Les (vrais) secrets de la Silicon Valley

J’ai ouvert « Le Journal de la Silicon Valley », un blog hébergé par Lexpress.fr, en 2012 car j’étais las de lire les écrits du patron de l’Atelier BNP Paribas San Francisco de l’époque (pas celui qui l’a créé quelques années avant, qui m’avait bien fait marrer avec son « web métisse » qui, j’imagine, avait fait un grand plouf… n’est pas visionnaire qui veut, et il est depuis parti gagné des « dollars oligarches » en Ukraine) qui promouvait la Silicon Valley sans véritablement rendre compte de ce que je pouvais y voir. Quand j’y publiais un article, il fallait se plonger dans la rubrique « Tech » pour le trouver. C’était cool.

Mes années dans la Silicon Valley, où je me suis progressivement installé après ma première visite en novembre 2007, ont toujours été pour moi une sorte d’aventure et une forme d’apprentissage professionnel continu… C’était en quelque sorte devenu un MBA sur le terrain (j’avais imaginé à l’époque en faire un auprès d’une université en Espagne). Mes premiers voyages réguliers se sont transformé progressivement en installation définitive. Enfin, pour le moment.

Je n’aurai jamais le diplôme de la Silicon Valley, c’est une histoire en mouvement constant. On n’en fait jamais vraiment le tour, même si son territoire est géographiquement délimité.

On m’a souvent présenté comme « journaliste », notamment du fait de ce statut de blogueur qui vous permet d’avoir l’étiquette de média, d’être invité gratuitement aux conférences, et d’écrire un peu tout ce que l’on veut. J’avais toutefois un contrat moral avec L’Express, dont j’avais rencontré le directeur adjoint de la rédaction de l’époque grâce à un ami journaliste (un vrai). Rendre compte a toujours été pour moi essentiel, même avec les petites histoires que je racontais avec une certaine naïveté sur mon blog personnel depuis 2007. C’est important d’imaginer que des personnes vont tomber sur ce que vous avez écrit et des conséquences que cela peut avoir. J’ai touché de près cet inconvénient une fois, et j’ai appris que cela avait une importance que l’on n’imaginait pas au moment d’écrire, quelque soit la sincérité que l’on y dépose.

Alors quand il s’agit d’écrire sur la Silicon Valley, un thème si facile à citer pour se garantir une audience certaine… J’ai estimé la responsabilité encore plus grande, et j’ai donc publié, publié, publié pour parler de la « tech » en général, des startups, dans la Baie de San Francisco et au delà, car il faut le reconnaître : l’innovation n’est plus une exclusivité de cette région du globe. J’aurais l’occasion d’en discuter la semaine prochaine avec un membre de l’équipe de capital risque de Google à Mountain View dont j’avais quelque peu remis en cause la vision sur Twitter il y a quelques semaines. Juste pour le fun, il gère quelques millions en portefeuille, pas moi.

Écrire avec sincérité, c’est écrire avec responsabilité et donc avec honnêteté. J’ai écrit dans les colonnes de mon blog pour apporter une autre vision des innovations portées par les startups, pour raconter autrement les histoires des entrepreneurs du crû, développant ici un prolongement de leurs études à Stanford, à Berkeley, et narrer les aventures de ceux venus d’ailleurs pour trouver la source de financement dont ils auraient certainement besoin, ou enfin pour se frotter aux cadors du coin, pour profiter de la douceur de la Californie du Nord, que sais-je. Les raisons ne manquent pas pour se motiver à venir jouer sa partie dans ce business playground compétitif qui a frappé bien des imaginations depuis quelques générations, et cela continue encore. Enfin ça s’est arrêté depuis mars, mais je ne m’inquiète pas, le traffic de SFO va reprendre de plus belle dans quelques mois, j’en suis sûr.

Les ouvrages francophones sur le sujet ne manquent pas. Des plus anciens, comme « Les Français à San Francisco » par Daniel Levy en 1884 (je suis collectionneur dans l’âme, et je l’ai, ce bouquin !), « En Amérique, de San Francisco au Canada » par Jules Huret en 1905 (je l’ai aussi), « L’Amérique insolite » d’Yves Grosrichard (un journaliste, lui aussi) en 1959 (je les ai tous !), aux plus opportunistes comme « San Francisco: La ville où s’invente l’avenir » par Jean-Claude Cuzzi en janvier 1985, « À la conquête de la Silicon Valley » par Jean Rauscher et Sylvie Marc en 1999, « Les secrets des entrepreneurs de la Silicon Valley » par Guillaume Villon de Benveniste en 2016 (un autre grand voyageur dans la Baie, hum hum), « Made in Silicon Valley » par David Fayon en 2017 (mazette, quelle préface…). Les donneurs de leçons sont au rendez-vous avec « La nouvelle servitude volontaire » par Philippe Vion-Dury en 2016, et aussi les plus documentés comme le numéro 192 de la revue « Le 1 » sur la « Silicon Valley, son univers impitoyable » en mars 2018, ou la revue « Esprit » de mai 2019 sur « L’Idéologie de la Silicon Valley ».

Il y a ceux qui m’ont servi comme « Start-Up : ce que nous pouvons encore apprendre de la Silicon Valley » par Hervé Lebret, auto-publié en 2007, ou encore Pascal Baudry et son « Francais & Américains : l’autre rive  » publié en 2003, avec qui j’ai pu brièvement discuter de mes futures activités à San Francisco lors de mes premiers allers-retours il y a maintenant plus de 10 ans.

Il y a eu « La puce et les géants » par Éric Laurent, en 1983, qui m’a inspiré alors que je me destinais à devenir programmeur informatique. Livre qui m’a poussé à venir à San Francisco plus de vingt ans après…

Il y a aussi les romans comme « Et si c’était vrai » par Marc Levy publié en 1999 dont les droits seront rachetés par Steven Spielberg pour donner naissance au film « Just like Heaven« . Justement, je pense que la frontière entre le roman et le travail journalistique est certes une mince feuille de papier mais qui mérite toutefois un soupçon d’honnêteté.

Mon blog n’était pas censé se poursuivre jusqu’à ce que je tombe par hasard sur cette vidéo de Konbini mettant en avant un certain Loïc Hecht et son livre sur le syndrome de Palo Alto, paru en janvier de cette année, qui m’était totalement inconnu à ce jour.

J’ai cessé de m’intéresser à ce que les Français peuvent écrire ou dire sur la Silicon Valley. Comme je l’ai écrit plus haut, c’est certes un sujet très vendeur. J’ai moi même fait partie des ces offreurs de voyages d’études dans la Silicon Valley dans mes premières années ici, et j’y ai vécu de cette activité. Je n’ai toutefois jamais vraiment touché le rêve Américain du fait de ces voyages (je veux dire : coté pognon), avec ces meetings organisés par dizaines, tant je me suis senti responsable d’une certaine forme de légitimité nécessaire pour le faire, c’est à dire faire de façon à me rendre quelque part utile dans le parcours de la « learning expedition », en me transformant en quelque sorte prescripteur des entreprises locales, espérant un retour business de la part des visiteurs pour les différents hôtes sollicités et intéressés par l’idée de rencontrer de potentiels clients. Même en ayant travaillé pour des entreprises françaises de taille significative sur de tels projets, par exemple, entre autres, au service des membres d’une grande famille d’entrepreneurs assez connus, en mettant en relation des startups ayant la meilleure adéquation possible en terme d’offres par rapport aux besoins que pouvaient avoir ces entreprises, j’avoue que cela n’a jamais vraiment fonctionné, et les meetings ont souvent fini en impasse. Trop de « learning », et pas assez de transformation de business (ce qui n’est souvent de toute façon que synonyme d’une certaine forme de consulting sans impact) . Cela s’explique, mais ce n’est pas vraiment l’objet de mon propos ici. C’est juste pour situer le contexte, et comment je vois l’utilisation de la « Silicon Valley » selon une certaine forme de sincérité et d’éthique.

Écrire un livre, je sais ce que cela représente en terme de travail. Je ne sais pas ce que c’est que de vivre de ses écrits, je n’ai jamais été rémunéré pour mes articles (à part une fois pour être précis, avec un ordinateur portable à la clé). J’imagine qu’il y a un fort enjeu à écrire un livre pour ceux dont le métier est de vivre de ce que l’on écrit (vous me suives toujours ?). Cela fait un an que j’ai entre les mains un projet de livre, imaginé lors d’un voyage en train effectué depuis la gare d’Emeryville, Californie, vers New York, en quatre jours, trois nuits et quelques heures avec un ami photographe dont les clichés feront partie de l’oeuvre, mélangeant mes articles de ce « Journal de la Silicon Valley » avec quelques témoignages additionnels remis au goût du jour. Pas nécessairement pour faire de l’argent (au moins pour rembourser le coût du voyage pour nous deux), mais pour témoigner de cette Amérique méconnue de tant de Français, et malheureusement de certains qui en parlent. Mon ami et moi avons fait le pas de prendre la citoyenneté (lui, bien avant moi), et je trouve qu’il est encore plus important de témoigner sur elle, d’expliquer ce qu’il est possible d’expliquer pour éviter les clichés « à la va vite » de gens qui par exemple viennent faire un tour dans la Baie et prétendent ensuite vous raconter l’histoire. Surtout quand il y a des prétextes journalistiques pour écrire un roman.

Et là, j’en reviens à cette vidéo de Konbini, média qui a le droit de vivre de son contenu mais dernier endroit où j’irai chercher une certaine forme d’information après avoir été quelque peu familiarisé avec leur style éditorial. Ton livre, Loïc, franchement, tu peux écrire ce que tu veux, et je te souhaite de gagner plein d’argent avec. Je te souhaite d’avoir aussi Steven Spielberg qui vienne te racheter les droits d’auteur pour en faire un film. Je suggèrerais de prendre James Franco comme acteur. D’ailleurs, il a, lui aussi, écrit un livre qui s’appelle « Palo Alto ». Il est né à Palo Alto. Il n’est pas venu, plusieurs fois, pendant trois à quatre semaines pour raconter « les fameux secrets de la Silicon Valley », depuis 2015, non, attendez, 2014. Il y a grandi.

Bon, on va arrêter le suspense, deux films ont déjà été tournés, inspirés de son livre. « Palo Alto » et « Memoria », si ça t’intéresse. Tu pourrais apprendre des trucs ?

Tes secrets de la Silicon Valley, Loïc, mériteraient, selon ce que j’ai entendu sur cette vidéo de Konbini, quelques clarifications. Tu as du voir mes commentaires, je n’ai pas pu m’empêcher d’écrire quelques lignes sur Youtube… Parce que dans le genre des gros clichés, tu as vraiment tapé fort. Très fort.

  • Le siège d’Amazon est à Seattle, dans l’état du Washington. Un peu plus haut, toujours sur la côte Ouest. Ce n’est plus la Californie, et encore moins la Silicon Valley. Ils ont des bureaux sur différentes villes que tu cites bien sûr. Mais ce n’est pas le siège. Juste histoire d’être précis, comme un bon journaliste que tu es.
  • L’histoire des bus : c’est évident que tu es surement arrivé au moment ou l’affaire faisait un peu de barouf. Mais cela ne date pas d’hier, c’est une longue histoire et il est dommage que tu t’arrêtes à cet incident qui n’a pas été poursuivi d’effets sur une plus longue période je parle de ce mouvement précis). À part changer quelques modes opératoires sur les arrêts de bus des boîtes de la tech dans la ville de San Francisco, mais j’ai sans doute oublié quelque chose… Il y a eu « Occupy San Francisco » aussi, juste en face de la Federal Reserve Bank sur Market Street, dans la Financial District. Tu vois où je veux dire ?
  • Mark Zuckerberg et sa maison de San Francisco… Loin de ses bureaux, genre, donc il dort pas dedans. La vache, quel secret. Et les maisons qu’il a acheté juste à coté, t’es au courant (sinon t’as loupé un scoop pour en remettre une couche) ? Et celles sur Hawaï, ça t’intéresse d’en savoir plus ? Et celles sur Palo Alto ? Que tu saches, il aime préserver son intimité, il a du pognon, et il achète des maisons, chers (ça fait marcher le commerce) et paye même des gens pour sa sécurité. Il est où le problème, Dude ?!
  • L’Apple Store dont tu parles, ce n’est pas le bon. La photo que tu montres est d’un magasin plus loin dans la rue qui a été ouvert bien après la mort de Steve Jobs, dont tu craches un peu dessus avec une certaine forme de mépris en citant les témoignages des fans de l’époque. Le cynisme, ça passe mal des fois, quoi que l’on puisse penser de la façon dont certains managent des entreprises dont des millions de clients utilisent les produits à travers le monde. T’as pas un Mac, Loïc ?
  • La création de Paypal : Peter Thiel est co-fondateur de Paypal (avec, devine qui… Elon Musk, Toto), et donc pas son fondateur unique, Paypal étant d’ailleurs objet de la fusion de deux startups…dommage, t’aurais pu parler de la Paypal maffia et taper un peu plus sur ce que tu sembles avoir désigné comme une de tes tête de turc préférées dans la Silicon Valley…
  • Soma (South of Market, pour faire cool), le coin des clochards ? Tu parles de Tenderloin ? Comprends pas, vraiment. C’était plein d’entrepôts et c’était un quartier chaud, c’est certain, il y a vingt, trente ans. Mais je crains un peu que tu te sois mis les pieds dans le tapis de l’histoire de la transformation de la ville de San Francisco.
  • Elon Musk n’est pas le fondateur de Tesla.
  • L’histoire d’Oakland et tes chiffres… Allez, j’abandonne, c’est pas grave.

« Chuis allé dans la Silicon Valley ». Bon, écoute, écris des romans, et franchement, du fond du coeur, vraiment, j’espère que c’est un succès. Quant à pousser une légitimité de journaliste pour justifier de la réclame sur des secrets dont certains sont quelque peu imprécis, de la part d’un journaliste, ça craint. Je dis ça, je dis rien.

La bande de terre, dont tu parles, elle a un siècle d’histoire. Du beau, du moins beau, mais bon c’est une histoire humaine comme d’autres, tu l’as dis en conclusion, tu as raison. Alors, en tant que journaliste, on a le droit d’avoir des opinions, mais pas la peine d’en faire un syndrome. Beaucoup de journalistes sont venus ici, et ils ne sont pas toujours les bienvenus, parce que les résultats sont souvent loin des promesses pour prendre un rendez-vous et du « rendre compte ». Il faut nous comprendre, on aime bien ce coin, et on aime aussi la précision. Parce que le Français il a besoin de mieux comprendre l’Amérique, sans parler de comprendre la Silicon Valley, qui est une sacrée affaire dans le paysage. Nous, les Franco-Américains, on aime les histoires bien faites, que veux-tu. C’est un peu chez nous, ici, alors tu comprendras qu’on aime la précision.

Quand tu reviens, pour trois ou quatre semaines, j’ai quelques belles histoires pour toi :

  • Morningstar Commune, ça se passe vers la fin des années soixante, au Nord de San Francisco, avec la vision de Louis Gottlieb sur l’impact des ordinateurs dans la société, ça va t’amuser, il y a des gens tous nus en plus,
  • Les essais de LSD sponsorisé par la CIA avec notamment l’Université de Stanford qui prendra part aux études,
  • L’histoire d’un entrepreneur anglais ayant fait ses études supérieures en France qui avait racheté une ancienne garnison de San Francisco pour en faire le temple des frissons…

Sans rancune, Loïc, passe prendre un café à la maison quand tu repasses pour la suite de ton bouquin. Après le syndrome, c’est quoi ?

L’actualité High-Tech de la semaine : Harley-Davidson, Tesla, Spotify, Postmates, et Impossible Foods (et Beyond Meat)

Photo by Patrick Tomasso on Unsplash
Golden Gate Bridge

La rubrique qui vous donne la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) est de retour !

Lundi : Harley-Davidson se met au tout électrique

Harley-Davidson

Harley-Davidson est vient de présenter un concept de vélo électrique aux récents X Games qui comporte un cadre simple avec une transmission électrique et des roues robustes. Son lancement commercial reste encore à annoncer.

Tout en annonçant le prix de vente officiel de sa première moto entièrement électrique, la LiveWire, Harley-Davidson a également présenté deux nouveaux concepts: un vélo de montagne électrique et un scooter électrique. Les concepts semblaient prometteurs et la semaine dernière, Harley-Davidson a exposé quelques prototypes à Aspen, au Colorado, lors des Winter X Games, et a laissé quelques-uns heureux chanceux présents à cette occasion s’en servir. Le vélo a l’air plutôt original, mais il s’en vend par camions de nos jours et pour trois fois rien. La robustesse du modèle de Harley-Davidson permettra peut être de le distinguer des centaines d’autres modèles déjà disponibles, et la réputation du nom de Harley-Davidson pourrait aider la société à y prendre quelques parts de marché. Quant au scooter, c’est une autre histoire ! Le modèle rappelle beaucoup les cyclomoteurs électriques que la start-up Lithium Cycles fabrique depuis la Californie (sans doute un peu trop), mais avec ce petit plus que la société de Milwaukee a les moyens de se permettre.

Ce scooter serait probablement vendu aux alentours de 30.000 dollars. Un prix quelque peu excessif pour sa catégorie mais qui va définitivement donner un coup de jeune à la marque !

 Mardi : Quand Tesla et Amazon font bon ménage…

Amazon

Tesla a décidé de se lancer sur Amazon pour vendre son merchandising en dehors de ses magasins. Il est possible d’y trouver des accessoires comme des étuis pour iPhone, ou des produits purement marketing comme des modèles réduits de Tesla, des mugs ou encore des sweat-shirts à capuches. Très geeky, en tout cas pas encore le bon endroit pour acheter sa Model S !

Au fil des ans, Tesla a utilisé son site Web «Tesla Shop» pour vendre ses produits dérivés et des accessoires, mais il n’a pas vraiment rencontré le succès que la marque espérait. Tesla a donc choisi Amazon pour propulser ses ventes sur le site du géant de la vente au détail sur Internet. C’est d’ailleurs souvent le cas : beaucoup de marques considère Amazon comme le diable en personne (et ils ont quelques raisons pour cela), mais vendre sur Internet est une discipline à part qui ne porte par ses fruits si on ne fait pas appel à des spécialistes du sujet. Amazon a encore trop d’expérience sur ce sujet par rapport à la moyenne des sites marchands et de leurs équipes marketing et informatique. Tous ces articles sont vendus par le biais d’Amazon Prime, le détaillant en ligne se chargeant de la logistique.

Tesla pourrait éventuellement positionner plus d’articles dans le magasin en ligne et laisser Amazon prendre en charge la ventes des autres produits, sans doute plus importants en terme de volume (non, on a dit pas les voitures…). Cela dit, certains produits du Tesla Shop nécessitent une installation dans les centres de service Tesla. Amazon est devenu une plaque tournante pour les stations de recharge de véhicules électriques. Le détaillant en ligne propose des centaines de bornes de recharge à vendre, dont beaucoup sont disponibles via Prime. Ils se sont même associés à Audi pour non seulement vendre des stations de recharge domestiques, mais également mettre en contact des acheteurs avec des électriciens pour effectuer l’installation. Tesla a également collaboré avec Amazon pour déployer davantage de stockage d’énergie dans les centres de distribution.

Cela peut paraître anecdotique, mais il se peut que cette initiative ait de plus grandes implications pour l’avenir de l’activité commerciale de Tesla, allez savoir. Il est pour le moment logique que Tesla prenne les choses en main pour améliorer une partie (mineure) de son activité, au moment où Amazon prend des initiatives (et certaines parts de marché) dans le secteur de l’automobile. Amazon vend aussi maintenant des pneus, des essuie-glaces et de nombreux autres accessoires pour la voiture. Avec Amazon garage, les clients peuvent désormais enregistrer leurs voitures sur le site d’Amazon et savoir exactement quels produits fonctionneront avec leurs véhicules. Une affaire à suivre !

Mercredi : Spotify fait ses courses

SpotifyEst-ce bien utile de présenter Spotify ? Pour ceux qui passeraient un peu trop de temps à écouter de la musique sur Deezer, c’est une entreprise proposant un service de musique en streaming sur Internet (pour la traduction de streaming, merci de consulter un bon dictionnaire spécialisé). Il semble que Spotify souhaite également devenir un acteur qui compte dans l’industrie du podcast, si l’on en juge par ses récentes acquisitions.

Spotify a non seulement acquis Gimlet Media, un producteur de podcasts en ligne pour environ 230 millions de dollars, mais il a également acheté Anchor, une startup permettant aux utilisateurs d’enregistrer et de distribuer leurs propres podcasts plus facilement. La société a annoncé prévoire dépenser jusqu’à 500 millions de dollars pour des transactions cette année. Grâce à ces acquisitions, Spotify est désormais pleinement impliquée dans la création de contenu, une initiative que la société n’avait pas vraiment encore prise avec la musique. Daniel Ek, CEO de Spotify, avait déclaré qu’il n’avait pas l’intention de se lancer dans le podcasting lorsqu’il avait fondé la société il ya 11 ans, mais maintenant, c’est un nouveau virage. Spotify est désormais dans les chiffre la deuxième plus grande plate-forme de podcasts au monde (derrière Apple) et l’écoute de podcasts devrait représenter à terme 20% de l’utilisation de Spotify.

L’explication de ce changement de position est fourni par le CEO lui même : « Nous construisons une plate-forme qui offre une opportunité significative aux créateurs, suscite l’intérêt de nos utilisateurs et les engage, ce qui contribue à construire un modèle commercial encore plus robuste pour Spotify dans un secteur qui, selon nous, deviendra de plus en plus important. » Il rajoute : « L’écoute croissante des podcasts sur Spotify est une stratégie importante pour permettre de stimuler la croissance sur la plateforme, augmenter l’engagement des utilisateurs, réduire le taux de désabonnement, augmenter la croissance des revenus et augmenter les marges. Nous avons l’intention de nous appuyer sur cette stratégie en 2019, à la fois pour acquérir du contenu exclusif et pour augmenter les investissements dans la production de contenu en interne. »

En clair, il faut savoir qu’il est moins coûteux de créer ou de concéder des licences de podcasts plutôt que des chansons des grands labels et des artistes à succès. Bien que Spotify se soit assuré quelques exclusivités de profils très écoutés en matière de podcast, cela suppose que la plupart des podcasts distribués non seront pas exclusifs pour le moment. Spotify va chercher également à générer sa propre production de podcasts sans toutefois les rendre exclusifs à la plate-forme.

Tandis que la vidéo développe du contenu d’une façon exclusive – il faut un abonnement HBO pour pouvoir regarder Game of Thrones, et un abonnement Netflix pour regarder Stranger Things, et que la musique est (presque) entièrement multi-plateforme (vous pouvez écouter Post Malone sur Spotify, Apple Music ou Google Play), Spotify imagine que le podcasting se situera quelque part entre les deux. Ce nouvel axe stratégique survient après une tentative d’insertion de contenu vidéo qui a finalement échoué. Après avoir envisagé de passer à la télévision en mode streaming, Spotify s’est donc raisonné à adopter des stratégies de croissance moins ambitieuses. La vidéo posait deux gros problèmes à Spotify : devoir payer pour les émissions d’une part (le contenu de qualité coûte très cher, certainement au dessus de ses moyens alors que son activité historique pénalise sa rentabilité du fait des coûts d’hébergement immenses), et la plupart des gens ne pensaient pas que Spotify soit une plateforme pour voir du contenu vidéo. Spotify compte actuellement 96 millions de clients payants sur un total de 207 millions d’utilisateurs

 Jeudi : Postmates annonce son introduction en Bourse

Postmates

Je me rappelle de la première fois où j’ai côtoyé (en quelque sorte) Bastian Lehman : c’était pour m’enregistrer en novembre 2010 dans un réseau social pour collectionneurs qu’il avait créé et qui s’appelait Curated.by où l’on pouvait procéder à de la curation de news. Bastian, au pedigree inconnu (si j’en crois sa fiche sur Linkedin) a commencé de travailler en février 1999. Il a fondé dernièrement Postmates en décembre 2010, et il vient d’annoncer l’introduction en Bourse de sa compagnie. Voilà, ça, c’est fait !

Postmates vient donc de déposer un premier appel public à l’épargne, IPO en langage de startup de la Silicon Valley, rejoignant la liste des sociétés dont l’activité est générée par des applications mobiles qui deviennent publiques cette année. Si tout va bien. Pour faire simple, Postmates est une société de livraison de produits alimentaires que l’on utilise depuis son smartphone pour se faire livrer chez soi. C’est le créneau du « last mile », pour ceux qui parlent comme des Retailers. Postmates a soumis sa candidature auprès des services compétents à la SEC (la Securities and Exchange Commission des États-Unis). Les conditions financières du prix de l’offre proposée n’ont pas encore été déterminées, a indiqué la société.

Postmates a choisi JPMorgan Chase et Bank of America en tant que souscripteurs principaux de l’offre. C’est un choix classique dans la procédure et ça va faire deux des banquiers heureux pour le prix d’un (ça rapporte des pépettes cette affaire). La société pourrait être évaluée dans le cadre d’une offre de plus de 1,85 milliard de dollars, soit son évaluation obtenue en janvier dernier après avoir levé 100 millions de dollars auprès des actionnaires existants et de d’un nouvel investisseur à savoir BlackRock Inc. Faut croire qu’ils ont tout dépensé.

Cette décision intervient alors que la concurrence déjà très vive dans le secteur de la livraison de restaurants, car le leader du marché, Grubhub (côtée en bourse) a perdu des parts de marché au profit d’UberEats au cours de ces derniers mois, entraînant une chute de l’action en bourse.

Parmi les principaux partenaires de Postmates, on compte Chipotle Mexican Grill, qui compte sur Postmates pour les livraisons de plus de 300 de ses restaurants. Chipotle, comme beaucoup d’autres chaînes de restaurants, a de plus en plus recours à des services de livraison tels que Postmates pour stimuler ses ventes. La chaîne de burritos a déclaré que ses ventes numériques avaient bondi de 66% au quatrième trimestre et représentaient désormais 13% de ses ventes totales. Postmates gère également les livraisons d’épicerie pour Walmart et est le partenaire exclusif de la distribution à la demande pour Apple.

Les investisseurs continuent de voir des opportunités sur ce marché de livraison des restaurants. L’industrie des commandes à emporter aux États-Unis représente une valeur de 200 milliards de dollars, un marché énorme, encore en friche. Voyons ce que Bastian va réussir à faire dans les mois qui viennent.

Vendredi : Grosse compète dans le Food2.0

Impossible Burger

La compétition entre les deux sociétés proposant des substitutes de viande à base de plantes les plus connus aux États-Unis est sans fin, avec une nouvelle version sans gluten de son Impossible Burger, six semaines à peine après la sortie du Beyond Burger de Beyond Meat. À l’identique des entreprises de Software, Beyond Meat et Impossible Foods « upgradent » leurs hamburgers avec des mises à jour, tout en s’assurant que les consommateurs approuveront le changement. Chaque entreprise promet que sa « version 2.0 » (un terme utilisé par les deux entreprises) ressemble encore plus au vrai bœuf.

C’est une vraie saine compétition. Au fur et à mesure qu’Impossible Foods et Beyond Meat augmentent leurs parts de marchés, plus ils font découvrir au grand public les progrès fait dans la recherche en parallèle d’une industrie qui ne cesse de sortir des scandales : la viande de cheval chez les Spanghero, la viande avariée de Pologne, la torture des animaux dans les usines…

C’est aussi un grand excitant pour les investisseurs qui se régalent ¡a prendre de plus en plus le contrôle de ce qu’ils imaginent déjà de belles licornes. Pour avoir rencontré les équipes d’Impossible Burger chez eux, goûté à leur burger maintes fois, ainsi que la saucisse de Beyond Meat, le succès de ces produits est inarrêtable et ceci pour deux raisons. D’abord, parce que c’est bon ! Bien sûr, on empêchera pas les bornés du bon steak qui mangent avec leur yeux et pas avec leur papilles de réfuter l’argument. Mais pour un gars comme moi qui essaye d’éviter de consommer de la viande US en laquelle j’ai très peu confiance, je me satisfais de la dégustation de ces produits, qui résonnent positivement au besoin que je ressens de « manger une bonne viande ». C’est parfois de la psychologie, la gastronomie ! Ensuite, je sens qu’il y a une progression dans la volonté des consommateurs de manger « plus propre ». Ce n’est pas une question de buzz, mais juste l’impression que les nouvelles générations ont envie de valeurs dans leurs actes. Et donc de se poser des questions sur ce que l’industrie alimentaire peut bien décider de faire au mépris de règles élémentaires, et par seulement d’hygiène…

La véritable innovation consiste à utiliser des équipements biomédicaux pour repenser la manière dont les protéines, les graisses et l’eau sont utilisées dans la recette. L’Impossible Burger 2.0, qui a commencé ses essais dans 120 restaurants depuis le 15 janvier 2019, et qui sera universellement disponible en avril, a subi un changement plus radical : la société est passée de la farine de blé au soja en tant que protéine principale, rendant ainsi le burger sans gluten et en substituant la cellulose à d’autres produits. Ils sont concentrés sur l’amélioration de la nouvelle recette, à savoir la juste combinaisons entre le goût et la texture afin d’obtenir que le produit ait un goût juteux, ce qui avait été difficile à restituer jusqu’à présent.

Beyond Meat a dominé ce marché dans les épiceries et supermarchés et Impossible Foods a réalisé ses ventes dans les restaurants. Avec le lancement de Beyond Meat en décembre dernier chez 1,000 Carl’s Jr. et le déploiement prochain des produits d’Impossible Foods en magasin, les deux sociétés vont désormais se concurrencer sur les mêmes marchés. Pour le plus grand bénéfice d’une nouvelle façon de se nourrir.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures (hopefully…) !

L’actualité High-Tech de la semaine : Enjoy, Lyft, Microsoft, Tesla, Schoold

Tu ne t’es pas trompé, c’est bien ici la rubrique organique qui vous donne la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des histoires… à moins que ce soit juste du buzz : à toi de juger !

Lundi : Enjoy vous délivre de la Happy Technologie

EnjoyJe ne vois pas le futur du web dans une sorte de monde à économie partagée. Ce n’est pas Internet qui va changer le monde, sinon ça se saurait déjà. Par contre, ça peut aider la société en général, ne serait-ce que sortir certains métiers de leur situation de rentes, n’en déplaise à Nicolas Rousselet venu faire la promotion de son livre sur les merveilles d’un État fort (et garant de la sécurisation de ses activités), à San Francisco, et créer quelques emplois. On peut donc désormais toutes sortes de services, notamment avoir accès à des concierges 2.0 que vous pouvez désormais employés à façon grâce à des startups comme Enjoy. Fondée en 2014, Enjoy va un peu plus loin que les Instacart ou Postmates puisque vous avez la possibilité d’y trouver l’expert qu’il vous faut. Ces gens ne sont pas là que pour vous faire vos courses ou vous livrer vos achats… “It’s time to enjoy”, qu’ils disent. Tu m’étonnes. On te prends pour un gogo dans bien des cas sur Internet, que ce soit pour être un chauffeur (ça, c’est un autre sujet), ou un investisseur virtuel pour des nouveaux produits révolutionnaires dont tu ne verras sans doute jamais la couleur, ou pour utiliser des smartphones de l’industrie du XXe siècle. Où elle est, la happy technologie qui te simplifie la vie ?! Pour installer ton routeur, ta nouvelle webcam, … Tout ça c’est plein de fil et il faut l’attendre le plaisir de voir son nouveau joujou marcher… quand il ne s’agit pas de le retourner là où il vient. Enjoy te le livre dans les 4 heures, avec quelqu’un qui sait y faire. Il peuvent même revenir si c’est nécessaire ! Après San Francisco, New York, voici Los Angeles sur la roadmap. Avec 80 millions de dollars pour carburant, ça peut laisser voir venir si le chiffre d’affaires ne suit pas, mais c’est un gros morceau à attaquer, tant pour le déployer avec les ressources humaines nécessaires. Peut être le bon endroit pour envoyer la startup vers la voie du succès. Jackpot ?!

Mardi : Lyft s’attaque au morceau du co-voiturage

Lyft CarpoolLes startups sont nombreuses à s’être attaquées au co-voiturage sur San Francisco sachant, qu’il y a déjà une infrastructure avec des arrêts prévus à cet effet à proximité de la gare routière et des entrées du Bay Bridge par exemple (le pont qui vous emmène de l’autre coté de la Baie), toujours du monde à attendre sur ces arrêts, i y a aussi les voies de gauche sur les autoroutes (respectées, c’est un pays civilisé ici à cet égard) qui permettent d’aller plus vite. Il y a (il y eut…) Lyft Line, Uber Pool, Uber Commute, Uber Destinations, et Uber Hop. Quand on y regarde de près, Lyft est la startup qui se rapproche le plus dans l’esprit au co-voiturage. Voila donc que Lyft relance le braque dans le co-voiturage pour aller chercher un peu plus d’audience et d’activité auprès d’une nouvelle population grâce à un service dédié, permettant de prendre au passage n’importe quel passager. Il suffira de se déclarer ouvert à prendre un passager sur sa route, et ainsi il sera possible de profiter de la fameuse ligne gauche du carpool avec $10 en poche, tandis que le passager lui payera entre $4 à $10. C’est une offre plus éthique puisqu’il s’agit de partager son chemin (de fait on a sa propre destination) avec une limitation du profit possible. Il faut reconnaître qu’il a a du chemin à faire ici car pour prendre bien souvent les différentes autoroutes de la Baie de San Francisco avec mon trois-roues, je constate qu’il y a énormément de personnes seules dans leur “commute” et les files de gauche réservées aux véhicules à plus de 2 ou 3 passages sont de vrais boulevards (une étude indique que 76% des Américains vont au travail seuls dans leur voiture). Pas sûr que la bande à Blablacar soit mûre (un jour ?!) à l’idée de se frotter au marché US (avec Meetic, Vente-Privée, il a de bons exemples à suivre), et elle a sans doute raison. À ce titre, le succès de ce service sera un petit test, l’idée étant d’aller chercher des conducteurs “non-professionnels”.

Mercredi : Microsoft et sa réalité virtuelle

HoloLensAlors que les médias s’excitent de plus en plus sur tous ces noms de code comme AI (l’intelligence artificielle), VR (la réalité virtuelle), que Mark Zuckerberg tente d’épater la galerie avec ses Oculus, ses caméras à 360 degrés, et que Samsung suit le peloton du buzz avec différentes gammes de produits, Microsoft suit son bonhomme de chemin et il n’en faudrait pas beaucoup pour que cela passe inaperçu. Microsoft, vu depuis la Silicon Valley, a du mal à exciter les développeurs avec ses lancements, mais pour autant, continue de développer sa roadmap avec dans la famille “je t’en mets plein la vue” j’ai nommé Holo Lens. Non, ce n’est pas un nouveau fan club de l’équipe de football Nordiste, mais une sorte de casque élégant avec des verres transparents, au travers duquel vous pouvez voir le monde autour de vous avec des objets 3D flottant dans les airs, ou encore des écrans virtuels sur le mur de votre salon. Wouaou Baraboo. Le projet Baraboo (nom de code d’origine) a démarré avec notamment le Brésilien d’origine Alex Kipman (chez Microsoft depuis 2001), a demandé 5 années de travail dans le secret pour aboutir en ce Printemps 2016 à une livraison de 3.000 kits de développements pour proposer un peu de contenu à sous-traiter parce que pour le moment, la bibliothèque est un peu vide. Il faudra attendre pour faire joujou avec les hologrammes dans son salon. Les délais annoncés début 2015 n’ont pas été tenus.

Jeudi : Tesla Model 3, partez !

TeslaJ’ai du mal à parler des coups d’annonce dans la tech sur ces lignes, car je trouve que les colonnes des médias tech en sont pleins, et je ne vois pas ce que je peux apporter de plus dans cette recherche de la tendance et de l’exclu, c’est tellement plus sympa de faire des commentaires quand on a du recul avec les choses. Mais bon, il faut bien lancer un peu de mots clés qui compte dans la vie d’un blog dédié aux nouvelles technologies, alors voilà, je vais sortir le mot magique : Tesla. Tesla a réveillé une industrie endormie, bringuebalante, où les principales nouvelles consistaient à compter les licenciements dans chaque pays : un cataclysme. Et Elon Musk est arrivé, sans se presser, et il a réussi à redonner à cette industrie un peu de lustre d’antan, avec ses véhicules de luxe électriques, qui plus que jamais donne raison au fameux cliché : l’essayer, c’est l’adopter. Ça ricane beaucoup moins dans les salons de l’automobile, d’autant plus que c’est le lancement de la Model 3, un véhicule électrique beaucoup plus accessible au prix de $35.000, loin des $70.000 qu’il fallait sortir au moins pour les précédents modèles. A tel point que l’on a pu voir des files d’attente pour réserver sa “tuture” comme pour le dernier iPhone de Tonton Jobs. Et encore : tous les détails des caractéristiques du véhicule n’ont pas été révélées. On croit rêver, c’est comme acheter un joujou parce qu’on a vu les plus riches de la classe jouer avec. 325.000 réservations ont été annoncées par Tesla : le chiffre fait frémir. America is back!

Vendredi : Schoold et le ROI spécial étudiants

SchooldQuand on vous dit que tout ne va pas si mal en France… le monde de l’éducation aux États-Unis est vraiment un monde difficile. La technologie peut parfois être un petit reflet de la société, regardez plutôt. Schoold est une société développant une application “de planification de carrière” pour les jeunes prétendant poursuivre leurs études au “college” aux US, c’est à dire l’université dans notre système. Les étudiants sont confrontés à de nombreux défis aujourd’hui, et ils recherchent des informations personnalisées pour poursuivre leurs études… pour ceux qui en ont les moyens, ou ceux qui peuvent s’en donner les moyens à coup d’emprunts à faire frémir un exploitant agricole bien de chez nous. Grâce à notamment un algorithme et des informations personnalisées saisies par le jeune prétendant, Schoold vise à sensibiliser les étudiants sur les coûts et les avantages de fréquenter tel ou tel collège. Cet outil est censé leur permettre de prendre des décisions fondées sur des informations adaptées à leurs besoins et objectifs individuels. En clair, l’application essaye d’imaginer un retour sur investissement en fonction du coûts des études, en extrapolant les options de carrière, le potentiel de gains, et la satisfaction au travail. 500.000 téléchargements le premier mois : un détail dans la masse de la population Américaine, mais en même temps un bon indicateur des difficultés de sa jeunesse face au coût astronomique de l’éducation supérieure de ce pays, et de son interrogation à la nécessité de certains de s’endetter dès l’âge de 18 ans pour des montants qui se chiffrent en dizaines de milliers de dollars.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-tech du jour : la Silicon Valley, le pays du melon ?

Bienvenue sur cette rubrique au jour le jour sur ce qu’il faut retenir de la Silicon Valley !

Eric Laurent

La Silicon Valley m’est venu aux oreilles en 1983, alors que je m’adonnais aux plaisirs de la programmation. Les développeurs n’étaient pas encore les rois, sauf, déjà, à cette époque, dans la Silicon Valley, qui avait inspiré Eric Laurent, journaliste Français, ancien de l’Université de Berkeley, avec son livre « La puce et les géants, de la révolution informatique à la guerre du renseignement« .

Aujourd’hui, tout le monde en parle. Le monde entier veut la copier, s’en inspirer, tenter de la copier, rêver de la voir disparaître, s’en émerveille, s’en offusque. Même Hollywood s’en plaint par instant : il y a encore de beaux restes de cette industrie où ont commencé les Lucas et Coppola, sur Folsom Street à San Francisco en 1969, avec le numérique qui commençait à pointer son nez. Des scénarios s’écrivent dans la Silicon Valley, des films se financent depuis la Silicon Valley. De là à devenir un tremplin pour des carrières, disons, hors du commun…

Il y en a eu un, et il n’est plus là parmi nous : Steve Jobs. Sa renommée a dépassé les limites de la technologie, son nom est cité en exemple, son décès a été célébré comme rarement, pour un homme qui n’a fait que vendre des biens de consommation. A part donner du travail à des milliers d’employés aux États-Unis, un peu ailleurs (et pas mal en Chine, il paraît), il n’a pas changé le monde, mais il l’a fait rêver. L’industrie dans son ensemble ne fait pas rêver. Mais nous sommes sauvés car nous l’avons trouvé, le nouveau Steve : il est Sud-Africain d’origine, il a co-fondé la société de paiement en ligne Paypal, il a créé la première voiture électrique que les riches de ce monde ont plaisir à acheter (Tesla), il est en train de construire la deuxième fusée non-jetable qui peut aller dans le ciel et revenir (SpaceX), et veut mettre Los Angeles (où il habite) à 20 minutes de San Francisco (où il a la majorité de ses business). Ça, c’est Hyperloop, le TGV va ressembler à une vieille locomotive. Il aide accessoirement ses cousins Rive à transformer l’industrie solaire en un succès commercial avec Solar City. Ils ne sont pas seulement bons qu’en rugby, ces Sud Africains.

La légende d’Elon Musk a déjà commencé, avec le lancement de sa nouvelle batterie à base de lithium-ion pour la maison, la PowerWall, avec aussi la sortie de sa biographie où l’on apprend qu’il était sur le point de vendre Tesla à Google car sa voiture magique ne se vendait pas (pour la bagatelle de $11 milliards, en 2013). Quand on voit ce que Tesla est devenu : Peugeot, Renault, ressemblent à des constructeurs d’automobile dignes des Lada des années 70. Musk  vient de renoncer à son salaire annuel (un peu plus de $37.000), quel exemple (il est milliardaire). Vous allez en bouffer, du Musk. A-t-il le melon, Elon ? Certains voit en lui un mégalomane, mais clairement lui tente de pousser les murs, en annonçant le jeu d’entrée. Pas comme certains qui vous racontent comment ils ont changé le monde suite à une déception sentimentale. C’est un mélange de Tintin et de Jules Verne, Elon.

Carly Fiorina parlant au Congrès 2015 du  Conservative Political Action Conference (CPAC) à National Harbor, Maryland, le 26 Février 2015.
Carly Fiorina parlant au Congrès 2015 du Conservative Political Action Conference (CPAC) à National Harbor, Maryland, le 26 Février 2015.

Au même moment où le buzz prend du volume, c’est une autre personnalité de la Silicon Valley qui fait l’actualité : Carly Fiorina, 60 ans (ça ne se fait pas de dire l’âge d’une dame aux États-Unis, mais c’est juste pour situer), ancienne patronne d’Hewlett Packard de 1999 à 2005, nommée par Forbes parmi les 10 femmes les plus puissantes du monde en 2004, a commencé sa carrière politique en 2006 en travaillant pour le Sénateur John McCain pour la campagne présidentielle de 2008, et c’est ce titre qu’elle a décidé de viser. Elle est Républicaine, et n’a jamais vraiment gagné d’élections. Le souvenir du rachat de Compaq pour $25 milliards n’a pas laissé que de bons souvenirs dans l’industrie. Et les restes d’HP font de la peine à voir. Le destin d’un pays comme l’Amérique a besoin de vainqueurs pour devenir Président. Elle a le melon, Carly ?! Ou alirs c’est le silicium qui surchauffe…

Lundi 4 mai 2015

A plus tard pour la suite…

L’actualité High-tech du jour : Jeff Bezos veut vous envoyer en l’air

Un journal, par définition, c’est quotidien. Bienvenue sur cette rubrique au jour le jour sur ce qu’il faut retenir de la Silicon Valley !

BlueOrigin

J’aurais pu vous parler aujourd’hui du retour de Mark Pincus au manche de Zynga, de ces sociétés aux valorisations de plus du milliard de dollar qui ont fait parler d’elle comme Sprinklr (qui rachète GetSatisfaction, entreprise rencontrée il y a bien longtemps dans les bureaux de South Park, installé dans les anciens bureaux d’un certain… Twitter), Domo (levée de fonds de $200 millions avec une valorisation de $2 milliards… ils sortent d’où ceux-là ?!), Square, Twitter, … c’est fou ce que la société moderne a comme effet sur le monde de l’entreprise qui soudainement voit fleurir toutes ces startups qui valent des milliards. Des milliards qui trainent dans des fichiers Excel compliqués, validés par des auditeurs en mal d’honoraires. Peut être que tous ces serials entrepreneurs vont nous le sauver, ce monde du capitalisme, allez savoir.

Non, j’ai choisi de parler de choses concrètes et à défaut de parler de la Silicon Valley, nous remontons un peu au Nord de la Côte Ouest des États-Unis pour évoquer Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, dont le siège est à Seattle. Nous avons déjà un fêlé  en Californie en la personne d’Elon Musk qui, au contact de la Nasa, qui a des bureaux près de chez Google, à Mountain View, s’est mis en tête de révolutionner l’industrie spatiale avec Space-X, créé en 2001, et nous construit des fusées non jetables qui reviennent à la niche sans dégâts. Pas de jaloux, Bezos a choisi de faire pareil en 2011 en créant BlueOrigin à Kent, dans l’État du Washington. Après tout, Sir Branson l’a bien fait lui aussi. Et il paye les pots récemment cassés le pauvre, tuant tout de même un pilote dans l’affaire l’année passée dans des essais de sa navette à faire des voyages dans l’espace.

Ça ne vous cause pas, Kent ? C’est la banlieue de Seattle, quelques 120.000 habitants, connu pour être un centre important de la société Boeing. Ben oui, Bezos ne vas tout de même pas aller chercher la main d’oeuvre dans les déserts du Nevada. Donc, BlueOrigin est en train de passer petit à petit les tests nécessaire à cette industrie d’une grande exigence, tant technique que financière. Ils vont bientôt accrocher la capsule au tout et faire des essais cette année. Lui aussi veut révolutionner l’industrie aéro-spatiale, et explorer le système solaire. Le bébé s’appelle BE-3.

BlueOrigin BE-3
April 7, 2015 – Blue Origin’s BE-3 engine throttles to its maximum 110,000-lbf thrust during acceptance testing at the company’s dedicated facility in West Texas.

Les Américains sont restés de grands cow-boys, à toujours vouloir conquérir plus. Amazon, le Washington Post pour l’un, Paypal, Tesla, Hyperloop et j’en passe pour l’autre, la métaphore est facile en les imaginant conquérants de l’espace. C’est sur qu’entre les sécheresses Californiennes qui durent et les tremblements de terre qui comment à inquiéter dans les regions où l’on exploite le gaz de schiste, la Terre va bientôt être complètement pourrie, et il est grand temps pour ces géants du digital à explorer l’au-delà. Vive l’Amérique.

Jeff qui regarde sa fusée qui s'envole

Vous disiez, au sujet de Twitter, vous penseriez que j’en parlerais ? Racheté par Google, Yahoo! ? Par la bonne et moi ? Je vais vous dire : je m’en fous. C’est de la non-information. On verra bien ce qui se passe. Laissons les bosser et on en parlera une fois que c’est fait.

Suivre BlueOrigin sur Twitter : @BlueOrigin

A demain pour la suite…

L’actualité Hight-Tech de la semaine : Bump, Google, Tesla, l’État de Californie, Klout

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : un bon coup de bump de la part de Google

 

Bump est une application se passant de tout pitch : il suffit de la voir fonctionner pour en comprendre le fonctionnement, et surtout de découvrir ce que la technologie est capable de réaliser en tout simplicité. Il y a tout de même 100 millions de personnes l’ayant téléchargé, donc vous l’avez certainement déjà sur votre iPhone ou votre téléphone Android. Si ce n’est pas le cas, c’est très simple à faire fonctionner : l’application permet de transférer les données d’un téléphone à un autre (pour transmettre sa « carte de visite digitale » par exemple) juste en mettant en contact les deux téléphones, après avoir préalablement ouvert l’application sur les deux appareils. Bump Technologies a fait un long chemin depuis sa création en octobre 2008, depuis Mountain View, avec ses $19,9 millions récoltés, 25 employés, ses 325.000 revues sur iTunes… Chemin difficile toutefois pour une application gratuite, dont les perspectives de revenus paraissaient quelque peu compliquées, par exemple de faire payer les marques sur des interactions avec des utilisateurs… ça ressemble à du Foursquare tout craché, donc peu d’ambition à espérer, quand on considère que la startup peut faire $2 millions au maximum sur une année, selon les derniers chiffres publiés par Foursquare. La diversification dans une application de paiement (gratuite) et une autre d’application de partage de photographies n’a pas apporté de revenus suffisants très probablement, ce qui est la preuve qu’une bonne technologie n’est pas toujours la recette assurée pour une startup. La solution est venue de quelques blocs du siège de Bump Technologies : Google ! Il n’y avait pas grand chose à souhaiter, hormis pour les investisseurs de rentrer dans leurs sous, ce qui semble être le cas : parfait, les vaches sont toujours bien gardées dans la Silicon Valley.

Suivre Bump sur Twitter : @bumptech

Mardi : Google, c’est vraiment pas du vent

Je sais, la blague est plutôt douteuse, mais chroniqueur est un dur métier… vous savez, la fameuse page blanche. Heureusement, il y a Google ! Que ferait-on sans Google dans la Silicon Valley, qui vient d’annoncer le rachat du courant produit par une nouvelle centrale éolienne en construction à Amarillo, Texas, se dénommant Happy Hereford. La mise en production est prévue pour le début de 2014, et devrait alimenter un des data centers que Google possède dans l’Oklahoma. On n’est jamais si bien servi que par soi même, et Google souhaite être « green » partout où ils sont présents, dans l’ouest du Texas, dans l’Iowa et au nord de Los Angeles près d’un lieu qui s’appelle les montagnes du Techahapi. « Grid the green », selon le responsable chez Google en charge de l’infrastructure globale (un bon job chez Google, assurément). Cela fait plus d’un milliard de dollars investi par Google dans le domaine de l’énergie, notamment dans le solaire en Afrique du Sud. Cela n’empêche pas Google de nous mettre du wifi dans les parcs de San Francisco très bientôt, ce que je trouve plutôt contradictoire, mais avec Google, on en est jamais à une contradiction près. C’est aussi ça, être leader sur son marché, et faire la pluie et le beau temps sur Internet pour des millions d’individus. En attendant, voilà bientôt 240 megawatts prêts à être distribués par le concours de la société Chermac Energy, une entreprise locale.

Mercredi : un bon tuyau pour Montebourg pour reclasser des salariés de l’industrie automobile française

Je ne me lasse pas d’évoquer Elon Musk dans ces colonnes, avec son projet de train à grande vitesse en Californie Hyperloop qui je suis sûr verra le jour, sa navette spaiale réutilisable SpaceX, et donc Tesla, ces voitures électriques qui commencent à pulluler un peu partout au États-Unis. Intéressé par l’idée de construire des voitures se pilotant automatiquement, en bon patron d’une startup (ou plusieurs startups) de la Silicon Valley,  et utilisateur de Twitter, il n’a pas hésité à publier le tweet suivant : « Ingénieurs intéressés de travailler dans l’automobile, s’il vous plaît emailer autopilot@teslamotors.com. L’équipe sera directement rattaché à moi ». Attendez, je récupère. Alors que le gouvernement français se fait plaisir en rappelant dans des clips vidéos d’une autre âge le fait que la France a inventé l’automobile, mais qu’il ne peut empêcher la fameuse logique industrielle de désengagement des marques françaises historiques en terme d’emplois, une société de 500 personnes, créée en 2003, ayant levé $318 millions et désormais cotée au NASDAQ depuis juillet 2010, se met à vendre comme des petits pains des voitures de luxe électriques pour un peu moins de $100.000. Et il embauche en direct sur Twitter les ingénieurs intéressés de rejoindre son équipe, tout en affirmant qu’ils travailleront directement sous ses ordres, pour sortir la première voiture auto-pilotée dans moins de 3 ans. Sans jugement de valeur aucun, il y a un drôle de monde qui se prépare en Californie.

Suivre Tesla sur Twitter : @TeslaMotors

Jeudi : le co-voiturage fait l’objet d’une législation en Californie

 

Même si la peine de mort, toujours active en Californie semble prouver le contraire, l’État de Californie se montre en avant-garde sur de nouveaux usages. Un organisme de réglementation Californien a approuvé les premières lignes directrices qui pourront s’appliquer à l’ensemble des États-Unis pour les services de covoiturage, concernant la mise en place de règles de sécurité pour les entreprises innovantes qui sont venues perturber l’industrie du transport telles qu’Uber, Lyft, Sidecar, RelayRides et j’en passe. Ces nouvelles directives contiennent des exigences telle que la vérification des antécédents criminels pour les conducteurs, la formation des conducteurs, un minimum de couverture d’assurance d’1 million $, et une politique de tolérance zéro de l’alcool et de la drogue. Elles exigent également que les conducteurs affichent une signalisation sur leurs voitures pour les identifier comme étant un service de co-voiturage. Cela impliquera également les entreprises à se soumettre à une certaine transparence des informations qu’ils peuvent vouloir normalement garder privées pour des raisons de concurrence, comme par exemple le nombre de courses effectuées, la zone de service couverte, combien de fois les voitures de co-voiturage ont pris un client lors d’une demande, et le nombre de conducteurs qui ont violé les lignes directrices ou qui ont été suspendus. Ce qui est intéressant, c’est de constater ce souci nouveau de transparence dans une industrie où les lobbies ont empêché la relation chauffeur-client d’évoluer, et on voit le résultat aujourd’hui avec un certain ras-le-bol des usagers à l’égard des chauffeurs de taxi, acutellement dépassés par ce qui est en train de se passer autour d’eux : ils sont en train de tuer leur propre métier.

Vendredi : Klout n’en finit pas de pivoter

Cinch n’est pas un nom inconnu dans la Silicon Valley. Ce fut le nom d’une tentative de lancement de produit de la part de la part de la startup BlogTalkRadio  qui cherchait une diversification à ses activités de diffusion de podcasts sur Internet, avec l’application qui se téléchargerait en millions d’exemplaires sur l’Apple Store, mais ça n’a pas marché. Pour Klout, ça ne marche pas beaucoup mieux, malgré ses $40 millions, et un marché de l’e-reputation pris avec l’angle de l’approche sociale qui convainc de moins en moins. A en juger par ce communiqué de presse envoyé par une agence de communication américaine qui a rendu son CEO la risée des médias de la Silicon Valley, prétendant qu’il avait atteint un certain score (ridicule en fait) sur Klout. D’un point de vue business, la startup de San Francisco était sur le point d’ouvrir un bureau sur Londres, et cela ne s’est jamais fait, ce qui est un signe. D’un point de vue produit, les règles conduisant à vous donner un score d’influence en fonction de certains critères de performance sur les différents sociaux sont discutables, et les fameux influençeurs ne se pressent pas (ou plus) au portail de Klout pour clamer leur leadership. Que faire pour valoriser une base d’utilisateurs, à défaut de les  » louer » à l’extérieur (ce que beaucoup de startups font pour faire rentrer un peu d’argent), ou de mettre de la publicité (ils y viennent tous un jour, le dernier exemple étant Instagram à ce sujet) ? Klout à décidé d’aller chercher des noises à Quora sur son territoire, à savoir lancer Cinch donc, une application iOS qui permet de poser des questions à des influençeurs déclarés comme experts du sujet concerné, qui répondront de façon privée. J’avoue que depuis que j’ai eu grâce à Quora la réponse du nom du guitariste qui est l’auteur du solo guitare que l’on peut entendre sur le titre « Right down the light » par Bonnie Raitt, je vois mal qui peut faire mieux qu’eux en terme de performance ! J’y passe du temps régulièrement, et cette plateforme d’intelligence collective a vraiment quelque chose de particulier, qui devrait en faire un succès public. Bonne chance à Klout, mais je suis plus que sceptique… Puisse la malédiction de Cinch ne se répète pas… mais qui a donc décidé de choisir ce nom ?!

Suivre Klout sur Twitter : @Klout

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : HyperLoop, Bustle, Chegg, Swiftype, Ubuntu Hedge et Indiegogo

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Elon Musk, le Tintin des temps modernes

C’est amusant à quel point Elon Musk, cet entrepreneur américain né en Afrique du Sud, est en train de marquer l’imaginaire des personnes qui écrivent sur la Silicon Valley et les technologies… beaucoup le compare à Tintin, ce jeune reporter qui n’a peur de rien. Et franchement, ça fait un bien fou de voir un entrepreneur qui a déjà plutôt bien réussi « se mettre au service » de projets de plus en plus impressionnants mais néanmoins utiles, et non prétendre vouloir connecter la planète  entière pour des prétendues raisons humanitaires, quand on sait ce qu’Internet est capable de produire dans la famille des traqueurs pour de basses raisons publicitaires. Après Paypal, le système de paiement en ligne, Tesla et sa voiturette de luxe électrique, SpaceX, la navette qui fera bientôt des allers-retours entre l’espace et la planète Terre, voici HyperLoop, un nouveau système de transport alimenté par l’énergie solaire qui devrait relier San Francisco à Los Angeles en… une demi-heure ! Naturellement, le projet reste à affiner avant d’être validé industriellement, mais ce diable de Musk a pensé à ce que d’autres n’ont pas osé prononcer avant lui : le coût d’abord de l’installation (entre $6 à 10 milliards, bien loin des $70 milliards d’un autre projet de construction de train à grande vitesse), avec l’éventualité de transporter des véhicules, un transport écologique nourri à l’énergie solaire, un véhicule sécurisé (« une sorte de tube à basse pressurisation au sein duquel des capsules sont transportées à faible et à grande vitesse, reposant sur des coussins d’air pressurisé »), avec des départs toutes les 30 secondes, le tracé pourrait suivre l’autoroute I-5 et ainsi ne pas poser de problèmes d’environnement… Le monde de la technologie a besoin de plus de Musk en son sein, mais malheureusement il faut reconnaître qu’il a quelque chose d’assez exceptionnel !

Suivre Elon Musk sur Twitter : @ElonMusk

Mardi : focus sur ce qu’est un serial entrepreneur de la Silicon Valley

Bryan Goldberg est le jeune homme sur la gauche de cette photo. Nous sommes en 2009, il vient d’être célébré, avec ses trois autres camarades, un des meilleurs jeunes entrepreneurs en technologie par BusinessWeek. Ce sont les fondateurs de Bleacher Report, qui a été créé sur un constat très simple : tous les médias aux États-Unis qui parlent de sport (ESPN, Sports Illustrated…) ignorent ce que les fans peuvent penser de leur sport, de leur équipe… C’est justement ce qu’a fait Bleacher Report : parler de l’actualité du sport par l’intermédiaire des fans. En 2009, l’équipe a levé déjà $9 millions(un peu plus d’un an après le lancement du site web), puis ce sera deux autres tours pour un total de $32,5 millions avant que Time Warner Bros ne les rachète en août 2012 (aux alentours de $200 millions). L’équipe a eu l’intelligence de confié les rênes de l’entreprise à un CEO spécialiste, Brian Grey. Et aujourd’hui ? Après un passage à l’écriture sur le site web dédié aux mondes des startups et la Silicon Valley, PandoDaily, Bryan a décidé de se remettre en selle sur un sujet du moment : le média toujours, mais consacré au fashion cette fois. Avec un bon chèque en banque ($6,5 millions sans grand effort), et de beaux investisseurs dont notamment Google Ventures et Time Warner Investments (quelle surprise), Bryan va s’attaquer au marché avec Bustle occupé par Vogue Magazine et ses 1 millions de visiteurs uniques par mois. Facile de lever $10 millions de nos jours, quand on a déjà fait ses preuves dans la Silicon Valley… Cela n’a pas empêché notre ami de faire une petite erreur de jeunesse, en ayant eu la faiblesse de parler de son propre lancement sur PandoDaily (normal, il a les codes d’accès) en des termes…. disons qu’il a un peu arrangé l’histoire de la concurrence et du marché à sa façon. Comment lui en vouloir, il a fait amende honorable… et il n’a que 29 ans. Tout est facile si à cet âge là.

Suivre Bustle sur Twitter : @Bustle

Mercredi : Chegg en cours d’introduction en bourse

 

Ceux qui ont expérimenté le parcours du combattant des étudiants aux États-Unis comprendront assez bien les raisons du succès de Chegg : les livres de scolarité coûtent les yeux de la tête, et les queues pour récupérer son matériel sont sans comparaison avec ce que les étudiants français peuvent imaginer. Avec Chegg, c’est service livraison à la masion en moins d’une semaine, et pourquoi acheter un livre alors que louer revient moins cher ?! Et comme justement nous sommes aux États-Unis, et que cela fait un certain temps que Chegg est en service (depuis 2005), l’ex-startup de Santa Clara aux $195 millions levés depuis sa création vient de décider qu’il était temps de passer aux choses sérieuses et faire sonner la cloche du NASDAQ incessamment sous peu. La société réalise un chiffre d’affaires de plus de $200 millions désormais, reste en pertes ($49 millions en 2012) et elle a besoin de disposer de plus de moyens pour mettre à distance une certaine concurrence comme Kno (basée à Santa Clara également, quel hasard…), ou anticiper celle d’Amazon. Chegg propose désormais ses services dans plus de 6.400 universités dans le pays, donc parallèlement à l’entrée de nouveaux administrateurs venant d’entreprises influentes (dont le CEO des San Francisco 49ers, Jed York,  pour l’anecdote…), c’est $150 millions que l’entreprise va chercher à acquérir sur les marchés financiers.

Suivre Chegg sur Twitter : @Chegg

Jeudi : voici pour l’incubateur YCombinator est si populaire

Les incubateurs de startups ont poussé comme rarement ces dernières années, aux États- Unis et ailleurs, mais aucun à ce jour n’a réussi à arriver à la cheville de l’école de startups fondée par Paul Graham et son équipe à Mountain View, YCombinator… Dernier exemple en date : la startup Swiftype, lancée en janvier 2012, basée à San Francisco et dont l’objet est de proposer un moteur de recherche optimisé pour des sites web et des applications mobiles. Ce type de facilités aide la navigation sur les sites, favorise la conversion et les tableaux de bord proposés pour les analyses de données de navigation pour les sites ont convaincu 9 investisseurs différents de mettre $1,7 millions au pout pour voir. Typiquement, il est difficile pour une startup d’apporter des éléments solides et tangibles en terme de validation de business ou de marché en moins de 2 ans. Mais la garantie « morale » apportée par le sérieux mis par Paul Graham à faire réussir ses pépites garantit un taux assez élevé de chance de pouvoir faire une levée de fonds qui va suivre la modeste participation apportée par YCombinator lors du passage dela startup dans son programme. Et c’est là toute la réussite d’un incubateur, qui peut ainsi rentrer dans ses frais et gagner de l’argent lors de levées de fonds ultérieures… ou décider de rajouter au pot si un rêve est en train de se réaliser. Voici donc une autre belle affaire pour YCombinator, la suite au prochain numéro. Et il est intéressant au passage de noter cette constante spécialisation des différentes fonctions que l’on peut trouver sur un site web, ici avec le search et Swiftype, ou d’autres solutions pour les tutoriels, les agents virtuels, les outils de chat, etc., poussée oar des startups en quête de niches.

Suivre Swiftype sur Twitter : @Swiftype

Vendredi : il n’y a pas que Kickstarter dans la vie… il y a aussi Indiegogo

On a beaucoup entendu parler de Kickstarter, le site web qui permet de se faire financer  le lancement de son produit grâce aux dons que les personnes physiques peuvent effectuer en direct sur le site, sans d’autres intermédiaire : il suffit de mettre son produit en musique grâce à une page de lancement permettant de décrire le produit, de mettre une vidéo, d’expliquer les objectifs, d’évaluer les risques… C’est ensuite à vous de faire l’effort de faire fonctionner la viralité (le mot que l’on utilise dans le monde digital en lieu et place du bouche à oreille) qui dépendra de votre efficacité sur les réseaux sociaux tout autant que de l’intérêt intrinsèque de votre idée. Kickstarter est basé à New York et occupe beaucoup le terrain sur ce secteur. De l’autre côté du pays, il y a Indiegogo, basé à San Francisco, qui vient de batter son propre record de levée de fonds avec Ubuntu Edge, qui se présente comme la Formule 1 des mobiles avec des caractéristiques hors normes par rapport aux iPhone et autres Android, associées à des matériaux rendant le produit exceptionnel en tant qu’expérience utilisateur. Malheureusement, la compagnie Canonical, à l’origine du projet, n’a réussi à obtenir qu’un peu plus de $12 millions par rapport à un objectif de $32 millions, ce qui paraissait absolument incroyable à atteindre !

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Surf Air, PrivatBank, The White House, Elon Musk, Prism

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : une autre façon de voyager avec Surfair

 

Vous prenez l’avion vous ? Comment ? On connait sa destination, le jour, on se renseigne auprès d’un agence, sur Internet. Vous le prenez souvent ? Vous cumulez les miles ? Bref. Surf Air, société basée à Santa Monica, vient d’apporter un vent frais pour les Californiens qui commutent souvent… par avion, en proposant un nouveau mode de fonctionnement : vous souscrivez à la compagnie aérienne selon un abonnement mensuel (le montant n’a pas encore été communiqué), et vous pouvez voyager sur la compagnie de façon illimitée. La procédure d’accès à l’avion est simplifié et ultra rapide, plus de confort, le parking est gratuit et illimité, le wifi est gratuit. N’en jetez plus. Los Angeles, Santa Barbara, San Francisco seront les destinations pour commencer, d’autres destinations sont prévues en Californie. La société vient d’obtenir l’accord de la FAA qui délivre les opérations d’opérer en tant que compagnie aérienne, et un deuxième tour de financement de $7 millions ($9,59 au total pour le moment). Il ne reste plus quà régler les problèmes de la couche d’ozone, et la boucle est bouclée. Elle est belle, la riche Californie !

Suivre Surfair sur Twitter : @ISurfTheSkies

Mardi : la banque Ukrainienne Privatbank se prépare pour les Google Glass

Les spécialistes de technologie savent à quel point l’Ukraine est un pays assez développé sur ce sujet. Le secteur du développement offshore y est particulièrement actif. et l’on trouve une communauté de développeurs de toute sorte. Bon nombre de technologies de pointe (la reconnaissance d’image, les plateformes de vidéo, la gestion de giga-bases de données…) sont d’origine ukrainiennes. Et il n’est pas totalement surprenant de voir PrivatBank, l’un des principal établissement de crédit du pays, annoncer la disponibilité prochaine d’un service client sur les Google Glass. Après les QR codes, la commande vocale, la réalité augmentée, a priori ayant fait l’objet de développements de services par la passé pour les clients de la banque, de nouveaux usages seraient possible grâce aux lunettes. Les possibilité sont nombreuses, comme par exemple faire des transferts de fonds, consultater ses comptes, retirer de l’argent, régler aux pompes à essences ou au restaurant, ouvrir les portes de l’agence ?! Les spécialistes du pays savent aussi à quel point on n’y aime faire des annonces, alors comme dirait Saint Thomas, à suivre. « Ok Glass, give me money ».

Suivre PrivatBank sur Twitter : @PrivatBank

Mercredi : Fleur à San Francisco, c’est bien, et pendant ce temps là, le Gouvernement Américain…

La visite de notre Ministre déléguée aux PME, à l’innovation et à l’économie numérique Fleur Pellerin, à San Francisco fut une vraie bonne nouvelle dans un monde du digital français un peu malmené ces derniers temps par le redressement productif et la culture, qui avancent par instant dans la mauvaise direction. Ce même jour, tout un symbole, de ce coté de l’Atlantique, le gouvernement américain annonçait des mesures concrètes en faveur des technologies par l’extension de mesure de renforcement des fameuses « patents », ces brevets qui sont un bon indicateur de la santé d’une écononmie des anciennes et nouvelles technologies. Le dépôt de brevets n’est pas clairement l’assurance d’une économie qui innove, mais elle est le reflet d’une ambition politique qui s’inquiète de la santé de son industrie. Et comme le montre l’actualité (Google, Apple, Samsung…), la santé d’une entreprise n’est pas nécessairement le fait d’une volonté commerciale, ou de la prépondérence du message marketing, comme le pensent à tort une bonne partie de l’intelligentsia qui dirige les sociétés françaises. J’ai encore eu une conversation récemment avec un groupe de Français en vote dans la Silicon Valley (avec plein d’annonceurs dedans) : le marketing n’est rien sans une politique innovante qui va prendre sa source dans la capacité d’une entreprise à proposer des options technologiques, Sans recherche fondamentale, sans recherche tout court, il n’y a pas d’avenir pour une entreprise moderne. Plutôt bizarre comme remarque, venant d’un pays qui forme les meilleurs ingénieurs que l’on puisse trouver. Et qui les laisse dans l’arrière-cour. L’objectif de ces mesure est de renforcer la protection des brevets, et donc encourager la dynamique dans ce domaine.

Les mesures annoncées « Fact Sheet » : White House Taks Force on High-Tech Patent Issues

Jeudi : un nom à retenir… Elon Musk

Un homme à suivre : 41 ans, Sud-Africain. A appris à programmer tout seul, a vendu son premier logiciel à 12 ans. Co-fondateur de Paypal. 5 enfants, 2 ex-femmes. Le genre d’individu pour qui les choses ne vont pas assez vite, sans doute. Tesla, c’est lui. La nouvelle coqueluche, la titine électrique aux allures de mini Testa Rossa que les bobos Californiens s’arrachent, et pas seulement. Comme on me l’a fait remarquer, on commence à les voit pululer dans les parkings privés de la Silicon Valley. Compagnie créée en 2003, il sera désormais bientôt possible de s’offrir ce petit bijou pour $350 par mois. Introduite en bourse en juillet 2010, les ventes sont en bonne santé dans une industrie pas toujours bien portante. Mais ça ne lui suffit pas, il a aussi l’espace. Avec Space Exploration Technologies, aka SpaceX, fondée en 2002, qui a inventé la capsule à aller dans l’espace ré-utilisable. La deuxième vient de revenir sur Terre, en train de faire sa toilette pour repartir au paradis dans quelques mois, dans quelques semaines… Il l’a appelé Dragon, sa navette de l’espace. Un Dragon pour un homme qui n’a surement pas fini de faire parler de lui. En tout cas, pas de plan d’introduction en bourse pour SpaceX pour le moment. Une à la fois. Quand même. « Only possible in very long term when Mars Colonial Transporter is flying regularly ». Je ne vais même pas traduire.

Suivre Elon Musk sur Twitter : @ElonMusk

Vendredi : un nom qui fout les boules… PRISM


Le prisme, c’est dans sa définition,  c’est un élément optique utilisé pour réfracter la lumière. Ca a pris un tout autre sens au Étas-Unis, ou décidemment la protection des informations est plutôt mise à mal, avec les révélations récentes du Guardian et du Washington Post au sujet de données personnelle stockées par la NSA (un organisme gouvernemental responsable du renseignement et de la sécurisation des systèmes de communications et de traitement des données du gouvernement américain). Un pont trop loin sans doute, d’aller se servir dans les serveurs de Google, Yahoo!, Facebook, Microsoft, etc. Verizon qui transmet ses données afin de permettre de traquer des pariculiers. Comme l’a dit Obama, comment assurer la sécurité à 100% et assurer 100% de confidentialité avec 0% d’inconvénient, et que des décisionss’imposent. Well. Soit. En attendant, Google dit que ce n’est pas de leur faute, il ne savait pas ce qui se passait : « What the … ». Ben voyons. Pas une grosse surprise, de toute façon. Il va falloir apprendre à vivre avec ce constat : nous sommes des consommateurs-sandwitchs, pris entre les modèles publicitaires et les organes gouvernementaux.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

PS : je tiens à m’excuser auprès de l’audience fidèle de ce blog pour ne pas avoir évoqué les rumeurs de levée de fonds de Snapchat pour $100 millions. Franchement, ce genre de nouvelles me fatigue, bien que ce soit une très bonne nouvelle pour l’entreprise, j’imagine. Mais cela ne fait pas vraiment avancer le schmilblick de ce grand cirque que peut être, par instant, la Silicon Valley.