L’actualité Hight-Tech de la semaine : Bump, Google, Tesla, l’État de Californie, Klout

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : un bon coup de bump de la part de Google

 

Bump est une application se passant de tout pitch : il suffit de la voir fonctionner pour en comprendre le fonctionnement, et surtout de découvrir ce que la technologie est capable de réaliser en tout simplicité. Il y a tout de même 100 millions de personnes l’ayant téléchargé, donc vous l’avez certainement déjà sur votre iPhone ou votre téléphone Android. Si ce n’est pas le cas, c’est très simple à faire fonctionner : l’application permet de transférer les données d’un téléphone à un autre (pour transmettre sa « carte de visite digitale » par exemple) juste en mettant en contact les deux téléphones, après avoir préalablement ouvert l’application sur les deux appareils. Bump Technologies a fait un long chemin depuis sa création en octobre 2008, depuis Mountain View, avec ses $19,9 millions récoltés, 25 employés, ses 325.000 revues sur iTunes… Chemin difficile toutefois pour une application gratuite, dont les perspectives de revenus paraissaient quelque peu compliquées, par exemple de faire payer les marques sur des interactions avec des utilisateurs… ça ressemble à du Foursquare tout craché, donc peu d’ambition à espérer, quand on considère que la startup peut faire $2 millions au maximum sur une année, selon les derniers chiffres publiés par Foursquare. La diversification dans une application de paiement (gratuite) et une autre d’application de partage de photographies n’a pas apporté de revenus suffisants très probablement, ce qui est la preuve qu’une bonne technologie n’est pas toujours la recette assurée pour une startup. La solution est venue de quelques blocs du siège de Bump Technologies : Google ! Il n’y avait pas grand chose à souhaiter, hormis pour les investisseurs de rentrer dans leurs sous, ce qui semble être le cas : parfait, les vaches sont toujours bien gardées dans la Silicon Valley.

Suivre Bump sur Twitter : @bumptech

Mardi : Google, c’est vraiment pas du vent

Je sais, la blague est plutôt douteuse, mais chroniqueur est un dur métier… vous savez, la fameuse page blanche. Heureusement, il y a Google ! Que ferait-on sans Google dans la Silicon Valley, qui vient d’annoncer le rachat du courant produit par une nouvelle centrale éolienne en construction à Amarillo, Texas, se dénommant Happy Hereford. La mise en production est prévue pour le début de 2014, et devrait alimenter un des data centers que Google possède dans l’Oklahoma. On n’est jamais si bien servi que par soi même, et Google souhaite être « green » partout où ils sont présents, dans l’ouest du Texas, dans l’Iowa et au nord de Los Angeles près d’un lieu qui s’appelle les montagnes du Techahapi. « Grid the green », selon le responsable chez Google en charge de l’infrastructure globale (un bon job chez Google, assurément). Cela fait plus d’un milliard de dollars investi par Google dans le domaine de l’énergie, notamment dans le solaire en Afrique du Sud. Cela n’empêche pas Google de nous mettre du wifi dans les parcs de San Francisco très bientôt, ce que je trouve plutôt contradictoire, mais avec Google, on en est jamais à une contradiction près. C’est aussi ça, être leader sur son marché, et faire la pluie et le beau temps sur Internet pour des millions d’individus. En attendant, voilà bientôt 240 megawatts prêts à être distribués par le concours de la société Chermac Energy, une entreprise locale.

Mercredi : un bon tuyau pour Montebourg pour reclasser des salariés de l’industrie automobile française

Je ne me lasse pas d’évoquer Elon Musk dans ces colonnes, avec son projet de train à grande vitesse en Californie Hyperloop qui je suis sûr verra le jour, sa navette spaiale réutilisable SpaceX, et donc Tesla, ces voitures électriques qui commencent à pulluler un peu partout au États-Unis. Intéressé par l’idée de construire des voitures se pilotant automatiquement, en bon patron d’une startup (ou plusieurs startups) de la Silicon Valley,  et utilisateur de Twitter, il n’a pas hésité à publier le tweet suivant : « Ingénieurs intéressés de travailler dans l’automobile, s’il vous plaît emailer autopilot@teslamotors.com. L’équipe sera directement rattaché à moi ». Attendez, je récupère. Alors que le gouvernement français se fait plaisir en rappelant dans des clips vidéos d’une autre âge le fait que la France a inventé l’automobile, mais qu’il ne peut empêcher la fameuse logique industrielle de désengagement des marques françaises historiques en terme d’emplois, une société de 500 personnes, créée en 2003, ayant levé $318 millions et désormais cotée au NASDAQ depuis juillet 2010, se met à vendre comme des petits pains des voitures de luxe électriques pour un peu moins de $100.000. Et il embauche en direct sur Twitter les ingénieurs intéressés de rejoindre son équipe, tout en affirmant qu’ils travailleront directement sous ses ordres, pour sortir la première voiture auto-pilotée dans moins de 3 ans. Sans jugement de valeur aucun, il y a un drôle de monde qui se prépare en Californie.

Suivre Tesla sur Twitter : @TeslaMotors

Jeudi : le co-voiturage fait l’objet d’une législation en Californie

 

Même si la peine de mort, toujours active en Californie semble prouver le contraire, l’État de Californie se montre en avant-garde sur de nouveaux usages. Un organisme de réglementation Californien a approuvé les premières lignes directrices qui pourront s’appliquer à l’ensemble des États-Unis pour les services de covoiturage, concernant la mise en place de règles de sécurité pour les entreprises innovantes qui sont venues perturber l’industrie du transport telles qu’Uber, Lyft, Sidecar, RelayRides et j’en passe. Ces nouvelles directives contiennent des exigences telle que la vérification des antécédents criminels pour les conducteurs, la formation des conducteurs, un minimum de couverture d’assurance d’1 million $, et une politique de tolérance zéro de l’alcool et de la drogue. Elles exigent également que les conducteurs affichent une signalisation sur leurs voitures pour les identifier comme étant un service de co-voiturage. Cela impliquera également les entreprises à se soumettre à une certaine transparence des informations qu’ils peuvent vouloir normalement garder privées pour des raisons de concurrence, comme par exemple le nombre de courses effectuées, la zone de service couverte, combien de fois les voitures de co-voiturage ont pris un client lors d’une demande, et le nombre de conducteurs qui ont violé les lignes directrices ou qui ont été suspendus. Ce qui est intéressant, c’est de constater ce souci nouveau de transparence dans une industrie où les lobbies ont empêché la relation chauffeur-client d’évoluer, et on voit le résultat aujourd’hui avec un certain ras-le-bol des usagers à l’égard des chauffeurs de taxi, acutellement dépassés par ce qui est en train de se passer autour d’eux : ils sont en train de tuer leur propre métier.

Vendredi : Klout n’en finit pas de pivoter

Cinch n’est pas un nom inconnu dans la Silicon Valley. Ce fut le nom d’une tentative de lancement de produit de la part de la part de la startup BlogTalkRadio  qui cherchait une diversification à ses activités de diffusion de podcasts sur Internet, avec l’application qui se téléchargerait en millions d’exemplaires sur l’Apple Store, mais ça n’a pas marché. Pour Klout, ça ne marche pas beaucoup mieux, malgré ses $40 millions, et un marché de l’e-reputation pris avec l’angle de l’approche sociale qui convainc de moins en moins. A en juger par ce communiqué de presse envoyé par une agence de communication américaine qui a rendu son CEO la risée des médias de la Silicon Valley, prétendant qu’il avait atteint un certain score (ridicule en fait) sur Klout. D’un point de vue business, la startup de San Francisco était sur le point d’ouvrir un bureau sur Londres, et cela ne s’est jamais fait, ce qui est un signe. D’un point de vue produit, les règles conduisant à vous donner un score d’influence en fonction de certains critères de performance sur les différents sociaux sont discutables, et les fameux influençeurs ne se pressent pas (ou plus) au portail de Klout pour clamer leur leadership. Que faire pour valoriser une base d’utilisateurs, à défaut de les  » louer » à l’extérieur (ce que beaucoup de startups font pour faire rentrer un peu d’argent), ou de mettre de la publicité (ils y viennent tous un jour, le dernier exemple étant Instagram à ce sujet) ? Klout à décidé d’aller chercher des noises à Quora sur son territoire, à savoir lancer Cinch donc, une application iOS qui permet de poser des questions à des influençeurs déclarés comme experts du sujet concerné, qui répondront de façon privée. J’avoue que depuis que j’ai eu grâce à Quora la réponse du nom du guitariste qui est l’auteur du solo guitare que l’on peut entendre sur le titre « Right down the light » par Bonnie Raitt, je vois mal qui peut faire mieux qu’eux en terme de performance ! J’y passe du temps régulièrement, et cette plateforme d’intelligence collective a vraiment quelque chose de particulier, qui devrait en faire un succès public. Bonne chance à Klout, mais je suis plus que sceptique… Puisse la malédiction de Cinch ne se répète pas… mais qui a donc décidé de choisir ce nom ?!

Suivre Klout sur Twitter : @Klout

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !

L’actualité High-Tech de la semaine : Amazon, 500Startups, Relayrides, Jelly HQ, Tumblr et Yahoo!

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Amazon y va aussi de ses coins

Alors que Bitcoin fait parler de lui quasiment tous les jours avec sa nouvelle monnaie, et que des startups de Californie comme Ifeelgoods sont en train de pousser la porte des monnaies virtuelles sur Internet, Amazon continue son travail de titan du web en proposant sa monnaie virtuelle sur Kindle Fire qui peut désormais être utilisée comme moyen de paiement. Comme c’est un jour de fête, il y a 500 coins (un équivalent de $5) qui vont arriver sur le compte de tous les propriétaire de la liseuse (et les nouveaux aussi) prêts à être dépensés sur l’achat d’applications ou lors d’achats à l’interieur d’applications. Il sera possible d’acheter ces coins, avec pour contrepartie une remise de 10% sur les achats. L’objectif est de permettre aux clients de faire quelques petites économies, et pour les développeurs (de jeux notamment) d’augmenter le traffic, les downloads et le potentiel de monétisation. Inch Allah ! « Today is Day One for Coins », a dit Mike Georges, VP of Apps, Games & Cloud Drive. Les développeurs toucheront leur commission de 70% lorsque les achats seront faits avec les coins. Chers développeurs, si vous lisez ceci et que vous ne distribuez pas encore de jeux sur le portail d’Amazon, c’est par ici qu’il faut s’inscrire.

Suivre Amazon sur Twitter : @Amazon

Mardi : festival international de startups chez 500Startups

 

500Startups est un des incubateurs de choix de la Silicon Valley. Je suis en général très dur avec ces institutions dans leur ensemble (les résultats sont assez faciles à évaluer), car beaucoup on fleuri dans le sillage de Paul Graham et son YCombinator, voire du TechCenter de Plug’nPlay, sans pour autant valoir la peine d’y passer, à moins de vouloir absolument s’acoquiner d’un « programme made in Silicon Valley ». En ce qui concerne 500Startups, c’est d’un niveau très élevé, car son inspirateur et grand gourou, Dave McClure, n’est ni le premier venu, ni un inconnu. Développement, marketing chez Paypal, CEO, conseiller pour de nombreuses startups qui ont bien vécu, Dave est tout simplement un caractère fait pour cet écosystème des startups, avec le lancement d’un fonds en 2009 dédié aux startups développant des applications sur Facebook, grand voyageur au pays des startups aux quatre coins du monde… et 500Startups, son dernier projet (pour le moment) et son 6ème batch, 28 startups pleines d’entrepreneurs venant de partout : États-Unis, Amérique du Sud et Centrale, Afrique, Moyen-Orient, et Europe. Malheureusement, la seule équipe parlant Français sélectionnée dans ce groupe vient de Martigny… en Suisse. Le passage dans le programme de 3 mois de 500Startups est une vraie opportunité à saisir (quelque soit le pourcentage pris, et la valorisation de la startup, tout se négocie), je suis curieux de voir la première startup Française à qui ça va sourire.

Suivre 500Startups sur Twitter : @500Startups

Mercredi : Relayrides subit un arrêt à New York

Bien qu’il ne manque pas de beaux esprits, en Californie ou ailleurs, pour trouver des segments inexplorés sur Internet, ce que j’ai expliqué par ailleurs comme étant l’effet Golce Dabanna, il y a aussi des problèmes qui peuvent barrer la route à des innovateurs les plus malins : le législateur ou ses ayant droits. Les lobbys peuvent se révéler très efficace pour protéger des business qui ont fait depuis longtemps le bonheur de biens des industries. Dans le cas d’Internet, des sociétés comme Uber ou Airbnb jouent actuellement avec le feu à vouloir briser le transport des personnes ou l’hotellerie. Et on les remercie tant nous, les utilisateurs, avons besoin de nouveautés. Dans le cas qui nous intéresse, c’est la société de San Francisco Relayrides, une application iOS qui permet de connecter des personnes cherchant un propriétaire de véhicule pour les transporter là où ils ont besoin… Le département des Services Financiers de la ville de New York viennent d’envoyer une lettre de désistement à Relayrides afin de l’empêcher de continuer ses activités pour des campagnes de publicité mensongère, ainsi que pour violations de police d’assurance. Avec effet immédiat. Relayrides, qui a levé $13 millions, est déjà présent sur 17 villes aux États-Unis. Le CEO de Relayrides n’est pas un inconnu puisqu’il s’agit d’André Haddad, ex-CEO de Shopping.com, racheté par eBay, qui s’est d’ailleurs exprimé sur le blog de Relayrides à ce sujet. « Innovation, by its nature, does not always fit within existing structures » : l’innovation, par nature, ne convient pas toujours aux structures existantes, mais ils collaborent avec le département de New York pour résoudre le problème. L’arrêt d’une activité n’a pas empêché un autre Français de bien réussir pour le moment (Renaud Laplanche avec Lending Club). Nous souhaitons le même bonheur à André et ses équipes ! Mais le temps presse, car les compétiteurs comme Lyft rodent… et progressent !

Suivre Relayrides sur Twitter : @Relayrides

Jeudi : avec Jelly,  pas de mélo, des millions  

 

J’adore ces contes de fées à la mode Silicon Valley qui vous rappelle deux choses : c’est toujours mieux d’être né du bon coté et que l’argent, ce n’est pas ce qui manque là-bas. Alors les bonnes idées finissent toujours par arriver, y a qu’à donner les sous. Biz Stone est connu pour être un des co-fondateurs de Twitter, qui n’a naturellement plus de soucis à se faire pour son avenir. Maintenant, il y a les autres co-fondateurs comme Jack Dorsey qui a créé Square et rêve de la mairie de New York, et Ev Williams qui lancent Medium (l’Internet, vous allez voir, le vrai, le plus beau, le plus haut, le plus fort) avec Biz Stone… et bien ils ont du temps de libre ces jeunes entrepreneurs, et donc Biz Stone vient de lever son premier round de financement. On sait avec qui : pleins de gens dont Bono, mais on ne sait pas combien, et surtout, on ne sait absolument pas ce que Jelly HQ va faire. « A social good theme ». Ben voilà, fallait y penser. Tellement innovante l’idée qu’elle est trop grand pour tenir sur un site web. Ils l’ont mis dans un Tumblr, ça va plus vite.

Suivre le blog-site web de Jelly, si bous n’avez pas peur des méduses : Jelly HQ

Vendredi : le Board de Yahoo! se penche sur le cas Tumblr

Tiens, parlant de Tumblr… Yahoo!, vous savez la société qui fait (encore et toujours) un revenu de presque $1,2 milliards par trimestre, toujours profitable ($400 millions au premier trimestre 2013), avec près de $3 milliards en banque, qui a embauché une des plus prometteuses VP de Google, continue d’investir pour l’avenir en proposant  d’acquérir Tumblr, la startup New Yorkaise, pour $1,1 milliards. Tant qu’il y est, le Board, il pourrait peut être revoir le cas DailyMotion, l’autre idiot est passé à autre chose… Là, vous savez, ce Ministre stupide qui confond le business avec une mission divine. J’avoue que je ne me suis pas remis de cet empêchement d’Arnaud Montebourd pour le rachat de DailyMotion par Yahoo! A tel point que je me suis demandé si ça existait, de porter plainte contre un Ministre. Pour méconnaissance des enjeux d’une startups de 200 personnes, d’une industrie en général, et pour mépris du travail considérable entrepris par les équipes de DailyMotion en France et aux États-Unis. La solution Française : un partenariat industriel à proposer à Orange (par échange d’actions) par ceux qui détiennent le Journal du Net et l’Internaute… pour créer  un leader mondial des contenus. En Français j’imagine. Je vous le dis, ils sont fous ces gaulois de l’Internet. Circulez, y a rien à voir.

Suivre Tumblr sur Twitter : @Tumblr

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !