L’actualité High-tech du jour : Twitter

Bienvenue sur cette rubrique au jour le jour sur ce qu’il faut retenir de la Silicon Valley !

Twitter

Malgré ce rendez-vous manqué dans les locaux de San Francisco de Twitter en Novembre 2007, j’ai une sorte d’affection pour ce réseau social depuis mon inscription en mars 2007 pour ce réseau social qui a absolument changé la façon dont on communique aujourd’hui. Linkedin a changé la façon dont on fonctionne dans notre environnement professionnel, Twitter a révolutionné la façon dont on communique dans notre vie personnelle.

Attention, je ne cautionne pas la façon dont on se sert de Twitter, qui ressemble à mon goût un peu trop à la dictature de la bêtise (du fait de cette impérieuse nécessité de dire ce que l’on pense). Mais franchement, quel bonheur de pouvoir joindre à peu près qui est inscrit sur Twitter, de casser les barrières sociales, les zones géographiques, quel moyen incroyable de rester connecté au monde 24 heures sur 24 !

La startup a été créée en mars 2006, a levé $1.2 milliards, a été cotée en bourse en novembre 2013, vaut dans les $50 l’action, a fait 42 acquisitions, réalisé un chiffre d’affaires de $500 millions pour une perte de $125 millions en 2004. C’est peu dire que la société se cherche malgré tout.. Les rumeurs de rachat de Twitter par Google me font bien marrer. Twitter est devenu un bien public, dans sa forme, bien que détenue par des capitaux privés : c’est comme ça que je vois les choses. Les tweets, ce sont des mots que tout le monde peut s’approprier, consulter, répéter, déformer, exagérer, colporter.

J’en arrive à la nouvelle et mon interrogation : il y a peu, la startup Meerkat a lancé une nouvelle application mobile permettant de publier une vidéo enregistrée avec leur application, utilisant Twitter comme plateforme de distribution. Jusque là tout va bien, la startup en est à plusieurs tentatives de produits (comme souvent), ce sont des experts de la vidéo issu de la Startup Nation et celle-ci semble avoir trouvé le bon filon : ça buzz dans la presse spécialisée, les chiffres et les témoignages se succèdent. Mais il y a un os, ou plutôt un Periscope qui va venir mettre le bazar, puisque c’est une société rachetée par Twitter le 10 mars 2015.Meerkat vient juste de lever $14 millions le 27 mars 2015. Il y a même un idiot de journaliste tech qui a été pour lancer le buzz sur Meerkat le 1er mars 2015 : « Meerkat, la société que devrait racheter Twitter ». Mais bon, c’est Periscope, entreprise plus récente, un serpent à 3 têtes dont l’acquisition ressemble plus à un recrutement mais enfin on est dans la Silicon Valley quand même !

Twitter a décidé de bloquer la route à Meerkat, notamment, dans un premier temps, en demandant aux grosses écuries sur Twitter comme les célébrités ou les agences de média de ne plus l’utiliser pour diffuser leur vidéo live. Sous peine de punition dans l’arrière-cour des chambres publicitaires, en coupant l’accès à des sources de revenus. Twitter a déjà tué des startups en leur interdisant l’accès sous prétexte d’utiliser leur plateforme via des tweets, par exemple la startup Ribbon voulant utiliser des tweets pour effectuer des paiements… ce qui sera fait avec des établissements financiers ultérieurement. Sabotage ! Les petits jeunes n’ont eu qu’une seule chose à faire : aller chercher un travail. Que Meerkat ait soit disant chercher à recruter des utilisateurs de cette autre application de Twitter, Vine, me paraît plus naturel, il faut bien trouver des tunnels de croissance, à une période où le growth hacking reste une des meilleures règles marketing.

Je pressens que Twitter ne vas pas s’amuser définitivement à saboter les produits utilisant sa voie publique, et que des avocats malins vont trouver les faiblesses qui doivent exister pour équilibrer des rapports de force qui me paraissent dangereusement trop en faveur de Twitter, qui bien que mettant à disposition un outil gratuit, se sert bien du contenu qui y circule. Il appartient à qui, mon tweet. A moi ou à Twitter ? Je sens qu’il y a là du potentiel pour des discussions de copyright sans fin, et je trouve naïvement cette attitude de Twitter dérangeante, même si certainement juridiquement justifiée.

L’investisseur Chris Sacca, qui est venu prêter main forte à l’équipe de Twitter, allez savoir pourquoi, n’a pas intérêt à me passer un coup de fil demandant de ne plus utiliser Meerkat… dont je ne me sers pas par ailleurs. J’ai arrêté le streaming live depuis que je me suis fait voler mon Nokia en 2008 alors que j’utilisait Qik (racheté par Skype depuis), donc Microsoft. C’est « old school » tout ça.

Meerkat

Lundi 13 avril 2015

A demain pour la suite…

L’actualité High-Tech de la semaine : Kabam, Barnes & Noble, Ribbon,Tynker, Motif Investing

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Kabam créé le fonds du fonds

Kabam est une société de développement de jeux spécialisée dans les « massively multiplayer social games » (MMSGs), créée en novembre 2006, basée à San Carlos, Californie, avec des bureaux à San Francisco et à Pékin en Chine. Environ 500 employés au compteur, la société a levé $125 millions dont $85 millions en mai 2011. Elle vient d’annoncer ouvrir un fonds de $50 millions afin de faciliter l’expansion des développeurs de jeux Japonais qui veulent pouvoir s’imposer en Europe et aux États-Unis. Kabam fournira les ressources en terme de marketing, d’outils analytiques et de localisation. Avec $180 millions de revenus en 2012 aux US, Kabam a de quoi venir, mais quand même, deux choses à dire : d’une part, la confirmation que les développeurs ne courent pas les rues dans la Baie de San Francisco (puisqu’il faut aller les chercher assez loin), et d’autre part la présence éventuelle à attendre d’une vague de développeurs Japonais qui veulent sans doute se développer à l’extérieur d’un marché probablement saturé ! En tout cas, le CEO Kevin Chou ici en photo donne l’impression d’un grand mécène dans l’histoire !

Suivre Kabam sur Twitter : @Kabam

Mardi : Barnes and Noble donne la leçon à la FNAC

 

Alors que la FNAC ne donne pas vraiment l’impression d’aller bien, ce qui ne l’empêche pas d’envisager une introduction en bourse (en fait PPR fait le ménage dans ses participations), et son Président Alexandre Bompard de venir récemment s’inspirer dans la Silicon Valley, selon mes sources. Mais il est bien tard, quand on voit la marche en avant entamée par son équivalent nord-américain, Barnes & Noble, qui parallèlement à un ajustement industriel classique (fermeture de magasins entre autres…), investit dans le digital de la plus intelligente des façons, notamment en tirant profit de la dynamique Silicon Valley par l’ouverture d’une filiale Nook Media à Palo Alto, dans laquelle Microsoft et Pearson ont investi $380 millions. Nook Media a ainsi lancé sa tablette électronique Nook, sollicite la communauté des développeurs pour apporter du contenu original, vous met du Pinterest dedans, et annonce le lancement de Nook Press, une plateforme innovante de publication dédiée aux auteurs. L’objectif est de permettre aux auteurs de créer des eBooks, de collaborer pour leur création et enfin de les publier à destination des possesseurs de Nook, des applications iOS, Android et sur le site web. Une société qui se développe, tente des paris, et vis avec son temps. Loin des FNAC et autres Virgin que l’on ferme avenue Champs Elysées. Non, ce n’est pas la faute à Amazon si Barnes & Noble innove (et en plus ça rime).

Suivre Barnes & Noble sur Twitter : @BNBuzz

Suivre Nook sur Twitter : @NookBN

Mercredi : hey, Ribbon, touche pas à mes tweets !

 

Ribbon, c’est un truc incroyable : en un lien court sur un tweet, vous vous retrouvez en train d’acheter le dernier 45 tours de Claude François ! Il y a plein de petits malins comme cette startup Ribbon, créée en en juillet 2012, avec $1,75 millions à dépenser, qui vous créé du T-commerce (du commerce sur Twitter voyons ?!) sur la base d’un lien généré prêt à vous encaisser. Sur Facebook aussi, sur Youtube… Malheureusement, le jour de la sortie de leur nouvelle fonctionnalité, Twitter (qui ne gagne naturellement rien sur la transaction), a décidé de faire un shut-down de Ribbon purement et simplement. Fini l’automatisation des lien sur Twitter, ça ne marche plus. Tu veux faire de l’argent avec ma plateforme, vient donc passer au tiroir caisse, semble dire Twitter. Tout comme Apple qui a décidé de soustraire de l’Apple Store un application, Appgratis, qui fait la promotion d’applications gratuites et qui vient de lever 10 millions d’euros. Lumière éteinte, d’un seul coup. Sans préavis.  Bon Ribbon, on essaye Facebook ?!

Suivre Ribbon sur Twitter (sait-on jamais) : @Ribbon

Jeudi : Tynker propose des têtes bien faites, pas bien pleines

 

Tariq Krim l’a rêvé, Tynker l’a fait. Lui préconise l’apprentissage des langages de programmation dès la 6e, ce qui, d’un point de vue d’un père de famille, même geek, paraît quelque peu idiot, mais au moins ça fait les choux gras dans la presse.  Tynker, un chouia plus spécialisé dans le domaine de l’éducation tout de même, vient de lancer un plateforme permettant de faire du code « visuel », en créant des histoires sur des sujets aussi divers que la géographie, la nature, les jeux utilisant la physique et les mathématiques par le dessin. On leur apprend à penser comme un programmeur, en fait. Le concept a été testé dans des écoles de la région.  Ce concept me va un peu mieux, comme je l’ai écrit ici déjà, le code est un moyen et non une finalité. Et il y a assez de choses à apprendre en 6e ! Sinon, à ce rythme, encore un petit effort, et peut être que nos jeunes générations viendront au monde avec des berceuses racontées en C++. La startup est basée à Mountain View et a levé $3,25 millions.

Suivre Tynker sur Twitter :@Tynker 

Vendredi : avec Motif Investing, et si on investissait financièrement dans vos idées ?!

 

On n’arrête pas le progrès : on pouvait déjà investir dans des actions d’entreprises, sur des biens, de la nourriture, des prévisions de pertes, des dettes… maintenant des idées. Étonnant que ce ne soit pas le pays qui n’a pas de pétrole qui ait trouvé le moyen de vous aider à investir dans un idée : c’est une startup de San Mateo, Californie, Motif Investing, qui s’y colle. Créée en juin 2010, Motif Investing trouve en fait les sociétés correspondant à une idée que vous trouvez digne de votre investissement : un produit, un concept, et on vous propose plusieurs « motifs », un portefeuille de stocks correspondant à ce que vous recherchez. La plateforme semble également disposer d’un flux social, ce qui permet aux investisseurs de communiquer entre eux. La société vient de lever $25 millions auprès du diable de la finance mondiale, Goldman Sachs, ce qui fait un investissement total de $51 millions.

Suivre Motif Investing sur Twitter : @MotifInvesting

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Bluefin Labs, NewRelic, Ribbon, StartX et Basecamp

La rubrique organique (et sans viande de cheval) pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Twitter rachète la société d’analyse de TV sociale Bluefin Labs

Cocorico, et haro sur la concurrence dans la vidéo pour Twitter ! Peu de temps après l’improbable lancement de Vine que l’on essaye de nous faire prendre pour le prochain Pinterest (pour ceux qui ont déjà compris Pinterest), cette fois-ci Twitter vient d’acquérir Bluefin Labs, une société créée en 2008, basée à Cambridge dans le Massachusetts, qui se propose d’apporter des solutions aux annonceurs, aux agences de publicité et aux réseaux de télévision sur un créneau bien spécifique : la « TV sociale ». Pourquoi cocorico ? Le Monsieur qui vous sourit sur la photo est français : il s’appelle Jean-Philippe Maheu et après un parcours l’ayant mené d’AT Kearney, Razorfish, Ogilvy et Publicis, il a juste eu le temps de travailler 7 mois comme CEO chez Bluefin Labs avant le rachat. Pour ceux qui se demandent encore quel est le modèle économique de Twitter, ce rachat va fournir quelques informations. A force de voir Twitter sur les écrans de télévision, il fallait bien s’attendre à ce qu’ils commencent à s’attaquer sérieusement au sujet… Les données tirées de la plateforme de  Bluefin Labs permettent de tracer les commentaires et autres liens sociaux exprimés lors des spectacles et des publicités qui sont regardés à la télévision. Bluefin Labs est issu du MIT Lab dont on a déjà parlé ici.

Bluefin Labs sur Twitter : @Twitter

Mardi : joli plan de relance de $80 millions pour NewRelic

  Vous devez bien vous demander ce qu’est NewRelic, que j’ai eu l’occasion de voir un peu partout ces derniers temps dans les différentes conférences High-Tech dans la Baie de San Francisco, très certainement annonciateur que l’équipe voulait que l’on (enfin les investisseurs) pense à elle. Les investisseurs aiment bien cela, les sociétés qui dépensent en marketing. NewRelic, c’est l’entreprise parfaite dans un monde Internet où les applications commencent à faire la loi un peu partout : créée en février 2008, basée à San Francisco, avec désormais $115 millions au compteur, NewRelic offre une solution de SaaS (Software As A Service) de gestion de performances pour des services de Cloud computing et des applications Web déployées en Ruby, Java, .NET ou PHP. Lew Cirne, le fondateur, n’en est pas à sa première tentative puisqu’il a déjà vendu une société à Computer Associates en 2006. Avec 35.000 clients actifs et $80 millions en banque, et tout l’écosystème de sociétés de logiciel disponible à 60 miles à la ronde, Lew semble bien parti pour une deuxième success story. Mais comme dit le proverbe, l’argent ne fait pas le bonheur… d’une startup toujours, il y a encore quelques étapes à franchir.

NewRelic sur Twitter : @NewRelic

Mercredi : Ribbon lève $1,6 millions pour acheter sur Internet en 1 click… ou presque

On pensait avoir tout vu en terme de paiement sur Internet, mais il y a toujours de nouveaux acteurs prêts à s’attaquer à une niche ou s’accrocher à une quelconque (supposée vache à lait), Facebook ou Twitter entre autres dans le cas présent. Ribbon a même convaincu AngelPad, un incubateur de San Francisco, créé notamment par un ex Google Thomas Korte, de croire en leur destin en les intégrant à leur programme. Et la roue continue de tourner pour Ribbon avec un nouvel apport de $1,6 millions qui vont permettre de continuer à développer cette solution permettant de vendre des biens sur Facebook, Twitter, par email par exemple, et tout cela grâce à un simple lien… « If you can copy/paste, you can sell on any platform with Ribbon » : si vous pouvez copier/coller un lien, vous pouvez vendre sur n’importe quelle plateforme avec Ribbon… Concept assez simple, encore quelques réglages nécessaires dans l’exécution… mais quelle simplicité ! Pour la petite histoire, l’investisseur en question, Tim Draper, l’homme qui n’hésite pas à chanter sa chanson « The Riskmaster » en conférence, et c’est l’un des Business Angel les plus réputés de la Silicon Valley (les paroles sont disponibles sur ce post). Vous en voyez des business angels chanter sur scène en France ?!

Ribbon sur Twitter : @Ribbon

Jeudi : L’incubateur de Stanford StartX récolte $400.000

Alors qu’en France, j’imagine que l’on continue de se poser la question comment rapprocher l’universitaire et le monde de l’entreprise, que l’on distribue des petits paquets de quelques milliers d’Euros à titre de micro investissements en étant persuadé d’avoir fait une bonne action, nos amis de Stanford et leur incubateur-accélérateur StartX viennent d’obtenir $400.000 de quelques sponsors comme Cisco, AT&T et Groupon pour un montant total récolté de $1,5 millions depuis sa création. Pas de blabla, du cash, de l’action. Et derrière c’est un montant de $100 millions de fonds qui a été levés par les startups incubées par ce programme depuis sa création… Et ceci dans une région où, il faut bien l’avouer, sous le prétexte de l’entrepreneurship du web, s’est développé une véritable nouvelle chaîne de valeur du capital risque qui, je puis vous l’assurer, ne fera pas la même erreur que lors de la fameuse première bulle. Il va sans dire que parmi les investisseurs de ces startups figurent un grand nombre d’anciens de Stanford… un cercle vertueux au possible ! Parmi les levées de fonds les plus remarquables, on peut citer Gameclosure, une plateforme pour développer le HTML5 au maximum de ses possibilités dans le domaine du jeu, qui avait récolté $12 millions.

StartX sur Twitter :  @StartX

Vendredi : Basecamp est enfin disponible sur iOS

Basecamp est un des premiers outils de gestion de projet collaboratif qui a été utilisé par des générations d’utilisateurs puisque le produit développé par 37Signals est sorti en 2004. Il ne reste plus qu’un des 3 co-fondateurs au sein de l’entreprise de Chicago, ce qui explique surement pourquoi la plateforme ne disposait pas encore de son application iOS… ce qui est chose faite désormais. Malheureusement disponible sur iPhone seulement, ce qui est bien dommage car franchement il me semble que ce produit mérite certainement tout autant une version iPad, nettement plus commode à utiliser en règle générale sur des outils dits de productivité, selon la classification Apple, ou business dans le cas de Basecamp. Comme quoi le mobile a encore de bons jours devant lui, et il reste tout de même quelques pans du web qui mettent un peu de temps à passer à l’ère du mobile. C’est encore possible en 2013.

37Signals sur Twitter : @37signals

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !