CES 2019 : conclusions avec les pépites de la vraie « Startup Nation »

CESLe CES 2019 s’est achevé. au cas où vous vous êtes un peu éloignés de nouvelles technologies, du poste de télévision, de la radio et d’Internet ces dernières années, le Consumer Electronics Show (CES pour les intimes) est devenu depuis belle lurette (c’est à dire son lancement en 1967) « le plus important salon consacré à l’innovation technologique en électronique grand public…

Il ne faut pas se leurrer. Cela reste un salon professionnel où l’on vient pour faire du business : signer ou renouveler des accords de distribution, et toute cette mascarade de startups n’est qu’un prétexte pour son organisation de faire un peu plus le buzz et plus d’argent. Car il fut un temps où, comme toutes les organisations d’évènements professionnels, la CTA peinait à se renouveler. Et le miracle est apparu avec cet écosystème des startups, que le monde de la grande entreprise n’a pas encore appréhendé ni vaincu. Mais cela attire du média, et donc des politiques (il faisait quoi au juste à Las Vegas, le Maire de la ville d’Angers) qui viennent se montrer comme les témoins (sinon les garants) de l’innovation technologique. Juste une illusion, et le soufflet commence à retomber : beaucoup d’effet d’annonces pour une industrie qui pousse ses pions comme à l’accoutumée. LA technologie n’est pas une science exacte ni simple, quel que soit le bruit que l’on fasse sur le sujet. Vous pourrez le constater (ou pas) grâce au travail habituel de rédaction d’analyse d’Olivier Ezratty avec son fameux rapport annuel du CES, la bible francophone sur le sujet.

D’un point de vue des startups, ce CES a été l’occasion pour la Startup Nation (ne nous y trompons pas, je ne parle pas de la France, qui est loin d’avoir fait ses preuves malgré les prétentions « macroniennes », mais d’Israel) de démontrer l’étendue des secteurs couverts par son tissu entrepreneurial et de la qualité des technologies que ce pays est en mesure de produire grâce à la qualité de son matériel « humain »… Petite revue de détail des startups que vous auriez pu croiser dans les allées du CES…

INDUSTRIE AUTOMOBILE

Innovitz fabrique des systèmes LiDAR (appareil qui émet un faisceau laser et en reçoit l’écho, comme le radar permettant de déterminer la distance d’un objet) intelligents, ayant pour vocation de devenie les «yeux» des véhicules autonomes de la prochaine génération. Le LiDAR d’Innoviz envoie des rayons laser pulsés pour mesurer et surveiller les environs de la voiture. BMW intègre désormais Innoviz dans ses véhicules autonomes dont le lancement est prévu en 2021.

Vayavision agit comme un cerveau pour les capteurs installés dans les voitures par des entreprises comme Innoviz, déterminant quel capteur utiliser à tout moment pour protéger les conducteurs et les piétons. Vayavision tire ses données des capteurs radar, de la technologie LiDAR et de la caméra. Le «cerveau» de Vayavision est destiné à réduire les fausses alarmes et les détections manquées. La société a levé 8 millions de dollars en octobre.

Broadmann17 est similaire à Vayavision, en ce sens qu’il vise à améliorer le traitement dans les véhicules autonomes. L’intelligence artificielle de la société permet aux voitures (et aux drones) de voir, d’identifier et de traiter de grandes quantités de données à la fois. Le logiciel de « deep learning » (de l’intelligence artificielle, plus précisément « deep neural network » dans ce cas) de Broadmann17 permet aux appareils «périphériques» (avec une puissance de traitement limitée) de tirer parti de la puissance de l’IA.

Cognata utilise l’intelligence artificielle et la vision par ordinateur pour simuler des villes réelles en 3D afin que les constructeurs de véhicules autonomes puissent tester leur voiture pratiquement avant de se retrouver dans la rue. Compte tenu des récentes problèmes contre les essais des véhicules autonomes de Waymo en Arizona, où des piétons ont attaqué les véhicules avec des pierres et des couteaux, la technologie de Cognata pourrait susciter un intérêt particulier cette année au CES en simplifiant les tests dans ce domaine.

Phantom Auto est en train de construire une «télécommande» pour les voitures autonomes. En cas de problème avec un véhicule autonome sans volant, frein ou conducteur, Phantom Auto peut insérer un opérateur humain pour contrôler le véhicule depuis un endroit éloigné. Cela suffira peut être aider les passagers  à surmonter leur peur des voitures sans conducteur, car pour le moment, ce n’est pas gagné !

Engie est une application qui se branche sur le tableau de bord d’une voiture et aide les conducteurs de véhicules «normaux» (ceux que nous conduisons aujourd’hui) à diagnostiquer les problèmes et à trouver le mécanicien le plus proche (avec les tarifs) sur le marché des mécaniciens de l’application. Engie peut vous dire si votre voiture réussira le prochain test de pollution de l’air ou si le moteur tourne trop chaud. Il peut même se rappeler où vous avez garé votre voiture. Pas bête.

C2A, Karamba SecuritySafeRide Technology et Argus Cyber ​​Security contribuent à protéger les voitures d’aujourd’hui et de demain contre les cyber-menaces. Ils fonctionnent de différentes manières: Argus intègre son logiciel de sécurité directement dans les systèmes d’une voiture, Karamba sécurise le centre d’infodivertissement pour empêcher les pirates de « hacker » le véhicule par ce biais, C2A rend son produit «Stamper» de type pare-feu disponible sans redevance, tandis que SafeRide détecte les vulnérabilités avant un pirate arrive même en signalant tout comportement anormal et en le signalant au centre des opérations de sécurité de la voiture connectée.

Enfin, Tactile Mobility aide les voitures autonomes à «sentir» la route. La société utilise les données provenant des capteurs d’un véhicule pour indiquer le degré de correction de trajectoire d’une voiture sur la route, si le véhicule rencontre des trous sur le bitume ou si la pente d’une colline est raide. La technologie peut aider les véhicules autonomes à rouler plus vite et à se méfier des autoroutes rapides.

Tactile Mobility

On peut se rendre compte à travers ces quelques exemples que les progrès qui vont être fait au niveau des véhicules autonomes n’est pas l’apanage des Uber et autres entreprises Nord-Américaines, ni même Chinoises.

LES DRONES

Flytrex veut être le FedEx du monde de la livraison de drones. Son logiciel permet aux opérateurs de définir des points de collecte et de livraison et de visualiser des informations sur les conditions météorologiques, la topographie et les autres drones en vol. Le service est désormais opérationnel sur le parcours de golf King’s Walk, dans le Dakota du Nord, où il fournit de la nourriture et des boissons aux golfeurs sur demande, et en Islande, où le Retailer e-commerce AHA utilise Flytrex pour déposer des marchandises dans les arrière-cours de ses clients à Reykjavik.

La suite logicielle First Response d’Edgybees propose une réalité augmentée, des couches de cartographie et des marqueurs visuels qui permettent aux pilotes de drones de mieux surveiller le drone dans son environnement. Il permet aux « pilotes » de surveiller les drones à distance, et il intègre les progrès visuels d’un drone dans les flux vidéo et les cartes. Le logiciel a été utilisé lors de l’incendie dévastateur de Camp Fire en Californie l’année dernière et lors de plusieurs ouragans majeurs aux États-Unis.

Les drones de consommation évoluent aujourd’hui principalement dans le domaine de la livraison des colis. Mais une voiture entièrement volante sera-t-elle bientôt une réalité ? La startup NFT y croit. La société présentera un véhicule prototype doté de capacités VTOL (décollage et atterrissage verticaux), sans qu’aucune aire d’atterrissage ou héliport ne soit requis. La voiture volante à propulsion électrique de NFT a une autonomie de 60 km et de 310 km à un prix prévisionnel de 50.000$. Intéressé ?!

NFT

Là aussi, des technologies sont en cours d’utilisation, tout cela depuis des bureaux commerciaux installés principalement à l’origine depuis des villes en Israel. La caractéristique d’une vraie Startup nation est de voir ses startups réussir à démontrer non seulement une technologie qui marche, mais qui sait également se vendre en dehors de ses frontières, ce qui est encore trop souvent un  handicap noté dans les startups Françaises qui ne savent pas en général s’exporter. Cela commence, mais cela reste encore trop souvent l’exception qui le confirme la règle, comme je le constate encore souvent à travers les flux d’entrepreneurs qui débarquent à San Francisco : trop « tendres », pas mûrs. Les startups Israéliennes n’ont pas le choix : leur marché domestique est trop petit pour poursuivre son développement.

APPLICATIONS & ROBOTIQUE

Lumen est un dispositif de nutrition personnalisé qui mesure le métabolisme des utilisateurs en analysant leur souffle. Ce produit portable comprend des capteurs de dioxyde de carbone et des débitmètres permettant de mesurer la dégradation des lipides, des glucides et des protéines. Les résultats sont affichés sur une application pour smartphone associée.

Watergen fabrique GENNY, un générateur d’eau de 50 kg pour la maison et le bureau  qui utilise l’air ambiant pour extraire et produire entre 25 et 30 litres d’eau par jour. Un litre d’eau produite par GENNY ne coûte que 2 cents. La société a été nommée «Meilleur de l’innovation» dans la catégorie «Technologie pour un monde meilleur» de la CES.

Intellithings a également remporté le prix de l’innovation CES 2019 pour RoomMe, une solution d’automatisation personnalisée pour les maisons intelligentes. Une fois installé dans un espace sélectionné,  la technologie Bluetooth de RoomMe identifie les personnes présentes dans la pièce en fonction de leur smartphone. RoomMe ajuste ensuite automatiquement les lumières, les thermostats et autres appareils selon les préférences prédéfinies.

TechSee utilise des caméras et la réalité augmentée pour résoudre les problèmes techniques des utilisateurs à distance. Vous venez d’acheter un nouveau routeur mais vous ne savez pas comment le configurer? Lancez l’application «Eve» de TechSee et pointez votre téléphone vers le routeur. Eve identifiera le modèle et vous guidera à travers l’installation en vous expliquant les étapes à suivre pour appliquer une superposition visuelle augmentée. La société a levé 18 millions de dollars en décembre.

Vous êtes à l’aise avec les ordinateurs mais vous détestez les tâches ménagères? Foldimate a présenté sa machine à plier robotisée au salon CES. Une date de mise en distribution est estimée pour plus tard cette année avec un prix de vente au détail cible de 980$. Vous introduisez vos vêtements dans le haut de la machine, qui ressemble un peu à une imprimante verticale gigantesque, et les vêtements sortent nets et pliés. Foldimate ajuste sa technique de pliage en fonction de la taille de l’élément et des préférences de l’utilisateur.

Centaur Analytics veut être l’Internet des champs. La plate-forme de la startup suit les données de capteurs installés tout au long de la chaîne d’approvisionnement des produits, de la ferme à la distribution, du camion au point de vente. L’application applique des informations environnementales et des modèles prédictifs pour décider de la meilleure façon de réduire la quantité de produits de mauvaise qualité, ce qui devrait permettre d’augmenter les revenus des magasins.

Les robots sont toujours des objets phares lors d’événements technologiques. Temi, le fabricant de robots personnels (1.499$) permet de discuter en vidéo avec un proche en utilisant la fonctionnalité de téléprésence mobile. Il est possible de poser une question à Temi, de faire jouer sa chanson préférée (pensez à Temi comme Amazon Echo sur roues) ou demander à Temi d’aller chercher du thé dans la cuisine : tout va bientôt devenir possible.

ElliQ d’Intuition Robotics a une utilisation domestique similaire à celle de Temi, sans les roues, et qui vise à discuter avec les personnes âgées pour les aider à rester actives et engagées. Le produit a remporté un «Best of Innovation Award» dans la catégorie Maison intelligente au CES de l’année dernière.

Elliq

La technologie « made in Israel » a aussi fait ses preuves sur le marché des produits du futur pour la maison !

L’actualité High-tech du jour : Propel(x)

Bienvenue sur cette rubrique au jour le jour sur ce qu’il faut retenir de la Silicon Valley !

Cette Silicon Valley me surprendra toujours… Son objectif, que l’on trouve dans tous les dépliants un peu poussiéreux, reste le même : « Nous voulons changer le monde ». Et c’est aujoutd’hui une armée de petites fourmis de toute sorte qui arpentent les rues de South of Market sur San Francisco, le quartier des startups. C’est une légion en sweater et capuche qui prend le Caltrain (le RER local) dans un sens le matin, et d’autres qui arrivent de l’opposé, entre San Jose et San Francisco, avec pour une bonne partie la fameuse bicyclette du nerd qui vit à San Francisco avec la casquette de Poupou. C’est un wagon de Teslas qui défile sur la 101 ou la 280, (les autoroutes qui mènent au paradis des Facebook, Google ou Apple) ou encore une chaîne infinie de bus équipés de wifi, siège aéro-dynamique pour un max de confort de gens dont la bien être est primordial.

La région entière de ceux qui touchent à la tech et aux pognons ont tous les yeux rivés sur tout ce qui sort du Delaware (là où toutes les startups s’enregistrent), le NASDAQ (là où elles rêvent toutes d’aller) et leurs comptes en banque (la phase intermédiaire entre les deux). Mais ça ne suffit pas. Ou plus.  Comment tirer le maximum de cet effort communautaire, et dénicher la vraie pépite ? Comment mettre la main sur le vrai prochain Google. Où est elle, celle qui va faire du jackpot qu’à représenté Facebook pour tout l’écosystème de la Silicon Valley à ce jour ue vulgaire partie de pocker gagnant entre bons petits amis ?

Un rapport avec la choucroute ?
Un rapport avec la choucroute ?

Les fondateurs de Propel(x) ont pensé à tout. Après Techcrunch pour parler encore et toujours des dernières startups qui font l’actualité, après AngelList pour lister tous les gentils Business Angels (les GO du numérique) et les mettre en relation avec les startups pour aider leur financement, après ProductHunt, une sorte de plateau de striptease de startups où il faut parquer un maximum de like comme au casino, Propel(x) est une plateforme censée recenser les startups à technologie dite « profonde ». C’est un nouveau concept de startups, celles qui sont enracinées dans une découverte révolutionnaire ou une innovation technologique. Merde, je croyais que c’était le cas de toutes les startups de la Silicon Valley ! Quelle déception ! 2 années de chroniques qui tombent à l’eau, comme ça, ce soir. Je vous ai donc menti, je me suis fourvoyé.

Game over, allez, c’est l’Amérique  tout de même, un  nouvel horizon qui s’annonce devant nous, on va enfin nous montrer ce que c’est, la vraie startup qui déchire tout, qui va vous envoyer dans les mystères de la technologie, qui va changer le monde comme on ne la jamais vu.

A très vite, sur Propel(x), la startup qui disrupte plus blanc que blanc. Ne me demandez pas quels sont les critères, puisque je n’ai pas personnellement essayé, mais cela ressemble à un inventaire assez pousée de ce que vous souhaitez proposer à travers votre produit, soumis par une startup elle même dont les co-fondateurs ont tous deux 25 annés d’expérience de consulting dans la banque (notamment). Gare, donc, aux questions qui tuent et qui feront de votre startup un vulgaire copycat. Si vous passez les tests, c’est le financement assuré, dirons nous. C’est le YCombinator de la platforme de startups, plus loin que tout ce qui a été imaginé jusqu’à présent, et c’est peu de le dire. Ils viennent de lever $1,5 millions.

Les résultats à ce jour ? À part la startup nommée Neurogsatrx, inconnu de Crunchbase (le dictionnaire des startups) et fondée par un Français ancien de Laroche (pour un montant de $175.000, dont l’objectif est de traiter les désordres gastroentérologiques), le tout est pour le moment bien discret. Assez inhabituel, je dirais. Soyons bon joueur, et souhaitons leur bonne chance 🙂

Propel(x)
Equity crowdfunding/diligence platform for deep technology startups

L’actualité High-Tech de la semaine : Zynga, Yahoo!, July 4th, eBay, AngelList

La rubrique organique pour vous donner la température de la Silicon Valley (garantie 100% non sous-traitée) et l’occasion de témoigner sur des tendances… à moins que ce soit juste du buzz : à vous de juger !

Lundi : Mark Pincus passe le relais sur Zynga

Mark Pincus, le fondateur de Zynga qui passe les manettes de sa startup, l’ex-numéro 1 des jeux sur Facebook, c’est comme la fin d’une époque, et je l’espère pour Zynga (mais je n’y crois guère, sac de pommes de terre…), le début d’une nouvelle ère. Je me souviens bien cette fameuse soirée organisée dans les premiers locaux de la startup de San Francisco, en juin 2008, où j’étais loin d’imaginer qu’elle serait cotée au NASDAQ un jour. Mark Pincus a toujours été la figure de Zynga (après le toutou que vous pouvez voir ci-dessus, garanti d’origine), et c’est incroyable d’imaginer qu’il y ait des centaines de millions de personnes désireuses de payer pour télécharger une vache en rose, ou pour s’offrir un arrosoir en or plaqué pour son jardin magique. Les problèmes que l’on citent souvent pour une « web company », c’est tenir la charge, c’est trouver les moyens de déployer à grande échelle. Pour une société en bourse, l’objectif c’est surtout de durer et tenir ses promesses sur le long-terme. Ce qui fonctionne dans le jeu vidéo, ce sont les jeux qui ont trouvé leur niche, et leur cible : les hardcore gamers, ceux qui jouent « à la vie, à la mort », et qui  assureront des revenus sans faillir. Sur des jeux plus simples, grand public, et qui se développent sur des mécanismes plus proches d’une addiction court-termiste, il est difficile de planifier des revenus et de s’y tenir. Racheter des studios ou des équipes ayant développé des jeux à succès tiennent plus du jeu de roulettes et pas d’une stratégie telle qu’on l’attend à Wall Street. L’avenir dira si avoir choisi un grand nom chez un constructeur de console de jeu vidéo, Don Mattrick, ex-patron de « l’interactive entertainment » chez Microsoft, résoudra ce complexe casse-tête conduisant à aligner des downloads dans des tableaux Excel trouvant leurs origines dans un business plutôt difficile à anticiper.  Ca tombe plutôt bien, Steve Balmer, patron de Microsoft, avait envie de rajeunir ses cadres chez le géant de Seattle…

Suivre Zynga sur Twitter : @Zynga

Ne pas perdre le contact avec Mark Pincus sur Twitter : @MarkPinc

Suivre Don Mattrick sur Twitter : je vous laisse trouver le bon compte

Mardi : Yahoo! continue ses courses avec Qwiki

C’est amusant comment la vie d’une startup est faite : alors que Qwiki avait récemment changé de direction, après avoir prétendu changer le monde grâce à sa technologie de recherche multimedia (qui consistait en fait à intégrer des paragraphes sortis de Freebase et Wikipedia), Marissa Mayer, CEO de Yahoo! et accessoirement membre du jury du concours de startups Techcrunch Disrupt gagné par la startup en 2010, s’est rappelé au bon souvenir de la startup New Yorkaise, et s’est probablement dit que ça pourrait faire une belle affaire dans le portefeuille de produits de Yahoo! nouvelle version. Bien qu’à $50 millions, on peut juger que cela semble plus être une offre de récompense pour les investisseurs qui ont mis $10,5 millions au total, qu’un véritable prix de transaction habituel. Il est de toute façon très difficile d’avoir des chiffres précis sur le nombre d’utilisateurs. Le produit devrait être gardé sous son propre nom en tant qu’application iOS. Le lendemain, c’est au tour de Xobni d’être racheté, dont la promesse était de rendre votre boite email et liste de contacts plus intelligente (ça ne m’a pas frappé…). Ce rachat va permettre un quasi-équilbre entre les $48 millions offerts par Yahoo! pour la transaction et les $42,8 millions levés. Ca fait 17 sociétés acquises par Marissa Mayer depuis son arrivée.

Suivre Marissa Mayer sur Twitter : @marissamayer

Mercredi : un July 4th pas comme les autres

On ne rigole pas avec les droits constitutionnels aux États-Unis. Cette indépendance a été chèrement gagnée (avec le concours des autorités en charge de la France à l’époque d’ailleurs, ceci dit en passant), et l’histoire de Prism et de la cyber-surveillance de la NSA n’a pas encore été digérée… Du coup, un mouvement s’est créé sous l’impulsion de l’organisation Fight for the Future pour protester contre l’utilisation arbitraire d’internet selon eux non conformes aux droits des citoyens américains et des sociétés telles que WordPress.org, NamecheapReddit, Mozilla, CheezburgerMoveOn, et l’EFF, pour protester sur leurs sites web contre l’initiative de la NSA avec la redirection vers un site de pétition. Pas Facebook. Pas Google. Une belle occasion de remuer une nouvelle fois les lobbies en tous genre, pour la bonne cause : la sauvegarde de la confidentialité des informations. Sortant d’un récent voyage par avion assorti de 3 arrêts dans des aéroports de 3 pays différents, je me suis demandé ce que la sécurité serait sans un minimum de filtrage des passagers, et par extension, comment imaginer les états assurer un minimum de sécurité nationale sans un minimum de contrôles. A la vitesse où va l’information, et étant donné l’impact sur notre société, comment garantir à la fois la confidentialité et la sécurité ? Edward Snowden a sans doute eu raison de révéler le pot aux roses, mais il est grand temps de prendre conscience que nos informations n’ont plus aujourd’hui la certitude d’être inviolable. Chaque lettre tapée et rendue accessible sur Internet peut être un jour récupérée, ré-utilisée, vendue, exploitée, traquée, hackée. C’est ainsi.

Jeudi : July 4th, un bon jour pour les Belges 

On connaissait les Diables Rouges, le surnom de l’équipe nationale belge de football, un pays quelque peu malmené dans son histoire ces derniers temps, victime d’une guerre de ses deux communautés francophone et néerlandophone… C’est au tour de ses startups de faire parler d’elle, la souveraine Belgique, le lendemain de l’annonce de l’abdication du Roi Albert II, avec l’annonce de l’acquisition par eBay de deux sites 2dehands.BE (le flamand) & 2ememain.BE (le francophone) qui représentent à eux deux 5,5 millions de visiteurs uniques par mois. Ces deux sites rejoindront l’offre Classifieds Group d’eBay, présente à ce jour dans 25 pays. eBay se renforce donc sur ce territoire et se localise petit à petit à travers le monde. L’oiseau fait son nid.

Suivre  eBay sur Twitter : @eBayINC

Vendredi : AngelList, site incontournable sur le financement des startups

Naval Ravikant, c’est le startup boy par excellence, qui est en train de se faire une place au soleil dans le royaume des stars de la Silicon Valley. Au delà de ses réussites dans la revente de certaines de ses investissements à Twitter ou encore Google, c’est aussi le fondateur du site web AngelList, qui est en train de devenir un site majeur pour qui souhaite faire référencer sa startup et trouver les investisseurs de ses rêves : plus de 100.000 startups listées, plus de 500 introductions réalisées entre des entrepreneurs et des investisseurs sur AngelList par semaine…18.000 investisseurs accrédités (on ne s’improvise pas investisseurs aux États-Unis, il faut montrer patte blanche), qui ont assuré à ce jour 3.000 investissements. Environ. Le création de sa startup est devenu un  sport pratiqué dans bien des pays, et la principale friction provient essentiellement de la recherche de financement pour développer son produit. Même si nos recommendations vont dans le sens de bien réfléchir avant de se lancer dans l’aventure, et qu’il est préférable de pouvoir s’autofinancer avant de faire appel au capital, il semble que chacun puisse avoir sa chance dans cette lotterie, et donc, si vous pensez argent, vous, créateurs de startups, pensez AngelList !

Suivre  AngelList sur Twitter : @AngelList

Suivre Naval Ravikant sur Twitter : @Naval

Voilà, c’est fini, à la semaine prochaine pour de nouvelles actualités et aventures !