L’actualité High-Tech de la semaine : Gabe’s, les vêtements de sport, Whole Foods, Costco, Kohl’s

Le Retail aux États-Unis : un sujet passionnant du fait de la taille de ce marché et de la diversité du pays, et s’avère relativement méconnu dans les médias en France qui se concentrent un peu trop souvent sur Walmart, Amazon ou les grandes marques spécialisées. Sur le terrain, c’est une véritable foire d’empoigne et également parfois un terreau d’innovation du fait de la taille des startups du crû qui sont venues sinon concurrencer du moins accélérer les modes opérationnels des géants du secteur. Cette semaine est l’occasion de passer en revue quelques nouvelles reprises ici et là aux US.

Lundi : Gabe’s refuse de fermer pendant la pandémie de coronavirus

Screen Shot 2020-04-18 at 11.13.37 PMLes magasins Gabe’s, anciennement Gabriel Brothers, est un détaillant privé en mode discount. Le Retailer a été fondé en 1961 et est basé à Morgantown, en Virginie-Occidentale. La société exploite 104 magasins Gabe’s à travers le Delaware, le Kentucky, l’Indiana, le Maryland, la Caroline du Nord, l’Ohio, la Pennsylvanie, le Tennessee, la Caroline du Sud, la Virginie, le New Jersey, la Géorgie et la Virginie-Occidentale (ouf). Gabe’s a décidé de rester ouvert pendant la pandémie malgré une ordonnance du Summit County Public Health (en charge localement des services de santé de la communauté dans l’état d’Ohio) de fermer après qu’elle ait déterminé que l’entreprise n’était pas dans les critères considérés comme vendre des produits de première nécessité, et pouvant donc continuer à opérer. Mais le Retailer considère que c’est le cas dans son magasin d’Akron et qu’il offre également  aux consommateurs une autre option d’achat pendant la pandémie. Il refuse donc de fermer malgré les injonctions ! Les avocats qui représentent la Retailer affirment que le magasin vend des produits de première nécessité car il vend des aliments et des articles ménagers, avec au milieu j’imagine des aliments et des produits secs en boîte, des boissons en bouteille, en plus de fournitures de premiers soins, de nettoyage, etc. Quand ont vous dit que l’Amérique n’est pas un pays de type centralisé… Et un vrai pays de cow-boys !

Mardi : un point sur la tempête des ventes des vêtements de sport au milieu de la pandémie

Photo by Aditya Ali on Unsplash

Dans une récente analyse, la société de services financiers UBS indique que deux questions majeures se posent en ce moment dans l’industrie des vêtements de sport : savoir comment les Retailers élimineront-ils les stocks immobilisés dans les magasins et combien cela leur coûtera-t-il? La bonne nouvelle est qu’ils ont probablement été en mesure de refuser 85% des produits destinés aux ventes prévisionnelles des mois de mai, juin et juillet prochain. Cela pourrait maintenir la croissance des stocks à la fin du premier trimestre à + 20-25% en glissement annuel, selon cette analyse. En même temps, on constate des niveaux de promotions sans précédent qui pourraient être poursuivies une fois les magasins ré-ouverts. L’attente d’une forte augmentation des ventes en ligne pour aider à compenser la fermeture des magasins est variable selon les marques, et les types de produits. Les vêtements de type décontractés sont certainement performants, car les consommateurs modifient leurs achats pour des articles à porter à la maison. « Les vélos et les munitions (oui, on parle des munitions, on est en Amérique) font partie des catégories qui pourraient sur-performer ». Alternativement, le golf, les équipements de sports d’équipe et les équipements de sport sous licence ne se vendent probablement pas aussi bien que la catégorie moyenne (il n’y a plus aucun spectacle sportif en ce moment). Nike ressort encore cette fois comme la marque sportive la plus forte et prend encore plus de parts de marché en raison de son excellence en e-commerce et de son contenu interactif. Puma également fait mieux que la moyenne au milieu de la perturbation pandémique, tandis que « Under Armour et Adidas ont la possibilité de « réinitialiser » leur marché et de créer de nouveaux départs pour leur activité une fois la situation COVID-19 terminée ». Façon de dire que ce ne sont pas les marques les mieux placées pour résister à la concurrence du moment. L’analyse UBS sur le secteur est également mitigée pour Foot Locker, Vista Outdoors, Sportsman’s Warehouse et Dick’s Sporting Goods. Toutes ces chaînes attendent avec impatience que les consignes de confinement en cours aux États-Unis soient inversées.

Mercredi : Pour répondre à la demande en ligne, Whole Foods transforme les emplacements physiques en «dark stores» 

Screen Shot 2020-04-18 at 9.14.02 PMÀ mesure que la demande d’épicerie en ligne augmente, les Retailers doivent repenser leurs business et faire preuve de créativité avec les ressources dont ils disposent. Chez Whole Foods, l’entreprise a dû fermer temporairement son magasin de Manhattan Bryant Park pour se concentrer sur les livraisons d’épicerie « Prime » et répondre à davantage de commandes. Il s’agit de transformer le magasin en « dark store », où seuls les employés peuvent aller à l’intérieur pour ramasser et emballer les articles. Cette décision met en évidence les décisions rendues nécessaires alors que ces entreprises enregistrent des ventes record, ce qui augmente aussi le stress du personnel. Avec la demande numérique qui explose, les Retailers tentent de comprendre comment garder les magasins ouverts tout en sécurisant la demande du e-commerce. Amazon, par exemple, a transformé un autre magasin en Californie du Sud sur le même mode et a mis en place une liste d’attente pour les nouveaux clients de l’épicerie en ligne, car étant dans l’incapacité de répondre à la nouvelle demande. Kroger de son coté a converti il y a trois semaines l’un de ses magasins de la région de Cincinnati en un lieu de ramassage seulement. Alors que ces grands acteurs transforment leurs surfaces existantes en nouveaux concepts, c’est aussi l’opportunité pour investir dans d’autres solutions opérationnelles à long terme. Amazon a utilisé ses données internes pour essayer de tirer le meilleur parti de la tempête, ce qui explique pourquoi il ferme maintenant temporairement certains emplacements à Manhattan et Los Angeles qui sont probablement les épicentres de la demande de commandes numériques. Pour Bryant Park, l’emplacement remplissait déjà de nombreuses commandes numériques avant la crise, étant donné aa situation urbaine et la concentration de personnes à forts revenus à proximité. La société a déclaré qu’au cours des dernières semaines elle avait augmenté sa capacité d’épicerie en ligne de 60%. C’est une situation qui est commune à tous les retailers : Walmart, par exemple, a embauché plus de 100 000 personnes au cours des trois dernières semaines à la fois pour aider à remplir les étagères et à exécuter les commandes numériques. Target a également annoncé avoir embauché plus de 70 000 nouveaux acheteurs pour sa plateforme Shipt. Bien que cela soit une réponse en des temps relativement incertains en terme d’achats, il est peu probable que le comportement des consommateurs revienne à la normale. De plus en plus de gens essaient maintenant la commande d’épicerie en ligne, et certains d’entre eux apprécieront certainement de ne plus avoir à se déplacer et décideront de continuer à acheter de la même façon. Les Retailers doivent donc non seulement faire face à l’énorme pic du moment, mais aussi se préparer à ce à quoi ressemblera leur activité dans le futur. Ceux  qui ont la possibilité de planifier l’avenir essaient de trouver des investissements à long terme pour mieux amortir ce changement de comportement rapide.

Jeudi : Instacart passe à la livraison d’ordonnances avec Costco

Costco et Instacart

L’entreprise américaine spécialisée dans la livraison de produits alimentaires, via des livreurs indépendants, Instacart lance un service de livraison d’ordonnance médicale grâce à un partenariat avec Costco, car la demande de livraison en ligne continue d’augmenter du fait de la pandémie. La société a déclaré jeudi que le service de livraison est désormais disponible dans près de 200 sites Costco en Arizona, en Californie, au Delaware, en Floride, en Illinois, à New York, à Washington et à Washington, DC. pour commencer et qui se développera à l’échelle nationale dans les prochains mois. Les clients qui utilisent le service de prescription en ligne recevront un SMS de leur service de pharmacie chez Costco lorsque leur prescription sera prête. Le SMS comprendra un lien avec l’option permettant de planifier leur prescription pour la livraison. Une fois que le client a cliqué sur le lien, il sera redirigé vers le site de Costco. De là, les clients peuvent confirmer leur prescription et continuer à ajouter des produits d’épicerie et des articles ménagers à leur bon de livraison sur Instacart. Les commandes sont livrées aux clients dans un sac scellé et inviolable pour assurer la sécurité et la confidentialité des clients. Instacart offre également la livraison sans contact pour la plupart des médicaments. Les acheteurs Instacart peuvent scanner l’ID d’un client pour la vérification sans signature des commandes de prescription éligibles. Les clients peuvent également planifier la livraison jusqu’à une semaine à l’avance dans le cadre du nouveau service. Ce nouveau service a été stimulé par la demande du fait de la croissance significative du service qui a vu sa demande monter en flèche. Le volume total des commandes de la société la semaine dernière était supérieur de 400% à celui de la même semaine de l’année dernière. Les clients dépensent également plus. La taille moyenne du panier client – c’est-à-dire le montant total qu’un client dépense pour sa commande sur Instacart – est de plus de 25% d’un mois à l’autre, selon la société. L’augmentation de la demande a incité Instacart à étendre sa portée en ajoutant près de 150 nouveaux magasins à son marché depuis le 1er mars. Il ajoute également des travailleurs pour suivre l’augmentation de la clientèle. Instacart a annoncé le 10 avril avoir doublé son équipe «Care», passant de 1 200 agents à 3 000 agents. Ceci étant, la nouvelle de l’embauche  massive a provoqué une grève organisée en mars par des livreurs d’Instacart qui exigeaient un équipement de protection individuelle, une prime de risque, des pourboires par défaut et une indemnité de maladie prolongée. Coté Instacart, les marges générées par les livraison sont faibles et l’entreprise profite de la période actuelle pour développer son volume d’affaires.

Vendredi : Kohl’s suspend ses versements de dividendes après avoir obtenu un crédit renouvelable de 1,5 milliard de dollars

Kohl’s

Kohl’s, un des géants du Retail aux États-Unis avec presque 1.200 magasins pour 122.000 employés et un chiffres d’affaires de 19 milliards de dollars, a annoncé avoir conclu un accord sur une facilité de crédit renouvelable de 1,5 milliard de dollars avec la Wells Fargo Bank, dont le montant a été immédiatement prélevé en totalité, activant une clause qui impose des restrictions sur le paiement des dividendes. La récente annonce du Gouvernement français demandant aux entreprises dont l’État est actionnaire de ne pas verser de dividendes cette année, espérant ouvrir la voie au rappel à l’ordre des groupes privés, cela vous parler ? S’appuyant maintenant uniquement sur les ventes de son activité e-commerce et ce que l’on appelle en France le “click & collect sans contact”, où le client récupère sa commande dans le magasin de son choix, en raison de la pandémie de coronavirus, Kohl a mis la plupart de ses effectifs en congés forcés, tandis que sa PDG Michelle Gass a renoncé à son salaire pendant la crise. Sur les 1,5 milliard de dollars qu’il vient d’emprunter, Kohl’s a affecté environ 1 milliard de dollars au refinancement de la dette existante. Le reste sera utilisé pour lui donner plus de «flexibilité financière», ce qui est également la raison de son arrêt temporaire des dividendes, ce qui semblait inévitable. Les actions de Kohl ont déjà commencé à se négocier à la baisse dès le 1er avril, les investisseurs ayant eu vent d’une baisse potentielle du dividende. La suspension commence avec l’exercice 2020 dividende en espèces du deuxième trimestre et se poursuit indéfiniment. Kohl a déclaré qu’il était toujours déterminé à payer le dividende une fois que le détaillant verrait une « stabilisation de l’environnement ». Quand, ça, c’est une autre affaire.

 Il se passe toujours quelques chose en Amérique. À la prochaine !

L’actualité High-Tech de la semaine : la ville d’Atlanta, Walmart, Impossible Foods, Instacart, Postmates et Doordash

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Golden Gate Bridge

Tu ne t’es pas trompé, c’est bien ici la rubrique organique qui vous donne la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner d’histoires… à moins que ce soit juste du buzz : à toi de juger !

Lundi : une longue coupure d’Internet à Atlanta

Photo by Caleb Jones on Unsplash
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Les systèmes informatiques du gouvernement d’Atlanta, Georgia, ont été en panne pendant plus d’une semaine en raison d’un piratage informatique ayant eu lieu le 22 mars dernier. Les hackers ont exigé une rançon de $51,000 en bitcoin pour remettre tout en ordre (des geeks, sans doute). Bien que les services de police soient de nouveau en ordre de marche (numérique), de nombreux travailleurs municipaux dépendent encore du papier.

Les fonctionnaires ont passé la semaine passée à reconstituer leurs « dossiers numériques », à recréer des feuilles de calcul et à gérer les affaires courantes sur leurs téléphones portables suite à l’un des piratages les plus dévastateurs contre une ville américaine. Ce sont des années de données numériques qui ont ainsi été perdues.

Les piratages ont explosé ces dernières années avec des hackers passant des simples attaques contre des ordinateurs individuels à du piratage industriel, si je  puis dire, contre de grandes organisations. Personne n’est épargné : les grandes entreprises, les hôpitaux, les agences gouvernementales. Ces attaques ont entraîné la fermeture d’usines, incité des hôpitaux à refuser des patients et même forcé les urgence de certains à passer aux opérations manuelles. L’étendue des dommages n’a pas encore évaluée. Les médias n’en font pas tous les jours leur choux gras, mais pourtant il y a de quoi faire : récemment aux États-Unis, c’est au tour de Hudson’s Bay d’avoir été victime de piratage avec deux de leurs enseignes : Saks Fifth Avenue et Lord & Taylor. Tirant profit de lacunes de sécurité dans les systèmes informatiques, les pirates disposeraient ainsi des données concernant cinq millions de cartes de crédit, en faisant l’une des plus importants piratages impliquant des cartes de paiement au cours de l’année écoulée…car oui, c’est seulement maintenant que l’affaire est publique. Au delà de se battre contre une industrie en déclin, c’est souvent le manque d’investissements qui rend les entreprises fragiles face aux malfaisants, car la priorité est rarement mise sur la sécurité, avec cette foutue technologie qui ne cesse d’évoluer elle même. Un autre Retailer, Sears, plutôt mal en point lui aussi, et la compagnie aérienne Delta ont connu le même désagrément suite au piratage effectué chez leur prestataire de services de chat (24)7.ai. Et vous, que faites vous pour protéger votre informatique ?!

 Mardi : Walmart veut se lancer dans les pilules

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Le plus gros Retailer au monde (allez, peu importe les petits milliards qui les séparent du leader Chinois Alibaba et ses 50,000 salarié, alors que Walmart, ben c’est 2,3 millions employés) Walmart est en pourparlers pour acquérir la société de vente de produits de pharmacie en ligne PillPack  pour moins de 1 milliard de dollars.

Fondée en 2013, la société basée à Cambridge, Massachusetts, fournit des médicaments dosés, prêts à être livrés et disponibles pour les traitements, avec l’indication du jour et de l’heure de l’ingestion. La startup a levé 118 millions de dollars à ce jour, et a atteint plus de 100 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2017, selon la société. En 2016, elle aurait été évalué à 330 millions de dollars. Pillpack à déjà fait l’objet d’une opération de drague de la part d’Amazon, sans succès visiblement…

 PillPack gère les médicaments d’ordonnances pour ses clients, y compris ceux qui souffrent de maladies chroniques multiples, le tout en emballant, en organisant et en livrant les médicaments. Il dispose d’une pharmacie « full-service », ce qui signifie que son équipe de service à la clientèle est disponible 24/7.

Les experts du secteur considèrent qu’un achat de PillPack est logique pour Walmart, surtout à la lumière de ses discussions avec Humana. Pour mémoire, Walmart est aussi en négociation pour un rachat avec Humana, qui propose des services d’assurances dans le domaine de la santé et dispose d’environ 11,5 millions de clients aux États-Unis. Les deux entreprises mises ensemble pourraient assurer à Walmart de sérieux moyens pour servir les personnes âgées, un gros marché en avenir. Ceci étant, Walmart n’est pas un cas isolé pour chercher à développer son activité de pharmacie en ligne. Mieux vaut en tout cas racheter une belle pépite que la développer soi même, ça va en général plus vite de nos jours.

Mercredi : rien n’est impossible pour Impossible

Picture from Impossible Foods Sustainability Report 2017

La startup de Redwood City, Californie, Impossible Foods, qui développe des substituts végétaux pour les viandes et les fromages, vient de lever 114 nouveaux millions de dollars.

la société a lancé son premier produit de substitut de viande dans les restaurants américains en 2016. Vous pouvez les déguster dans deux restaurant de San Francisco : le Public House, situé à l’extérieur de l’enceinte du AT&T Park, le stade de baseball de la ville de San Francisco (dégustable à n’importe quel moment de la journée) et au Cockscomb, où j’ai eu le plaisir de les déguster, mais également sur une autre centaines de points de cuisson dans le pays.

La société a installé une usine de production complète, notamment grâce au talent d’une Française ingénieure agronome expatriée dans la Bay Area, permettant de déployer ses produits à travers tout le pays, à hauteur de 2,5 millions de livres par mois d’ici la la fin de l’année (un peu plus d’un million de kilogrammes).

Depuis le lancement de leur première collaboration sur les hamburgers en 2017, la chaîne Umami Burger a vendu plus de 200 000 burgers « Impossible ». À 13 $ le hamburger, il est certain que ce mets de luxe est inaccessible pour la plupart des familles américaines, mais viser le haut de gamme a toujours été l’objectif initial du fondateur d’Impossible, Patrick Brown. Pour assurer une bonne croissance à votre entreprise, vous devez vendre à un prix élevé, selon lui. Mais c’est aussi un moyen de pouvoir aussi financer la recherche que suppose le développement de ce type de produit, qui est une véritable technologie culinaire, en quelque sorte, pour cet ancien professeur de l’Université de Stanford, qui fut par le passé entrepreneur dans le domaine des aliments biologiques (des yaourts et des fromages non laitiers). Une fois l’entreprise définitivement lancée sur les rampes du succès et de la rentabilité, il sera alors temps de penser à un assouplissement en terme de tarifs.

 Jeudi : Instacart passe à la Series E

Instacart poursuit son développement et le financement de son activité avec une prochaine levée dite « Series E » de 150 millions de dollars (on est passé à la lettre E, sachant que les levées de fonds institutionnelles se succèdent en suivant l’ordre de l’alphabet lors de chaque nouvelle levée de fonds). Cette levée a été réalisée avec les investisseurs existants, ce qui est un bon signe de confiance de leur part, même si le montant, à l’échelle des investissements faits dans la Silicon Valley, peut paraître quelque peu modeste.

Peut être est-ce le signe d’une prochaine rentabilité, ce qui serait une jolie performance dans un métier où le profit unitaire se compte en centimes de dollars, avec des exigences règlementaires très fortes au niveau des frais de personnel, et dans une industrie qui ne se porte pas au mieux. Pire encore, lorsque l’un des ses principaux clients, Whole Foods (NB : Whole qui se prononce essentiellement avec le « h » et non pas le « w » comme le font la majorité des Français) se fait racheter par Amazon…ce n’est pas nécessairement le signe d’une potentielle durable collaboration, étant donnée la réputation de cette dernière à s’inspirer très fortement des expériences du marché (en clair, on regarde comment tu fais, et après on le fait nous mêmes). Ce qui reste impressionnant avec cette levée de fonds, c’est que cela porte le total à 350 millions de dollars avec une évaluation d’Instacart de 4,35 milliards de dollars. Je connais certains experts du secteur que s’avouent plutôt sceptiques du business model de la startup, mais ça commence à faire beaucoup. Instacart fournit ses services de livraison aux plus grands du secteur alimentaire, y compris Costco et Albertsons. Ils ont récemment signé un partenariat avec Sam’s Club (Walmart).

Vendredi : de la fusion dans l’air dans le secteur de la livraison du dernier kilomètre

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Les deux startups développant depuis San Francisco des services de livraison Postmates et DoorDash sont en cours de discussion au sujet d’une éventuelle fusion (ce qui reste à confirmer).

DoorDash a levé en mars dernier 535 millions de dollars, avec notamment la société Softbank, par ailleurs investisseur dans Uber ou encore Didi Chuxing, portant le total à 721,7 millions de dollars. Le montant des capitaux levés par Postmates est simplement de 278 millions de dollars.

Au delà des conversations de midinettes pour savoir qui serait le CEO à la place du CEO de l’ensemble des deux entités, c’est surtout au niveau des investisseurs que les discussions ont lieu.

En effet, Postmates et ses investisseurs sont désormais confrontés à une pression accrue pour conclure un accord suite à la récente injection massive de capitaux pour DoorDash car Postmates doit désormais appréhender la façon de rivaliser avec une startup disposant d’un énorme avantage en capital, rendant potentiellement une fusion ou une vente plus attrayante.

Les enjeux sont élevés. D’ici 2022, 11% des ventes de restaurants aux États-Unis devraient provenir des commandes de livraisons, contre 6% l’an dernier, selon Morgan Stanley Research. Cela équivaudrait à une opportunité de marché de 32 milliards de dollars d’ici quatre ans. Un gros gâteau, pas évident à se partager car il est évident que nos deux sociétés sont loin d’avoir établi un niveau d’activité suffisamment élevé chacune pour atteindre leur seul de rentabilité. Et ce serait dommage de faillir avant d’arriver à une telle taille de marché, d’autant plus que les deux sociétés représentent à elles seules seulement 23% du marché, selon des évaluations faites en février 2018.

Bastian Lehmann, CEO de Postmates, a lui confié qu’un accord serait d’ores et déjà conclu, tandis que ces conversations de couloir ont démarré il y a quelque temps déjà. Lehmann est reconnu comme plutôt actif pour chercher des débouchés pour son entreprise, soit par un rachat, en ayant déjà recruté une agence spécialisée sur ce type d’opérations, soit en annonçant une prochaine introduction en bourse. Des discussions avec Grubhub, leader de ce marché (plus de 50%), n’auraient rien donné.

Le chiffre d’affaires de Postmates a  atteint environ 250 millions de dollars en 2017 sur près de 900 millions de dollars de volumes de transactions, affichant une perte d’exploitation de 75 millions de dollars pour l’année. La société avait déclaré à certains médias qu’elle serait rentable d’ici la fin de 2017, et elle est généralement très en retard sur ses prévisions. La société prévoirait un chiffre d’affaires de 400 millions de dollars en 2018 sur des ventes totales de plus de 1,2 milliard de dollars. Les zones de succès de Doordash et de Postmates sont relativement complémentaires. La parole est d’argent, mais le silence est d’or du côté de Doordash. Une opération équivalente dans l’industrie a eu lieu en 2014 lorsque Grubhub (Chicago) et Seamless (New York) ont fusionné.

En attendant, les dindons de la farce, c’est à dire les personnes employées à faire les livraisons, continuent de se démener à pied, à cheval et en voiture (pour les plus nantis) afin de gagner quelques dollars de l’heure, loin des millions qui volent dans les bureaux embourgeoisés de la Silicon Valley. Et franchement, quand je vois un pauvre gars en sueur pédaler pour 3 francs six sous, je me dis que la bataille du grand Internet, l’avènement du peer-to-peer, le web au service de l’humain… ben c’est pas encore pour demain. J’en arrive à rêver que les choses aillent plus vite avec les nouvelles technologies et que les robots envahissent ce marché pour rendre ce service disons… un peu plus humain.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Enjoy, Lyft, Microsoft, Tesla, Schoold

Tu ne t’es pas trompé, c’est bien ici la rubrique organique qui vous donne la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des histoires… à moins que ce soit juste du buzz : à toi de juger !

Lundi : Enjoy vous délivre de la Happy Technologie

EnjoyJe ne vois pas le futur du web dans une sorte de monde à économie partagée. Ce n’est pas Internet qui va changer le monde, sinon ça se saurait déjà. Par contre, ça peut aider la société en général, ne serait-ce que sortir certains métiers de leur situation de rentes, n’en déplaise à Nicolas Rousselet venu faire la promotion de son livre sur les merveilles d’un État fort (et garant de la sécurisation de ses activités), à San Francisco, et créer quelques emplois. On peut donc désormais toutes sortes de services, notamment avoir accès à des concierges 2.0 que vous pouvez désormais employés à façon grâce à des startups comme Enjoy. Fondée en 2014, Enjoy va un peu plus loin que les Instacart ou Postmates puisque vous avez la possibilité d’y trouver l’expert qu’il vous faut. Ces gens ne sont pas là que pour vous faire vos courses ou vous livrer vos achats… “It’s time to enjoy”, qu’ils disent. Tu m’étonnes. On te prends pour un gogo dans bien des cas sur Internet, que ce soit pour être un chauffeur (ça, c’est un autre sujet), ou un investisseur virtuel pour des nouveaux produits révolutionnaires dont tu ne verras sans doute jamais la couleur, ou pour utiliser des smartphones de l’industrie du XXe siècle. Où elle est, la happy technologie qui te simplifie la vie ?! Pour installer ton routeur, ta nouvelle webcam, … Tout ça c’est plein de fil et il faut l’attendre le plaisir de voir son nouveau joujou marcher… quand il ne s’agit pas de le retourner là où il vient. Enjoy te le livre dans les 4 heures, avec quelqu’un qui sait y faire. Il peuvent même revenir si c’est nécessaire ! Après San Francisco, New York, voici Los Angeles sur la roadmap. Avec 80 millions de dollars pour carburant, ça peut laisser voir venir si le chiffre d’affaires ne suit pas, mais c’est un gros morceau à attaquer, tant pour le déployer avec les ressources humaines nécessaires. Peut être le bon endroit pour envoyer la startup vers la voie du succès. Jackpot ?!

Mardi : Lyft s’attaque au morceau du co-voiturage

Lyft CarpoolLes startups sont nombreuses à s’être attaquées au co-voiturage sur San Francisco sachant, qu’il y a déjà une infrastructure avec des arrêts prévus à cet effet à proximité de la gare routière et des entrées du Bay Bridge par exemple (le pont qui vous emmène de l’autre coté de la Baie), toujours du monde à attendre sur ces arrêts, i y a aussi les voies de gauche sur les autoroutes (respectées, c’est un pays civilisé ici à cet égard) qui permettent d’aller plus vite. Il y a (il y eut…) Lyft Line, Uber Pool, Uber Commute, Uber Destinations, et Uber Hop. Quand on y regarde de près, Lyft est la startup qui se rapproche le plus dans l’esprit au co-voiturage. Voila donc que Lyft relance le braque dans le co-voiturage pour aller chercher un peu plus d’audience et d’activité auprès d’une nouvelle population grâce à un service dédié, permettant de prendre au passage n’importe quel passager. Il suffira de se déclarer ouvert à prendre un passager sur sa route, et ainsi il sera possible de profiter de la fameuse ligne gauche du carpool avec $10 en poche, tandis que le passager lui payera entre $4 à $10. C’est une offre plus éthique puisqu’il s’agit de partager son chemin (de fait on a sa propre destination) avec une limitation du profit possible. Il faut reconnaître qu’il a a du chemin à faire ici car pour prendre bien souvent les différentes autoroutes de la Baie de San Francisco avec mon trois-roues, je constate qu’il y a énormément de personnes seules dans leur “commute” et les files de gauche réservées aux véhicules à plus de 2 ou 3 passages sont de vrais boulevards (une étude indique que 76% des Américains vont au travail seuls dans leur voiture). Pas sûr que la bande à Blablacar soit mûre (un jour ?!) à l’idée de se frotter au marché US (avec Meetic, Vente-Privée, il a de bons exemples à suivre), et elle a sans doute raison. À ce titre, le succès de ce service sera un petit test, l’idée étant d’aller chercher des conducteurs “non-professionnels”.

Mercredi : Microsoft et sa réalité virtuelle

HoloLensAlors que les médias s’excitent de plus en plus sur tous ces noms de code comme AI (l’intelligence artificielle), VR (la réalité virtuelle), que Mark Zuckerberg tente d’épater la galerie avec ses Oculus, ses caméras à 360 degrés, et que Samsung suit le peloton du buzz avec différentes gammes de produits, Microsoft suit son bonhomme de chemin et il n’en faudrait pas beaucoup pour que cela passe inaperçu. Microsoft, vu depuis la Silicon Valley, a du mal à exciter les développeurs avec ses lancements, mais pour autant, continue de développer sa roadmap avec dans la famille “je t’en mets plein la vue” j’ai nommé Holo Lens. Non, ce n’est pas un nouveau fan club de l’équipe de football Nordiste, mais une sorte de casque élégant avec des verres transparents, au travers duquel vous pouvez voir le monde autour de vous avec des objets 3D flottant dans les airs, ou encore des écrans virtuels sur le mur de votre salon. Wouaou Baraboo. Le projet Baraboo (nom de code d’origine) a démarré avec notamment le Brésilien d’origine Alex Kipman (chez Microsoft depuis 2001), a demandé 5 années de travail dans le secret pour aboutir en ce Printemps 2016 à une livraison de 3.000 kits de développements pour proposer un peu de contenu à sous-traiter parce que pour le moment, la bibliothèque est un peu vide. Il faudra attendre pour faire joujou avec les hologrammes dans son salon. Les délais annoncés début 2015 n’ont pas été tenus.

Jeudi : Tesla Model 3, partez !

TeslaJ’ai du mal à parler des coups d’annonce dans la tech sur ces lignes, car je trouve que les colonnes des médias tech en sont pleins, et je ne vois pas ce que je peux apporter de plus dans cette recherche de la tendance et de l’exclu, c’est tellement plus sympa de faire des commentaires quand on a du recul avec les choses. Mais bon, il faut bien lancer un peu de mots clés qui compte dans la vie d’un blog dédié aux nouvelles technologies, alors voilà, je vais sortir le mot magique : Tesla. Tesla a réveillé une industrie endormie, bringuebalante, où les principales nouvelles consistaient à compter les licenciements dans chaque pays : un cataclysme. Et Elon Musk est arrivé, sans se presser, et il a réussi à redonner à cette industrie un peu de lustre d’antan, avec ses véhicules de luxe électriques, qui plus que jamais donne raison au fameux cliché : l’essayer, c’est l’adopter. Ça ricane beaucoup moins dans les salons de l’automobile, d’autant plus que c’est le lancement de la Model 3, un véhicule électrique beaucoup plus accessible au prix de $35.000, loin des $70.000 qu’il fallait sortir au moins pour les précédents modèles. A tel point que l’on a pu voir des files d’attente pour réserver sa “tuture” comme pour le dernier iPhone de Tonton Jobs. Et encore : tous les détails des caractéristiques du véhicule n’ont pas été révélées. On croit rêver, c’est comme acheter un joujou parce qu’on a vu les plus riches de la classe jouer avec. 325.000 réservations ont été annoncées par Tesla : le chiffre fait frémir. America is back!

Vendredi : Schoold et le ROI spécial étudiants

SchooldQuand on vous dit que tout ne va pas si mal en France… le monde de l’éducation aux États-Unis est vraiment un monde difficile. La technologie peut parfois être un petit reflet de la société, regardez plutôt. Schoold est une société développant une application “de planification de carrière” pour les jeunes prétendant poursuivre leurs études au “college” aux US, c’est à dire l’université dans notre système. Les étudiants sont confrontés à de nombreux défis aujourd’hui, et ils recherchent des informations personnalisées pour poursuivre leurs études… pour ceux qui en ont les moyens, ou ceux qui peuvent s’en donner les moyens à coup d’emprunts à faire frémir un exploitant agricole bien de chez nous. Grâce à notamment un algorithme et des informations personnalisées saisies par le jeune prétendant, Schoold vise à sensibiliser les étudiants sur les coûts et les avantages de fréquenter tel ou tel collège. Cet outil est censé leur permettre de prendre des décisions fondées sur des informations adaptées à leurs besoins et objectifs individuels. En clair, l’application essaye d’imaginer un retour sur investissement en fonction du coûts des études, en extrapolant les options de carrière, le potentiel de gains, et la satisfaction au travail. 500.000 téléchargements le premier mois : un détail dans la masse de la population Américaine, mais en même temps un bon indicateur des difficultés de sa jeunesse face au coût astronomique de l’éducation supérieure de ce pays, et de son interrogation à la nécessité de certains de s’endetter dès l’âge de 18 ans pour des montants qui se chiffrent en dizaines de milliers de dollars.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Jeff Bezos et le Washington Post, Facebook, Instacart, Mixbit et Google

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : le nouveau destin du Washington Post 

 

La nouvelle est tombée comme une bombe venue de nulle part : Jeff Bezos fait l’acquisition du Washington Post pour $250 millions. Aucun rapport avec la Silicon Valley, mais c’est du lourd, alors on en cause. Naturellement, la nouvelle a excité la techosphère dans la mesure où l’un des leurs à pris position dans le monde de l’ancienne économie, dans la capitale du pays, à quelques blocs de la Maison Blanche. Jeff Bezos, 49 ans, né à Albuquerque, New Mexico, patron d’Amazon, le géant du e-commerce basé à Seattle, vient de prendre le contrôle d’un journal quotidien fondé en 1877, celui qui a révélé le scandale du Watergate au début des années 70, dont l’historique est truffé de moments symboles de la grande (et parfois moins grande) Histoire des États-Unis d’Amérique. La fortune de Jeff Bezos est estimée à $25 milliards : il peut tout s’offrir : construire une fusée pour aller vivre sur Jupiter, construire le TGV pour faire Seattle-Tokyo sous la mer, que sais-je. Non, il s’installe un bureau à coté de celui occupé par Barack Obama, ce qui veut tout dire sur ses ambitions futures. Il a bien envoyé son chien de blogger Henry Blodget, le CEO de Business Insider (qui appartient à Jeff Bezos) pour nous citer la sérénade : « il y a des synergies entre l’information digitale et le e-commerce qui n’on pas encore été explorées », « il y a encore des possibilités pour des marchés fragmentés comme le business media de devenir de gros business », « Amazon et le Post sont tous deux dans un business de livraison de biens locaux ». Tout ça pour $250 millions ?!  Comme l’a écrit Tom Foremski de Silicon Valley Watcher qui ne mâche jamais ses mots  » The price of $250m for The Washington Post is cheap compared with the future benefits to Mr. Bezos’ personal brand and his business interests. ». Ca parait évident, et il y a des histoires de fonds de pension pas encore éclaircis qui rendent l’affaire potentiellement plus juteuse encore. Le rachat a d’ailleurs déjà fait une victime : Benn Freed qui a écrit sur le sujet en se demandant comment un magnat de la Côte Est pouvait bien avoir à faire d’un journal bien éloigné de ses propres traditions locales, s’est fait licencier dans la journée par son employeur. Article pas compatible apparemment.

Disclosure : je suis originaire d’un pays dont la plupart des médias sont sous le contrôle d’industriels n’assurant d’aucune manière l’indépendance des journalistes, qui de toute façon sont également sous l’influence des hommes politiques qui dirigent ce pays. Donc assez familier du sujet.

Suivre Jeff Bezos sur Twitter : il n’y est pas.

Suivre le Post Bezos sur Twitter : @Washington Post

Mardi : le quotidien d’un géant qui s’appelle Facebook

Ca veut dire quoi, gérer un business comme Facebook ? Avant toute chose, faire tenir une plateforme qui, selon les derniers chiffres officiels, rassemblent : 699 millions d’utilisateurs actifs quotidiennement, 1,155 milliards d’utilisateurs actifs mensuellement, 469 millions d’utilisateurs sur mobiles au quotidien (819 millions au mois), un chiffre d’affaires de $1,813 milliards (dont $1,599 millions dans la publicité). Des chiffres à donner le vertige pour une entreprise qui compte un peu de 5.000 employés au total, seulement. D’accord, mais ça veut dire quoi, améliorer un produit qui tourne ? Par exemple, jouer avec les lignes de code pour proposer de faire défiler vos news avec un plus grand confort, c’est à dire une plus grande pertinence, qui a le mérite en conséquence de vous faire passer plus de temps à naviguer sur Facebook et de pousser la catégorie indiquée ci-dessus à $1,813 milliards. Chaque fois qu’une personne visite le News Feeds de Facebook, il y a en moyenne 1.500 histoires potentielles disponible venant des amis, des gens suivis, des pages Facebook « likées » : l’astuce est donc de trouver un arbitrage permettant de rendre la lecture plus homogène… et addictive. « Science computing », on appelle ça.

Mercredi : la guerre des prix dans le service à domicile sur Internet 

 

Dans le domaine de la livraison à domicile, ils sont nombreux à vouloir se faire la peau d’Amazon, qui vient de lancer une offre tout récemment pour les supermarchés… Il y a eBay qui propose avec eBay Now de livrer sous 1 heure dans certaines zones de la Baie de San Francisco et sur New York, et ce pour $5, essentiellement pour des biens d’équipements. A l’autre bout de la chaine,  sur ce même créneau des courses de supermarché, il y a des startups comme Instacart qui vient de lancer un programme mensuel Express de livraison à domicile gratuit pour tout achat supérieur à $35 pour seulement $99 par an. L’idée est de couper l’herbe sous le pied d’Amazon et son offre à $299 annuels pour des livraisons à domicile sur Seattle et Los Angeles. La différence vient du fait que la startup ne stocke pas la nourriture : il y a 200 personnes disponibles pour livrer les courses faites chez Safeway, Trader Joe’s, Costco ou encore Whole Foods. Le fondateur de la startup de San Francisco (un ancien d’Amazon) qui a récemment levé une série A de $8,5 millions considère que l’offre Premium d’Amazon de $79 a fait beaucoup d’adeptes, et espère trouver de nombreux clients, même si certains magasins comme Wallmart ont une offre similaire, et qu’il y a de nombreux acteurs qui se sont lancés dans ce marché, sur d’autres régions aux États-Unis. La réponse d’Amazon viendra surement dans le fait que la Baie de San Francisco sera son prochain marché.

Instacart sur Twitter : @Instacart

Jeudi : un copycat de plus sur le segment des vidéos sur réseaux sociaux

 

Ca devait les démanger, les fondateurs de Youtube, qui ont pris la poudre d’escampette de Google en 2011 pour Chad Hurley et en 2009 pour Steve Chen afin de créer Avos, une société basée à San Mateo en Californie afin d’incuber leurs nouveaux projets : ils replongent dans le monde de la vidéo avec MixbitMixbit est une application mobile, disponible sur iPhone pour le moment, qui permet de prendre des vidéos et donc concurrence Vine et Instagram vidéos, mais sur un format absolument différent, avec toujours cette même contrainte de limitation d’enregistrement de clips de 16 secondes maximum. Mixbit permet de prendre des vidéos allant d’une seconde à une heure, avec ces fameuses séquences de 16 secondes qui peuvent être répétées 256 fois pour faire une séquence vidéo d’une heure, et de faire des éditions et du mixages, ce qui rend l’expérience plus riche, comme avec l’application Lightt. Il est clair que le duo a de l’expérience dans le domaine de la vidéo, il faudra un grand effort des utilisateurs pour venir réaliser la vision de l’équipe, à savoir raconter de grande histoires, et utiliser ces outils. Ils seront surement aidés par l’évangélisation faite depuis des lustres pour inciter les personnes à diffuser du contenu vidéo… sachant que les vidéos sont diffusés anonymement, ce qui est un autre croche-pied à ses concurrents… ou à sa future croissance, les utilisateurs des réseaux sociaux ayant tellement pris l’habitude de la démonstration nombriliste. Time will tell.

Vendredi : déjà un discount en vue pour les Google Glass

Vous n’êtes pas sans avoir remarqué, parmi vos amis sur Facebook, des photos de profil dissimulant avec la plus grande difficulté cette joie intense et profonde de faire partie de la crème supérieure des geeks : je porte des Google Glass. Elles sont à moi, je les ai « portu », regardez moi. Moi moi. Et oui, avoir une paire de Google Glass n’est pas une mince affaire, parce qu’elles ont été distribués au compte goutte aux membres du Club « je pèse lourd sur les réseaux sociaux » ou celui de « j’ai des bons potes chez Google ». Et nous (faudrait-il qu’on les veuille, mais pourquoi pas) ? Et bien il va falloir attendre avant de savoir si elles seront remboursées par la sécu. D’abord parce qu’elles valent la bagatelle de $1,500, et ensuite parce que ce sont des lunettes sans verres pour le moment. Et oui, ce sont des lunettes pas faites pour voir, mais aider Google à mieux voir… ce que vous faites. Une rumeur venant de Chine nous indique qu’elles pourraient être distribuées au prix de $299… La plus grosse partie des lunettes ayant un prix de revient d’environ $30, ça leur laisse tout de même un peu de marge. Par contre un conseil, si vous vous en portez acquéreur, ne croisez jamais la route de  Scott Heiferman, le CEO de la startup Meetup : il a promis de pétez le nez au premier porteur de Google Glass qu’il croisera dans la rue. Faites gaffe.

Le dicton du jour : mieux vaut tard que jamais. Ceci afin d’expliquer que cette rubrique couvre l’actualité de la semaine passée, et non celle qui vient de s’écouler. Toutes nos excuses aux fans. Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !