Un peu de verdure dans un monde de pierre et d’acier : le Salesforce Park de San Francisco

Salesforce Park

Cela fait plus de 6 années que je parle de technologie sur ce blog, et il n’est jamais trop tard pour parler d’un peu de verdure dans un monde où la tech perd un peu trop la tête, et j’apprécie quand il y a d’une façon ou d’une autre un rapprochement entre cette industrie et les gens d’en bas,  dont toi et moi lecteur faisons partie, ne l’oublions pas. Ça plane un peu trop dans le monde des startups en ce moment : la grande désillusion du monde d’Uber, les bitcoins et la Blockchain, les levées de fonds de la Silicon Valley…

Salesforce Park

Je croise beaucoup de touristes Français cet été qui n’ont pas compris que ce n’était pas la meilleur période pour visiter San Francisco, qui a des caractéristiques météorologiques assez spécifiques avec un climat relativement froid et brumeux, du à une combinaison de facteurs propres à la région, et donc particulièrement fréquents en été. Même s’il semble prouvé  que le réchauffement climatique diminue les effets du brouillard avec le temps. Je les vois rechercher les fameuses « pink ladies », la maison bleue de Le Forestier, et je ne sais quel autre attrape-nigaud pour touristes en vacances. J’ai un nouveau plan à leur proposer…

Salesforce Park

Parler de la nouvelle gare routière de San Francisco et de son parc va nécessairement faire un peu de publicité pour la société Salesforce, mais pour diverses raisons cela ne me gêne pas. Ce que Marc Benioff a fait et fait encore pour la ville de San Francisco, personne n’a fait autant : les Chesky d’Airbnb, les Systrom d’Instagram, les Kalanick d’Uber, les Dorsey de Twitter, et j’en passe, sont plus occupés par (dans le désordre) mesurer quotidiennement la taille de leur égo, leur valorisation boursière, leur défiscalisation généreuse, voyager, profiter de la vie… C’est bien normal, et il est fort connu que le pognon ça occupe.

Salesforce Park

Marc Benioff est un grand contributeur de la ville à travers ses activités philanthropiques : à titre personnel pour des hôpitaux de San Francisco et Oakland, pour débarrasser la mer de ses plastiques (un sujet à la mod en France en ce moment), mais aussi au niveau de sa société Salesforce en instituant le modèle « 1-1-1 » où l’entreprise s’engage à apporter une contribution correspondant à 1% des fonds propres, 1% des heures de travail des employés et 1% des produits aux communautés qu’elle choisit de subventionner.

Gare routière Transbay

Depuis sa création en 1999, Salesforce a octroyé plus de 168 millions de dollars en subventions, 2,3 millions d’heures de service communautaire et fourni des dons de produits à plus de 32 000 institutions sans but lucratif et établissements d’enseignement supérieur. Salesforce a bientôt 20 ans. Salesforce est un éditeur de logiciels, basé à San Francisco donc, qui distribue des logiciels de gestion basés sur Internet et héberge des applications d’entreprises. L’entreprise est surtout connue au niveau international pour ses solutions en gestion de la relation client.

Salesforce Park

Salesforce occupe plusieurs buildings dans le quartier Soma de San Francisco (South of Market, là où les startups ont déferlé en grand nombre depuis 10 ans) et 2018 a correspondu à l’avènement de plusieurs constructions : la Salesforce Tower, Le Salesforce Transit Center, et le Salesforce Park. La Salesforce Tower aura été construite entre 2013 et 2018, est haute de hauteur de 296 mètres (970 pieds) pour une hauteur totale de 326 mètres (1070 pieds). La Salesforce Tower se révèle être le deuxième bâtiment le plus grand à l’ouest du Mississippi, après le Wilshire Grand Centre de Los Angeles.

Salesforce Park

La Salesforce Tower est la pièce maîtresse du plan de réaménagement du plan de réaménagement de San Francisco Transbay, la nouvelle gare routière. Le projet est composé de bureaux, d’une gare routière donc, de commerces et d’une partie résidentielle. Des restaurants vont bientôt ouvrir dans la Tour. Et donc, sur le toit de la nouvelle gare routière, il y a le nouveau Salesforce Park. C’est un mélange d’inspiration de la High Line de Manhattan, une voie verte surélevée de 1,45 mile de long créée sur un ancien axe ferroviaire du New York Central Railroad à l’ouest de Manhattan, à New York, et du bâtiment de bureaux récemment construit par Facebook en face de son siège qui dispose d’un grand parc d’arbres et de verdure.

Salesforce Transit Center

Le site a été inauguré hier (avec son parterre habituel d’Américains venant faire la queue en grand nombre, selon la coutume), et j’ai pu en faire le tour aujourd’hui dimanche, après l’avoir vu se construire depuis mon bout de bureau où je suis installé depuis 2015. Puisse cette gare routière désengorge le traffic sur San Francisco, qui devient de plus en plus impossible année après année, étant donné le bassin d’emploi créé (entre autres) par toutes ces récentes et moins récentes startups de San Francisco, à ne pas confondre avec la Silicon Valley qui commence à prendre la poussière avec l’absence de nouveaux leaders sur le marché des entreprises qui veulent changer le monde. On voit ce que devient Facebook, n’est-ce pas ?!

Salesforce Park
Salesforce Park

 

Et la Salesforce Tower, vue d’en bas. Remember.

Salesforce Tower
Salesforce Tower

L’actualité High-tech du jour : le retour du Bitcoin

Bienvenue sur cette rubrique au jour le jour sur ce qu’il faut retenir de la Silicon Valley !

Tout le monde a plus ou moins retenu sa respiration au sujet du Bitcoin, qui fait nettement mois le buzz que l’année passée notamment, et j’y vois plusieurs explications…

Hedgy

Tout d’abord, Internet est en train de vivre une grande mutation, que le grand public doit digérer. Ce web collaboratif, qui bouscule les industries traditionnelles comme Uber, Airbnb, LendingClub, c’est le monde du transport, du tourisme et de la finance qui viennent de se faire secouer, et la croissance ne fait que commencer pour ces jeunes pousses du XXIe siècle. Le vieux monde lutte, on lui demande d’innover mais pas trop vite, on l’empêche de se développer ou d s’exporter pour des raisons de territorialité. Voire on le laisse se développer pour ces mêmes raisons nationalistes, car pour être honnête, il y a autant à se plaindre de Blablacar que d’Uber, mais comme c’est Français, et que pour une fois on a un truc qui marche, on laisse faire et concurrencer les transports publics à des années lumières en terme de réponse à la demande, du moins en terme de tarifs. Ça commence à coûter cher, un billet de train. Des milliers d’emplois sont en jeux. Bref. Le consommateur met du temps avant d’adopter un nouveau mode de consommation, et pour le moment il faut qu’il digère le reste avant de se décider d’aller dire à son banquier d’aller voir ailleurs, pour des transferts de fonds par exemple.

Ensuite, Internet est décidément un endroit jugé trop dangereux étant donné le nombre de sites web qui se font dérober leurs données, et toutes ces gouailleries au sujet des problèmes de confidentialité des informations ne font que noyer le poisson, et des acteurs comme Google sont malheureusement freinés dans leur capacité à approfondir leur business dans le « FinTech », un mot qui va devenir très à la mode dans les années à venir. Facebook, lui, se sert de Messenger et son transfert d’argent de compte à compte pour répondre à ce besoin, là ou Square dépense des millions de dollars… pour on ne sait pas encore combien de temps encore. Expliquer Bitcoin, c’est assez technique pour obtenir l’adhésion de la ménagère de 50 ans, même celle de 30. Il va falloir nous sécuriser tout ça, et ça va prendre encore un peu de temps je le crains tant que ce seront de nouveaux « players » qui s’attaqueront au morceau. On a besoin de se sentir rassuré en terme de relations financières, les banquiers et leur « costard-cravatte » sont là pour nous le rappeler.

Les signaux de vitalité de l’univers Bitcoin sont toujours là, et c’est certain que ça va bouger un jour. C’est inexorable, c’est une loi physique, pas forcément une loi de Moore, mais le status quo finit toujours par être bouleversé, en matière de système, surtout quand cela touche la finance (il y a toujour splus à gagner, loi numéro du capitalisme).

En bas de l’échelle de la levée de fond du Bitcoin, c’est la startup de San Francisco Hedgy qui vient de lever un peu plus d’un petit million de dollars. À une époque ou bientôt sur toutes les places de marché financier plus de 50% des transactions sont opérées sans l’aide dune interaction humaine (ce qui pose quelques problèmes de conscience, s’il en reste encore quelque peu dans ce domaine), a contrario, c’est tout le contraire qui importe dans le système Bitcoin. La stabilité de ce système se doit d’être exempt de toute interaction humaine et seules les lois mathématiques peuvent y contribuer. Sans rentrer dans le détail de la technique, qui supposerait d’ouvrir un ouvrage scientifique plutôt que de raconter des histoires sur ce blog, Hedgy propose une technologie permettant de faciliter les contrats à terme qui peuvent apporter une meilleure réponse à la volatilité du Bitcoin. Marc Benioff (fondateur de Salesforce, au cas où), Tim Draper (un des business angels les plus connus de la Silicon Valley), et quelques conseillers avisés que je sais très exigeants sur leurs investissements sont la preuve que derrière ce charabia digne des esprits complexes des loups de Wall Street, il y a un coup à jouer.

Jeremy Allaire

En haut de l’échelle, c’est $50 millions qui iront dans les caisses de Circle basée à Boston et San Francisco, dirigée par Jeremy Allaire (qui a fait Brightcove au passage), que j’ai rencontré il y a fort longtemps alors qu’il venait de se faire racheter par Macromedia (sa société Allaire de l’époque). Circle permet de recevoir et d’envoyer des fonds, des dollars mais donc, aussi, des bitcoins, sans frais, etc. Devinez qui a notamment investi ? Goldman Sachs. comme par hasard. Quand la nouvelle finance se trouve financée par l’ancienne, voyez où je veux en venir ? Sur le futur prochain du Bitcoin ?

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Jeudi 30 avril 2015

A demain pour la suite…

L’actualité High-Tech de la semaine : Snapchat, Saleforce et Oracle, Socrata, Clinkle, Adobe et Neolane

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : la Silicon Valley a accouché d’un nouveau monstre, Snapchat

Evan Spiegel et Bobby Murphy sont deux étudiants de Stanford. Ils se sont rencontrés en 2009. Evan est titulaire d’un B.S. en Product Design (2012) et Bobby en Mathematical & Computational Science (2010). Snapchat, leur produit, permet de prendre des photos avec son smartphone (iPhone et Android). La photo reste accessible sur l’application tant que l’utilisateur garde son doigt pressé sur la photo sur l’écran de son smartphone. Après la photo disparait. C’est une idée créée par des étudiants dans le cadre de leur cours à Stanford, lancé en septembre 2011. A ce jour, c’est 200 millions de photos prises par jour. Cible des utilisateurs : entre 13 à 24 ans.  Evan et Bobby sont à peine plus vieux (22 et 24 ans). C’est à l’évidence une application qui flirte avec le non autorisé, je laisse imaginer à quoi des adolescents (ou adolescents attardés) peuvent jouer en se prenant en photo instantanée. La startup vient de lever $60 millions. Ca fait $73 millions au total. L’application est gratuite, mais elle plaît parce qu’elle a de belles courbes. Bien sexy. Et j’en connais qui vont se faire un paquet de pognon de profit. Instagram, épisode sex and teens, faites vos jeux, rien ne va plus.

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Mardi : Salesforce et Oracle, leçon de business à l’américaine

 

Salesforce.com et Oracle, ce sont deux ennemis jurés. Marc Benioff, enfant de San Francisco, qui pèse pas loin de 3$3 milliards, en train de dépasser son maître, Larry Elison,  patron d’Oracle, où il a lui-même passé 13 ans.Benioff, patron de Salesforce.com, créée en 1999, c’est du « tout-cloud ». Toutes les solutions possibles que l’on peut imaginer pour une entreprise sont vendus par Salesforce.com, qui n’a pas hésité à dépenser pour accueilir des solutions tierces. Larry, lui, pèse un peu plus de $40 milliards, et il est bien embêté, Larry : ses actionnaires ne sont pas très satisfaits des courbes de croissance. Alors Larry, dans sa bonne sagesse, va chercher des partenaires dans le cloud pour renforcer ses offres, et notamment intégrera Salesforce.com avec ses solutions Fusion HCM et Financial Cloud, tandis que Salesforces.com de son coté va utiliser le système Oracle Linux, la Datavase Oracle et la plateforme Java Middleware. Seuls les spécialistes comprendront le détail. Ce qu’il faut retenir, c’est que parfois les pires ennemis que l’on puissent imaginer sont capables de s’envoyer des emails et trouver des terrains de collaborations. Coopérer, sinon c’est mourir ?

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Suivre Salesforce.com sur Twitter : @Salesforce

Mercredi : Socrata, l’open data gouvernemental qui s’achète


C’est bien connu, en France, on fait avancer la technologie d’un point de vue politique en faisant des lois, parfois en lançant des appels d’offres histoire de faire tourner un peu le business vers des entreprises françaises, et ça permet de doper la croissance dans les nouvelles technologies. Il y eu le moteur de recherche Européen, il y a maintenant le projet Data.Gouv.fr, le projet « open data » du Gouvernement français, qui dépend directement du Premier Ministre. Contrairement aux idées reçues des journalistes français, l’idée n’est pas de mettre l’État Français à nu, simplement de donner accès à des donnés publiques utiles. Difficile de savoir combien ça a pu couter exactement, toujours est-il que de l’autre coté de l’Atlantique il y a Socrata, une startup qui vient de lever $18 millions, qui propose de mettre sa technologie au service de toute administration qui veut mettre à disposition des « silos » d’informations. La ville de San Francisco utilise les services de la startup de Seattle, créée en 2007, et qui va pouvoir continuer sa croissance, après une première levée de fonds en 2008 de $6,5 millions.

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Jeudi : Clinkle, la règle des 25 en format US

 

Il était une fois un « twitos » du nom de Marc Simoncini, business angel dans ses loisirs, qui proposa, comme ça, dans le vent twiteresque, de faire une donation de 25.000 euros à des projets soumis par de jeunes gens âgés de moins de 25 ans. Histoire de « remplacer les parents de cette génération » qui veut elle aussi non pas s’engager dans l’administration, mais voler avec les pigeons dans les méandres tortueux mais passionnants de la startup. Il fut sauvé par ses camarades de jeux habituels, notamment Xavier Niel, le Saint des startupers français. Changement de cadre : Palo Alto, son western où les millions coulent à flots, et un jeune homme de moins de 25 ans, qui répond au nom de Lucas Duplan, qui a lancé Clinkle et qui se propose de mettre tout votre porte-monnaie dans votre téléphone. Oui, vous avez bien entendu, tout votre portfeuille. Duplan, Stanford vous avez dit ? Ils ont du entendre l’appel de Simoncini, parce que c’est 25 patates qu’ils lui ont donné. Et pas n’importe qui, s’il vous plaît, du lourd, du très lourd. Non mais, qui c’est qui tweet le plus fort par ici (non, pas allo, s’il vous plaît) ?

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Suivre Marc Simoncini sur Twitter (sait-on jamais, il fera peut être un truc pour les plus de 50 ans, les délaissés du net) : @MarcSimoncini

Vendredi : Adobe  rachète Neolane… mais que fait Montebourg ?


Ca devait arriver, et Adobe a profité d’un moment de relâchement d’Arnaud de Montebourg, probablement en vacances à Caracas. C’est ainsi une entreprise fondée en 2001, et 250 employés qui passent à l’ennemi, avec une fuite de cerveaux en perspective, et bien peu cher payé avec seulement $600 millions… en cash en plus, tellement Adobe avait peu confiance en ces Français dont on ne sais jamais quoi attendre. Plus sérieusement, Adobe va ainsi continuer à renforcer son offre dans le domaine du marketing online et Neolane vivre de beaux jours de croissance au sein d’un gros player de la Silicon Valleyet de son offre Marketing Cloud. On aurait tellement souhaité qu’un tel bonheur arrive à d’autres, et cela confirme ainsi l’excellence d’une French Touch dans la tech, qui avait déjà un pied à l’international, et plus de 400 clients à travers le monde.

Suivre Neolane sur Twitter : @Neolane

Suivre Adobe sur Twitter : @Adobe

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !