L’actualité High-Tech de la semaine : Yik Yak, Songza, Tim Draper, Goldman Sachs, Plutomail

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : YikYak, c’est la bulle ou bien ?

 

« Silicon Valley, le coeur de l’innovation ». J’entends souvent cette chanson de la bouche des évangélistes marketing qui veulent faire passer des canards pour des oies sauvages. C’est aussi le lieu où tout le monde essaye de se prendre une part du gateau (des millions de dollars tout frais livrés par paquets de 10 de la part des VC locaux), par exemple en cherchant à faire mieux que son voisin. YikYak ne déroge pas à la règle : dans la catégorie des applications permettant de partager des messages anonymes, il y avait Secret (créé en octobre 2013 à San Francisco, $12,7 millions au compteur), la voisine Whisper (basée à Santa Monica, en 2012, ayant levé $60 millions), Quiet, Tawkers, Chatapp, que sais-je. YikYak vient de récolter son petit $10 millions, dans un marché qui rêve de grandeurs à la Snapchat : des millions de dollars pour des millions de téléchargements. Les fonds viennent d’un investisseur Chinois et de VCs de la Silicon Valley, bien sur. Où est l’innovation ? Nulle part, on cherche juste à voir ce qui amuse les ados, pré-ados, post-ados. Partager ses secrets en toute confidentialité, se livrer à des confidences dignes des gossips les pires du Royaume d’Angleterre, une application mobile bien moderne. La phrase qui tue n’est jamais très loin : est-on en pleine bulle ? Tant qu’il s’agit de jouer avec les millions distribués par les VC et que tout ce petit monde se tient à distance du NASDAQ, la bulle n’a qu’à bien se tenir. Yaka bien se tenir. Yik !

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Mardi : Google rachète Songza

Dur dur d’être chroniqueur de nos jours dans les nouvelles technologies et trouver d’autres sujets que : Untel vient de lever $x millions. Certains jours, comme ce mardi 1er juillet, c’est au moins $100 millions levés auprès d’investisseurs pour le bénéfice d’une quinzaine de startups. Laquelle choisir ?! Histoire de faire quelque chose d’original, j’ai préféré soulignerici  le rachat de Zongza, une vieille startup de 2007, basée à New York, par Google, pour $39 millions. Et oui, une de plus. Zongza, c’est  un site web diffusant de la musique gratuitement en vous proposant, par exemple, un style de musique dépendant du moment de la journée. Une sorte de Pandora mélangé avec votre pendule. On peut aussi choisir une activité, un genre, bref, un peu de tout, comme à la Samaritaine.  N’ayant levé que $12 millions, il a bien fallu vendre un peu de publicité (que l’on voit en bannière haute dès que l’on arrive sur le site web) pour tenir la distance, mais après tout ce n’est qu’un mariage tout à fait naturel pour le géant de Mountain View ! Le tout empaqueté avec un peu moins de 6 millions d’utilisateurs, mais certainement un nombre non négligeable de données qui devraient plutôt être utile avec les ambitions de Google dans le domaine des contenus de Google Play Music, même si il a été annoncé que le service serait maintenu. Bon. Je vous le donne en mille : on en reparle d’ici 8 à 10 mois. Dêpéchez vous de challenger votre humeur musicale avec Zongza avant qu’il ne soit trop tard !

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Mercredi : Tim Draper et les bitcoins

 

Non, je ne parlerai pas du petit coup de pompe de Facebook qui vient de racheter une startup pour moins de la moitié d’un milliard de dollars. Je suis plutôt inquiet de la petite forme de Mark Zuckerberg et son équipe. Non, je vais parler d’une mauvaise nouvelle pour les bitcoins. Tim Draper, investisseur de père en fils, le VC tendance Julio Iglesias, toujours prêt à pousser sa chansonnette avec sa stupide chanson « The RiskMaster », et son sourire Ultrabrite, l’homme qui voulait faire une scission de la Californie en 6 États (une blague de riches), et faire de la Silicon Valley une espèce de bulle dorée, vient d’acquérir aux enchères 29.655 bitcoins rendus disponibles suite à l’arrêt de Silk Road, le vilain canard qui servait de passoire à tout ce qui pouvait s’acheter d’illégal dans cette monnaie d’un nouveau genre. L’intention est noble, puisqu’il semble que Tim souhaite faire un usage de ces « sous » d’une façon tout à fait honorable puisque il est question d’utiliser cet argent avec le concours de la plateforme Vaurum dans des pays à instabilité monétaire notoire. Mais étant donné les tendances politiques du monsieur, ça pourrait aussi ressembler à un cow-boy souhaitant conquérir le tiers-monde avec de la monnaie de singe. Je sais, je suis mauvaise langue sur ce coup là, mais franchement, argent ne rime pas nécessairement à ce qu’on peut attendre de plus smart de la part d’un des investisseurs de la région. C’est ça, l’Amérique. Après tout, c’est peut être un bon coup financier, Tim, time will tell !

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Jeudi : G comme Goldman Sachs, G comme Google

 

J’ai re-lu récemment la définition de ce que l’on appelle scientifiquement la neutralité du net. Un joli  principe qui garantit l’égalité de traitement de tous les flux de données sur Internet. Ce principe exclut ainsi toute discrimination à l’égard de la source, de la destination ou du contenu de l’information transmise sur le réseau. Une belle grosse blague. Bien sur, on pourra comprendre, par exemple, que les États ont une responsabilité à l’égard de ses concitoyens qui peut expliquer quelques dérapages de surveillance dont les révélations rendent la vie impossible à un malheureux Australien coincé quelque part à Londres dans une Ambassade d’un pays d’Amérique Latine, et un autre coincé on ne sais où au pays où l’on cache les anciens dictateurs en fuite de leur pays après les avoir ruiné. Par contre, que le groupe financier Goldman Sachs ait pu avoir un de ses emails, envoyés par erreur à un mauvais destinataire, intercepté par Google, qui l’a supprimé à sa demande, prouve bien qu’Internet, cette jolie chose qui fait rêver les entrepreneurs en herbe, n’est qu’une zone pas franche, sans règle autre que celle du plus fort, je veux dire du plus riche. Vente de vos données, test psychologiques masqués, gestion de service après-vente pour les grands de ce monde (quelle qu’en soit la raison), l’arrière salle du web ne sent pas le Monsieur Propre, qu’on se le dise. Goldman Sachs a même porté l’affaire devant la justice américaine, au cas où. Pas de souci, Google ne s’est pas fait prier.

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Vendredi : Eh, Goldman Sachs, connaissez Plutomail ?!

Allons-y pour une petite nouvelle d’une startup de la Côte Est pour changer au cas où ça viendrait à l’esprit d’une personne de Goldman Sachs de lire la rubrique précédente. L’équipe de Plutomail a eu la bonne idée de développer un produit permettant de faire des miracles sur Gmail. Par exemple, de pouvoir récupérer des emails envoyés mais pas encore lu. Pas besoin de s’appeler Goldman Sachs, il suffit simplement d’être admis parmi les heureux utilisateurs privilégiés de la beta pour se servir d’un produit permettant de récupérer des emails non lus, éditer des emails reçus avant qu’ils aient été lus, ou encore déterminer une date d’expiration de mise à disposition pour un email. La seule contrainte est d’envoyer ses emails depuis la plateforme de la startup, ce qui est à décider en votre âme et conscience. Ls startup a été créée  à Cambridge, Massachusetts, et vient de lever $30 petits milliers. On lui souhaite de réussir, j’ai trouvé un gros client pour eux déjà.

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Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Expa, Netflix, Google, Zynga, Secret

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances…

Lundi : Garrett Camp, serial entrepreneur. Un vrai.

Garrett Camp est un enfant du Canada qui a su bien exploiter ses recherches dans le domaine des systèmes collaboratifs et des algorithmes évolutionnaires au sein de l’Université de Calgary pour choisir avec quelques amis ce qui serait la meilleure idée à développer. Nous sommes en novembre 2002, et il s’agira de créer StumbleUpon qui deviendra un des premiers outils de découvertes sur Internet permettant de partager des recommandations. La relocalisation de la société dans la Silicon Valley s’imposera pour une startup qui saura réunir des millions d’utilisateurs, $18,5 millions en levée de fonds, se faire acheter par eBay en mai 2007 pour $75 millions, pour redevenir indépendante en avril 2009 pour seulement $29 millions. Puis Garett, toujours bien au fait des choses sur Internet, va se retrouver co-fondateur de la société développant l’application de réservation de chauffeurs Uber, qui est en train de créer une vraie revolution collaborative partout où elle passe. Garrett a déposé un requête pour lever $75 milllions pour sa pépinière Expa, sorte de laboratoire d’Internet, au sein duquel il a déjà commencé à employer des talents dans différents domaines (design, expérience utilisateur, développeur…) afin de sortir  les produits de demain, tant il reste des secteurs à révolutionner dans le domaine des services, tant il est vrai que l’innovation reste trop lente, encore de nos jours, sur le web et ailleurs. Garrett est une des personnes les plus connectées de la Silicon Valley, et il a seulement 34 ans.

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Mardi : Netflix ne fera aucune fleur en Europe 

 

Alors que l’on nous raconte les supposés commandements de la Ministre déléguée à l’innovation à l’égard de la société de diffusion de films en continu sur Internet, à l’occasion d’un voyage un peu bruyant du Président de la République dans la Silicon Valley, toute l’équipe de Direction de Netflix se trouvait en voyage exploratoire en Europe pour déterminer le meilleur modus operandi (qui pourrait avoir un fort accent Luxembourgeois) pour s’y développer. Et assure une levée de fonds additionnelles de $400 millions sous forme d’émission de dette à échéance 2024. Suffisamment pour déployer les campagnes marketing nécessaires à faire connaître le service à travers les pays non encore couverts (à ce jour, uniquement le Royaume Uni, les Pays-Bas et la Scandinavie). Pas sûr toutefois que cela suffise pour contourner le problème essentiel de Netflix en France : naturellement pas le Gouvernement et son obsession à vouloir montrer qu’ils sont là pour diriger Internet dans ce beau pays, mais surtout les boitiers des principaux fournisseurs d’accès à Internet. En effet, aux États-Unis, déjà, certains opérateurs fournisseurs d’Internet ralentissent l’accès au site de Netflix au profit de leur offre propre de diffusion de film. Free, par exemple, ne ce gênera surement pas !

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Mercredi : le Diable au service de l’art et du code

On veut nous mettre du code partout ! Le code à l’honneur à travers l’art, c’est une nouvelle initiative de Google qui vient de lancer une nouvelle initiative visant à récompenser des artistes à travers le monde qui incorpore de la technologie dans leur processus créatif. Ouvert dans plusieurs langues (anglais, espagnol, français, russe), dans quasiment tous les pays (hormis Cuba, la Syrie, la Corée du Nord, l’Iran et le Soudan… et l’Italie et le Québec… faudra m’expliquer), il suffit de s’enregistrer en passant par son compte Github et déclarer son projet qui doit donc utiliser de la technologie pour se déclarer candidat. Il y a par exemple Atsushi Tabata, de Tokyo, qui propose un monde fantaisiste à découvrir par l’intermédiaire de Google Glass… Il y a 1000 Hands qui propose d’utiliser une application mobile pour contribuer à l’élaboration de lignes de dessin collectives qui se projette dans des lieux d’exposition… Light Echoes se propose de projeter des lumières et des textes à travers un train mobile, reproduisant les photos avec une longue exposition… Une énorme pause de poésie de la part d’un géant du web qui ne cesse de nous traquer digitalement, et qui pour l’occasion, fera deux shortlists successives parmi les projets les 5 avril et 9 avril depuis un Google Hangout,  et offrira finalement un prix de £25.000 au vainqueur lors d’un evènement final au Barbican à Londres le 15 avril… pour un tour du monde !

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Jeudi : Madrona Venture Group, un VC qui aide à dégraisser… pour mieux recruter !

 

Décidément, rien ne se passe comme nulle part ailleurs dans la Silicon Valley. Le rôle des fameux VCs est bien connu : ils assurent la partie d’investissement de capital risque pour ces fameuses entreprises d’un nouveau genre que l’on appelle les « start-ups », et distribuent les $ en fonctions de facteurs estimés de rentabilité, un peu à la tête du client, en fonction de son pedigree, de certaines informations de marché, ou de recommandations du voisin, lui aussi VC. C’est le cas de Madrona Venture Group, basé à Seattle, qui vient d’organiser une journée d’accueil pour des salariés de Zynga venant d’être licenciés. Ils ne sont pas rien dans ce qui arrive à Zynga, symbole d’une usure d’un système organisé de jeu sur réseaux sociaux qui n’a pas une durée de vie illimitée.Mais Zynga a la réputation de bien embaucher, et ces quelques centaines de licenciements opérés par Zynga sont une opportunité pour d’autres startups qui ont bien du mal à recruter… Dans le portefeuille de Madrona Venture Group, il y a Play-i dans le domaine du jeu, et bien d’autres certainement intéressées par quelques développeurs toujours très rares à dénicher.

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Vendredi : Secret, la thérapie sur smartphone

 

Partager un secret, c’est faire résonner ses souvenirs d’enfance, quand on apprenait à faire confiance à ses amis plutôt quà sa famille, la découverte de la prise de risque de s’ouvrir à d’autres sur son intimité, ses rêves, sa vie ! Puis, en grandissant, on apprend à se méfier des autres et de soi même, et ça finit souvent un jour chez un thérapeute. Mais maintenant il y a Secret ! On peut enfin dire tout ce que l’on pense, sans que chacun me sache qui vous êtes, et vous pouvez avoir des gens qui vont vous répondre, vous challenger, vous rassurez, vous encouragez. Je suggère que de se servir vite de l’application, ça peut avoir des effets bénéfiques, avant que la startup ne soit accusée par le Gouvernement français en place, grand spécialiste du contrôle d’internet dans notre pays, de laisser certaines conversations se dérouler de façon anonyme. C’est d’ailleurs devenu la startup à la mode, avec des soi-disant rumeurs sortant dans les gossips de la Silicon Valley qui n’en demandaient pas tant : Evernote se fait racheter (démenti par Phil Libin, le CEO), Mozilla en cessation de paiement (laissons leur un peu de temps encore…). C’est bon en tout cas de pouvoir partager ses secrets, comme au bon vieux temps. Sur iOS exclusivement, malheureusement.

Suivre Secret sur Twitter : @getsecret 

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !