L’actualité High-Tech de la semaine : Gabe’s, les vêtements de sport, Whole Foods, Costco, Kohl’s

Le Retail aux États-Unis : un sujet passionnant du fait de la taille de ce marché et de la diversité du pays, et s’avère relativement méconnu dans les médias en France qui se concentrent un peu trop souvent sur Walmart, Amazon ou les grandes marques spécialisées. Sur le terrain, c’est une véritable foire d’empoigne et également parfois un terreau d’innovation du fait de la taille des startups du crû qui sont venues sinon concurrencer du moins accélérer les modes opérationnels des géants du secteur. Cette semaine est l’occasion de passer en revue quelques nouvelles reprises ici et là aux US.

Lundi : Gabe’s refuse de fermer pendant la pandémie de coronavirus

Screen Shot 2020-04-18 at 11.13.37 PMLes magasins Gabe’s, anciennement Gabriel Brothers, est un détaillant privé en mode discount. Le Retailer a été fondé en 1961 et est basé à Morgantown, en Virginie-Occidentale. La société exploite 104 magasins Gabe’s à travers le Delaware, le Kentucky, l’Indiana, le Maryland, la Caroline du Nord, l’Ohio, la Pennsylvanie, le Tennessee, la Caroline du Sud, la Virginie, le New Jersey, la Géorgie et la Virginie-Occidentale (ouf). Gabe’s a décidé de rester ouvert pendant la pandémie malgré une ordonnance du Summit County Public Health (en charge localement des services de santé de la communauté dans l’état d’Ohio) de fermer après qu’elle ait déterminé que l’entreprise n’était pas dans les critères considérés comme vendre des produits de première nécessité, et pouvant donc continuer à opérer. Mais le Retailer considère que c’est le cas dans son magasin d’Akron et qu’il offre également  aux consommateurs une autre option d’achat pendant la pandémie. Il refuse donc de fermer malgré les injonctions ! Les avocats qui représentent la Retailer affirment que le magasin vend des produits de première nécessité car il vend des aliments et des articles ménagers, avec au milieu j’imagine des aliments et des produits secs en boîte, des boissons en bouteille, en plus de fournitures de premiers soins, de nettoyage, etc. Quand ont vous dit que l’Amérique n’est pas un pays de type centralisé… Et un vrai pays de cow-boys !

Mardi : un point sur la tempête des ventes des vêtements de sport au milieu de la pandémie

Photo by Aditya Ali on Unsplash

Dans une récente analyse, la société de services financiers UBS indique que deux questions majeures se posent en ce moment dans l’industrie des vêtements de sport : savoir comment les Retailers élimineront-ils les stocks immobilisés dans les magasins et combien cela leur coûtera-t-il? La bonne nouvelle est qu’ils ont probablement été en mesure de refuser 85% des produits destinés aux ventes prévisionnelles des mois de mai, juin et juillet prochain. Cela pourrait maintenir la croissance des stocks à la fin du premier trimestre à + 20-25% en glissement annuel, selon cette analyse. En même temps, on constate des niveaux de promotions sans précédent qui pourraient être poursuivies une fois les magasins ré-ouverts. L’attente d’une forte augmentation des ventes en ligne pour aider à compenser la fermeture des magasins est variable selon les marques, et les types de produits. Les vêtements de type décontractés sont certainement performants, car les consommateurs modifient leurs achats pour des articles à porter à la maison. « Les vélos et les munitions (oui, on parle des munitions, on est en Amérique) font partie des catégories qui pourraient sur-performer ». Alternativement, le golf, les équipements de sports d’équipe et les équipements de sport sous licence ne se vendent probablement pas aussi bien que la catégorie moyenne (il n’y a plus aucun spectacle sportif en ce moment). Nike ressort encore cette fois comme la marque sportive la plus forte et prend encore plus de parts de marché en raison de son excellence en e-commerce et de son contenu interactif. Puma également fait mieux que la moyenne au milieu de la perturbation pandémique, tandis que « Under Armour et Adidas ont la possibilité de « réinitialiser » leur marché et de créer de nouveaux départs pour leur activité une fois la situation COVID-19 terminée ». Façon de dire que ce ne sont pas les marques les mieux placées pour résister à la concurrence du moment. L’analyse UBS sur le secteur est également mitigée pour Foot Locker, Vista Outdoors, Sportsman’s Warehouse et Dick’s Sporting Goods. Toutes ces chaînes attendent avec impatience que les consignes de confinement en cours aux États-Unis soient inversées.

Mercredi : Pour répondre à la demande en ligne, Whole Foods transforme les emplacements physiques en «dark stores» 

Screen Shot 2020-04-18 at 9.14.02 PMÀ mesure que la demande d’épicerie en ligne augmente, les Retailers doivent repenser leurs business et faire preuve de créativité avec les ressources dont ils disposent. Chez Whole Foods, l’entreprise a dû fermer temporairement son magasin de Manhattan Bryant Park pour se concentrer sur les livraisons d’épicerie « Prime » et répondre à davantage de commandes. Il s’agit de transformer le magasin en « dark store », où seuls les employés peuvent aller à l’intérieur pour ramasser et emballer les articles. Cette décision met en évidence les décisions rendues nécessaires alors que ces entreprises enregistrent des ventes record, ce qui augmente aussi le stress du personnel. Avec la demande numérique qui explose, les Retailers tentent de comprendre comment garder les magasins ouverts tout en sécurisant la demande du e-commerce. Amazon, par exemple, a transformé un autre magasin en Californie du Sud sur le même mode et a mis en place une liste d’attente pour les nouveaux clients de l’épicerie en ligne, car étant dans l’incapacité de répondre à la nouvelle demande. Kroger de son coté a converti il y a trois semaines l’un de ses magasins de la région de Cincinnati en un lieu de ramassage seulement. Alors que ces grands acteurs transforment leurs surfaces existantes en nouveaux concepts, c’est aussi l’opportunité pour investir dans d’autres solutions opérationnelles à long terme. Amazon a utilisé ses données internes pour essayer de tirer le meilleur parti de la tempête, ce qui explique pourquoi il ferme maintenant temporairement certains emplacements à Manhattan et Los Angeles qui sont probablement les épicentres de la demande de commandes numériques. Pour Bryant Park, l’emplacement remplissait déjà de nombreuses commandes numériques avant la crise, étant donné aa situation urbaine et la concentration de personnes à forts revenus à proximité. La société a déclaré qu’au cours des dernières semaines elle avait augmenté sa capacité d’épicerie en ligne de 60%. C’est une situation qui est commune à tous les retailers : Walmart, par exemple, a embauché plus de 100 000 personnes au cours des trois dernières semaines à la fois pour aider à remplir les étagères et à exécuter les commandes numériques. Target a également annoncé avoir embauché plus de 70 000 nouveaux acheteurs pour sa plateforme Shipt. Bien que cela soit une réponse en des temps relativement incertains en terme d’achats, il est peu probable que le comportement des consommateurs revienne à la normale. De plus en plus de gens essaient maintenant la commande d’épicerie en ligne, et certains d’entre eux apprécieront certainement de ne plus avoir à se déplacer et décideront de continuer à acheter de la même façon. Les Retailers doivent donc non seulement faire face à l’énorme pic du moment, mais aussi se préparer à ce à quoi ressemblera leur activité dans le futur. Ceux  qui ont la possibilité de planifier l’avenir essaient de trouver des investissements à long terme pour mieux amortir ce changement de comportement rapide.

