Exclusif : Instagram rachète Facebook

Chaque invitation de l’équipe de communication de Facebook est toujours l’occasion de rappeler un invité qui excite l’imagination des journalistes : la rumeur. La rumeur, c’est un incroyable moteur générateur des plus incroyables pour une entreprise qui a accompli, et là je le dis sérieusement, un parcours incroyable avec un peu plus de 5.000 employés, depuis sa création.

Alors, il faut le dire, tout le monde ici a envie d’être convié à Menlo Park pour voir Mark Zuckenberg, et penser à ce que pourrait être la nouvelle, et ainsi exciter les rotatives et le click, avec la rumeur, d’abord, et le « big announcement », en deuxième. Et là, une fois encore, c’est juste une nouvelle fonctionalité qui vient d’être proposée, de plus à travers Instagram : la possibilité de partager des vidéos.

 Je vous ai laissé une interligne afin de vous permettre de récupérer de cette nouvelle. J’imagine que vous connaissez la nouvelle d’Instagram rachetée par Facebook pour $1 milliard en avril 2012.

Des applications permettant de poster des courtes vidéos sur votre smartphone, il y en a en masse sur l’AppStore, GooglePlay, et j’en passe.

Tout d’abord, parmi les plus buzzy ces derniers temps, il y a Twitter et son Vine, sorti en janvier 2013 après le rachat de la startup en octobre 2012. Path, qui vient de faire l’objet d’une rumeur (et oui) d’une nouvelle levée de fonds entre $75 et $100 millions, qui permet d’enregistrer de courtes vidéos. Socialcam, dont on a parlé ici en juillet 2012, qui a été vendue $60 millions à Autodesk.

VidlyStilly, Loopcam, Tout, Highlightcam, plus loin de nous la startup 12seconds, en 2008. Bref, depuis que les smartphones existent, ils sont nombreux à vouloir proposer d’enregistrer et de publier des vidéos. Il semble que ce soit le bon moment. Le fameux time to market, sauf que là c’est gratuit.

Cette annonce de Facebook qui met en avant Instagram, c’est pour moi la surprise de cette nouvelle (d’où mon titre d’article absurde). Malgré le fait qu’Instagram soit passé de 20 millions à 130 millions d’utilisateurs, ce qui est la moindre des choses étant donné l’audience de Facebook, et en même temps une belle performance (accomplie par Socialcam, au passage, grâce à Facebook, qui a depuis fermé le robinet de l’ascenseur de social media, et on comprend aujourd’hui pourquoi), pourquoi tant de boucan ?! C’est tout de même assez rare de voir Facebook être en retard par rapport à ses concurrents, dont Twitter par exemple. … Quoi ? J’entends dans la salle quelqu’un me dire qu’il est possible d’enregistrer et de publier des vidéos sur Facebook depuis son smartphone. Ah, mais on ne peut pas utiliser de filtres. Ok… Bref.

« The power of cinema in your pocket », nous dit Kevin Systrom. Le pouvoir était surtout dans le show de la présentation, vraiment impeccable.

Désolé Kevin Systrom, que je respecte beaucoup, mais le pouvoir du cinéma, je l’ai trouvé ailleurs, dans un produit lancé en 2011, développé par une équipe passionnée par la volonté d’apporter aux utilisateurs de smartphone la possibilité de construire sont « digital life stream », sa trace de vie digitale, à destination de ses amis et de sa famille, et non aux annonceurs, avec une simplicité d’utilisation et juste ce qu’il faut d’outils pour permettre la publication de courtes vidéos pleines de vies et d’émotions : c’est Lightt.

« Lightt is life, la la, la lala… ». L’essayer, c’est l’adopter !

 Petite morale pour cette histoire : attention de ne pas trop crier au loup. Le proverbe explique qu’avertir d’un danger inexistant ou dont on a exagéré l’importance peut avoir pour conséquence le risque de ne pas être écouté en cas de vrai danger. C’est pareil pour le story telling dans la communication d’entreprise.

La belle aventure de SocialCam

En voilà une histoire qu’elle est jolie :

– Février 2011 : lancement de l’application SocialCam pour la création d’une application d’enregistrement de vidéos sur mobiles par la société Justin.tv, connue dans le monde du vidéo broadcast,

– Février 2012 : incorporation d’une nouvelle société avec 3 salariés venant de Justin.tv, avec notamment le CEO, et, vous me voyez venir, un certain Guillaume Luccisano (le Français de la Team) qui avait rejoint cette société en Octobre 2010.

SocialCam est donc une spin-off de Justin.tv qui n’arrivait pas à avancer suffisamment vite (une trentaine de salariés seulement…) sur le décollage du produit (secteur un peu en concurrence). Elle fait un petit passage au YCombinator de Paul Graham (3 mois), réunit une équipe de Business Angels de la Silicon Valley qui a de quoi faire rougir les Emirs du Qatar, fait un passage viral à faire rougir Pinterest (je n’ai vu aucun chiffre paraître alors je les garde pour moi, mais c’est tout simplement complètement dingue…) au point de pouvoir concurrencer de gros réseaux sociaux sur certains comptes de marques…

– Juillet 2012 : SocialCam est rachetée $60 Millions par Autodesk, société qui commercialise des logiciels de 3D (pour faire simple).

Bien heureux que je suis, j’ai pu rencontrer Guillaume la semaine passée dans leur nouveaux locaux :

Il faut naturellement se montrer satisfait d’une telle évolution, ce qui ne manque pas tout de même de laisser rêveur sur la rapidité d’un tel exit pour une société aussi petite en taille et aussi grande par le nombre d’utilisateurs. Il semble que la société continuera ses activité indépendamment de sa maison-mère. On peut imaginer peut être que la chasse aux vidéo amateurs est désormais lancée, après le rachat par Autodesk de deux sociétés dans le domaine de l’édition photo et du DoItYourself.

Je dois dire qu’en bon praticien de la vidéo, et amateur du sujet, depuis notamment la version « Seesmic » canal historique lancée par Loic Le Meur il y a quelques années (qui n’avait pas pu voir le jour sur smartphones, ceci étant), j’ai rarement vu une application aussi bien achevée et commode à utiliser sur un appareil mobile.

Les Viddy, VideofyMe, HighLightCam, Magisto et autres concurrents ont intérêt à attacher leur ceinture. Comme on dit souvent, dans ce monde des startups qui ressemble souvent à un film de science fiction, il ne peut en rester qu’un.

Aucun doute n’est permis, la Silicon Valley est Rock’nRoll en 2012 !