète, Internet, les mobiles, tout ça, c’est plein de trous. Et ce n’est pas la quadrature du net qui va vous sauver la vie, là. C’est de bien penser à changer votre mot de passe, voire même ne pas utiliser la même carte bancaire plus d’un an sur vos achats en ligne.

 

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L’actualité High-tech du jour : Tidal… aïe, aïe, aïe

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Que se passe-t-il quand des stars de Los Angeles se prennent pour des business Angels de la Silicon Valley ? Ça buzz, mais la réussite n’est pas forcément au rendez-vous ? Il s’agit dans le cas présent de Jay-Z qui a souhaité rentrer dans l’investissement qu’il a fait dans une société Suédoise : Aspiro. J’en ai déjà parlé ici, mais la tentative de la star du rap avec d’utiliser cette solution de streaming live pour tenter un gros coup de pub récemment mérite une petite update comme on dit dans le métier. On en sait d’ores et déjà un peu plus sur les intentions de l’artiste et investisseur : rétablir l’équilibre financier d’une industrie musicale qui a vu les artistes perdre complètement le contrôle de leur copyrights.

Soyons clairs : depuis l’avènement des plateformes de streaming comme Spotify, les labels, à la fois « banquiers » et Grands Gurus ayant droit de vie et de mort sur un artiste, on perdu le contrôle, en quelque sorte. Aujourd’hui, la musique gratuite s’est généralisée sur Internet. Et les artistes sont plus que jamais seuls face au levier que constitue Internet : Youtube, Spotify, et les autres acteurs qui essayent de se payer une part du gâteau comme Deezer (histoire de faire plaisir à l’audience Française de ce blog), Rdio (pour citer une radio locale, en bon San Franciscain que je suis devenu). Les labels ont touché des chèques, et je me rappelle encore la photo de celui que Sir Nègre (et son sourire) avait empoché à l’occasion d’un deal signé avec la startup Française. Mais soyons clair : cette industrie du streaming vis sous perfusion permanente des investisseurs et de la publicité. Parlez en à un autre guru du sujet, Tim Westergren, CEO de Pandora, et regardez où en est la vielle startup d’Oakland aujourd’hui.

Prenez les chiffres dans tous les sens : les quelques $56 millions levés pendant son existence, l’introduction au NYSE et $100 nouveaux millions en 2010, ses 250 millions d’utilisateurs (un peu plus de 80 millions d’actifs), selon les derniers relevés, l’entreprise continue de perdre de l’argent, avec des pertes annuels de $30 millions malgré un chiffre d’affaires en hausse, malgré quelques sursauts trimestriels, et l’action reste collée à $16, et fluctue au rythme des rumeurs de rachats (dont le nom de Jay-Z est cité, quel hasard). Les artistes dans tout ça ? Cherchez la ligne dans le compte de résultat des royalties reversées aux artistes, et quel est le process.

Spotify ? Quasiment $540 millions levés au compteur, et ça n’est surement pas terminé (pour 60 millions de souscripteurs dont 15 millions payants). Cette industrie de la musique est devenue une industrie de startup financée par des VCs, avec sans doute une IPO qui viendra boucler le tableau, histoire de rémunérer grassement tous ceux qui auront bien travaillé sur le dossier. Mais le résultat sera surement le même. Pour quel résultat pour les artistes ? Quelle est la partie de royalties reversée ? Combien ? Et vous voulez que je parle de Deezer, ses 150 millions, Orange ? Rdio ? $125 millions. Etc.

Je suis personnellement (accessoirement) conseiller digital d’un artiste au talent fou (forcément impartial, désolé, mais c’est un bon exemple) du nom de Francis Jocky, basé à New York. Vous pouvez trouver ses albums sur CD Baby, et sur toutes (ou presque) ces plateformes où la musique ne se paye pas, à défaut d’une somme minime par mois, ou au prix d’un peu de publicité. Des centimes, c’est ce qu’il reçoit des plateformes de live streaming, là où il fut un temps où même les téléchargements digitaux apportaient sa part de bonheur. Thom Yorke a retiré ses titres, puis d’autres (Taylor Swift…) . Va chercher AC/CD pour voir ! Pour percer aujourd’hui, il faut se lancer comme un acharné sur les réseaux sociaux, être à l’affut de tweets, se la jouer dans des productions sur Youtube… ou rêver de passer à la télé, comme à l’époque de la môme Piaf ou de Jacques Brel. Je fais partie de ceux qui veulent croire que le but d’une industrie qui flirte avec la culture doit être vertueuse, pour assurer la diversité et l’égalité des chances pour chacun. Je fais partie de ceux qui vont acheter le dernier album d’Avishai Cohen plus de $30, parce que je le peux, et que je m’adresse à sa propre société à Londres pour que l’argent lui arrive direct dans la poche.

Jay-Z cherche à faire un coup. Il a tout le gotha des starlettes avec lui, Madame, la Madonna, Kayne West, Chris Martin, et moi, et moi, et moi. Et même si tout ce barnum est loin d’être bien clair… où est le problème ?! Il y a même les Frenchies de Daft Punk ! J’ai dit ce que je pensais du service de Tidal, qui ne vaut pas selon moi les $20 mensuels assurant une diffusion haute définition, sachant que le catalogue n’est pas à la hauteur, même à 25 millions de titres. Sachant que, vu les premiers contacts avec la société, ce n’est pas 8 mois que je vais mettre à avoir le catalogue de Francis dans Tidal (le temps qu’il m’a fallu pour l’avoir dans Spotify), mais perpète à coup sûr, vu les premiers échanges. Non, allez, je trouve qu’il a raison d’essayer, l’ami Jay-Z, même si la vidéo de promotion fait tout de même peine à voir. Il faut essayer de balancer ce monde des startups qui prend un industrie à bras le corps avec son armée d’investisseurs. Autant je crois à l’avenir de ces jeunes aventuriers de la sharing economy de l’industrie du transport ou des loisirs, autant le digital et Internet a mis à mal un secteur où ceux qui apportent le plus gagnent de moins en moins : les créateurs, les artistes. Coincés entre la finance et la technologie. Alors je dis : vas-y, Jay-Z. Dépense ton argent, réuni tes potes, et voyons voir ce qu’on va voir ! $56 millions pour s’acheter une technologie, c’est un début. Maintenant, va falloir remplir !

Et en tout cas, je n’achète pas pour le moment. Je ne suis pas allé au bout de la période d’essai. Anyways, I love America. #TidalforALL 😀

Jay-Z

A demain pour la suite…

L’actualité High-tech du jour : un adolescent de 15 ans qui s’appelle Gandi

Un journal, par définition, c’est quotidien. Alors je me suis dit que c’était le moment d’essayer la recette de la nouvelle High-Tech du jour. C’est parti pour la nouvelle formule du Journal de la Silicon Valley !

Commencer une nouvelle rubrique (en quelque sorte) par un anniversaire, c’est comme profiter d’une nouvelle lune, ça donne un coup de boost au karma.

no bullshit

Il est fort connu qu’internet regorge de chats en tout genre, sous toutes ses formes, en lol et tout le reste. C’est un peu la second nature d’Internet. Il y en a une autre que l’on oublie : les crottes de taureau, le bullshit en anglais. Il faut reconnaître qu’Internet c’est un peu devenu aussi compliqué qu’un bon couscous maison. Alors Gandi, dit Gandi.net pour les intimes, qui n’a rien contre les chats, c’est une grande vraie famille, a néanmoins décidé depuis fort longtemps à s’attaquer à son marché de la commercialisation des noms de domaines sur Internet en combattant la seconde catégorie : le bullshit. Aga.

Une société, c’est un peu comme un enfant, on ne la voit pas grandir et pourtant, c’est bien en 1999 que l’aventure a commencé pour GandiPierre BeyssacLaurent ChemlaValentin LacambreDavid Nahmias, 4 Mousquetaires de l’Internet Libre Spirit, décidaient de réunir 5 mots en une espèce de profession de foi : Gestion et Attribution des Noms de Domaine sur Internet.

A l’époque, c’était seulement 3 extensions qui étaient disponibles (.com, .net et .org), et ce business qui semblait à l’époque tout petit, est désormais un véritable enjeu qui rassemble quelques concurrents qui se partage la commercialisation de quelques 600 extensions. Et cette bataille commerciale ne fait pas de l’ombre à l’ambition de l’équipe dirigée depuis 2005 par Stephan Ramoin, depuis San Francisco, où le coeur de l’entreprise a été déplacé en 2014. D’où notamment cette campagne « no_bullshit » voulue tant pour son caractère un peu fun que pour continuer à tailler dans les marges des gros concurrents US comme Godaddy, avec une stratégie marketing assez transparente : pas d’argent dépensé en publicité.

