Google I/O, c’est Noël en Juin !

Il faisait bon être journaliste à l’occasion de Google I/O, la conférence pour les développeurs que Google organise depuis 2008 à San Francisco…

Les bienheureux sont repartis avec au moins une valise supplémentaire, écoutez du peu :

– la tablette Nexus 7,  made in China, qui sera vendue 199 Euros, histoire de concurrencer Amazon et son Kindle Fire – le Samsung Chromebox, un petit bloc massif à 329 Euros qui va venir s’ajouter à la déjà longue liste des ordinateurs pour le bureau ou la maison…

– le Nexus Q, by Asus, une espèce de pieuvre digitale une fois installée et qui permet, non pas de désigner le prochain vainqueur du 100 mètres aux JO de Londres, mais de diffuser avec un ampli de 25 watts la solution de streaming média de Google

Galaxy Nexus de Samsung, histoire de pousser un peu plus les chiffres d’Android

Ce qui ressemblait en fait a une grande Samaritaine du HighTech, n’aurait pas été complet sans le Show Business qui convient, histoire de faire passer les conférences d’Apple et de feu Steve Jobs pour une Messe du Dimanche dans un petit patelin du Jura : la descente tout schuss en parachute de quelques paires de Glasses depuis le ciel de San Francisco, avec atterissage sur le Moscone Center. Quel buzz, jugez plutôt…

Bon, non seulement il va falloir évangéliser les masses à l’informatique, leur expliquer comment marchent les produits Google, mais en plus leur fournir des parachutes. On n’est pas arrivé.

Par contre, pas de cadeau d’une petite paire de Glasses, il faut savoir coder un chouia et surtout dépenser $1.500 pour faire joujou avec une première version de ce qui va vous faire voir les étoiles en 4D depuis votre chambre à coucher…

Google, c’est aussi des gros chiffres…

Je suis d’accord, les chiffres sont là, avec un peu d’actualité :

– plus de 400 Millions d’activations de comptes Android, avec 1 Million d’activations par jour,

– 310 Millions d’utilisateurs actifs du browser Google Chrome, qui arrive sur iPad et iPhone…

– annonce de Google Now, « that gets you just the right information at just the right time »… un Siri à la sauce Android, en fait, en moins sophistiqué pour vous améliorer le quotidien, dans les transports par exemple…

– une nouvelle version de l’OS Android qui s’appelle Jelly Bean (on continue dans les métaphores culinaires à la mode US après Ice Cream Sandwiche, Ginger Bread, Donut ou CupCake…), moins de gras sans doute mais plus de fonctionnalités. C’est d’ailleurs intéressant de constater qu’au début du moins de Juin, 65% des smartphones Android utilisent la version 2.2 du logiciel (GingerBread) alors que Jelly Bean est la version 4.1, soit postérieures à 3 versions… Un petit problème de distribution sans doute ?!

En terme d’usage, Google a nommé sous le code « Project Butter » pour qualifier les nouvelles fonctionnalités de son logiciel, devinez pour… se mettre au diapason d’iOS, sur un certains nombres d’améliorations que je vous laisse apprécier en images… ça s’appelle l’auto-publicité comparative…

On ne s’est pas bousculé au portillon cotés développeurs Français pour faire part de leurs impressions, comme pour la WWDC d’Apple, et pourtant il y en avait quelques uns… mais il y a avec Google toujours un parfum de merveilleux mais d’inabouti, comme par exemple réussir à transformer ces nouvelles technologies que sont Android, Google Wallet, Youtube, et j’en passe, et de les transformer en marchés de valeurs, ce qui est loin d’être le cas pour Android comparativement à Apple et son iOS/iTunes… Et Amazon, qui semble être une cible également, dispose de suffisamment d’e-commerce dans son ADN pour garder des longueurs d’avance.

La technologie et le show business ne font pas encore le bonheur de Google, mais la firme de Mountain View a plus d’1 Milliard dans son sac pour espérer enfin un jour voir de nouveaux business models prendre une part plus important dans ce qui est pour le moment un grand laboratoire au service du business de la publicité sur Internet.

La WWDC, c’est pour quoi faire ?!

La WWDC, c’est l’occasion d’un pèlerinage sur San Francisco pour environ 5.000 développeurs de tout genre qui se déplacent spécialement à l’occasion de l’Apple Worldwide Developers Conference. Petit tour coté des coulisses et des Français de passage, on n’y vient clairement pas seulement pour voir le nouvel iPhone de plus près…

Photo courtesy of Robert Scoble, read his wrap-up here

La première édition eu lieu en 1983 à Monterey en Californie (donc 30 années l’an prochain), et se déroule désormais à San Francisco dans le cadre du Moscone Center, le Temple des conférences high-tech.

La politique de communication de la marque à la pomme est tellement bien huilée que les journalistes peuvent se permettre de la suivre « à la télé » sur bon nombre de plateforme de streaming ou sur Twitter vu l’intensité du Hashtag #wwdc (on y répertorie ses messages « à moins de 140 caractères » par un code qualifiant son message).

Certains journalistes en font même un programme « live » (ou presque), comme Olivier Frigara et ses compères (attention, la vidéo ci-dessous dure plus de deux heures et demies, alors pour avoir l’essentiel en 80 secondes c’est là).

Bon, vous l’aurez compris, c’est avant tout une histoire de Geeks, mais pas seulement parce qu’une WWDC, c’est comme un bonbon avec plein de surprises dedans…

C’est d’abord l’occasion de se faire remarquer si par chance on est retenu parmi les Awards décernés à cette occasion, et parmi ceux de 2012, il y en a de bien jolies comme Paper by Fifty-Three qui permet de capturer ses idées de bien belle manière sur son iPad pour les partager sur le web…

Pour la liste complète des Awards 2012, c’est sur le site web d’Apple que cela se passe, à vos downloads !!!

Une autre raison de venir sur place, c’est aussi pour un bon nombre développeurs spécialisés en iOS par exemple pour les gens du mobile de rencontrer leurs pairs. J’ai trouvé quelques exemples de Français présents (par ordre d’apparition sur la photo)…

C’est le cas de Thibault Le Levier, développeur indépendant iPhone et iPad depuis 2009 : « C’est l’occasion de rencontrer en personne les ingénieurs d’Apple afin de parler avec eux des fonctionnalités introduites dans ces nouvelles version des différents OS mais également pour parler des problèmes rencontrés sur les versions déjà existantes ». Jean-Luc Dagon est lead developer iOS chez Eurosport à Paris, même témoignage : « C’est avant tout rencontrer des autres développeurs, échanger avec eux et avec les équipes d’Apple (principalement dans le domaine de l’expérience utilisateur). Bien plus que le contenu des sessions, qui sera de toute façon disponible en vidéo ». Enfin, Yoann Gini, un Freelance basé sur Marseille, qui travaille sur toute l’Europe en tant que consultant sur OS X et OS X Server (de l’IT pure), formateur certifié Apple : « La plupart des Français qui font le déplacement sont des personnes qui ont les moyens de le faire, ce n’est pas la petite boite fraîchement débarquée qui peut se permettre le voyage. De fait c’est un très bon vecteur de rencontre et de prise de contact pour les affaires. C’est pour moi la quatrième année et lors des trois fois précédentes, je suis toujours reparti avec des opportunités ou de nouveaux contacts qui ont débouché sur du travail. La partie technique est intéressante, mais disponible en vidéo plus tard, donc ce n’est pas le point clef, les labs où l’on peut échangé avec les ingénieurs Apple le sont plus. Mais comme j’ai tendance à dire, la WWDC est tout autant intéressante pour ses sessions que pour ces couloirs et ses soirées ».

Pour d’autres, comme Dinh Viêt Hoà (le dernier sur la photo), co-fondateur de la société Sparrow Mail, une solution de plateforme email pour iPhone et Mac, a prirori bien meilleure que la version native (donc à essayer), la raison est plus motivée par des motifs, disons… assez pudiques : « Cela permet d’avoir un bon aperçu des nouveautés. Mais c’est également l’occasion de retrouver des contacts qu’on a depuis la France ».

Cela pourrait dire, en clair, mais je n’ai pas pu en savoir plus (et donc j’extrapole), que c’est également l’occasion de passer à la vitesse supérieure pour sa société (en tout cas pour un grand nombre qui, depuis un peu partout, viennent pour un voyage express en Californie) dans la mesure où elle a fait l’objet d’une approche de la part des équipes d’Apple, qui je le rappelle dispose d’un trésor de guerre lui permettant de faire ses courses parmi les startups détectées depuis Cupertino. Comme Siri (l’assistant virtuel, vous savez…), Polar Rose (reconnaissance d’objet), Anobit Technologies (mémoires flash), ou encore Chomp (outil de recherche d’applications iPhone) cette année.

Puisque l’on parle d’outil de recommandation d’applications, c’est également l’occasion de citer la société Appsfire, qui sur le même segment de Chomp, désormais produit Apple, propose une solution plus technologique, plus performante et qui commence à aligner les chiffres qui pourraient dépasser le million dans un certain nombre de domaines (je dois rester prudent, c’est mon premier article sur ce journal de la Silicon Valley, je ne veux pas avoir des souci pour mon démarrage) qui me fait penser que cette pépite en grande partie Française risque d’avoir des choses plus qu’intéressantes à faire dans la Silicon Valley.

Jugez plutôt :

– 5 millions d’utilisateurs de leurs applications,
– à qui ils ont recommandé 1 milliard d’applications en 2 ans,
– et qui génèrent 5 millions d’intentions de download d’applications tierces par mois,
– puis bientôt 500 développeurs qui auront adopté leur SDK lancé il y a 3 mois et qui déjà représentent plusieurs millions d’utilisateurs indirects…

Dans la lignée du profil assez technique de Yann Lechelle, un des co-fondateurs présent lui aussi à San Francisco, Appsfire est un bon exemple de startup Française ayant développé un produit qui fonctionne, une technologie qui se distingue sur un marché bien précis (donc on comprend bien ce qu’elle fait), qui sait évoluer, qui  une équipe réactive, qui doit surement sentir que le moment peut être venu…

Quelques questions à Yann, pour bien comprendre ce qui peut faire la différence sur un marché :

Qu’est-ce qui rend Appsfire différent ?

Yann Lechelle : « Appsfire a bâti une fondation technique qui va bien au delà de la partie visible de l’iceberg, à savoir nos apps grand-public et notre business de promotion d’apps. Cette fondation s’appelle « l’App Genome », fruit de deux ans de travaux de R&D, et qui représente un inventaire complet de meta-données augmenté par des algorithmes qui synthétise l’ensemble des paramètres en 1 seul score entre 0 et 100, en quelque sorte le « Page Rank » des apps ».

Quel est le contexte international d’Appsfire ?

Yann Lechelle : « Appsfire est une société Française qui dès le début ne considère que le marché international. Notre site appsfire.com n’est d’ailleurs même pas traduit en français! En revanche, nos apps sont traduites en 13 langues, et 95% de notre CA est de l’export, vers plus de 30 pays… Appsfire est résolument tourné vers un marché global et explosif ».

Pour beaucoup d’entreprises qui veulent s’essayer au développement international, à la croissance, et au grand bain Américain, le meilleure moment à choisir, c’est de trouver la conférence qui va bien par rapport à ses activités, et de venir se frotter au marché, prendre du feedback, rencontrer des experts… La WWDC des coulisses, c’est aussi cela !

J’oubliais : Google ne restant pas sans rien faire, rendez-vous est donné à tout la communauté des développeurs à Google I/O, toujours à San Francisco, et toujours au Moscone Center, of course, du 27 au 29 Juin prochain. See you there!