Jeudi : Instacart passe à la livraison d’ordonnances avec Costco

Costco et Instacart

L’entreprise américaine spécialisée dans la livraison de produits alimentaires, via des livreurs indépendants, Instacart lance un service de livraison d’ordonnance médicale grâce à un partenariat avec Costco, car la demande de livraison en ligne continue d’augmenter du fait de la pandémie. La société a déclaré jeudi que le service de livraison est désormais disponible dans près de 200 sites Costco en Arizona, en Californie, au Delaware, en Floride, en Illinois, à New York, à Washington et à Washington, DC. pour commencer et qui se développera à l’échelle nationale dans les prochains mois. Les clients qui utilisent le service de prescription en ligne recevront un SMS de leur service de pharmacie chez Costco lorsque leur prescription sera prête. Le SMS comprendra un lien avec l’option permettant de planifier leur prescription pour la livraison. Une fois que le client a cliqué sur le lien, il sera redirigé vers le site de Costco. De là, les clients peuvent confirmer leur prescription et continuer à ajouter des produits d’épicerie et des articles ménagers à leur bon de livraison sur Instacart. Les commandes sont livrées aux clients dans un sac scellé et inviolable pour assurer la sécurité et la confidentialité des clients. Instacart offre également la livraison sans contact pour la plupart des médicaments. Les acheteurs Instacart peuvent scanner l’ID d’un client pour la vérification sans signature des commandes de prescription éligibles. Les clients peuvent également planifier la livraison jusqu’à une semaine à l’avance dans le cadre du nouveau service. Ce nouveau service a été stimulé par la demande du fait de la croissance significative du service qui a vu sa demande monter en flèche. Le volume total des commandes de la société la semaine dernière était supérieur de 400% à celui de la même semaine de l’année dernière. Les clients dépensent également plus. La taille moyenne du panier client – c’est-à-dire le montant total qu’un client dépense pour sa commande sur Instacart – est de plus de 25% d’un mois à l’autre, selon la société. L’augmentation de la demande a incité Instacart à étendre sa portée en ajoutant près de 150 nouveaux magasins à son marché depuis le 1er mars. Il ajoute également des travailleurs pour suivre l’augmentation de la clientèle. Instacart a annoncé le 10 avril avoir doublé son équipe «Care», passant de 1 200 agents à 3 000 agents. Ceci étant, la nouvelle de l’embauche  massive a provoqué une grève organisée en mars par des livreurs d’Instacart qui exigeaient un équipement de protection individuelle, une prime de risque, des pourboires par défaut et une indemnité de maladie prolongée. Coté Instacart, les marges générées par les livraison sont faibles et l’entreprise profite de la période actuelle pour développer son volume d’affaires.

Vendredi : Kohl’s suspend ses versements de dividendes après avoir obtenu un crédit renouvelable de 1,5 milliard de dollars

Kohl’s

Kohl’s, un des géants du Retail aux États-Unis avec presque 1.200 magasins pour 122.000 employés et un chiffres d’affaires de 19 milliards de dollars, a annoncé avoir conclu un accord sur une facilité de crédit renouvelable de 1,5 milliard de dollars avec la Wells Fargo Bank, dont le montant a été immédiatement prélevé en totalité, activant une clause qui impose des restrictions sur le paiement des dividendes. La récente annonce du Gouvernement français demandant aux entreprises dont l’État est actionnaire de ne pas verser de dividendes cette année, espérant ouvrir la voie au rappel à l’ordre des groupes privés, cela vous parler ? S’appuyant maintenant uniquement sur les ventes de son activité e-commerce et ce que l’on appelle en France le “click & collect sans contact”, où le client récupère sa commande dans le magasin de son choix, en raison de la pandémie de coronavirus, Kohl a mis la plupart de ses effectifs en congés forcés, tandis que sa PDG Michelle Gass a renoncé à son salaire pendant la crise. Sur les 1,5 milliard de dollars qu’il vient d’emprunter, Kohl’s a affecté environ 1 milliard de dollars au refinancement de la dette existante. Le reste sera utilisé pour lui donner plus de «flexibilité financière», ce qui est également la raison de son arrêt temporaire des dividendes, ce qui semblait inévitable. Les actions de Kohl ont déjà commencé à se négocier à la baisse dès le 1er avril, les investisseurs ayant eu vent d’une baisse potentielle du dividende. La suspension commence avec l’exercice 2020 dividende en espèces du deuxième trimestre et se poursuit indéfiniment. Kohl a déclaré qu’il était toujours déterminé à payer le dividende une fois que le détaillant verrait une « stabilisation de l’environnement ». Quand, ça, c’est une autre affaire.

 Il se passe toujours quelques chose en Amérique. À la prochaine !

Chronique New-Yorkaise

Fatigué de ses histoires sans queues ni têtes dans la Silicon Valley, j’ai trouvé sympathique de faire une petite pause New Yorkaise dans ces chroniques qui ont parfois bien du mal à se réveiller. Et de partager une drôle d’idée : j’imaginais Spotify annoncer prochainement ouvrir une boutique à New York.

Union Square Shopping

Jeudi 17 Août 2017. Comme à son habitude en cette période, New York est chaud, et humide. Une grosse averse vient de tomber sur la ville, créant des rivières de boue se déversant autour du Washington Square Park. Assis à la terrasse de la Maison Kayser, une boulangerie aux accents Français, sur Broadway, à un bloc de Union Square, les responsables du magasin discute du trafic du magasin, des habitudes du quartier. Assis avec mon chocolat et une baguette viennoise aux pépites de chocolat, j’écoute la rue.

C’est une banque qui a pignon sur rue en face, dans un immeuble de couleur aluminium. Avant juin 2009, c’était un Virgin Megastore. Ouvert en 2006, fermé 3 ans plus tard, ce magasin eut l’honneur d’être la plus grosse boutique de vente de musique dans Manhattan. De la dimension de celui que l’on a connu avenue des Champs Élysées, le Megastore a certainement rendu la mariée belle lors de la vente de la marque Virgin en 2007.

Boutique Amoeba à Los Angeles

Cette fermeture, c’était un des signaux d’une industrie de la musique qui allait devenir quelque peu moribonde dans le monde physique, où aujourd’hui seules certaines enseignes et leurs magasins résistent. Elles résistent soit en s’étant spécialisées, soit en réduisant la voilure, soit en se diversifiant encore plus. Ainsi, la FNAC en France par exemple a ajouté encore plus de catégories de produits d’équipements de la maison, jusqu’à fusionner avec Darty. Pour en revenir aux États-Unis, à part lorsqu’on se promène chez Amoeba à San Francisco ou à Los Angeles, par exemple, avec la renaissance du vinyl, qui est d’ailleurs une bien belle arnaque (je parle des 33 tours à $25), et avec cette ambiance spéciale du groove local, les parcours d’achats de musique dans un Target ou un Best Buy ressemblent vraiment à une opération liquidation permanente.

On le pressentait bien à cette époque en Europe chez les spécialistes de l’industrie musicale et des labels, bien avant le lancement de l’iPhone en 2007 qui allait rendre la musique encore plus près d’un clic d’achat sur votre téléphone portable : la consommation de musique deviendrait numérique. C’en était fini des jeux des industriels obstiné à vendre l’innovation avec de nouveaux formats physiques, plus grands en capacité de stockage, mais incapables de lutter contre des débits des réseaux opérateurs qui passèrent à la vitesse supérieure sous la pression de la concurrence dans ce secteur.

Sans chercher à être exhaustif ici avec les différentes plateformes qui allaient marquer l’histoire de la musique numérique, Pandora Radio allait ouvrir la voie en 2000 avec son service automatisé de recommandation musicale poussé par un Music Genome Project. Derrière ce nom de code magique, un moteur d’intelligence artificielle. Ces deux lettres capitale « AI » ne faisait pas encore briller les yeux des investisseurs, les fameux VCs de startups, toujours à la recherche de ce qui peut se rentabiliser grâce aux lignes de codes : mais c’est la preuve de la désuétude de cette mode.

Et puis Spotify. La Suède, pays d’origine de la startup, créée huit années plus tard, a gagné la course des plateformes numériques d’écoute musicale, même si le siège est aujourd’hui à New York. C’est à Spotify que je pensais, là assis, en écoutant parler de la période où Virgin aider à rendre la musique accessible, dans un univers physique à rendre la FNAC complètement ringarde (je n’ai malheureusement connu que le magasin Parisien).

Spotify, c’est toute la musique que tu veux ou presque, gratuit avec de la pub, ou sans pub mais avec un abonnement forfaitaire. Spotify, c’est une victime de l’arnaque d’Internet dans sa version « cloud » : plus des gens se servent de sa plateforme, plus l’entreprise a besoin de serveurs qui coûtent de l’argent, encore plus d’argent. La boucle exponentielle infernale : 140 millions d’utilisateurs à travers le monde, 60 millions de clients payants, un chiffre d’affaires à presque 3 milliards de dollars, $600 millions de perte en 2016.

Et si le Retail venait au secours de Spotify ?

Fermes de serveurs dans l’espace

Alors qu’il y a toujours des petits malins pour s’imaginer calife à la place du calife aux États-Unis, comme Tidal récemment, ou Napster, il y a du gros en face avec Apple Music, Google Play Music, Amazon Music Unlimited. Spotify se doit de trouver des solutions de croissance pour affronter la concurrence, pour attirer les « zannonceurs » (le plat favori des médias tech du petit web Français, vous savez) parce que la pub fait encore vivre de nos jours. Envoyer des serveurs de stockage informatique dans l’espace, avec des meilleurs coûts et de meilleurs débit, pour améliorer sa rentabilité ? C’est en cours de construction, ça ne vas pas arriver demain. Que reste-t-il ?

La première solution, c’est l’Uberisation. Et là je propose une nouvelle définition du verbe, qui me paraît s’imposer étant donné les déboires de l’ex-startup de Kalanick, le Robin des Bois qui voulait sauver la population des méchants taxis de la terre, et qui s’est pris les pieds dans le tapis de l’arrogance technologique et d’une certaine forme de cavalerie (la fuite en avant). Uberiser aujourd’hui, c’est fonder son principe de croissance sur des cycles d’investissement sans fin, en espérant que quelque chose viendra sauver le bateau face à une rentabilité quasiment impossible à trouver. Bon, Spotify, ce sont des Suédois, des vikings. Ça ne rigole pas tous les jours, mais ça ne prend pas ses vessies pour des lanternes.

Pop-up Store en Suède

C’est là que j’ai eu l’idée du scoop de l’été : Spotify va ouvrir son premier magasin, ici, à New York, à quelque pas de leur siège dans le quartier du Flatiron. Bon, ce n’est surement pas la première fois que Spotify doit réfléchir à tâter au brick and mortar. Personnellement, je trouve que c’est un très bonne idée. Naturellement.

Alors que le monde du Retail traditionnel ne cesse de s’interroger sur son avenir, sa taille, et la température du jour d’Amazon, les petits jeunes players du e-commerce ont commencé une grande farandole de création de magasin : Bonobos, Birchbox (et sa boutique à Paris), Casper, Warby Parker. Il est évident que personne n’a intérêt à voir le centre ville se vider, ça dévalue le mètre carré, c’est mauvais pour les affaires. Regardez par exemple la Station F dans le Sud Est Parisien dont tout le monde parle en ce moment, le paradis des startups. Il fallait bien se dévouer pour permettre à l’indice immobilier du quartier de se refaire une santé. On n’avait pas pensé mieux depuis qu’un homme politique avait voulu se faire construire une bibliothèque à son nom.

Screen Shot 2017-08-21 at 11.13.57 AM

Le Retail new look a la côte. Alors pourquoi par un remake du Megastore à la sauce Suédoise, pour vendre des abonnements Spotify dans des kiosques d’écoute de musique, où l’on pourrait commander le merchandising que l’on trouve de plus en plus aux côtés des descriptions des artistes :  achats d’albums physiques personnalisés, Tshirts et mugs à gogo.

Pourquoi pas mettre en place des scènes de concert interactives, retranscrites en réalité augmentée partout dans la monde, où tous les artistes délaissés et ignorés par les distribution de revenus de Spotify pourrait venir se faire connaître sur une scène alternative. Pourquoi ne pas concurrencer des sites de ventes de spectacles, et là je pense en particulier à StubHub, qui est une autre belle dans la monde du web où bon nombre de concerts se font hackés par des pros du systèmes D qui s’approprient les places des meilleurs concerts. Et vous vous retrouvez avec des prix de ticket et des frais additionnels astronomiques.

La musique est faite pour se partager dans la vraie vie, et franchement un endroit dédié à la musique avec tout ce que les services innovants pourraient apporter : ça manque dans notre espace de vie. Souhaitons donc que l’Amérique soit encore à l’initiative d’un nouveau mouvement, et dans le domaine de la musique, c’est sur Spotify que je parie.

L’actualité High-Tech de la semaine : Google, Twitter, Target, MetaCert, Unda

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Google n’en finit pas de grandir

 

Il est lointain le temps où GooglePlex, le siège que Google avait racheté à la société Silicon Graphics en 2006. Un nouveau géant des hautes technologies en avait remplacé un ancien, et le nom de Googleplex avait été choisi en hommage au chiffre 1010100 , le nom qui lui a été, soit en quelque sorte un image à l’infini !  Maintenant qu’il faut pousser les murs, puisqu’il faut bien avouer qu’à l’image de la Silicon Valley en ce moment et de toutes ces levées de fonds, le business est bon, l’entreprise recrute (peut être une des conséquences liées à la diffusion de ce navet)  et elle a besoin d’espaces supplémentaires. Ca va commencer par l’achat et la location d’un peu moins de 100.000 mètre carrés sur la ville de Santa Clara, soit suffisamment pour loger presque 6.000 employés. Cette expansion apparaît assez unique en son genre, sachant que des bureaux additionnels ont dèjà été loués sut Mountain View, et même Sunnyvale ! La société ayant autant poussé ses murs dans la région avait été Cisco, qui se tient beaucoup plus calme de nos jours. Il faut croire que le marché de la publicité sur Internet se porte bien, et avec toutes ses acquisitions, cela doit devenir un casse-tête de faire tenir tout le monde dans les locaux d’origine, avec toutes les orientations et ré-orientations stratégiques qui doivent secouer le géant d’Internet en perpétuel mouvement. Ce n’est pas fini, Google lorgne sur des bâtiments appartenant à la NASA toute proche (où nos amis Sergey et Larry ont droit à une sympathique piste d’atterrissage privée).

Mardi : Twitter et sa prochain introduction en bourse

Ca y est. Ce ne sont encore que des bouts de rumeur, mais Twitter, que j’imaginais au-dessus de la mêlée financière, ou plutôt au milieu (dans, il faut bien le dire, ce qui n’était en fait qu’une envolée lyrique), se prépare à entrer en bourse. Après avoir fait les embauches nécessaires, car il faut bien reconnaître que tout ce qui passe par les marchés financiers nécessite une gigantesque revue de contrats (tout est passé au peigne fin) et un bon tas de paperasse. Et du bon jus de cerveau pour gérer le tout et les urgences qui vont avec. Introduction en bourse espérée aux alentours de $1,5 milliards, entre 50 à 55 millions d’actions vendues entre $28 à $30, pour une valorisation entre $15 à $16 milliards. Ce qui intéressant, dans ce type d’opérations, c’est d’en apprendre un peu sur les chiffres financiers de l’entreprise : le chiffre d’affaires serait pour l’exercice 2013 entre $580 et $750 millions, avec, chose intéressante, a priori plus de 50% réalisé dans la publicité sur mobile. Ca semble bien fragile tout a, je suis très impatient de voir ce que ça va donner. Et naturellement me tenir en dehors de la transaction. Pour gagner de l’argent avec l’action Twitter, c’est en 2007 que j’aurai du agir. En tout cas, je vous ferai grâce de la comparaison de l’introduction en bourse de Facebook par rapport à celle de Twitter : c’est une histoire de riches.

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Mercredi : Target se diversifie

 

Netflix. Mot en 5 lettres, qui actuellement terrifie les diffuseurs de films en France. Finie, la boiboîte qui vous relie à votre monde imaginaire sur votre télévision. Un ordinateur, un iPad, un iPhone, et vous avez accès à un catalogue de films, de séries, de documentaires. Simple, haute qualité, pour (peut être) 15 euros. Netflix, c’est une grosse expérience, des millions d’abonnés et de gros moyens marketing. Pas des moyens de petits acteurs locaux. Qui n’ont rien à faire des lobbies du coins des opérateurs qui vous alimentent en wifi à la maison. La concurrence, Netflix connaît : sur ses propres terres, des acteurs de la distribution viennent s’attaquer au marché de la location de vidéos sur Internet. Target, géant de la distribution aux États-Unis et au Canada, un chiffre d’affaires de $73 milliards en 2012, dont le siege est à Minneapolis,  vient de lancer Target Ticket, avec un catalogue de 30.000 films et de épisodes de séries qu’il sera possible d’acheter à l’unité. Pas d’enregistrement, on paye lors de chaque location, tout simplement. Il y aura des possibilités de contrôle parental, et des possibilités de filtrage sur la violence par exemple. Si vous êtes possesseur de la carte de fidélité REDcard, un rabais de 5% est appliqué à chaque location. C’est disponible sur Android, iOS, PC, Mac, XBox360 et Roku.

Suivre Target sur Twitter : @Target

Jeudi : MetaCert  et le contrôle parental

 

Méfiez vous des gens avec qui vous partagez une bière, un soir dans cette belle ville de Londres (en ce qui me concerne, c’était quelque part en 2006), vous êtes peut être en face d’un entrepreneur en puissance de la Silicon Valley. C’est ainsi que j’ai rencontré Paul Walsh, un soir, qui a lancé MetaCert avec son épouse depuis San Francisco… et quoi de plus naturel pour un couple que de travailler sur une technologie visant à renforcer le contrôle parental sur Internet ! Ainsi, le projet de MetaCert est d’aller plus loin que les logiciels habituels tels que Norton ou Kapersky, qui, il faut l’avouer, ne sont pas des outils parfaits à cet égard. Créé en mars 2011, la palette de produits est désormais assez complète avec une application Chrome et Firefox, Android et iPad, avec deux modes disponibles : l’un pour les enfants de moins de 12 ans et des sites webs triés sur le volet, une autre  version pour adultes et enfants, avec un certain nombre de filtres « intelligents » qui se veulent plus efficaces que l’ensemble des logiciels disponibles sur le marché. Plus de 700 millions de pages web ont été répertoriées pour le moment. Pour continuer avec cette histoire, MetaCert est en train de lever des fonds sur AngleList, alors si vous êtes interessés de pouvoir utiliser le logiciel, il vous suffit de vous rendre sur la page de MetaCert sur AngelList et investir dans sa société… si vous vous êtes déclarés comme investisseurs sur cette plateforme, car on ne rigole pas avec le statut d’investisseur aux États-Unis !

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Vendredi : de l’art de servir l’utilisateur par la technologie

Rappelez vous la pub d’Apple qui allait changer la façon dont vous communiquez en vidéo sur votre téléphone portable : Facetime. Hormis aux États-Unis, et taux d’usage reste à démontrer, ça n’a jamais vraiment décollé, et cela n’a pas généré de grosses audiences… mais beaucoup de vocations dans le domaine de l’utilisation de la vidéo sur les téléphones mobiles. L’application Tango a pris le relais et approche des 200 millions d’utilisateurs, tout doucement, Skype est naturellement sur le segment… D’autres startups ayant noté l’intérêt croissant notamment des adolescents pour les applications de chat, on imaginé la combinaison des deux (le chat et la vidéo) et se sont lancés dans la course au download, en rêvant de courbes à la Snapchat… et le résultat est plutôt mitigé parmi les 3. L’une, basée en Israël, financée par quelques business angel aux États-Unis, s’est fait connaître par ses méthodes virales pas très catholiques comme on dit dans le métier, a priori atteint les 3 millions d’utilisateurs, mais c’est plutôt le calme plat depuis cet été. La deuxième, basée en Ukraine, en est à son troisième pivot après avoir proposé différents services de publications de vidéos sur mobile (Vine notamment et Instagram ont largement pris possession du créneau), et recherche un quatrième souffle en terme de financement. Et ses chiffres d’audience sont légèrement supérieurs à la troisième qui fait parler d’elle en ce moment (entre autres du fait d’avoir été sélectionnée par Dave McClure dans son fameux incubateur 500Startups) : Unda. La startup d’origine mexicaine vient de lancer un nouvelle campagne de recherche de fonds (et elle peut désormais le faire savoir, elle aussi sur AngelList, grâce au JOBS Act), mais ne déclare seulement que 25.000 utilisateurs enregistrés, et 10.000 actifs. Ce segment du mobile messaging en vidéo est un nouvel exemple qu’une technologie au point, même en étant multi-plateforme, n’est pas synonyme nécessairement de succès d’audience, et on touche là du doigt la limite que cet écosystème des startups peut avoir à transformer des visions un peu geeks en marché grand public, même auprès des jeunes. A défaut de diposer de gros moyens marketing, et encore, on touche du doigt que par moment les succès arrivent (souvent) par ce que les américains de la Silicon Valley appellent le « time to market », que je traduirai avec ma provocation habituelle en « gros coup de chance ». Pour nos tris startups, je pense qu’il va falloir patienter.

Suivre Unda sur Twitter : @Unda-app

PS : en ma qualité de mentor d’un incubateur en Ukraine dont la deuxième société mentionnée dans cet article est issu, j’ai préféré jouer la discrétion à son sujet. Mais le succès de levée de fonds d’Unda étant un bel exemple à sélectionner et à discuter, j’ai donc décidé de traiter ce sujet.

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !