L’actualité High-tech du jour : Tidal… aïe, aïe, aïe

Un journal, par définition, c’est quotidien. Bienvenue sur cette rubrique au jour le jour sur ce qu’il faut retenir de la Silicon Valley !

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Que se passe-t-il quand des stars de Los Angeles se prennent pour des business Angels de la Silicon Valley ? Ça buzz, mais la réussite n’est pas forcément au rendez-vous ? Il s’agit dans le cas présent de Jay-Z qui a souhaité rentrer dans l’investissement qu’il a fait dans une société Suédoise : Aspiro. J’en ai déjà parlé ici, mais la tentative de la star du rap avec d’utiliser cette solution de streaming live pour tenter un gros coup de pub récemment mérite une petite update comme on dit dans le métier. On en sait d’ores et déjà un peu plus sur les intentions de l’artiste et investisseur : rétablir l’équilibre financier d’une industrie musicale qui a vu les artistes perdre complètement le contrôle de leur copyrights.

Soyons clairs : depuis l’avènement des plateformes de streaming comme Spotify, les labels, à la fois « banquiers » et Grands Gurus ayant droit de vie et de mort sur un artiste, on perdu le contrôle, en quelque sorte. Aujourd’hui, la musique gratuite s’est généralisée sur Internet. Et les artistes sont plus que jamais seuls face au levier que constitue Internet : Youtube, Spotify, et les autres acteurs qui essayent de se payer une part du gâteau comme Deezer (histoire de faire plaisir à l’audience Française de ce blog), Rdio (pour citer une radio locale, en bon San Franciscain que je suis devenu). Les labels ont touché des chèques, et je me rappelle encore la photo de celui que Sir Nègre (et son sourire) avait empoché à l’occasion d’un deal signé avec la startup Française. Mais soyons clair : cette industrie du streaming vis sous perfusion permanente des investisseurs et de la publicité. Parlez en à un autre guru du sujet, Tim Westergren, CEO de Pandora, et regardez où en est la vielle startup d’Oakland aujourd’hui.

Prenez les chiffres dans tous les sens : les quelques $56 millions levés pendant son existence, l’introduction au NYSE et $100 nouveaux millions en 2010, ses 250 millions d’utilisateurs (un peu plus de 80 millions d’actifs), selon les derniers relevés, l’entreprise continue de perdre de l’argent, avec des pertes annuels de $30 millions malgré un chiffre d’affaires en hausse, malgré quelques sursauts trimestriels, et l’action reste collée à $16, et fluctue au rythme des rumeurs de rachats (dont le nom de Jay-Z est cité, quel hasard). Les artistes dans tout ça ? Cherchez la ligne dans le compte de résultat des royalties reversées aux artistes, et quel est le process.

Spotify ? Quasiment $540 millions levés au compteur, et ça n’est surement pas terminé (pour 60 millions de souscripteurs dont 15 millions payants). Cette industrie de la musique est devenue une industrie de startup financée par des VCs, avec sans doute une IPO qui viendra boucler le tableau, histoire de rémunérer grassement tous ceux qui auront bien travaillé sur le dossier. Mais le résultat sera surement le même. Pour quel résultat pour les artistes ? Quelle est la partie de royalties reversée ? Combien ? Et vous voulez que je parle de Deezer, ses 150 millions, Orange ? Rdio ? $125 millions. Etc.

Je suis personnellement (accessoirement) conseiller digital d’un artiste au talent fou (forcément impartial, désolé, mais c’est un bon exemple) du nom de Francis Jocky, basé à New York. Vous pouvez trouver ses albums sur CD Baby, et sur toutes (ou presque) ces plateformes où la musique ne se paye pas, à défaut d’une somme minime par mois, ou au prix d’un peu de publicité. Des centimes, c’est ce qu’il reçoit des plateformes de live streaming, là où il fut un temps où même les téléchargements digitaux apportaient sa part de bonheur. Thom Yorke a retiré ses titres, puis d’autres (Taylor Swift…) . Va chercher AC/CD pour voir ! Pour percer aujourd’hui, il faut se lancer comme un acharné sur les réseaux sociaux, être à l’affut de tweets, se la jouer dans des productions sur Youtube… ou rêver de passer à la télé, comme à l’époque de la môme Piaf ou de Jacques Brel. Je fais partie de ceux qui veulent croire que le but d’une industrie qui flirte avec la culture doit être vertueuse, pour assurer la diversité et l’égalité des chances pour chacun. Je fais partie de ceux qui vont acheter le dernier album d’Avishai Cohen plus de $30, parce que je le peux, et que je m’adresse à sa propre société à Londres pour que l’argent lui arrive direct dans la poche.

Jay-Z cherche à faire un coup. Il a tout le gotha des starlettes avec lui, Madame, la Madonna, Kayne West, Chris Martin, et moi, et moi, et moi. Et même si tout ce barnum est loin d’être bien clair… où est le problème ?! Il y a même les Frenchies de Daft Punk ! J’ai dit ce que je pensais du service de Tidal, qui ne vaut pas selon moi les $20 mensuels assurant une diffusion haute définition, sachant que le catalogue n’est pas à la hauteur, même à 25 millions de titres. Sachant que, vu les premiers contacts avec la société, ce n’est pas 8 mois que je vais mettre à avoir le catalogue de Francis dans Tidal (le temps qu’il m’a fallu pour l’avoir dans Spotify), mais perpète à coup sûr, vu les premiers échanges. Non, allez, je trouve qu’il a raison d’essayer, l’ami Jay-Z, même si la vidéo de promotion fait tout de même peine à voir. Il faut essayer de balancer ce monde des startups qui prend un industrie à bras le corps avec son armée d’investisseurs. Autant je crois à l’avenir de ces jeunes aventuriers de la sharing economy de l’industrie du transport ou des loisirs, autant le digital et Internet a mis à mal un secteur où ceux qui apportent le plus gagnent de moins en moins : les créateurs, les artistes. Coincés entre la finance et la technologie. Alors je dis : vas-y, Jay-Z. Dépense ton argent, réuni tes potes, et voyons voir ce qu’on va voir ! $56 millions pour s’acheter une technologie, c’est un début. Maintenant, va falloir remplir !

Et en tout cas, je n’achète pas pour le moment. Je ne suis pas allé au bout de la période d’essai. Anyways, I love America. #TidalforALL 😀

Jay-Z

A demain pour la suite…

L’actualité High-tech du jour : un adolescent de 15 ans qui s’appelle Gandi

Un journal, par définition, c’est quotidien. Alors je me suis dit que c’était le moment d’essayer la recette de la nouvelle High-Tech du jour. C’est parti pour la nouvelle formule du Journal de la Silicon Valley !

Commencer une nouvelle rubrique (en quelque sorte) par un anniversaire, c’est comme profiter d’une nouvelle lune, ça donne un coup de boost au karma.

no bullshit

Il est fort connu qu’internet regorge de chats en tout genre, sous toutes ses formes, en lol et tout le reste. C’est un peu la second nature d’Internet. Il y en a une autre que l’on oublie : les crottes de taureau, le bullshit en anglais. Il faut reconnaître qu’Internet c’est un peu devenu aussi compliqué qu’un bon couscous maison. Alors Gandi, dit Gandi.net pour les intimes, qui n’a rien contre les chats, c’est une grande vraie famille, a néanmoins décidé depuis fort longtemps à s’attaquer à son marché de la commercialisation des noms de domaines sur Internet en combattant la seconde catégorie : le bullshit. Aga.

Une société, c’est un peu comme un enfant, on ne la voit pas grandir et pourtant, c’est bien en 1999 que l’aventure a commencé pour GandiPierre BeyssacLaurent ChemlaValentin LacambreDavid Nahmias, 4 Mousquetaires de l’Internet Libre Spirit, décidaient de réunir 5 mots en une espèce de profession de foi : Gestion et Attribution des Noms de Domaine sur Internet.

A l’époque, c’était seulement 3 extensions qui étaient disponibles (.com, .net et .org), et ce business qui semblait à l’époque tout petit, est désormais un véritable enjeu qui rassemble quelques concurrents qui se partage la commercialisation de quelques 600 extensions. Et cette bataille commerciale ne fait pas de l’ombre à l’ambition de l’équipe dirigée depuis 2005 par Stephan Ramoin, depuis San Francisco, où le coeur de l’entreprise a été déplacé en 2014. D’où notamment cette campagne « no_bullshit » voulue tant pour son caractère un peu fun que pour continuer à tailler dans les marges des gros concurrents US comme Godaddy, avec une stratégie marketing assez transparente : pas d’argent dépensé en publicité.

Regardez le résultat, en 15 ans :

Infographie des 15ans

La priorité de Gandi, tout en supportant l’innovation, le nerf de la guerre, reste la communauté des personnes travaillant dans le domaine des technologies pour qui Internet est un relais pour leur business, tout en favorisant le partage libre et sans restriction de l’information, dans un esprit de  promotion du respect des droits individuels et des citoyens.

D’ailleurs, regardez d’ailleurs ce tweet très humain de la Fédération des Droits de l’Homme :

//platform.twitter.com/widgets.jsOn se plaint souvent en France de ne pas avoir créé le prochain Google, grand fantasme de ceux qui dirigent le pays (et qui ne comprenne pas trop la technologie, ou alors suivent mal l’actualité) ou ceux rêvent de passer au 20 heures de David Pujadas. Il y avait pourtant Daily Motion, que Montebourg a quelque peu tué dans sa grande vision du monde. On oublie souvent de citer Ilog, autre belle pépite d’origine Française qui a marqué le monde informatique de son temps (parlez en à IBM). Et il y a aujourd’hui Gandi. Pas besoin de vouloir changer le monde, et de perdre son sens de l’humour, pour ne pas conquérir le monde du numérique. Et même recruter en France, le grand créneau du moment (jetez un coup d’oeil aux offres d’emploi du moment) Alors je dis : Happy Birthday Gandi, vous pouvez ouvrir une bière pour l’occasion !!!

NDLR : mes remerciements à Karim El Mansouri, Senior Hosting Manager chez Gandi,  pour son inspiration, et j’espère avoir répondu au challenge.

Si vous voulez gagnez des cadeaux, c’est le moment d’aller faire un tour sur le site des 15 ans de Gandi :

15 ans de Gandi.net

 

A demain pour la suite…

L’actualité High-Tech de la semaine : Dropbox, Kleiner Perkins, Slack, une startup inconnue et Jay-Z

Un trimestre, c’est tellement long. Rien de mieux qu’une belle semaine d’acquisitions dans la Silicon Valley pour se remettre à l’écriture, en pleine période de rachat de ce média, L’Express, qui abrite mon blog depuis si longtemps… Cher Patrick Drahi, si tu lis ceci, j’espère bien pouvoir continuer cette rubrique s’il te plait, désolé de l’avoir délaissé un peu mais j’avais beaucoup de travail. Allez, c’est reparti pour la rubrique organique qui vous donne la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Dropbox rachète Pixelaps

Screen Shot 2015-02-07 at 7.12.17 PMDropbox a perdu la course contre Box : la fameuse course au jackpot de la startup, la grosse carotte des gouttes de sueur de la Silicon Valley : le NASDAQ. Box a fait son introduction en bourse fin Janvier 2015, après une année de longue labeur pour toucher le Graal. Bien que distancée au ryhtme des levées de fonds ($1.1 milliard pour Dropbox, $559 millions pour Box), Box est tout de même plus agée de 3 ans (Box a été créée en 2005, Dorpbox en 2008), c’est donc un peu logique que Box y soit arrivé avant, et c’est donc bien parfois 10 années qu’il faut pour réussir son entrée en bourse. 10 ans, pas 2. Box et Dropbox, c’est un peu bonnet blanc et blanc bonnet. Je devrais même dire bonnet bleu et bleu bonnet, les deux sociétés ont un goût commun pour les logos qui donnent dans le bleu. Ca fait grosso modo la même chose : du stockage de fichiers en tout genre dans les nuages, l’une ayant plutôt une légitimité auprès des entreprise (Box), l’autre dans le grand public (Dropbox, si vous avez bien suivi).  En attendant, Dropbox fait le boulot, développe le produit, notamment en faisant gagner le jackpot de la Deuxième Division (ça rapporte moins qu’une IPO mais quand même) a une startup de Palo Alto, Pixelapse, en la rachatant pour un montant non divulgué. Autrement dit, pour pas cher, surement le montant serait déjà sur la place publique. C’est donc la 21e acquisition de Box. Pixelapse développe un outil de collaboration pour les designers, et à en juger la taille de la startup qui a eu les honneurs de la Rolls des incubateurs, YCombinator, et de StartX, l’incubateur de l’Université de Stanford, ça nous ressemble à une opération de type « aqui-hire », en clair une embauche, plutôt qu’un véritable rachat. Oui Mesdames et Messieurs, la Silicon Valley, elle est tellement forte, tellement puissante, que quand elle recrute, elle rachète. C’est comme ça que ça se passe ici. Longue vie à Pixelapse, et dépêchez vous de copier vos fichiers si vous en avez sur cette plateforme, mon petit doigt me dit que ça ne va pas rester longtemps sur le commerce.

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Mardi : Kleiner Perkins a cherché à racheter Social+Capital Partnership

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On parle souvent des VCs (pronioncer vicise) de la Silicon Valley, dont on sait qu’il donne de l’argent au startups, mais à part ça ? Ce n’est ni une secte, ni la branche business des francs-maçons. même si parfois on peut s’étonner de leur mode de fonctionnement qui ressemble de près ou de loin à une bande organisée à but très lucratif. Les VCs ont une capitale : Menlo Park en Californie, ville dorée, bordée par Portola Valley au Nord, Los Altos Hills au Sud, où se trouvent leurs maisons 5 étoiles, et par Redwood City, Palo Alto entre autres, leurs principaux fournisseurs de serials entrepreneurs. Sand Hill Road est leur avenue, un peu comme Hollywood Star Walk sur Los Angeles peut être pour l’industrie du cinéma. Ce sont des sociétés à but très lucratifs, qui s’occupent à assembler les demi-millions de $ pour ces capitalistes fatigués de racheter des kilomètres de constructions éparses, et qui veulent s’acoquiner avec ces petits jeunes de la Silicon Valley. Kleiner Perkins Caufield et Byers, un des barons de la cause du venture capitalism, sévit depuis 1972 dans un métier qu’un Français a imaginé il y a bien plus longtemps encore, Georges Doriot (oui, je sais, c’est aussi le fondateur de l’INSEAD, la nouvelle maternelle d’Arnaud Montebourg) en créant ARDC. C’est fou ce que les Français réussissent aux États-Unis, au passage. Les VCs sont des sociétés comme les autres, elles peuvent se racheter en elles. C’est donc Social+Capital Partnership qui a donc faire l’objet d’une offre de rachat, cette vielle dame de KPCB ayant semble-il  besoin de disposer de sang frais dans leurs rangs, même s’il semble qu’ils savent plutôt bien utiliser les $1,4 milliards qu’ils ont rassemblé dans le cadre de leur dernier fond. Le chemin devait être trop long depuis Alma Street, siège de SP23, vers Menlo Park, le rachat n’a pas fonctionné. La jeune génération des cpital-risqueurs n’est pas aussi facile à racheter.

http://fortune.com/2015/01/26/exclusive-kleiner-perkins-tried-to-acquire-socialcapital-partnership/

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Mercredi : Slack rachète ScreenHero

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Slack est la startup adulée du moment dans la Silicon Valley. Bien des entreprises se sont cassées les dents à essayer de faire quelque chose dans le domaine des outils de communication pour les entreprises, à défaut d’être acquises par des géants du web (Yammer par Microsoft) ou même encore d’être développées par elles (comme Chatter par Salesforce). Pour autant, bien des entrepreneurs ont envie de refaire le coup de Yammer (acheté $1,6 milliard par Microsoft), voire refaire le succès de Facebook dans le monde de l’entreprise. Il y a de toute façon toujours quelqu’un pour racheter ce tpye de startup dans le coin. Cela faisait un certain temps que le co-fondateur de Flickr (racheté par Yahoo! en mars 2005) Stewart Butterfiled, n’avait plus fait la une des médias de la Silicon Valley, le voilà satisfait. Làs, certains produits connaissent l’état de grâce, et Slack a rapidement trouvé sa base d’utilisateurs, après son lacement en Janvier 2013. Des fuites ont même annoncé un chiffres d’affaires de plus de $1,5 millions après 18 mois d’activités, bonne raison de justifier une valorisation supérieure au $ milliard. Ca étonne souvent, mais, pour extrapoler, ce type de chiffres peut donner une idée du chiffre d’affaires au cas où la société arriverait à rentrer en bourse. D’ici 10 ans, par exemple, ça laisse du temps pour développer le business. En attendant, avec les quelques $180 millions levés depuis sa création, Slack vient d’acquérir Screenhero, une startup qui tente de concurrencer Webex, le dinosaure des solutions de vidéo-conférences en la personne de Screenhero, petite startup de Mountain View composée de 3 co-fondateurs. Encore une embauche de riches. Peuvent vraiment pas recruter comme tout le monde, ces Américains, il faut toujours qu’ils en rajoutent…

NB : la première version du produit de la startup Slack qui s’appelait autrefois Tiny Speck était un MMORPG, en bon Français une plateforme multi-joueurs. Ca laisse rêveur…

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Jeudi : Slyce rachète SnipSnap

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Que se passe-t-il lorsqu’une entreprise qui développe une technologie de reconnaissance d’image utilisée dans le monde de l’e-commerce rencontre une autre startup spécialisée dans le couponing, en particulier lorsqu’elles ont tendance à se croiser à Minneapolis où il ne se passe pas forcément grand chose tout les jours dans le monde des startups ? Et bien elle s’entendent, et se rachète pour faire comme tout le monde, ça fera toujours un article dans Techcrunch. Il faut d’abord trouver la plus grosse : ce sera Slyce est ses 40 employés, et ses $27,8 millions levés au compteur. La proie, SnipSnap, moins de 15 employés, et seulement $2,8 millions au compteur de VC. Le tout pour une transaction de $6,5 en stock options et en cash, ça fait tourner le commerce. Ca tombe bien, la plus grosse est celle qui a le nom le moins débile. Il y a toujours une morale en affaire. Il y avait quand même 4 millions d’utilisateurs qui avaient téléchargé leur application mobile, ce qui vous donne une idée à quel point les États-Unis sont un grand pays. Je me rappelle un temps pas si lointain où la star des applications de géolocalisations Françaises, Dismoiou, avait culminé à 1 millions de téléchargements au bout de quelques années d’existence. L’idée de SnipSnap était de laisser les utilisateurs prendre eux mêmes la photo du coupon avec leur téleephone, qui devenait alors disponible sur l’application SnipSnap pour les autres utilisateurs. Ca a tout de même généré 100 millions de coupons, ce qui force le respect. Slyce en est à sa 4e acquisition, ce qui n’est pas si mal en 3 ans. Il n’y a pas à dire, racheter, c’est plus facile que développer !

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Vendredi : Jay-Z achète Aspiro

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Des grosses startups qui rachètent des petites startups, des petites startups qui rachètent des plus petites startups, des VCs qui veuleut racheter des autres VCs, quoi d’autres ? Vous ne voyez pas ? Et bien les rappeurs US bien sur ! Eux aussi rachètent des startups voyons, c’est bien connu ! Et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit de Monsieur Beyoncé ! C’est nouveau, Jay-Z aime les Suédoises… je veux parler des startups puisqu’il vient de se porter acquéreur d’Aspiro. 2 noms, un seul produit, Tidal aux USA en Grande-Bretagne, WiMP en Europe du Nord, pour offrir une technologie développant une expérience musiscale en son de qualité audi haute fidélité, à travers également des partenariats. Je me suis permis d’essayer le service, je n’ai pas trouver une différence incroyable avec Spotify, mes oreilles ne doivent pas être sensibles comme celle de Jay-Z au kbps. Sur du Steely Dan, en tout cas, rien de flagrant… peut être sauf sur mobile, où on sent un petit plus ! Enfi, pour $20 par moi, va falloir pousser mémé dans les orties pour ça. Pour ceux qui vont m’accuser de mensonge en prétendant que la société s’est faite rachetée par Swan Carter, je les invite à consulter Wikipedia séance tenante. Vous savez combien il a payé le garçon ? $56 millions. Bon, c’est une offre privilégiée mais elle montre un intérêt certain de la part de certains artistes, comme également Ashton Kutcher  (Change.org, Secret, Airbnb…) ou encore Jared Leto (Spotify, Zenefits, Reddit) qu’ils sont loin d’être cons, plutôt concernés par l’évolution de leur profession, et prêt à mettre la main au portefeuille pour être au service de leur passion… pour le plus grand bonheur des serials entrepreneurs de la Silicon Valley !

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Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Quoi de neuf chez Uber, Techcrunch ?

Techcrunch, la star des médias quand il s’agit de parler de startups, avec toutes les histoires qui vont autour. Les conférences qu’organise ce média hight-tech de la Silicon Valley sont toujours très prisées. Les différents organisateurs ont su renouveler le genre depuis 2007, et ils ont intelligemment créés cette ambiance « Hollywood » dans les nouvelles technologies avec une légion de codeurs-entrepreneurs en sweat-shirt à capuche d’un coté dans les premiers rôles, et une légion d’investisseurs en costumes-sneakers de l’autre à la production.

Beaucoup de stars pour cette première journée, et beaucoup de déclarations… morceaux choisis, en particulier avec Travis « Kalachnikov » Kalanick, l’homme qui veut bouleverser le monde des taxis avec Uber !

 

David Krane est partenaire chez Google Venture, un des actionnaires de la société Uber qui veut raser cette planète de toutes les compagnies de taxi qu’il est possible de trouver à San Francisco, New York, Paris, Francfort ou Shangaï. Ce n’est pas encore gagné, mais la startup progresse vite à recruter des chauffeurs à travers les différentes régions qu’il explorent (mais pas encore Las Vegas), et des clients encore plus avec la politique de prix très agressive. Le service est absolument incomparable, tant le chauffeur de taxi est devenu un prestataire de services que l’on aime rarement !

Parlant d’amour, l’intervieweur Michael Arrington et ses gros sabots (au propre comme au figuré) n’a pu s’empêcher de parler du coté Dark Vador d’Uber et de son CEO Travis Kalanick :

Forcément, on ne change pas le monde avec des bisous, spécialement lorsque l’on constate la résistance des lobbys dans différents pays. Dans le cas Français le président de la G7 opère dans une situation de quasi-monopole, dans la foulée de son papa très heureux de récupérer cette compagnie en 1960, avec un réseau d’influence qui va jusqu’à faire parler un Ministre ventriloque priant l’innovation de ne pas aller trop vite en pleine conférence sur les nouvelles technologies ! La seule innovation de cette compagnie ? La mise en place de la radio en 1964, qui a été un bon moyen de mettre la laisse aux chauffeurs de taxi qui aujourd’hui se demandent se qui leur arrive, en se comportant comme des fonctionnaires à qui on veut retirer les acquis sociaux : la règlementation et les licences de taxi ayant été géré n’importe comment, c’est bien difficile de s’y retrouver sur la meilleure attitude à adopter.

En attendant, Uber bouge les lignes et permet à des personnes de se créer leur propre job :

A titre d’exemple, j’ai eu le plaisir de rencontrer le fier papa d’un jeune ingénieur embauché par Facebook, qu’il est venu accompagner à San Francisco pour s’assurer que tout va bien. Que fait il le temps de régler les aspects de visas et de se mettre en place ? En bon soutien de famille. le système mis en place par des sociétés comme Uber… ou Lyft dans ce cas précis lui a permis de se mettre en situation professionnelle quasi immédiatement ! C’est ça, l’enjeu des emplois d’aujourd’hui : la mobilité plus que les acquis sociaux que l’on n’est plus capable de financer.

 

Il est toutefois possible d’arrêter Uber. « Vegas, Babe »… Et d’ailleurs :

 

C’est aussi clair que, parlant de Lyft, qui joue dans la même cour d’Uber, avec les fameuses moustaches roses, la concurrence est rude et aucun cadeau ne sera fait :

 

Pas même une acquisition en vue. Gagner ou mourir 😀

L’actualité High-Tech de la semaine : Tango, Google, Motorola, David Sacks, Homejoy

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Tango n’en finit pas de danser 

 

C’est fou comme la vie d’une startup, ça change du tout au tout. Il y a quelques mois, la startup Tango, une application permettant de passer des appels en utilisant la vidéo, un concurrent de Skype sur smartphone pour faire simple, finissait de compter les sous qui lui restait après avoir levé presque $90 millions, et était parfois accusée de spamming pour essayer de relancer une courbe de croissance probablement en manque de relais, avec une monétisation classique avec des appels gratuits donc des revenus provenant des activités diverses et variées dans l’application (publicité de promotion vers d’autres applications, etc.). Parce qu’on peut tout faire dans Tango ! Un petit Facebook mobile a lui seul : on peut visionner des programmes vidéos (dont une chaîne de gaming avec Dailymotion, la French connection est passée par là avec un CTO Français et la plateforme de vidéo installée guère loin des locaux de Tango à Mountain View), jouer à trouver un ou une ami(e) dans la vie en secouant son téléphone (un exercice relativement asiatique dans le style, une autre DNA de la startup qui a des effectifs de développement en Chine), écouter de la musique, publier des posts, trouver des gens à proximité, et jouer à des jeux en réseau… Et puis Alibaba et son tapis magique de $280 millions est passé par là. Alors Tango nous là joue à la Kabam : même investisseur, même pas de danse à l’attention des développeurs avec l’ouverture d’un fond de $25 millions pour inciter les développeurs de jeux à venir développer dans leur cour en finançant des campagnes de promotion et de marketing, un grand classique ! Ils viennent même de recruter un ancien Vice President de Gree, autre société d’origine asiatique (Japonaise cette fois), spécialisée dans le jeu sur mobile.

Suivre Tango sur Twitter : @TangoMe

Mardi : Google fait aussi du crowdsourcing

 

Non, je ne vais pas vous servir la soupe du lobbying anti-Google habituel. C’est un combat de nostalgiques d’une vision d’Internet qui est révolue. Mais franchement, c’est quasiment un job à plein temps que de suivre les activités de Google. Cette fois ci, il s’agit d’un concours que la compagnie de Mountain View vient de lancer l’opération Little Box Challenge, officialisée en mai dernier et qui devient live : une prime de $1 million pour le premier groupe capable de créer un onduleur le plus petit et moins cher possible.  Les onduleurs sont utilisés dans la transformation d’énergies pouvant être utilisée dans les maisons, les entreprises, les véhicules… Le problème de l’énergie est loin d’être résolu à tous les niveaux de la vie courante avec les batteries et autres moyens de stocker et délivrer l’énergie.  Nos téléphones portables en savent quelque chose : le plus on veut les rendre « smart », le moins il est possible de les utiliser normalement. Il y a des tas d’appareils qui souffrent d’un problème d’adaptation de la taille à son environnement, alors qu’à ne cela tienne, Google a décidé de s’allier avec L’Institute of  Electrical and Electronic Engineers et quelques constructeurs pour faire ce que l’on appelle de nos jours : le crowdsourcing. En clair, ce que tu n’arrives pas à développer toi même, fais le faire par les autres. Et donne leur de l’argent pour cela. $1 millions. De nos jours, certains gagnent plus en déposant leurs projets sur Kickstarter. Les applications sont ouvertes jusqu’au 30 septembre, les heureux élus seront connus en janvier 2o16 après que les détails techniques soient transmis le 22 juillet 2o15 au plus tard. C’est pas une histoire de poule avec des dents, mais quand même, ça fait loin janvier 2016, non ?!

Mercredi : Motorola et son patch de déblocage

Motorola nous a peu habitué ces dernières années à de réelles innovations, alors que par le passé, depuis sa création en 1928 dans l’Illinois, le constructeur a apporté sa pierre à l’édifice des technologies dans bien des domaines :  le premier produit sortant des usines de Chicago était justement… un simulateur de batterie, comme quoi tout est lié dans cette rubrique… Des télévisions, un transmetteur en 1969 qui transmettra certaines paroles comme  « one small step for man, one giant leap for mankind » d’un certain Neil Armstrong depuis la Lune, et en 1973 ce qui deviendra un téléphone portable. Bien des années plus tard, après un progressive démantèlement de l’entreprise en plusieurs morceaux, dont un qui passera par Google puis désormais Lenovo, nous voila envoyé dans un film de science fiction avec cet accord passé avec la société VivaLnk, basée à Santa Clara, à deux pas des constructeurs de la Silicon Valley pour la mise en place d’un tattoo digital. Pour quoi faire ? Pour débloquer son téléphone d’un seul geste. La sécurité aujourd’hui vous oblige à mettre un code de blocage sur votre « smartphone » avec toutes les informations confidentielles que l’on peut y trouver, qui peut donner accès à votre porte-monnaie avec le développement du m-commerce et autres sociétés de paiement qui viennent monopoliser votre téléphone. C’est souvent trop tard pour dégainer votre caméra de téléphone portable (je le réveille, et je tape mon code, et je me trompe, et je re-tape mon code, et je remets le son, et j’ouvre la caméra… trop tard !) et prendre la photo de l’instant. Avec cette nouvelle solution, vous posez votre téléphone là où vous avez positionné votre tattoo digital (genre l’avant-bras, au hasard), et clac, le téléphone est opérationnel, prêt pour la selfie ! Bon, il faut avoir envie de se coller un drôle de truc rond sur son avant-bras, mais bon, parler des trucs qu’on trouve marrant, c’est ça aussi une chronique. Ca vous est vendu par paquet de 10 (pour $10), et en aucun cas ça ne vous aide à arrêter de fumer. Euh, faut aussi posséder un téléphone Motorola. Ou alors aller l’acheter pour faire joujou.

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Jeudi : quel prochain Goliath nous prépare David

 

J’ai tendance à considérer  Paypal comme une des légendes récentes les plus significatives en high tech. Bien que Google ait une histoire absolument incroyable, et je conseille de se pencher de près sur les raisons qui ont conduit au succès de nos deux amis Page et Brin, Paypal est importante par les conséquences qu’aura lieu la création du géant mondial des paiements. Non, je ne parlerai pas de Facebook, Twitter, tout ça c’est encore trop frais. Les fondateurs de Paypal (qui sont d’ailleurs tous partis) ont tous connu un destin assez incroyable, et il y a notamment un truc avec les Africains du Sud, nation qui a vu la naissance d’Elon Musk, le Tintin des temps modernes (et co-fondateur de Paypal), et un certain David Sacks, qui vient d’annoncer son départ de Microsoft. Pour revenir au début de l’histoire, David Sack est tout comme Elon Musk né en Afrique du Sud, et il a rejoint Paypal comme COO en 1999, soit peu de temps après sa création. Depuis son départ de Paypal en 2002, l’année de l’introduction en Bourse et du rachat par eBay, David a produit et financé le film « Thank you for smoking » (récompensé de 2 Golden Globe), créé puis vendu une société dans le domaine de la généalogie collaborative sur Internet, enfin il fondé le réseau social professionnel Yammer  (aujourd’hui utilisé par plus de 500.000 organisations) qu’il a vendu $1,6 milliards à Microsoft. A en croire sa photo de profil qu’il affiche désormais sur Linkedin, je suis prêt à parier qu’il va se lancer dans la politique. Après les nouvelles technologies, l’industrie du cinéma et les milliards, quoi de mieux que de se lancer à l’assaut des forteresses politiques et les sensations fortes ! Quand je pense que la majorité des fondateurs de Paypal n’ont pas pour certains encore passé la barre des 40 ans, je pense que l’on n’a pas fini d’entendre parler de la « Paypal mafia », du fait de l’impact des Elon Musk, Max Levchin et autre Peter Thiel dans l’éco-système de la Silicon Valley. A quand un film sur ses talents de la Silicon Valley ?!

Suivre David O. Sacks sur Twitter : @DavidSacks

Vendredi : Homejoy, la course de l’escargot face au lapin

 

Bien loin du pays où un certain Guillaume Thomas, courageux fondateur et CEO de la société Rennaise Aladom qui développe depuis 2007 un service web mettant en relation les prestataires de toute sorte et les Internautes, attendant qu’enfin un investisseur digne de ce nom vienne l’aider à passer à la vitesse supérieure, ce type de startups poussent comme des petits pains au pays des cow-boys. La plus célèbre d’entre elle, TaskRabbit, développe un certain talent dans la levée de fonds, sans avoir véritablement prouvé sa pertinence en tant que société sachant développer un business stable et rentable. La plus réussie d’entre elles, Redbacon, est désormais la propriété de Home Depot, le Leroy Merlin local. Et il y en a une autre en plein décollage, c’est Homejoy. Homejoy c’est l’exemple même de ces acteurs du web qui vous mettent en relation directe avec des sociétés professionnelles, prenant en charge le paiement, vous trouve le prestataire à votre goût comme si vous cherchez vos prochaines vacances aux Baléares, et s’occupe de vous du début à la fin, alternant les emails et les SMS pour s’assurer que tout se passe bien. Après s’être occupé de faire le ménage dans votre maison, c’est désormais d’autres services qui sont proposés comme la plomberie, le déménagement, le jardinage, le bricolage, la peinture, bref tout pour la maison. Je l’ai essayé et je l’ai adopté, tant le service proposé est simple, clair, efficace. Le lapin de San Francisco et sa starlette de CEO peuvent s’inquiéter de l’exécution de Homejoy, eux savent non seulement lever des fonds ($39,7 millions), mais ils savent aussi faire du chiffre d’affaires (un % de la prestation, comme Airbnb, que l’on sent d’ailleurs proche de la philosophie en terme d’offres du site web : on se sent en confiance, et bien chez soi). Après s’être bien occupé d’un vertical, on peut passer aux autres secteurs : les lapins qui courent dans tous les sens n’ont jamais gagné la course face à un escargot bien préparé, qu’on se le dise.

Suivre Homejoy sur Twitter : @Homejoy

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Google, Bay Dynamics, Handup, Quiqui, Caliber

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : touche pas à mes potes

On en parle souvent ici : recruter des ingénieurs tient du miracle… et du harcèlement (de la part des recruteurs…) ! Contrairement aux apparences, tous les meilleurs ne sont pas dans la Silicon Valley. D’abord parce que certains talents s’en foutent, et ne sont pas nécessairement prêts à faire le grand saut dans l’inconnu. Les États-Unis, et la Silicon Valley, ne sont pas forcément le rêve de tout développeur qui sait aligner des 0 et des 1 à la perfection. Pour des raisons familiales parfois. Pour la douceur de vivre de la France, des berges de la Dniepr ou la douceur du climat à Tel Aviv. Car oui, bon nombre d’ingénieurs de la Silicon Valley ne sont pas des américains, et la demande n’est pas satisfaite, donc il faut aller les chercher ailleurs ! Pour ceux qui sont prêts à faire le grand saut, arrive la gymnastique du visa, le casse-tête des startups, qui doivent jouer des pieds et des dollars en avocats pour recruter cette belle main d’oeuvre étrangère. Alors, la main d’oeuvre locale, on se l’arrache, à n’importe quel prix. Facebook est prêt à payer très cher à ce jeu là… il n’y a qu’à observer leur dirigeant en chef, il donne l’impression que le monde lui appartient. Google, Larry et Sergey, en ont marre que Facebook vienne piocher dans leur effectifs (Google sait très bien recruter, et ça reste une place sûre et enviée…). Ils ont monté une arme anti-Facebook : réagir dans l’heure à une offre faire à l’un de ses salariés par Facebook, avec  la possibilité d’une intervention soi-même de Larry Page ou Sergey Brin (voir les deux mon Capitaine). Cette pratique a été révélée dans le cas d’un procès visant Google, Apple, Intel et Adobe accusés par un panel de 64.000 employés de la Silicon Valley d’un pacte de non-agression de recrutement. Facebook, visiblement, n’en a que faire, d’aller piocher chez ses concurrents !

Mardi : souriez vous êtes filmés

 

Enfin bientôt un nouvel os à ronger pour nos amis syndicalistes français… à condition qu’ils comprennent quelque chose aux affaires d’Internet… Une startup qui s’appelle Bay Dynamics se propose d’identifier des risques informatiques potentiels au sein des systèmes des entreprises sur la base des comportements et des activités des salariés sur le réseaux informatique… La startup est une vieille de 2001, basée à San Francisco, vient juste de lever $8 millions auprès de… vous allez rire : Comcast Ventures. Oui, vous avez bien lu : le bras armé d’un des principaux câblo-opérateurs des États-Unis vient investir dans une startup chargée de faire la police sur les réseaux informatiques des entreprises… D’ici à ce que l’on accuse la NSA (via ce type d’acteurs fort complaisants en général) de s’infiltrer dans les cercles informatiques privés des entreprises… De plus, vous imaginez que ce truc se développe à l’export et que l’on vienne fouiner dans les connexions internet des salariés des entreprises françaises ? Et les acquis sociaux, Madame ? La possibilité de fouiner sur Internet pendant la pause déjeuner, vous en faites quoi ?! Il n’en reste pas moins que la sécurité informatique des entreprises reste un problème à régler de nos jours où il ne se passe pas une semaine sans qu’une société ne fasse part d’une intrusion non désirée. Le traffic de données a de bons jours devant lui… sans doute une stratégie d’écoute de marché de la part de Comcast.

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Mercredi : un peu d’humanité dans un monde de chiffres

Il arrive que le monde du capital risque fasse un peu preuve d’humanité. À savoir une belle brochette de riches personnalités de San Francisco et de ses environs se sont cotisées pour lever $850.000 pour un projet bien humain. Et par n’importe lesquels : le fond early stage SV angels, Ron Conway, le plus pappy des investisseurs de la région (aussi co-fondateur du fond SV Angels, comme ça il a misé deux fois), Marc Beniof, Monsieur Salesforce, le très glamour couple Banister (entre autres instigateurs du site Zivity.com…), et une autre douzaine ont donc investi ce qui équivaut pour eux à deux ou trois paquets de cigarettes. Dans quoi me direz vous ? Dans une startup, HandUp, qui permet de faire des dons aux malheureux et extrêmement nombreux sans domicile de San Francisco. C’est au total 200 sans foyers qui touchent environ $200 par mois. Ce qui n’était au début qu’un projet à-coté est devenu un projet à plein-temps. Bon, $200 par mois ne va pas très loin, surtout dans une ville où la drogue circule assez librement notamment dans ces populations touchées par la misère comme vous n’avez pas idée… mais il faut bien commencer par quelque chose, même avec des miettes de la part d’investisseurs qui d’habitude… Bref, restons positif, ce n’est que le début du combat. Je ne sais pas combien de san domicile vivent à San Francisco, mais je peux témoigner que sur les 6 dernières années, malgré la volonté de la ville qui veut prétendre au titre de la capitale mondiale de l’innovation, malgré le nettoyage opéré dans le Tenderloin, un des quartiers les plus misérables de la ville (installation des nouveaux bureaux de Twitter, Square, Uber, etc.), on trouve désormais des sans-abris un peu partout dans la ville, parfois dans un état dont vous n’avez pas idée en France, et le nombre de tentes installées dans certains quartiers continuent de fleurir (si je peux me permettre l’expression). Et c’est pareil dans certaines arrière-cours de la Silicon Valley. C’est pas gagné.

Jeudi : à quoi il sert le quiqui ?

San Francisco est vraiment une ville qui force l’imagination ! Une jeune startup qui répond au nom de Quiqui vient de lancer un nouveau service : livrer à domicile avec des drones des produits pharmaceutiques, moyennant $1 à rajouter au prix des médicaments eux-mêmes. Tout cela livré en un peu moins de 15 minutes.  Pour ceux que je vois encore ricaner avec le nom de la startup, sachez qu’en fait ça se prononce (kwi-key). Joshua Ziering est un CEO qui se prétend être un entrepreneur vétéran avec un flair pour ce qui n’est pas conventionnel. J’ai du mal à être d’accord avec la première partie, pour un garçon sorti de l’Arizon State University en 2012 (après 8 années passées à étudier le « creative writing », et dont le premier boulot, si j’en crois le réseau social Linkedin, était d’être chef créatif dans une quelconque société). Sur la seconde partie de sa bio, la livraison de produits par drone fait parler de lui depuis pas mal de temps déjà, on ne peut plus vraiment dire que c’est non-conventionnel… Je veux bien croire deux choses (toujours son profil sur Linkedin) : une passion pour les avions et hélicoptères télécommandés. Et une certaine forme d’esprit poétique, pour nous faire croire que « quiqui » peut se prononcer autrement que « kiki ». Je suis curieux de voir si ce nouveau service va vraiment décoller. Facile, celle-là.

Vendredi : marre de chercher sur Linkedin ? Essayez Caliber !


Vous êtes sans doute comme moi à passer vos journées sur Linkedin à la recherche du contact pour votre projet, du décideur pour votre prochaine vente, de l’ingénieur « devops » qui manque absolument à votre équipe technique. En se promenant sur le site web. on en a vite le tournis, avec toutes ces impasses à la Viadéo (le spécialiste national du spamming sur réseau social) qui vous demande de passer sur les comptes payants au moindre clic … il faut bien trouver le service payant qui va bien pour permettre à l’entreprise de faire de l’argent. Mais dans certains cas, on cherche simplement quelqu’un à qui parler, du fait de son expertise, de ses connaissances, sans forcément vouloir faire appel à une personne en particulier. Et franchement, essayer sur un forum ou sur Twitter, c’est un peu la bouteille à la mer. Je vous propose de découvrir Caliber, une nouvelle application iOS, qui propose de rechercher des professionnels selon leur  expérience. Vous pouvez consulter leur profil, extrait de Linkedin, qui synthétise plutôt bien les compétences professionnelles des individus. Ca peut aussi servir pour une recherche de talents d’un nouveau genre, si un recruteur veut s’amuser à aller chercher des profils bien précis. Il faudra tout de même attendre que l’application fasse son plein d’utilisateurs, ils sont encore loin des 300 millions de Linkedin. La personne contactée à le choix de ne pas donner de suite à la requête, ou bien commencer à chatter.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité de la High-Tech : Matterport, Uber, 137Ventures, Bop.fm, Privatize

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : la 3D c’est pour quand ?

Le monde qui nous entoure est merveilleux : tout en couleur, plein de formes, tout en 3D. Sa restitution numérique est absolument, définitivement, résolument plate, quel que soit l’appareil que l’on utilise (sa télévision, son téléphone portable, sa tablette). Rien n’arrive encore à reproduire cette magie du réel. Hormis les imprimantes 3D qui courent désormais les rues, et qui vont bientôt devenir un produit de consommation courante au train où vont les choses, il ne se passe pas grand chose. Enfin presque, il y a des société comme Movidius, dirigée par un Français à découvrir, Rémi El-Ouazzane, dont la société travaille à pousser les limites du hardware par les prouesses du software (ils participent notamment au projet Tango  mené par Google pour donner aux appareils mobiles une compréhension à l’échelle humaine de l’espace et du mouvement), par exemple. Et il y a Matterport, que l’on a déjà évoqué ici, développant une technologie permettant de « scanner » un lieu, des objets et de les restituer en 3D. Toujours présent, c’est désormais $16 millions nouveaux qui vont permettre  de poursuivre le développement commercial de la société qui pour le moment s’adresse aux photographes, aux sociétés évoluant dans l’immobilier… car ce joli joujou coûte tout de même la bagatelle de $4,500.

Suivre Matterport sur Twitter : @Matterport

Mardi : Uber recrute !

La Silicon Valley ressemble des fois au mercato du football, vous savez, la ruée des les transferts pour avoir chaque année la meilleure équipe. Les talents sont rares dans la Silicon Valley (du moins, la demande n’est pas satisfaite), alors il y a un vrai travail de harcèlement opéré par les « agents locaux », les recruteurs, qui deviennent à ce sujet la bête noire des ingénieurs, car tellement insistants. Un bon développeur qui s’est fait remarqué pour avoir développé une meilleurs application que, disons une société de la taille de Flickr, va vite être reconnu via le bouche à oreilles et se voir proposer des boulots tous les 3 jours. En ce qui concerne les talents reconnus et installés dans de belles positions chez Apple, ou Google (Facebook fait encore partie des chasseurs), dont les procédures de recrutement sont extrêmement difficiles et reconnues, c’est une autre bataille à haut niveau, et à ce jeu, il n’y a pas que Facebook mais aussi par exemple Uber, qui se montre tout à fait séduisant. La startup de San Francisco vient de recruter Chris Blumenberg, presque 15 années passées chez Apple, récemment en charge de Safari pour OS X et iOS, etdésormais Senior Engineering Manager chez Uber. Nouvelle suffisante d’un point de vue local pour faire ici l’objet d’une mention dans la rubrique des transferts. Les sociétés de San Francisco et de la Silicon Valley sont capables de tout pour acquérir un talent, une équipe. Quitte à racheter une société $3 milliards, comme ce fut le cas de Google avec Nest. Si, j’ose le dire. Posez donc la question à Tony Fadell ou Matt Rogers, co-fondateurs de la startup aux thermostats. Quant à notre ami Chris, Uber reste définitivement le bon choix du moment, avec probablement encore un petit peu de stock options disponibles, des fonds levés bien en suffisance, Google en back-up, une belle croissance en cours… un nouveau métier qui marche et que tout le monde attendait. Et des bureaux, mon dieu, que c’est joli chez Uber ! Ca vous tente ?!