Regardez le résultat, en 15 ans :

Infographie des 15ans

La priorité de Gandi, tout en supportant l’innovation, le nerf de la guerre, reste la communauté des personnes travaillant dans le domaine des technologies pour qui Internet est un relais pour leur business, tout en favorisant le partage libre et sans restriction de l’information, dans un esprit de  promotion du respect des droits individuels et des citoyens.

D’ailleurs, regardez d’ailleurs ce tweet très humain de la Fédération des Droits de l’Homme :

//platform.twitter.com/widgets.jsOn se plaint souvent en France de ne pas avoir créé le prochain Google, grand fantasme de ceux qui dirigent le pays (et qui ne comprenne pas trop la technologie, ou alors suivent mal l’actualité) ou ceux rêvent de passer au 20 heures de David Pujadas. Il y avait pourtant Daily Motion, que Montebourg a quelque peu tué dans sa grande vision du monde. On oublie souvent de citer Ilog, autre belle pépite d’origine Française qui a marqué le monde informatique de son temps (parlez en à IBM). Et il y a aujourd’hui Gandi. Pas besoin de vouloir changer le monde, et de perdre son sens de l’humour, pour ne pas conquérir le monde du numérique. Et même recruter en France, le grand créneau du moment (jetez un coup d’oeil aux offres d’emploi du moment) Alors je dis : Happy Birthday Gandi, vous pouvez ouvrir une bière pour l’occasion !!!

NDLR : mes remerciements à Karim El Mansouri, Senior Hosting Manager chez Gandi,  pour son inspiration, et j’espère avoir répondu au challenge.

Si vous voulez gagnez des cadeaux, c’est le moment d’aller faire un tour sur le site des 15 ans de Gandi :

15 ans de Gandi.net

 

A demain pour la suite…

L’actualité High-Tech de la semaine : Dropbox, Kleiner Perkins, Slack, une startup inconnue et Jay-Z

Un trimestre, c’est tellement long. Rien de mieux qu’une belle semaine d’acquisitions dans la Silicon Valley pour se remettre à l’écriture, en pleine période de rachat de ce média, L’Express, qui abrite mon blog depuis si longtemps… Cher Patrick Drahi, si tu lis ceci, j’espère bien pouvoir continuer cette rubrique s’il te plait, désolé de l’avoir délaissé un peu mais j’avais beaucoup de travail. Allez, c’est reparti pour la rubrique organique qui vous donne la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Dropbox rachète Pixelaps

Screen Shot 2015-02-07 at 7.12.17 PMDropbox a perdu la course contre Box : la fameuse course au jackpot de la startup, la grosse carotte des gouttes de sueur de la Silicon Valley : le NASDAQ. Box a fait son introduction en bourse fin Janvier 2015, après une année de longue labeur pour toucher le Graal. Bien que distancée au ryhtme des levées de fonds ($1.1 milliard pour Dropbox, $559 millions pour Box), Box est tout de même plus agée de 3 ans (Box a été créée en 2005, Dorpbox en 2008), c’est donc un peu logique que Box y soit arrivé avant, et c’est donc bien parfois 10 années qu’il faut pour réussir son entrée en bourse. 10 ans, pas 2. Box et Dropbox, c’est un peu bonnet blanc et blanc bonnet. Je devrais même dire bonnet bleu et bleu bonnet, les deux sociétés ont un goût commun pour les logos qui donnent dans le bleu. Ca fait grosso modo la même chose : du stockage de fichiers en tout genre dans les nuages, l’une ayant plutôt une légitimité auprès des entreprise (Box), l’autre dans le grand public (Dropbox, si vous avez bien suivi).  En attendant, Dropbox fait le boulot, développe le produit, notamment en faisant gagner le jackpot de la Deuxième Division (ça rapporte moins qu’une IPO mais quand même) a une startup de Palo Alto, Pixelapse, en la rachatant pour un montant non divulgué. Autrement dit, pour pas cher, surement le montant serait déjà sur la place publique. C’est donc la 21e acquisition de Box. Pixelapse développe un outil de collaboration pour les designers, et à en juger la taille de la startup qui a eu les honneurs de la Rolls des incubateurs, YCombinator, et de StartX, l’incubateur de l’Université de Stanford, ça nous ressemble à une opération de type « aqui-hire », en clair une embauche, plutôt qu’un véritable rachat. Oui Mesdames et Messieurs, la Silicon Valley, elle est tellement forte, tellement puissante, que quand elle recrute, elle rachète. C’est comme ça que ça se passe ici. Longue vie à Pixelapse, et dépêchez vous de copier vos fichiers si vous en avez sur cette plateforme, mon petit doigt me dit que ça ne va pas rester longtemps sur le commerce.

Suivre Pixelapse sur Twitter : @Pixelapse

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Mardi : Kleiner Perkins a cherché à racheter Social+Capital Partnership

George-Doriot

On parle souvent des VCs (pronioncer vicise) de la Silicon Valley, dont on sait qu’il donne de l’argent au startups, mais à part ça ? Ce n’est ni une secte, ni la branche business des francs-maçons. même si parfois on peut s’étonner de leur mode de fonctionnement qui ressemble de près ou de loin à une bande organisée à but très lucratif. Les VCs ont une capitale : Menlo Park en Californie, ville dorée, bordée par Portola Valley au Nord, Los Altos Hills au Sud, où se trouvent leurs maisons 5 étoiles, et par Redwood City, Palo Alto entre autres, leurs principaux fournisseurs de serials entrepreneurs. Sand Hill Road est leur avenue, un peu comme Hollywood Star Walk sur Los Angeles peut être pour l’industrie du cinéma. Ce sont des sociétés à but très lucratifs, qui s’occupent à assembler les demi-millions de $ pour ces capitalistes fatigués de racheter des kilomètres de constructions éparses, et qui veulent s’acoquiner avec ces petits jeunes de la Silicon Valley. Kleiner Perkins Caufield et Byers, un des barons de la cause du venture capitalism, sévit depuis 1972 dans un métier qu’un Français a imaginé il y a bien plus longtemps encore, Georges Doriot (oui, je sais, c’est aussi le fondateur de l’INSEAD, la nouvelle maternelle d’Arnaud Montebourg) en créant ARDC. C’est fou ce que les Français réussissent aux États-Unis, au passage. Les VCs sont des sociétés comme les autres, elles peuvent se racheter en elles. C’est donc Social+Capital Partnership qui a donc faire l’objet d’une offre de rachat, cette vielle dame de KPCB ayant semble-il  besoin de disposer de sang frais dans leurs rangs, même s’il semble qu’ils savent plutôt bien utiliser les $1,4 milliards qu’ils ont rassemblé dans le cadre de leur dernier fond. Le chemin devait être trop long depuis Alma Street, siège de SP23, vers Menlo Park, le rachat n’a pas fonctionné. La jeune génération des cpital-risqueurs n’est pas aussi facile à racheter.

http://fortune.com/2015/01/26/exclusive-kleiner-perkins-tried-to-acquire-socialcapital-partnership/

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Mercredi : Slack rachète ScreenHero

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Slack est la startup adulée du moment dans la Silicon Valley. Bien des entreprises se sont cassées les dents à essayer de faire quelque chose dans le domaine des outils de communication pour les entreprises, à défaut d’être acquises par des géants du web (Yammer par Microsoft) ou même encore d’être développées par elles (comme Chatter par Salesforce). Pour autant, bien des entrepreneurs ont envie de refaire le coup de Yammer (acheté $1,6 milliard par Microsoft), voire refaire le succès de Facebook dans le monde de l’entreprise. Il y a de toute façon toujours quelqu’un pour racheter ce tpye de startup dans le coin. Cela faisait un certain temps que le co-fondateur de Flickr (racheté par Yahoo! en mars 2005) Stewart Butterfiled, n’avait plus fait la une des médias de la Silicon Valley, le voilà satisfait. Làs, certains produits connaissent l’état de grâce, et Slack a rapidement trouvé sa base d’utilisateurs, après son lacement en Janvier 2013. Des fuites ont même annoncé un chiffres d’affaires de plus de $1,5 millions après 18 mois d’activités, bonne raison de justifier une valorisation supérieure au $ milliard. Ca étonne souvent, mais, pour extrapoler, ce type de chiffres peut donner une idée du chiffre d’affaires au cas où la société arriverait à rentrer en bourse. D’ici 10 ans, par exemple, ça laisse du temps pour développer le business. En attendant, avec les quelques $180 millions levés depuis sa création, Slack vient d’acquérir Screenhero, une startup qui tente de concurrencer Webex, le dinosaure des solutions de vidéo-conférences en la personne de Screenhero, petite startup de Mountain View composée de 3 co-fondateurs. Encore une embauche de riches. Peuvent vraiment pas recruter comme tout le monde, ces Américains, il faut toujours qu’ils en rajoutent…

NB : la première version du produit de la startup Slack qui s’appelait autrefois Tiny Speck était un MMORPG, en bon Français une plateforme multi-joueurs. Ca laisse rêveur…

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Jeudi : Slyce rachète SnipSnap

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Que se passe-t-il lorsqu’une entreprise qui développe une technologie de reconnaissance d’image utilisée dans le monde de l’e-commerce rencontre une autre startup spécialisée dans le couponing, en particulier lorsqu’elles ont tendance à se croiser à Minneapolis où il ne se passe pas forcément grand chose tout les jours dans le monde des startups ? Et bien elle s’entendent, et se rachète pour faire comme tout le monde, ça fera toujours un article dans Techcrunch. Il faut d’abord trouver la plus grosse : ce sera Slyce est ses 40 employés, et ses $27,8 millions levés au compteur. La proie, SnipSnap, moins de 15 employés, et seulement $2,8 millions au compteur de VC. Le tout pour une transaction de $6,5 en stock options et en cash, ça fait tourner le commerce. Ca tombe bien, la plus grosse est celle qui a le nom le moins débile. Il y a toujours une morale en affaire. Il y avait quand même 4 millions d’utilisateurs qui avaient téléchargé leur application mobile, ce qui vous donne une idée à quel point les États-Unis sont un grand pays. Je me rappelle un temps pas si lointain où la star des applications de géolocalisations Françaises, Dismoiou, avait culminé à 1 millions de téléchargements au bout de quelques années d’existence. L’idée de SnipSnap était de laisser les utilisateurs prendre eux mêmes la photo du coupon avec leur téleephone, qui devenait alors disponible sur l’application SnipSnap pour les autres utilisateurs. Ca a tout de même généré 100 millions de coupons, ce qui force le respect. Slyce en est à sa 4e acquisition, ce qui n’est pas si mal en 3 ans. Il n’y a pas à dire, racheter, c’est plus facile que développer !

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Suivre SnipSnap sur Twitter  : @SnipSnap

Vendredi : Jay-Z achète Aspiro

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Des grosses startups qui rachètent des petites startups, des petites startups qui rachètent des plus petites startups, des VCs qui veuleut racheter des autres VCs, quoi d’autres ? Vous ne voyez pas ? Et bien les rappeurs US bien sur ! Eux aussi rachètent des startups voyons, c’est bien connu ! Et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit de Monsieur Beyoncé ! C’est nouveau, Jay-Z aime les Suédoises… je veux parler des startups puisqu’il vient de se porter acquéreur d’Aspiro. 2 noms, un seul produit, Tidal aux USA en Grande-Bretagne, WiMP en Europe du Nord, pour offrir une technologie développant une expérience musiscale en son de qualité audi haute fidélité, à travers également des partenariats. Je me suis permis d’essayer le service, je n’ai pas trouver une différence incroyable avec Spotify, mes oreilles ne doivent pas être sensibles comme celle de Jay-Z au kbps. Sur du Steely Dan, en tout cas, rien de flagrant… peut être sauf sur mobile, où on sent un petit plus ! Enfi, pour $20 par moi, va falloir pousser mémé dans les orties pour ça. Pour ceux qui vont m’accuser de mensonge en prétendant que la société s’est faite rachetée par Swan Carter, je les invite à consulter Wikipedia séance tenante. Vous savez combien il a payé le garçon ? $56 millions. Bon, c’est une offre privilégiée mais elle montre un intérêt certain de la part de certains artistes, comme également Ashton Kutcher  (Change.org, Secret, Airbnb…) ou encore Jared Leto (Spotify, Zenefits, Reddit) qu’ils sont loin d’être cons, plutôt concernés par l’évolution de leur profession, et prêt à mettre la main au portefeuille pour être au service de leur passion… pour le plus grand bonheur des serials entrepreneurs de la Silicon Valley !

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Suivre Aspiro sur Twitter : @Tidal

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !