Thom Yorke se fait pirater des chansons : Radiohead les met en vente sur Internet

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Se faire pirater des informations sur Internet, ça peut vous arriver tous les jours. Les cas se multiplient et touchent tout le monde. Les entreprises sont la cible d’espionnage industriel mais très souvent c’est une question d’argent, bien sûr. Cela peut ainsi toucher n’importe qui, notamment dans le monde du spectacle et des célébrités qui ne prennent pas toujours au sérieux les mesures à prendre pour se protéger de ces attaques.

Les cybercriminels utilisent des outils de plus en plus avancés et évolutifs et les statistiques ne cessent de grossir à ce sujet : 2 milliards d’enregistrements de données auraient été compromis en 2017 et plus de 4,5 milliards d’enregistrements ont été subtilisés au premier semestre de 2018, pour donner une idée des chiffres.

Les méthodes et les moyens sont de plus en plus affinés : kits de phishing avancés, attaques d’accès à distance, attaques via des smartphones, vulnérabilités dans la domotique et l’Internet des objets, utilisation de l’intelligence artificielle…ça ne va pas s’arranger avec le temps.

C’est donc arrivé à Thom York, le chanteur du groupe de rock Radiohead. Il s’est fait voler un mini-disque comprenant quelques mégas de chansons composées à l’occasion de leur album « Ok Computer« , sorti le 16 juin 1997 et qui reste un des plus gros succès du groupe, mais là je laisserai les fans spécialistes donner leur vision du sujet dans les commentaires de cet article. Enregistrer un album, que j’ai eu l’occasion de réaliser avec mon ami Francis Jocky au studio Gang à Paris pour son troisième album, c’est aligner les bandes sons, les prises, les essais, les instruments…

Les pirates ont fixé à $150,000 la rançon pour récupérer les fichiers, sans quoi ils les rendraient publics. Ils auraient dû se renseigner avant. Radiohead est un des rare groupe au monde à avoir proposé à leurs fans de fixer le prix de leur album « In Rainbows » lors de leur départ du label EMI en appliquant le « pay what you want ». Ce qui fut le le septième album de Radiohead, publié sur le site Web du groupe en octobre 2007 sous forme de téléchargement correspondant à la quantité désirée par les utilisateurs, y compris à 0 £ fut saluée comme une révolution dans la façon dont les grands groupes vendent leur musique par les médias. Le nombre de téléchargements a été estimé à 1,2 million de fois sans être confirmé par la direction de Radiohead, affirmant que la distribution était censée stimuler les ventes au détail ultérieures.

La chose fut annoncée par Jonny Greenwood, le guitariste de Radiohead, sur leur page Instagram, car il faut reconnaître que c’est sur ce réseau social que se passent les choses les plus intéressantes de nos jours. Zuckerberg avait vu juste en rachetant cette startup à prix d’or il y a fort longtemps.

Le groupe a décidé de faire un autre coup du genre en mettant en vente l’intégralité des enregistrements sur le site de Bandcamp pour un montant minimal de 18 livres Britanniques, et ce pour les 18 prochains jours seulement. Quel joli pied de nez, et quel cadeau pour les fans ! Je suis en train de l’écouter, car naturellement j’ai acheté l’objet numérique en question, et j’avoue avoir l’impression de participer à ce qui fut certainement une petite révolution dans le monde du rock lorsque l’album « Ok Computer » fut sorti, avec ces bouts d’essais, ces enregistrements faits en live avant l’enregistrement des titres en studio.

Et comme les petits gars n’en loupent pas une pour faire passer leur message, ils en ont profité pour faire la promotion de l’organisation « Extinction Rebellion » un mouvement socio-politique qui utilise la résistance non-violente pour protester contre le dérèglement climatique, la perte de biodiversité et le risque d’extinction humaine et d’effondrement écologique qui toucheront les produits de la vente. « Tout ce contenu n’est pas très intéressant » a estimé Thom York en commentaire. Un exemple de leur message sur cette vidéo (enregistrée avec un titre de Radiohead et ça décoiffe) : 

Radiohead
Les titres des bandes piratées

Mise à jour : un de nos lecteurs nous a fait part du fait qu’il s’agit en fait d’une opération marketing déguisée de la part du groupe, qui n’en est pas à son premier acte. Vous pourrez lire son commentaire ci-dessous et je vous laisse juge !

Les news du CES 2019 avec la musique pour tous

CESC’est quoi le CES (au cas où vous vous êtes un peu éloignés de nouvelles technologies, du poste de télévision, de la radio et d’Internet ces dernières années) : le Consumer Electronics Show (CES pour les intimes), c’est devenu depuis belle lurette (c’est à dire son lancement en 1967) « le plus important salon consacré à l’innovation technologique en électronique grand public…

La musique, ce langage universel de tous les humains, constitue le lien par lequel nous pouvons tous établir des liens, quels que soient les facteurs qui nous divisent, tels que la culture et les croyances religieuses. En tant que telle, la musique a rapproché les gens pendant des siècles. Cependant, la création de musique avec des instruments de musique peut être difficile et fastidieuse, car il faut énormément de temps pour maîtriser un instrument donné. En conséquence, même les personnes profondément passionnées peuvent parfois perdre le sens de l’intérêt pour l’apprentissage et la création musicale.

Just Mixer 5 - 5 channel audio mixer with bluetooth
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Maker Hart a pour objectif de garder motivés les gens intéressés par la création musicale (sans en avoir les talents à l’origine…) en proposant des options et un soutien aux personnes apprenant à jouer d’un instrument électronique. L’objective de Maker Hart est de créer de nouvelles technologies musicales qui permettent aux passionnés de musique, amateurs comme professionnels, de s’exprimer musicalement. La technologie s’adresse à tous les types d’amateurs de musique, des débutants amateurs aux experts professionnels, et fournit une myriade de produits spécialisés pour ce faire. Maker Hart combine l’interface MIDI (MIDI) des instruments de musique Bluetooth, des capteurs et l’énorme quantité de code open source disponible depuis ces dernières années. En reconnaissant les possibilités offertes par les codes d’open source, Maker Hart facilite la création et l’édition de musique. En outre, ils travaillent et améliorent constamment leurs produits (naturellement. c’est la philosophie open source). Par conséquent, de nouvelles fonctionnalités et innovations sont régulièrement rendues disponibles.

Des mini « mélangeurs audio » aux nouveaux instruments de musique, la qualité et le niveau de produit de Maker Hart sont censés créer la différence. Chaque année, Maker Hart assiste à de nombreuses évènements, où sont exposés certains de leurs instruments de musique les plus novateurs. Le public est autorisé à y tester et essayer différents produits. La présence de Maker Hart à ce type de manifestations sert à inspirer et à attirer les gens, les jeunes et les moins jeunes. En permettant au public d’essayer leurs nouveaux instruments, ils permettent de susciter leur intérêt pour la création musicale à un nouveau public. Aux côtés de ces nouveaux instruments figurent des produits bien établis, ce qui permet au public d’observer comment les produits interagissent les uns avec les autres et comment la musique peut être recréée et modifiée. En tant que telle, cette expérience éducative devient amusante pour la population plus jeune et inexpérimentée musicalement, elle servira à les motiver et à les pousser plus loin dans l’exploration et la production de musique. L’innovation constante et la progressivité dans l’industrie de la musique sont les idéaux qui défendent Maker Hart. L’entreprise continuera donc à fournir des instruments créatifs qui passionnent les jeunes et les moins jeunes et les impliquent aux foires.

Clairement, mes affaires ne vont pas s’améliorer avec mon ami auteur, compositeur et interprète Francis Jocky, qui est d’ailleurs en pleine préparation d’un nouvel album. Comme beaucoup d’artistes, il conçoit la création musicale comme un art, et non une science. J’imagine qu’il en faut pour tous les goûts !

L’actualité High-tech du jour : Tidal… aïe, aïe, aïe

Un journal, par définition, c’est quotidien. Bienvenue sur cette rubrique au jour le jour sur ce qu’il faut retenir de la Silicon Valley !

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Que se passe-t-il quand des stars de Los Angeles se prennent pour des business Angels de la Silicon Valley ? Ça buzz, mais la réussite n’est pas forcément au rendez-vous ? Il s’agit dans le cas présent de Jay-Z qui a souhaité rentrer dans l’investissement qu’il a fait dans une société Suédoise : Aspiro. J’en ai déjà parlé ici, mais la tentative de la star du rap avec d’utiliser cette solution de streaming live pour tenter un gros coup de pub récemment mérite une petite update comme on dit dans le métier. On en sait d’ores et déjà un peu plus sur les intentions de l’artiste et investisseur : rétablir l’équilibre financier d’une industrie musicale qui a vu les artistes perdre complètement le contrôle de leur copyrights.

Soyons clairs : depuis l’avènement des plateformes de streaming comme Spotify, les labels, à la fois « banquiers » et Grands Gurus ayant droit de vie et de mort sur un artiste, on perdu le contrôle, en quelque sorte. Aujourd’hui, la musique gratuite s’est généralisée sur Internet. Et les artistes sont plus que jamais seuls face au levier que constitue Internet : Youtube, Spotify, et les autres acteurs qui essayent de se payer une part du gâteau comme Deezer (histoire de faire plaisir à l’audience Française de ce blog), Rdio (pour citer une radio locale, en bon San Franciscain que je suis devenu). Les labels ont touché des chèques, et je me rappelle encore la photo de celui que Sir Nègre (et son sourire) avait empoché à l’occasion d’un deal signé avec la startup Française. Mais soyons clair : cette industrie du streaming vis sous perfusion permanente des investisseurs et de la publicité. Parlez en à un autre guru du sujet, Tim Westergren, CEO de Pandora, et regardez où en est la vielle startup d’Oakland aujourd’hui.

Prenez les chiffres dans tous les sens : les quelques $56 millions levés pendant son existence, l’introduction au NYSE et $100 nouveaux millions en 2010, ses 250 millions d’utilisateurs (un peu plus de 80 millions d’actifs), selon les derniers relevés, l’entreprise continue de perdre de l’argent, avec des pertes annuels de $30 millions malgré un chiffre d’affaires en hausse, malgré quelques sursauts trimestriels, et l’action reste collée à $16, et fluctue au rythme des rumeurs de rachats (dont le nom de Jay-Z est cité, quel hasard). Les artistes dans tout ça ? Cherchez la ligne dans le compte de résultat des royalties reversées aux artistes, et quel est le process.

Spotify ? Quasiment $540 millions levés au compteur, et ça n’est surement pas terminé (pour 60 millions de souscripteurs dont 15 millions payants). Cette industrie de la musique est devenue une industrie de startup financée par des VCs, avec sans doute une IPO qui viendra boucler le tableau, histoire de rémunérer grassement tous ceux qui auront bien travaillé sur le dossier. Mais le résultat sera surement le même. Pour quel résultat pour les artistes ? Quelle est la partie de royalties reversée ? Combien ? Et vous voulez que je parle de Deezer, ses 150 millions, Orange ? Rdio ? $125 millions. Etc.

Je suis personnellement (accessoirement) conseiller digital d’un artiste au talent fou (forcément impartial, désolé, mais c’est un bon exemple) du nom de Francis Jocky, basé à New York. Vous pouvez trouver ses albums sur CD Baby, et sur toutes (ou presque) ces plateformes où la musique ne se paye pas, à défaut d’une somme minime par mois, ou au prix d’un peu de publicité. Des centimes, c’est ce qu’il reçoit des plateformes de live streaming, là où il fut un temps où même les téléchargements digitaux apportaient sa part de bonheur. Thom Yorke a retiré ses titres, puis d’autres (Taylor Swift…) . Va chercher AC/CD pour voir ! Pour percer aujourd’hui, il faut se lancer comme un acharné sur les réseaux sociaux, être à l’affut de tweets, se la jouer dans des productions sur Youtube… ou rêver de passer à la télé, comme à l’époque de la môme Piaf ou de Jacques Brel. Je fais partie de ceux qui veulent croire que le but d’une industrie qui flirte avec la culture doit être vertueuse, pour assurer la diversité et l’égalité des chances pour chacun. Je fais partie de ceux qui vont acheter le dernier album d’Avishai Cohen plus de $30, parce que je le peux, et que je m’adresse à sa propre société à Londres pour que l’argent lui arrive direct dans la poche.

Jay-Z cherche à faire un coup. Il a tout le gotha des starlettes avec lui, Madame, la Madonna, Kayne West, Chris Martin, et moi, et moi, et moi. Et même si tout ce barnum est loin d’être bien clair… où est le problème ?! Il y a même les Frenchies de Daft Punk ! J’ai dit ce que je pensais du service de Tidal, qui ne vaut pas selon moi les $20 mensuels assurant une diffusion haute définition, sachant que le catalogue n’est pas à la hauteur, même à 25 millions de titres. Sachant que, vu les premiers contacts avec la société, ce n’est pas 8 mois que je vais mettre à avoir le catalogue de Francis dans Tidal (le temps qu’il m’a fallu pour l’avoir dans Spotify), mais perpète à coup sûr, vu les premiers échanges. Non, allez, je trouve qu’il a raison d’essayer, l’ami Jay-Z, même si la vidéo de promotion fait tout de même peine à voir. Il faut essayer de balancer ce monde des startups qui prend un industrie à bras le corps avec son armée d’investisseurs. Autant je crois à l’avenir de ces jeunes aventuriers de la sharing economy de l’industrie du transport ou des loisirs, autant le digital et Internet a mis à mal un secteur où ceux qui apportent le plus gagnent de moins en moins : les créateurs, les artistes. Coincés entre la finance et la technologie. Alors je dis : vas-y, Jay-Z. Dépense ton argent, réuni tes potes, et voyons voir ce qu’on va voir ! $56 millions pour s’acheter une technologie, c’est un début. Maintenant, va falloir remplir !

Et en tout cas, je n’achète pas pour le moment. Je ne suis pas allé au bout de la période d’essai. Anyways, I love America. #TidalforALL 😀

Jay-Z

A demain pour la suite…