L’actualité High-Tech de la semaine : Gabe’s, les vêtements de sport, Whole Foods, Costco, Kohl’s

Le Retail aux États-Unis : un sujet passionnant du fait de la taille de ce marché et de la diversité du pays, et s’avère relativement méconnu dans les médias en France qui se concentrent un peu trop souvent sur Walmart, Amazon ou les grandes marques spécialisées. Sur le terrain, c’est une véritable foire d’empoigne et également parfois un terreau d’innovation du fait de la taille des startups du crû qui sont venues sinon concurrencer du moins accélérer les modes opérationnels des géants du secteur. Cette semaine est l’occasion de passer en revue quelques nouvelles reprises ici et là aux US.

Lundi : Gabe’s refuse de fermer pendant la pandémie de coronavirus

Screen Shot 2020-04-18 at 11.13.37 PMLes magasins Gabe’s, anciennement Gabriel Brothers, est un détaillant privé en mode discount. Le Retailer a été fondé en 1961 et est basé à Morgantown, en Virginie-Occidentale. La société exploite 104 magasins Gabe’s à travers le Delaware, le Kentucky, l’Indiana, le Maryland, la Caroline du Nord, l’Ohio, la Pennsylvanie, le Tennessee, la Caroline du Sud, la Virginie, le New Jersey, la Géorgie et la Virginie-Occidentale (ouf). Gabe’s a décidé de rester ouvert pendant la pandémie malgré une ordonnance du Summit County Public Health (en charge localement des services de santé de la communauté dans l’état d’Ohio) de fermer après qu’elle ait déterminé que l’entreprise n’était pas dans les critères considérés comme vendre des produits de première nécessité, et pouvant donc continuer à opérer. Mais le Retailer considère que c’est le cas dans son magasin d’Akron et qu’il offre également  aux consommateurs une autre option d’achat pendant la pandémie. Il refuse donc de fermer malgré les injonctions ! Les avocats qui représentent la Retailer affirment que le magasin vend des produits de première nécessité car il vend des aliments et des articles ménagers, avec au milieu j’imagine des aliments et des produits secs en boîte, des boissons en bouteille, en plus de fournitures de premiers soins, de nettoyage, etc. Quand ont vous dit que l’Amérique n’est pas un pays de type centralisé… Et un vrai pays de cow-boys !

Mardi : un point sur la tempête des ventes des vêtements de sport au milieu de la pandémie

Photo by Aditya Ali on Unsplash

Dans une récente analyse, la société de services financiers UBS indique que deux questions majeures se posent en ce moment dans l’industrie des vêtements de sport : savoir comment les Retailers élimineront-ils les stocks immobilisés dans les magasins et combien cela leur coûtera-t-il? La bonne nouvelle est qu’ils ont probablement été en mesure de refuser 85% des produits destinés aux ventes prévisionnelles des mois de mai, juin et juillet prochain. Cela pourrait maintenir la croissance des stocks à la fin du premier trimestre à + 20-25% en glissement annuel, selon cette analyse. En même temps, on constate des niveaux de promotions sans précédent qui pourraient être poursuivies une fois les magasins ré-ouverts. L’attente d’une forte augmentation des ventes en ligne pour aider à compenser la fermeture des magasins est variable selon les marques, et les types de produits. Les vêtements de type décontractés sont certainement performants, car les consommateurs modifient leurs achats pour des articles à porter à la maison. « Les vélos et les munitions (oui, on parle des munitions, on est en Amérique) font partie des catégories qui pourraient sur-performer ». Alternativement, le golf, les équipements de sports d’équipe et les équipements de sport sous licence ne se vendent probablement pas aussi bien que la catégorie moyenne (il n’y a plus aucun spectacle sportif en ce moment). Nike ressort encore cette fois comme la marque sportive la plus forte et prend encore plus de parts de marché en raison de son excellence en e-commerce et de son contenu interactif. Puma également fait mieux que la moyenne au milieu de la perturbation pandémique, tandis que « Under Armour et Adidas ont la possibilité de « réinitialiser » leur marché et de créer de nouveaux départs pour leur activité une fois la situation COVID-19 terminée ». Façon de dire que ce ne sont pas les marques les mieux placées pour résister à la concurrence du moment. L’analyse UBS sur le secteur est également mitigée pour Foot Locker, Vista Outdoors, Sportsman’s Warehouse et Dick’s Sporting Goods. Toutes ces chaînes attendent avec impatience que les consignes de confinement en cours aux États-Unis soient inversées.

Mercredi : Pour répondre à la demande en ligne, Whole Foods transforme les emplacements physiques en «dark stores» 

Screen Shot 2020-04-18 at 9.14.02 PMÀ mesure que la demande d’épicerie en ligne augmente, les Retailers doivent repenser leurs business et faire preuve de créativité avec les ressources dont ils disposent. Chez Whole Foods, l’entreprise a dû fermer temporairement son magasin de Manhattan Bryant Park pour se concentrer sur les livraisons d’épicerie « Prime » et répondre à davantage de commandes. Il s’agit de transformer le magasin en « dark store », où seuls les employés peuvent aller à l’intérieur pour ramasser et emballer les articles. Cette décision met en évidence les décisions rendues nécessaires alors que ces entreprises enregistrent des ventes record, ce qui augmente aussi le stress du personnel. Avec la demande numérique qui explose, les Retailers tentent de comprendre comment garder les magasins ouverts tout en sécurisant la demande du e-commerce. Amazon, par exemple, a transformé un autre magasin en Californie du Sud sur le même mode et a mis en place une liste d’attente pour les nouveaux clients de l’épicerie en ligne, car étant dans l’incapacité de répondre à la nouvelle demande. Kroger de son coté a converti il y a trois semaines l’un de ses magasins de la région de Cincinnati en un lieu de ramassage seulement. Alors que ces grands acteurs transforment leurs surfaces existantes en nouveaux concepts, c’est aussi l’opportunité pour investir dans d’autres solutions opérationnelles à long terme. Amazon a utilisé ses données internes pour essayer de tirer le meilleur parti de la tempête, ce qui explique pourquoi il ferme maintenant temporairement certains emplacements à Manhattan et Los Angeles qui sont probablement les épicentres de la demande de commandes numériques. Pour Bryant Park, l’emplacement remplissait déjà de nombreuses commandes numériques avant la crise, étant donné aa situation urbaine et la concentration de personnes à forts revenus à proximité. La société a déclaré qu’au cours des dernières semaines elle avait augmenté sa capacité d’épicerie en ligne de 60%. C’est une situation qui est commune à tous les retailers : Walmart, par exemple, a embauché plus de 100 000 personnes au cours des trois dernières semaines à la fois pour aider à remplir les étagères et à exécuter les commandes numériques. Target a également annoncé avoir embauché plus de 70 000 nouveaux acheteurs pour sa plateforme Shipt. Bien que cela soit une réponse en des temps relativement incertains en terme d’achats, il est peu probable que le comportement des consommateurs revienne à la normale. De plus en plus de gens essaient maintenant la commande d’épicerie en ligne, et certains d’entre eux apprécieront certainement de ne plus avoir à se déplacer et décideront de continuer à acheter de la même façon. Les Retailers doivent donc non seulement faire face à l’énorme pic du moment, mais aussi se préparer à ce à quoi ressemblera leur activité dans le futur. Ceux  qui ont la possibilité de planifier l’avenir essaient de trouver des investissements à long terme pour mieux amortir ce changement de comportement rapide.

Jeudi : Instacart passe à la livraison d’ordonnances avec Costco

Costco et Instacart

L’entreprise américaine spécialisée dans la livraison de produits alimentaires, via des livreurs indépendants, Instacart lance un service de livraison d’ordonnance médicale grâce à un partenariat avec Costco, car la demande de livraison en ligne continue d’augmenter du fait de la pandémie. La société a déclaré jeudi que le service de livraison est désormais disponible dans près de 200 sites Costco en Arizona, en Californie, au Delaware, en Floride, en Illinois, à New York, à Washington et à Washington, DC. pour commencer et qui se développera à l’échelle nationale dans les prochains mois. Les clients qui utilisent le service de prescription en ligne recevront un SMS de leur service de pharmacie chez Costco lorsque leur prescription sera prête. Le SMS comprendra un lien avec l’option permettant de planifier leur prescription pour la livraison. Une fois que le client a cliqué sur le lien, il sera redirigé vers le site de Costco. De là, les clients peuvent confirmer leur prescription et continuer à ajouter des produits d’épicerie et des articles ménagers à leur bon de livraison sur Instacart. Les commandes sont livrées aux clients dans un sac scellé et inviolable pour assurer la sécurité et la confidentialité des clients. Instacart offre également la livraison sans contact pour la plupart des médicaments. Les acheteurs Instacart peuvent scanner l’ID d’un client pour la vérification sans signature des commandes de prescription éligibles. Les clients peuvent également planifier la livraison jusqu’à une semaine à l’avance dans le cadre du nouveau service. Ce nouveau service a été stimulé par la demande du fait de la croissance significative du service qui a vu sa demande monter en flèche. Le volume total des commandes de la société la semaine dernière était supérieur de 400% à celui de la même semaine de l’année dernière. Les clients dépensent également plus. La taille moyenne du panier client – c’est-à-dire le montant total qu’un client dépense pour sa commande sur Instacart – est de plus de 25% d’un mois à l’autre, selon la société. L’augmentation de la demande a incité Instacart à étendre sa portée en ajoutant près de 150 nouveaux magasins à son marché depuis le 1er mars. Il ajoute également des travailleurs pour suivre l’augmentation de la clientèle. Instacart a annoncé le 10 avril avoir doublé son équipe «Care», passant de 1 200 agents à 3 000 agents. Ceci étant, la nouvelle de l’embauche  massive a provoqué une grève organisée en mars par des livreurs d’Instacart qui exigeaient un équipement de protection individuelle, une prime de risque, des pourboires par défaut et une indemnité de maladie prolongée. Coté Instacart, les marges générées par les livraison sont faibles et l’entreprise profite de la période actuelle pour développer son volume d’affaires.

Vendredi : Kohl’s suspend ses versements de dividendes après avoir obtenu un crédit renouvelable de 1,5 milliard de dollars

Kohl’s

Kohl’s, un des géants du Retail aux États-Unis avec presque 1.200 magasins pour 122.000 employés et un chiffres d’affaires de 19 milliards de dollars, a annoncé avoir conclu un accord sur une facilité de crédit renouvelable de 1,5 milliard de dollars avec la Wells Fargo Bank, dont le montant a été immédiatement prélevé en totalité, activant une clause qui impose des restrictions sur le paiement des dividendes. La récente annonce du Gouvernement français demandant aux entreprises dont l’État est actionnaire de ne pas verser de dividendes cette année, espérant ouvrir la voie au rappel à l’ordre des groupes privés, cela vous parler ? S’appuyant maintenant uniquement sur les ventes de son activité e-commerce et ce que l’on appelle en France le “click & collect sans contact”, où le client récupère sa commande dans le magasin de son choix, en raison de la pandémie de coronavirus, Kohl a mis la plupart de ses effectifs en congés forcés, tandis que sa PDG Michelle Gass a renoncé à son salaire pendant la crise. Sur les 1,5 milliard de dollars qu’il vient d’emprunter, Kohl’s a affecté environ 1 milliard de dollars au refinancement de la dette existante. Le reste sera utilisé pour lui donner plus de «flexibilité financière», ce qui est également la raison de son arrêt temporaire des dividendes, ce qui semblait inévitable. Les actions de Kohl ont déjà commencé à se négocier à la baisse dès le 1er avril, les investisseurs ayant eu vent d’une baisse potentielle du dividende. La suspension commence avec l’exercice 2020 dividende en espèces du deuxième trimestre et se poursuit indéfiniment. Kohl a déclaré qu’il était toujours déterminé à payer le dividende une fois que le détaillant verrait une « stabilisation de l’environnement ». Quand, ça, c’est une autre affaire.

 Il se passe toujours quelques chose en Amérique. À la prochaine !

À quoi bon peut servir la Blockchain (à part jouer avec le feu et les Bitcoins)

Photo by Chris Liverani on Unsplash
Photo by Chris Liverani on Unsplash

Expliquer ce qu’est la Blockchain est un exercice complexe. Il y a suffisamment de matière sur Internet pour se faire une idée de sa définition, je vais donc m’intéresser aux cas pratiques rencontrés aux États-Unis… sans négliger un peu d’explications !

Les bases

Une Blockchain est une sorte de registre ouvert et distribué qui peut enregistrer les transactions entre deux parties de manière vérifiable et permanente. La technologie Blockchain offre un moyen pour deux parties de parvenir à un accord (ou à un consensus) sur une relation numérique commune. Cet historique numérique commun est important car les actifs et les transactions numériques sont en théorie facilement falsifiés ou dupliqués. La technologie Blockchain résout ce problème sans utiliser d’intermédiaire de confiance.

Cela se matérialise par une liste d’enregistrements en continu, appelés blocs, qui sont liés et sécurisés à l’aide de la cryptographie. Chaque bloc contient généralement un traduction cryptographique du bloc précédent, un horodatage et des données de transaction. Par sa conception, une Blockchain est intrinsèquement résistante à la modification des données. « La conséquence pratique est de disposer pour la première fois d’un moyen pour un internaute de transférer une propriété numérique unique à un autre internaute, de sorte que le transfert soit sûr et sécurisé, tout le monde sait que le transfert a eu lieu, et personne ne peut contester la légitimité du transfert. Les conséquences de cette percée sont difficiles à surestimer. » Voici les commentaires de Marc Andreessen, le célèbre investisseur de la Silicon Valley et fondateur de Netscape dans les temps anciens d’Internet, sur la Blockchain.

En août 2017, Walmart, Kroger, Nestlé et Unilever, entre autres, se sont associés à IBM pour utiliser la technologie de la Blockchain afin d’améliorer la sécurité alimentaire grâce à un meilleur suivi de la chaîne d’approvisionnement. Walmart travaille avec IBM depuis 2016 et a déclaré que cela a permis de réduire le temps nécessaire au suivi des expéditions de mangues, par exemple de 7 jours à 2,2 secondes. Avec 9 autres grands fournisseurs alimentaires rejoignant le projet IBM, l’industrie alimentaire, où la collaboration est généralement rare, pourrait également être mieux alignée pour les rappels de sécurité, comme cela arrive trop souvent. Le chef de la sécurité alimentaire de Kroger, Howard Popoola, a déclaré: « C’est l’occasion pour nous de parler d’une seule voix et de dire au monde que la sécurité alimentaire ne sera pas un problème de concurrence. » Les développements autour des technologies de Blockchain, de cryptocurrencies, avancent à une vitesse sans précédent. Les détaillants ne peuvent pas l’ignorer ou penser qu’ils peuvent attendre pour commencer à payer plus d’attention. Alors, que peut-on faire maintenant ?

La Blockchain pour l’identification

Utiliser le processus d’identification sur Internet avec la Blockchain est un très bon cas d’utilisation pour comprendre quelle valeur ajoutée cela apporte aux normes actuelles. Civic Technologies, une startup située à San Francisco, sécurise et protège les identités en donnant aux entreprises et aux particuliers les outils nécessaires. Grâce à leur architecture décentralisée avec la Blockchain et la biométrie sur les smartphones, la plateforme Civic permet aux utilisateurs de partager et de gérer leurs données d’identité de façon entièrement vérifiée. Ce nouvel écosystème réduit le coût global de «KYC» (concept à la mode signifiant «Connaissez votre client» qui correspond au processus d’identification et de vérification de l’identité de ses clients), supprime les inefficacités, améliore la sécurité et la confidentialité, facilite considérablement l’expérience utilisateur et révolutionne la chaîne de vérification d’identité actuelle. L’objectif de l’entreprise est de créer une relation de confiance et de créer un réseau de protection des identités où les consommateurs peuvent s’inscrire gratuitement aux services de protection contre le vol d’identité et ainsi permettre au système de vérifier et d’authentifier qui ils sont. Cette stratégie a aidé Civic à créer des systèmes de vérification d’identité qui seront la base d’une vision beaucoup plus large : créer des identités numériques pour tous.

Civic
Civic

Civic a ainsi développé un nouveau type de service d’authentification, appelé ChainAuth, qui utilise la Blockchain pour valider les informations d’identification des personnes. Vos informations personnelles ne sont jamais stockées dans la blockchain, mais Civic utilise l’infrastructure cryptographique pour s’assurer que les données sur votre appareil ne sont jamais modifiées ou compromises. Fondamentalement, Civic valide vos informations personnelles et votre identité, les stocke sur votre téléphone mobile (pas sur les serveurs de Civic) et vous seul pouvez voir ou utiliser ces informations. Cela signifie que si Civic devait être piraté, vos informations ne seraient jamais divulguées parce qu’elles ne l’ont tout simplement pas sur leurs serveurs.

Maintenant que vos informations sont sécurisées sur votre appareil (et sauvegardées sur le système d’exploitation utilisé sur votre téléphone), vous pouvez utiliser ces informations pour effectuer l’une des opérations suivantes, par exemple :

– Ouvrir de nouveaux comptes avec des banques et d’autres institutions, ou seulement des sites Web et des applications,

– Entrer sans mot de passe sur les sites Web et les applications et authentification intégrée à 2 facteurs,

– S’inscrire de façon privée sur les  sites et les applications mobiles (elles peuvent vous permettre de vous inscrire sans prendre aucune information personnelle),

– Stockez vos clés cryptographiques et toute autre information personnelle, comme les dossiers médicaux, etc.,

– Générer des pièces d’identité et des passeports numériques (éventuellement, une fois que les gouvernements auront commencé à accepter Civic).

Les sites Web et les applications qui acceptent ces informations de Civic peuvent être assurés que vous êtes une personne réelle, et que toute information transférée est entièrement vérifiée – ce qui réduit les faux comptes, la fraude et même les trolls. Il y a une bonne raison pour laquelle les banques, le gouvernement et d’autres sites sécurisés n’acceptent pas les connexions sociales : les informations ne sont pas sécurisées ou vérifiées. Aujourd’hui, les sites Web et les applications peuvent également vous demander de vérifier les informations supplémentaires dont ils ont besoin, à la demande. L’avantage est qu’une fois que vous l’avez fait une fois pour un service, vous pouvez le réutiliser avec d’autres services. La société Civic a été lancée aux États-Unis pour les comptes vérifiés (nom vérifié, adresse et numéro de sécurité sociale) et également dans le monde entier (uniquement pour les comptes de base signifiant e-mail et numéro de téléphone vérifiés).

Avant la Blockchain - Après

 La Blockchain dans la gestion de la chaîne d’approvisionnement

Il existe quelques startups qui sont à l’avant-garde de l’utilisation de la technologie blockchain dans la gestion de la chaîne d’approvisionnement. Des géants de la technologie comme IBM, SAP et Oracle font également de la recherche et développement de solutions de chaîne d’approvisionnement qui sont testées par des sociétés comme Walmart et Maersk. À mesure que le développement progressera, la chaîne d’approvisionnement connaîtra une révolution qui améliorera l’efficacité et la transparence, au centre desquelles se trouvera la technologie blockchain.

SkuChain
SkuChain

Skuchain, une start-up basée à Mountain View en Californie, est l’un des acteurs les plus renommés dans l’industrie des solutions de chaîne d’approvisionnement de blockchain. Fondé par son PDG Srinivasan Sriram en 2014, Skuchain offre une plateforme de commerce collaboratif à ses clients. Identifiant les normes divergentes, et la mécanique opaque qui régit habituellement les règles du commerce international avec l’indisponibilité des données pour tous les participants de la chaîne d’approvisionnement, considéré comme étant les plus grands défis sur le marché, Skuchain s’est associé avec d’autres sociétés technologiques telles que NTT Data au Japon pour résoudre ces problèmes. Parmi les solution proposée, on peut citer le financement des stocks en mode Blockchain et un système de suivi et de traçabilité utilisant la technologie RFID. Skuchain travaille avec Chain of Things, un laboratoire de recherche « Blockchain-for-IoT » (la Blockchain pour les objets connectés), pour explorer la formulation de normes sur la façon dont les fonctionnent la signature des données des capteurs et de leur inscription sur la blockchain. Chain of Things fournit à Skuchain une communauté d’early-adopteurs (des spécialistes éclairés sur le sujet),  ce qui est crucial pour faire avancer le schmilblick de la Blockchain.

Eximchain a été fondée en 2015 au MIT et a depuis développé des solutions Blockchain de pointe pour l’industrie de la chaîne d’approvisionnement, avec une gamme de produits garantissant efficacité, sécurité et transparence. Parmi leurs produits, le financement de la chaîne d’approvisionnement dans lequel une startup utilise des contrats « intelligents » pour permettre aux institutions financières de vérifier la validité des commandes passées et de fournir le financement nécessaire. Eximchain facilite également la gestion transparente des stocks en permettant aux clients de partager les informations sur la demande et l’inventaire dans un grand livre commun.

Basé à Londres, Provenance est une startup dont la mission est de permettre aux entreprises de générer la confiance dans leurs produits et d’aider le consommateur final à prendre une décision éclairée sur les produits qu’ils achètent. Contrairement à Skuchain, dont l’objectif principal est l’utilisation en entreprise, Provenance cherche à tirer profit des données collectées dans le processus de la chaîne d’approvisionnement pour le bénéfice de consommateurs finaux afin qu’ils puissent être plus autonomes lorsqu’ils décident des produits qu’ils souhaitent acheter. Provenance vise à aider le consommateur final à suivre l’origine d’un produit ainsi que son évolution tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Cela créera la confiance dans les marques qui offrent la qualité, et ceux dont la qualité est compromise seront tout aussi facilement identifiés et évités. Les solutions de données transmises par Provenance peuvent être intégrées dans n’importe quel produit physique grâce à des étiquettes intelligentes, et même sur un site Web ou une application mobile. Leur projet pilote a été testé pour la traçabilité du thon en Indonésie, depuis sa pêche au consommateur final, avec d’excellents résultats.

La Blockchain et l’Internet des objets

Photo by Ben Kolde on Unsplash

Il y a une évidente relation entre l’Internet des objets, du fait de la prolifération continue de dispositifs de collecte de données dans la vie quotidienne, et au travail, et la blockchain, conçu pour permettre la création d’enregistrements infalsifiables en temps réel. Les enregistrements dans la Blockchain sont par nature transparents : l’activité peut être suivie et analysée par toute personne autorisée à se connecter au réseau. Si quelque chose se passe mal, comme par exemple des ruptures qui surviennent, des fuites de données qui apparaissent là où elles ne le devraient pas, alors l’enregistrement dans la Blockchain simplifie l’identification du maillon faible et, espérons-le, permet de prendre des mesures correctives. L’utilisation du cryptage et du stockage distribué signifie que toutes les parties impliquées dans la chaîne d’approvisionnement peuvent faire confiance aux données. Les machines enregistrent, en toute sécurité, les détails des transactions qui ont lieu entre elles, sans surveillance humaine. Les facilités de « contrat intelligent » fournies par certains réseaux de Blockchain, tels que Ethereum, permettent la création d’accords qui seront exécutés lorsque les conditions seront remplies. Cela peut être très utile lorsqu’il s’agit, par exemple, d’autoriser un système à effectuer un paiement, lorsque les conditions indiquent que la fourniture d’un service a été fournie. La Blockchain offre la possibilité d’améliorer considérablement la sécurité globale de l’environnement des objets connectés. Une grande partie des données générées par l’Internet des objets est évidement très personnelle, comme par exemple les appareils domestiques intelligents qui ont accès à des détails intimes sur nos vies et nos routines quotidiennes.

Ce sont des données qui doivent être partagées avec d’autres appareils et services conçus afin de nous être utiles. Mais cela signifie également qu’il y a beaucoup plus d’opportunités pour que les pirates informatiques puissent accéder à ces informations. Les entreprises et les gouvernements investis dans  l’Internet des objets doivent également faire face à cette possibilité accrue de violation de données par des criminels, ou des rivaux ennemis étrangers. La IOTA Fondation fait partie de ces organisations qui travaillent à la définition d’une nouvelle norme dans l’industrie et à une «économie à la demande en toute confiance en établissant un nouveau type de Ledger of Everything (sorte de livre comptable numérique)».

IOTA Fondation
IOTA Fondation

Le registre, dans le vocabulaire de la Blockchain, est le « livre » où les transactions passant par la blockchain sont écrites. La principale innovation derrière la IOTA Fondation est un nouveau registre révolutionnaire (appelé Tangle) qui est évolutif, simplifié et qui, pour la première fois, permet de transférer de la valeur sans frais. Cela apporte de nouvelles opportunités de business pour les entreprises que les frais prohibitifs tenaient à l’écart jusqu’à présent. Créés spécifiquement pour le traitement des objets connectés, les interactions et les paiements, la IOTA Fondation a développé une devise symbolique de ce nouveau système qui devrait être soutenue par la Deutsche Bank, qui considère que ce système présage le futur potentiel de l’économie mondiale. RBVC (la société de capital-risque de Robert Bosch GmbH) a investi dans la IOTA Fondation et un partenariat  a également été signé avec la société automobile Volkswagen du fait que l’avenir des voitures intelligentes (ou voitures connectées) pourrait devenir une technologie décentralisée. La ville de Taipei a inclus la IOTA Fondation dans son projet et son équipe pour aider à développer des projets dans le cadre de la ville intelligente.

La Blockchain et les paiements

Les crypto-monnaies ont le potentiel de résoudre de véritables problèmes dans le monde de la consommation. Il y a 2,5 milliards de personnes qui sont actuellement en dehors du système financier, dont 1 Américain sur 12. L’une des raisons pour lesquelles le Bitcoin et les autres crypto-monnaies (une de ces crypto-occurrences utilisant la blockchain en tant que plate-forme de sauvegarde) suscitent un tel intérêt est qu’elles offrent l’opportunité de contourner des formes de paiement encore trop onéreuses. BitPay, l’une des premières sociétés consacrées à la de technologie de paiement Bitcoin, construit des outils pour dépenser, accepter et construire avec bitcoin. BitPay, offre une intégration de paiement bitcoin au point de vente de sorte que les e-commerçants peuvent accepter la crypto-monnaie comme mode de paiement. Newegg a annoncé récemment qu’il donnait à ses clients canadiens la possibilité de payer avec des Bitcoins, après les États-Unis en août 2014, confirmant ainsi un intérêt croissant pour ce type de transactions. Même si les transactions en Bitcoin représentent toujours un petit flux des transactions, elles ne cessent de croître.

Bitpay - Newegg
Bitpay – Newegg

Newegg est une des plus importantes sociétés de e-commerce en Amérique du Nord, avec une présence mondiale dans plus de 50 pays, en Europe, en Asie-Pacifique, en Amérique Latine et au Moyen-Orient avec près de 40 millions de clients. Newegg accepte les paiements par Bitcoin grâce à la plate-forme BitPay, et gère également les remboursements. Une autre société de e-commerce Américaine basée à Midvale, Overstock (avec ses 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires), est l’une des rares à accepter les Bitcoins comme paiement pour ses produits, un mouvement qui poussera peut être un jour Amazon à faire de même. Overstock a commencé à accepter bitcoin à la fin de 2013, mais actuellement seulement 0,25% du chiffre d’affaires du site e-commerce provient d’achats avec des Bitcoins, principalement sur la literie et la décoration intérieure. Pour l’instant, les acheteurs utilisant Bitcoin vont ailleurs pour trouver des vêtements. Certains magasins acceptent déjà les bitcoins comme mode de paiement. Lush, le magasin de cosmétiques britannique, qui a connu une croissance rapide avec des magasins à travers le monde, a décidé d’adopter le Bitcoin comme une forme de paiement pour son magasin en ligne. Parce que le Bitcoin n’est lié à aucune autre monnaie fiduciaire, il n’est pas affecté par les fluctuations des taux de change mondiaux, ce qui signifie que les clients du monde entier paient tous la même chose pour un produit. Leur directeur financier a déclaré que les crypto-monnaies sont l’avenir du commerce mondial et qu’ils veulent s’assurer être prêts à entrer dans cette nouvelle ère numérique. La société espère que l’utilisation d’une monnaie mondiale décentralisée ouvrira les portes d’un marché mondial, de fournisseurs mondiaux et même de groupes caritatifs basés dans les zones rurales à travers le monde. Lush voit cette initiative comme une première étape dans l’exploration de la technologie blockchain afin de fournir «un point de vue éthique sur ses possibilités».

Bitcoins et StreetWear
Bitcoins et StreetWear

La liste des détaillants de vêtements qui acceptent la crypto-monnaie jusqu’à présent est courte, mais ceux qui ont commencé à accepter des Bitcoins et autres sont particulièrement optimistes sur la technologie qui l’alimente, la Blockchain. Des sociétés comme Jeffersons (New Jersey) et Kicx Unlimited (Sacramento, Californie) semblent avoir trouvé une connexion entre les mondes de la crypto-monnaie et du streetwear. Il semble qu’un manque de confiance dans les systèmes traditionnels établis (les conglomérats de luxe et les banques) soient un bon cocktail pour développer l’usage des crypto-monnaies. Mais la raison réelle pourrait être beaucoup moins abstraite, du fait de la culture streetwear : essayer de suivre les dernières tendances. Les jeunes millenials sont déjà technophiles et n’ont pas peur de tester de nouvelles devises comme le Bitcoin. Plus de la moitié des détaillants utilisant le système de paiement Square seraient partant pour adopter le Bitcoin comme mode de paiement. Le résultat est un peu surprenant puisque les commerçants semblent plutôt éloignés de Bitcoin, du fait des fluctuations de prix incontrôlables. En Novembre dernier, Square a commencé à laisser certains clients acheter Bitcoin sur son système Cash App, ce qui permet aux utilisateurs d’envoyer de l’argent à des amis. La société a déclaré en janvier qu’elle déployait l’option à presque tous les utilisateurs. Des frais élevés, des temps de transaction lents et une volatilité extrême ont fait que beaucoup de sceptiques doutent que Bitcoin puisse réussir comme une forme légitime de paiement.

50+ Examples of How Blockchains are Taking Over the World par Matteo Gianpietro Zago

Ces trois différents cas d’usage ne sont que la partie visible de l’iceberg qui attend les différentes industries qui sont en train de faire l’objet d’un véritable raz de marée applicatif. Il ne se passe pas un jour sans que des entrepreneurs de startups utilisent les nouvelles formes de financement proposées par les ICO (pour initial currency offering), cette nouvelle méthode de levée de fonds fonctionnant via l’émission d’actifs numériques échangeables contre des crypto-monnaies (appelés « tokens » ou jetons numériques, émis et échangés grâce à la technologie Blockchain) durant la phase de démarrage d’un projet, pour lancer de nouveaux services.

Pour lire plus sur ce graphe de Matteo Gianpietro Zago, c’est par ici.

L’actualité High-Tech de la semaine (en mode podcast) : Lyft, Tango Card, Uber, Kroger, et Peach

Lyft travaille sur son prochain scooter électrique

Photo by Simon Buchou on Unsplash

Lyft envisage de lancer un service de scooter électrique (en fait, des trottinettes équipés d’une batterie, capable d’aller à une vitesse maximale de 14 miles à l’heure) sur la ville de San Francisco. La société a engagé pour cela une société de conseil afin d’étudier les conditions de validation d’un permis d’exploitation puisque la ville a récemment décidé de contrôler plus sérieusement ce type de véhicules depuis la mise en place des 3 sociétés exploitants ne satisfait pas les règles de sécurité suffisantes (il s’agit de Lime, Bird et Spin). Lyft a déjà commencé à développer des prototypes de scooters électriques. La ville devrait autoriser jusqu’à cinq compagnies de scooters à opérer dans le cadre d’un programme pilote. Lire plus d’informations ici.

Tango Card recharge ses batteries

Site web de Tango Card

La plateforme de carte-cadeaux numériques Tango Card, basée à Seattle, lève $35 millions auprès de FTV Capital. L’entreprise gère des programmes de carte-cadeaux pour les entreprises souhaitant utiliser ce type de récompenses, et pour le grand public qui les achètent habituellement en magasin. Lire plus d’informations ici.

Uber se la joue positif

Photo by Victor Xok on Unsplash

Uber vient de clôturer ses comptes du 1er trimestre 2018 avec un chiffre d’affaires de 2,59 milliards de dollars, en hausse de 70% par rapport à la même période en 2017. Ô miracle, le résultat est un bénéfice de 2,46 milliards de dollars… Non, attendez, ces chiffres inclut un gain de $3 milliards provenant de la vente d’opérations en Asie du Sud-Est et en Russie. Hors ces profits exceptionnels, Uber a en fait perdu 550 millions de dollars (et non un peu moins de 1 milliard comme je l’indique le podcast). De bonnes raisons d’espérer ? Étant donné les ambitions affichées par le CEO, et les multiples tracas que rencontre l’entreprise, permettez moi d’en douter. Lire plus d’informations ici.

Kroger sur les pas d’Albertsons

La chaîne d’hypermarchés Kroger ($122 milliards en revenus avec 2.800 magasins à travers les US et 450.000 employés, basée à Cincinnati, Ohio) fait l’acquisition de la société de Chicago Home Chef pour 200 millions de dollars, avec 500 millions de dollars additionnels payables sur cinq ans en fonction des résultats futurs de la startups. Home Chef distribue des meal kits et continuera de fonctionner comme une filiale de Kroger, conservant ses bureaux et ses propres installations de distribution. Lire plus d’informations ici.

Une nouvelle startup de livraison de repas face aux problèmes de cette industrie

La startup de livraisons de repas aux aux immeubles de bureaux Peach, basée à Seattle, licencie 13 employés, soit 33% de son personnel (sic). Le CEO a déclaré que des compressions d’effectifs étaient nécessaires suite à une « nouvelle expérience de distribution » de produit qui n’a pas eu le succès escompté; Peach livre des commandes de repas. Lire plus d’informations ici.

Je remercie Sza et son album “Ctrl” pour m’avoir accompagné pendant ce podcast :