L’actualité High-Tech de la semaine : Tango, Google, Motorola, David Sacks, Homejoy

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Tango n’en finit pas de danser 

 

C’est fou comme la vie d’une startup, ça change du tout au tout. Il y a quelques mois, la startup Tango, une application permettant de passer des appels en utilisant la vidéo, un concurrent de Skype sur smartphone pour faire simple, finissait de compter les sous qui lui restait après avoir levé presque $90 millions, et était parfois accusée de spamming pour essayer de relancer une courbe de croissance probablement en manque de relais, avec une monétisation classique avec des appels gratuits donc des revenus provenant des activités diverses et variées dans l’application (publicité de promotion vers d’autres applications, etc.). Parce qu’on peut tout faire dans Tango ! Un petit Facebook mobile a lui seul : on peut visionner des programmes vidéos (dont une chaîne de gaming avec Dailymotion, la French connection est passée par là avec un CTO Français et la plateforme de vidéo installée guère loin des locaux de Tango à Mountain View), jouer à trouver un ou une ami(e) dans la vie en secouant son téléphone (un exercice relativement asiatique dans le style, une autre DNA de la startup qui a des effectifs de développement en Chine), écouter de la musique, publier des posts, trouver des gens à proximité, et jouer à des jeux en réseau… Et puis Alibaba et son tapis magique de $280 millions est passé par là. Alors Tango nous là joue à la Kabam : même investisseur, même pas de danse à l’attention des développeurs avec l’ouverture d’un fond de $25 millions pour inciter les développeurs de jeux à venir développer dans leur cour en finançant des campagnes de promotion et de marketing, un grand classique ! Ils viennent même de recruter un ancien Vice President de Gree, autre société d’origine asiatique (Japonaise cette fois), spécialisée dans le jeu sur mobile.

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Mardi : Google fait aussi du crowdsourcing

 

Non, je ne vais pas vous servir la soupe du lobbying anti-Google habituel. C’est un combat de nostalgiques d’une vision d’Internet qui est révolue. Mais franchement, c’est quasiment un job à plein temps que de suivre les activités de Google. Cette fois ci, il s’agit d’un concours que la compagnie de Mountain View vient de lancer l’opération Little Box Challenge, officialisée en mai dernier et qui devient live : une prime de $1 million pour le premier groupe capable de créer un onduleur le plus petit et moins cher possible.  Les onduleurs sont utilisés dans la transformation d’énergies pouvant être utilisée dans les maisons, les entreprises, les véhicules… Le problème de l’énergie est loin d’être résolu à tous les niveaux de la vie courante avec les batteries et autres moyens de stocker et délivrer l’énergie.  Nos téléphones portables en savent quelque chose : le plus on veut les rendre « smart », le moins il est possible de les utiliser normalement. Il y a des tas d’appareils qui souffrent d’un problème d’adaptation de la taille à son environnement, alors qu’à ne cela tienne, Google a décidé de s’allier avec L’Institute of  Electrical and Electronic Engineers et quelques constructeurs pour faire ce que l’on appelle de nos jours : le crowdsourcing. En clair, ce que tu n’arrives pas à développer toi même, fais le faire par les autres. Et donne leur de l’argent pour cela. $1 millions. De nos jours, certains gagnent plus en déposant leurs projets sur Kickstarter. Les applications sont ouvertes jusqu’au 30 septembre, les heureux élus seront connus en janvier 2o16 après que les détails techniques soient transmis le 22 juillet 2o15 au plus tard. C’est pas une histoire de poule avec des dents, mais quand même, ça fait loin janvier 2016, non ?!

Mercredi : Motorola et son patch de déblocage

Motorola nous a peu habitué ces dernières années à de réelles innovations, alors que par le passé, depuis sa création en 1928 dans l’Illinois, le constructeur a apporté sa pierre à l’édifice des technologies dans bien des domaines :  le premier produit sortant des usines de Chicago était justement… un simulateur de batterie, comme quoi tout est lié dans cette rubrique… Des télévisions, un transmetteur en 1969 qui transmettra certaines paroles comme  « one small step for man, one giant leap for mankind » d’un certain Neil Armstrong depuis la Lune, et en 1973 ce qui deviendra un téléphone portable. Bien des années plus tard, après un progressive démantèlement de l’entreprise en plusieurs morceaux, dont un qui passera par Google puis désormais Lenovo, nous voila envoyé dans un film de science fiction avec cet accord passé avec la société VivaLnk, basée à Santa Clara, à deux pas des constructeurs de la Silicon Valley pour la mise en place d’un tattoo digital. Pour quoi faire ? Pour débloquer son téléphone d’un seul geste. La sécurité aujourd’hui vous oblige à mettre un code de blocage sur votre « smartphone » avec toutes les informations confidentielles que l’on peut y trouver, qui peut donner accès à votre porte-monnaie avec le développement du m-commerce et autres sociétés de paiement qui viennent monopoliser votre téléphone. C’est souvent trop tard pour dégainer votre caméra de téléphone portable (je le réveille, et je tape mon code, et je me trompe, et je re-tape mon code, et je remets le son, et j’ouvre la caméra… trop tard !) et prendre la photo de l’instant. Avec cette nouvelle solution, vous posez votre téléphone là où vous avez positionné votre tattoo digital (genre l’avant-bras, au hasard), et clac, le téléphone est opérationnel, prêt pour la selfie ! Bon, il faut avoir envie de se coller un drôle de truc rond sur son avant-bras, mais bon, parler des trucs qu’on trouve marrant, c’est ça aussi une chronique. Ca vous est vendu par paquet de 10 (pour $10), et en aucun cas ça ne vous aide à arrêter de fumer. Euh, faut aussi posséder un téléphone Motorola. Ou alors aller l’acheter pour faire joujou.

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Jeudi : quel prochain Goliath nous prépare David

 

J’ai tendance à considérer  Paypal comme une des légendes récentes les plus significatives en high tech. Bien que Google ait une histoire absolument incroyable, et je conseille de se pencher de près sur les raisons qui ont conduit au succès de nos deux amis Page et Brin, Paypal est importante par les conséquences qu’aura lieu la création du géant mondial des paiements. Non, je ne parlerai pas de Facebook, Twitter, tout ça c’est encore trop frais. Les fondateurs de Paypal (qui sont d’ailleurs tous partis) ont tous connu un destin assez incroyable, et il y a notamment un truc avec les Africains du Sud, nation qui a vu la naissance d’Elon Musk, le Tintin des temps modernes (et co-fondateur de Paypal), et un certain David Sacks, qui vient d’annoncer son départ de Microsoft. Pour revenir au début de l’histoire, David Sack est tout comme Elon Musk né en Afrique du Sud, et il a rejoint Paypal comme COO en 1999, soit peu de temps après sa création. Depuis son départ de Paypal en 2002, l’année de l’introduction en Bourse et du rachat par eBay, David a produit et financé le film « Thank you for smoking » (récompensé de 2 Golden Globe), créé puis vendu une société dans le domaine de la généalogie collaborative sur Internet, enfin il fondé le réseau social professionnel Yammer  (aujourd’hui utilisé par plus de 500.000 organisations) qu’il a vendu $1,6 milliards à Microsoft. A en croire sa photo de profil qu’il affiche désormais sur Linkedin, je suis prêt à parier qu’il va se lancer dans la politique. Après les nouvelles technologies, l’industrie du cinéma et les milliards, quoi de mieux que de se lancer à l’assaut des forteresses politiques et les sensations fortes ! Quand je pense que la majorité des fondateurs de Paypal n’ont pas pour certains encore passé la barre des 40 ans, je pense que l’on n’a pas fini d’entendre parler de la « Paypal mafia », du fait de l’impact des Elon Musk, Max Levchin et autre Peter Thiel dans l’éco-système de la Silicon Valley. A quand un film sur ses talents de la Silicon Valley ?!

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Vendredi : Homejoy, la course de l’escargot face au lapin

 

Bien loin du pays où un certain Guillaume Thomas, courageux fondateur et CEO de la société Rennaise Aladom qui développe depuis 2007 un service web mettant en relation les prestataires de toute sorte et les Internautes, attendant qu’enfin un investisseur digne de ce nom vienne l’aider à passer à la vitesse supérieure, ce type de startups poussent comme des petits pains au pays des cow-boys. La plus célèbre d’entre elle, TaskRabbit, développe un certain talent dans la levée de fonds, sans avoir véritablement prouvé sa pertinence en tant que société sachant développer un business stable et rentable. La plus réussie d’entre elles, Redbacon, est désormais la propriété de Home Depot, le Leroy Merlin local. Et il y en a une autre en plein décollage, c’est Homejoy. Homejoy c’est l’exemple même de ces acteurs du web qui vous mettent en relation directe avec des sociétés professionnelles, prenant en charge le paiement, vous trouve le prestataire à votre goût comme si vous cherchez vos prochaines vacances aux Baléares, et s’occupe de vous du début à la fin, alternant les emails et les SMS pour s’assurer que tout se passe bien. Après s’être occupé de faire le ménage dans votre maison, c’est désormais d’autres services qui sont proposés comme la plomberie, le déménagement, le jardinage, le bricolage, la peinture, bref tout pour la maison. Je l’ai essayé et je l’ai adopté, tant le service proposé est simple, clair, efficace. Le lapin de San Francisco et sa starlette de CEO peuvent s’inquiéter de l’exécution de Homejoy, eux savent non seulement lever des fonds ($39,7 millions), mais ils savent aussi faire du chiffre d’affaires (un % de la prestation, comme Airbnb, que l’on sent d’ailleurs proche de la philosophie en terme d’offres du site web : on se sent en confiance, et bien chez soi). Après s’être bien occupé d’un vertical, on peut passer aux autres secteurs : les lapins qui courent dans tous les sens n’ont jamais gagné la course face à un escargot bien préparé, qu’on se le dise.

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Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Path, KakaoTalk, Google, Startup Chile et Fab.com

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Path à la recherche de points de croissance en Asie 

Dave Morin, une des icônes de la Silicon Valley (du fait notamment de son passage chez Facebook), aujourd’hui CEO de Path,et à qui on ne refuse pas un article dans le gossip numéro 1 de la Région, continue donc de faire la une régulièrement et ce malgré un faible rapport Investissement/Audience (soit $41 Millions investis pour environ 3 Millions d’utilisateurs confirmés en Juin). Bien que je trouve cette application communautaire plutôt prometteuse dans son concept, il est clair que Path reste un très mauvais élèves selon l’un des principal critère dans ce que l’on appelle le berceau de l’innovation : l’audience. Bien que la somme levée en Février 2011 soit conséquente, il n’en reste pas moins que  l’application est gratuite, que les revenus doivent être loins pour suffire à couvrir le « burn » mensuel (c’est comme ça que l’on appelle le montant dépensé pour une startup qui a levé des fonds auprès d’investisseurs, tout un symbole). Il se peut qu’il y ait rapidement urgence :

– soit de faire augmenter les revenus significativement, et rapidement, ce qui ne me semble pas être pour demain,

– soit de se préparer d’ores et déjà à une prochaine levée de fonds… et pour cela, il faut des chiffres et une courbe de croissance…

Clairement le Japon est un pays historiquement un gros consommateur de mobile, habitué à utiliser sa caméra intensivement. Le pari Asiatique pour une relance de Path, pour de l’audience et pourquoi pas plus de business, c’est mon analyse. Il est temps que le compteur des chiffres s’affole un peu !

Mardi :  Kakaotalk et la communication sans coûts

Ras-le-bol des factures d’opérateurs de téléphonie mobile toujours trop chères, vive les applications permettant de communiquer gratuitement ! L’avènement des smartphones change les règles petit à petit, années après années. Pour le geeks qui n’ont pas suivi l’actualité, il y a même Orange qui s’en mêle avec Libon (non, pas l’architecte de la Grèce Ancienne, mais une application de voix sur Internet qui coute $2,99 par mois) ! Il y avait Tango (basée à Palo Alto), qui avec ses 75 millions d’utilisateurs a fait une bonne partie du chemin vers le mass market, il y a maintenant Kakaotalk qui semble avoir bien décollé avec 66 millions d’utilisateurs enregistrés, et surtout visiblement avec un revenu significatif (plus de $50 millions venant de jeux sur mobiles à priori), ce qui n’étonnerait personne de la part d’une société Sud Coréenne. Ce qui est intéressant avec Kakaotalk est leur capacité à proposer de nouvelles fonctionnalités, dont la plus récente est de pouvoir autoriser des appels en groupe avec 5 participants au maximum. Bon à savoir, à suivre !

Mercredi : Ca se passe comme ça chez Google

Et oui, ainsi va la vie chez Google, qui avec ses plus de 30.000 employés (hors Motorola) continue de travailler sur ses différentes lignes de produits, et du haut de ses milliards en banques (plus de 40 fin Juin 2012) n’hésite pas également à acquérir de nouvelles startups, à un rythme assez intensif… Ainsi, au titre des améliorations de produits, il y a par exemple la possibilité désormais de modifier des tableurs de Google Drive depuis son application sur iOS ou Android (et oui, on ne dit plus Google Docs…). De l’autre coté, c’est au tour d’IncentiveTargeting de rejoindre la société de Mountain View. Google investit à travers cette opération dans le e-commerce avec cette startup créée en Février 2007 qui permet à la grande distribution de fournir un message marketing spécifique à l’attention des fabricants dans l’industrie alimentaire. L’objectif est de mettre en place des campagnes marketing avec la possibilité d’en mesurer l’impact automatiquement… Deux jours plus tard, c’est au tour des Canadiens de BufferBox de rejoindre Google,  qui elle se positionne dans le secteur de la logistique (un kiosque de livraison self-service et automatisé), créé en Juin 2011, donc nettement plus récente !

Jeudi : Startup Chile, 6ème !


On associe souvent le mot « startup » à la Silicon Valley, mais en fait c’est aujourd’hui devenu un mouvement mondial ! Ce mouvement est favorisé lui même par la présence d’au moins 1/3 d’entrepreneurs venus depuis partout dans le monde pour créer la startup de leur rêve entre San Francisco et San José en Californie. Et donc à travers le monde surgissent aujourd’hui (et depuis quelque temps déjà) des incubateurs qui veulent favoriser l’accès à la création d’entreprise, comme au Chili avec Startup Chile. Et même plus encore : Startup Chile favorise cette globalisation en accueillant des entrepreneurs de tous les pays avec leur sixième Promotion au sein de laquelle 105 startups viennent de 31 différents pays ! L’incubateur investit $40 K en prise de capital, et en contre-partie les fondateurs doivent rester au mois six mois au Chili. Cet incubateur est notamment financé par le Gouvernement Chilien et un eco-système qui a été créé autour d’investisseurs locaux. Il est désormais interdit de ne pas prendre au sérieux des pays comme le Chili en terme de technologie ! Mais surtout, la France devrait bien s’inspirer de cette initiative. Il sera peut être même bientôt indispensable de le faire, avec la fuite de jeunes talents qui ont du mal à trouver chaussures à leurs pieds, pas tant pour des raisons de fiscalité mais pour l’ensemble de l’écosystème qui n’est pas à la hauteur (salaires, capital risque, …). Garder les talents, attirer les talents, ouvrir les frontières de l’entrepreneuriat et de la créativité. « It’s time, Baby! ». More than time.

Vendredi : Fab.com et les ventes sur mobiles

Il y a actuellement quelques discussions entre des investisseurs de startups aux États-Unis sur le potentiel d’Internet dans le secteur des consommateurs, comme Dave McClure, qui dirige l’incubateur 500Startups à Mountain View, qui lui considère qu’il y a encore des belles promesses de développement. Et pendant que tout le monde passe son temps à discuter, l’e-commerce continue de progresser et on peut constater que des startups comme Fab.com, créée en Décembre 2009 et basée à New York, se sont fait une place dans la vente online d’articles design. A l’occasion de la gigantesque semaine de discount incluant le fameux Black Friday, cette période de solde a également eu de belles performances sur Internet où Fab.com a réalisé un chiffre d’affaires de $6,5 Millions dont 1/3 des ventes ont été faites sur un mobile (smartphone, tablette…), ce qui est tout simplement phénoménal ! De l’autre coté de l’Atlantique, une société comme One Kings Lane, qui vend des articles pour la maison, commence à faire un montant de ventes qui commence à forcer le respect… Le commerce online ne se limite pas à eBay ou Amazon, et des niches sont surement encore à explorer…

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !