L’actualité High-Tech de la semaine : Starwood Hotels, HomeHero, Blue Bottle, Yahoo!, IPO

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances…

 Lundi : Starwood Hotel, les premières graines de l’hotel numérique à Cupertino

Je vais faire un peu de publicité pour une chaîne d’hôtel, et j’en suis ravi ! Les industries dites traditionnelles ont beaucoup de mal à entrer dans le monde digital, et c’est bien souvent grâce aux startups que des choses bougent pour le meilleur confort des consommateurs. Par exemple, la startup de San Franisco HotelTonight vient de signer des accords avec dix grandes compagnies hôtelières pour apporter encore plus de choix pour réserver sa chambre à prix cassé comme nulle part ailleurs. Mais c’est de Starwood Hotel, propriétaire de l’hôtel Aloft à Cupertino dont je veux parler dans l’immédiat. Inspirée par sa présence au coeur de la Silicon Valley et de ses modèles d’innovation à répétition, la direction de l’hôtel a décidé de donner un accès direct à ses chambres depuis le smartphone pour les clients ayant réservé une chambre : finie la queue à l’accueil, on accède à sa chambre en toute simplicité… Une clé virtuelle est reçue dans une application mobile à télécharger, qui déclenchera l’ouverture grâce à la technologie Bluetooth. Compatible pour les iPhone 4S et supérieures, ou encore Android version 4.3 et supérieures. Ok, c’est Bluetooth. Mais il y a un début à tout. A terme, c’est plus de 100 hôtels concernés.

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Mardi : la société moderne ignore les seniors, HomeHero est là pour prendre le relais 

 

C’est un fait : nous ne nous occupons pas de nos ainés comme certaines civilisations peuvent encore le faire, dans les pays d’Afrique par exemple. Tout le monde est concerné. Et qui c’est qui va s’en occuper, hein ?! Ce n’est pas une question de difficulté, d’énergie, ou de stress. Juste une question de priorité. HomeHero, une startup basée à Santa Monica, qui bénéficie du soutien d’un incubateur local appelé Science Inc., créée en mai 2013 pour répondre à ce type de besoins, vient de lancer ses services dans la région de Los Angeles permettant aux familles de trouver des personnes qualifiées en mesure de prendre soin des seniors dans leurs lieux de vie. C’est donc une nouvelle place de marché que les deux fondateurs essayent de mettre en place depuis la Californie avec deux différents niveaux de service, du plus simple au plus sophistiqué en terme d’accès aux informations qualifiées. Après la Californie du Sud, d’autres états viendront s’ajouter… je conseille vivement la Floride ! Souhaitons un peu plus de technologie dans un monde qui a décidé d’en finir avec ses seniors, une population pourtant en croissance constante.

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Mercredi : Blue Bottle, l’art du café à San Francisco

Connaissez vous le gibraltar ? Non, je ne parle pas du territoire Britannique situé dans la mer Méditerranée, mais d’un subtil dosage entre le café et le lait qui renvoit le capuccino et autre café-crème aux archives du zinc. Il s’appelle « cortado » en Espagne, « noisette » en France. Tout est dans la proportion de lait, et dans son intégration : pas de sorte de mousse dans votre verre pour faire joli (ça ne se sert pas dans une tasse), c’est un parfait équilibre qui vous fait aimer le lait avec le café. Le gibraltar, ce sont les cafés Blue Bottle de San Francisco qui me l’ont fait découvrir, où la préparation des cafés en tout genre est un véritable art, c’est comme faire de la poterie avec des grains de café… avec la petite touche finale qui fait magiquement apparaître une feuille, un coeur, c’est comme vous voulez, à vous de découvrir la forme qui vous agrée… Blue Bottle est une société crée à Okland en 2002, une sorte de témoin de cette génération startup qui a grandit à San Francisco, où les cafés et point de vente Blue Bottle se multiplie (5 cafés à San Francisco, 4 à New York). Il n’y a pas que les Google bus et le « technology bashing » qui mérite d’être cité lorsque l’on parle de cette éclosion de technologie, il y a aussi des choses qui inspirent l’imagination. Blue Bottle vient de lever $25.75 millions auprès de stars de la Silicon Valley, après une levée en 2012 avec notamment… Google Ventures. Et oui. Comme un pied de nez à l’actualité que l’on veut vous servir en ce moment, au sujet de la Silicon Valley, où tout n’est pas rose, mais bon, prenez donc un café, ça vous détendra.

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Jeudi : Yahoo! continue sa stratégie d’acquisition  

 

Vous rappelez vous de Donna ? Non, ce n’est pas une femme, mais une promesse d’assistante virtuelle qui n’a jamais vraiment décollé. La startup qui développe Donna s’appelle Incredible Labs, qui est à la base un nom difficile à assumer, je trouve. Le problème pour toutes ces société qui veulent transformer votre mobile comme un appreil intelligent est qu’il demande au smartphone des choses qui ne sont pas compatibles avec sa nature propre. Je m’explique : le monde des technologie s’est fait plaisir en appelant « smartphone » les téléphones de nouvelle génération, disposant de la capacité d’intégrer des applications, des données, donnant le champ libre à de nouveaux usages. Le problème, c’est que ça reste un téléphone, et surtout un appareil que l’on veut utiliser dans un contexte mobile : les données que l’on y intègre doivent être courtes, instantanées, géo-localisées, mais c’est tout sauf un bureau, où on est assis, on prends le temps et on a a disposition toutes ses données. L’interconnection entre ses données « sédentaires » et l’usage nomade que l’on veut faire de son téléphone mobile n’existe pas vraiment encore aujourd’hui. Tout comme Google Now, les calendriers intelligents, l’usage nécessaire en phase de mobilité reste très sommaire… et le macine learning n’est pas encore vraiment une spécialité mobile. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a des sociétés comme Yahoo! qui se sont fait une priorité du mobile, et qui sont des acheteurs potentiels pour des startups qui ont poussé du bout de codes qui fera gagner du temps à ces sociétés web qui cherchent encore le miracle avec cette industrie du téléphone. Heureux donc pour Incredible Labs, désormais filiale du géant de Sunnyvale.

Vendredi : des introductions en bourse à gogo en 2014

Faites chauffer la planche à billets, 2014 va être une belle année à IPO. « Initial Public Offer » : c’est l’effet « kiss-cool » : une mise à zéro des compteurs pour ceux qui veulent joindre l’aventure entrepreneuriale par l’intermédiaire de la bourse et ses commissaires aux comptes et auditeurs, grands pachas du reporting, et le pactole pour ceux qui ont versé sans compter des millions espérant voir un jour la prise de risque se transformer en un océans de dollars. Pour la plus grande satisfaction de leurs créditeurs, de paisibles vieillards ayant troqué leur bas de laine pour s’acoquiner avec leur jeune entrepreneur, serial killer de l’innovation. Au programme : Aaron Levie, qui n’a cessé de travailler pour Box depuis sa sortie de collège, dont l’objectif est de vous aider à stocker vos fichiers dans le cloud, et qui n’a rien connu d’autres qu’El Camino Real, à Palo Alto, qu’il a quitté récemment pour Los Altos, même avenue, quelques blocs plus loin, mais cette fois avec plus de 1.000 employés, plus de $400 millions levés, des milliers de clients facturés pour quelques $100 millions de revenus et un nouveau Directeur Financier arraché à l’éditeur de logiciel SAP. A ma droite, Coupons.com, quant à lui, c’est une société créée en 1998 (bien avant Groupon), qui distribue des coupons digitaux, et qui espère lever $100 millions après avoir obtenu $277 millions auprès des capitaux risqueurs. Ses revenus sont d’un peu plus de $100 millions, et la société n’est toujours pas profitable. Vous achèterez, ou bien ?!

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Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Ce n’est qu’un au revoir, Monsieur Andrew Mason…

Le buzz des 48 précédentes heures…

(Ceci est pour les employés de la société Groupon, mais je le diffuse publiquement, car, de toute façon, il y aura des fuites)

Chers gens de Groupon,

Après plus de quatre années intenses et merveilleuses en tant que PDG de la société Groupon, j’ai décidé de passer plus de temps avec ma famille… Non, je rigole, j’ai été viré aujourd’hui. Si vous vous demandez pourquoi… vous n’avez pas fait attention. Des chiffres controversées à l’occasion de notre premier semestre, les deux derniers trimestres qui s’avèrent très faibles et qui nous font manquer nos objectifs, une valeur de l’action stationnaire qui évolue à près d’un quart de sa valeur d’introduction, les événements parlent d’eux-mêmes. En tant que PDG, je suis responsable.

Vous faites des choses incroyables chez Groupon, et vous méritez que le monde extérieur vous donne une seconde chance. Je suis en phase avec cela. Un PDG tout frais pourra vous apporter cette chance. Le conseil d’administration est enaccord avec la stratégie que nous avons dével0ppé au cours de ces derniers mois, et je ne vous ai jamais vu autant travailler ensemble aussi efficacement. Il est temps de permettre à Groupon de souffler un peu face aux rumeurs publiques.

Pour ceux qui se sentent préoccupés pour ma situation, s’il vous plaît, ne le soyez pas. J’aime Groupon, et je suis vraiment fier de ce que nous avons créé. Je suis d’accord avec le fait d’avoir échoué dans cette partie du voyage. Si Groupon était Battletoads (une franchise de jeu vidéo NDLR), ce serait comme si j’avais fait tout ce chemin vers les Terra Tubes, sans mourir, sur ma première partie. Je suis vraiment chanceux d’avoir eu l’opportunité d’amener la société à ce niveau avec vous tous. Je vais maintenant prendre un peu de temps pour décompresser (…), et peut-être vais-je trouver un moyen de canaliser cette expérience en quelque chose de productif.

S’il y a un morceau de sagesse que le modeste pèlerin que je suis aimerais partager : ayez le courage de démarrer un produit avec des clients. Mes plus grands regrets sont les moments où j’ai laissé un grand nombre de données statistiques maîtriser mon intuition concernant ce qui est le meilleur pour nos clients. Ce changement de leadership vous donne une certaine marge de manoeuvre permettant de briser les mauvaises habitudes et d’offrir un bonheur durable à vos clients. Ne manquez pas cette occasion!

Vous me manquerez terriblement.

Love,

Andrew

Andrew Mason est l’ancien CEO de Groupon, une histoire de startup à dormir debout : créée en novembre 2008 à Chicago, introduite en bourse en novembre 2011, avec un modèle qui en a laissé plus d’un relativement pensif : les sociétés ayant fait des offres promotionnelles sur Groupon, les clients qui semblent se lasser de ce type d’offre, et les personnes ayant investi dans ses actions. Aujourd’hui cotée $5 (à la peine) l’action, bien loin de la valeur d’introduction, sa capitalisation est tombée à $3,3 milliards, son résultat opérationnel est tombé dans le rouge.

Groupon, c’est juste un site qui met en relation les marchands ayant des offres promotionnelles avec des clients potentiels. Un site web, des emails, et des transactions. A grande échelle, comme jamais fait auparavant.

Avoir de l’humour, trait de caractère reconnu chez Andrew, c’est une chose, mais la lettre aux salariés de Groupon, qui n’a pas du surprendre les salariés qui le connaissent bien, a certainement du faire l’objet d’une validation en terme de communication (de son coté, surement pas du coté de la compagnie), et je suis prêt à en faire le pari. Le CEO d’une startup, c’est aussi le panache.

Beaucoup de commentaires sont apparus ici et là vantant le courage qu’il a eu d’exposer ainsi son départ, mais je trouve sa petite note  peu surprenante, en fait, de la part d’un jeune homme de 31 ans qui a malgré tout un peu brulé les étapes.

Le mois dernier, LivingSocial, une petit concurrent de Groupon, a annoncé perdre $650 million en 2012.

Etc-ce le bon moment pour partir d’une industrie qui peine à confirmer son potentiel ? Merci en tout cas Andrew pour ce joli billet, et ce n’est qu’un aurevoir.