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Mercredi : le chiffre 137

Je m’étais amusé du sympathique coup de pub de la triplette  Marc Simoncini-Jacques-Antoine Granjon-Xavier Niel qui il y a un an avait proposé de verser 25.000 euros à 101 startups dirigées par des moins de 25 ans (ça fait tout de même 2,5 millions d’euros, mais bon le coté Père Noêl, vous savez…) . Silicon Valley est définitivement une autre planète. Ici, c’est le chiffre 137 qui va porter bonheur avec la société 137ventures qui vient de lever $137 millions afin de prêter à ces malheureux entrepreneurs de startups de las Silicon Valley forcés de rester plus longtemps qu’ils n’imaginent dans la salle d’attente des milliardaires ayant joué à la course à l’IPO. Non, ce n’est pas le nom d’une nouvelle hormone censé rendre plus riche, mais le terme un peu barbare pour désigner l’introduction en bourse (au NASDAQ pour les plus ambitieux), et qui transforme votre contrat de travail, des années de sueur, er votre portefeuille d’actions préférentielles en un JACKPOT à faire rêver ! 137ventures a ainsi parmi ses clients la crème de la crème de la Silicon Valley pour qui le standard de vie doit naturellement correspondre à celui du voisin qui, lui, a déjà réussi. N’oubliez pas qu’aux États-Unis d’Amérique, tout est dans l’apparence. Et ici comme ailleurs, c’est bien connu, on ne prête qu’aux riches.

Jeudi : Bop, bof

Une belle journée dans le monde des startups : 2 fonds dont Google Venture en Europe qui ouvre le robinet pour $130 millions, prêts à être servis bien chauds, et de l’autre coté $70,4 millions levés par des startups ici et là (aux États-Unis essentiellement). Le capitalisme a la peau dure, le fantôme de la bulle internet rôde, et la caravane passe. Et rien ne change, dans un monde où les filons des idées qui vont changer le monde semble intarissable. L’industrie de la musique a été plus que bouleversée, avec des labels en difficulté comme bon nombre d’acteurs dans le domaine des médias et de la culture, et la situation est devenue encore plus compliquée pour les artistes qui doivent apprendre à devenir leur propre producteur, webmaster, Youtubeur… et perdre une part de leur âme, sinon se fier à un facteur chance aussi fiable que ce foutu social media où la quantité prime sur la qualité. Deezer, Spotify, Rdio, et j’en passe prennent le pas jour après jour sur les copies vendues en bonne et due forme. Maintenant c’est la deuxième couche qui arrive avec Bop.fm, basé à Palo Alto comme il se doit, afin d’être plus près du bon dieu pognon qui le leur rend bien puisqu’ils viennent de lever $2 millions. A quoi ça sert ? Rassembler vos playlists des différentes plateformes (parce que naturellement vous avez des playlists partout, puisque vous écoutez de la musique partout, pffff…) sur une seule et les partager. Les limites de l’intelligence du « pissage de code » comme on dit.

Suivre Bop.fm sur Twitter  : @Bop

Vendredi : vous connaissez les réseaux sociaux semi-publics ?


On pensait avoir tout vu sur les réseaux sociaux, cette déferlante venue révolutionner les rapports humains (il est question de vouloir changer le monde, je le rappelle) tout en créant une nouvelle forme d’esclavage (indolore certes) : la traite des données. Les égos se défoulent, les agents publicitaires se frottent les mains, et Facebook jongle avec les milliards. A coté du géant de Menlo Park (6.000 employés à votre service), il y a Twitter et son éco-système. Pas vraiment la même catégorie de connexions sociales, on piaille dans le vide (ça s’appelle un tweet) ou on cause par une sorte de SMS qui transite à travers le web, et non les tuyaux des opérateurs (enfin presque). Une petite startup de San Francisco, ville qui ne manque pas d’ingénieurs profilés « Qui veut des millions », vient de nous inventer le tweet semi-public : tu tweet en public un lien qui ne sera lisible que par la (ou les) personne(s) qui sera(ont) mentionnée(s) dans ce tweet. Pour ceux qui se demandent (encore) à quoi sert Twitter, essayez Privatize , ça va aller plus vite qu’un long discours. Prévenez vos amis d’abord. Bon, à part donner la possibilité de faire suivre en privé des liens via Twitter à plusieurs personnes simultanément, je ne vois pas trop à quoi ça peut servir d’autres (sinon aussi créer des jalousies et des frustrations, je vois ça d’ici). Essayez toujours, ça donnera l’impression que vous êtes une personnes branchées « avec les nouvelles tendances de la Silicon Valley ». Décidément, drôle de semaine.

Suivre Privatize sur Twitter  : @Privatize

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Instaradio, Zocdoc et Stripe,Google, 500Startups, Facebook

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : les réseaux sociaux et la voix du peuple

 

Il y a tant à dire sur la supposée mission sociale que nous entendons au quotidien de la part de Facebook par exemple, et de ses adeptes. Jusqu’à ce que l’on se rende compte qu’à coté d’un jeune adolescent américain blasé de tout ce micmac qui va aller chercher d’autres sensations sur Snapchat ou d’autres applications que je ne veux pas nommer ici, il y a un Ukrainien, en lutte pour la liberté dans son pays, à la recherche d’un moyen de communiquer autrement que sur une plateforme appartenant à une société basée dans un pays qui veut le priver de ses désirs de libertés (Vkontakte dans le cas présent, basée à Saint Petersbourg en Russie). Je n’ai pas réussi à obtenir de confirmation des équipes de communication de Facebook, mais je pense que les statistiques de Facebook ont explosé depuis cet hiver en Ukraine. Le Gouvernement provisoire Ukrainien lui même communiquait sur Facebook pour annoncer les différentes mesures prises dans une période plus que mouvementée pour ce magnifique pays. Il est arrivé une histoire d’un même genre à Instaradio, une startup dirigée, vous n’allez pas le croire : par un Kevin. Non, pas Systrom, le co-fondateur d’InstaGRAM, la startup rachetée par Facebook pour une poignée de milliards, mais Kliman, qui a apparemment quitté son Canada natal pour la Californie du Sud, où il a jadis obtenu son diplôme de dentiste. Oui, Kevin Kliman, est un dentiste, qui développe une startup développant une application permettant d’enregistrer et de partager des podcasts. Sans doute une idée qui lui est venu en pleine consultation. Récemment donc, un rapper et activiste Iranien nommé Najafi a utilisé Instaradio pour raconter sa tentative de fuir son pays afin d’éviter la persécution. En 4 jours, ses podcasts ont été écoutés plus de 150.000 fois, et l’usage du farsi a augnenté de 500% ces dernières semaines. La voix du peuple est la plus forte, les moyens de la propager sont désormais en place, mais il en arrive de nouveau tous les jours !

Suivre Instaradio sur Twitter : @Instaradio

Mardi : Europe versus Silicon Valley

Loin de moi l’idée de minimiser les efforts et la réussite des startups de ce vieux continent qu’est l’Europe, mais en ce mardi j’ai trouvé deux nouvelles qui montrent bien le décalage, et disons le aussi un peu la démesure de la vie d’une startup de ce coté de l’Atlantique . Il y a quelques mois, la Marseillaise retentissait au son du million d’euros levé par Doctolib, une startup basée à Paris développant une application permettant de trouver un médecin à proximité de son domicile. Aujourd’hui, c’est $152 millions que vient de lever Zocdoc, à quelques 6 heures d’avion de là. Pour faire plus ou moins la même chose. Avec notamment Yuri Milner, l’investisseur qui tombe à pic (entre autres avec Facebook, et la liste est longue). Molodec, Yuri (félicitations, en Russe, pour ceux qui ne le savent pas) ! Pour rester dans la région de la Californie, alors que Paymill, la plateforme de paiement basée à Munich court après (certainement) sa prochaine levée de fonds pour être en mesure de rester dans la dure compétition que lui inflige Stripe et ses $120 millions. Stripe, donc, basée à San Francisco, vient de signer un partenariat avec Alibaba (qui dispose de bureaux dans la Silicon Valley), pour couvrir le marché chinois là ou sa fiiale Alipay dispose de 300 millions de clients. L’Europe n’est définitivement pas à la même vitesse que dans la Silicon Valley et ceci explique aussi un peu cela. Et vice versa.

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Mercredi : Google, Google, Google

Avalanche d’annonces à l’occasion de Google I/O, la conférence de Google sur Google, pour Google… et les développeurs du monde entier. C’est parti : lancement de Google Fit, une plateforme de données dédiée à toutes les informations que vous pouvez récupérer de vos différents équipements connectés tels que smartphones, capteurs en tout genre (une réponse à Apple dans ce segment), Android Auto va permettre d’utiliser des commandes vocales dans votre véhicule en connectant votre smartphone à un équipement spécial (des accords avec Hyundai, Audi, GM, Honda, rendront la chose possible), Android va passer à la vitesse supérieure avec le nom de code L (plus d’APIs et de possibilités aux applications de se connecter sur la plateforme de Google, plus de flexibilité entre les applications, amélioration des performances de la batterie, mon Dieu si c’était vrai), la montre Android Wear avec le concours de LG et Samsung pour remettre la montre au goût du jour en devenant une sorte d’antenne communicante de votre téléphone portable, Drive for Work devrait permettre à Google d’attaquer encore plus la concurrence de Box et autre Dropbox dans le monde du stockage de données sur Internet, Android One qui est un nouveau programme permettant d’aider les constructeurs à fabriquer des téléphones à bon prix, Android TV une nouvelle offensive de Google pour amener Google Play et toutes ses applications vers la télévision (Sony, Sharp, TPVision & Philips sont dans la boucle)… Ca va, vous suivez ? Google annonce l’achat d’Apurify, une plateforme permettant de faciliter les tests d’applications sur de véritables appareils (pa toujours simple à systématiser). Ah oui, enfin : Android a plus d’1 miiliard d’utilisateurs actifs sur une base de 30 jours. Un mois, quoi.

Jeudi : 3e fonds de $100 millions pour 500Startups

Les incubateurs de startups ont poussé comme des petits pains ces dernières années, mais la liste de ceux qui valent la peine de s’arrêter, ne serait-ce qu’un trimestre, et y laisser quelques pourcentages de sa jeune société, est assez courte de mon point de vue. Dans la Silicon Valley, 500Startups en fait partie. 500Startups, c’est aujourd’hui 30 employés, dont 10 en charge des investissements. C’est surtout, Dave McClure, un garçon curieux, voyageur, entrepreneur dans l’âme, passionné, communiquant, ultra disponible, lobbyiste. Compétent, ayant touché à beaucoup de chose dans sa carrière, commencée en 1988, époque où il avait déjà les mains dans le code, le design et les systèmes. Aujourd’hui, son métier c’est l’investissement, avec un premier fonds dédiés aux startups développant des applications pour Facebook en 2008. Et aujourd’hui le troizième fonds levé par Dave, en ayant utilisé les moyens désormais légaux d’utiliser la publicité pour sa recherche de fonds, comme l’autorise désormais la législation Américaine, avec au final un joli $100 nouveaux millions. C’est donc reparti pour environ 200 startups qui devraient trouver leur bonheur à travailler à Mountain View, sans garantie de succès mais en tout cas avec de bons arguments pour passer à l’étape suivante grâce aux différents mentors… et au soutien indéfectible de Dave. Il a beaucoup d’énergie disponible, et il sait se faire entendre.

Suivre 500startups sur Twitter  : @500Startups

Suivre Dave McClure sur Twitter  : @DaveMcClure

Vendredi : Facebook, l’Angleterre et les genres

C’est bien connu, Facebook est conçu pour servir ses utilisateurs dans les plus profonds aspects de leur humanité. Il faut que l’utilisateur s’y sente bien, libre de s’identifier comme il le souhaite, un peu comme à la maison, prêt à recevoir ses pokes (ça existe encore, il y en a encore qui m’en envoie), des Likes et tout le bataclan. La société de Menlo Park est très soucieuse du confort de ses utilisateurs, et les mauvais esprits diront : de la granularité des informations dont elle dispose au sujet de ses adhérents. Ca peut toujours servir lors des petites études sociologiques (il faut bien faire avancer la recherche fondamentale). C’est une nouvelle occasion également de signaler la singularité de nos amis d’outre-Manche, réputés pour leur flegme et une certaine forme d’ouverture d’esprit, contrairement aux apparences, vu de la France. Pionnier dans la création de certaines « subcultures » comme les punk ou encore les skinheads (il faut bien que jeunesse s’amuse), l’Angleterre n’est pas un pays où on hurle au loup au premier voile musulman porté. On y laisse plus tranquille la population avec les principes de « laïcité », prétexte à moitié cachée d’un pays retranché derrière un racisme latent et inavoué. Nos amis anglais vont désormais pouvoir choisir parmi 70 genres pour se définir, comme par exemple « Gender Fluid », « MTF », « Cis Female », « Non binary ». Ne me demandez pas ce que ça veut dire, je vous laisse chercher. Ca prendra un peut plus pour être disponible en français, exception culturelle oblige, ça doit passer entre les mains de l’Académie Française (sic). Étant donné les difficultés de la France à adopter le mariage gay, j’imagine que Facebook craint de voir les « manifs pour tous » ressortir leurs banderolles si ils se mettait proposaient ces nouvelles options de genre dans les paramètres de profils. On a un petit problème d’interprétation du terme « genre », en République de France.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Yik Yak, Songza, Tim Draper, Goldman Sachs, Plutomail

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : YikYak, c’est la bulle ou bien ?

 

« Silicon Valley, le coeur de l’innovation ». J’entends souvent cette chanson de la bouche des évangélistes marketing qui veulent faire passer des canards pour des oies sauvages. C’est aussi le lieu où tout le monde essaye de se prendre une part du gateau (des millions de dollars tout frais livrés par paquets de 10 de la part des VC locaux), par exemple en cherchant à faire mieux que son voisin. YikYak ne déroge pas à la règle : dans la catégorie des applications permettant de partager des messages anonymes, il y avait Secret (créé en octobre 2013 à San Francisco, $12,7 millions au compteur), la voisine Whisper (basée à Santa Monica, en 2012, ayant levé $60 millions), Quiet, Tawkers, Chatapp, que sais-je. YikYak vient de récolter son petit $10 millions, dans un marché qui rêve de grandeurs à la Snapchat : des millions de dollars pour des millions de téléchargements. Les fonds viennent d’un investisseur Chinois et de VCs de la Silicon Valley, bien sur. Où est l’innovation ? Nulle part, on cherche juste à voir ce qui amuse les ados, pré-ados, post-ados. Partager ses secrets en toute confidentialité, se livrer à des confidences dignes des gossips les pires du Royaume d’Angleterre, une application mobile bien moderne. La phrase qui tue n’est jamais très loin : est-on en pleine bulle ? Tant qu’il s’agit de jouer avec les millions distribués par les VC et que tout ce petit monde se tient à distance du NASDAQ, la bulle n’a qu’à bien se tenir. Yaka bien se tenir. Yik !

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Mardi : Google rachète Songza

Dur dur d’être chroniqueur de nos jours dans les nouvelles technologies et trouver d’autres sujets que : Untel vient de lever $x millions. Certains jours, comme ce mardi 1er juillet, c’est au moins $100 millions levés auprès d’investisseurs pour le bénéfice d’une quinzaine de startups. Laquelle choisir ?! Histoire de faire quelque chose d’original, j’ai préféré soulignerici  le rachat de Zongza, une vieille startup de 2007, basée à New York, par Google, pour $39 millions. Et oui, une de plus. Zongza, c’est  un site web diffusant de la musique gratuitement en vous proposant, par exemple, un style de musique dépendant du moment de la journée. Une sorte de Pandora mélangé avec votre pendule. On peut aussi choisir une activité, un genre, bref, un peu de tout, comme à la Samaritaine.  N’ayant levé que $12 millions, il a bien fallu vendre un peu de publicité (que l’on voit en bannière haute dès que l’on arrive sur le site web) pour tenir la distance, mais après tout ce n’est qu’un mariage tout à fait naturel pour le géant de Mountain View ! Le tout empaqueté avec un peu moins de 6 millions d’utilisateurs, mais certainement un nombre non négligeable de données qui devraient plutôt être utile avec les ambitions de Google dans le domaine des contenus de Google Play Music, même si il a été annoncé que le service serait maintenu. Bon. Je vous le donne en mille : on en reparle d’ici 8 à 10 mois. Dêpéchez vous de challenger votre humeur musicale avec Zongza avant qu’il ne soit trop tard !

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Mercredi : Tim Draper et les bitcoins

 

Non, je ne parlerai pas du petit coup de pompe de Facebook qui vient de racheter une startup pour moins de la moitié d’un milliard de dollars. Je suis plutôt inquiet de la petite forme de Mark Zuckerberg et son équipe. Non, je vais parler d’une mauvaise nouvelle pour les bitcoins. Tim Draper, investisseur de père en fils, le VC tendance Julio Iglesias, toujours prêt à pousser sa chansonnette avec sa stupide chanson « The RiskMaster », et son sourire Ultrabrite, l’homme qui voulait faire une scission de la Californie en 6 États (une blague de riches), et faire de la Silicon Valley une espèce de bulle dorée, vient d’acquérir aux enchères 29.655 bitcoins rendus disponibles suite à l’arrêt de Silk Road, le vilain canard qui servait de passoire à tout ce qui pouvait s’acheter d’illégal dans cette monnaie d’un nouveau genre. L’intention est noble, puisqu’il semble que Tim souhaite faire un usage de ces « sous » d’une façon tout à fait honorable puisque il est question d’utiliser cet argent avec le concours de la plateforme Vaurum dans des pays à instabilité monétaire notoire. Mais étant donné les tendances politiques du monsieur, ça pourrait aussi ressembler à un cow-boy souhaitant conquérir le tiers-monde avec de la monnaie de singe. Je sais, je suis mauvaise langue sur ce coup là, mais franchement, argent ne rime pas nécessairement à ce qu’on peut attendre de plus smart de la part d’un des investisseurs de la région. C’est ça, l’Amérique. Après tout, c’est peut être un bon coup financier, Tim, time will tell !

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Jeudi : G comme Goldman Sachs, G comme Google

 

J’ai re-lu récemment la définition de ce que l’on appelle scientifiquement la neutralité du net. Un joli  principe qui garantit l’égalité de traitement de tous les flux de données sur Internet. Ce principe exclut ainsi toute discrimination à l’égard de la source, de la destination ou du contenu de l’information transmise sur le réseau. Une belle grosse blague. Bien sur, on pourra comprendre, par exemple, que les États ont une responsabilité à l’égard de ses concitoyens qui peut expliquer quelques dérapages de surveillance dont les révélations rendent la vie impossible à un malheureux Australien coincé quelque part à Londres dans une Ambassade d’un pays d’Amérique Latine, et un autre coincé on ne sais où au pays où l’on cache les anciens dictateurs en fuite de leur pays après les avoir ruiné. Par contre, que le groupe financier Goldman Sachs ait pu avoir un de ses emails, envoyés par erreur à un mauvais destinataire, intercepté par Google, qui l’a supprimé à sa demande, prouve bien qu’Internet, cette jolie chose qui fait rêver les entrepreneurs en herbe, n’est qu’une zone pas franche, sans règle autre que celle du plus fort, je veux dire du plus riche. Vente de vos données, test psychologiques masqués, gestion de service après-vente pour les grands de ce monde (quelle qu’en soit la raison), l’arrière salle du web ne sent pas le Monsieur Propre, qu’on se le dise. Goldman Sachs a même porté l’affaire devant la justice américaine, au cas où. Pas de souci, Google ne s’est pas fait prier.

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Vendredi : Eh, Goldman Sachs, connaissez Plutomail ?!

Allons-y pour une petite nouvelle d’une startup de la Côte Est pour changer au cas où ça viendrait à l’esprit d’une personne de Goldman Sachs de lire la rubrique précédente. L’équipe de Plutomail a eu la bonne idée de développer un produit permettant de faire des miracles sur Gmail. Par exemple, de pouvoir récupérer des emails envoyés mais pas encore lu. Pas besoin de s’appeler Goldman Sachs, il suffit simplement d’être admis parmi les heureux utilisateurs privilégiés de la beta pour se servir d’un produit permettant de récupérer des emails non lus, éditer des emails reçus avant qu’ils aient été lus, ou encore déterminer une date d’expiration de mise à disposition pour un email. La seule contrainte est d’envoyer ses emails depuis la plateforme de la startup, ce qui est à décider en votre âme et conscience. Ls startup a été créée  à Cambridge, Massachusetts, et vient de lever $30 petits milliers. On lui souhaite de réussir, j’ai trouvé un gros client pour eux déjà.

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Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

Laurent Denoue, développeur, de Palo Alto à Verone

On continue de nous raconter des histoires sur la beauté du « made in France » en inventant de nouveaux labels pour démontrer à quel point la technologie française est innovante, le tout dernier étant ce concept de « french tech » jouant, de mon point de vue, sur un mauvais jeu de mot (et un concept quelque peu désuet au regard du grand melting pot que sont devenues les nouvelles technologies). Pendant ce temps (et ce depuis très lontemps, mais la tendance s’accélère) des Français comme Laurent Gil poursuivent leur carrière au gré de leur propre vie personnelle (et oui, ça arrive, et pas seulement à deux blocs de l’endroit où vous êtes né). Et c’est l’histoire de Laurent Denoue que je voulais vous raconter aujourd’hui, développeur depuis toujours ou presque!

Son expérience, tout comme celle de Laurent, en dit long sur ces Français de l’étranger dont les talents sont reconnus, demandés, qui savent comment passer le cap d’un système ne favorisant pas l’exportation, un des meilleurs moyens de se confronter à un monde des technologies qui bougent, qui se mélangent. L’absence du nombre significatif de réussites des sociétés françaises dans ce secteur en est le plus parfait exemple: derrière des Criteo, combien de Viadeo ou de Deezer qui n’arrive pas a passer la case « Etats-Unis », sans parler de ceux qui n’y font que passer?
Laurent a choisi une voie de la flexibilité et une certaine forme d’indépendance… encore mieux!

Pourquoi être parti à Palo alto après ta thèse, et en quoi a consisté tes 10 années ?

J’avais le choix entre un « post-doc » en France mais j’ai contacté plusieurs groupes de recherche aux USA (MIT à Boston, University of Maryland et Xerox en Californie). Les 3 m’ont offert un poste mais seul Xerox était pour un contrat indéterminé alors que les autres étaient encore universitaires de type « post-doc ». J’ai choisi la Silicon Valley bien sur!
Pendant ces 10 ans, j’ai surtout travaillé pour Xerox, mais j’ai aussi rencontré des entrepreneurs francais, et j’ai rajouté des missions en parralèle en mode « contractor ». C’est super de pouvoir faire ca en Californie: c’est légal, alors qu’en France je ne sais pas si ton employeur te le permettrait.

Avec ce mode de fonctionnement, j’ai pu développer en 2006 un site internet qui a intéressé Google, et je les ai donc rejoints pour implémenter ce que j’avais réalisé. C’est devenu Google Viewer (quand tu ouvres un PDF depuis Gmail et que tu peux le voir sans avoir à le télécharger, même chose sur Google Search). Bref, c’était très intéressant de travailler chez eux pendant 6 mois, et de voir aboutir ce projet utilisé maintenant par de nombreux internautes 🙂

(NDLR : des millions à coup sûr).

Depuis 2009 je me suis intéressé au développement iPhone, et avec ma seconde fille Claudia (j’ai 3 enfants, Pablo 16, Claudia 14, et Elena 12) nous avons développé un prototype de jeu en Javascript pour apprendre les opérations de mathématiques. Elle a appris de ce fait un peu de programmation. Et j’ai ensuite parié avec un autre francais vivant aussi à Palo Alto qui serait le premier à publier sa première app iPhone (ah ces francais !). J »ai donc appris objectiveC et pris un Mac et 3 semaines plus tard mon premier jeu était en vente, qui s’appelle PopMaths.

Apple l’a bien aimé et l’a promu pendant 3 semaines sur iTunes, ce qui l’a propulsé dans les 25 premiers pendant quelques mois. C’est de la chance tout ca, sauf que j’allais aussi au café avec le mari d’une personne qui était chez Apple et il lui en a parlé. L’histoire ne saura jamais si la décision d’Apple a quelque chose à y voir…

A part ces activités, la plupart de mon temps a donc été occupé par le laboratoire de recherche de Xerox pour développer des prototypes et de nouveaux services. Très intéressant, avec toujours un pied dans le domaine des publications, donc quelques voyages 2 ou 3 fois par an tous payés bien sur pour aller présenter nos travaux.

Mais entre nous, le mieux de la Silicon Valley c’est:
1 – la nature: je suis un amateur fou de VTT, course et nage, et beaucoup de gens en font aussi, tu n’as pas l’air spécial,
2 – l’entourage de personnes avec qui tu peux échanger tes idées; la proximité de Stanford, et y voir des professeurs « mythiques » qui ont encadré la thèse des fondateurs de Google, ou voir la première adresse de Facebook sur University Avenue à Palo Alto et commenter cette startup le matin au café avec les amis !

Avec le recul, je peux quand meme dire qu’élever une famille dans la Silicon Valley n’est pas toujours simple et tu dois aussi apprendre à t’entourer de personnes qui ne sont pas dans la high tech, sinon tu as toujours l’impression de « rater le coche », avec tous ces jeunes de 25 and et plus qui commencent une nouvelle startup tous les 4 matins. Mais quand tu as 30 ans, tu as du mal à voir avec ce recul, et la vie de famille peut en souffrir.

Reste que l’expérience est super, et mes enfants ont hâte de retourner en Californie pour y faire leur expérience aussi, même s’ils aiment beaucoup la France aussi qu’ils ne connaissaient pas vraiment il y a 4 ans. Aujourd’hui je suis basé en Italie.

Comment se passe l’univers de la tech en Italie, et à Verone, en terme d’écosystème ?

Je n’en ai aucune idée (sic). J’ai bien donné des cours de développement iPhone et Android car ils ont un bon programme de Master en Game Development ici à l’Université, et j’ai participé à une conférence l’an dernier à Florence, mais à part ca je n’ai aucun contact avec les gens ici, sauf pour parler vin et VTT !
Comment fais tu ta « formation continue » ?

Je suis en contact très régulier par Google Hangout avec la Californie, mais franchement la vraie formation continue se fai en développant de nouvelles applications iPad et iPhone et en apprenant ce que tu as besoin d’apprendre en utilisant Google et Twitter. Je trouve Twitter très utile pour suivre ce dont les autres développeurs parlent, les « librairies » qu’ils utilisent, ou les conférences qu’ils fréquentent.
Je ne me sens pas isolé, et j’ai l’impression que beaucoup de personnes travaillent 100% depuis la maison maintenant. Avec la fibre optique pour 40 euros par mois, j’ai une connection internet aussi rapide qu’au boulot !
Quelles sont tes principales realisations ?

– les brevets et articles durant mes années dans ce labo, y compris des services encore « live » comme Talkminer qui indèxent les « online lectures » et qui est maintenant commercialisé au Japon,

– mon implémentation chez Google de Google Viewer, donc,

– mes applications iPhone: PopMaths , « RePaper Web Highlighter » et SnapLite Document Scanner and Highlighter.

Comment se situe la France dans tout ca ?

Je regarde les infos sur France24 ici depuis Vérone de temps en temps, et j’y vais 3 fois par an pour voir mes enfants. Mais je n’ai pas de liaison de boulot direct, à part peut-être mon ex-maître de thèse avec qui nous échangeons parfois quelques nouvelles ou quelques liens.
Je ne vois pas de grande différence entre la France et l’Italie.
Bien sur je suis plus confortable avec la langue francaise qu’italienne, mais dans notre milieu des technologies, tu utilises l’anglais de toute facon, alors tu peux vraiment habiter n’importe où !