L’actualité High-tech du jour : Tidal… aïe, aïe, aïe

Un journal, par définition, c’est quotidien. Bienvenue sur cette rubrique au jour le jour sur ce qu’il faut retenir de la Silicon Valley !

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Que se passe-t-il quand des stars de Los Angeles se prennent pour des business Angels de la Silicon Valley ? Ça buzz, mais la réussite n’est pas forcément au rendez-vous ? Il s’agit dans le cas présent de Jay-Z qui a souhaité rentrer dans l’investissement qu’il a fait dans une société Suédoise : Aspiro. J’en ai déjà parlé ici, mais la tentative de la star du rap avec d’utiliser cette solution de streaming live pour tenter un gros coup de pub récemment mérite une petite update comme on dit dans le métier. On en sait d’ores et déjà un peu plus sur les intentions de l’artiste et investisseur : rétablir l’équilibre financier d’une industrie musicale qui a vu les artistes perdre complètement le contrôle de leur copyrights.

Soyons clairs : depuis l’avènement des plateformes de streaming comme Spotify, les labels, à la fois « banquiers » et Grands Gurus ayant droit de vie et de mort sur un artiste, on perdu le contrôle, en quelque sorte. Aujourd’hui, la musique gratuite s’est généralisée sur Internet. Et les artistes sont plus que jamais seuls face au levier que constitue Internet : Youtube, Spotify, et les autres acteurs qui essayent de se payer une part du gâteau comme Deezer (histoire de faire plaisir à l’audience Française de ce blog), Rdio (pour citer une radio locale, en bon San Franciscain que je suis devenu). Les labels ont touché des chèques, et je me rappelle encore la photo de celui que Sir Nègre (et son sourire) avait empoché à l’occasion d’un deal signé avec la startup Française. Mais soyons clair : cette industrie du streaming vis sous perfusion permanente des investisseurs et de la publicité. Parlez en à un autre guru du sujet, Tim Westergren, CEO de Pandora, et regardez où en est la vielle startup d’Oakland aujourd’hui.

Prenez les chiffres dans tous les sens : les quelques $56 millions levés pendant son existence, l’introduction au NYSE et $100 nouveaux millions en 2010, ses 250 millions d’utilisateurs (un peu plus de 80 millions d’actifs), selon les derniers relevés, l’entreprise continue de perdre de l’argent, avec des pertes annuels de $30 millions malgré un chiffre d’affaires en hausse, malgré quelques sursauts trimestriels, et l’action reste collée à $16, et fluctue au rythme des rumeurs de rachats (dont le nom de Jay-Z est cité, quel hasard). Les artistes dans tout ça ? Cherchez la ligne dans le compte de résultat des royalties reversées aux artistes, et quel est le process.

Spotify ? Quasiment $540 millions levés au compteur, et ça n’est surement pas terminé (pour 60 millions de souscripteurs dont 15 millions payants). Cette industrie de la musique est devenue une industrie de startup financée par des VCs, avec sans doute une IPO qui viendra boucler le tableau, histoire de rémunérer grassement tous ceux qui auront bien travaillé sur le dossier. Mais le résultat sera surement le même. Pour quel résultat pour les artistes ? Quelle est la partie de royalties reversée ? Combien ? Et vous voulez que je parle de Deezer, ses 150 millions, Orange ? Rdio ? $125 millions. Etc.

Je suis personnellement (accessoirement) conseiller digital d’un artiste au talent fou (forcément impartial, désolé, mais c’est un bon exemple) du nom de Francis Jocky, basé à New York. Vous pouvez trouver ses albums sur CD Baby, et sur toutes (ou presque) ces plateformes où la musique ne se paye pas, à défaut d’une somme minime par mois, ou au prix d’un peu de publicité. Des centimes, c’est ce qu’il reçoit des plateformes de live streaming, là où il fut un temps où même les téléchargements digitaux apportaient sa part de bonheur. Thom Yorke a retiré ses titres, puis d’autres (Taylor Swift…) . Va chercher AC/CD pour voir ! Pour percer aujourd’hui, il faut se lancer comme un acharné sur les réseaux sociaux, être à l’affut de tweets, se la jouer dans des productions sur Youtube… ou rêver de passer à la télé, comme à l’époque de la môme Piaf ou de Jacques Brel. Je fais partie de ceux qui veulent croire que le but d’une industrie qui flirte avec la culture doit être vertueuse, pour assurer la diversité et l’égalité des chances pour chacun. Je fais partie de ceux qui vont acheter le dernier album d’Avishai Cohen plus de $30, parce que je le peux, et que je m’adresse à sa propre société à Londres pour que l’argent lui arrive direct dans la poche.

