L’actualité High-Tech de la semaine : Linkedin, Affirm et Max Levchin, Paypal, Rabb.it, Twillio & Stripe

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Linkedin sur les traces des outils collaboratifs ?

 

Après avoir franchi la barre des 200 millions d’utilisateurs, après avoir ouvert en grand la porte aux recruteurs qui savent se montrer reconnaissants, ce qui n’est pas sans poser de problèmes à un grand nombre d’utilisateurs (tout comme leurs trop nombreuses campagnes emailing), le géant des réseaux sociaux professionnels de Moutain View a tout de même une action à valoriser ($175 en ce moment), des actionnaires à satisfaire, et de nouveaux horizons monétaires à explorer… voire de nouvelles fonctionnalités à proposer. La voie qui semble avoir été choisie, selon Jeff Weiner, son CEO, lors d’une conférence à San Francisco, est d’aller chercher dans des marchés déjà explorés par d’autres les outils collaboratifs, permettant de favoriser la communication entre membres d’une même société, lors de sa connection sur Linkedin. De là à imaginer Linkedin lorgne vers des produits comme Yammer ou Chatter, autant dire, aller chatouiller Microsoft et Salesforce, et proposer des outils de communications privés…à voir, car c’est un autre métier Monsieur. Des tests sont déjà menés permettant des communications privées et sécurisées. A suivre !

Linkedin sur Twitter : @LinkedIn

Mardi : Affirm, Max Levchin de retour dans le business des paiements

 

Je dois l’avouer : j’ai un faible pour Max Levchin, l’un des co-fondateurs de Paypal qui poursuit une véritable carrière de serial entrepreneur (pas comme beaucoup le prétendent il faut bien le dire) : après la vente de la plateforme de paiement à eBay, il crée Slide qui permettait de créer toutes sortes de widgets et slideshows sur Facebook, MySpace, qu’il revend à Google pour $182 millions, y reste quelque temps… investit dans des startups tels que Yammer, Pinterest entre autres, et le voilà de retour dans le paiement avec AffirmAffirm se veut de transformer la tendance d’achat sur mobile en une habitude d’achat… tout court ! L’application utilise un processus de connexion sur Facebook pour sécuriser les transactions, ce qui est plutôt original. Max Levchin décrit Affirm comme une carte digitale rechargeable plus qu’une carte bancaire. Après avoir essayé, j’en déduis que l’on va attendre un peu avant de se faire un avis définitif. Mais on peut dire qu’il y a une expertise dans l’équipe dans le domaine du paiement : reste à savoir s’ils sauront le transformer dans le monde du mobile. Ce post est un pari pour l’avenir !

Son intervention à la conférence DLD2013 vaut le déplacement : à lire

Mercredi : Paypal et son Coinstar

 

J’ai beaucoup de mal en ce moment à ne pas citer régulièrement Paypal qui sort des produits au pas de course, et une fois de plus c’est dans le monde offline que cela se passe. Les kiosques Coinstar vont désormais pouvoir connecter les pièces de monnaie récupérées avec le compte Paypal de ses utilisateurs. Les premières installations ont été faites pour le moment dans trois états (Ohio, Nord Californie et Texas), et laisse augurer du potentiel de développement de la solution sécurisée de Paypal que l’on va certainement retrouver sur d’autres dispositifs comme payer son parking, son essence, ses courses à Home Depot, allez savoir si l’époque n’est pas si proche où il sera possible de faire ses courses munis de son seul mot de passe ? Science fiction, ou réalité ?!

Paypal sur Twitter : @Paypal

Jeudi : Rabb.it, du vidéo chat avec $3,3 millions pour décoller

 

Je dois avouer avoir rejoint le clan des utilisateurs de plus en plus mécontents de la qualité de service de Skype, alors que le besoin d’utilisation de ce type d’outils est en train d’augmenter. Alors forcément on cherche des solutions alternatives. Je n’ai pas été convaincu par la plateforme de vidéo conversation Airtime lancée par Sean Parker, ce qui n’est absolument pas le cas de Rabb.it. Développé par une startup de San Francisco, que j’ai découvert  lors d’une de mes visites à The Hatchery, un co-working space de San Francisco. Rabb.it vient d’annoncer avoir levé $3,3 millions, est en quelque sorte un produit made in France (in the US), car le CTO de la startup s’appelle Philippe Clavel, c’est un Supelec qui a fait l’essentiel de sa carrière aux États-Unis, qui sait clairement de quoi il parle. Cela va mériter une interview bientôt, je pense, d’ailleurs. Le reste de l’équipe est tout autant expérimentée, et le produit, une plateforme de vidéo-chat très performante, à essayer au plus vite. Parce que sans contacts dans un système, difficile de communiquer, alors rejoignez nous !

Rabb.it sur Twitter : @LetsRabbit

Vendredi : Twillio & Stripe, en route pour l’Europe !

 

L’Europe. Autant la Silicon Valley fascine le monde des startups en France, autant l’Europe devient une nécessaire équation pour les startups Américaines à un moment clé de leur croissance, quand les levées de fonds deviennent suffisantes, et que les parts de marché prises sur le continent vont servir de révélateur. Klout l’a bien compris, alors que la startup envisageait d’ouvrir un bureau à Londres… ce n’est jamais arrivé. C’est un bel exemple pour réaliser que les Américains sont tout autant démunis que les Européens qui débarquent à San Francisco. Et la formule est bien plus compliquée, du fait de la fragmentation des différents marchés, de la localisation des marchés en B2C aux pratiques business divergentes en B2B. Et pour celles qui atterrissent à Londres, ils vont mettre un certain temps à comprendre ce que le mot Europe veut dire. Mais nos amis américains apprennent vite ! A ce titre, c’est amusant de voir deux startups de la Silicon Valley, la plateforme de mobile cloud computing Twillio et la plateforme de paiement Stripe (encore, je sais), venir s’attaquer à l’Europe avec toutes deux la même stratégie vis à vis des développeurs :

– pour Twillio, la mise en place d’un fond de encourager la communauté des développeurs locaux, pour batir des applicationsusant sa technologie de voix sur IP, et les candidatures pour bénéficier de ce fond avec le support de l’incubateur de Mountain View 500Startups sont possibles jusqu’au 1er mai sur ce site,

– pour Stripe, la société permet aux sites web et développeurs d’accepter les paiements en ligne avec l’addition de quelques lignes de codes, et à ce sujet un evangéliste est recherché pour représenter la société sur Paris (postuler ici).

Twillio sur Twitter : @twilio

Stripe sur Twitter : @stripe

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

La France, ce pays où il fait bon entreprendre… avec Itekube

L’avantage de vivre en dehors d’un pays, c’est de voir un peu mieux ce qui peut s’y passer, d’une certaine façon : ça vous rend plus positif. Plus objectif ?! La Silicon Valley, c’est aussi un lieu de passage pour ces entreprises bleu-blanc-rouge qui viennent se positionner, participer à une conférence, satisfaite de leur positionnement dans un pays où il fait bon développer une entreprise (oui, je parle bien de la France)… en attendant d’aller voir ailleurs, selon les opportunités qui se présenteront, ou pas.

J’ai rencontré Julien Ulrich dans les années 2005-2006 alors qu’il était General Manager de Virginmega.fr. Une belle rencontre, voilà un homme qui connaît son affaire : le contenu digital. Quelques années plus tard, alors que l’on s’est toujours plus ou moins suivi, en tout cas jamais perdu de vue, je le retrouve en mode de lancement de sa véritable première startup, en totale liberté dans la maîtrise de son idée, avec un produit imaginé avec son frère, made in Caen, Normandie. De passage en France, j’en profite pour voir le produit de mes yeux. Écoutez plutôt…

Naturellement, le produit n’en est pas au cycle de développement commercial d’une société comme Withings, mais la table digital imaginée par les deux frères a déjà trouvé preneur chez Microsoft (vous pouvez la voir au siège à Issy les Moulineaux), Dassault Systèmes (qui s’y connaît un peu en 3D), Vinci, le Grand Lyon et d’autres régions françaises. Le canal de distribution est quasiment en place, et la production est en train de passer à sa deuxième grande série.

Itekube conçoit et réalise des interfaces interactives intuitives pour les environnements grand public, avec des matériels adaptés à plusieurs types d’interactions, en particulier la navigation dans des univers 3D temps réel.

Julien n’imaginait pas monter ce combiné de hardware et de software ailleurs qu’en France, et il a d’ores et déjà les yeux rivés vers les opportunités qui vont arriver ailleurs, aux Étas-Unis par exemple. La Côte Est, elle arrive, déjà. EVA, ils l’ont appelé : je me sens tout E.T., pas vous ?!

Cette nouvelle rubrique se veut fraîche, et je souhaitons lui longue vie ! Vous êtes une société Française de passage dans la Silicon Valley ? Contactez moi !

Ce n’est qu’un au revoir, Monsieur Andrew Mason…

Le buzz des 48 précédentes heures…

(Ceci est pour les employés de la société Groupon, mais je le diffuse publiquement, car, de toute façon, il y aura des fuites)

Chers gens de Groupon,

Après plus de quatre années intenses et merveilleuses en tant que PDG de la société Groupon, j’ai décidé de passer plus de temps avec ma famille… Non, je rigole, j’ai été viré aujourd’hui. Si vous vous demandez pourquoi… vous n’avez pas fait attention. Des chiffres controversées à l’occasion de notre premier semestre, les deux derniers trimestres qui s’avèrent très faibles et qui nous font manquer nos objectifs, une valeur de l’action stationnaire qui évolue à près d’un quart de sa valeur d’introduction, les événements parlent d’eux-mêmes. En tant que PDG, je suis responsable.

Vous faites des choses incroyables chez Groupon, et vous méritez que le monde extérieur vous donne une seconde chance. Je suis en phase avec cela. Un PDG tout frais pourra vous apporter cette chance. Le conseil d’administration est enaccord avec la stratégie que nous avons dével0ppé au cours de ces derniers mois, et je ne vous ai jamais vu autant travailler ensemble aussi efficacement. Il est temps de permettre à Groupon de souffler un peu face aux rumeurs publiques.

Pour ceux qui se sentent préoccupés pour ma situation, s’il vous plaît, ne le soyez pas. J’aime Groupon, et je suis vraiment fier de ce que nous avons créé. Je suis d’accord avec le fait d’avoir échoué dans cette partie du voyage. Si Groupon était Battletoads (une franchise de jeu vidéo NDLR), ce serait comme si j’avais fait tout ce chemin vers les Terra Tubes, sans mourir, sur ma première partie. Je suis vraiment chanceux d’avoir eu l’opportunité d’amener la société à ce niveau avec vous tous. Je vais maintenant prendre un peu de temps pour décompresser (…), et peut-être vais-je trouver un moyen de canaliser cette expérience en quelque chose de productif.

S’il y a un morceau de sagesse que le modeste pèlerin que je suis aimerais partager : ayez le courage de démarrer un produit avec des clients. Mes plus grands regrets sont les moments où j’ai laissé un grand nombre de données statistiques maîtriser mon intuition concernant ce qui est le meilleur pour nos clients. Ce changement de leadership vous donne une certaine marge de manoeuvre permettant de briser les mauvaises habitudes et d’offrir un bonheur durable à vos clients. Ne manquez pas cette occasion!

Vous me manquerez terriblement.

Love,

Andrew

Andrew Mason est l’ancien CEO de Groupon, une histoire de startup à dormir debout : créée en novembre 2008 à Chicago, introduite en bourse en novembre 2011, avec un modèle qui en a laissé plus d’un relativement pensif : les sociétés ayant fait des offres promotionnelles sur Groupon, les clients qui semblent se lasser de ce type d’offre, et les personnes ayant investi dans ses actions. Aujourd’hui cotée $5 (à la peine) l’action, bien loin de la valeur d’introduction, sa capitalisation est tombée à $3,3 milliards, son résultat opérationnel est tombé dans le rouge.

Groupon, c’est juste un site qui met en relation les marchands ayant des offres promotionnelles avec des clients potentiels. Un site web, des emails, et des transactions. A grande échelle, comme jamais fait auparavant.

Avoir de l’humour, trait de caractère reconnu chez Andrew, c’est une chose, mais la lettre aux salariés de Groupon, qui n’a pas du surprendre les salariés qui le connaissent bien, a certainement du faire l’objet d’une validation en terme de communication (de son coté, surement pas du coté de la compagnie), et je suis prêt à en faire le pari. Le CEO d’une startup, c’est aussi le panache.

Beaucoup de commentaires sont apparus ici et là vantant le courage qu’il a eu d’exposer ainsi son départ, mais je trouve sa petite note  peu surprenante, en fait, de la part d’un jeune homme de 31 ans qui a malgré tout un peu brulé les étapes.

Le mois dernier, LivingSocial, une petit concurrent de Groupon, a annoncé perdre $650 million en 2012.

Etc-ce le bon moment pour partir d’une industrie qui peine à confirmer son potentiel ? Merci en tout cas Andrew pour ce joli billet, et ce n’est qu’un aurevoir.