Les enjeux de la « Silver Economy »

La « Silver Economy », quoi qu’apparemment une notion anglaise, n’est en fait majoritairement utilisée que par les Français, et par conséquent il serait plus correct de parler de « Senior Economy », mais peu importe. Il s’agit du secteur dédiée aux personnes âgées dans nos sociétés. Le processus de vieillissement de la population est réel et influence tous les marchés et les industries, tels que l’habitat, le transport, l’agro-alimentaire, les assurances, la robotique, la santé et e-santé, la communication, l’e-commerce, les loisirs …

Des entreprise sur ces marchés travaillent déjà à l’adaptation de leur offre au processus de vieillissement. Le vieillissement de la population intervient naturellement dans la plupart des pays du monde, et au cours des prochaines décennies, la part de la population mondiale âgée de 60 ans ou plus devrait atteindre des niveaux historiques sans précédent.

Selon les dernières estimations, d’ici 2050, il y aura 2 milliards de personnes de plus de 60 ans (22% de la population mondiale). En 2050, la population mondiale devrait être 3,6 fois plus importante qu’en 1950. Les gouvernements et les acteurs industriels imaginent de nouvelles politiques et de nouveaux produits pour répondre aux besoins de la population vieillissante.

La « Silver Economy » dans la perspective de vente au détail

Aux États-Unis, Best Buy fait du chiffre d’affaires avec des téléviseurs et des ordinateurs pour vendre des produits de surveillance à domicile qui s’occupent des personnes âgées. Par exemple, le détaillant de produits électroniques vend un programme d’installation de résidences-services appelé « Assured Living » au coût de 389,96 $ (l’installation coûte 199 $ de plus) dans certains magasins. Son CEO, Hubert Joly, envisage de lancer une initiative commerciale plus vaste de services à base de capteurs, vendus par l’intermédiaire de services de santé dans plus de 1.000 magasins Best Buy. Pour vous donner une idée du potentiel du marché : d’ici 2020, environ 45 millions d’Américains s’occuperont de 117 millions d’aînés.

Best Buy est pour le moment l’une des entreprises les plus actives dans la compétition pour un marché de 50 milliards de dollars destiné aux personnes âgées. Hubert Joly l’appelle « un espace blanc en attente d’être capturé ». Google, Microsoft et Samsung s’attaquent également au marché de la maison intelligente avec des produits tels que des caméras de sécurité et des thermostats pouvant être gérés par des contrôleurs vocaux ou des smartphones. Amazon a déjà lancé un programme d’installation de maisons intelligentes dans plusieurs villes de la côte Ouest. Tous ces systèmes pourraient facilement être adaptés pour garder un œil sur les personnes âgées.

À Denver, Best Buy s’est associée à l’assureur UnitedHealth pour proposer des séances de coaching sur le mieux-être par des diététiciens et des physiologistes au coût de 59 $ par mois. Ce prix comprend l’installation, plus une station pour la collecte de données, mais le reste du matériel est vendu séparément et coûte généralement quelques centaines de dollars par foyer. Ce n’est pas bon marché, mais c’est beaucoup moins que les 3.500 $ par mois que peuvent coûter d’autres programmes sur ce marché. Il n’y a pas suffisamment d’établissements de soins de longue durée pour prendre en soin toute la population âgées, et 90% d’entre eux veulent rester à la maison. Pour que les consommateurs plus âgés soient à l’aise lorsqu’ils achètent la solution, Best Buy utilise une équipe de vente spécialement formée pour conseiller les acheteurs potentiels sur ce qu’il faut acheter, tandis que l’installation est prise en charge par son équipe de support technique Geek Squad.

Au fur et à mesure que Best Buy progresse, il pourrait se retrouver en concurrence avec des entreprises qui vendent déjà des produits gériatriques dans les magasins Best Buy, signe que les soins aux personnes âgées deviennent finalement intéressants à traiter. Mais l’entrée de sociétés ayant une base marketing déjà établie aidera tous les acteurs puisque ce marché a connu une croissance lente jusqu’à présent en raison d’un manque de marques grand public dans cet espace.

En France, Vivadia est un pionnier dans la vente en ligne de produits spécialisés, désireux de devenir le centre commercial de référence de la « Silver Economy » en France. Un catalogue de 20.000 références de qualité, incluant des actualités, des guides pratiques, des conseils professionnels, sont proposés pour attirer et séduire, chaque jour, de nouveaux adeptes. Afin de devenir la première destination shopping des seniors, la galerie marchande de Vivadia est composée de 7 sites marchands spécialisés et de 28 sites marchands co-brandés, offrant le catalogue exclusif de marques réputées dans cette catégorie. Vivadia a été acquise par Damartex Group, le propriétaire de la marque Damart en mai 2017.

Les nouveaux types d’investisseurs dans la « Silver Economy »

Un signal positif pour une nouvelle économie est lorsque les investisseurs commencent à se concentrer sur un marché dédié. La biotechnologie et les sciences de la vie sont une affaire de spécialistes et nous avons assisté récemment à l’apparition d’une nouvelle génération d’investisseurs avec une grande connaissance dans ce domaine très technique, qui était plus dans le passé pris en charge par les compagnies pharmaceutiques. Ces nouveaux acteurs interviennent comme denouveaux influençeurs dans le domaine des soins et de la santé afin de stimuler une nouvelle économie.

Breakout Labs est l’un d’entre eux. Cette organisation investit dans des domaine proche de la recherche scientifique fondamentale qui est trop spéculative ou à trop long terme pour intéresser les investisseurs providentiels et les capital-risqueurs, mais qui n’est pas compatible aux sources traditionnelles de financement de la recherche scientifique. Breakout Labs opère dans le cadre de la Thiel Fondation, une organisation philanthropique créée par Peter Thiel, co-fondateur de Paypal et maintenant l’un des plus grands investisseurs individuels dans le domaine des technologies. Les investigations de Breakout Labs sur ce segment sont relativement larges, mais aussi plus axées sur la thérapeutique, et les investissements effectués dans ce domaine sont très intéressants à analyser.

Cortexyme, basé dans la région de la baie de San Francisco, développe des produits thérapeutiques pour modifier le cours de la maladie d’Alzheimer et d’autres troubles du vieillissement en ciblant un pathogène spécifique lié à la neuro-dégénérescence. La maladie d’Alzheimer affecte plus de cinq millions de personnes aux États-Unis. La société a levé 24 millions de dollars à ce jour, et travaille constamment sur le développement de nouvelles thérapeutiques et de nouveaux diagnostics, parallèlement à ces grandes sociétés pharmaceutiques vendant des milliards de pilules. Pfizer et Takeda Pharmaceutical Company font partie des investisseurs de la startup créée en 2012.

Fondée en 2010, Longevity Biotech, une société basée à Philadelphie qui a levé $840.000 à ce jour, développe une nouvelle classe de produits thérapeutiques via la technologie des protéines artificielles. La société développe de nouveaux médicaments thérapeutiques grâce à des molécules de type biologique qui sont hautement résistantes à la dégradation par les enzymes digestives naturelles et adaptables à des structures moléculaires très stables, qui peuvent avoir des impacts cliniques directs sur la vie des patients.

Laura Deming est une scientifique américaine âgée de 24 ans. Elle et son frère ont été scolarisés à la maison. À l’âge de 8 ans, Laura s’est intéressée à la biologie du vieillissement et, à 12 ans, elle a rejoint un laboratoire de l’Université de Californie à San Francisco. Elle a été acceptée au MIT à l’âge de 14 ans, mais a ensuite abandonné pour prendre la fameuse bourse de $100.000 de la Thiel Foundation. Elle est maintenant partenaire et fondatrice de The Longevity Fund, une société de capital de risque axée sur le vieillissement et l’extension de la vie. Le Longevity Fund recherche des startups testant l’hypothèse que le vieillissement peut être modifié par des choses uniques, des cibles spécifiques, de petites molécules ou des produits biologiques, en développant de nouvelles technologies pour manipuler les systèmes biologiques.

Deming croit que la science peut être utilisée pour créer l’immortalité biologique chez les humains, et a dit que mettre fin au vieillissement « est beaucoup plus proche que vous ne le pensez ».

Les startups de la « Silver Economy »

La perspective d’un marché gériatrique en plein essor a donné naissance à un nombre important de startups financées par du capital-risque offrant divers types de services technologiques. Personne n’a encore créé un grand succès sur ce marché et beaucoup ont échoué.

Un exemple est Lively, un service senior de surveillance à domicile soutenu par une société de capital-risque co-fondée par le président exécutif de Starbucks, Howard Schultz, dirigée par des vétérans d’Apple et eBay. La startup a essayé de développer trop rapidement la vente directe aux consommateurs, par le biais de partenaires industriels établis. La société n’avait pas d’autres solutions que d’être acquise l’année dernière par GreatCall, un fabricant de dispositifs adaptés aux personnes âgées, basé à San Diego. La Silver Economy est une source d’inspiration pour les entrepreneurs de startups dans le monde entier qui se penchent sur les cas d’utilisation multiples des routines quotidiennes des personnes âgées.

Au Royaume-Uni, Breezie fournit des tablettes avec des systèmes d’exploitation simplifiés pour aider les personnes âgées à accéder aux services en ligne. Créé en 2011, avec un financement total de 7,5 millions de dollars, Breezie vend un logiciel intuitif personnalisé qui convertit les tablettes Android en une expérience simplifiée, et supprime l’encombrement et le jargon des applications des services populaires (comme Facebook, Google, Skype, etc. ). Une récente collaboration aux États-Unis avec T-Mobile, le premier fournisseur américain de téléphonie, permettra à Breezie de se lancer plus rapidement sur le marché et de mettre en œuvre des services connectés plus riches.

Venant d’Israël, Easy to Connect (E2C), créé en 2012 (1,3 million de dollars d’investissements levés à ce jour), est axé sur le développement de solutions de communication pour les seniors, améliorant leur vie quotidienne en créant un espace dédié, protégé, avec un environnement technologique cohérent et simple qui correspond le mieux à leurs capacités. Les personnes âgées ont un grand besoin de communiquer avec leurs amis et leur famille. Alors que la jeune génération partage facilement tout avec tout le monde, ceux qui en ont le plus besoin sont laissés pour compte. Dans de nombreux cas, les dernières technologies de communication tactile standard dépassent les capacités des personnes âgées (en raison de problèmes physiques ou de produits trop compliqués). Cet environnement leur permet de bénéficier pleinement des dernières technologies de communication, notamment les Smartphones, les tablettes, la smart TV, les smart watches, etc.

Depuis New York, Hometeam (financement total de 43,5 millions de dollars) a été fondée en 2014 avec la vision de construire un monde où tous les aides-soignants sont visibles, reconnus et habilités, Offrant des soins et un soutien exceptionnels aux familles. Cela consiste à ré-imaginer comment les aidants professionnels sont formés, soutenus et connectés. Ce qui importe dans de nombreux cas est de savoir comment transformer la façon dont les gens vieillissent dans le confort de leur foyer en introduisant des innovations technologiques en partenariat avec nos soignants. Honor, une startup de San Francisco ayant levé 62 millions de dollars, fait le même travail depuis 2014.

À Moscou, Knopka Zhizni (Life Button en anglais), fondé en 2010 avec un financement total de 1,8 millions de dollars, a développé un système médical qui envoie des signaux lorsque les personnes âgées, handicapées et même les enfants ont besoin d’aide. Une personne âgée peut donc déclencher une alarme en appuyant sur le bouton. Et dans des situations dangereuses, par exemple, en tombant, le signal disparaît automatiquement. L’appel arrive au centre d’appel où les médecins sont en service, qui ensuite tentent d’atteindre le client ou les voisins, de l’aviser au téléphone ou d’appeler une ambulance. Le gadget lui-même ressemble à un téléphone avec un bouton SOS ou un bracelet avec un capteur de chute.

Depuis les Pays-Bas, Tinybots (créé en 2015) a développé un petit robot social appelé Tessa qui aide les personnes âgées atteintes de démence en leur fournissant des rappels systématiques, de la musique personnalisée, des contes, une thérapie cognitive et des instructions vocales pour les tâches quotidiennes. En utilisant une application, les soignants peuvent configurer un Tinybot pour les besoins et des souhaits personnels. Le robot Tessa ne ressemble pas à une machine, mais ne ressemble pas non plus à un animal en peluche : grâce à sa structure construite en bois, il s’intègre parfaitement entre vases et autres bibelots dans un intérieur moyen. A intervalles réguliers Tessa parle à sa colocataire, puis propose de jouer de la musique, ou de prendre une bouffée d’air frais. Le robot « entend » après une longue période de silence qu’il est temps d’entrer en action, et peut également être programmé avec une application par un membre de la famille ou un aide-soignant. Il peut annoncer son arrivée, afin que l’utilisateur de Tessa puisse s’y préparer. Même si Tessa répond à des questions simples et s’adapte à sa colocataire, ce n’est pas un chatbot. Cela semble simple, mais Tessa s’appuie sur des années de recherche sur la conception et les fonctionnalités dont les aide-soignants et les patients ont vraiment besoin.

De retour à San Francisco, Stitch, fondée en 2015 avec un investissement de total de $150.000, est un lieu de rencontre pour les personnes âgées. Ils ont développé une application conviviale qui modélise le flux de travail des fournisseurs de soins médicaux et présente les données sur la santé des patients dans le contexte des discussions de groupe, de la messagerie directe, des groupes privés et des forums de discussion. C’est un système de santé envisagé comme une plate-forme où toutes les personnes impliquées (les seniors, la famille et l’équipe médicale) forment un réseau partageant la même plate-forme et les mêmes données, l’ambition étant de devenir la plateforme universelle de la communication médicale demain.

La Silver Economy, ou Senior Economy, est au tout début de sa phase d’investissement avec l’apparition de nouveaux acteurs envisageant l’avenir de la recherche fondamentale comme inspirée par la volonté de changer le destin d’une société confrontée au vieillissement de la population mondiale. Cette industrie est toujours financée en majorité par des investissements privés et non par un business model provenant du Retail ou d’un marché grand public.

La Chine montre souvent la voie: une Chine vieillissante a accéléré la montée d’une telle économie. Selon le ministère des Affaires Civiles, le nombre de citoyens âgés de 60 ans et plus a atteint 230 millions en 2016, soit 16,7% de la population chinoise. Le chiffre atteindra 480 millions d’ici 2050. Cela signifie qu’un quart des personnes âgées dans le monde sera chinois. Le nombre de personnes âgées souffrant de maladies séniles et chroniques augmente, ce qui crée un besoin important de dispositifs d’aide à la réadaptation, de produits de soins de santé et de services de soins infirmiers intelligents en gériatrie.

On estime que la puissance de consommation de l’industrie des services parvenue à maturité en Chine passera de 0,6 billion de dollars à 106 000 milliards de dollars en 2050, soit 33% du PIB total. Alors que le monde entier est en train de devenir numérique, de plus en plus de seniors ont acquis de nouvelles compétences, en particulier le paiement en ligne. Alipay, le service de paiement mobile d’Alibaba, envisage que le nombre de ses utilisateurs âgés de plus de 55 ans aura atteint plus de 10 millions. La société prévoit que les paiements en ligne, les transferts en ligne et les paiements hors ligne utilisant l’application sont parmi les plus populaires de ses services utilisés par les personnes âgées. La Chine compte aujourd’hui environ 60.000 établissements d’enseignement pour personnes âgées comptant plus de 7 millions d’étudiants. Selon le plan de développement de la Chine pour les personnes âgées (2016–2020), chaque ville devrait avoir au moins une université pour personnes âgées, 50% des villes doivent créer de telles écoles, et 30% des villages devraient avoir des centres d’apprentissage âgés d’ici 2020. La Silver Economy en Chine offre des perspectives prometteuses pour le secteur des services. C’est juste un début !

The Hive lève un fonds de $26,5 millions pour investir dans des applications alimentées par l’intelligence artificielle

T.M. Ravi , fondateur de The Hive
T.M. Ravi , fondateur de The Hive

Je publie rarement des articles pour annoncer des levées de fonds. Je laisse cette tâche aux site dédiés aux choses du web et des nouvelles technologies qui en remplissent leurs colonnes, comme ces gossips d’Outre-Manche qui eux dévoilent les secrets des grands de ce monde que le commun des mortels feraient mieux d’ignorer. Ainsi va la nature humaine, ainsi va la « tech » des Eric Ries (celui qui écrit sur les startups à force de les regarder passer) et autres Techcrunch, le site d’information où les startups lèvent plus d’argent que leur ombre.

Une certaine déformation professionnelle de presque quinze ans dans les métiers de la finance me fait préférer les histoires des entreprises qui recrutent, font du chiffre d’affaires, se battent contre une économie capitaliste redoutable, qui se ré-inventent, qui meurent parfois. Je n’aime pas les paillettes des levées de fonds, même si parfois elles peuvent m’impressionner. À force d’en entendre parler, j’en deviens aigre.

Toutefois, j’ai trouvé que cette levée de fonds de The Hive de 26,5 millions de dollars pour des technologies impliquant l’intelligence artificielle tombe à point nommé pour en faire la publicité, maintenant que le soufflet du fameux rapport de Cédric Villani sur l’intelligence artificielle est retombé, et que l’article du Président Français sur ce sujet dans Wired est retourné là où finissent en général les gargarismes des Français qui veulent se prendre pour un boeuf champion mondial de sa catégorie : dans l’oubli de la mémoire internationale.

Il n’est point indispensable d’être énarque, voire même un brillant énarque, et encore moins urologue et écrivain, pour comprendre que les nouvelles vagues technologiques ne se prennent ni dans les plans d’un Gouvernement en quête de crédibilité numérique, pas plus que dans les grandes envolées lyriques dans la presse anglo-saxonne. Pas dans des organisations publiques en mal de subventions, dans un pays qui voient ses talents ayant un peu de sens du business et des affaires prendre la poudre d’escampette. C’est sur le terrain que ça se passe.

La Silicon Valley l’a bien compris. Cette communauté d’entrepreneurs, qui a créé les bases du métiers du capital risque dans les années 50 (avec un ex-Français  en leader, un comble, un certain Georges Doriot, le « father of venture capitalism »), a bénéficié d’un terrain économique, culturel et fiscal qui a permis l’avènement de ce qui reste encore aujourd’hui la papauté du capital risque, si je peux m’exprimer ainsi. Je dirai même : cela remonte bien avant, avec les premiers succès d’entreprises comme Hewlett Packard (créée à la fin des années 30). N’en déplaise au Wall Street Journal faisant son intéressant en prétendant que c’est faux, ou du moins que l’Asie est un nouveau challenger. Soit.

La démonstration par l’image (en fait, deux graphiques) ci-dessous :

Venture Pulse Report Q4 2017 KPMG
Source : Venture Pulse Report Q4 2017 KPMG

Source : PwC/CB Insights MoneyTree Report

Revenons en à nos moutons, je veux parler de The Hive. Basé à Palo Alto, Californie, la compagnie a levé 8 millions de dollars dans son premier fonds en septembre 2012, pour investir dans six sociétés. The Hive a ensuite levé 21 millions de dollars dans son deuxième fonds, et investi dans 16 entreprises.

Le modèle d’investissement est un peu semblable à une ruche (d’où son nom d’ailleurs, car c’est ce que « hive » veut dire en anglais) en fournissant un capital et aussi en co-créant des entreprises avec de prometteurs talents. Coté investissement, The Hive apporte l’amorçage initial de 1,5 à 2 millions de dollars, en plus du capital de suivi nécessaire au bon fonctionnement ultérieur de la startup. C’est comme au poker, il faut poursuivre suivre sa mise à défaut de perdre le pactole. Cela permet de syndiquer de futures tours de financement, en invitant dans la danse des prochaines levées des sociétés de capital-risque sur des montants plus importants. Coté co-création, The Hive travaille avec les entrepreneurs pour aider les jeunes startups sur toute la chaîne de valeur lors de la création d’entreprise, de la conception d’affaires, de la stratégie de mise sur le marché et de l’introduction auprès des premiers clients et partenaires.

À titre d’exemple, depuis 2012, The Hive a co-créé et investi dans 24 entreprises, dont six ont été acquises: Nurego, qui a été acquise par GE Digital; Kosei par Pinterest; Perspica par Cisco; Jobr par Monster Worldwide; Deep Forest Media par Rakuten et E8 Security par VMware. À ce niveau, ce ne sont plus des accidents, c’est de l’orfèvrerie.

The Hive s’associe à des sociétés telles que GE, Cisco, Verizon, Software AG, SAP, eBay et dispose d’un ensemble de conseillers qui travaillent avec des entreprises telles que Facebook, Google et Pinterest. On ne parle plus ici« d’open innovation», mais de la « serious entrepreneurship factory » !

T. M. Ravi, Managing Director et Fondateur, a eu une longue carrière avec une vaste expérience dans la gestion d’entreprise et les nouvelles technologies. Sumant, Kamesh et Mohan ont tous une formation technique  initiée en Inde, leur pays d’origine, complétée aux États-Unis. Je l’ai déjà dit dans ces colonnes, l’Inde est le vainqueur de la Ligues des Champions des Startups du Web du 21e siècle !

Les investisseurs dans le nouveau et troisième fonds d’un montant de 26,5 millions de dollars comprennent Verizon Ventures, Software AG, GE, Rockwell Automation, March Capital Partners et des individuels. Pas des personnes qui fabriquent des plans sur la comète ministérielle, mais des acteurs privés ayant pris le relais de la course à l’intelligence artificielle. Cette course n’est pas nouvelle, l’intelligence artificielle existe depuis que l’on a inventé les ordinateurs, ou presque, et elle est loin d’arriver à son terme, les résultats commencent à peine à se faire sentir. Ils ont compris les enjeux business liés aux challenges technologiques, et ils prennent des paris, même avec des petits montants. Quand une organisation comme The Hive arrive à transformer des résultats de la sorte, il ne faut pas tergiverser, il faut agir. Prendre part.

Et là, le monde anglo-saxon a une longueur d’avance, ce qu’on du mal à comprendre les technocrates parisiens, qui poussent, poussent, dans un écosystème tricolore qui n’inspire guère à soulever des montagnes. On peut essayer de s’en persuader de l’intérieur, et il y a bien quelques milliardaires pour donner l’illusion d’une machine qui tourne. Mais vu de l’extérieur, on reste bien sceptique. Et d’ailleurs, ailleurs qu’en France, on a le regard pointé ailleurs (volontaire répétition du mot ailleurs, pour bien souligner mon point). Vers l’Asie, par exemple. Vous voyez ?!

The Hive prétend être différent des autres VC et incubateurs en ce sens qu’il utilise un modèle d’engagement «high-touch» : il offre aux startups l’accès à «une équipe de bâtisseurs d’entreprises prospères, d’entrepreneurs en série et d’investisseurs en capital-risque qui ont créé des entreprises leaders sur le marché avec plusieurs milliards de dollars de sorties», selon M.T.. Se différencier, trouver son propre modèle, voilà qui est essentiel dans le monde d’aujourd’hui, plutôt que toujours s’inspirer des autres. Par exemple, prétendre que la France est une startup nation, ça me fait mal à chaque fois : je dirai plutôt que la France est la «subvention nation», avec ses dispositifs fiscaux à rallonge, sa BPI et tout le toutim. C’est artificiel, et il n’y a pas d’intelligence à chercher là-dedans, ce n’est que du « bourrinage mental». Le monde de l’investissement a les mêmes enjeux que tout autre industrie : une énorme compétition en terme d’offre par rapport à des vagues d’étudiants préférant embrasser une carrière dans le monde des startups plutôt que d’aller pointer dans une grosse entreprise. «La principale différence est que nous sommes très impliqués dès le début du projet, souvent avant même que l’entreprise ne démarre » a précisé M.T..

Les nouveaux fonds visent à aider les entreprises en phase de démarrage à créer de la valeur en utilisant l’intelligence artificielle dans les secteurs industriels et financiers tels que l’industrie, les services financiers et la santé. The Hive prévoit d’investir dans plus de sept sociétés à partir de ce troisième fonds au cours des trois prochaines années. La société a déjà co-créé deux startups, Decision Engines et Live Objects (aucun rapport avec Orange, soit dit en passant), sur son troisième fonds. Déjà.

Pourquoi l’intelligence artificielle ? C’est un segment de la technologie en croissance rapide, à défaut d’atteindre encore sa pleine maturité. Frederic Hanika, responsable des fusions et acquisitions chez Software AG, a déclaré dans un communiqué que l’impact de l’intelligence artificielle ne saurait être surestimé : « Les entreprises ont un choix clair: investir dans l’intelligence artificielle et perturber la concurrence ou être perturbées par des entreprises en déplacement plus rapide ». « The Hive possède une expertise technologique approfondie en apprentissage automatique, apprentissage en profondeur, NLP/NLU (traitement du langage naturel et compréhension du langage naturel), vision par ordinateur, blockchain, et leurs applications, avec des cas d’utilisation dans l’entreprise ».

Toujours M.T., en guise de conclusion : « Nous voyons l’intelligence artificielle conduire une transformation significative de l’entreprise, où la prise de décision sera en grande partie automatisée. Les efforts des êtres humains seront principalement concentrés sur l’élaboration des politiques et la gestion des exceptions. ». En ce qui concerne l’avenir, The Hive pense que l’impact de l’IA « sera plus important que celui d’Internet ».

« Nous pensons que l’intelligence artificielle va changer le monde et nos vies, et que cela va se réaliser dans notre génération actuelle. ». Là, on est tous bien d’accord.

The Hive
The Hive

 

L’actualité High-Tech de la semaine : la ville d’Atlanta, Walmart, Impossible Foods, Instacart, Postmates et Doordash

Photo by Patrick Tomasso on Unsplash
Golden Gate Bridge

Tu ne t’es pas trompé, c’est bien ici la rubrique organique qui vous donne la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner d’histoires… à moins que ce soit juste du buzz : à toi de juger !

Lundi : une longue coupure d’Internet à Atlanta

Photo by Caleb Jones on Unsplash
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Les systèmes informatiques du gouvernement d’Atlanta, Georgia, ont été en panne pendant plus d’une semaine en raison d’un piratage informatique ayant eu lieu le 22 mars dernier. Les hackers ont exigé une rançon de $51,000 en bitcoin pour remettre tout en ordre (des geeks, sans doute). Bien que les services de police soient de nouveau en ordre de marche (numérique), de nombreux travailleurs municipaux dépendent encore du papier.

Les fonctionnaires ont passé la semaine passée à reconstituer leurs « dossiers numériques », à recréer des feuilles de calcul et à gérer les affaires courantes sur leurs téléphones portables suite à l’un des piratages les plus dévastateurs contre une ville américaine. Ce sont des années de données numériques qui ont ainsi été perdues.

Les piratages ont explosé ces dernières années avec des hackers passant des simples attaques contre des ordinateurs individuels à du piratage industriel, si je  puis dire, contre de grandes organisations. Personne n’est épargné : les grandes entreprises, les hôpitaux, les agences gouvernementales. Ces attaques ont entraîné la fermeture d’usines, incité des hôpitaux à refuser des patients et même forcé les urgence de certains à passer aux opérations manuelles. L’étendue des dommages n’a pas encore évaluée. Les médias n’en font pas tous les jours leur choux gras, mais pourtant il y a de quoi faire : récemment aux États-Unis, c’est au tour de Hudson’s Bay d’avoir été victime de piratage avec deux de leurs enseignes : Saks Fifth Avenue et Lord & Taylor. Tirant profit de lacunes de sécurité dans les systèmes informatiques, les pirates disposeraient ainsi des données concernant cinq millions de cartes de crédit, en faisant l’une des plus importants piratages impliquant des cartes de paiement au cours de l’année écoulée…car oui, c’est seulement maintenant que l’affaire est publique. Au delà de se battre contre une industrie en déclin, c’est souvent le manque d’investissements qui rend les entreprises fragiles face aux malfaisants, car la priorité est rarement mise sur la sécurité, avec cette foutue technologie qui ne cesse d’évoluer elle même. Un autre Retailer, Sears, plutôt mal en point lui aussi, et la compagnie aérienne Delta ont connu le même désagrément suite au piratage effectué chez leur prestataire de services de chat (24)7.ai. Et vous, que faites vous pour protéger votre informatique ?!

 Mardi : Walmart veut se lancer dans les pilules

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Le plus gros Retailer au monde (allez, peu importe les petits milliards qui les séparent du leader Chinois Alibaba et ses 50,000 salarié, alors que Walmart, ben c’est 2,3 millions employés) Walmart est en pourparlers pour acquérir la société de vente de produits de pharmacie en ligne PillPack  pour moins de 1 milliard de dollars.

Fondée en 2013, la société basée à Cambridge, Massachusetts, fournit des médicaments dosés, prêts à être livrés et disponibles pour les traitements, avec l’indication du jour et de l’heure de l’ingestion. La startup a levé 118 millions de dollars à ce jour, et a atteint plus de 100 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2017, selon la société. En 2016, elle aurait été évalué à 330 millions de dollars. Pillpack à déjà fait l’objet d’une opération de drague de la part d’Amazon, sans succès visiblement…

 PillPack gère les médicaments d’ordonnances pour ses clients, y compris ceux qui souffrent de maladies chroniques multiples, le tout en emballant, en organisant et en livrant les médicaments. Il dispose d’une pharmacie « full-service », ce qui signifie que son équipe de service à la clientèle est disponible 24/7.

Les experts du secteur considèrent qu’un achat de PillPack est logique pour Walmart, surtout à la lumière de ses discussions avec Humana. Pour mémoire, Walmart est aussi en négociation pour un rachat avec Humana, qui propose des services d’assurances dans le domaine de la santé et dispose d’environ 11,5 millions de clients aux États-Unis. Les deux entreprises mises ensemble pourraient assurer à Walmart de sérieux moyens pour servir les personnes âgées, un gros marché en avenir. Ceci étant, Walmart n’est pas un cas isolé pour chercher à développer son activité de pharmacie en ligne. Mieux vaut en tout cas racheter une belle pépite que la développer soi même, ça va en général plus vite de nos jours.

Mercredi : rien n’est impossible pour Impossible

Picture from Impossible Foods Sustainability Report 2017

La startup de Redwood City, Californie, Impossible Foods, qui développe des substituts végétaux pour les viandes et les fromages, vient de lever 114 nouveaux millions de dollars.

la société a lancé son premier produit de substitut de viande dans les restaurants américains en 2016. Vous pouvez les déguster dans deux restaurant de San Francisco : le Public House, situé à l’extérieur de l’enceinte du AT&T Park, le stade de baseball de la ville de San Francisco (dégustable à n’importe quel moment de la journée) et au Cockscomb, où j’ai eu le plaisir de les déguster, mais également sur une autre centaines de points de cuisson dans le pays.

La société a installé une usine de production complète, notamment grâce au talent d’une Française ingénieure agronome expatriée dans la Bay Area, permettant de déployer ses produits à travers tout le pays, à hauteur de 2,5 millions de livres par mois d’ici la la fin de l’année (un peu plus d’un million de kilogrammes).

Depuis le lancement de leur première collaboration sur les hamburgers en 2017, la chaîne Umami Burger a vendu plus de 200 000 burgers « Impossible ». À 13 $ le hamburger, il est certain que ce mets de luxe est inaccessible pour la plupart des familles américaines, mais viser le haut de gamme a toujours été l’objectif initial du fondateur d’Impossible, Patrick Brown. Pour assurer une bonne croissance à votre entreprise, vous devez vendre à un prix élevé, selon lui. Mais c’est aussi un moyen de pouvoir aussi financer la recherche que suppose le développement de ce type de produit, qui est une véritable technologie culinaire, en quelque sorte, pour cet ancien professeur de l’Université de Stanford, qui fut par le passé entrepreneur dans le domaine des aliments biologiques (des yaourts et des fromages non laitiers). Une fois l’entreprise définitivement lancée sur les rampes du succès et de la rentabilité, il sera alors temps de penser à un assouplissement en terme de tarifs.

 Jeudi : Instacart passe à la Series E

Instacart poursuit son développement et le financement de son activité avec une prochaine levée dite « Series E » de 150 millions de dollars (on est passé à la lettre E, sachant que les levées de fonds institutionnelles se succèdent en suivant l’ordre de l’alphabet lors de chaque nouvelle levée de fonds). Cette levée a été réalisée avec les investisseurs existants, ce qui est un bon signe de confiance de leur part, même si le montant, à l’échelle des investissements faits dans la Silicon Valley, peut paraître quelque peu modeste.

Peut être est-ce le signe d’une prochaine rentabilité, ce qui serait une jolie performance dans un métier où le profit unitaire se compte en centimes de dollars, avec des exigences règlementaires très fortes au niveau des frais de personnel, et dans une industrie qui ne se porte pas au mieux. Pire encore, lorsque l’un des ses principaux clients, Whole Foods (NB : Whole qui se prononce essentiellement avec le « h » et non pas le « w » comme le font la majorité des Français) se fait racheter par Amazon…ce n’est pas nécessairement le signe d’une potentielle durable collaboration, étant donnée la réputation de cette dernière à s’inspirer très fortement des expériences du marché (en clair, on regarde comment tu fais, et après on le fait nous mêmes). Ce qui reste impressionnant avec cette levée de fonds, c’est que cela porte le total à 350 millions de dollars avec une évaluation d’Instacart de 4,35 milliards de dollars. Je connais certains experts du secteur que s’avouent plutôt sceptiques du business model de la startup, mais ça commence à faire beaucoup. Instacart fournit ses services de livraison aux plus grands du secteur alimentaire, y compris Costco et Albertsons. Ils ont récemment signé un partenariat avec Sam’s Club (Walmart).

Vendredi : de la fusion dans l’air dans le secteur de la livraison du dernier kilomètre

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Les deux startups développant depuis San Francisco des services de livraison Postmates et DoorDash sont en cours de discussion au sujet d’une éventuelle fusion (ce qui reste à confirmer).

DoorDash a levé en mars dernier 535 millions de dollars, avec notamment la société Softbank, par ailleurs investisseur dans Uber ou encore Didi Chuxing, portant le total à 721,7 millions de dollars. Le montant des capitaux levés par Postmates est simplement de 278 millions de dollars.

Au delà des conversations de midinettes pour savoir qui serait le CEO à la place du CEO de l’ensemble des deux entités, c’est surtout au niveau des investisseurs que les discussions ont lieu.

En effet, Postmates et ses investisseurs sont désormais confrontés à une pression accrue pour conclure un accord suite à la récente injection massive de capitaux pour DoorDash car Postmates doit désormais appréhender la façon de rivaliser avec une startup disposant d’un énorme avantage en capital, rendant potentiellement une fusion ou une vente plus attrayante.

Les enjeux sont élevés. D’ici 2022, 11% des ventes de restaurants aux États-Unis devraient provenir des commandes de livraisons, contre 6% l’an dernier, selon Morgan Stanley Research. Cela équivaudrait à une opportunité de marché de 32 milliards de dollars d’ici quatre ans. Un gros gâteau, pas évident à se partager car il est évident que nos deux sociétés sont loin d’avoir établi un niveau d’activité suffisamment élevé chacune pour atteindre leur seul de rentabilité. Et ce serait dommage de faillir avant d’arriver à une telle taille de marché, d’autant plus que les deux sociétés représentent à elles seules seulement 23% du marché, selon des évaluations faites en février 2018.

Bastian Lehmann, CEO de Postmates, a lui confié qu’un accord serait d’ores et déjà conclu, tandis que ces conversations de couloir ont démarré il y a quelque temps déjà. Lehmann est reconnu comme plutôt actif pour chercher des débouchés pour son entreprise, soit par un rachat, en ayant déjà recruté une agence spécialisée sur ce type d’opérations, soit en annonçant une prochaine introduction en bourse. Des discussions avec Grubhub, leader de ce marché (plus de 50%), n’auraient rien donné.

Le chiffre d’affaires de Postmates a  atteint environ 250 millions de dollars en 2017 sur près de 900 millions de dollars de volumes de transactions, affichant une perte d’exploitation de 75 millions de dollars pour l’année. La société avait déclaré à certains médias qu’elle serait rentable d’ici la fin de 2017, et elle est généralement très en retard sur ses prévisions. La société prévoirait un chiffre d’affaires de 400 millions de dollars en 2018 sur des ventes totales de plus de 1,2 milliard de dollars. Les zones de succès de Doordash et de Postmates sont relativement complémentaires. La parole est d’argent, mais le silence est d’or du côté de Doordash. Une opération équivalente dans l’industrie a eu lieu en 2014 lorsque Grubhub (Chicago) et Seamless (New York) ont fusionné.

En attendant, les dindons de la farce, c’est à dire les personnes employées à faire les livraisons, continuent de se démener à pied, à cheval et en voiture (pour les plus nantis) afin de gagner quelques dollars de l’heure, loin des millions qui volent dans les bureaux embourgeoisés de la Silicon Valley. Et franchement, quand je vois un pauvre gars en sueur pédaler pour 3 francs six sous, je me dis que la bataille du grand Internet, l’avènement du peer-to-peer, le web au service de l’humain… ben c’est pas encore pour demain. J’en arrive à rêver que les choses aillent plus vite avec les nouvelles technologies et que les robots envahissent ce marché pour rendre ce service disons… un peu plus humain.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’intelligence artificielle dans tous ses états

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Le célèbre investisseur Marc Andreessen, co-fondateur de la société de capital risque Andreessen Horowitz, et fondateur de Netscape, qui a démocratisé l’usage d’Internet dans les années 90, a lancé une phrase qui est resté dans les mémoires de toute personne impliquée dans le monde du logiciel, et même au-delà : « Software is eating the world », le logiciel est en train de dévorer le monde. En résumé : le logiciel est en train de s’impliquer dans toutes les activités que l’on puissent imaginer, ayant naturellement un impact dans la vie de tous les jours, dans le monde des entreprises, et dans la façon les entreprises fonctionnent, et innovent naturellement.

On pourrait presque se dire depuis quelque temps que c’est l’intelligence artificielle qui est en train de dévorer le monde. Le sujet est dans toutes les bouches, et dans énormément de pitchs de startups qui se découvrent des vocations à produire les algorithmes permettant d’apposer ces deux lettres, AI, comme un label qui permettrait de les identifier comme un bon crû de technologie. Cette nouvelle catégorie technologique a gagné ses lettres de noblesses dans la presse de tous les jours, tout en rentrant dans la catégorie des poids lourds de l’investissement. Des estimations vont jusqu’à mentionner 10,8 milliards de dollars d’investissements cumulés en 2017. L’argent coule à flot pour y investir dans ce secteur.

L’intelligence artificielle et les investissements dans les startups

Si l’on s’en tient au fait, l’intelligence artificielle a fait son apparition comme terminologie et discipline en 1956, lors d’une conférence au Collège de Dartmouth (Massachusetts), c’est à dire peu de temps après la fabrication des premiers ordinateurs. Avant cela, au 19e siècle ou avant, on parlait plutôt « d’artificial beings« . La réunion de professeurs de Carnegie Mellon University, du MIT, et un employé d’IBM (déjà) allait donner naissance au premier programme digne de ce nom avec le « Logic Theorist« , et procéder à la création du premier langage de programmation appelé « LIPS« . En quoi consiste l’intelligence artificielle ? Tout simplement, c’est la possibilité de concevoir une machine intelligente.

Source: Amazon

Aujourd’hui, il est possible de créer des programmes sur des ordinateurs personnels à chaque coin de rue (ou presque) à San Francisco ou ailleurs : les ordinateurs sont devenus ultra-rapides, et les services du cloud computing, l’informatique dans les « nuages« , permet de stocker des informations en quantité sans limites ou presque. Les SMS laissent place de plus en plus aux « chatbots« , ces fenêtre de conversation que l’on peut trouver sur des sites de réseaux sociaux comme Facebook, ou des sites de e-commerce, et par dizaines sur les téléphones portables. Enfin, la combinaison de de ces fameux logiciels avec différents types de matériel se sont nettement perfectionnés pour donner naissance à des vedettes du récent CES (le show des nouvelles technologies à Las Vegas) comme Amazon Echo et son bot Alexa. Il est loin le temps où Apple lançait fièrement son assistant virtuel Siri qui n’avait pas convaincu tout le monde à l’époque. De ce point de vue, Amazon a bien réussi son coup et c’est en millions que se chiffrent désormais les ventes d’appareils, censés développer l’achat de produits par voie de conséquence sur le site de e-commerce du géant de Seattle. Tout ceci est un bout de cet intelligence artificielle, qui couvre en fait bien des domaines : les systèmes experts, la simulation du raisonnement humain, le traitement du langage naturel, la reconnaissance de la parole, la reconnaissance des visages, la robotique, font partie du même ensemble tout en faisant appel à des technologies différentes.

L’intelligence artificielle appliquée à un métier

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L’intelligence artificielle est devenu le coeur de recherche et développement de bon nombre d’acteurs dont l’activité est au centre du rapport humain, comme par exemple pour des entreprises spécialisées dans le domaine de gestion de la relation client. Ces entreprises gèrent des centres d’appels en grand nombre, avec bon nombre de salariés et des clients à servir dans un secteur très concurrentiel. L’intelligence artificielle est une clé pour une amélioration des performances du service client, et une ouverture vers une meilleure rentabilité des opérations. Les entreprises travaillant dans ce secteur plein d’avenir sont nombreuses à San Francisco et dans sa Baie, que l’on désigne souvent comme la capitale de l’innovation, mais pour traquer les meilleurs acteurs dans ces domaines, il faut aussi se rendre à New York, le coeur de l’action de ce gros poumon d’activités que ce sont les États-Unis d’Amérique, au Canada (Toronto ou Montreal), en Israël ou en Asie, à commencer par Shanghai et la Chine qui commence à marquer de gros points dans le domaine des expériences innovantes. Pour comprendre ce qui marche, il faut aller de l’avant et aller chercher la solution là où elle est disponible.

Comment ça marche, l’intelligence artificielle ? Cela suppose tout d’abord de disposer d’une bonne émission des messages et d’un système d’information capable de produire une base de données cohérentes. Les robots et « super-ordinateurs » ont besoin d’être alimentés de façon cohérente, ce qui donne son sens à ce « big data » qui faisaient les beaux jours de l’actualité avant que cet Intelligence Artificielle. Il y a notamment un terme très Américain pour expliquer cette étape, le « data wrangling« , en référence à l’époque du far west où il fallait en permanence rassembler les troupeaux pour aller d’un pâturage à un autre. Une startup comme Trifacta se borne à faire ce type d’opérations, et c’est déjà une tâche énorme qui occupe à temps plein une centaine d’ingénieurs à San Francisco.

Ensuite, c’est surtout une question de métiers où chaque industrie va utiliser les possibilités offertes par les différentes technologies. Dans le cas des métiers des centres d’appels par exemple, la solution idéale (entre autres) pour un service de support client viendrait du NLP (en anglais « natural language processing », une méthodologie qui permet à un programme d’ordinateur de comprendre le langage humain au fur et à mesure qu’il est prononcé.

L’intelligence artificielle et les géants

Et les géants informatiques dans tout cela ? C’est la course à l’échalote et à ce jeu, c’est toujours plus simple d’acheter les autres que faire soi même. C’est ainsi que Zuckerberg et Facebook sont allés chercher l’équipe de Français Alex Brun et Laurent Landowski de wit.ai dont on lui avait dit le plus grand bien pour en faire le socle d’intelligence artificielle intégré aux équipes de l’application de messagerie mobile Messenger. Objectif : prendre le plus d’avance possible dans ce que la technologie permet d’apporter aux « messager numérique » pour donner réponse à tout et permettre aux marques de se démultiplier dans leurs rapports aux consommateurs sur Internet. IBM, après avoir développé son super-ordinateur Watson à coups de milliards avec des équipes internes, procède à des ajustements en rachetant des startups complétant le dispositif de la base d’algorithmes mis en place depuis 2006 permettant d’aller plus loin dans leur offre de modélisation et de personnalisation. Google, Apple, ou Salesforce suivent tous les mouvement et l’on peut voir le nombre d’acquisition de startups s’accélérer depuis 2013 dans ce domaine. Salesforce a lancé une nouvelle offre permettant de mettre à disposition à ses clients « l’intelligence artificielle pour tous » et devinez comment ils l’ont appelé ? Einstein… Cet apport ne permet pour le moment que de produire des scores en terme de ventes potentielles à leur système d’aide à la vente en ligne. L’idée à terme est d’aider les équipes de ventes dans leur travail quotidien. Ce brave Albert ne s’en remettrait pas de se voir exploité de la sorte !

L’intelligence artificielle appliquée

Bon, à part ça, à quoi cela peut bien servir, l’intelligence artificielle ? Les applications sont aussi diverses que les métiers ayant besoin de muscles pour leurs activités, passons en quelques unes en revue…

E-commerce : Internet reste une interface perfectible en terme d’expérience de « shopping« . Même les recommandations d’Amazon en la matière conduisent souvent à la frustration tellement les suggestions proposées sont primaires et surtout non visuelles. Des startups comme mode.ai ou Sentient Technology (fondée par un Français vivant en Asie) ont développé les couches logicielles permettant de prendre en compte un certain nombre de paramètres tels que faire combiner le peu d’informations saisies lors d’une consultation d’un site Internet, ou les informations déclaratives pour s’enregistrer, pour mettre en oeuvre des algorithmes qui vont chercher à deviner les critères vous poussant à l’achat (une forme, des couleurs, des tendances de mode selon votre localisation géographique, etc.). Au delà des aspects de protection de données, les informations que les ordinateurs peuvent interpréter sont également d’une meilleure expérience d’achat sur Internet.

Automobile : une startup de Boston nommée nuTonomy, issue de la fameuse université du MIT, est en passe de devenir une des plateformes logicielles incontournables en ce qui concerne les véhicules sans chauffeurs. Après des années de développement dans des locaux bien protégés sur Mountain View, en Californie, Google est en train de se faire dépasser par des startups ayant trouvé des sources de financement aussi prestigieuses dans le monde de l’automobile que le fonds d’investissement de l’arrière petit fils d’Henry Ford, Fontinalis Partners, avec comme terrain d’essai la ville de Singapour qui s’est également engagé comme investisseur.

Santé : la startup Freenome utilise votre collection génétique pour permettre d’améliorer les diagnostics des médecins et anticiper l’arrivée des maladie que la masse de données rendue disponibles à grande échelle permet de réaliser. Plus le nombre d’informations disponible est grand, plus les chances de modélisation de données permettent de définir des pronostics. La médecine du 21e siècle !

Retail : ne soyez pas surpris de voir une sorte de boîte avec marqué dessus « dispatch » dans les rues de San Francisco. C’est l’oeuvre d’une startup locale, d’ores et déjà financée, pour faire les livraisons du dernier kilomètre en combinant les 3 disciplines des conduites de véhicules autonomes, la robotique et de l’intelligence artificielle pour faire fonctionner le tout. Mais impossible d’en savoir plus pour le moment, cette problématique de livraison à domicile étant un peu le nerf de la guerre du Retail !

Agriculture : Prospera Technologies, basée en Israël, a développé des capteurs utilisant les mécanismes de « machine learning » (des algorithmes auto-apprenant, c’est à dire en mesure de d’apprendre sans avoir nécessairement été programmé pour cela) pour améliorer les rendement de la production grâces à des prévisions météorologiques par exemple. La société Blue River Technologies, basée à Sunnyvale en Californie a choisi elle de développer de nouveaux types d’équipement permettant aux producteurs de mieux comprendre l’évolution de leurs plantations grâce à des robots mobiles utilisant essentiellement le « computer vision« , c’est à dire les information qu’il est possible de tirer par l’analyse de séquences d’images, avec toutes les bases de données et d’analyses disponibles dans ce type de discipline et ainsi améliorer les méthodes de production.

L’intelligence artificielle dans les fonctions

Les différentes technologies composant cette discipline ne sont pas uniquement adressées pour des métiers mais aussi pour des fonctions de l’entreprises afin d’améliorer une certaine productivité.

Dans les ventes : Persado, basée à New York, utilise des technologies de contenus cognitifs consistant en résumé à copier le mécanisme de la logique humaine pour aider une force de vente à être plus performante dans la communication avec ses interlocuteurs, comme si on voulait multiplier les opérateurs dans un souci d’efficacité commerciale. Ces outils d’amélioration commercial sont une des principales cibles de ces startups prêtes à en découdre pour le grand Graal de la prochaine licorne.

Dans la recherche et développement : Citrine, startup Californienne de San Francisco, est une sorte de boîte à outil qui ingère et analyse de vastes quantités de données techniques sur les matériaux, les produits chimiques pour rationaliser les activités de R&D, de fabrication et de chaîne d’approvisionnement de toute organisation produisant un produit physique. La startup utilise elle aussi des techniques de « machine learning » permettant de faire grandir la quantité d’équations et de flux nécessaires au bon fonctionnement d’une plateforme à destination de profils plutôt scientifiques

Dans l’organisation du temps : la startup x.ai est responsable de la multiplications des assistants dans le monde des entreprises pour des personnes qui ne font confiance qu’à eux mêmes mais qui se retrouvent débordés par les contraintes d’un emploi du temps trop chargé. La technologie de la startup New Yorkaise se charge donc de prendre en charge votre agenda et de coordonner les rendez-vous dans un agenda qui mêle les créneaux horaires et les boites emails surchargées.

Il a a aussi des blocs de technologie comme la reconnaissance d’image qui existent bien avant les années 2000 et qui aujourd’hui continue de se développer avec des startups comme Clarifai, toujours basée à New York (décidément…) utilisant notamment le « deep learning« , inspiré également d’une forme de structure et de fonctionnement du cerveau (encore bien difficile à copier pour nos amis les robots). Les usages sont multiples dans cette discipline et les cas d’usages se trouvent dans les médias, les services à l’entreprise, la formation.

On comprend bien que l’on a pas fini d’en entendre parler de cette intelligence artificielle, qui n’est pas simplement le fait de robot que l’on cherche souvent à opposer à l’être humain et son cerveau que l’on n’a même pas encore fini d’étudier et de comprendre. La maturité des disciplines scientifiques appliquées aux ordinateurs n’a pas fini de nous simplifier la vie et de trouver des milliers d’usage, dans tous les métiers et toutes les fonctions, le stockage de données ayant vu ses coûts réduire significativement. Il reste à se poser la question de toute cette tuyauterie et de son encombrement sur les serveurs du monde entier, raison pour laquelle certaines startups se penchent déjà sur le stockage de données dans des serveurs informatiques qui seraient envoyés dans l’espace. Mais ceci est une toute autre histoire !

Des employés de Google en révolte demandent à leur entreprise d’arrêter sa participation à des programmes de drones militaires

General Atomics MQ-9 ReaperPlus de 3,100 employés de Google viennent de signer une pétition à leur PDG Sundar Pichai afin de demander l’annulation du projet Maven, un logiciel de drone développé en collaboration avec le Ministère de la Défense des États-Unis. Le projet utilise une technologie de reconnaissance d’image développée par les équipes de Google sur des millions d’heures de séquences de vidéo de drones obtenues par l’armée pour aider à identifier les personnes et les objets d’intérêt.

Voici ce que dit le débit de cette lettre (obtenue par le New York Times) : « Nous pensons que Google ne devrait pas être impliqué dans le business de la guerre. Par conséquent, nous demandons que le projet Maven soit annulé et que Google rédige, publie et applique une politique claire stipulant que ni Google ni ses sous-traitants ne construiront de technologie de guerre.  »

Le projet Maven fait partie d’un investissement de 7,4 milliards de dollars consacrés à l’Intelligence Artificielle et au traitement des données par le DoD (DoD pour US Department of Defense, le Ministère de la Défense des États-Unis), et a vu le Pentagone s’associer à divers universitaires et experts dans ces domaines. Il aurait déjà été utilisé contre l’État islamique.

Google a répondu que les conversations avec les employés et les experts externes étaient «extrêmement importantes et bénéfiques», avant de préciser que Google ne travaille que sur une partie du projet Maven, à des fins non offensives, en utilisant un logiciel open-source de reconnaissance d’objets.

Bien que le projet soit «spécifiquement conçu pour être utilisé à des fins non offensives», la lettre des employés conteste ce fait en estimant que «la technologie est conçue pour les militaires, et une fois qu’elle est livrée, elle pourrait facilement être utilisée pour d’autres tâches.  » Bien que le projet ne puisse pas créer un système d’armes autonome, dans de nombreux cas, l’identification des cibles n’est que la première étape d’un mouvement offensif vers cette cible.

De nombreux employés de Google sont clairement mal à l’aise avec toute implication dans ce processus. La lettre poursuit en disant que « construire cette technologie pour aider le gouvernement américain dans la surveillance militaire, avec donc des conséquences potentiellement mortelles, n’est pas acceptable » et que Maven « endommagera irrémédiablement la marque de Google et sa capacité à rivaliser pour attirer les talents dans l’entreprise. » La lettre invoque même la devise de Google « Do not Be Evil » : littéralement « Ne soyez pas malveillants » est la devise, ou le slogan informel de Google, créé par deux employés de la première heure, avec comme arrière pensée l’idée qu’il est possible de gagner de l’argent sans vendre son âme au diable. En termes de culture d’entreprise, cette devise était devenue le pilier identitaire central de Google : cela ressemble à un petit rappel à l’ordre de certains salariés de Goole (aujourd’hui 70,000 à travers le monde).

Il faut dire que la demande en terme d’applications dans le domaine de l’intelligence artificielle a explosé ces derniers et malgré les avancées technologiques dont les matériels militaires font preuve, de grands employeurs comme Google en terme d’ingénieurs de logiciel et leur incessante recherche d’amélioration des algorithmes en tout genre sont tentés de collaborer sur des sujets plus sensibles d’un point de vue politique.

Google n’est pas le seul géant de la technologie à s’impliquer dans des projets militaires, puisque ce même New York Times souligne qu’Amazon et Microsoft ont tous deux aussi des produits concurrents destinés au ministère de la Défense.

Ce n’est pas la première fois que des employés de Google vont sur la place publique afin de faire entendre leur opinion sur des sujets quelques peu embarrassants pour le géant de Mountain View. Ainsi, en janvier dernier, c’était un mémo de 2016 qui avait été publié par un ancien ingénieur de Google affirmant que le département des ressources humaines de l’entreprise, ainsi qu’un vice-président, avaient fait pression sur lui pour qu’il cesse de discuter des initiatives sur la diversité dans les forums internes de l’entreprise, questionnant les compétences des femmes, et contestant la politique favorables à la diversité au sein de Google, exprimant de ce fait des opinions plutôt conservatrices.

L’actualité High-Tech de la semaine : Calm, Light Speed Ventures, Shyp, GoPro et Moment, Telegram

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Golden Gate Bridge

Tu ne t’es pas trompé, c’est bien ici la rubrique organique qui vous donne la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner d’histoires… à moins que ce soit juste du buzz : à toi de juger !

Un peu de Calm

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« Software is eating the world » : cette phrase bien connu du plus célèbre des investisseurs de la Silicon Valley, Marc Andreessen, co-fondateur d’Andreessen Horowitz, et surtout co-fondateur de Netscape, l’entreprise américaine qui a été pionnière du World Wide Web avec son navigateur web Netscape Navigator. Il a raison, Marco, parce que décidément ces petits génies de l’informatique ne cessent de réfléchir où caser le monde numérique, là où on aurait plutôt besoin qu’il nous lâche la grape digitale. Deux Britanniques se sont lancés dans une mission à rendre jaloux un autre Marco (celui dont on entend beaucoup parler ces jours-ci) : rendre le monde plus heureux et plus sain. Ben voyons… Le plus drôle dans l’histoire, c’est qu’ils viennent de trouver des investisseurs avec $25 millions pour les aider à continuer de faire le job.

L’application (qui s’appelle Calm), puisqu’il s’agit d’une application pour smartphone,  a été  élue application de l’année en 2017, et ceci a du être convaincant à l’idée d’évaluer la société pour un montant de $250 millions. Mais surtout : Calm annonce avoir atteint plus de 21 millions d’utilisateurs, et a généré $22 millions de chiffre d’affaires en 2017 (ou $40 millions, selon le média qui raconte leur histoire, et ils ne s’accorde pas à ce propos). Enfin une startup qui lève des sous, mais surtout qui en gagne ! Quel rafraichissement… Ça vous coutera $12,99 par mois, $4,99 par mois si vous vous engagez sur l’année et $299,99 pour la vie. Au fait, ça fait quoi ? Calm crée un contenu audio qui aborde « les problèmes de santé mentale les plus importants de l’ère moderne » : le stress, l’anxiété, la dépression et l’insomnie. L’application contient plus de 100 heures d’audio pour plusieurs jours, avec des histoires pour vous apporter le sommeil, des leçons de méditation, des sons de la nature, des vidéos et de la musique pour la méditation. Enfin, de là à prétendre devenir la marque du 21e siècle, et devenir le « Nike de l’esprit », ça veut dire quoi ? Dernière anecdote : l’un des fondateurs, Michael Acton Smith, a été nommé Officier de l’Ordre de l’Empire britannique (OBE) dans le cadre des récompenses du Nouvel An 2014 pour services rendus aux industries créatives, l’un des plus jeunes à avoir reçu le prix. My Gosh!

 Et encore une histoire de gros sous

Photo by Pepi Stojanovski on Unsplash
Photo by Pepi Stojanovski on Unsplash

On vous a parlé ici la  semaine dernière d’une grosse levée de fonds dans la Silicon Valley pour un investisseur, un VC (venture capitalist). Vous trouvez que je râle quand je lis dans la presse Française que la Silicon Valley, c’est mort. C’est au tour cette semaine de Lightspeed Venture Partners de lever $1,8 milliard avec deux fonds. Un pour la poche gauche, l’autre pour la poche droite, sans doute. Lightspeed est connu pour avoir été un des investisseurs de la première heure de Snapchat. Nous manquons de détails, mais je suis certain que l’argent sera bien placé, et fera plein d’heureux et d’heureuses n’en pouvant plus de vouloir changer le monde eux aussi. L’investisseur a fait a ce jour 624 investissements dans des startups.

Coincidence de calendrier, un autre investisseur voisin, General Catalyst, lève son neuvième fonds de $1,375 milliards. Sa dernière levée remonte à 2016 : c’est fou comme l’argent coule dans la Bay Area ! L’objectif sera autant pour servir les entreprises au démarrage de leur activité que pour les plus confirmées. Après Battery Ventures et ses $1,4 milliards en février et Sequoia qui postule pour un ensemble de fonds d’une valeur de $12 milliards, c’est fermer le caquet aux pessimistes du coin qui prévoyaient une baisse des activités des VC en pleine Trumpitude. Ben c’est loupé, et c’est tant mieux pour les startups, allez, soyons positif.

Shyp patatras

Photo by Joshua Sazon on Unsplash

Vous connaissez le terme « deadpool », dans le langage des startups ? C’est là où vont finir les entreprises qui n’auront pas les plaisirs d’un Chapter 11,  qui signifie un redressement judiciaire en droit des sociétés français, mais la mort subite, sans passage par un quelconque plan de sauvetage. Ça arrive tous les jours à côté de chez vous. Pour Shyp, c’est fait. Basé à San Francisco, créé en juillet 2013, $62 millions levés et parti en fumée. Fallait bien essayer, n’est-ce pas ? Shyp s’était attaqué à un bien grand problème : l’acheminement du colis dans sa première phase, c’est à dire celle qui normalement vous amène au bureau de poste le plus proche. Ou le bureau d’UPS ou de Fedex, s’agissant des États-Unis.

 « À mon avis, je trouve incroyable de voir combien de ces startups ne gagnent pas vraiment d’argent. Et les VCs sont en mesure de lever des fonds cpour financer ces entreprises qui pourraient ne pas fonctionner à long terme.  » Voici comment s’exprimait en 2016 un certain Kevin Biggon, CEO de Shyp. Il y croyait encore, au potentiel de ce marché : « Les consommateurs ont aimé le produit. Les petites entreprises ont adoré. Mais ce que nous n’avons pas fait, c’est construire une entreprise durable dès le premier jour. » Euh, oui ?! Il faut dire, fort de ses levées de fonds, la startup avait déployé ses services à Chicago, Los Angeles, et New York. Ça s’appelle un grand écart, et malgré le fait de se concentrer de nouveau sur sa base dans la Bay Area, il était sans doute trop tard pour donner l’illusion d’une profitabilité au moment où l’équilibre semblait se dessiner. Quant la confiance d’un investisseur est perdu, c’est le write-off qui se dessine dans la comptabilité de ce dernier, c’est à dire l’inscription d’une provision pour perte qui signifie le début de la fin. « L’investissement que nous avons reçu, tout ce que nous avons obtenu, n’était pas justifié par rapport au niveau d’activité où l’entreprise se trouvait. Et je pense que ça nous a vraiment fait mal. Les attentes étaient trop élevées. Nous avions beaucoup de capital. Nous avons dû le dépenser. Et je ne pense pas que nous étions prêts à le faire. Nous avons grandi prématurément. ». Belle conclusion du CEO, pour ceux qui comprendrons.

 Le hardware, c’est dur

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La société GoPro, qui commercialise des caméras d’action depuis 2004, lance un nouveau modèle coûtant $200 de conception similaire aux précédents modèles Hero 5 et 6.Les performances en matière de capture vidéo et la qualité d’image sont meilleures, le contrôle vocal et la stabilisation numérique et l’étanchéité jusqu’à 30 pieds ont été ajoutés.

Pourtant, il y a peu (Janvier 2018), GoPro annonçait la suppression de 250 emplois, soit 20 % de ses effectifs, passant de 1,700 en 2016 à 1,000. Ces licenciements ont fait suite à une série de mauvais résultats, dûs notamment à la concurrence de produits moins chers. GoPro annonça également l’arrêt de son drone Karma et son désengagement du secteur.

Au même moment, Moment (non, je ne radote pas, c’est le nom de la startup) est en plein lancement de produits sur le site de financement participatif Kickstarter un produit qui s’adapte sur votre iPhone, votre Samsung Galaxy ou votre Google Pixel pour produire des vidéos d’une autre dimension. Pourquoi s’enquiquiner à développer des caméras alors que le smartphone a prouvé depuis bien longtemps son utilité en la matière. Il suffit de l’améliorer un peu, et c’est ce que propose la joyeuse bande de créateurs portant le nom de Moment. Basé à Seattle, Moment est un collectif de photographes, de vidéastes, de designers et d’ingénieurs « qui croient que le monde est meilleur lorsque vous vous perdez et que vous suivez votre objectif ». Décidément. Et ils proposent donc ce Moment Filmmaker Collection, composé d’un étui à piles iPhone X, d’une lentille anamorphique, d’un support de filtre et d’un contrepoids à cardan. Leur lentille anamorphique permet de développer une distance focale plus large dans la direction horizontale et une distance focale plus longue dans la verticale. Ouf. Vous pouvez maintenant capturer une image super grand angle avec la faible profondeur de champ inhérente et la perspective d’un téléobjectif. C’est le Saint Graal du cinéma, avec votre smartphone. Ces braves gens ont levé plus du million de dollars pour ce projet, et peut-être plus encore, la campagne se terminant le 20 avril. Ceci dit, les mésaventures de Giroptic, autres stars de Kickstarter et spécialiste des caméras, qui a terminé dans le caniveau, nous rappelle que dans le monde du hardware, il faut être prudent dans ses prédictions.

Quézaco ICO ?

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Telegram n’est pas une entreprise comme les autres. Les frères Durov, co-fondateurs de l’entreprise, sont à l’origine de VKontakte, le réseau social d’origine russe, qu’ils ont laissé aux main d’hommes proches de Poutine, après avoir revendiqué une certaine méfiance et défiance à l’égard du régime politique de leur pays. Ils se sont ensuite lancés dans leur nouvelle entreprise : Telegram. Nikolai Dourov a créé un nouveau protocole de communication sur lequel il allait fonder Telegram, tandis que son frère Pavel a apporté un soutien financier au projet à travers son fonds Digital Fortress, basé aux États-Unis et créé alors qu’il dirigeait encore VK. Les deux frères, opposants de Vladimir Poutine, souhaitaient développer un moyen de communiquer hors du regard du FSB, le service secret russe chargé des affaires de sécurité intérieure. La création d’un compte se fait de façon similaire à WhatsApp. Il est possible d’accéder à son compte et de recevoir ses messages à la fois sur mobile et ordinateur, de créer un pseudonyme sans divulguer son numéro de téléphone. Rien de spécial en apparence, sauf que récemment les deux frères ont décidé de lever des fonds pour le développement de l’entreprise à travers une ICO. Blockchain, Bitcoin, ICO… Le monde des nouvelles technologies devient de plus dur à suivre et à comprendre. Une Initial Coin Offering (ICO) est une méthode de levée de fonds fonctionnant avec l’émission d’actifs numériques échangeables contre des crypto-monnaies durant la phase de démarrage d’un projet. Ces actifs, appelés « tokens » (des jetons numériques), sont émis et échangés grâce à la technologie blockchain (une technologie de stockage et de transmission d’informations sans organe de contrôle). Le marché des ICO est régulièrement pointé du doigt pour ses tendances spéculatives jugées parfois irrationnelles, pour le relatif vide juridique dans lequel il évolue, et pour le manque de transparence de certaines opérations. La Securities and Exchanges Commission des États-Unis a déclaré le 25 Juillet 2017 que les sociétés Blockchain doivent obéir aux lois fédérales, ce qui a pour conséquence  de mettre les ICO sous surveillance, surtout après le vol frauduleux commis lors de l’opération relative à Ethereum,  un cousin du bitcoin (l’autre monnaie virtuelle de type monnaie cryptographique). Donc les 2 frangins ont donc décidé de passer par une ICO pour lever des fonds (plutôt qu’une levée de fonds traditionnelle), avec un total de $1,7 milliards levés à ce jour (pour les détail de cette déclaration à la SEC, c’est par ici). Ça ne va pas faire plaisir à Poutine, qui leur cherche toujours des poux dans la tête avec Telegram. Alors avec tous ces sous en plus, le Vladimir…

Remerciements à Wikipédia pour cet article.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Grubhub, Kalanick, Khosla Ventures, IBM et Walmart

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Golden Gate Bridge

Tu ne t’es pas trompé, c’est bien ici la rubrique organique qui vous donne la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des histoires… à moins que ce soit juste du buzz : à toi de juger !

Grubhub se déploie dans la Bay Area

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J’ai toujours été surpris de la discrétion de la société Grubhub dans un marché très à la mode et disputé par des entreprises comme Amazon, Uber, et Yelp notamment, depuis sa création en 2004. Grubhub opère dans le secteur de de la livraison de repas préparés au domicile des particuliers. Après environ $300 millions levés, la société est entrée en bourse en 2014. Sur l’exercice 2017, son chiffres d’affaires s’est élevé à $683 millions, en progression de 40% par rapport à l’exercice précédent. Avec un taux de marge de 52% (je parle ici du Gross Profit, qui déduit les coûts des marchandises vendues), vous ne me croirez pas, parlant d’une ancienne startup à caractère technologique, qu’elle est même profitable depuis plusieurs exercices, avec un montant de $100 millions pour ce même exercice. Je n’ai certes pas audité ses comptes, mais je crois ces chiffres sur parole et c’est plutôt une sacré performance dans un secteur ou une des anciennes stars de San Francisco, Sprig avec ses $45 millions levés en Series A, a fermé ses portes en 2017.

Comme bien tant d’autres, avec toutefois la société de Palo Alto Doordash et ses $721 millions de levée (merci Softbank) qui continue sa route néanmoins.

Dans le même temps, Uber continue de piailler son rôle de leader mondial en devenir dans ce domaine avec Uber Eats sans avoir rien prouvé à ce jour à part dépenser les milliards de dollars chaque trimestre, et difficile de dire ce que donne Amazon Restaurants sur le sujet tant on parle de tout et de rien au sujet du géant de Seattle, comme on l’appelle dans la presse spécialisée. Quant à Yelp, l’autre compagnie de San Francisco a négocié sa spin-off Eat24 à…devinez qui…Grubhub depuis l’été dernier sur une base de $287,5 millions en cash, ce qui vous donne une idée des sommes en jeu sur ce marché.

Grâce à cet accord, après avoir soigneusement évité la Bay de San Francisco pour grandir dans le Mid-West (sans oublier notamment le rachat de la New-Yorkaise Seamless entre autres), c’est désormais 80,000 restaurants qui peuvent faire l’objet d’une livraison dans la Baie de San Francisco à travers la plateforme de Grubhub, dans le prolongement des négociations pour le rachat de Eat24.

 Il est de retour…

Pour ceux qui parlent un bon anglais

Travis Kalanick, l’ancien patron d’Uber qui a été jeté à la porte en juin dernier suite à une série de controverses majeures, semble avoir trouvé son prochain rôle après l’annonce il y a quelques semaines de son nouveau fonds d’investissement. Kalanick a déclaré sur Twitter (ça économise les frais d’agence) que son fonds investirait 150 millions de dollars pour prendre notamment une participation majoritaire dans City Storage Systems, ou CSS, basée à Los Angeles (histoire de ne pas trop rester dans les pattes de pas mal de gens à San Francisco), tout en y prenant la direction de l’entreprise (“Mister baller is back”). Il s’agit d’une société de portefeuille axée sur le réaménagement de biens immobiliers en difficulté, avec deux entreprises, CloudKitchens et CloudRetail, qui se concentrent sur le réaménagement des actifs en difficulté dans ces deux domaines. CSS se concentre sur la réaffectation des actifs immobiliers en difficulté tels que les parkings ou les centres commerciaux abandonnés et les transforme en espaces adaptés aux nouvelles industries, telles que la livraison de nourriture ou la vente au détail en ligne. D’ici à que l’on retrouve Kalanick traîner dans les couloirs d’Uber Eats, certains ont déjà fait le pari.

Petit rappel pour les amnésiques, Kalanick avait démissionné d’Uber après avoir fait face à un procès intenté à Waymo au sujet de la fuite de secrets commerciaux, à une bataille continue avec les actionnaires existants (dont les courageux Benchmark Capital) et aux répercussions d’une enquête sur le harcèlement menée par l’ancien procureur général Eric Holder, fruit d’une culture d’entreprise, disons, menée à l’image de son boss.

Le nouveau fonds de Kalanick, qu’il a appelé 10100, ou «dix cent» ,  serait donc axé sur «la création d’emplois à grande échelle», avec des investissements dans l’immobilier, le commerce électronique et «l’innovation émergente en Inde et en Chine». Souhaitons leur simplement bonne chance, à tous ces gens.

Quand les fonds va, tout va

Vinod Khosla dans les champs de la Silicon Valley

Vinod Khosla, né le 28 janvier 1955, est un ingénieur et homme d’affaires américain d’origine indienne. Khosla est répertorié par le magazine Forbes comme un milliardaire, ayant fait sa fortune en tant que co-fondateur de Sun Microsystems, où il était l’un des fondateurs en 1982, puis il devint General Partner de la société d’investissement Kleiner Perkins Caufield & Byers en 1984 où il a commencé sa carrière d’investisseur.

Sa page Wikipedia nous informe qu’il a été impliqué en 2010, dans un différend juridique après avoir empêché l’accès du public à Martins Beach (à quelques miles au Sud de Half Moon Bay) sur sa propriété. Mais ça, on s’en fout, on a mieux à découvrir au sujet de cet investisseur qui vient de lever un nouveau fonds de $1,4 milliard (je mets un “s” ou pas ?!).

Khosla a fondé sa propre société de capital-risque, Khosla Ventures, en 2004. La société est basée à Menlo Park en Californie, sur Sand Hill Road, là où se trouve la majorité des VCs de la Silicon Valley et gérait jusqu’il y a quelques jours environ 2,8 milliards (là, j’en mets un, de “s”) de dollars de capitaux d’investisseurs ainsi que des investissements financés par Khosla lui-même. Il faut dire que Sun Micro Systems a bien enchaîné les milliards de dollars jusqu’à son rachat par Oracle en 2009, assurant à Vinod .

Khosla est spécialisé dans les domaines du Cleantech et les start-ups de technologies de l’information. Avec pas moins de 70 “exits”, c’est à dire de nombre de sociétés vendues après y avoir investi, dont notamment Yammer, racheté par Microsoft pour $1,2 milliard. Avec d’autres partenaires “corporate”, comme on dit, c’est à dire les grandes entreprises, comme Cisco, Khosla Ventures finance l’un des meilleurs découvreurs de talents avec l’accélérateur de startups The Alchemist, basé sur San Francisco. C’est certain que ce nouveau fonds prouve, si c’était encore nécessaire, que La Silicon Valley séduit toujours les capitalistes. Ce nouveau fonds, à ce jour le sixième fonds de capital-risque de la société, a été appelé d’une façon très inventive «Khosla Ventures VI, L.P.» permettra de lever jusqu’à 1 milliard de dollars. Le deuxième fonds sera axé sur des transactions pour des projets plus “early stage” sous le nom de «Khosla Ventures Seed D, L.P.» et pourra gérer jusqu’à 400 millions de dollars. Ça laisse présager encore plein de sousous dans les poches des serials entrepreneurs de startups.

 Les vieux de 40 ans prennent un bouillon chez Big Blue

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Tout le monde connaît IBM : créée en 1911, spectateur historique depuis cette date, dans le domaine des sciences, et au delà (pas toujours du bon coté de la force pour des raisons propres au business, j’imagine), Big Blue est incontournable dans bon nombre d’innovations. Ce rôle est joué avec plus ou moins de succès, notamment avec leur nouveau bébé Watson dans le domaine de l’intelligence artificielle, qui a certes connu de bons sujets d’applications dans le domaine de la santé, que dans le retail par exemple. Mais les faits sont là : IBM tient une place de choix dans tout ce que se passe dans le monde informatique.

Maintenant, c’est aussi une entreprise cotée en bourse. Qui veut dire action cotée en bourse, veut dire chiffre d’affaires, marges, résultats et dividendes. Sans parler des robots et toutes ces sciences sur lesquelles travaille IBM qui sont censées bientôt remplacer tout le monde. IBM vient de couper plus de 20.000 employés américains âgés de 40 ans ou plus au cours des cinq dernières années, selon une enquête de récente de ProPublica, un organisme sans but lucratif basé à New York qui se décrit comme un site d’informations indépendant spécialisé dans journalisme d’investigation d’intérêt public. La publication allègue qu’IBM n’a pas fourni aux travailleurs âgés le suivi administratif auquel ils ont légalement droit, et a mis en lumière un préjudice en défaveur de certaine catégorie d’âge lors de la mise en œuvre des licenciements. ProPublica informe également que les responsables ont encouragé certains membres du personnel à postuler pour de nouveaux rôles, tout en demandant aux départements des ressources humaines de ne pas les employer. Le rapport affirme que ces mesures s’inscrivaient dans le cadre de vastes mesures de réduction des coûts qui ont permis à l’entreprise de faire venir de jeunes travailleurs à des salaires plus bas.

Si je comprends bien, ce n’est plus après 50 ans qu’on est bon pour la casse chez IBM, mais 40. Les temps sont car apparemment on n’arrête pas le progrès dans les nouvelles technologies.

Les derniers aveux de Marc Lore, CEO de Jet.com ?

La compétition du Retail au États-Unis fait rage avec l’avènement du e-commerce qui petit à petit fait son nid, pour le plus grand bénéfice à ce jour d’Amazon qui a investi depuis belle lurette sur le panier numérique. Bien que les parts de marché soient encore à prendre, la plupart des Retailers Américains se sont pris les pieds dans le tapis du “brick and mortar”, à négliger la formation continue du suivi de la satisfaction client et aussi celle des progrès de la technologie. Historiquement, le métier de Retailer est un métier de marchandage et de remplissage de rayon pour la plus grande satisfaction des ménagères. Aujourd’hui et depuis bien longtemps, c’est toute la famille qui achète et les prescripteurs dans la vraie vie ont foutu une bonne claque à l’âge moyen dans les sondages IPSOS. Et les petits pioupious, ça vit sur les smartphones et les ordinateurs.

Aux États-Unis, le seul à avoir pris le bon virage à ce jour, et le chantier est encore en cours, c’est Walmart, le plus gros Retailer du monde. Créé en 1962 par Sam Walton, c’est aujourd’hui quelques 12.000 magasins à travers le monde, $500 milliards de chiffre d’affaires, un profit net de $10 milliards, et 2,3 millions d’employés (dont 1,4 aux États-Unis). Le tout détenu encore par la Famille Walton à 51% (dont la fortune est valorisée à quelques $130 milliards). Walmart a bien fait ses courses dans le monde du e-commerce en rachetant Jet.com (pour environ 3 milliards de dollars), Bonobos (vêtements pour hommes), Modcloth (vêtements pour femmes), Shoes.com (ça vu, tu comprends l’anglais…), récemment Parcel (spécialiste de la livraison du dernier kilomètre) et même Vudu (locations de films sur internet). C’est une véritable armée de spécialistes du online qui est désormais disponible et qui travaille sur le Walmart de demain. Et il ne faut pas oublier les divisions Walmart e-commerce, Walmart Labs et Store No 8 qui travaillent sur les fonctionnalités numériques d’aujourd’hui, celles disponibles dans 2 ans et les autres dans 5 ans, avec une multitude d’ingénieurs basés ici aux États-Unis et en Inde, comme tout le monde désormais. Et oui, la France est peut être un réservoir de talents dans le domaine informatique, comme vous pouvez le lire en long et à travers dans la presse Française, mais c’est en Inde que se développe une bonne partie des choses qui deviennent un joli succès de la Silicon Valley. Marc Lore, fondateur de Jet.com, est intervenu récemment lors de la conférence Shoptalk à Las Vegas pour affirmer que Walmart restait en “mode achat” car elle cherche à différencier son offre de produits en ligne pour concurrencer Amazon.com. Les acquisitions futures se situeront probablement dans une fourchette de 50 à 300 millions de dollars, et même plus, a déclaré Lore. “Nous cherchons et parlons à plus d’entreprises que nous n’avons jamais eu… et nous sommes définitivement dans un mode d’acquisition.”  Il a également déclaré que le groupe continuerait d’investir dans Jet.com pour attirer les millennials urbains et prospères sur New York, San Francisco et dans d’autres grandes villes. L’achat de startups avec leur propre inventaire spécialisé fait partie de cette stratégie : “Avoir une poignée de marques ne suffit pas”.

L’actualité High-Tech de la semaine : Theranos, Apple et Saleforce and co, le NASDAQ, Trump et Walmart

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Tu ne t’es pas trompé, c’est bien ici la rubrique organique qui vous donne la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des histoires… à moins que ce soit juste du buzz : à toi de juger !

Ça dégaine pour Theranos

Elizabeth Holmes, CEO de Theranos

Suite et fin de l’histoire avec la startup Theranos, star des années Techcrunch en 2014, avec la SEC (US.Securities and Exchange Commission, le « gendarme de la Bourse » américaine) qui charge Theranos, la fondatrice Elizabeth Holmes, et l’ancien président Ramesh Balwani de fraude. La compagnie et Holmes ont accepté les accusations sans toutefois admettre d’avoir effectué des actes répréhensibles. Holmes paiera une amende 500.000$, et sera interdite de servir dans certains rôles au sein des entreprises publiques. Elle devra retourner les 18,9 millions d’actions restantes qu’elle a obtenues pendant la période de fraude; et renoncer à son droit de vote de Theranos en convertissant ses actions ordinaires de catégorie B en actions ordinaires de catégorie A (c’est technique, mais précis, mon cher Watson). De cette façon, si Theranos est acquise ou liquidée, Holmes profitera pas de fruits de la vente à partir du moment où au moins 750 millions de dollars auront été restitués aux actionnaires de Theranos. Balwani, quant à lui, fera face à des accusations devant les tribunaux.  Quant tu es Président d’une société aux États-Unis, tu as plutôt intérêt à faire attention à ce qui se passe en son sein. Voire éviter de pousser un peu trop Mémé dans les orties, en exigeant de tes employés à faire ce que l’éthique réprouve. En tout cas, mieux vaut avoir des compétences dans le secteur du médical : le software a beau « manger » le monde, mieux vaut se méfier des leçons bien connues des amateurs des fables de La Fontaine (genre jouer avec le feu – sic). La SEC allègue que Theranos a amassé plus de 700 millions de dollars durant la période de fraude. Quand même. Tout est parti d’un article du Wall Street Journal (et oui, certains journalistes font leur job sur les sujets tech). Ces braves gens ont tout de même levé plus du milliard de dollars pour cette société créée en 2003. Comme quoi, lever des fonds, ça ne prouve pas toujours le bienfondé de ceux qui les lèvent.

C’est le jour des courses dans la Silicon Valley

Money, money, money!

La même semaine, ce n’est pas moins de 3 rachats de startups qui ont été annoncées par les stars de la Bay Area. Tout d’abord Apple, qui a racheté la startup développant Texture, un kiosque numérique offrant un accès illimité à un catalogue de magazines. On imagine bien ce qu’Apple compte en faire. Salesforce rachète CloudCraze, plate-forme développé dans l’écosystème de Salesforce proposant une suite d’outils de vente et de marketing. Ne cherchez pas le montant, c’dest de toute façon certainement moins chez et plus rapide que de développer le truc soi même. Dans la catégorie des moins connus, il y a la société de spécialisée informatique Palo Alto Networks acquiert la société de solutions de sécurité dans le cloud Evident.io. Comme son nom de l’indique pas, la société Palo Alto Networks est basée à Santa Clara : ça, c’est pour les grands fans de la Silicon Valley, et les précieux quant aux détails historiques. Les heureux propriétaire de la startup Evident.io vont se partager $300 millions avant impôts, pour une levée totale de $49 millions. Not bad. Un joli coup pour un de ses investisseurs, In-Q-Tel, qui n’est rien d’autre que… la société effectuant des investissements pour le compte de la CIA. Oui Madame. Quoi ? Vous avez dit ? Et la GDPR dans tout ça ? Euh… Tiens, en parlant de GDPR, la société d’information financière  Experian, bien connue pour son système informatique en forme de gruyère (petit rappel pour les non initiés ici) acquiert la société basée au Royaume-Uni ClearScore, spécialisée dans l’aide aux prises de décision financières pour les particuliers, pour $385  millions. Souhaitons que l’audit informatique ait été fait par des gens sérieux.

Qui n’en veut du NASDAQ ?

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La course à l’IPO continue. Bien que les résultats de l’introduction en bourse au temple des valeurs technologiques au NASDAQ ait fait les preuves que c’est toujours bon qui s’en occupent, et un peu moins pour ceux de l’autre coté de la barrière, cela n’arrête pas le flux des prétendants dont peu de gens on entendu parler, et comprennent encore moins ce qu’ils font pour aller chercher les patates et faire ding dong avec la cloche (une vieille tradition locale). Voyez un peu : la société de sécurité informatique Zscaler fait récemment son entrée dans le Nasdaq. La nature de leur activité est aussi compliquée à comprendre que le fait d’essayer de prononcer le nom de la société sans postillonner.  Déposé confidentiellement pour $100 millions l’été dernier (les cachotiers…), l’offre avait initialement prévu de vendre des actions de 10 millions d’actions au prix de $10 à $12 chacune, avait ensuite élargi le placement à 12 millions d’actions de 13 $ à 15 $ chacune, selon le bon principe disant que qui peut le plus, peut le moins. N’est ce pas. Finalement évalué à 16 $ par action, évaluant de fait la société à 1,9 milliard de dollars, négociation fut ouverte à 27,50 $ par action, permettant ainsi à l’entreprise d’amasser 192 millions de dollars. Bon, pour la plus-value pour les boursicoteurs, faudra attendre un peu. Et pas plus tard que cette semaine aussi, la plate-forme d’automatisation d’abonnement pour les entreprises Zuora vient à son tour de candidater pour la Bourse de New York sous le symbole ZUO, après avoir levé 242 M $ à ce jour. L’histoire ne dit pas quel est le chiffre d’affaires de Zuora (on y parle de volume de contrats gérés, en bon nombre, c’est certain), et encore moins si l’entreprise est profitable. Et ce sera bientôt le cas de Spotify, qui sera introduite en bourse le 3 avril prochain, dont on peut bien se demander si un jour cette entreprise gagnera finalement de l’argent. Les pertes sont proportionnelles à la croissance d’augmentation du chiffre d’affaires ! Enfin, Dropbox vise à lever près de 650 millions de dollars, selon un récent un dépôt à la SEC montrant que la société prévoit d’offrir des actions 36M à 16 $ à 18 $ chacun. C’est le moment de péter votre Livret A.

V’la Trump qui fait de l’interventionnisme !

Le Président des États-Unis d’Amérique

Le président Donald Trump a tué le projet de rachat de Qualcomm parBroadcom, invoquant des problèmes de sécurité nationale, selon un communiqué publié lundi par la Maison Blanche. « Il existe des preuves crédibles qui portent à croire que Broadcom Limited, une société anonyme organisée en vertu des lois de Singapour (Broadcom) … en exerçant le contrôle de Qualcomm Incorporated (Qualcomm), une société du Delaware, pourrait prendre des mesures qui pourraient compromettre la sécurité nationale des États-Unis « , indique le communiqué. Bon, tout ça, c’est une histoire de semi-conducteurs qui veulent être calife à la place du calife, qui cherchent la taille critique tout en faisant les beaux jours des banques et avocats d’affaires. Comprenez bien, ces gens là n’ont pas de weekends et il faut bien qu’ils trouvent des trucs à faire, des coûts à réduire, que sais-je. Forbes a déjà fait le boulot d’expliquer les raisons du truc, alors allez donc voir . C’est sûr que de voir Qualcomm passer sous un pavillon autre qu’Américain, ça lui a foutu les jetons au grand Donald. Qualcomm est une des gros employeurs de la région de San Diego, en Californie du Sud (dans les 30.000 et quelques), une des régions où se concentre l’industrie de la Défense Américaine. C’est certain que ça fait drôle de voir une telle implication du pouvoir exécutif Américain se mêler des affaires privées, mais il faut reconnaître que Trump n’avait pas encore appuyé sur tous les boutons qu’implique sa fonction, dont celui de passer pour un bon père socialiste. Voilà, c’est fait. Du coup, ni une ni deux, l’ancien président de Qualcomm, Paul Jacobs, travaille sur une offre d’acquisition de la société, rapporte le Financial Times, informant le conseil d’administration de Qualcomm de ses projets et ayant déjà approché un certain nombre d’investisseurs, y compris SoftBank. Pas des Américains ça, il a pas suivi, Paulo…

Retail is not dead!

Photo by Aquib Akhter on Unsplash – Les clichés ont la peau dure

Les grands gourous du Retail et les Rois de la Transformation Numérique vous l’annoncent à tord et à travers : Amazon va tuer tout le monde. Et tout ça. Pendant ce temps, et bien les gros bras du métier comme Walmart font leur vie, et surtout leurs courses. Walmart est en pourparlers pour investir 7 milliards de dollars dans l’entreprise de commerce électronique Flipkart. Basée en Inde, l’opération permettrait à Walmart d’acquérir environ un tiers de la société, ou encore Walmart achèterait 40% de Flipkart. Ça papote encore sur les centimes. C’est sûr qu’à coté les annonces du père Bompard, ça ressemble à des pets de souris ! Le marché Indien intéresse pas mal de monde, à savoir Amazon notamment avec l’ami Bezos qui veut investir $5 milliards sur un marché de 1,3 milliards d’habitants. Ça en fait du monde qui va fait ses courses. Créé en 2017, Flipkart fait $3  milliards en chiffre d’affaires, emploie 33,000 employés. Il semblerait qu’une partie des entreprises de l’écosystème de Flipkart soient enregistrées à Singapour. Ça ne m’étonnerait pas que Donald vienne mettre le bout de son nez dans cette histoire, on ne sait jamais avec lui, il est tellement surprenant. Walmart investissant des milliards hors des États-Unis, au lieu de créer de l’emploi sur le sol américain, pensez vous !

 

L’actualité High-Tech de la semaine : les startups de la famille Trump

En cette semaine pleine de surprises à l’occasion des élections aux États-Unis, j’ai choisi de transformer cette habituelle série qui se veut historiquement un suivi hebdomadaire de la vie des startups en me concentrant cette fois sur les investissements de la famille Trump, au sens large, dans cet écosystème. L’occasion de se familiariser avec un futur Président décrié, pour les raisons que chacun entend, mais dont l’environnement reste méconnu. Le début d’une nouvelle ère (« Bon sang, encore 4 ans », dirait la marionnette de Jacques Chirac) qui risque de ne pas être de tout repos…

Spring avec la fille

SpringLa base de données spécialisée dans l’investissement CB Insights  mentionne la fille de Donald Trump issue de son premier mariage, Ivanka Trump, parmi les investisseurs de Spring une société créée en 2013, spécialisée dans la ventes d’articles fashion (vêtements et accessoires). Le montant levé à cette occasion est de 7,5 million de dollars dont le détail n’est pas nécessairement public, mais cela montre que la descendance du businessman sait s’allier avec un intéressant panel d’investisseur au rang desquels figure un fond d’un certain Groupe Arnault, un des investisseurs leaders de cette levée de fonds. Parmi la liste, il y a un fonds dont le nom avec deux lettre, GV, ne laisse aucune ambiguïté sur le faut qu’il s’agisse de Google Ventures. Pour la petite histoire, une deuxième levée de fond de 25 millions de dollars a été effectuée avec une bonne partie des investisseurs de la première levée de fond institutionnelle en Avril 2015. Sachant que Yuri Milner, l’investisseur Russe connu pour son investissement dans Facebook et sa propriété de 100 millions de dollars à Los Altos Hills s’est joint à la ronde (ah oui, il cherche aussi la présence d’autres êtres dans l’Univers). Si on rajoute SV Angel et l’inévitable Ron Conway qui investit dans tous les coins et le fameux podcasteur énervé de Gary Vaynerchuk et son fond invité au premier tour…. Cela fait un joli cocktail avec Arnault, un investisseur Russe et Google, et la fille Trump, et cela vous donne un bonne idée de la façon dont l’argent tourne dans ce joli monde de bisounours des startups. Et de bien belles discussions en meeting de Conseil auprès du feu dans la cheminée.

Ivanka bis

TwingtaleJe serais incomplet en omettant qu’Ivanka a investi personnellement en 2015 dans une startup de Los Angeles qui s’appelle Twigtale. Twigtale permet de construire des histoires sous forme de livres dont la construction se fait depuis leur site web. Cette mignonne startup a pour l’instant seulement bénéficié d’investissements personnels de Larry Page, Anne Wojcicki (ex-Madame Sergey Brin, l’autre co-fondateur de Google), co-fondatrice de 23andme, une startup qui travaille sur les informations disponibles depuis votre ADN, Wendi Murdoch, qui fut la troisième épouse de Rupert, aussi un club de business angels d’Harvard, et plein d’autres invités de marque que je ne connais pas, mais certainement de bonnes fréquentations californiennes.

Kickstarter avec le gendre

KickstarterPour ceux qui n’ont jamais entendu parler de la révolution du financement participatif, Kickstarter doit sembler inconnu, ou alors tu viens juste de t’acheter un ordinateur et un accès Internet. Kickstarter permet à des porteur de projet de machines ou d’équipement de faire un appel public à l’investissement. Tu fais une belles vidéo, tu bricoles un prototype, tu raconte une belle histoire autour de ton idée, et Kickstarter te mets en relation avec des gens intéressé d’acheter ton produit. Bon, après tu cours en Chine pour trouver un fabricant et ensuite tu t’inscris aux cours du soir pour comprendre comme fonctionne la distribution, mais ce n’est pas le sujet ici. Le fameux Jared Kushner, mari de sa fille Ivana que je prédis comme le levier favori de notre nouveau Président auprès de la communauté Juive et Israël, comme tout bon représentant des États-Unis (sa fille s’est naturellement convertie au Judaïsme) apparaît donc comme investisseur de Kickstarter, créée en 2009, basée également à New York. Le fils Kushner est un habitué des inscriptions aux grandes écoles Américaines à coup de subvention de la part de son riche papa, si l’on en croit Wikipedia (c’est bien d’aimer ses enfants et de les aider), et il a su prouver à son tour qu’il sait investir dans l’immobilier, en prenant notamment une part majoritaire dans le Time Square Building dans Manhattan. De l’immobilier au biens mobiliers, il n’y a qu’un pas, et le fameux Jared, au passé Démocrate dans sa jeunesse, est en bonne compagnie avec le gratin des investisseurs habituels de la Silicon Valley comme Chris Sacca ou Caterina Fake. Même le co-fondateur et CEO de Twitter Jack Dorsey. Allez, la politique n’a pas d’autre odeur que l’argent, qui d’ailleurs n’en n’as pas, une je prédis de belles nuits de noces entre Trump et la Silicon Valley. On pari ?! L’investissement total fut de 1o millions de dollars…

Le gendre (encore) avec Hot Potato

Facebook Updates Groups Feature To Help Sort FriendsNous retrouvons le fameux Jared investisseur en Series A d’un site qui permet de rassembler les amis à l’occasion d’un évènement. Une belle brochette de copains de la Silicon Valley qui ont investi dans la patate chaude : Dave Morin, un ancien ponte de Facebook, le couple Banister, investisseur dans Paypal et toutes les startups qui ont réussi dans la Silicon Valley depuis plus de 10 ans, et encore Ron Conway etc. Besoin de vous faire un dessin ou vous avez compris déjà grâce au chapitre précédent ? Attends, c’est pas fini : devine qui a racheté Hot Potato en 2010 pour 10 millions de dollars en cash ? Regarde la photo en en-tête de ce chapitre…Il faut reconnaître que ce fut un petit tour d’investissement de 1,42 millions de dollars. Mais quand même. Plutôt le nez fin comme business angel, le Jared, et un beau portefeuille de connaissances dans la Baie de San Francisco.

Le gendre et sa boite, son frère, suite et fin

Thrive CapitalJared est un entrepreneur actif dans l’immobilier et à ce titre a fait développer la société familiale Kushner Companies (« Building the Future »). Il est membre du Board d’une startup de San Francisco dénommée 42Floors qui propose une plateforme sur Internet qui propose des offres de bureaux disponibles pour la location et pour la vente selon des critères géographiques. À ce titre, pour cette startup qui a levé 17,4 millions de dollars, il fréquente certainement des personnes déjà citées plus haut mais également Dave McClure, un des apôtres de l’investissement du Business Angel dans la Silicon Valley, le co-fondateur de Reddit Alexis Ohanian, et quelques investisseurs comme Bessemer Venture Capital (basé à Menlo Park, qui a investi dans Linkedin et autres), et aussi un certain Thrive Capital. Thrive Capital est un fond d’investissement cumulé de 1,3 milliards de dollars sur 5 levées successives), ayant fait à ce jour 112 investissements dans 77 sociétés sur les informations dans Crunchbase (un annuaire de startups) sont exacts, dont le Managing Partner n’est autre que Joshua Kushner, son frère. On y trouve un peu de tout avec Github, Jet.com, Assembly, Stripe, et de toutes les tailles en terme d’investissements (Series A,B, C, D, un vrai cocktail gagnant. 14 sociétés ont déjà fait l’objet d’une vente : Jet.com, racheté par Walmart pour 3 milliards de dollars, Instagram, racheté par Facebook pour 1 milliards de dollars, Twitch racheté par Amazon pour 970 millions de dollars. Le duo de frères a été notamment co-fondateurs d’une société connectant les investisseurs et les opérateurs dans le domaine de l’immobilier, Cadre (ou RealCadre pourêtre précis) devenue depuis un investissement de ce fameux Thrive Capital. Je fais une pause, je m’égare sans doute.

Bob, le frère

Les 2 frangins TrumpSelon ces mêmes sources de CB Insights, Robert Trump, l’un de ses frères encore en vie, était un investisseur dans une startup de l’Utah dénommée Ifollo qui servait de prétexte au partage de nouvelles concernant les célébrités de ce monde entre ses membres. Le site web n’est désormais plus actif… Ce site a-t-il subi le même sort que le site de Gawker mis à mal par Peter Thiel, l’un des principaux supporters de Donald Trump, pour avoir divulgué des informations délicates au sujet de son frère Donald ???!!! Oui, là, clairement, je m’égare. Mais j’imagine que ce petit tour du monde des startups, dans lequel la Silicon Valley n’est jamais très loin, dont on dit qu’elle s’est opposée durant toutes ces élections, a servi modestement non pas à démontrer mais éclairé au moins que Donald Trump n’est pas si éloigné. Bien sur, la posture démocrate n’est pas feinte, loin de moi cette idée d’imaginer que la politique est un spectacle, mais à quelques encablures du nouveau Président des États-Unis, par les liens du mariage ou du Saint Capital, je n’arrive pas à me persuader que ces deux là ne vont pas finir par s’entendre publiquement. Parce qu’en fouillant un peu là où il faut savoir chercher (et je n’ai fait que m’en approcher un tout petit peu), et bien, le business, ça reste le business. Surtout au pays du rêve Américain.

Bonus : une petite visite géographique de la Californie ici pour se détendre et comprendre l’enjeu de cette région et son importance aux États-Unis d’Amérique : https://www.youtube.com/watch?v=JfBUzhfDb6Y

L’actualité High-Tech de la semaine avec TechCrunch Disrupt  San Francisco : honneur à la Belgique

La grande fête de la tech “made in San Francisco” vient de prendre fin. Techcrunch, le site de référence du monde de la startup depuis 2005 nous propose sa vision des nouvelles technologies à travers un évènement de 3 jours de conférence et de big bazar avec des startups en quête de visibilité et d’investisseurs. À cette occasion, j’ai décidé de me consacrer au pays des Diables Rouges dans la foulée de Thierry Henry dont j’admire la décision d’aller continuer à apprendre le métier d’entraineur avec l’équipe Nationale de Belgique. Ainsi, on ne pourra pas dire que tous les articles consacrés à la Belgique sont tous écrits avec cette habituelle condescendance vis à vis du plat pays qui nous aime bien. Parce que coté start-ups, ils ne dépensent peut être pas des millions dans le hashtag #FritesTech comme en France, mais en tout cas coté entrepreneurs, ça envoie du bois. Naturellement, tout cela sans GMO (garantie 100% non sous-traitée).

Techcrunch Disrupt San Francisco

Lundi : on fait le point sur les ventes avec Salesflare

SalesflareSalesflare est un outil de CRM de vente en mode intelligence artificielle qui aide les entreprises à vendre mieux, avec moins d’effort. Il rappelle qui il faut contacter, recueille des renseignements sur les clients, et enregistre toutes les interactions avec les clients dans la solution. Ceci est rendu possible par la façon dont Salesflare traite les informations provenant des données de courrier électronique, du téléphone, de l’agenda, des médias sociaux, du web. Salesflare est également intégré avec Outlook, Gmail et travaille sur le bureau et les appareils mobiles. Alors que les grandes kermesses annuelles d’Oracle et de Salesforce s’approchent à grand pas, nos amis d’Anvers ont bien choisi le lieu pour se développer !

Site Internet: http://salesflare.com/

Mardi, c’est réunion avec Crowbeamer

CrowdBeamerCrowdBeamer permet de diffuser une source vidéo (par exemple à partir de son ordinateur portable, mais aussi à partir de sources d’affichage numérique ou d’appareil photo) sur un réseau Wi-Fi spécifique. Il est possible de diffuser à proximité la présentation ou la vidéo sur son propre appareil, dans la mesure où l’on se trouve à proximité du diffuseur. Il est aussi possible de prendre des clichés, prendre des notes, ou exporter le contenu vers d’autres logiciel. Ce produit a été développé pour les réunions en plein air, pour le partage de contenu sur des lieux publics, et la diffusion sur les bus ou dans le métro.

Site Internet : https://www.crowdbeamer.com/

La vidéo explicative : https://vimeo.com/130922123

Mercredi : collaborer, c’est vaincre avec Bizzmine

BizzmineChaque organisation dispose d’un nombre considérable de données importantes qui ne peuvent pas être intégrées dans un ERP ou un logiciel de CRM. Lancé en 2016, BizzMine est construit autour de trois concepts majeurs: collecter, collaborer et partager, comme bon nombre de logiciels dans ce segment. BizzMine permet de recueillir toutes les informations et les documents essentiels sans codage, et laisse les équipes de collaborer par le biais des processus de workflow. Il est possible de présenter des données en temps réel dans des tableaux de bord. Tout en en ligne.

Site Internet: http://www.bizzmine.com/

Jeudi : aujourd’hui, on fait du prototype avec Cr3do

CreadoCr3Do est une société jeune et dynamique spécialisée dans les solutions d’impression 3D professionnelles pour les prototypes de pièces, pour des produits à utiliser dans des produits finis.Cr3Do s’est spécialisé sur le marché des petites et moyennes entreprises, pour lesquelles la plateforme peut apporter une flexibilité de production qu’elles n’ont pas encore. La startup n’est pas basée à Anvers, mais à Hasselt, une ville qui me rappelle de bons vieux souvenirs d’ERP.

Site Internet : http://cr3do.be/

Vendredi, on finit la semaine en mode écologie avec Qpinch

QpinchUn énorme potentiel d’énergie est actuellement gaspillé dans les procédés industriels. Qpinch réalise l’amélioration des processus d’actifs industriels en recyclant la chaleur des déchets industriels dans le processus de la vapeur pour être réutilisée. Cela paraît simple et évident, mais qui propose cela ? On ne voit pas ce type de procédé tous les jours : la technologie est applicable dans toutes les grandes industries qui utilisent la chaleur industrielle, y compris l’alimentation, l’industrie chimique, du papier et de la pâte, du ciment et des centrales électriques. Le système a été développé pour proposer des traitements de températures exceptionnelles, avec des temps de récupération uniques. La société a été créée en 2012 et elle est basée à Anvers.

Site Internet : http://www.qpinch.com/

Démonstration sur site : https://www.youtube.com/watch?v=cG7v68E57YA

C’est weekend : les activités avec EventPulse, les prévisions de films avec ScriptBook, et on se rencontre avec Chestnote

EventPulseEventPulse est un fournisseur intégré pour l’industrie de l’événementiel qui mesure « le pouls de votre événement». Son objectif est de rendre la technologie de l’événement aussi simple qu’il y paraît en misant sur le cloud, le mobile, le NFC, le tout intégré. Il propose également une variété de badges et bracelets adapté pour différents types d’événements. Il vous aider à mettre en place la session et la numérisation de l’atelier – soutenu par la signalisation. La société a été créée en 2012 et elle est basée à Gent. Rendez-vous est donné au prochain festival hippique de Knooke pour notamment payer sa petite coupette avec le pass EventPulse 🙂

Site Internet : http://www.event-pulse.com/

La vidéo explicative : https://vimeo.com/161541310

Le Festival Hippique de Knokke avec EventPulse : https://vimeo.com/137483081

ScriptBookScriptBook est une solution d’intelligence artificielle ciblant l’industrie du cinéma. Elle aide les parties prenantes dans l’industrie du cinéma dans l’anticipation des résultats du box-office et dans les prévisions de ventes en VOD pour les films dès leur phase de développement. En utilisant l’intelligence artificielle pour analyser les scénarios des films, le système de prévision de ScriptBook fournit une évaluation objective de la valeur commerciale d’un script avant son financement, sa production et la distribution d’un film. En d’autres termes, il permet de choisir les meilleurs histoires basées sur un script seul. Certains médias américains prennent ce sujet très au sérieux…

Site Internet : https://www.scriptbook.io/

ChestnoteChestnote, c’est le contraire de Snapchat. Dans un monde où tout va toujours plus vite, toutes les communications qui nous entourent sont basées sur la messagerie instantanée. Chestnote pense que certains messages méritent le bon contexte. Basée à Anvers, la start-up permet par sa technologie à tout message de révéler son contenu au bon moment, et au bon lieu. L’application donne le pouvoir de décider quand et où les messages (photo, vidéo, texte ou audio) peuvent être consultés. La valeur émotionnelle du message provient de la puissance liée à son décalage de réception par rapport à son émission.

Site Internet : http://www.chestnote.com/

À propos de Startup.be, organisateur du voyage, et des start-ups en Belgique :

Au total, il y a actuellement plus de 1.500 start-ups «numériques» dans le secteur technologique en Belgique.

En 2015, les entreprises technologiques belges ont levé 150 millions € avec 41 sociétés. Bien que ces chiffres seuls ne disent pas grand-chose, il montre que – par rapport aux données 2016 – le rythme d’investissement en Belgique augmente assez rapidement. Dans la première moitié de 2016, les startups technologiques basées en Belgique ont collectivement levé 56 tours de financement d’une valeur combinée de 106 millions €.

La croissance des investissements a surtout eu lieu au stade dit « early-stage ». Dans la première moitié de 2016, 33 des 56 levées du pays – ou 60% – étaient inférieurs à 5 millions €. Alors qu’un certain nombre de jeunes entreprises ont été créés et se sont financées, la majorité du capital levé a concerné en fait deux sociétés.

Les plus grands «pics» d’investissements technologiques du paysage belge de l’année passée ont été conduits par trois grosses levées de plus de 20 millions de dollars avec Collibra ($23 millions en Septembre 2015), Showpad ($50millions en mai 2016) et Auro Technologies ($28 millions en Juin 2016). Bien que la Belgique soit encore loin des chiffres des principaux écosystèmes technologiques Européens, on ne peut nier que la chose technologique se développe rapidement aussi en Belgique.

Deux tiers des start-up en Belgique sont en modèle B2B, à l’opposé des 2/3 constatés dans la Silicon Valley. Ceci n’est pas  une surprise, étant donné que la Belgique est en plein milieu de la Banane Bleue, la région la plus diversifiée en terme de  capacités industrielles en Europe.

Pour la première fois, un groupe de huit entreprises innovantes tech belges a donc choisi de faire le voyage à San Francisco pour prendre part  la conférence TechCrunch Disrupt conférence, et d’évaluer leur concept auprès de leurs pairs américains.

Ce voyage a été organisé par Startup.be, un one-stop-shop pour l’entrepreneuriat technologique belge. Leur but est d’offrir  aux entrepreneurs un accès facile et qualitatif à tous les instruments de soutien belges, aux investisseurs, à différents programmes et activités spécialisées.

Pour le plaisir, un petit souvenir en vidéo :

Merci pour vos clics et à la prochaine !

PS : vas-y Titi, les écoute pas et fais donc ta carrière comme tu l’entends… 

Training National Soccer Team of Belgium