Jay-Z cherche à faire un coup. Il a tout le gotha des starlettes avec lui, Madame, la Madonna, Kayne West, Chris Martin, et moi, et moi, et moi. Et même si tout ce barnum est loin d’être bien clair… où est le problème ?! Il y a même les Frenchies de Daft Punk ! J’ai dit ce que je pensais du service de Tidal, qui ne vaut pas selon moi les $20 mensuels assurant une diffusion haute définition, sachant que le catalogue n’est pas à la hauteur, même à 25 millions de titres. Sachant que, vu les premiers contacts avec la société, ce n’est pas 8 mois que je vais mettre à avoir le catalogue de Francis dans Tidal (le temps qu’il m’a fallu pour l’avoir dans Spotify), mais perpète à coup sûr, vu les premiers échanges. Non, allez, je trouve qu’il a raison d’essayer, l’ami Jay-Z, même si la vidéo de promotion fait tout de même peine à voir. Il faut essayer de balancer ce monde des startups qui prend un industrie à bras le corps avec son armée d’investisseurs. Autant je crois à l’avenir de ces jeunes aventuriers de la sharing economy de l’industrie du transport ou des loisirs, autant le digital et Internet a mis à mal un secteur où ceux qui apportent le plus gagnent de moins en moins : les créateurs, les artistes. Coincés entre la finance et la technologie. Alors je dis : vas-y, Jay-Z. Dépense ton argent, réuni tes potes, et voyons voir ce qu’on va voir ! $56 millions pour s’acheter une technologie, c’est un début. Maintenant, va falloir remplir !

Et en tout cas, je n’achète pas pour le moment. Je ne suis pas allé au bout de la période d’essai. Anyways, I love America. #TidalforALL 😀

Jay-Z

A demain pour la suite…

L’actualité High-Tech de la semaine : Dropbox, Kleiner Perkins, Slack, une startup inconnue et Jay-Z

Un trimestre, c’est tellement long. Rien de mieux qu’une belle semaine d’acquisitions dans la Silicon Valley pour se remettre à l’écriture, en pleine période de rachat de ce média, L’Express, qui abrite mon blog depuis si longtemps… Cher Patrick Drahi, si tu lis ceci, j’espère bien pouvoir continuer cette rubrique s’il te plait, désolé de l’avoir délaissé un peu mais j’avais beaucoup de travail. Allez, c’est reparti pour la rubrique organique qui vous donne la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Dropbox rachète Pixelaps

Screen Shot 2015-02-07 at 7.12.17 PMDropbox a perdu la course contre Box : la fameuse course au jackpot de la startup, la grosse carotte des gouttes de sueur de la Silicon Valley : le NASDAQ. Box a fait son introduction en bourse fin Janvier 2015, après une année de longue labeur pour toucher le Graal. Bien que distancée au ryhtme des levées de fonds ($1.1 milliard pour Dropbox, $559 millions pour Box), Box est tout de même plus agée de 3 ans (Box a été créée en 2005, Dorpbox en 2008), c’est donc un peu logique que Box y soit arrivé avant, et c’est donc bien parfois 10 années qu’il faut pour réussir son entrée en bourse. 10 ans, pas 2. Box et Dropbox, c’est un peu bonnet blanc et blanc bonnet. Je devrais même dire bonnet bleu et bleu bonnet, les deux sociétés ont un goût commun pour les logos qui donnent dans le bleu. Ca fait grosso modo la même chose : du stockage de fichiers en tout genre dans les nuages, l’une ayant plutôt une légitimité auprès des entreprise (Box), l’autre dans le grand public (Dropbox, si vous avez bien suivi).  En attendant, Dropbox fait le boulot, développe le produit, notamment en faisant gagner le jackpot de la Deuxième Division (ça rapporte moins qu’une IPO mais quand même) a une startup de Palo Alto, Pixelapse, en la rachatant pour un montant non divulgué. Autrement dit, pour pas cher, surement le montant serait déjà sur la place publique. C’est donc la 21e acquisition de Box. Pixelapse développe un outil de collaboration pour les designers, et à en juger la taille de la startup qui a eu les honneurs de la Rolls des incubateurs, YCombinator, et de StartX, l’incubateur de l’Université de Stanford, ça nous ressemble à une opération de type « aqui-hire », en clair une embauche, plutôt qu’un véritable rachat. Oui Mesdames et Messieurs, la Silicon Valley, elle est tellement forte, tellement puissante, que quand elle recrute, elle rachète. C’est comme ça que ça se passe ici. Longue vie à Pixelapse, et dépêchez vous de copier vos fichiers si vous en avez sur cette plateforme, mon petit doigt me dit que ça ne va pas rester longtemps sur le commerce.

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Mardi : Kleiner Perkins a cherché à racheter Social+Capital Partnership

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On parle souvent des VCs (pronioncer vicise) de la Silicon Valley, dont on sait qu’il donne de l’argent au startups, mais à part ça ? Ce n’est ni une secte, ni la branche business des francs-maçons. même si parfois on peut s’étonner de leur mode de fonctionnement qui ressemble de près ou de loin à une bande organisée à but très lucratif. Les VCs ont une capitale : Menlo Park en Californie, ville dorée, bordée par Portola Valley au Nord, Los Altos Hills au Sud, où se trouvent leurs maisons 5 étoiles, et par Redwood City, Palo Alto entre autres, leurs principaux fournisseurs de serials entrepreneurs. Sand Hill Road est leur avenue, un peu comme Hollywood Star Walk sur Los Angeles peut être pour l’industrie du cinéma. Ce sont des sociétés à but très lucratifs, qui s’occupent à assembler les demi-millions de $ pour ces capitalistes fatigués de racheter des kilomètres de constructions éparses, et qui veulent s’acoquiner avec ces petits jeunes de la Silicon Valley. Kleiner Perkins Caufield et Byers, un des barons de la cause du venture capitalism, sévit depuis 1972 dans un métier qu’un Français a imaginé il y a bien plus longtemps encore, Georges Doriot (oui, je sais, c’est aussi le fondateur de l’INSEAD, la nouvelle maternelle d’Arnaud Montebourg) en créant ARDC. C’est fou ce que les Français réussissent aux États-Unis, au passage. Les VCs sont des sociétés comme les autres, elles peuvent se racheter en elles. C’est donc Social+Capital Partnership qui a donc faire l’objet d’une offre de rachat, cette vielle dame de KPCB ayant semble-il  besoin de disposer de sang frais dans leurs rangs, même s’il semble qu’ils savent plutôt bien utiliser les $1,4 milliards qu’ils ont rassemblé dans le cadre de leur dernier fond. Le chemin devait être trop long depuis Alma Street, siège de SP23, vers Menlo Park, le rachat n’a pas fonctionné. La jeune génération des cpital-risqueurs n’est pas aussi facile à racheter.

http://fortune.com/2015/01/26/exclusive-kleiner-perkins-tried-to-acquire-socialcapital-partnership/

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Mercredi : Slack rachète ScreenHero

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Slack est la startup adulée du moment dans la Silicon Valley. Bien des entreprises se sont cassées les dents à essayer de faire quelque chose dans le domaine des outils de communication pour les entreprises, à défaut d’être acquises par des géants du web (Yammer par Microsoft) ou même encore d’être développées par elles (comme Chatter par Salesforce). Pour autant, bien des entrepreneurs ont envie de refaire le coup de Yammer (acheté $1,6 milliard par Microsoft), voire refaire le succès de Facebook dans le monde de l’entreprise. Il y a de toute façon toujours quelqu’un pour racheter ce tpye de startup dans le coin. Cela faisait un certain temps que le co-fondateur de Flickr (racheté par Yahoo! en mars 2005) Stewart Butterfiled, n’avait plus fait la une des médias de la Silicon Valley, le voilà satisfait. Làs, certains produits connaissent l’état de grâce, et Slack a rapidement trouvé sa base d’utilisateurs, après son lacement en Janvier 2013. Des fuites ont même annoncé un chiffres d’affaires de plus de $1,5 millions après 18 mois d’activités, bonne raison de justifier une valorisation supérieure au $ milliard. Ca étonne souvent, mais, pour extrapoler, ce type de chiffres peut donner une idée du chiffre d’affaires au cas où la société arriverait à rentrer en bourse. D’ici 10 ans, par exemple, ça laisse du temps pour développer le business. En attendant, avec les quelques $180 millions levés depuis sa création, Slack vient d’acquérir Screenhero, une startup qui tente de concurrencer Webex, le dinosaure des solutions de vidéo-conférences en la personne de Screenhero, petite startup de Mountain View composée de 3 co-fondateurs. Encore une embauche de riches. Peuvent vraiment pas recruter comme tout le monde, ces Américains, il faut toujours qu’ils en rajoutent…

NB : la première version du produit de la startup Slack qui s’appelait autrefois Tiny Speck était un MMORPG, en bon Français une plateforme multi-joueurs. Ca laisse rêveur…

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Jeudi : Slyce rachète SnipSnap

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Que se passe-t-il lorsqu’une entreprise qui développe une technologie de reconnaissance d’image utilisée dans le monde de l’e-commerce rencontre une autre startup spécialisée dans le couponing, en particulier lorsqu’elles ont tendance à se croiser à Minneapolis où il ne se passe pas forcément grand chose tout les jours dans le monde des startups ? Et bien elle s’entendent, et se rachète pour faire comme tout le monde, ça fera toujours un article dans Techcrunch. Il faut d’abord trouver la plus grosse : ce sera Slyce est ses 40 employés, et ses $27,8 millions levés au compteur. La proie, SnipSnap, moins de 15 employés, et seulement $2,8 millions au compteur de VC. Le tout pour une transaction de $6,5 en stock options et en cash, ça fait tourner le commerce. Ca tombe bien, la plus grosse est celle qui a le nom le moins débile. Il y a toujours une morale en affaire. Il y avait quand même 4 millions d’utilisateurs qui avaient téléchargé leur application mobile, ce qui vous donne une idée à quel point les États-Unis sont un grand pays. Je me rappelle un temps pas si lointain où la star des applications de géolocalisations Françaises, Dismoiou, avait culminé à 1 millions de téléchargements au bout de quelques années d’existence. L’idée de SnipSnap était de laisser les utilisateurs prendre eux mêmes la photo du coupon avec leur téleephone, qui devenait alors disponible sur l’application SnipSnap pour les autres utilisateurs. Ca a tout de même généré 100 millions de coupons, ce qui force le respect. Slyce en est à sa 4e acquisition, ce qui n’est pas si mal en 3 ans. Il n’y a pas à dire, racheter, c’est plus facile que développer !

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Vendredi : Jay-Z achète Aspiro

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Des grosses startups qui rachètent des petites startups, des petites startups qui rachètent des plus petites startups, des VCs qui veuleut racheter des autres VCs, quoi d’autres ? Vous ne voyez pas ? Et bien les rappeurs US bien sur ! Eux aussi rachètent des startups voyons, c’est bien connu ! Et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit de Monsieur Beyoncé ! C’est nouveau, Jay-Z aime les Suédoises… je veux parler des startups puisqu’il vient de se porter acquéreur d’Aspiro. 2 noms, un seul produit, Tidal aux USA en Grande-Bretagne, WiMP en Europe du Nord, pour offrir une technologie développant une expérience musiscale en son de qualité audi haute fidélité, à travers également des partenariats. Je me suis permis d’essayer le service, je n’ai pas trouver une différence incroyable avec Spotify, mes oreilles ne doivent pas être sensibles comme celle de Jay-Z au kbps. Sur du Steely Dan, en tout cas, rien de flagrant… peut être sauf sur mobile, où on sent un petit plus ! Enfi, pour $20 par moi, va falloir pousser mémé dans les orties pour ça. Pour ceux qui vont m’accuser de mensonge en prétendant que la société s’est faite rachetée par Swan Carter, je les invite à consulter Wikipedia séance tenante. Vous savez combien il a payé le garçon ? $56 millions. Bon, c’est une offre privilégiée mais elle montre un intérêt certain de la part de certains artistes, comme également Ashton Kutcher  (Change.org, Secret, Airbnb…) ou encore Jared Leto (Spotify, Zenefits, Reddit) qu’ils sont loin d’être cons, plutôt concernés par l’évolution de leur profession, et prêt à mettre la main au portefeuille pour être au service de leur passion… pour le plus grand bonheur des serials entrepreneurs de la Silicon Valley !

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Suivre Aspiro sur Twitter : @Tidal

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !